21.02.2011
L'Union européenne fait un geste en faveur de la liberté religieuse
Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont demandé ce lundi des propositions concrètes face à la montée de l'intolérance religieuse dans le monde, à l'encontre notamment des chrétiens mais aussi des musulmans. Cette formulation prudente est le fruit d'un difficile compromis, rappelle l'Agence France Presse.
17:20 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : union europeenne, ministres, intolerance, liberte religieuse, chretiens, muslumans, agence france presse, diplomates, choc des civilisations, violence, lieux de culte, catherine ashton, cardinaux, jean-pierre ricard |
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23.01.2011
Daniel Ange - Mon Eglise, t’y touches pas !
Le mois dernier, j'ai publié un post faisant état d'une conférence donnée par le Père Daniel-Ange (avec qui j'ai eu le bonheur de vivre plusieurs missions JL en Belgique, en France - Martinique - et en Suisse) à Bruxelles sur son livre l'Eglise, si belle en sa fragilité.
Voici de sa plume et de son coeur un texte percutant que je propose à votre médiation et que je vous invite à faire connaître autour de vous...
19:09 Écrit par Père Walter dans Amour | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : daniel-ange, eglise, pape, jeunesse-lumiere, mission, evangelisation, amour, islam, europe, profanations, eveques, muslumans, juifs, raphael delpard, bernard henri levy, persecutions, bible, kabyles, benoit xvi, orient |
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05.10.2009
Voyage dans l'état le plus chrétien et le plus paisible de toute l'Inde
L'exception du Kerala. Voyage dans l'état le plus chrétien et le plus paisible de toute l'Inde
On y trouve dix fois plus de catholiques qu'ailleurs en Inde mais ils cohabitent paisiblement avec les hindouistes et les musulmans. L'instruction est généralisée, la parité entre hommes et femmes existe. La seule menace contre ce miracle vient d'un gouvernement d'empreinte marxiste
par Sandro Magister
ROME, le 5 octobre 2009 – Le synode des évêques sur "L’Eglise en Afrique", en cours depuis hier jusqu’au 25 octobre, attire l'attention sur ce continent qui a enregistré au siècle dernier la plus explosive expansion missionnaire du christianisme.
Cette fertilité chrétienne de l'Afrique contraste avec celle d’un autre continent, l'Asie, qui se montre beaucoup plus imperméable à l’Evangile.
En Asie, les Philippines sont le seul pays où le christianisme soit majoritaire et la Corée du Sud le seul où il progresse. Ailleurs, les chrétiens sont une minorité plus ou moins faible, souvent occupée à résister à des persécutions, oppressions, hostilités en tout genre.
Les deux géants de l'Asie sont emblématiques. De Chine, mais aussi de la démocratique Inde, arrivent sans cesse des informations à propos de violences contre les chrétiens. Au cours des dernières années, l'état indien d’Orissa a été un véritable lieu de martyre.
Mais il n’en est pas ainsi dans toute l’Inde. Dans l’une de ses régions, les chrétiens sont dix fois plus nombreux que la moyenne nationale – 20 % contre 2 % – et surtout ils vivent en paix.
Cette région, c’est le Kerala, où le christianisme a des racines très anciennes et où l'empreinte chrétienne est encore aujourd’hui extraordinaire. Il n’est pas riche, mais c’est de très loin l’état indien le plus instruit, avec des taux très élevés de scolarisation, y compris féminine (photo). C’est aussi celui où il y a le plus de parité entre hommes et femmes et où la natalité est, depuis des décennies, plus équilibrée, fondamentalement parce que les filles vont toutes à l’école et se marient donc plus tard qu’ailleurs. Les écoles de tout genre et de tout niveau y sont en grande partie chrétiennes.
Le Kerala est aussi l’état indien ayant les plus forts taux de lecture. Depuis l’an dernier, on y imprime même en malayalam, la langue locale, une édition hebdomadaire de "L'Osservatore Romano", qui se vend à 20 000 exemplaires, deux fois plus que l'édition en italien.
Le dernier numéro d’"Oasis" - la revue internationale en plusieurs langues éditée par le patriarcat de Venise et centrée sur l'Orient - fait la lumière sur le caractère extraordinaire du christianisme au Kerala.
Ce numéro s’ouvre sur un éditorial de Joseph Powathil, évêque émérite de Changanacherry des syro-malabars. Il se développe en pages intérieures avec un reportage réalisé au Kerala, complété par une présentation précise et passionnante de l’histoire et des particularités du christianisme de cette région, écrite par Thomas Koonammakkal, prêtre et patrologue.
On trouvera ci-dessous un large extrait du reportage.
Les secrets surprenants du Kerala
par Luca Fiore
"Nous sommes différentes fleurs d’une unique plante". Basheer Rawther, avocat de Changanacherry, choisit cette image pour décrire le rapport entre les hindouistes, les musulmans et les chrétiens qui vivent au Kerala. Peu importe que Rawther appartienne à la communauté musulmane. En effet, interrogez n’importe qui dans la rue et vous obtiendrez plus ou moins la même réponse. Cette région au sud-ouest de l’Inde semble être un monde différent de l’image que le pays a donnée au cours des derniers mois. Ici, tout bien considéré, les attentats terroristes de Bombay, qui se trouve à un peu plus de mille kilomètres, et les pogroms contre les chrétiens de l’Orissa sont vus comme des faits dramatiques mais lointains. [...] Le Kerala, dans ce contexte, est une exception dont on ne peut pas ne pas tenir compte.
Une fois arrivé au Kerala, on comprend vite que les choses fonctionnent autrement que dans les grands centres du pays que le monde entier observe à cause de ses records économiques. Ici, rien du faste de Bollywood qui scintille dans les hôtels de Bombay, ni de l’effervescence de la Silicon Valley qui se respire à Bangalore. La vie s’écoule doucement, comme les petits canoës qui traversent les cours d’eau intérieurs, les backwaters, qui longent le littoral et pénètrent dans l’arrière-pays. [...] Sur leur trajet, ces embarcations traversent de petits villages avec des mosquées, temples et écoles, et de minuscules groupes de maisons où les gens vivent sur d’étroites bandes de terre assainie, larges de quelques mètres. [...] Les femmes sont vêtues presque exclusivement d’un sari ou du salwar kameez (tunique et pantalon) et il est rare de voir des vêtements féminins occidentaux. Pour les hommes, c’est différent, même si le lungi, morceau d’étoffe colorée enroulé autour de la taille, est la tenue la plus commune pour les moments informels. Le long des rues au Kerala, il n’est pas rare de voir de grands éléphants utilisés comme bêtes de somme : ils transportent des troncs d’arbre ou sont utilisés comme "monte-charges" dans les menuiseries. [...]
Les 35 millions d’habitants du Kerala vivent avec un revenu moyen de 550 euros par personne et par an. Les deux piliers de l’économie locale sont la pêche et l’agriculture, si bien que les centaines de diplômés de haut niveau des universités locales sont obligés de chercher du travail dans le reste de l’Inde ou bien sur l’autre côte de la mer d’Arabie. Près d’un million et demi d’habitants (environ 4 %) vivent à l’étranger, particulièrement dans les pays du golfe Persique. Ce n’est pas un mystère que l’économie locale est soutenue par l’argent envoyé par les immigrés et maintenant que le développement de villes comme Dubaï est paralysé par la crise économique, il est prévisible que le flux d’argent venant de l’étranger diminuera.
LES CHRÉTIENS DE SAINT THOMAS
Mais le Kerala détient d’autres records. En effet, en 1957, il devint la première région du sous-continent où un parti marxiste fut vainqueur aux élections démocratiques. Ensuite, il s’agit du premier État indien par le taux d’alphabétisation : 91 % contre 65 % pour le reste du pays ; c’est la première région indienne pour la longévité (10 ans de plus que les 69 ans de la moyenne nationale) et il souffre de moindres disparités socio-économiques, hommes-femmes ou inter-castes. Enfin le Kerala est l’État indien ayant le taux de pluralisme religieux le plus élevé. En effet, nous sommes face à un exemple persistant de cohabitation réelle en dépit de la mosaïque de communautés qui le composent : la majorité de la population est hindouiste, mais 25 % est musulmane et 20 % chrétienne. Un chiffre énorme si l’on pense que la moyenne de la population chrétienne en Inde se situe autour de 2,3 %. [...]
La cohabitation entre les différents groupes religieux remonte à des temps immémoriaux. Saint François-Xavier, le missionnaire jésuite espagnol qui arriva sur ces rives indiennes dans le sillage de Vasco de Gama, constata avec surprise l’existence d’une importante présence chrétienne de rite syriaque. En effet, la tradition fixe l’arrivée du christianisme en Inde à l’année 52 après J.C., lorsque l’apôtre Thomas arriva au Kerala grâce aux contacts avec les colonies de marchands juifs déjà présents sur les côtes de la mer d’Arabie. La tombe de l’apôtre est conservée à Chennay (autrefois Madras) et les chrétiens de cette zone sont appelés Thomas christians, les chrétiens de saint Thomas. Bien que, du point de vue historique, il n’y ait pas de certitude concernant l’arrivée de l’apôtre sur ces côtes lointaines du Kerala, les églises locales – en particulier celles de rite syriaque – sont fières de ce lien direct avec la tradition apostolique. L’arrivée pacifique de l’Islam remonte, elle, au VIIe siècle et les marchands arabes d’épices firent les intermédiaires. [...]
TROIS RELIGIONS SUR LES MÊMES BANCS A L’ECOLE
À Fort Cochin, on peut sentir toute la complexité de la culture et de l’histoire du Kerala. Les vestiges de l’époque coloniale, les églises baroques et les maisons de style portugais, aux portes et fenêtres de couleur bleu turquoise, se mélangent aux petits magasins de produits typiques, aux ateliers des artisans et aux humbles maisons précaires. À Fort Cochin, on peut aussi visiter une vieille synagogue qui témoigne de la présence d’une petite communauté juive. Un peu partout, les affiches de propagande du parti communiste local sont placardées sur les murs de briques. Dans la rue principale de la vieille ville, un de ses sièges est décoré d’une peinture murale représentant Che Guevara. En plus du guérillero argentin, l’étrange panthéon de ce parti marxiste accueille Saddam Hussein et Mère Teresa de Calcutta. Il n’est pas impossible de voir ces trois visages sur les affiches durant les manifestations publiques. Le rapport avec Saddam Hussein et Mère Teresa est vite exprimé : ici, en Inde, ils deviennent avec Che Guevara le symbole de la lutte contre la pauvreté et le pouvoir colonial des Occidentaux.
S’il est vrai que la communauté musulmane est concentrée surtout au nord du Kerala et la communauté chrétienne au sud, il faut noter qu’il n’existe pas de ghetto à l’intérieur des villes et des villages : chrétiens et musulmans sont souvent voisins. Depuis la terrasse de l’un des nombreux magasins de Fort Cochin, l’ancienne colonie portugaise autour de laquelle s’est développée la Cochin actuelle, on peut voir une mosquée, une église et un temple hindouiste pratiquement dans le même pâté de maisons. Les enfants des différentes religions commencent à vivre côte à côte sur les bancs de l’école. De compagnons d’école, ils deviendront souvent collègues de travail. À Changanacherry, par exemple, tout le monde sait combien est importante pour l’histoire récente de la ville l’amitié, née justement à l’époque de l’école, entre Mgr Joseph Powathil, archevêque émérite du diocèse local et ancien président de la conférence des évêques de l’Inde, et Narayana Panikker, secrétaire général de la Nair Service Society, une association de bienfaisance hindouiste qui compte 5 600 sections au Kerala avec un total de 6,5 millions d’adhérents. Une amitié cordiale qui a favorisé et approfondi une bonne cohabitation entre les communautés chrétienne et hindouiste. On peut dire de même que, lors d’une des périodes de tension de l’histoire indienne, de 1967 à 1970, sur 1 365 incidents entre hindouistes et musulmans, seuls 142 d’entre eux eurent lieu dans le sud du pays.
Mais ce sont surtout les fêtes religieuses, très nombreuses, qui donnent le sentiment physique de la cohabitation. Aux fêtes des Saints Patrons, la communauté chrétienne organise de grandes processions dans les villages, des centaines d’échoppes qui vendent toutes sortes de bonnes choses se dressent sur les routes et les rues s’illuminent de mille lumières colorées. La ville ou le village s’arrête et tous, même les hindouistes et les musulmans, participent à la fête. [...] Dans certains cas, les relations entre les différentes religions frôlent le syncrétisme : il arrive que les hindouistes vénèrent des saints chrétiens considérés comme des incarnations de leur unique divinité.
LES MOTIFS DES CONVERSIONS
Les conversions entre les différents groupes sont rares, mais elles existent. Au Kerala, personne, sauf les très aguerris pentecôtistes, ne fait de prosélytisme. Il arrive aussi que des hindouistes se convertissent au christianisme sans que leur famille crée trop de problèmes. Dans une petite paroisse de Kottayam, par exemple, une des paroissiennes est une ancienne hindouiste convertie. Illustratrice de livres pour enfants, elle restait après la messe, le dimanche, pour attendre sa fille de douze ans qui va au catéchisme. Dans la même paroisse, une musulmane a épousé un chrétien et demandé le baptême. Cela se raconte le plus tranquillement possible, sans aucune crainte. Chose impensable dans de nombreux pays musulmans. Le fait que cette femme n’ait rencontré aucun problème, ou qu’elle soit encore vivante, en dit long sur le climat qui règne à Kottayam. Mgr Abraham Mar Julios, évêque de Muvattupuzha, raconte que récemment, dans son diocèse, trente familles hindouistes immigrées du Tamil Nadu se sont converties au christianisme. Ce sont des familles très pauvres, venues au Kerala parce que les chefs de famille avaient trouvé du travail dans une carrière de graviers. Qu’est ce qui les a convaincus d’abandonner leur religion ? "Les personnes avec qui j’ai parlé – dit Mgr Mar Julios – m’ont dit avoir été fascinées par les communautés paroissiales de leur village. Elles sont touchées par le fait que la communauté chrétienne est une communauté priante car les chrétiens prient ensemble et se conçoivent comme une communauté. La prière des hindouistes est toujours individuelle et il est assez rare que le gardien du temple connaisse bien les personnes qui fréquentent le lieu de culte. Habituellement, le curé connaît le nom de tous ses paroissiens".
Le père Lorenzo Buda est un moine. Il a une interminable barbe blanche qui descend le long de la bure orange qui recouvre son corps très maigre. Il vit dans un monastère enfoui dans la jungle sur les monts Ghats du Sud, à la frontière avec le Tamil Nadu. Le village s’appelle Idukki et se trouve à plus de 60 kilomètres de Kottayam. Ici, les gens sont très simples et très pauvres. En dix ans de présence à Idukki, cinquante personnes ont demandé le baptême. "C’est difficile de dire pourquoi ils demandent à devenir chrétiens – explique le père Buda – mais l’un d’eux m’a dit que jamais auparavant il ne s’était senti aimé de cette manière".
LE FARDEAU DES CASTES, LA TENTATION DE LA VIOLENCE
"Il ne fait aucun doute – expliquait en 1966 l’anthropologue français Louis Dumont dans son monumental 'Homo Hierarchicus' – que souvent les Intouchables, en se convertissant [au christianisme] ont répondu à l’appel d’une religion égalitaire prêchée par les puissants, mais il ne résulte pas que leur situation sociale se soit de ce fait améliorée, tant dans le milieu hindouiste que dans le milieu chrétien".
Si, d’une part, il est vrai que le fardeau du système des castes pèse encore sur la société du Kerala, comme dans toute l’Inde, la promotion de l’instruction par l’Église a certainement permis d’atténuer la hiérarchisation rigide de la société et a donné la possibilité à beaucoup d’enfants des plus basses castes et aux intouchables d’améliorer leur condition sociale. D’autre part, il est vrai aussi que, comme l’affirme Dumont, même les chrétiens du Kerala conçoivent encore parfois la société en castes. Au fond, la caste est imprimée sur le destin des indiens par leur nom de famille. Et son nom, chacun le porte jusque dans la tombe. Et cela, dans tous les cas, est aussi valable pour les chrétiens.
Bien que le Kerala doive être considéré, à juste titre, comme un exemple de cohabitation interreligieuse, les affrontements n’ont pas manqué, ces dernières années, entre les différentes communautés, en particulier entre hindouistes et musulmans. À l’égard des chrétiens, les épisodes de violence ont visé jusqu’à présent des cibles matérielles et rarement des personnes. En effet, il peut arriver qu’un lancer de cailloux prenne pour cible une église ou qu’une chapelle votive soit détruite, mais au Kerala personne ne s’est encore aventuré à tuer pour des raisons religieuses. En 2004, dans un village proche de la ville de Kozhikode (aussi appelée Calicut), 35 personnes, armées de barres de fer et hurlant des slogans hindouistes, ont attaqué quatre sœurs et trois frères de l’ordre de Mère Teresa. Certains des assaillants ordonnèrent aux sœurs de quitter le village et de cesser de convertir des fidèles hindouistes au christianisme. Cependant, il s’agit d’un cas isolé. Mais, il est vrai que durant la dernière décennie, le Bharatiya Janata Party (BJP), le parti nationaliste hindouiste au pouvoir en Inde jusqu’en 2004 mais minoritaire au Kerala, a fait entendre de plus en plus fort ses revendications en faveur d’une "Inde des hindouistes".
Parallèlement, les épisodes de violence attribuables au Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), considéré comme le bras armé du BJP, ont augmenté. Dans les madrasas islamiques, on a commencé à prêcher le jihad contre les oppresseurs hindouistes. À diverses reprises, des militants islamistes ont été arrêtés tandis qu’ils combattaient au Cachemire et il est arrivé aussi que les mêmes organisations islamiques considérées comme fondamentalistes aient condamné ouvertement l’utilisation des madrasas comme caches d’armes et d’explosifs. De plus, on sait que des financements arrivent directement d’Iran, du Pakistan et d’autres pays du Moyen-Orient. Ces dernières années, le National Development Front (NDP) a rencontré toujours plus de succès. Il s’agit d’un mouvement islamiste qui se concentre sur la défense des droits socio-économiques des musulmans, des dalits et des autres classes arriérées. Récemment, le NDP a annoncé qu’il allait s’engager à fond dans la Dawa, la prédication missionnaire à l’égard des autres communautés, et il a accusé les autres associations musulmanes de négliger ce type d’activités. Dans la région, la Jamaat-Islami est elle aussi en expansion. Cette organisation cherche à répandre "la vraie conscience" dans la société musulmane et à la purifier de tous les rituels non musulmans et des superstitions. Actuellement, au Kerala, ce mouvement prend des tons plus modérés que dans le reste de l’Inde et il s’est dit prêt au dialogue avec les autres religions. Une autre organisation émergente est le Students Islamic Movement of India (SIMI) qui invoque la "libération de l’Inde" par sa transformation en un État islamique.
Toujours est-il que la majorité des mappillas, comme sont généralement appelés les musulmans du Kerala, n’a pas, jusqu’à présent, cédé aux sirènes du fondamentalisme. "Les musulmans du Kerala – explique le père James Narithookil, islamologue – se distinguent des musulmans du reste de l’Inde surtout par leur langue qui est le mappilla malayalam, un mélange entre le dialecte du nord du Kerala et l’arabe, tandis que dans le reste de l’Inde on parle l’ourdou. En effet, l’arabe était la langue du commerce sur les côtes du Kerala bien avant la diffusion de l’Islam. Par rapport aux musulmans du reste de l’Inde, ceux du Kerala sont plus instruits et plus sociables. Chez eux, on trouve certainement une tendance majeure à l’harmonie et à la cohabitation interreligieuse et ils sont davantage disponibles à coopérer avec les hindouistes et les chrétiens pour le progrès social et moral". [...]
POURQUOI LE KERALA FAIT EXCEPTION
Mais quel est vraiment le secret du Kerala ? Qu’est-ce qui permet à ce petit territoire de rester, malgré les exceptions et les contradictions, une oasis de cohabitation ? Si on demande aux leaders chrétiens, hindouistes et musulmans pourquoi le Kerala n’est pas encore l’Orissa, la réponse est toujours la même : "l’éducation". [...] Comme on l’a dit, dans cette région, le taux d’alphabétisation est le plus élevé de l’Inde et est semblable aux niveaux européens. Les explications de ce record sont nombreuses, mais il ne fait pas de doute que la présence millénaire d’une importante communauté chrétienne locale a promu, à travers un engagement visible, la diffusion non seulement d’institutions éducatives mais aussi d’une mentalité qui, autrement, serait impossible dans le reste de l’Inde hindouiste et musulmane. Bien avant l’arrivée des Portugais, ce furent les prêtres chrétiens qui commencèrent à apprendre aux fidèles à lire et écrire le syriaque pour pouvoir suivre la liturgie, les uniques écoles existant à ce moment étant principalement des centres de formation pour la caste la plus élevée, celle des brahmanes. Aujourd’hui, la présence des chrétiens dans la région est sans aucun doute massive. En ce qui concerne uniquement les catholiques, qui sont environ 4,8 millions, on compte 29 diocèses, plus de 4 200 paroisses, 8 000 prêtres et 31 000 sœurs. [...]
Un autre record du Kerala est le foisonnement de vocations religieuses. De fait, presque tous les diocèses ont un petit séminaire et le Kerala est une des seules régions capable "d’exporter" des prêtres et des religieuses. Les raisons de ce phénomène sont diverses et pas toutes faciles à repérer. Selon Mgr Joseph Perumthottam, archevêque de Chaganacherry, le motif principal est à rechercher dans l’éducation que ces jeunes reçoivent de leurs parents : "Il y a encore de nombreuses familles qui vivent un attachement profond à la religion et, chez elles, l’estime pour la vocation sacerdotale est encore forte. Ainsi, ils n’empêchent pas a priori à leurs enfants d’embrasser cette voie. Mais il faut dire que, même chez nous, les chiffres baissent progressivement". Cette grande richesse de "force de travail" permet à l’Église catholique de gérer plus de 5 800 institutions éducatives : 1 800 écoles maternelles, 1 300 écoles primaires, 650 écoles secondaires, 600 écoles supérieures et différentes universités. Sachant que le gouvernement local subventionne environ 12 000 centres scolaires et que toutes les écoles catholiques ne sont pas subventionnées, il est évident que l’Église du Kerala prend en charge 50-60 % de l’instruction de la région. Il s’agit d’écoles ouvertes à tous, où musulmans, hindouistes et chrétiens apprennent – outre l’instruction élémentaire qu’ils reçoivent – à se connaître, à s’estimer et même à devenir amis. Si étrange que cela puisse paraître pour la mentalité européenne, les écoles chrétiennes, en grande majorité catholiques, ne sont pas perçues par les hindouistes comme une menace ou un instrument de prosélytisme. [...] L’influence de l’Église catholique sur la mentalité de la population locale passe aussi par un engagement social très intense. Et ici aussi les chiffres parlent d’eux-mêmes : 300 orphelinats, 400 maisons de repos, 440 hôpitaux et 91 publications.
Si le rôle joué par l’Église est certainement central dans la société, principalement dans le domaine de l’éducation, un effort positif dans ce sens existe aussi du côté des musulmans et des hindouistes. La Samastha Kerala Jameyyat ul-Ulama est une importante école de pensée de l’Islam traditionnel qui s’oppose au soi-disant Islam moderniste. Cette organisation, répandue au Kerala avant l’indépendance indienne, a conçu un modèle de "madrasa part-time" c’est-à-dire qu’elle offre un type d’éducation religieuse permettant aux étudiants de fréquenter aussi de façon régulière les écoles laïques. En plus de l’alphabétisation, cela a aussi favorisé une intégration majeure de la société du Kerala et un rapport plus serein des musulmans locaux avec la modernité.
LE PIEGE MARXISTE
Dans ce cadre très composite, le parti communiste, qui détient la majorité au gouvernement local, joue un rôle décisif pour l’avenir du Kerala. Au cours des décennies, il est vrai, le parti communiste a partagé le pouvoir avec le parti du Congrès, mais il est toujours resté le premier parti, recueillant le consentement de tous les groupes religieux de la région. Aux dernières élections locales, il y a deux ans, les communistes sont revenus au pouvoir et ont entamé un bras de fer avec l’Église catholique.
L’objet de la dispute est justement la liberté d’éducation. En effet, en 2007, le gouvernement a proposé une réforme du système éducatif qui, selon l’Église catholique, vise à créer un contrôle politique des écoles subventionnées, retirant à leurs directeurs le droit de choisir leurs collaborateurs et d’admettre les étudiants. Même du point de vue culturel, la politique dans les écoles publiques va dans la direction d’un discrédit des expériences religieuses, si bien que non seulement des associations musulmanes, hindouistes et chrétiennes, mais aussi les organisations laïques, ont protesté contre l’introduction de livres scolaires promouvant l’athéisme.
Les évêques du Kerala ne laissent pas passer l’occasion d’exprimer leur préoccupation. Pour Mgr Powathil, il s’agit d’une stratégie électorale pour attirer l’attention en vue des récentes élections nationales, au point que plusieurs propositions provocatrices ont été avancées par les commissions gouvernementales des dernières années : sanctions pour le troisième enfant, introduction de l’euthanasie et ainsi de suite. Pour le chef de l’Église syro-malankare, le Catholicos Mar Baselios Cleemis, c’est justement les progrès du sécularisme et de l’athéisme, ainsi que leurs retombées sur le plan social, qui constituent un des défis majeurs pour l’Église, mais aussi pour le Kerala.
L’enjeu est important. S’il est vrai que l’Église joue un rôle de premier plan dans la préservation du caractère pacifique de la cohabitation au Kerala, on ne fait rien d’autre, en attaquant son rôle éducatif, qu’affaiblir le système immunitaire de la région envers les fondamentalismes opposés. Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui ne semblent pas s’en rendre compte, probablement parce qu’ils ne comprennent pas combien l’exemple du Kerala est significatif pour l’avenir de toute l’Inde.
(Extrait d’"Oasis", 5e année, n° 9, juillet 2009)
La revue du patriarcat de Venise qui a publié l'enquête, disponible en ligne en italien, anglais et français :
> Oasis
Tous les articles de www.chiesa à ce sujet :
> Focus INDE
Tous les textes et documents du synode sur l'Afrique en cours à Rome du 4 au 25 octobre 2009 :
> Synode des Evêques
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
17:50 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : inde, catholiques, hindouistes, muslumans, hommes, femmes, marxisme, asie, evangile, philippines, coree du sud, chine, orissa, osservatore romano, lecture, malayalam, oasis, venise, orient, joseph powathil, changancherry, syro-malabars, luca fiore, basheer rawther, bombay, bollywood, silicon valley, sari, salwar kameez, lungi, saint thomas, alphabetisation, longevite, castes, disparites socio-economiques, pluralisme religieux, vasco da gama, syriaque, juifs, saint francois xavier, christianisme, scolarisation, natalite, thomas koonammakkal, bangalore, jesuites, kerala, synode, afrique, violence |
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27.08.2009
Erdogan et les chrétiens. Peu de promesses, aucun fait
Erdogan et les chrétiens. Peu de promesses, aucun fait
Visite surprise du premier ministre turc à Bartholomée Ier. Mais elle risque de rester sans suite, comme d'autres gestes de détente dans le passé. Les réserves de Benoît XVI sur l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne. La prudence de la diplomatie vaticane
par Sandro Magister

ROME, le 27 août 2009 – Samuel Huntington a défini la Turquie comme "un Janus aux deux visages", dont on ne sait jamais s’il est ami ou adversaire de l'Occident.
Bartholomée Ier, patriarche œcuménique de Constantinople, a dû penser la même chose en accueillant, le 15 août, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, venu visiter l’orphelinat et le monastère de Saint-Georges de Kudunas sur l'île des Princes, dans la mer de Marmara.
C’était la première fois qu’un premier ministre turc se rendait à l'île des Princes, traditionnellement habitée par des chrétiens, et dans un bâtiment, l'orphelinat, dont la propriété, réquisitionnée par les autorités turques, a été attribuée en juin 2008 au patriarcat œcuménique par la Cour de Strasbourg.
Lors de cette visite, Erdogan, accompagné de quatre ministres, a déjeuné avec Bartholomée Ier et les représentants des minorités religieuses de Turquie - grecs, arméniens, juifs, syro-orthodoxes et catholiques - auxquels il a assuré des garanties contre toute discrimination religieuse et ethnique.
"Je dois rencontrer mon prochain avec amour parce qu’il est lui aussi une créature de Dieu", a dit Erdogan, citant une maxime d’une confrérie chiite, les mevlevis, fondée à Konya au XIIIe siècle et dont certaines particularités viennent du christianisme.
Prié de faire un commentaire, Bartholomée Ier a déclaré à Asia News :
"La présence d’Erdogan nous a honorés et nous a donné l’occasion de lui exposer directement nos problèmes, même s’il les connaissait déjà. Nous avons invité le premier ministre au siège du patriarcat œcuménique et à Halki, ce dont Erdogan nous a remerciés".
Halki est une autre île, où se trouve le séminaire de formation théologique du patriarcat œcuménique, fermé par les autorités turques en 1971. Le 10 juin, à Bruxelles, Olli Rehn, chargé de l’élargissement de l'Union Européenne et donc d’une éventuelle entrée de la Turquie, a déclaré que cette entrée dépendait aussi de la réouverture de Halki.
D’ici à décembre 2009, Erdogan devra présenter aux autorités de Bruxelles un compte-rendu des progrès accomplis par la Turquie afin d’atteindre les standards voulus pour entrer dans l'Union. C’est une raison de plus, pour le patriarcat, d’espérer que le séminaire théologique de Halki rouvrira enfin ses portes et reprendra ses activités.
Malheureusement, il est arrivé plusieurs fois que "Janus" déjoue les attentes et montre aux orthodoxes et aux autres minorités religieuses de Turquie un visage non pas amical mais hostile.
En ce qui concerne le patriarcat, par exemple, l’Etat turc continue à ne pas en reconnaître l’"œcuménicité" religieuse et le traite comme un organisme local préposé au culte des gréco-orthodoxes, dirigé par un chef qui doit être citoyen turc de naissance, dépourvu de personnalité juridique et donc de droits de propriété. L'anéantissement du patriarcat - qui ne compte guère plus de 3 000 fidèles en Turquie aujourd’hui - n’a jusqu’à présent fait entrevoir aucune marche arrière sérieuse.
Cela vaut aussi pour les autres minorités chrétiennes. La communauté la plus importante, les Arméniens, a été exterminée, il y a moins d’un siècle, par un génocide que les autorités d’Ankara refusent de reconnaître ; aujourd’hui il en reste quelques dizaines de milliers, sur une population turque de plus de 70 millions d’habitants, presque tous musulmans. Les catholiques sont environ 25 000, avec six évêques, les syro-orthodoxes 10 000, les protestants de diverses dénominations 3 000.
Comme Erdogan, mais pas pour les mêmes raisons, toutes ces minorités religieuses comptent ardemment sur une entrée de la Turquie dans l'Union Européenne. Pour elles, cela comporterait la reconnaissance d’un espace de liberté que, dans le cas contraire, elles craignent de voir rester très limité.
Mais, en Europe même, leurs raisons sont peu prises en considération. Certains gouvernements, dont l'italien et l’allemand, sont favorables à l’entrée de la Turquie dans l'Union, alors que d’autres, comme le gouvernement français, sont contre. Mais les uns et les autres raisonnent en termes d’intérêt national. Les calculs sur les oléoducs et les gazoducs qui viennent des pays d'Asie centrale turcophones et musulmans à travers la Turquie passent avant ceux qui concernent la liberté religieuse.
***
Dans ce cadre, la position du Saint-Siège paraît elle aussi avoir un double visage.
D’une part, la diplomatie vaticane tient compte des attentes des catholiques et des autres minorités religieuses de Turquie, mais aussi des équilibres géopolitiques qui pousseraient à l’entrée de ce pays dans l'Union. C’est le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’état, qui a exprimé de la manière la plus explicite, dans une interview à "La Documentation Catholique" au début de 2007, cette orientation qui n’exclut prudemment aucune solution.
Ayant posé en préalable que l’Eglise catholique n’a pas de "pouvoir particulier pour favoriser l'entrée de la Turquie en Europe ou pour y opposer un veto", Bertone a déclaré dans cette interview que "sans la Turquie, l'Europe ne bénéficierait plus du pont entre l'Orient et l'Occident que ce pays a toujours constitué au cours de l’histoire. [...] Par ailleurs, laisser la Turquie hors de l'Europe risque de favoriser le fondamentalisme islamiste à l’intérieur de ce pays".
Mais, d’autre part, les autorités de l’Eglise sont également sensibles aux dangers d’un genre opposé que l’entrée de la Turquie dans l'Union Européenne pourrait comporter : non pas une intégration bénéfique de la Turquie dans l’Europe, mais une "catastrophe" pour un continent qui a abdiqué son identité chrétienne.
Le mot "catastrophe" figure dans le titre d’un livre qui est la synthèse la plus efficace de ces objections. Paru cette année en Italie, il a pour auteur Roberto de Mattei, historien, vice-président du Conseil National de la Recherche et directeur de la revue "Radici Cristiane", Racines Chrétiennes. Intitulé : "La Turquie en Europe : bienfait ou catastrophe ?", il choisit nettement la seconde hypothèse.
En effet les précédents historiques ne sont pas encourageants. La Turquie actuelle a été l’une des zones les plus importantes du christianisme des premiers siècles et elle gardait encore au début du XXe siècle, après des siècles de domination ottomane, de fortes traces de son identité chrétienne, avec de nombreux fidèles. En quelques décennies, même ces traces ont été presque anéanties par la pression conjointe du laïcisme forcené d’un Kemal Atatürk et de la renaissance islamiste enfin parvenue au pouvoir avec Erdogan.
Benoît XVI est pleinement conscient de ces dangers. Quand il s’est rendu en Turquie, en novembre 2006, cela faisait à peine quelques mois qu’un prêtre catholique, Andrea Santoro, avait été frappé à mort par un islamiste fanatique alors qu’il priait à genoux dans la petite église de Trabzon.
Pendant son voyage en Turquie, Benoît XVI n’a pas dit un mot à propos de l’entrée de ce pays dans l'Union Européenne. La presse internationale a interprété ce silence comme une approbation, confirmée par certains commentaires d’Erdogan après sa rencontre avec le pape. Mais rien ne fait penser que Joseph Ratzinger ait atténué, comme pape, les fortes réserves qu’il avait exprimées sur ce sujet avant d’être élu successeur de Pierre.
Ratzinger s’était exprimé à ce sujet dans deux interventions pendant l’été 2004. La première est une interview accordée à Sophie de Ravinel pour “Le Figaro Magazine” du 13 août :
“L'Europe est un continent culturel et non pas géographique. C'est sa culture qui lui donne une identité commune. Les racines qui ont formé et permis la formation de ce continent sont celles du christianisme. [...] Dans ce sens, la Turquie a toujours représenté un autre continent au cours de l'histoire, en contraste permanent avec l'Europe. Il y a eu les guerres avec l'Empire byzantin, pensez aussi à la chute de Constantinople, aux guerres balkaniques et à la menace pour Vienne et l'Autriche... Je pense donc ceci : identifier les deux continents serait une erreur. Il s'agirait d'une perte de richesse, de la disparition du culturel au profit de l'économie. La Turquie, qui se considère comme un État laïc, mais sur le fondement de l'islam, pourrait tenter de mettre en place un continent culturel avec des pays arabes voisins et devenir ainsi le protagoniste d'une culture possédant sa propre identité, mais en communion avec les grandes valeurs humanistes que nous tous devrions reconnaître. Cette idée ne s'oppose pas à des formes d'associations et de collaboration étroite et amicale avec l'Europe et permettrait l'émergence d'une force unie s'opposant à toute forme de fondamentalisme".
La seconde est un discours aux responsables de la pastorale du diocèse de Velletri, le 18 septembre :
"Historiquement et culturellement, la Turquie partage très peu avec l’Europe et l’englober dans l'Union Européenne serait donc une grande erreur. Il vaudrait mieux que la Turquie serve de pont entre l’Europe et le monde arabe ou forme avec ce dernier son propre continent culturel. L'Europe n’est pas un concept géographique mais culturel, qui s’est formé au cours de l’histoire, parfois conflictuelle, fondé sur la foi chrétienne. C’est un fait que l’Empire ottoman a toujours été en opposition à l’Europe. Bien que Kemal Atatürk ait bâti une Turquie laïque dans les années 20, elle reste le noyau de l’ancien Empire ottoman. Elle est donc très différente de l’Europe, qui est aussi un ensemble d’États laïcs, mais avec des bases chrétiennes, même si l’on tente injustement de le nier. Par conséquent, l’entrée de la Turquie dans l’UE serait antihistorique”.
En tant que pape, Benoît XVI a toujours montré qu’il avait à cœur, plus que le destin politique de la Turquie, le sort des chrétiens de ce pays et les efforts de réconciliation entre l’Eglise de Rome et le patriarcat œcuménique, avec lequel ses rapports sont excellents.
Cependant le Saint-Siège est aussi un acteur politique. Et en ce qui concerne l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, il y a aussi, entre les pour et les contre, une voie moyenne que le Vatican paraît plus enclin à favoriser.
C’est celle que le cardinal Bertone a laissé entrevoir dans son interview, citée plus haut, à "La Documentation Catholique" : pas d’intégration totale de la Turquie dans l'Europe, mais sa participation uniquement au niveau économique.
Le livre :
Roberto de Mattei, "La Turchia in Europa : beneficio o catastrofe?", Sugarco, Milan, 2009, 152 pp., 15,00 euros.
L'agence en ligne de l’Institut Pontifical des Missions Etrangères est une source d'informations très fiable sur les rapports entre le patriarcat œcuménique de Constantinople et la Turquie :
> Asia News
Pour les précédents articles de www.chiesa à propos de la Turquie et du patriarcat œcuménique de Constantinople, voir :
> Focus ISLAM
> Focus ÉGLISES ORIENTALES
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www.chiesa
19:39 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bartholomee ier, saint-georges de kudunas, syro-orthodoxes, ile des princes, mer de marmara, cour de strasbourg, grece, discrimination religieuse, mevlevis, konya, histoire, janus, oleoducs, tarcisio bertone, la documentation catholique, orphelinat, discrimination ethnique, chiites, halki, seminaire, bruxelles, olli rehn, greco-orthodoxes, armeniens, catholiques, protestants, eveques, politique, asia news, allemagne, gazoducs, erdogan, chretiens, turquie, benoit xvi, union europeenne, vatican, diplomatie, samuel huntington, constantinople, patriarche, recep tayyip erdogan, italie, france, gouvernement, asie centrale, turcophones, muslumans, saint-siege, geopolitique |
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