08.05.2012

La personne n'est pas une marchandise : un congrès contre la traite à Rome

esclavage.JPGLe trafic des personnes est l’activité illégale la plus lucrative dans le monde après le commerce illégal des armes et implique 2,4 millions de personnes par an : un défi de taille pour la communauté internationale. La question a été abordée lors d’une conférence internationale ce mardi à Rome, organisée par la Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du Pays de Galles, sous les auspices du Conseil pontifical Justice et Paix, et avec la participation du Conseil pour les Migrants et les personnes en déplacement. 70 personnes environ venues d’une vingtaine de pays : des officiers de police, des diplomates, des humanitaires, des religieux, unis pour lutter contre ce fléau.

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28.12.2010

Solidarité avec les chrétiens persécutés. Maître-mot des fêtes de fin d'année

persecution.JPGLe respect de la liberté religieuse aura dominé les festivités de Noël au Vatican. La sécurité des chrétiens dans le monde est, en effet, au cœur des préoccupations de Benoît XVI. De l'Irak à la Chine en passant par le Pakistan, le Nigéria, les Philippines, l’Inde, et même en Indonésie, des chrétiens sont pris pour cible par le fondamentalisme et l’intolérance, des chrétiens persécutés, kidnappés, emprisonnés, torturés ou obligés de quitter leur pays, à cause de leur foi.

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01.04.2010

Les nouveaux catholiques d'Israël

Ils sont 50 000, venus de pays lointains, pour effectuer les travaux les plus humbles. Avec une première victime, un Thaïlandais tué par une roquette tirée depuis Gaza


par Sandro Magister





ROME, le 1er avril 2010 – Dans son homélie du dimanche des Rameaux, Benoît XVI a rappelé son pèlerinage de l’an dernier en Terre Sainte et sa triple finalité : voir et toucher les lieux de la vie de Jésus, se faire messager de paix, apporter son soutien aux chrétiens qui vivent en Israël et dans les régions voisines.

Depuis quelques années, il y a beaucoup plus de chrétiens en Israël mais presque personne ne le sait. Et ce sont des nouveaux arrivants. Le Vendredi Saint, jour où les catholiques du monde entier collectent des dons destinés à aider leurs frères de Terre Sainte, leur est aussi consacré.

On estime qu’en Israël les nouveaux arrivants de confession catholique sont 50 000, soit près du double des 27 000 catholiques de souche arabe déjà installés dans le pays et appartenant au patriarcat latin de Jérusalem, et des 500 catholiques de la petite communauté de souche juive.

Par exemple, les catholiques qui remplissent la paroisse Saint-Joseph de Haïfa, le samedi soir, sont de nouveaux arrivants. Près de l’autel ils tiennent haut l’étendard d’El Shaddaï, mouvement charismatique très populaire aux Philippines. Ils viennent en effet de ce pays lointain et sont employés comme personnel de service dans les maisons et hôtels de la région.

Il en est de même à Jérusalem, à Beersheva, ou à Jaffa, point de référence pour les catholiques de la grande agglomération de Tel Aviv. Il y a beaucoup de monde aussi, à Herzlya, pour la messe célébrée dans une salle offerte par l'ambassadeur du Nigéria, autre pays d’où proviennent de nouveaux arrivants.

Les nouveaux arrivants sont des travailleurs étrangers ayant un permis de séjour valable cinq ans. En 2008 le gouvernement israélien a autorisé 30 000 entrées. Le groupe le plus nombreux, 5 800, est venu de Thaïlande ; 5 800 autres sont venus de Russie, d’Ukraine, de Moldavie et d’autres pays de l'ex-Union Soviétique ; 5 500 des Philippines ; 2 700 de l'Inde ; 2 300 du Népal ; 2 300 de Chine ; 1 400 de Roumanie ; et ainsi de suite pour d’autres pays.

Mais il y a aussi les clandestins. Beaucoup d’entre eux, surtout des Soudanais et des Erythréens, utilisent la voie terrestre, en passant par le désert du Sinaï. Ils entrent en si grand nombre que le gouvernement israélien a décidé d’ériger un mur à la frontière avec l'Égypte.

Les Thaïlandais, le plus nombreux des groupes d’immigrés réguliers, travaillent surtout dans l'agriculture. L’attention a été attirée sur leur présence, le 18 mars dernier, par la mort de l’un d’eux, tué par une roquette Qassam tirée depuis la Bande de Gaza alors qu’il travaillait à la campagne.

"Avvenire", le quotidien de la conférence des évêques d’Italie, a envoyé sur place l’un de ses journalistes, qui y a réalisé l’enquête reproduite ci-dessous.

L'auteur est déjà connu des lecteurs de www.chiesa grâce à un reportage réalisé, il y a deux ans, dans l'Orissa, l’état de l’Inde dans lequel les chrétiens sont le plus en danger.



Israël. Les nouveaux immigrés sous les roquettes

par Giorgio Bernardelli



Il s’appelait Manee Singueanphon et avait 33 ans. Trois ans plus tôt, il avait laissé sa famille en Thaïlande et était venu travailler en Israël, dans les serres du moshav Netiv Ha’asara, village agricole situé à 400 mètres à peine de la frontière avec la Bande de Gaza. Il a été tué le 18 mars, alors qu’il travaillait sur l’exploitation agricole, mortellement blessé par les éclats d’une roquette Qassam tirée depuis Gaza par un groupe de miliciens palestiniens.

Cette victime de la flambée de violence qui a récemment frappé la Terre Sainte venait donc de l’autre bout du monde. Le drame a mis en évidence l’aspect le moins visible du conflit qui ensanglante le Moyen-Orient. Parce que ceux qui travaillent dans les moshavim situés sur la frontière vivent en première ligne, partageant les souffrances et les dangers de cette guerre sans fin, bien qu’ils ne soient ni Israéliens ni Palestiniens.

Ce n’est pas un hasard si la victime est justement un Thaïlandais : en effet les travailleurs qui ont remplacé les Palestiniens comme main d’œuvre dans les serres israéliennes proviennent en très grande majorité de ce pays d’Extrême-Orient. Ce processus a commencé au milieu des années 90 mais il a connu une forte accélération à partir de la seconde Intifada.

Les Thaïlandais arrivent en Israël par l’intermédiaire de sociétés de main d’œuvre, agences de placement du marché mondial du travail. Les exploitations agricoles du Neguev qui ont besoin de personnel à des tarifs compétitifs pour leurs cultures de fleurs, de fruits ou de légumes destinées à l’exportation s’adressent, à Tel Aviv, au représentant d’une société qui se trouve à Bangkok. Celui-ci va alors recruter des paysans dans les villages de son pays. Il en trouve à coup sûr parmi les propriétaires de champs trop petits pour nourrir correctement leurs familles. Il leur propose d’aller travailler dans les serres en Israël, où ils pourront mettre de côté un peu d’argent. Il leur parle de 50 000 dollars en cinq ans, durée maximum de validité du visa fourni par les autorités israéliennes pour motif de travail. Entre temps, toutefois, le paysan doit donner son champ en hypothèque au propriétaire de l’agence pour payer son voyage et la "commission". Et, la première année, les 800 dollars que le travailleur enverra chaque mois à sa famille en Thaïlande serviront uniquement à payer cette dette.

On devine que c’est à peu près ce qui est arrivé à Manee Singueanphon en lisant les déclarations de ses dix collègues interviewés par le "Jerusalem Post" au lendemain de sa mort à Netiv Ha’asara. C’était un homme bon, qui aimait beaucoup sa femme, ont raconté les Thaïlandais au journaliste, qui a tout de suite remarqué la boîte en carton dans laquelle ils recueillaient un peu d’argent pour la veuve. Ils lui ont aussi dit ce qu’ils font quand l’alarme retentit parce qu’une roquette Qassam arrive : ils se jettent par terre et espèrent qu’elle va tomber ailleurs ; ensuite ils recommencent à travailler.

Aujourd’hui combien y a-t-il de Thaïlandais dans cette situation en Israël ? On parle de quelques dizaines de milliers. Selon les données du bureau central des statistiques, 10 600 Thaïlandais sont entrés en Israël avec un visa de travail en 2007, l’année où Singueanphon est arrivé au Moyen-Orient. Presque tous de sexe masculin et, pour les trois quarts d’entre eux, âgés de 15 à 34 ans. Pour 2008, en revanche, il n’y a eu que 5 800 nouvelles entrées en provenance de Thaïlande. Mais la même source indique aussi que, ces deux années là, 16 100 Thaïlandais ont quitté Israël pour rentrer à Bangkok.

Donc les arrivées et les départs s’équilibrent à peu près. C’est une donnée caractéristique de la dynamique de la main d’œuvre étrangère en Israël. En effet les étrangers ne peuvent rester dans le pays plus de cinq ans. Et s’ils perdent leur travail, ils ne peuvent en trouver un autre dans un domaine différent de celui pour lequel ils ont été recrutés. Mais tout cela n’est vrai que sur le papier. En réalité un système de ce genre – dicté par le souci des Israéliens de ne pas porter atteinte par la démographie à l’identité juive de l’état – n’est pas du tout adapté aux exigences du marché du travail. De fait, le phénomène des clandestins se répand dans le pays.

Les chiffres à ce sujet sont controversés. Les dernières estimations officielles – publiées en décembre dernier par le gouvernement Netanyahu – donnent un total de 255 000 travailleurs étrangers, soit 10,4 % de la force de travail israélienne, mais comprenant une bonne moitié d’illégaux. Mais on dit beaucoup que les clandestins sont encore plus nombreux en réalité : certains vont jusqu’à parler de 370 000 travailleurs étrangers. Les professions sont réparties par ethnie de manière assez rigide : Thaïlandais et Népalais dans l’agriculture ; Philippines, Ukrainiennes et Moldaves comme domestiques et aides à domicile ; Indiens dans les restaurants, tandis que, depuis quelques années, les Chinois sont plus nombreux que les Roumains dans le bâtiment.

Il y a aussi la question des enfants d’immigrés. Selon la réglementation israélienne, ils ne devraient tout simplement pas exister : la loi dit que les nouveaux nés doivent être ramenés dans leur pays d’origine au plus tard trois mois après la naissance, sous peine d’annulation du visa de travail de la mère. Un système particulièrement dur, conçu pour décourager encore plus la présence stable des étrangers en Israël. Mais beaucoup d’enfants sont restés. Il y en a 1 200 qui sont nés et ont grandi en Israël. Ils parlent mieux l’hébreu que la langue de leurs parents, beaucoup vont même à l’école, mais ce sont des clandestins. Ils devaient être expulsés mais il a été décidé d’attendre au moins jusqu’à la fin de l’année scolaire. La cour suprême israélienne devrait se prononcer sur la question.

Il y a tout cela derrière la mort de Manee Singueanphon, paysan thaïlandais qu’Israël a considéré, au moins un jour, comme l’un des siens.





Le journal de la conférence des évêques d’Italie qui a publié l'enquête de Giorgio Bernardelli le 26 mars 2010 :

> Avvenire



L'appel du Vatican pour la collecte de cette année en faveur des chrétiens de Terre Sainte :

> Avec la préparation de la Pâque...

Et le rapport de la Custodie de Terre Sainte sur les opérations réalisées grâce à la collecte de 2009 :

> La Custodia di Terra Santa...



L'homélie prononcée par Benoît XVI le 28 mars 2010, dimanche des Rameaux, avec ses références à la Terre Sainte :

> "Cari fratelli e sorelle..."




Tous les articles de www.chiesa relatifs aux chrétiens en Israël et à des sujets connexes :

> Focus JUIFS

Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

10.03.2010

Benoît XVI à l’audience générale lance un appel pour le Nigeria, la Turquie et l’Irlande du Nord

 

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Benoît XVI a dénoncé, ce mercredi, la violence atroce qui ensanglante le Nigeria et n’épargne pas même des enfants sans défense. Le Pape s’exprimait à la fin de l’audience générale, trois jours après des attaques meurtrières menées par des éleveurs musulmans contre des agriculteurs d’une ethnie chrétienne dans trois villages de la région de Jos. Il a notamment exprimé sa proximité avec les prêtres et les fidèles, en les invitant à être forts et unis dans l’espérance: >>

 

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Toujours à l’audience générale, Benoît XVI a lancé un appel à la communauté internationale en faveur de la Turquie, secouée lundi par un séisme qui a fait une cinquantaine de morts. Le Pape a invité à contribuer avec rapidité et générosité aux secours.

Et quand il s’est adressé aux groupes anglophones, Benoît XVI s’est félicité des récents développements en Irlande du Nord en estimant qu’ils constituaient un signe prometteur d’espérance. L’assemblée régionale d’Ulster a approuvé un accord historique prévoyant le transfert des pouvoirs de police et de justice de Londres vers Belfast, dès le 12 avril. C’était le dernier obstacle à l’application des accords de paix de 1998. Le Pape prie pour que cet accord conclu entre le Sinn Féin catholique et les unionistes protestants aide à consolider l’avenir de paix que tous souhaitent.

 

(Radio Vatican)

09.03.2010

L'horreur au Nigeria - Mgr Onaiyekan réagit aux nouveaux massacres au Nigeria

L’horreur au Nigeria : dans la région de Jos, des centaines d’agriculteurs chrétiens ont été tués par des éleveurs musulmans. Mais l'Église tient aussi à rappeler que ces violences n’ont pas un caractère religieux mais ethnique et social.

 

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Selon Mgr John Onaiyekan (photo), archevêque d’Abuja, ces massacres récurrents sont le produit de revendications économiques, tribales et culturelles.

L'Église s’efforce de promouvoir les rapports christiano-musulmans mais aussi de trouver des solutions aux problèmes concrets, politiques et ethniques, qui sont à la base de cette violence. Le problème c’est qu’en Afrique aujourd’hui il y a des armes partout.

Écoutez Mgr Onaiyekan : >>

Propos recueillis par Armance Bourgois
(Radio Vatican).

04.10.2009

Le synode pour l’Afrique abordera l’oeuvre urgente d’évangélisation

Le synode pour l’Afrique abordera l’oeuvre urgente d’évangélisation

Présentation du secrétaire général du Synode, Mgr Nikola Eterovic

 

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ROME, Vendredi 2 Octobre 2009 (ZENIT.org) - La priorité du Synode « concerne l'oeuvre urgente d'évangélisation qui a comme reflet indissociable la promotion humaine dans le contexte du continent africain ».

A deux jours de l'ouverture de la seconde assemblée synodale pour l'Afrique, le secrétaire général du Synode, Mgr Nikola Eterovic, a tenu un briefing de présentation de l'événement, le 2 octobre au Bureau de presse du Saint-Siège.

Dans sa présentation, Mgr Eterovic a rappelé le thème de cette seconde Assemblée synodale : « L'Église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. ‘Vous êtes le sel de la terre... Vous êtes la lumière du monde' » (Mt 5, 13. 14).

« Être le sel de la terre et la lumière du monde est la vocation de chaque chrétien », a-t-il ajouté. « Ces paroles, qui sont valables pour les chrétiens de tous les temps, sont adressées d'une manière toute particulière aux fidèles de l'Afrique en ce moment de leur histoire ecclésiale et sociale ».

Tout en soulignant la continuité avec la première assemblée synodale pour l'Afrique (1994), Mgr Eterovic a affirmé que les père synodaux, après avoir « affronté différents défis, ecclésiaux, sociaux et politiques qui, malheureusement, sont pour la plus grande partie encore actuels », désirent aujourd'hui « approfondir la mission de l'Église au service de la réconciliation, de la justice et de la paix ».


Le dynamisme de l'Eglise africaine

Le secrétaire général du Synode a notamment évoqué le dynamisme de l'Eglise en Afrique.

Ainsi, de 1978 jusqu'en 2007, le nombre des catholiques africains est passé de 55.000.000 à 146.000.000. Les vocations au sacerdoce et à la vie consacrée ont également connu une remarquable croissance.

Pour Mgr Eterovic, « l'un des signes de fécondité apostolique sont les vocations missionnaires en Afrique ». « On compte toujours plus de prêtres, de religieux, de religieuses et de laïcs qui accomplissent le service pastoral auprès des autres Églises particulières en Afrique ou sur d'autres continents ».

« Avec la Bonne Nouvelle, ils s'efforcent de promouvoir l'activité d'éducation et d'assistance de l'Église, en offrant une formation intégrale, humaine et chrétienne, aux nouvelles générations », a-t-il salué.

« En même temps, ils cherchent à soulager les plaies ouvertes dans l'esprit et dans le corps de leurs frères face aux grands défis du sous-développement et, donc, de la faim, des maladies, des violences, y compris les guerres ».


Récitation du chapelet pour et avec l'Afrique

« Être toujours plus le sel de la terre et la lumière du monde est la grâce que l'on obtient par la prière », a affirmé Mgr Eterovic.

Samedi 10 octobre au soir, Benoît XVI guidera la prière du chapelet avec l'Afrique et pour l'Afrique, en liaison télévisée, via satellite, depuis la salle Paul VI avec les universitaires de 9 capitales africaines : Le Caire (Égypte), Antananarive (Madagascar), Kinshasa (Rép. dém. du Congo), Nairobi (Kenya), Johannesburg (Afrique du Sud), Maputo (Mozambique), Khartoum (Soudan), Onitsha (Nigeria) et Ouagadougou (Burkina Faso).

30.07.2009

Risque de « talibanisation » au Nigeria

Risque de « talibanisation » au Nigeria


Au moins 500 victimes après la nouvelle flambée de violence

 

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ROME, Jeudi 30 juillet 2009 (ZENIT.org). - Le Nigéria court le risque de se retrouver sous le joug d'une islamisation radicale, affirme le père Obiora Ike, directeur de l'Institut catholique pour le développement, la justice et la paix dans l'Etat nigérian d'Enugu.

Evoquant les derniers affrontements entre jeunes activistes du groupe islamique radical Boko Haram (« L'instruction est un péché ») et les forces de sécurité nigérianes, faisant près de 500 victimes dans le nord-est du Nigéria, le père Ike craint une « Talibanisation » du pays.  

Pour le père Ike, interrogé par l'association caritative internationale Aide à l'Eglise en détresse (AED), les violences, qui durent depuis le 24 juillet, sont « montées d'un cran ». 

Ces violences, qui ont débuté le week-end dernier dans la ville de Bauchi, capitale de l'Etat éponyme, ont éclaté suite à l'arrestation de chefs du groupe Boko Haram avant de s'étendre à Yobe, Kano et Borno, trois autres Etats du nord-est du Nigeria. 

Dans ces Etats, les activistes du groupe Boko Haram s'en sont pris aux forces de l'ordre. Ils exigent l'instauration de la charia, la loi islamique, au Nigeria. 

« Jusqu'ici les islamistes s'en prenaient exclusivement aux chrétiens, mais de nouveaux groupes radicaux se sont désormais formés et prennent pour cible toutes les 'agences occidentales' et d'autres musulmans », a expliqué le père Ike. 

Les actes de violence perpétrés par des groupes comme celui de Boko Haram, a-t-il relevé, sont aussi dirigés contre les gouvernements des Etats qui ont introduit la charia. 

Depuis 2000, la loi islamique a été renforcée dans 12 des 36 Etats nigérians, touchant surtout les questions familiales et les affaires pénales.  

Le père Ike craint que la croissance du groupe Boko Haram ne soit le présage d'un plus vaste mouvement qui risque de s'étendre dans tout le pays. 

Selon lui, ces groupes qualifient de « décadentes » l'instruction dispensée dans les écoles et les universités occidentales. Il souligne également que ces derniers pourraient s'en prendre aussi aux structures éducatives musulmanes. 

Le père Ike a demandé aux gouvernements occidentaux de soutenir le Nigeria dans sa lutte contre les militants islamiques, en garantissant l'instruction et en réduisant la pauvreté. 

Les problèmes actuels, estime-t-il, viennent du « manque d'instruction, du manque de travail, de l'absence de compétences, du peu d'argent et du nombre insuffisant d'emplois qui font que beaucoup ont du mal à donner un sens à leur vie ». 

« Ceci porte à des abus idéologiques et encourage le détournement de la jeunesse par des terroristes », a-t-il ajouté. 

Selon un rapport de l'AED, publié en 2008, sur les chrétiens opprimés pour leur foi, les communautés chrétiennes, dans les 12 Etats nigérians où la charia est appliquée, sont victimes d'intolérance et de discrimination.

A cela s'ajoutent de fausses accusations de blasphème vis à vis de l'islam, la démolition des lieux de culte chrétiens, l'enlèvement et la conversion forcée d'adolescents, surtout de jeunes filles, à l'islam. 

24.06.2009

LA COMMUNICATION DE L’EGLISE - RADIOS CATHOLIQUES ET NOUVELLES TECHNOLOGIES POUR LA MISSION (3)

Entretien avec Son Excellence Mgr Claudio Celli,

Président du Conseil Pontifical pour les Communications Sociales

 

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Depuis Youtube, il y a une approche différente de l'Eglise Catholique vers les nouvelles technologies : quels sont les avantages réels que les nouvelles technologies peuvent apporter à la diffusion du Message Evangélique ?

            Je crois que le Saint-Siège, et en particulier le Message du Saint-Père, ont montré la conscience du caractère positif des nouvelles technologies. Nous sommes tous conscients aussi des limites, des ambiguïtés des nouvelles technologies, mais cela n'enlève rien au jugement sur le caractère positif de Saint-Siège. Et cela implique le lien « nouvelles technologies, nouvelles relations » : aujourd'hui, de nouveaux instruments permettent de dépasser les barrières géographiques, offrent des possibilités, jamais imaginées jusque là, de connaissance et de relation. Cela aide à une vision du monde que je définirais « chrétienne », parce que, en éliminant des barrières déterminées qui continuent à exister, on perçoit vraiment que l'on appartient à une même famille. Les nouvelles technologies offrent donc de grandes possibilités : le problème, c'est de faire que ces possibilités soient au service des valeurs humaines et des contenus humains. Pour cela, la deuxième partie du Message du Pape invite à promouvoir une culture du dialogue, du respect et de l'amitié.

            En outre, les technologies ont en elles des aspects techniques, mais elles doivent avoir aussi une âme, qui lui vient des valeurs, et avant tout du dialogue et du respect pour l'autre. La grande invitation du Pape, c'est de promouvoir une culture nouvelle, et l'Eglise voit avec intérêt ces possibilités, et elle cherche à les aider le plus possible. Il faut souligner le fait que les moyens de communication apportent une grande aide, mais ne remplacent pas la communauté. Les moyens de communication peuvent créer des contacts, de la sympathie, une écoute qui peut aider à un chemin de connaissance. Mais c'est la communauté qui aide à trouver les vraies valeurs ; la technologie doit être reliée à une communauté qui accueille celui qui veut faire un certain type de chemin. Les moyens de communication ne peuvent remplacer une communauté vivante et agissante. La vie chrétienne n'est pas une idéologie qui s'apprend, mais un style de vie ; et c'est la communauté chrétienne qui aide à faire en sorte que le message puisse être expliqué dans une vie toujours plus riche.

 

Récemment, vous êtes allé en Côte-d'Ivoire : de vieilles ou de nouvelles technologies pour la Mission ? Et comment s'élimine le « digital divide », et comment aide-t-on la possibilité d'accès aux moyens de communication ?

            La rencontre avec les Evêques en Côte-d'Ivoire, et les deux rencontres suivantes avec les Evêques du Nigéria, ont été une occasion aussi pour parler des communications sociales et des nouvelles technologies. Le Nigéria a une population de plus de cent millions d'habitants, et quatre millions environ fréquentent Internet. Cela veut dire que les jeunes du monde africain, eux aussi, et surtout ceux qui ont une culture supérieure, s'ouvrent aux nouvelles technologies ; la jeunesse nouvelle, en particulier ceux qui entrent dans les Universités, sont insérés dans les problèmes de l'utilisation des nouvelles technologies. Et si, d'un côté, il ne faut pas abandonner les anciens moyens de communication, comme par exemple le papier imprimé (il suffit de penser aux petites publications des Diocèses, qui permettent aux communautés d'avoir leur expression, et de rester en contact avec les Evêques), ou la Radio - même si, en Afrique, où il existe environ deux cents Radios Catholiques, la situation est problématique de ce point de vue - se pose le problème des nouveaux moyens.

            Les anciens moyens de communication sont utiles là où il n'y a pas d'énergie électrique, là où existe le « digital divide », phénomène pour lequel de vastes secteurs de l'humanité sont laissés en dehors de l'accès aux nouvelles technologies, et qui est étroitement lié au développement : la globalisation est telle aussi par sa grande contribution offerte par les technologies de l'information ; en être en dehors, veut dire être coupés de toute possibilité de développement social et économique ; c'est pourquoi le Pape est très attentif à ce problème et en a parlé dans son Message. Actuellement, de vastes secteurs de l'humanité, les jeunes surtout, sont coupés de l'accès à l'ordinateur, à Internet, aux téléphones portables. Il y a un chemin qu'il faut aider, comprendre et soutenir. Un des problèmes que nous étudions actuellement, est celui de la « banque des programmes » : souvent, en effet, les moyens de communication ont les équipes technologiques, mais ils n'ont pas la capacité de produire des programmes valables et adaptés.

 

 

Quand on parle de nouvelles technologies, il est facile d'évoquer le binôme relatif aux jeunes : quelle est leur contribution à l'Eglise du Troisième Millénaire ?

            Le Message du Pape de 2009 s'est adressé pour la première fois à la « digital generation », en raison aussi du fait que la majorité de ceux qui, par exemple, fréquentent Youtube, sont des jeunes de 25 à 35 ans. A l'occasion du lancement de l'accord avec Youtube, un journaliste m'a demandé si, de cette manière, le Pape ne s'abaissait pas lui-même de trop. Ma réponse fut simple : avant tout, le Fils de Dieu lui-même s'est abaissé, en se faisant homme au milieu de nous, et cela, c'est l'Eglise. En deuxième lieu, le Pape désire être présent là où se trouvent les hommes, dans cet aréopage moderne ; pour cela, les jeunes peuvent vraiment apporte une contribution à cette réalité, une contribution qui soit être accueillie et comprise. L'Eglise ne peut réduire sa mission uniquement à cela ; mais je crois qu'elle doit utiliser tout ce que la technologie met à sa disposition ; l'Eglise sait en outre qu'elle est une communauté vivante, et que n'importe quel message, même annoncé avec les technologies les plus différentes et les plus modernes, doit trouver accueil dans une communauté vivante et agissante.

 

 

Comment est-il possible de faire la Mission, par la communication, la où les moyens de communication n'existent pas?

            Dans ces Pays, c'est surtout les Radios catholiques qui apportent des contribution de double nature : la première est la formation pour un développement humain intégral ; l'Eglise, dans son message d'évangélisation, a comme but aussi de former les hommes : c'est donc un message qui comprend également une dimension humaine. L'autre contribution est l'annonce de l'Evangile. Notre but aujourd'hui est de préparer des personnes qui sachent être attentives aux nouvelles technologies, et qui sachent transmettre, par ces nouvelles technologies, la vérité du message évangélique. Les moyens de communication, comme le déclare aussi le Saint-Père dans son Message, ne sont plus des seulement des instruments, mais, dans les communications modernes, ils créent une culture nouvelle ; et, l'intérêt de l'Eglise est d'être présente dans cette nouvelle culture, interactive, et multi-médiatique. Notre problème consiste à préparer des personnes qui soient, au sein de cette nouvelle culture, des instruments des valeurs humaines et évangéliques, et qui puissent imprégner, comme un levain fécond, cette nouvelle réalité humaine dans laquelle nous vivons.

 

 

Au mois de juin 2008 s'est tenu le Congrès des Radios Catholiques: quels points de réflexion et de travail ont été dégagés à cette occasion ? Qu'est-ce qui fait de la Radio un instrument aussi adapté à la Mission ?

            Dans le moment actuel, il y a une redécouverte de la Radio, parce qu'elle est plus adaptable au cheminement de l'homme ; on ne peut nier qu'elle s'adapte mieux, du point de vue formel, au mouvement de la vie de l'homme d'aujourd'hui ; on ne peut nier que la Radio doive avoir plusieurs fonctions, comme le rappelait le titre du Congrès centré sur « Identité et Mission » : d'un côté, il y a l'identité d'une Radio Catholique qui doit être annonciatrice de l'Evangile ; mais elle doit être ouverte au dialogue, ne pas parler seulement aux catholiques, mais à tout homme, surtout dans le moment actuel où l'homme expérimente ce qu'est la solitude et est à la recherche de son identité. La fonction de la Radio ne doit pas être seulement dans un but de dévotion, qui est certes une caractéristique positive, mais elle doit avoir aussi la capacité de dialogue avec ceux qui sont loin, avec ceux qui ne partagent pas ou qui ne connaissent pas l'Evangile. Pour cela, chaque Radio Catholique a une dimension possédant son propre caractère missionnaire ; elle doit être une communauté qui accueille ceux qui, par la Radio, découvrent les valeurs chrétiennes et le Christ lui-même ; les Radios Catholiques doivent avoir une dimension ouverte au dialogue, elles doivent devenir dialogue de vie avec les personnes qu'elles accueillent, jusqu'à partager les joies, les peines, les luttes des personnes. C'est là que se place la voie pour une Radio Catholique aujourd'hui.

 

 

Le jour de la fête de Saint François de Sales, Patron des journalistes, vous avez souhaité que les journalistes soient des messagers de la vérité: quelles caractéristiques doit posséder un bon communicateur? Comment arrive-t-on à la vérité ?

            Le Message pour la Journée Mondiale des Communications Sociales de l'an passé est éloquent: le Pape y parle des moyens de communication de masse qui sont à un tournant, entre protagonisme et vérité, recherche de la vérité. Je crois que non seulement les journalistes, mais que tout homme devrait exprimer dans sa vie sa forte recherche de la vérité. Et cette recherche de la vérité doit être partagée avec les autres ; cela vaut pour tout homme, et plus spécialement pour les journalistes, pour lesquels c'est un service : les grands journalistes qui ont marqué les moments de l'histoire de chaque Pays, n'ont pas fait du commérage, mais ils ont cherché la vérité, quelle qu'elle soit, et ils ont payé personnellement pour cette vérité. Il faut découvrir alors ce qu'est la Vérité : la recherche de l'homme n'est pas n'importe vérité, c'est une seule Vérité, la Vérité sur l'homme, sur son destin, sur sa signification, sur la vie de tous les jours. Cette recherche passionnée pour la vérité devrait être la caractéristique du vrai journaliste ; en outre, la mission fascinante, prenant et passionnante c'est de partager cette Vérité avec les autres, même s'il y a différents secteurs de la société qui n'aiment pas entendre la Vérité.

 

 

Qu'attendez-vous après la célébration de la Journée des Communications Sociales ?

            Les Journées des Communications Sociales veulent attirer l'attention de tous ceux qui travaillent dans le secteur sur des valeurs déterminées. Un premier résultat, nous l'avons déjà obtenu : parce que le Message est adressé principalement aux jeunes, nous avons fait entrer les jeunes dans la diffusion du Message. Cent mille jeune environ ont transmis à leurs amis, par Internet, le Message du Pape. Comme le dit le Seigneur Jésus, c'est à nous de semer, et ensuite, il faut laisser la croissance au Bon Dieu, et c'est Lui qui veillera à ce que ce Message fermente, transforme, anime la présence de l'Eglise et des hommes de bonne volonté dans ce secteur.

(fides.org)


28.03.2009

Sida : le pape a scientifiquement raison !

 

 

 

Tout a été dit ou presque ces derniers jours sur la réponse du Pape à une question d'un journaliste de France 2. Le préservatif aggrave-t-il le problème du Sida ? C'est la science et l'expérience qui le disent : le pape a raison. Sur le plan personnel et collectif, seule une sexualité responsable peut enrayer la pandémie. Et les faits montrent que l'Afrique est parfois en avance sur les pays occidentaux dits civilisés. Explication par un chercheur en biologie cellulaire.


COMME D'HABITUDE, une phrase a été sortie de son contexte : qui s'en étonnera ? Les premières réactions maladroites de certains n'ont pas amélioré les choses, en particulier la tentative du service de presse du Vatican d'atténuer les mots du Pape en lui faisant dire que cela "risquait" d'accroître (aumentare en italien) le problème. En revanche il a été fort bien dit, surtout par les Africains eux-mêmes, mais aussi par des Européens, que toute cette affaire relevait d’une forme de racisme.

On ne prétendra jamais qu'un Français par exemple, est incapable s’il le souhaite de respecter scrupuleusement la condamnation du préservatif au nom de la morale catholique. En revanche, tous ceux qui ont réagi en s'en prenant souvent violemment au Pape semblent penser qu'un Africain est trop bête pour y parvenir. De même, il a été rappelé ce que le Pape avait commencé par dire, à savoir que plus d'un quart des malades du SIDA sont soignés par des institutions catholiques, bien plus que toutes les ONG réunies (18% des malades). On pourrait demander combien sont soignés par des organisations antireligieuses, ou bien par une fondation Juppé ou Cohn-Bendit ou... la liste est longue !



Le préservatif aggrave-t-il le problème du SIDA ?

Oui ou non le préservatif aggrave-t-il le problème du SIDA ? Puisque c'est cette phrase qui a été reprise partout, et que tout le reste a été oublié, je voudrais (re)montrer qu'elle est tout simplement vraie. J'examinerai d'abord sa vérité au plan individuel, puis sa portée à l'échelle des populations et enfin sa réalité pour ce qui est de l'épidémie planétaire.

À première vue, on peut penser que le préservatif est efficace pour une personne ne voulant pas devenir séropositive ou ne voulant pas transmettre sa maladie ; je pense en particulier aux couples où l'une des personne est séropositive, et je ne parlerai pas de ce cas en particulier. On peut en effet sans doute démontrer que plus de gens auraient le SIDA aujourd'hui sans le préservatif, dans le climat de laisser-faire sexuel qui est quasiment mondial. Mais on peut encore plus facilement prouver qu'en respectant la morale sexuelle de la loi naturelle, au moins de temps en temps, nul n'est besoin de préservatif.

Cependant, admettons que pour une personne donnée qui décide d'avoir des relations avec une autre personne dont elle ne sait rien, le préservatif soit un pis aller. Pourtant celui-ci n'est efficace qu'à 85% comme contraceptif chez ceux qui l'utilisent systématiquement, et la plupart des méta-analyses indiquent que son efficacité contre le VIH est de l'ordre de 80 à 90 %. Cela signifie que pour 100 personnes qui utilisent systématiquement un préservatif, entre 10 et 20 seront malgré tout contaminées. C'est moins efficace que les méthodes de régulation naturelle des naissances. Pourtant on nous rabâche à longueur de temps que celles-ci ne sont pas fiables, à tel point qu'elles ont été surnommées "roulette vaticane".

Pourtant une sérieuse étude a montré que la méthode symptothermique est fiable à 99,4% sur une durée d'un an pour les femmes ayant respecté scrupuleusement tous les critères, et un taux de 98,2% en moyenne lors de cette étude [1]. En "utilisation parfaite", le préservatif est supposé être fiable à 98% (85% en utilisation normale), tout comme la méthode symptothermique selon le chiffre retenu par l'OMS [2]. Va-t-on pouvoir nous expliquer pourquoi le "risque" d'avoir un enfant dans 2% des cas est jugé inacceptable, alors même qu'on juge tout à fait supportable le risque de contamination par le virus du SIDA dans les mêmes proportions ? Si on ne fait pas confiance à une méthode de régulation naturelle des naissances, il est surréaliste de faire confiance au préservatif.



À l’échelle d’une population

Voyons maintenant ce que disent les statistiques et la littérature scientifique sur l'évolution de l'épidémie de SIDA à l'échelle d'une population. On a récemment appris qu'à Washington, la prévalence de l'infection par le VIH était d'au moins 3%. Manquerait-on de préservatifs à Washington ? Ce chiffre est supérieur à celui de plusieurs pays de l'Afrique sub-saharienne (1,2% au Bénin ; 1,6% au Burkina-Faso ; 1,7 au Libéria ; 3,1 au Nigéria ; 2,1 en Angola, etc.).

La réalité est plus complexe. En effet plusieurs personnalités scientifiques de premier plan ont montré que la première mesure à prendre est la réduction du nombre de partenaires. C'est d'autant plus important si une personne a plusieurs partenaires dans une même période.

Prenons l'individu A qui a deux partenaires B et C. Supposons que B soit séropositif, il peut contaminer non seulement A, mais aussi C. Normalement, B et C ne se connaissant pas, il ne devrait pas y avoir de risque de transmission de la maladie entre eux. Mais les risques augmentent exponentiellement avec le nombre de partenaires simultanés. Au contraire le simple fait d'être fidèle à une personne, au moins pendant un temps, réduit considérablement ce genre de risques. C'est en substance ce que démontre Helen Epstein dans un essai paru en novembre 2008 dans le British Medical Journal [3].

H. Epstein est une journaliste indépendante et spécialiste de santé publique dans les pays en voie de développement, auteur notamment de The Invisible Cure: Why We Are Losing The Fight Against AIDS in Africa. De même, une étude essentielle parue dans Science en 2004 démontre que le succès obtenu en Ouganda a été rendu possible en réduisant considérablement le nombre de partenaires et en retardant l'âge des premières relations [4]. Et cette étude a été confirmée [5]. Autrement dit, fidélité et abstinence sont les clés de la lutte contre l'épidémie de SIDA.

En Ouganda en particulier, la chute de la prévalence de séropositivité a précédé de plusieurs années l'arrivée massive des préservatifs. Les autres pays où une baisse sensible de l'épidémie est directement liée à la réduction du nombre de partenaires incluent le Kenya, Haïti, le Zimbabwe, la Thaïlande et le Cambodge [6]. On pourrait également citer James D. Shelton et son "commentaire" publié dans The Lancet fin 2007 sur les dix mythes de l'épidémie de SIDA parmi lesquels on trouve "les préservatifs sont la solution" [7]. Tout comme Helen Field, Shelton, qui appartient à l'USAID (Agence américaine pour le développement international) recommande avant tout de faire baisser le nombre de partenaires simultanés.

 


Le préservatif donne le goût du risque

Un autre argument a été avancé par Edward C. Green qui est le directeur d'un programme de recherche sur la prévention du SIDA à l'université de Harvard. Il s'est fait remarqué la semaine dernière en prenant fait et cause pour le Pape. Dans un entretien accordé à la revue américaine National Review il a déclaré :

« Le Pape a raison, ou bien disons que tous les indices dont nous disposons vont dans le même sens que ce qu'a dit le Pape [...]. Il a été prouvé que les préservatifs ne sont pas efficaces au niveau d'une population. Il y a un lien récurrent, démontré par nos meilleurs études, y compris les "Demographic Health Surveys" financées par les États-Unis, entre une plus grande disponibilité et utilisation des préservatifs et un taux d'infection au VIH plus élevé (et non moins élevé). Ceci peut être dû en partie au phénomène connu sous le nom de "compensation du risque", ce qui signifie que si quelqu'un utilise une technique de réduction d'un risque comme le préservatif, il perd souvent le bénéfice de cette réduction en compensant, ou prenant plus de risques que s'il n'avait pas utilisé cette technique » [8] (traduction AB).


Cette explication est une des clés pour comprendre pourquoi le préservatif est à long terme une mauvaise solution. Tôt ou tard on se lasse de prendre des précautions, et le résultat se manifeste notamment aujourd'hui à Washington avec une reprise tragique de l'épidémie. Et avant qu'on explique que Green est à la solde du pape, il est bon d'ajouter qu'il est agnostique.

 


À l’échelle de la planète

Passons pour finir à l'échelle de la planète. Nous savons que seuls une réduction drastique du nombre de partenaires, ainsi qu'un âge plus tardif pour le début de l'activité sexuelle sont essentiels pour faire baisser de façon très importante l'épidémie de SIDA. Cela est possible puisqu'en Ouganda on est passé de 25 % à environ 6% de personnes infectées en l'espace de 10-15 ans [4]. Ce qui a pu être fait avec peu de moyens dans un pays souvent en proie à l'instabilité peut être fait ailleurs. L'ennui c'est que pour obtenir l'éradication d'une maladie, il faut que tout le monde joue le jeu. Or il est clair qu'aujourd'hui on ne se donne pas les moyens d'arriver à ce résultat autrement qu'en recherchant des traitements ou un vaccin. En ce sens la promotion du préservatif aggrave donc le problème. Tant que la principale façon de lutter est de promouvoir une solution non fiable dans un cas sur six ou sept au détriment d'un changement de comportement, on n'arrivera jamais à enrayer l'épidémie.

Tous ceux qui s'étonnent que le Pape soit catholique devraient s'apercevoir que son raisonnement, loin d'être idéologique ou simplement moraliste, est scientifiquement le plus valide. Peut-être est-il irréaliste à court terme dans la mesure où la fidélité et l'abstinence sont des valeurs très décriées de nos jours, mais sur le long terme, la seule solution est une prise de conscience de la valeur de la sexualité humaine.

« On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels (Benoît XVI) [9]. »

27 mars 2009 | Albert Barrois

*Albert Barrois est le pseudonyme d’un scientifique, docteur en biologie cellulaire.

 


[1] Frank-Herrmann et al (2007). « The effectiveness of a fertility awareness based method to avoid pregnancy in relation to a couple’s sexual behaviour during the fertile time: a prospective longitudinal study. » Hum Reprod, 22, 1310-1319.
[2] Document à télécharger (voir le tableau 1).
[3] Epstein H (2008). « AIDS and the irrational. » British Medical Journal, 337, a2638.
[4] Stoneburner & Low-Beer (2004). « Population-level HIV declines and behavioral risk avoidance in Uganda. » Science, 304, 714-718.
[5] Kirby D (2008) « Changes in sexual behaviour leading to the decline in the prevalence of HIV in Uganda : confirmation from multiple sources of evidence », Sex Transm Inf 84; ii35-ii41
[6] Green & Ruark. First Things, avril 2008. First Things est une revue catholique américaine.
[7] Shelton JD (2007). « Ten myths and one truth about generalised HIV epidemics. » The Lancet, 370, 1809-1811.
[8] Dans un article de Kathryn Jean Lopez, publié en ligne le 19 mars.
[9] Suite de la réponse de Benoît XVI.

 

libertepolitique.com

04.06.2008

Afrique du Sud: Le président Mbeki demande pardon

Le président sud-africain Thabo Mbeki (voir photo) a demandé pardon à son collègue nigérian Umar Yar’Adua pour les attaques contre les immigrés, nigérians mais pas seulement, qui ont provoqué ces dernières semaines au moins 62 victimes.

http://www.rfi.fr/actufr/images/068/mbeki2_220.jpg

 
Yar’Adua, en visite en Afrique du Sud afin de renforcer le dialogue politique et économique bilatéral, a accepté les excuses, exprimant sa
“profonde sympathie non seulement pour les victimes mais aussi pour le gouvernement et le peuple sud-africains, car nous avons vécu des expériencs similaires dans le passé”.
Mbeki et Yar’Adu discuteront aussi de la loi sur l’immigration sud-africaine concernant le traitement des immigrés présents sans papiers et de l’intégration des nigérians dans le pays.
 
C’est la première fois que Mbeki s’excuse pour ce qui s’est passé à compter du 11 mai et pendant les deux semaines suivantes, malgré le fait que de telles paroles étaient très attendues dès le départ; lors de précédentes occasions, il avait plutôt condamné ces faits, les qualifiant de honte pour le pays.
 
Le gouvernement d’Abuja a fait savoir qu’il ne demandera aucune indemnisation pour les dommages subis par les immigrés nigérians.
 
Selon les données officielles, la communauté étrangère la plus frappée serait les mozambicains, avec 23 victimes, et, selon les dernières informations fournies par les autorités frontalières, au moins 27.000 seraient rentrés chez eux.
 
La situation des zimbabwéens est sérieuse aussi, première présence étrangère en Afrique du Sud, dont au moins 25.000 ont fui dans les pays voisins.
 
Entre temps, le Parquet national a fait savoir que 142 procès ont été ouverts liés aux violences contre les étrangers (avec des incriminations pour homicide, vol et incendie), dont 102 dans la seule province du Gauteng, où se sont vérifiés les incidents les plus graves à l’encontre des asiatiques et des sud-africains aussi en plus des immigrés d’autres nations du continent.
 
(MISNA)

18:45 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afrique du sud, societe, politique, nigeria | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |