08.04.2010
Patrick Kéchichian, Petit éloge du catholicisme

Folio inédit 129 p., 2 €
La ferveur du néophyte
Devenu chrétien, le journaliste Patrick Kéchichian confesse une foi très romaine
Il fut durant près d'un quart de siècle l'une des plumes les plus «écoutées» de la critique littéraire parisienne. Tout juste retraité d’un grand quotidien du soir, Patrick Kéchichian – qui fait désormais profiter les lecteurs de La Croix de sa lecture affûtée – a souhaité publier non plus seulement des recensions faisant autorité, ni même des essais ou pamphlets dont il a le secret, mais une confession. Une confession au sens le plus originel, donc non sacramentel : un témoignage de foi.
Car foi il y a. Ni trouvée au berceau – l'homme n'a nulle honte à se reconnaître d'extraction mécréante –, ni reçue comme un coup de foudre façon Claudel ou Clavel. Mais découverte au tournant de la trentaine, puis mûrie, réfléchie, nourrie et – bien sûr – fière : «À la figure solide et bien dessinée de l'héritier j'oppose celle, inquiète et troublée, joyeuse cependant, enthousiaste même, du converti.»
On objectera (qu'il nous pardonne !) que sa foi n'est pourtant pas dépourvue d'assises consistantes. D'où un alliage rare, qui fait précisément la force de ce Petit éloge du catholicisme qu'aujourd'hui il publie pour que nul n'en ignore plus, entre la passion du néophyte et la sagesse du croyant réfléchi. Cela doit s'appeler la ferveur, telle qu'elle peut résulter du mariage de l'intelligence avec l'ardeur.
Qui dit «éloge» dit plaidoyer. N'allez donc pas chercher ici quelque traité, avec prétention à l'objectivité : tout en ayant la délicatesse d'épargner à son lecteur des épanchements indécents, la parole ici énoncée assume sereinement sa subjectivité.
N'espérez pas davantage d'y trouver de l'exhaustivité : s'assumant «petit», cet éloge procède par touches successives, enchaînant les passages obligés de tout catéchisme (le mal, la liberté, le Christ !) et d'autres plus propres au parcours personnel : conversion, donc, mais aussi littérature et écriture («La parole, comme la conversion (…) n'est pas une propriété, un pouvoir, encore moins une arme ou une source de profit, mais un devoir : celui de se faire bien entendre»), baroque…
Avec une finale digne d'une encyclique papale par assomption mariale ! Chaque sujet est traité sur quelques pages, mais ciselées, denses, que l'on sent riches d'un arrière-fond de lectures, de prière et de mise à l'épreuve.
Il s'agit donc, pour Kéchichian, de dire publiquement non seulement en quoi il croit, mais en quoi cette foi est grande. Situé clairement dans le registre de l'apologétique plutôt que du récit, son propos entend illustrer la grandeur du christianisme en sa version spécifiquement catholique. Non qu'il dénigre en quoi que ce soit d'autres traditions – d'Orthodoxie ou de Réforme – que celle où son chemin est venu s'inscrire. Simplement, il lui paraît juste de fonder, même rétrospectivement, la pertinence de la voie pour laquelle a opté sa foi.
Le résultat se trouve dans une belle constance de références et une réelle cohérence de cette appartenance – sans que l'on puisse dire si ce sont ses auteurs de prédilection qui marquent le «style» de sa foi, ou au contraire si c'est la posture adoptée qui a favorisé certaines lectures et fréquentations plus que d'autres.
Les références ? Pour Patrick Kéchichian, elles sont peu nombreuses, mais fameuses : Newman, De Lubac et Urs von Balthasar et par là Ratzinger et Lustiger, pour les piliers (on connaît fondements plus fragiles) ; pour les plus récents, on trouvera Jean-Louis Chrétien en philosophie, tout aussi solide, et l'atypique bénédictin de Ligugé François Cassingena-Trévedy.
Plus importante cependant que ces figures inspiratrices, la référence première du catholicisme de notre confrère : Rome, centre d'une communion aussi palpable qu'invisible, symbole d'une religion qui fait droit à la beauté et prône, plutôt que le triomphe ou la critique, un agenouillement qui rend humble sans humilier. Une religion d'expérience, sensuelle autant que spirituelle, et qui peut faire un bien fou à qui sait l'accueillir – comme ce que l'on nommait jadis un écrivain catholique.
MICHEL KUBLER
Source: la-croix.com
18:31 Écrit par Père Walter dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : patrick kechichian, petit eloge du catholicisme, journalistes, foi, confession de foi, critique litteraire, paris, france, la croix, temoignages, claudel, clavel, neophytes, christ, mal, libert, catechisme, ecriture, litterature, apologetique, orthodoxie, reforme, eglise catholique, newman, de lubac, urs von balthasar, ratzinger, lustiger, jean-louis chretien, philosophie, benedictins, liguge, francois cassingena-trevedy, catholicisme, rome, communion, religion, ecrivains |
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18.10.2008
Saint Luc, évangéliste et "serviteur de la Parole"

Heures latines à l'usage de Paris (XVe siècle)
Bibliothèque municipale de Grenoble
Aujourd'hui nous célébrons la fête liturgique de saint Luc, auteur des Actes de Jésus (l'évangile), et des Actes des Apôtres. Prions pour que, par son intercession, les Pères du Synode qui se tient actuellement à Rome sur le thème de la Parole de Dieu, puissent mener leurs travaux à bon terme, et que le Peuple de Dieu en tire tous les fruits.
Beaucoup connaissent le site "Évangile au Quotidien". Je me permets de vous faire part du texte prévu comme commentaire pour la fête de saint Luc :
Cardinal John Henry Newman (1801-1890), prêtre, fondateur de communauté religieuse, théologien
PPS, vol. 3 no. 22 : « The Good Part of Mary »,
Saint Luc, évangéliste, « serviteur de la Parole » (Lc 1,2)
Bonne est toute parole du Christ, elle a sa mission et son but, elle ne tombe pas à terre. Il est impossible qu'il ait jamais prononcé de paroles éphémères, lui, le Verbe de Dieu, exprimant selon son bon plaisir les conseils profonds et la volonté sainte du Dieu invisible. Toute parole du Christ est bonne. Même si ses propos nous avaient été transmis par des gens ordinaires, nous pouvons être sûrs que rien de ce qui nous a été conservé -- qu'il s'agisse de paroles à un disciple ou à un contradicteur, ou bien d'avertissements, d'avis, de réprimandes, de réconfort, de persuasion ou de condamnation -- rien de tout cela n'a une signification purement accidentelle, une portée limitée ou partielle...
Au contraire, toutes les paroles sacrées du Christ, bien que revêtues d'un habillement temporaire et ordonnées à un but immédiat, difficiles de ce fait à dégager de ce qu'il y a en elles de momentané et de contingent, n'en gardent pas moins toute leur force à chaque siècle. Demeurant dans l'Eglise, elles sont destinées à durer pour toujours dans les cieux (cf Mt 24,35) ; elles se prolongent jusque dans l'éternité. Elles sont notre règle sainte, juste et bonne, la « lampe pour nos pieds, lumière sur notre route » (Ps 118,105), aussi pleinement et aussi intimement pour notre temps que lorsqu'elles ont été d'abord prononcées.
Cela aurait été vrai même si un simple soin humain avait recueilli ces miettes de la table du Christ. Mais nous avons une assurance beaucoup plus grande, parce que nous les recevons non pas des hommes mais de Dieu (1Th 2,13). L'Esprit Saint, qui est venu glorifier le Christ et donner aux évangélistes l'inspiration d'écrire, n'a pas tracé pour nous un Evangile stérile. Loué soit-il d'avoir choisi et sauvegardé pour nous les paroles qui devaient être particulièrement utiles dans les temps à venir, les paroles pouvant servir de loi à l'Eglise, pour la foi, la morale et la discipline. Non pas une loi écrite sur des tables de pierre (Ex 24,12), mais une loi de foi et d'amour, de l'esprit non de la lettre (Rm 7,6), une loi pour des coeurs généreux qui acceptent de « vivre de toute parole », si modeste et si humble soit-elle, « qui sort de la bouche de Dieu » (Dt 8,3;Mt 4,4).
Je vous recommande également de lire attentivement l'article que je viens de publier sur Praedicatho :
Alors que s'écroulaient les bourses du monde entier ...
Cliquez et lizez !
04:29 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : saint luc, evangile, saints, eveques, apotres, evangelisation, internet, blog, newman |
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