08.09.2011

La Parole de Dieu dans la vie spirituelle, chemin vers l'unité

parole de dieu.jpgBenoît XVI a adressé un message au Congrès œcuménique international de spiritualité orthodoxe organisé par le Monastère italien de Bose en collaboration avec les Patriarcats de Constantinople et Moscou. Le Pape souhaite que cette rencontre suscite un nouvel élan de communion spirituelle et de témoignage évangélique. Le thème de ce XIXe colloque, qui rassemble du 7 au 10 septembre d’éminents biblistes et de hauts représentants orthodoxes, est "La Parole de Dieu dans la vie spirituelle". L’objectif est de mettre en lumière l’unité essentielle entre l’Écriture Sainte, l’exégèse et la vie spirituelle, unité qui traverse toute la tradition des Églises d’Orient, et sous des formes différentes les Églises d’Occident. Parmi les axes de réflexions : les herméneutiques de la Bible élaborées par les Pères de l’Eglise et la dimension ecclésiale de la Parole de Dieu. Les participants ont également reçu des messages d’encouragement du Patriarche œcuménique de Constantinople Bartholoméos 1er et du Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Cyrille 1er

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21.10.2009

À l’Audience générale, Benoît XVI évoque saint Bernard de Clairvaux

Ce matin, le Pape, à l’Audience générale place Saint-Pierre, a articulé sa catéchèse autour de saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), « un des plus importants Pères de l’Église », voire un des derniers Pères de l’Église « par la capacité dont il fit preuve à recueillir avec sagesse le riche héritage de la doctrine patristique ». Il renouvela radicalement la vie monastique de son époque, en rappelant « la nécessité d’une vie sobre et mesurée » et en recommandant le soutien et le soin aux pauvres.

 

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Lors des saluts aux pèlerins de langue polonaise, le Pape a rappelé les travaux du Synode pour l’Afrique en évoquant les difficultés de ce continent et a appelé les pèlerins à soutenir l’Église en Afrique spirituellement et matériellement.

Écoutez sur Radio Vatican le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française: >>

Résumé de la catéchèse en langue française

Chers Frères et Sœurs,

Saint Bernard est l’un des plus grands Docteurs de l'Église. Né en 1090 à Fontaines, en France, il entre à Cîteaux, nouvelle fondation monastique, vers l’âge de 20 ans. Quelques années plus tard, en 1115, il fonde le monastère de Clairvaux, où il va affiner sa conception de la vie monastique et la mettre en pratique, soulignant particulièrement la nécessité d’une vie sobre et mesurée, et recommandant le soutien des pauvres. En ces années, il développa une vaste correspondance avec de nombreuses personnes, de haute et de modeste condition. A partir de 1130 il s’occupera aussi de graves questions concernant le Saint-Siège et l'Église. Deux aspects centraux de la doctrine de saint Bernard concernent Jésus Christ et Marie, sa sainte Mère, qui nous conduit à son Fils. Pour l’Abbé de Clairvaux, la vraie connaissance de Dieu consiste dans l’expérience personnelle de Jésus Christ et de son amour. La foi est avant tout une rencontre intime avec Jésus, qui nous permet de faire l’expérience de sa proximité, de son amitié, de son amour. C’est seulement ainsi qu’on apprend à le connaître toujours plus, à l’aimer et à le suivre. Que cela se réalise pour chacun de nous !



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Je salue cordialement les pèlerins de langue française, particulièrement les jeunes d’Alsace et de Normandie ainsi que les servants de messe des unités pastorales Notre-Dame et Sainte-Claire du canton de Fribourg. Que l’enseignement de saint Bernard vous aide à découvrir toujours plus en Marie la Mère qui protège de toute crainte et qui nous guide vers son divin Fils. Que Dieu vous bénisse !

30.05.2009

La Pentecôte sur le Mont Athos

Voyage sur la montagne sainte de l'Eglise orthodoxe. Accompli et raconté pour la première fois en 1997. C'est-à-dire maintenant, cette année. Parce que, sur le Mont Athos, le temps de la terre ne fait qu'un avec l'aujourd'hui éternel du ciel


par Sandro Magister





MONT ATHOS – Arrêtez vos montres, lorsque vous verrez le sommet du Mont Athos émerger des brumes de la mer Egée. Là-bas en effet, on vit dans un autre temps. On a conservé le calendrier julien, en retard de 13 jours par rapport au calendrier latin qui a envahi le reste du monde. Les heures ne se comptent pas à partir de minuit mais du coucher du soleil. Et ce n’est pas sous le soleil de midi, mais dans l’obscurité de la nuit que le Mont Athos vit et palpite le plus. De chants, de lumières, de mystères.

Le Mont Athos est une vraie terre sainte, qui inspire la crainte de Dieu. Il n’est pas fait pour tout le monde. En tout cas pas pour les femmes, qui forment déjà une bonne moitié de l’humanité. La dernière pèlerine autorisée y a mis le pied il y a seize siècles. Elle s’appelait Galla Placidia et a donné son nom à une église de Ravenne aux mosaïques bleu et or. Etre la fille du grand Théodose, empereur chrétien de Rome et Constantinople, ne lui a servi à rien. Elle était entrée dans un monastère du Mont Athos mais une icône de la Vierge lui ordonna: arrête-toi! Et la Vierge la somma de quitter la montagne qui, depuis lors, allait être interdite aux femmes. Depuis le XIe siècle – dit-on – même les animaux femelles – vaches, chèvres, lapines – n’osent plus gravir impunément la montagne sainte.


OURANOUPOLIS


Ouranoupolis – la cité du ciel – est le dernier village grec avant la limite sacrée. Ce poste frontière est très spécial. Des panneaux en tôle émaillée vous avertissent jusqu’au dernier moment que vous ne vous en sortirez pas indemne si vous êtes une femme déguisée en homme ou si l’on découvre que vous n’avez pas les permis requis. La sainte épistasie – le gouvernement des moines – vous enverra vers un tribunal en Grèce, ce dernier étant toujours très sévère sur la défense de l’extraterritorialité du Mont Athos et des lois de cette théocratie autonome, inscrites dans la constitution grecque et reconnues sur le plan international.

Des moines en sueur, vêtus d’une soutane et d’un couvre-chef cylindrique, contrôlent la foule de visiteurs à la recherche d’un laissez-passer. Il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus, dit l’Evangile. Et rares sont les visas d’entrée marqués chaque matin du sceau de la Vierge. Celui qui reçoit enfin le “parchemin“ qui autorise la visite se dirige sans tarder vers le quai d’embarquement. En effet, on n’entre au Mont Athos que par voie maritime, au moyen d’embarcations baptisées de noms de saints.

Le débarquement se fait dans un petit port situé au milieu de la péninsule et dénommé Daphné, comme la nymphe d’Apollon. De là, on peut apercevoir le lointain Mont Olympe quand le vent se lève, mais mieux vaut l’oublier. Un vieil autobus ventru, couleur terre jusque sur ses fenêtres, se traîne le long de la route qui monte en direction de Kariès, centre administratif du Mont Athos et siège de la sainte épistasie.


KARIÈS


Kariès abrite la gendarmerie et quelques ruelles. Des boutiques proposent des graines d’épeautre, des icônes, des grains d’encens et des soutanes de moines. On y trouve aussi le terminus de l’autobus et un restaurant. Et puis une cabine téléphonique, dont on pressent que c’est la première et la dernière.

Karies est un village étrange, inhabité. Les quelques hommes qu’on y voit ne sont là que pour peu de temps: moines itinérants, gendarmes, ouvriers journaliers, voyageurs égarés. A partir de là, le parcours se fera à pied. Des heures de marche sur des routes non goudronnées, sans ombre, dans des nuages de poussière impalpable comme du cacao. Ou bien dans des camionnettes louées par un autre de ces étranges Grecs qui sont là provisoirement. Ou encore en sautant au passage d’une des jeeps dont disposent les monastères les plus modernes.

En tout cas, vous allez souffrir. L’Athos est réservé aux caractères bien trempés et ascétiques. Vous êtes immédiatement mis à l’épreuve. A chaque jour de visite son chemin de croix: poussière, cailloux, précipices. Sur votre précieux permis, en effet, il est écrit que vous ne pouvez pas vous arrêter plus d’une nuit dans un monastère. Entre eux, des heures de marche. On n’échappera pas au pèlerinage.


LA GRANDE LAURE


Mais lorsque vous arrivez, épuisés, dans l’un des vingt grands monastères, vous êtes au paradis. La Grande Laure – le premier des vingt dans l’ordre hiérarchique – vous accueille entre ses murs suspendus entre ciel et terre, à la pointe de la péninsule, juste au pied de la montagne sainte. Un jeune moine apparaît, qui vous retire votre permis et votre passeport. Il réapparait, tel l’ange de l’Apocalypse, après une demi-heure d’attente silencieuse, et vous tend un verre d’eau fraiche, vous propose un doigt de liqueur anisée, un morceau de fruit confit et un café à la turque, épicé. C’est le signe que vous êtes admis parmi les invités. On vous attribue un lit dans une chambre pour six aux murs plusieurs fois centenaires ainsi que des draps fraîchement lavés et un essuie-main. Dès lors, vous vivrez comme les moines.

Ou bien vous ferez comme il vous plaira. Les monastères du Mont Athos ne sont pas comme ceux de l’Occident, des citadelles closes de murs où chaque mouvement, chaque mot sont soumis à des règles collectives. Sur le Mont Athos, il y a de tout pour tout le monde. L’ermite solitaire sur son rocher en surplomb, qui reçoit de temps en temps de la nourriture au moyen d’un panier. Les anachorètes retirés dans leurs masures perdues entre genêts et arbousiers, à flanc de montagne. Les itinérants, toujours en déplacement et toujours agités. Les cénobites solennels qui vivent en communauté sous la direction d’un abbé, que l’on appelle ici higoumène. Les monastères villages où chaque moine vit un peu à son rythme.

La Grande Laure compte parmi ces derniers. Ses murailles renferment des places, des ruelles, des églises, des pergolas, des fontaines, des moulins. Les cellules forment un bloc, comme dans une kasbah orientale. Les murs crépis sont d’un bleu soutenu, tandis que le rouge est la couleur sacrée des églises. Quand retentit l’appel à la prière, lancé par des cloches qui font entendre sept sons différents et par les planches de bois que l’on martèle, les moines se dirigent vers le catholicon, l’église centrale. Mais si quelqu’un souhaite prier ou manger seul, rien ne lui interdit de rester dans sa cellule. Cela vaut aussi pour le visiteur, à ceci près que ce dernier ne dispose que de peu d’alternatives. A l’heure des vêpres, il accourt, impatient. A l’heure de la prière de la nuit, il essaie, vite ramené en arrière par le sommeil. A l’heure de la liturgie du matin, il essaie encore, vaguement étourdi.

Ou enivré? Il y a un parfum d’Orient, de Byzance, à la Grande Laure. Il y a un arôme de cyprès et d’encens, une fragrance de cire d’abeille, de reliques, d’antiquités mystérieusement proches. Car les moines du Mont Athos ne souffrent pas du temps. Ils y parlent de leurs saints. De saint Athanase qui a planté deux cyprès au centre de la Lavra. Qui a construit le catholicon avec une force herculéenne. Qui a modelé le monachisme athonite. Comme s’il n’était pas mort en l’an mil mais tout juste hier, comme s’ils l’avaient rencontré en personne il y a peu de temps.

Des saints, des siècles, des empires, des cités terrestres et célestes, tout semble flotter et couler sans aucune distance. Au centre de la nef, les trésors du monastère sont offerts à la vénération du visiteur: coffrets en or et en argent, sertis de saphirs et de rubis, contenant la ceinture de la Vierge, le crâne de saint Basile le Grand, la main droite de saint Jean Chrysostome. La lumière du couchant les éclaire, les fait vibrer. Tout comme s’éclairent les fresques de Théophane, maître de l’école crétoise du début du XVIe siècle, les majoliques bleues sur les murs, les nacres de l’iconostase, du lutrin, de la chaire.

Après les vêpres, on sort du catholicon en procession pour entrer dans le réfectoire, situé de l’autre côté de la place. Edifié comme une église, il contient lui aussi des fresques du grand Théophane. C’est la même liturgie qui continue. L’higoumène prend place au centre de l’abside. Depuis le pupitre, un moine lit – il chante presque – des histoires de saints. On mange de la nourriture bénite, des soupes et des légumes dans de la vaisselle ancienne en fer. Les jours de fête, l’on boit du vin de couleur ambrée sur d’épaisses tables en marbre sculptées en forme de corolle, qui reposent elles-mêmes sur des piliers en marbre. Elles sont vieilles de mille ans mais rappellent les dolmens de la préhistoire. La sortie se fait aussi en procession. Un moine tend à chacun du pain béni, qu’un autre encense avec tant d’art que l’on en garde longtemps le parfum dans la bouche.


VATOPÉDI


Dans la hiérarchie des vingt monastères, celui de Vatopédi suit la Grande Laure. Il domine la mer parmi de douces collines qui rappellent vaguement la Toscane. C’est ici, dit-on, qu’Arcadius, fils de Théodose, aborda lors d’un naufrage. C’est aussi de là que sa sœur Galla Placidia dut repartir vers le large, devenant ainsi la première femme à qui l’accès au Mont Athos ait été refusé.

Autant la Laure est rustique, autant Vatopédi est raffiné. Trop, même, à certains moments de son histoire passée: opulent et décadent. Il y a quelques années encore, il hébergeait des moines sodomites, déshonneur du Mont Athos. Puis un énergique coup de balai a été donné par une poignée de moines rigoristes venus de Chypre, qui ont banni ces réprouvés et imposé la règle cénobitique. Aujourd’hui Vatopédi est à nouveau l’un des monastères les plus florissants. Il accueille de jeunes novices, dont certains viennent de la lointaine Amérique où leurs parents, orthodoxes, avaient émigré.

Vatopédi est l'aristocratie du Mont Athos. Comme le dit solennellement l'higoumène Ephrem, à la barbe cuivrée, aux yeux clairs et à la voix mélodieuse: "Le Mont Athos est unique. C’est le seul état monastique dans le monde". Mais si c’est une cité céleste sur terre, alors tout doit y être sublime. Par exemple les liturgies: à Vatopédi elles le sont vraiment. Spécialement lors des grandes fêtes: Pâques, Epiphanie, Pentecôte. Le pèlerin doit renoncer au sommeil et ne manquer, pour rien au monde, ses merveilleux offices de nuit.

L’église en elle-même est très suggestive: elle est en forme de croix grecque, comme toutes les église du Mont Athos, et décorée de fresques merveilleuses par les maîtres macédoniens du XIVe siècle, avec une iconostase éblouissante d'ors et d'icônes. Mais c’est le chant qui donne vie à tout: un chant à plusieurs voix, un chant mâle, sans instruments, que l’on entend sans interruption pendant sept ou dix heures d’affilée parce que plus la fête est importante, plus elle se prolonge tard dans la nuit, un chant tantôt puissant, tantôt murmuré, comme une marée qui monte et descend.

Il y a deux chœurs pour guider le chant: deux groupes de moines, réunis chacun dans une partie du transept autour d’un lutrin à colonne. Le maître de chœur entonne la strophe et le chœur en saisit le motif et le fait fleurir en mélodies et en accords. Quand le maître de chœur traverse la nef à pas rapides pour aller du premier chœur au second, son manteau léger à petits plis se gonfle et forme deux ailes majestueuses. Il paraît voler, comme les notes.

Et puis il y a les lumières. Le monastère a l’électricité, mais pas l’église. Ici les seules lumières sont des flammes: des myriades de petits cierges. Les allumer, les éteindre, les déplacer fait aussi partie du rite. Dans chaque catholicon du Mont Athos, un lustre en forme de couronne royale pend de la coupole centrale, par de longues chaînes. Sa circonférence est égale à celle de la coupole. La couronne, de cuivre, de bronze ou de laiton brillants, est ornée alternativement de cierges et d’icônes. On y pend des œufs géants qui symbolisent la résurrection. Le lustre descend si bas qu’on l’effleure presque, juste devant l'iconostase qui délimite le saint des saints. D’autres lustres fastueux et dorés descendent des voûtes des bras du transept.

Lors des liturgies solennelles, il y a le moment où on allume toutes les lumières: celles des lustres et celles de la couronne centrale; puis on fait osciller fortement les premiers, tandis que l’on fait tourner la grande couronne sur son axe. Cette danse des lumières dure au moins une heure, avant de s’apaiser peu à peu. La palpitation des mille petites flammes, le scintillement des ors, le cliquetis des métaux, le changement de couleur des icônes, l'onde sonore du chœur qui accompagne ces galaxies d’étoiles dont la rotation rappelle celle des sphères célestes, tout cela fait étinceler la véritable essence du Mont Athos: le fait qu’il est tourné vers les mystères surnaturels.

Aujourd’hui, quelles liturgies occidentales, catholiques, sont capables d'initier à de tels mystères et d'enflammer les cœurs simples à propos de choses célestes? Joseph Ratzinger, hier comme cardinal et aujourd’hui comme pape, a raison de détecter dans la vulgarisation de la liturgie le point faible du catholicisme actuel. Au Mont Athos, le diagnostic est encore plus radical: à force d'humaniser Dieu, les Eglises d'Occident le font disparaître. "Notre Dieu n’est pas celui de la scolastique occidentale", affirme Gheorghios, higoumène du monastère athonite de Grigoríu. "Un Dieu qui ne déifie pas l'homme ne peut avoir aucun intérêt, qu’il existe ou non. C’est dans ce christianisme fonctionnel, accessoire, que l’on trouve la plupart des causes de la vague d’athéisme que connaît l’Occident".

Vassilios, higoumène de l'autre monastère d’Ivíron, lui fait écho: "Pour les Occidentaux, c’est l’action qui prime et ils nous demandent comment nous pouvons rester pendant tant d’heures à l’église sans rien faire. Je réponds: que fait l'embryon dans le sein de sa mère? Rien, mais comme il est dans le ventre de sa mère, il se développe et grandit. C’est pareil pour le moine. Il garde le lieu saint dans lequel il se trouve et ce même lieu le garde et le façonne. Le miracle, c’est que nous sommes en train d’entrer au paradis, ici et maintenant. Nous sommes au cœur de la communion des saints".


SIMONOS PETRA


Simonos Petra est un autre des monastères qui sont à la tête de la renaissance athonite. Il se dresse sur un éperon rocheux, entre le sommet du Mont Athos et la mer, avec des terrasses à pic sur le précipice. Elisée, l'higoumène, revient tout juste d’un voyage dans les monastères de France. Il apprécie Solesmes, rempart du chant grégorien. Mais il juge l’Eglise occidentale trop "prisonnière d’un système", trop "institutionnelle".

Le Mont Athos est au contraire - selon lui - le lieu des esprits libres, des grands charismatiques. Au Mont Athos "le logos épouse la praxis", la parole épouse les faits. "Le moine doit montrer que les vérités sont des réalités. Vivre l’Evangile de manière parfaite. Voilà pourquoi la présence du moine est si essentielle pour le monde. Saint Jean Climaque écrivait: les anges sont lumière pour les moines, les moines sont lumière pour les hommes".

Simonos Petra fait école, y compris hors des limites du Mont Athos. Il est à l’origine d’un monastère de moniales - elles sont à peu près 80 - au cœur de la péninsule de Chalcidique, puis d’un autre près de la frontière gréco-bulgare. Et il a créé trois autres noyaux monastiques jusqu’en France. C’est un monastère cultivé, doté d'une riche bibliothèque. En pleine nuit, ses 80 moines, avant l’office qui précède l’aube, veillent en cellule pendant trois à cinq heures, lisant et méditant les livres des Pères.

Le Mont Athos ne dort pas. Son temps est entièrement consacré aux sphères angéliques. Même les visiteurs les plus blasés ont du mal à en partir. A Daphné, on reprend le ferry. Le grondement cadencé des moteurs vous remet à l’heure de la vie ordinaire. La jeune grecque qui, la première, vous sert le café à Ouranoupolis, vous fait l’effet d’une apparition. Elle a la fulgurante beauté d'une Victoire de Samothrace.


Traduction française par Charles de Pechpeyrou, Paris, France.

www.chiesa

27.05.2009

Benoît XVI au Mont-Cassin: proclamer partout la Mort et la Résurrection du Christ

VATICAN - Le Pape Benoît XVI au Mont-Cassin - Nous aussi, comme les Apôtres, « nous ne devons pas rester à regarder le Ciel, mais sous la direction du Saint-Esprit, nous devons aller partout et proclamer l’annonce salvifique de la Mort et de la Résurrection du Christ »

 

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Cassino (Agence Fides) – Le dimanche 24 mai, le Pape Benoît XVI s’est rendu en visite pastorale à Cassino et au Mont-Cassin. A 10 heures 15, il a présidé à Cassino la Messe concélébrée à l’occasion de la Solennité de l’Ascension, qui, en Italie est célébrée le Dimanche qui suit le Jeudi de l’Ascension. La Place Mirando où a été célébrée la Messe, portera désormais son nom, en souvenir de sa visite.


« Le caractère historique du mystère de la Résurrection et de l’Ascension du Christ, a déclaré le Saint-Père dans l’homélie, nous aide à reconnaître et à comprendre la condition transcendante et eschatologique de l’Eglise, qui n’est pas née et qui ne vit pas pour suppléer à l’absence de son Seigneur ‘disparu’, mais qui trouve plutôt la raison de son existence et de sa Mission dans la présence invisible de Jésus, opérant avec la puissance de son Esprit. En d’autres termes, nous pourrions dire que l’Eglise n’a pas pour fonction de préparer le retour d’un Jésus ‘absent’, mais, au contraire, elle vit et elle travaille pour en préparer la ‘présence glorieuse’ de manière historique et existentielle ».


Le Saint-Père a commencé son homélie en s’attachant aux lectures de la Messe, pour présenter la signification de cette Solennité :

 

« L’Ascension du Christ signifie, en premier lieu, l’établissement du Fils de l’Homme Crucifié et Ressuscité dans la Royauté de Dieu sur le monde. Dans le Christ monté au ciel, l’être humain est entré de manière inouïe et nouvelle dans l’intimité de Dieu ; l’homme trouve désormais pour toujours une place en Dieu… La Solennité de l’Ascension nous invite à une communion profonde avec Jésus Mort et Ressuscité, invisiblement présent dans la vie de chacun d’entre nous ».

 

Puis, à propos de l’Evangile, le Saint-Père a déclaré :

 

« L’Ascension de Jésus au Ciel ne comportait pas son absence temporaire de ce monde, mais inaugurait plutôt la forme nouvelle, définitive et irremplaçable de sa présence, en vertu de sa participation à la puissance royale de Dieu… Cette Solennité devrait donc nous remplir nous aussi de sérénité et d’enthousiasme, comme ce fut le cas précisément pour les Apôtres qui, du Mont des Oliviers, repartirent pleins de joie’. Comme eux, nous aussi, en accueillant l’invitation des ‘deux hommes en vêtements blancs’, nous ne devons pas rester à regarder le Ciel, mais sous la direction du Saint-Esprit, nous devons aller partout et proclamer l’annonce salvifique de la Mort et de la Résurrection du Christ ».

 

Puis, s’adressant à la communauté diocésaine, le Saint-Père l’a invitée « à renforcer sa foi dans la Présence Réelle de Jésus ; sans Lui, nous ne pouvons accomplir rien d’efficace dans notre vie et dans notre apostolat ».

 

L’objectif de sa visite, a-t-il rappelé, était d’encourager à « construire, à fonder et à réédifier » constamment la Communauté diocésaine sur le Christ, comme l’indique saint Benoît lui-même, « qui recommande dans sa règle de ne rien faire passer avant le Christ ».

 

Puis, commentant les points principaux de la spiritualité bénédictine synthétisée dans le devise « ora et labora et lege », la prière, le travail, la culture, le Saint-Père a déclaré : « La prière est l’héritage le plus beau laissé par saint Benoît à ses moines », mais aussi à toute l’Eglise particulière :

 

« La prière, à laquelle chaque matin la cloche de Saint Benoît, avec ses accents graves invite les moines, est le sentier silencieux qui nous conduit directement dans le Cœur de Dieu : c’est la respiration de l’âme, qui nous redonne la paix dans les tempêtes de la vie. »

 

Puis, citant le grand soin apporté à l’approfondissement biblique, le Saint-Père a émis le voeu suivant :

 

« Puisse l’écoute attentive de la Parole divine, nourrir votre prière et vous rendre prophètes de vérité et d’amour, dans un engagement unanime d’évangélisation et de promotion humaine ».


Le Souverain Pontife a parlé ensuite d’un autre aspect de la spiritualité bénédictine, le travail, en le reliant à la situation actuelle.

 

« Humaniser le monde du travail est typique de l’âme du monachisme, et c’est aussi l’effort de votre Communauté qui cherche à rester aux côtés des nombreux travailleurs de la grande industrie présente à Cassino et des entreprises qui lui sont liées. Je sais combien est critique la situation de nombreux travailleurs. J’exprime ma solidarité à tous ceux qui vivent dans une précarité préoccupante, aux travailleurs en chômage, voire même licenciés. Que la plaie du chômage qui afflige ce territoire, amène les responsables du bien public, les entrepreneurs, et tous ceux qui en ont la responsabilité, à rechercher, avec la contribution de tous, des solutions valables à la crise du chômage, en créant de nouveaux postes de travail pour la sauvegarde des familles… La famille a un besoin urgent aujourd’hui d’être mieux protégée ».

 

Puis le Saint-Père encouragea les jeunes qui ont du mal à trouver un travail qui leur permette de construire une famille, en ces termes :

 

« Ne vous découragez pas, chers amis, l’Eglise ne vous abandonne pas ! ».


A la tradition bénédictine appartient aussi l’attention au monde de la culture et de l’éducation. Les Archives et la Bibliothèque du Mont-Cassin

 

« contiennent d’innombrables témoignages du travail d’hommes et de femmes qui ont médité et recherché comment améliorer la vie spirituelle et matérielle de l’homme… Dans votre Abbaye, on touche de la main le ‘quaerere Deum’, c’est-à-dire le fait que la culture européenne a été la recherche de Dieu et la disponibilité à son écoute. Et cela vaut aussi à notre époque ».

 

Enfin, le Saint-Père a mentionné la volonté de faire de l’Université et des écoles « des laboratoires de connaissance, de recherche, de passion pour l’avenir des nouvelles générations », sans négliger « l’attention portée à l’homme fragile, faible, aux personnes handicapé »es et aux immigrés » dont est l’expression la « Casa della Carità » (la Maison de Charité), inaugurée par le Saint-Père lui-même lors de cette visite.

 

 

(Agence Fides, 25 mai 2009)

 

10.08.2008

Keur Moussa : quand le grégorien se mêle aux rythmes africains

Au Sénégal, pays à 95% musulman, la musique sacrée s'est fait une place au soleil grâce au monastère de Keur Moussa. Pour ces moines bénédictins, le chant grégorien se mêle aux rythmes africains.


L'image “http://www.abbaye-keur-moussa.org/$/img/eucharistie.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

 

Ce mariage des genres, né il y a quarante-cinq ans, connaît aujourd'hui un véritable succès mondial.

 

Joueur de Kora

 

Julie Vandal a rencontré ces moines-musiciens à l'occasion d'un concert dans la cathédrale de Dakar. >

 

(Radio Vatican)

08:30 Écrit par Père Walter dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : senegal, monastere, vie consacree, musique, liturgie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |