17.04.2012
Procès Breivik : les risques d’une hypermédiatisation
En Norvège, le procès d’Anders Behring Breivik, responsable des attentats d’Oslo et de la tuerie d’Utoya, qui ont fait 77 morts en juillet dernier a débuté ce lundi devant le tribunal d'Oslo. Breivik, qui a reconnu être responsable de ces tueries, plaide pourtant non coupable et invoque la « légitime défense ». Au premier jour de son procès, dans un geste de défi, la main tendue, l’accusé a montré sa détermination. Avant ces attaques, il avait détaillé sa stratégie dans un ouvrage de plus de 1000 pages, ou il évoque son procès comme « une tribune sur le monde », le « début d’une phase de propagande » pour véhiculer ses idées d’extrême droite. Quel danger représente l’hypermédiatisation qui entoure ce procès ?
22:30 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : norvege, oslo, anders behring breivik, utoya, legitime defense, proces, propagande, hypermediatisation, medias, jean-yves camus, politologue, extreme droite |
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26.07.2011
Faut-il avoir peur du "terrorisme chrétien" ?
La Norvège est en deuil après la double attaque sanglante de vendredi dernier. Tout le pays s’est arrêté, ce lundi à la mi-journée, pour commémorer les victimes. Mais à la compassion se mêle l’incrédulité et l’incompréhension. Behring Breivik, 32 ans, qui a déclaré être l’auteur du carnage, a comparu à huis clos. La justice lui a refusé la publicité qu’il souhaitait. Juste avant la tuerie, il avait diffusé sur l'internet un manifeste de 1.500 pages, un texte délirant et contradictoire dans lequel il se présente comme un croisé engagé dans une lutte contre l'islam et le marxisme culturel et affiche sa farouche hostilité à l’immigration et au multiculturalisme. Il se décrit comme "conservateur", "chrétien". Faut-il pour autant craindre la naissance en Europe d’un terrorisme chrétien d’extrême-droite, xénophobe et violent, dans le sillage de certains courants fondamentalistes américains ? Les experts n’y croient pas trop même s’ils invitent à ne pas sous-estimer le rejet de l’islam et de l’immigration.
16:46 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : norvege, attentats, pasteur, lutheriens, olav fykse tveit, oecumenisme, conseil oecumenique des eglises, cardianux, andre vingt-trois, eveques, paris, eucharistie, cathedrales, notre-dame, victimes, emil paul tscherrig, nonce, terrorisme, extreme-droite, islam, marxisme, multiculturalisme, fondamentalisme, jean-yves camus, conference des eveques, extremisme, racisme, foi catholique, angelus, pape, benoit xvi, saint-siege, europe |
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24.07.2011
Benoît XVI invite à abandonner les logiques de la haine
Le Pape a récité la prière de l'Angélus depuis la cour du palais apostolique de Castel Gandolfo, sa résidence estivale. A l'issue de la prière, Benoît XVI a eu des mots particuliers pour la Norvège, durement frappée par des attentats. "Une fois encore malheureusement arrivent des nouvelles de mort et de violence. Nous éprouvons tous une douleur profonde pour les graves actes terroristes survenus vendredi dernier en Norvège" a dit le Pape. "Nous prions pour les victimes, les blessés et leurs proches. A tous, je veux encore réitérer un appel pressant à abandonner pour toujours la voie de la haine et fuir les logiques du mal,"a t-il conclu.
15:20 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, benoit xvi, angelus, castel gandolfo, norvege, terrorisme, victimes, roi, harald v, tarcisio bertone, cardinaux, respect, solidarite, liberte, priere |
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09.12.2010
Nobel de la paix : un prix qui fait peur à la Chine
Cette année, le lauréat du Prix Nobel de la paix, Liu Xiaobo, un dissident chinois emprisonné dans son pays, ne pourra pas se rendre en Norvège pour recevoir sa récompense. Il purge une peine de 11 ans de prison pour subversion après avoir prôné l’avènement de la démocratie en Chine. Il sera représenté, symboliquement, par une chaise vide et une photo.
17:30 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, prix nobel, paix, liu xiaobo, dissidents, democratie, police, avocats, comite nobel, norvege, antoine kernen, professeurs, institut d'etudes politiques et internationales, universités, lausanne, suisse |
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05.01.2010
Rencontre de jeunes en Pologne: Méditation de frère Aloïs de Taizé
Rencontre de jeunes en Pologne : Méditation de frère Aloïs de Taizé
« La liberté, c’est de pouvoir choisir où mettre nos priorités »

Frère Alois (au centre) au cours d'une veillée de prière à Poznan
Source: Mathieu Bihin
ROME, Vendredi 1er janvier 2010 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte de la méditation prononcée par frère Alois, prieur de la communauté oecuménique de Taizé, lors de la prière du soir, le 31 décembre, au cours de la rencontre de Poznan, en Pologne, qui a rassemblé environ 30.000 jeunes.
Il y a vingt ans, lors de la première rencontre européenne de jeunes en Pologne, juste après la chute du mur de Berlin, c'était la fête de la liberté retrouvée, un grand moment de joie.
C'était le temps de l'enthousiasme, maintenant c'est plutôt le temps de la décision et de la persévérance.
Aujourd'hui, réfléchissons-nous assez au sens de la liberté ? La liberté, c'est de pouvoir choisir où mettre nos priorités. La liberté signifie de ne pas céder aux mauvaises tendances en nous-mêmes. La liberté permet aussi un combat contre les structures d'injustice dans les sociétés.
La liberté, c'est encore de pouvoir exprimer notre foi. Pendant notre récente visite en Chine, avec deux de mes frères, plusieurs nous ont raconté les souffrances que leurs parents ou grands-parents ont endurées pour la foi. Beaucoup d'entre vous, qui viennent de Pologne ou d'autres pays d'Europe centrale ou orientale, ont aussi des parents et des grand parents qui savent ce que signifie souffrir pour la foi.
Nous voudrions remercier Dieu pour ces chrétiens qui ont tenu et persévéré. Aujourd'hui nous pouvons être proches des croyants de Chine. Ils sont touchés quand ils apprennent qu'à Taizé nous prions pour eux le vendredi soir.
Je voudrais ce soir dire un mot particulier aux jeunes polonais. Vous avez des racines profondes dans la foi. A travers des siècles une tradition s'est forgée chez vous qui a permis à votre peuple de traverser de grandes épreuves. Souvent ces racines sont liées à votre famille et à la paroisse où vous avez grandi.
Aujourd'hui vous cherchez à renouveler les expressions de la foi, et cela est bien. Les expressions extérieures peuvent changer, elles doivent parfois changer, pour que la lumière de la foi brille avec un nouvel éclat.
Mais cette recherche n'aboutira que si elle va de pair avec une compréhension des traditions reçues. Voilà un défi : créer du nouveau, en vous appuyant sur la tradition. Notre petite communauté de Taizé voudrait vous accompagner dans cette recherche. Nous avons tant reçu de votre pays que nous sommes poussés à demeurer liés à votre cheminement.
La lumière que les enfants viennent d'allumer et que nous nous sommes transmise les uns aux autres arrive de loin : la flamme a été apportée depuis la grotte de la Nativité à Bethléem.
Cette flamme de paix et d'amitié est là pour éclairer tous les humains. Alors nous ne pouvons pas accepter que dans le monde les inégalités s'accroissent, que quelques-uns seulement bénéficient de la prospérité économique, tandis que la grande majorité connaît la pauvreté. Nous voulons choisir la simplicité de vie pour promouvoir le partage, la solidarité, l'utilisation responsable des ressources de notre planète.

Le hall central à Poznan
Source: Mathieu Bihin
Oui, la lumière de paix est pour tous les humains. Cela nous pousse à continuer notre « pèlerinage de confiance sur la terre ». Voici quelles en seront les prochaines étapes.
Chaque semaine de l'an prochain, les rencontres à Taizé se poursuivront. Au mois d'août, nous ferons mémoire de frère Roger : il y aura cinq ans qu'il nous a quittés. Et ce sera aussi le soixante-dixième anniversaire de Taizé.
Il y aura cette année des rencontres au Portugal, à Sarajevo, en Norvège.
Puis, dans un an nous aurons une nouvelle rencontre européenne. Elle se fera dans un pays où elle n'a encore jamais eu lieu. Ce sera du 28 décembre 2010 au 1er janvier 2011 aux Pays-Bas, dans la ville de Rotterdam.
(en néerlandais) : Depuis quelques mois déjà la préparation est lancée, et cela avec enthousiasme. Quelle joie de voir que toutes les Eglises dans leur grande diversité se mettent ensemble pour chercher à donner un nouveau visage de l'Eglise. Merci aux néerlandais !
Notre pèlerinage s'est élargi ces dernières années par des rencontres en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Pourquoi ? La mondialisation, même avec les ambiguïtés qu'elle contient, nous donne de nouvelles possibilités d'exprimer l'universalité de notre communion dans le Christ.
Comme cela a été annoncé voici un an, notre cinquième rencontre asiatique de jeunes aura lieu dans quelques semaines, début février, aux Philippines, à Manille. Les Philippinos qui sont ici parmi nous nous assurent que les portes et les cœurs sont grand ouverts pour l'accueil.
Et après l'Asie, nous retournerons en Amérique latine. Du 8 au 12 décembre 2010, la deuxième rencontre latinoaméricaine aura lieu au Chili, dans la ville de Santiago.
Il y a ici des Chiliens, l'aumônier des jeunes de Santiago, le Père Galo, et plusieurs jeunes. L'un de ces jeunes Chiliens, Claudio, va nous dire un mot :
(en espagnol)
Voici trois ans, nos amis de Bolivie nous ont invités à participer à la première rencontre latinoaméricaine de Taizé. Maintenant le pèlerinage de confiance sur la terre aura une nouvelle étape dans notre pays. Pour les jeunes chiliens et latinoaméricains, ce sera une occasion de resserrer des liens de communion et de renouveler leur engagement à être disciples de Jésus-Christ et missionnaires de son règne. Avec beaucoup de joie nous vous invitons à participer à la rencontre de Santiago du Chili.
(Un enfant)
Ce soir, nous saluons les jeunes de Moldavie, Arménie, Croatie, Hongrie, Bulgarie, Slovénie, Estonie, Lettonie, République tchèque, et d'Italie particulièrement les jeunes de l'Aquila qui ont connu le tremblement de terre de l'an dernier.
Nous saluons aussi ceux du Chili, Brésil, Mexique, Porto-Rico, Cuba, Colombie, Argentine, Venezuela, Canada et Etats-Unis.
La prière va maintenant continuer par le chant et la prière autour de la croix.
10:45 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jeunes, pologne, poznan, sarajevo, norvege, pays-bas, rotterdam, afrique, amerique latine, frere alois, taize, liberte, berlin, mur de berlin, chine, frere roger, portugal, neerlandais, asie, mondialisation, philippines, m, chute du mur de berlin |
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12.10.2009
L'Espagne catholique a un nouveau héraut: Juan Manuel de Prada
L'Espagne catholique a un nouveau héraut: Juan Manuel de Prada
Cet écrivain confirmé est devenu un défenseur infatigable de l'Eglise et du pape, y compris dans "L'Osservatore Romano". Son histoire est celle d'une conversion, comme il y en a tant en Europe, qui l'a fait passer de l'incroyance à la foi chrétienne. Contre la "tyrannie" progressiste
par Sandro Magister
ROME, le 12 octobre 2009 – On trouve depuis quelques jours dans les librairies italiennes un recueil d’interviews de gens convertis à la foi catholique. Certains sont très connus, du Français Jean-Claude Guillebaud à l’ancien vice-ministre des Affaires étrangères de Norvège, Janne Haaland Matlary, auteur de livres traduits en plusieurs langues, dont un qui a été préfacé par celui qui était alors le cardinal Joseph Ratzinger.
Le recueil d’interviews, édité par Lindau, est de Lorenzo Fazzini. Son titre est : "Nuovi cristiani d'Europa. Dieci storie di conversione tra fede e ragione [Nouveaux chrétiens d’Europe. Dix récits de conversion entre foi et raison]".
Mais "L'Osservatore Romano", le journal du Saint-Siège, compte lui aussi un converti célèbre parmi ses signatures de renom.
Il s’agit de l’écrivain espagnol Juan Manuel de Prada, en photo ci-dessus avec la couverture-manifeste du roman qui a consacré définitivement son succès en 2003 : "La vida invisible [La vie invisible]".
De Prada, 39 ans, a réuni dans son dernier livre les articles "de combat" qu’il a écrits pour défendre le catholicisme dans les journaux espagnols "ABC" e "XL Semanal", mais aussi dans "L'Osservatore Romano", auquel il collabore depuis 2007. En cinq mois seulement, le livre en est déjà à sa cinquième édition en Espagne. Depuis un mois, de Prada est aussi l’une des principales voix de "Cope", la plus importante radio catholique espagnole.
Le 2 octobre, "L'Osservatore Romano" a traduit et reproduit la préface du livre, dans laquelle de Prada rappelle comment et quand "le cours de la vie a changé" en lui.
C’était au printemps 2005, au moment de la mort de Jean-Paul II. De Prada était à Rome et "à l’improviste" il a voulu adhérer définitivement à cette "vieille liberté" qui est le trésor religieux et culturel de l’Eglise catholique : une liberté qui est "l'antidote contre toutes les tyrannies du monde".
C’est d’ailleurs le titre du livre : "La nueva tiranía. El sentido común frente al Mátrix progre [La nouvelle tyrannie. Le sentiment commun face à la Matrice progressiste]".
La "Matrice progressiste", c’est le nom que de Prada donne au grand piège qu’il voit à l’œuvre dans la culture dominante en Europe : "Dans le passé, les dictatures réprimaient les libertés personnelles. Aujourd’hui elles incitent l'homme à s’adorer lui-même et à nier ainsi sa nature".
Il écrit aussi :
"La bataille qui s’engage aujourd’hui tend à rendre aux hommes leur véritable nature. En cas de victoire – si la Matrice était désactivée – les hommes découvriraient qu’ils n’ont pas besoin de construire des tours afin d’atteindre le ciel, pour la simple raison que le ciel est déjà en eux, même si la nouvelle tyrannie cherche à le leur arracher".
On pourra lire ci-dessous la traduction de la préface écrite par de Prada pour "La nueva tiranía". Le texte original se trouve dans l'édition espagnole de cette même page de www.chiesa.
De Prada a dédié ce livre à son ami Giovanni Maria Vian, directeur du "journal du pape".
La matrice progressiste de la nouvelle tyrannie
par Juan Manuel de Prada
"Comment peut-on parler de 'nouvelle tyrannie' alors que jamais jusqu’à présent l’homme n’a eu autant de liberté et de droits ?" pourrait se demander un lecteur naïf. En effet les tyrannies classiques se caractérisaient par le fait qu’elles réprimaient la liberté et niaient les droits. Les hommes avaient conscience de cette usurpation parce que, privés de quelque chose qui leur appartenait par nature, ils se sentaient diminués.
Au contraire la nouvelle tyrannie à laquelle nous faisons référence exalte l’homme jusqu’à l'adoration, lui donnant la possibilité de transformer ses intérêts et ses désirs en libertés et en droits. Toutefois ceux-ci ne sont plus inhérents à sa nature mais deviennent des "concessions gracieuses" d’un pouvoir qui les consacre légalement. Ainsi, transformé en enfant qui voit ses caprices grandir démesurément et se réaliser, l'homme de notre temps est plus que jamais l’otage de pouvoirs qui lui garantissent la jouissance d’une liberté globale et de droits en expansion continue. Dans les tyrannies classiques, le sujet gardait au moins la consolation de se savoir opprimé par un pouvoir qui violentait sa nature ; au contraire ceux qui sont soumis à cette nouvelle tyrannie n’ont d’autre consolation que la protection du pouvoir même qui les a élevés sur l’autel de l'adoration. L’homme est ainsi devenu, sans même s’en rendre compte, un instrument dans les mains de ceux qui s’occupent de lui avec un soin minutieux, comme les fourmis s’occupent des pucerons avant de les traire.
En échange de ces "concessions gracieuses", l'homme accepte une vision hégémonique du monde qui lui est imposé et qui le transforme en objet d'ingénierie sociale. Nous appellerons Matrice progressiste cette vision hégémonique : un mirage, une grande illusion, un trompe-l'œil, que l’on accepte avec un esprit grégaire. Celui qui ose mettre en doute le trompe-l’œil est tout de suite frappé d’anathèmes, considéré comme un réprouvé ou un blasphémateur, un ennemi de l'adoration de l'homme. La Matrice progressiste, utilisée par la gauche, a aussi été assimilée par la droite, qui a renoncé à se battre sur le terrain où la confrontation avec l'adversaire s’avérerait efficace et valorisante : celui des principes. Boiteuse, la droite se limite à introduire des variantes insignifiantes dans le fonctionnement de la grande machine, sans oser en utiliser les engrenages. C’est comme labourer sans bœufs.
La Matrice progressiste est ainsi devenue une sorte de foi messianique ; elle a instauré un nouvel ordre, imposé des modèles culturels inattaquables, mis en place une nouvelle anthropologie qui promet à l'homme la libération finale mais ne lui réserve que le suicide pour l’avenir. Seul l'ordre religieux se dresse contre ce nouvel ordre. Il rend à l’homme sa vraie nature et lui propose une vision correcte du monde qui sape les bases du trompe-l'œil sur lequel s’appuie la nouvelle tyrannie, en détruisant ses falsifications. Une vision que le pouvoir combat avec de grands efforts, l'ordre religieux étant la seule forteresse qu’il lui reste à prendre d’assaut pour que son triomphe soit complet.
Le laïcisme rampant accuse l’Eglise de se mêler de la politique. Il prend comme prétexte cette phrase de l’Evangile souvent mise en avant par ceux qui ne le lisent pas : "Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu". Mais qu’est-ce qui est vraiment à César ? Les choses temporelles, les réalités terrestres ; mais pas, bien sûr, les principes d’ordre moral qui naissent de la nature humaine elle-même, pas les fondements éthiques de l'ordre temporel. La nouvelle tyrannie, si attentive à accroître les "libertés" de ses sujets, refuse à l’Eglise la liberté de juger la moralité des actions temporelles, parce qu’elle sait que ce jugement inclut un bouleversement radical du trompe-l'œil sur lequel elle fonde son existence même. Le pouvoir souhaite une Eglise pharisaïque et corrompue qui renonce à rendre à l'humanité sa vraie nature et qui accepte ce "mystère d'iniquité" qu’est l'adoration de l'homme ; elle espère une Eglise agenouillée devant César, transformée en cette "grande prostituée qui fornique avec les rois de la terre" dont parle l'Apocalypse.
Aujourd’hui, en Occident, s’engage ce grand conflit que la nouvelle tyrannie présente très habilement sous les apparences d’une "bataille idéologique". Mais si c’était vraiment d’une "bataille idéologique", le pouvoir n’y verrait pas un bouleversement ; parce que l'idéologie est justement le terrain fertile qui favorise sa domination, dans la mesure où elle instaure une "démo-rixe", c’est-à-dire une lutte "démocratique" de tous contre tous, capable de transformer les hommes en enfants irrités qui se battent pour leurs "libertés" et leurs "droits", comme les bâtisseurs de Babel luttaient, dans la confusion, pour construire une tour qui atteignît le ciel.
La bataille qui s’engage aujourd’hui n’est pas idéologique, mais anthropologique, car elle vise à rendre aux hommes leur véritable nature, en leur permettant de sortir de la confusion babélienne fomentée par l'idéologie, jusqu’à atteindre le chemin qui conduit aux principes originels. En cas de victoire – si la Matrice était désactivée – les hommes découvriraient qu’ils n’ont pas besoin de construire des tours afin d’atteindre le ciel, pour la simple raison que le ciel est déjà en eux, même si la nouvelle tyrannie cherche à le leur arracher.
Les articles réunis dans ce volume sont des comptes-rendus de cette bataille, émis depuis les tribunes que le journal "ABC" et la revue "XL Semanal" m’accordent généreusement depuis plus de 13 ans et que "L'Osservatore Romano", "Capital" et "Padres y Colegios" m’ont ouvertes depuis peu. Le lecteur curieux constatera que dans ces "comptes-rendus de bataille" se côtoient la diatribe et l'introspection, l'invective et l'élégie, la réflexion à caractère politique et la divagation artistique. Il trouvera même une sélection de chroniques écrites au cours d’un printemps romain qui a changé le cours de ma vie, puisque c’est alors – dans les jours qui ont suivi la mort de Jean-Paul II – que j’ai adhéré définitivement à la "vieille liberté", l'antidote contre toutes les tyrannies du monde. A une époque d’incertitudes qui laissent l’home égaré dans un océan d'inquiétudes, Rome s’est dressée à l'improviste devant moi comme un rocher de salut : je ne pense pas seulement au salut religieux, mais aussi au salut culturel, parce que je considère la foi de Rome comme une forteresse qui clarifie les termes de notre généalogie spirituelle et nous protège des intempéries dans lesquelles la nouvelle tyrannie voudrait nous jeter. Rejeter cette possession illimitée revient à signer un arrêt de mort sociale ; la faire sienne ne constitue pas un acte de soumission, mais d’orgueilleuse et joyeuse liberté.
L’éternelle révolution du christianisme, c’est de nous révéler le sens de la vie, en nous rendant notre nature ; de cette découverte naît une joie sans date limite. Quand un minimum de sensibilité artistique s’ajoute à cette joie, la vie devient une fête de l'intelligence. Chesterton écrivait que la joie, qui est la petite publicité du païen, devient le gigantesque secret du chrétien. Moi qui suis un chrétien un peu impudique, j’ai cherché dans ces articles à rendre public ou au moins à faire entrevoir ce secret gigantesque qui m’envahit et me transcende.
Madrid, mars 2009.
Les livres :
Juan Manuel de Prada, "La nueva tiranía. El sentido común frente al Mátrix progre", Libros Libres, Madrid, 2009.
Lorenzo Fazzini, "Nuovi cristiani d'Europa. Dieci storie di conversione tra fede e ragione", Lindau, Turin, 2009.
Le journal du Saint-Siège, auquel Juan Manuel de Prada collabore :
> L'Osservatore Romano"
Dans cet article de "L'Osservatore Romano" du 26 juin 2008, il répondait à des polémiques sur les vêtements portés par Benoît XVI en concluant : "Le pape ne s’habille pas en Prada, il a revêtu le Christ" :
> Le vesti liturgiche secondo Ratzinger
Janne Haaland Matlary, une convertie interviewée dans le livre de Lorenzo Fazzini, a été nommée, le 1er octobre, membre de l’Académie Pontificale des Sciences Sociales. A l’occasion de cette nomination, le Vatican a diffusé d’elle le portrait suivant :
"Professeur de politique internationale au département de sciences politiques de l'université d’Oslo et au Collège universitaire de la défense nationale norvégienne, elle a été secrétaire d’état (vice-ministre des Affaires étrangères) aux Affaires étrangères de Norvège de 1997 à 2000. Elle est membre expert de la commission du parlement norvégien chargée de proposer des modifications de la Constitution norvégienne pour son 200e anniversaire en 2014. Elle a aussi été membre de la Commission de défense nationale norvégienne et du conseil d’administration du Centre pour la paix et pour les droits de l’homme d’Oslo. Elle a également été membre norvégien de la task-force de haut niveau pour la Biélorussie. Ses principaux domaines de recherche sont les politiques étrangère et de défense européennes et la politique de sécurité internationale.
"Elle est membre du Conseil pontifical Justice et Paix et consulteur du Conseil pontifical pour la Famille. Elle a aussi fait partie, comme chef de délégation ou comme membre, de délégations du Saint-Siège auprès de diverses conférences internationales. En 2007 elle a reçu le prix Saint Benoît, qui lui a été attribué par la communauté bénédictine de Subiaco pour son engagement en faveur de la culture et de la politique européennes. Madame le professeur Haaland Matlary est mariée, elle a quatre enfants et elle est dame de l’Ordre Souverain Militaire de Malte".
www.chiesa a publié d’elle, il y a quelque temps, une analyse des conflits planétaires en matière d’avortement, d’euthanasie et d’homosexualité :
> Papa resto del mondo. Analisi d'una grande partita (17.4.2001)
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www.chiesa
15:51 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : xl semanal, padres y colegios, juan manuel de prada, espagne, eglise, pape, europe, progressisme, jean-claude guillebaud, janne haaland matlary, france, norvege, joseph ratzinger, la vida invisible, catholicisme, abc, cope, jean paul ii, liberte, la nueva tirania el sentido comun frente al matrix progre, culture, giovanni maria vian, ideologie, anthropologie, capital, politique, osservatore romano, elegie, diatribe, introspection, invective, arts, rome |
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31.03.2009
Le droit de mourir n’existe pas, c’est le droit de vivre qui existe
EUROPE/ESPAGNE - Madrid, capitale de l’Alliance de Civilisation pour défendre le droit à la vie: 700 associations du monde entier, en représentation de 20 millions de personnes, ont adhéré à la Marche pour la vie
Parmi les associations qui ont déclaré leur soutien à l’initiative, on distingue : la Fédération AIC, qui regroupe 53 associations présentes en Afrique, en Amérique Latine, en Asie, en Europe et aux Etats-Unis ; Réseau Familial, qui représente plus de 500 associations dans toute l’Amérique Latine ; les associations nord-américaines C-FAM, United Famiglie Internazionale, Internazionale Organization Research Group, Alliance Defence Fund, Concerned Women of America et l’Internazionale Organization Law Group ; ainsi que l’Association hongroise des familles nombreuses, Gift of Life di Malta, la Confédération portugaise des familles, l’association britannique Society for the Protection of the Unborn Children, la Section allemande des familles, et le Forum Zivota (Forum pour la vie, avec 30 ONG en République Slovaque).
« Le gouvernement ne peut tourner le dos à cette clameur, pas seulement espagnole, mais mondiale, pour défendre le droit de vivre »,

Parmi les intervenants, Paloma de Cendra, membre du Comité d’experts du droit de vivre (DAV), psychologue des couples et des familles, et experte des crises de grossesse et syndromes post-avortement ; Ignacio Arsuaga, président de HazteOir.org, et le Dr Gádor Joya, porte-parole national de Droit de vivre (DAV) et chargé de la lecture du Manifeste pour la vie, lu presque en même temps devant les mairies de toute la région espagnole.
Comme l’a dénoncé Paloma de Cendra,

Au terme de la manifestation, le Dr Gádor Joya a lu le “Manifeste de la marche pour la vie”, qui souligne avant tout
22:41 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : espagne, madrid, alliance de civilisation, droit a la vie, associations, marche pour la vie, institut de politique familiale, france, suisse, norvege, malte, royaume-uni, portugal, slovaquie, hongire, etats-unis, canada, mexique, colombie, argentine, perou, bresil, reseau familial, c-fam, united famiglie internazionale, alliance defence fund, concerned women of america, gift of life, society for the protection of unborn children, forum zivota, lola velarde, paloma de cendra, dav, ignacio arsuaga, hazteoir org, allemagne, federation aic, syndrome post-avortement, gador joya |
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04.06.2008
Sommet FAO à Rome: deuxième journée, premiers discours
“L’agriculture et le monde rural ne représentent pas le passé mais sont des parties actives et significatives du futur (…) si cette crise a un aspect positif, c’est ce nous avoir obligé à regarder en direction de ce secteur et à ne pas le faire tomber aux oubliettes comme l’ont suggéré à plusieurs reprises quelques représentants d’une certaine façon de voir la modernité”:
“Nous devons apprendre à mieux gouverner la globalisation et à renforcer le rôle de la politique dans cette tâche”,
“le monde est prêt (grâce au développement économique et technologique) à produire davantage et à améliorer les aliments”,
“l’élimination du protectionnisme et des subventions que les pays développés garantissent à leurs propres producteurs et qui déséquilibrent le commerce agricole international”.
16:45 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : societe, economie, politique, chili, italie, norvege, rome, afrique, fao |
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