04.06.2010
1ère cellule synthétique : une rupture biologique ?

La presse revient sur les détails de la création de la "première cellule vivante dont le génome a été fabriqué de toutes pièces par l'homme et sa technologie", parus le 21 mai 2010 dans la revue Science. La molécule ADN de cette cellule, baptisée Synthia par des journalistes, a été "fabriquée à partir de produits élémentaires contenus dans quatre flacons et d'un synthétiseur chimique".
Que penser de cette invention ? Est-elle vraiment un pas décisif dans le contrôle de la nature vivante par l'Homme ? Ou est-ce une simple avancée technique très bien médiatisée ?
La découverte de Craig Venter a consisté à " recopier" un génome existant : celui de la bactérie mycoplasme mycoïde. Après avoir recensé tous les éléments chimiques (au nombre de plus d'un million) composant l'ADN de cette bactérie, son équipe et lui ont, avec l'aide de puissants ordinateurs et d'automates, construit un nouveau génome sur le modèle de celui de la bactérie. Ce "gigantesque Lego à l'échelle miniaturisée" a ensuite été inséré dans une autre bactérie, nommée mycoplasme caprilorum, privée de son propre ADN. Le nouvel ADN artificiel a alors commencé à travailler, et la bactérie s'est divisée, fabriquant de nouvelles bactéries semblables à la bactérie artificielle de départ. Une étape clé a bien été franchie dans l'histoire de la biologie : il ne s'agit plus de transférer un gène d'une espèce à une autre - technique qui donne naissance aux OGM - mais de modeler le génome entier. Pour Philippe Marlière, chercheur au Genopole d'Evry, "nous sommes entrés dans l'ère de la biodiversité artificielle".
Avec cette invention, les retombées économiques de la biologie synthétique s'annoncent très vastes. On attend déjà de ces nouvelles bactéries des révolutions dans les domaines de l'industrie chimique des plastiques, du textile, ou dans la production d'énergie propre. Aux Etats-Unis comme en France, des sociétés " travaillent déjà sur le développement des hydrocarbures de l'après-pétrole, produits par des bactéries".
S'il s'agit vraisemblablement d'une " rupture biologique [qui] s'apparente à celle qu'a connue l'humanité avec la fission nucléaire" selon les mots de Philippe Marlière, il convient d'en préciser la portée comme l'a fait le généticien américain David Baltimore dans le New York Times : "Craig Venter n'a pas créé la vie, il l'a juste imitée". Même affirmation de la part d'Alain Dupas et Gérard Huber, respectivement physicien et philosophe : Craig Venter "a utilisé des éléments existants du monde vivant, la machinerie chimique d'une cellule d'une part (la bactérie hôte), et un génome certes fabriqué par synthèse, mais pour l'essentiel copie d'un génome existant". Le Père Thierry Magnin, théologien et professeur de physique à l’École des Mines de Saint-Étienne et à l'Institut catholique de Toulouse, explique que "les technosciences changent le rapport entre la science et la technique. Désormais, c'est l'élaboration de produits synthétiques qui pilote la recherche". Il ne s'agit plus uniquement de copier la nature ou de la "réparer", mais "d'augmenter ses potentialités jusqu'à maîtriser le vivant, y compris humain", ce qui nécessite "une vigilance éthique". Pour Thierry Magnin, "notre époque est plus que jamais convoquée à méditer la Genèse" qui présente le récit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Dans le langage biblique, "connaître le bien et le mal" revient à "faire l'expérience de toutes choses. [...] La parole divine n'a pas pour but d'empêcher l'homme d'avoir accès à la science. Elle cherche à le protéger d'un instinct de toute-puissance dont l'Histoire nous a montré les ravages".
La Vie (Claire Legros, Olivier Nouaillas, Thierry Magnin, Claire Derville) 03/06/10 - Valeurs Actuelles (Alain Dupas, Gérard Huber) 03/06/10 © Copyright Gènéthique
06:30 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : presse, genomes, technologie, science, adn, synthia, journalistes, synthetiseurs chimiques, craig venter, bacteries, ordinateurs, mycoplasme caprilorum, philippe marliere, genopole, evry, etats-unis, france, david baltimore, new york times, alain dupas, g |
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13.04.2010
Internet, le champ de bataille du XXIe siècle ?
C’est la plus grande opération de cyberespionnage jamais découverte : des ordinateurs basés en Chine ont pénétré et volé des documents dans des centaines d’ordinateurs de services gouvernementaux ou privés à travers le monde. Avec en ligne de mire, entre autres, les secrets militaires de l’Inde et le chef spirituel des Tibétains en exil, le Dalaï lama.
Dès lors, on suspecte le gouvernement chinois d’être impliqué, et on se dit qu’une nouvelle étape a assurément été franchie dans l’espionnage électronique.

Pour nous en parler, Pierre Haski (photo), co-fondateur du journal en ligne Rue 89 et spécialiste de la Chine: >> 
(Radio Vatican)
07:45 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, cyberespionnage, ordinateurs, inde, tibet, dalai lama, espionnage electronique, pierre haski, rue 89 |
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24.05.2009
Le Pape s'adresse à la génération digitale
MESSAGE DU SAINT-PÈRE
BENOÎT XVI
POUR LA 43ème JOURNÉE MONDIALE
DES COMMUNICATIONS SOCIALES
"Nouvelles technologies, nouvelles relations.
Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d’amitié."
le 24 mai 2009

Chers frères et sœurs,
à l’approche de la Journée Mondiale des Communications Sociales, c'est avec joie que je m’adresse à vous pour vous exposer quelques-unes de mes réflexions sur le thème choisi cette année : Nouvelles technologies, nouvelles relations. Promouvoir une culture de respect, de dialogue, d'amitié. En effet, les nouvelles technologies digitales déterminent des changements fondamentaux dans les modèles de communication et dans les rapports humains. Ces changements sont particulièrement évidents chez les jeunes dont la croissance est étroitement liée à ces nouvelles techniques de communication. Ils sont donc à leur aise dans un monde digital qui, par contre, semble souvent étranger à ceux d’entre nous, adultes, qui ont dû apprendre à comprendre et à apprécier les opportunités que ce monde offre à la communication. Dans le message de cette année, j’ai donc pensé m’adresser en particulier à ceux qui font partie de cette génération digitale : je voudrais partager avec eux quelques idées sur l’extraordinaire potentiel que détiennent les nouvelles technologies quand elles sont utilisées pour favoriser la compréhension et la solidarité humaine. Ces technologies sont un véritable don pour l'humanité : par conséquent, nous devons faire en sorte que les avantages qu'elles offrent soient mis au service de tous les êtres humains, surtout de ceux qui sont dans le besoin et sont vulnérables, et de toutes les communautés.
L'accessibilité des téléphones portables et des ordinateurs, unie à la portée globale et à la capillarité d'internet, a créé une multiplicité de canaux à travers lesquels il est possible d’envoyer, de manière instantanée, des mots et des images aux angles les plus éloignés et les plus isolés du monde : c’est bien sûr une possibilité qui, pour les générations précédentes, était impensable. Les jeunes, en particulier, ont compris l’énorme capacité des nouveaux médias de favoriser la connexion, la communication et la compréhension entre les individus et les communautés, et ils les utilisent pour communiquer avec leurs propres amis, pour en rencontrer de nouveaux, pour créer des communautés et des réseaux, pour chercher des informations et des nouvelles, pour partager leurs idées et leurs opinions. De nombreux avantages dérivent de cette nouvelle culture de la communication : les familles peuvent rester en contact, même si elles sont séparées par d'énormes distances, les étudiants et les chercheurs peuvent accéder plus facilement et immédiatement aux documents, aux sources et aux découvertes scientifiques et ils peuvent, par conséquent, travailler en équipe à partir de différents lieux ; en outre, la nature interactive des nouveaux médias facilite des formes plus dynamiques d'instruction et de communication, qui contribuent au progrès social.
Bien que soit un motif d’étonnement la vitesse avec laquelle les nouvelles technologies se sont développées eu égard à leur fiabilité et à leur efficacité, leur popularité parmi les usagers ne devrait pas nous surprendre, puisqu'elles répondent au désir fondamental des personnes d'entrer en relation les unes avec les autres. Ce désir de communication et d'amitié est enraciné dans notre propre nature d'êtres humains et ne peut être compris de façon adéquate uniquement comme une réponse aux innovations technologiques. À la lumière du message biblique, ce désir doit plutôt être considéré comme un reflet de notre participation à l’amour communicatif et unifiant de Dieu, qui veut faire de l'humanité entière une seule famille. Lorsque nous sentons le besoin de nous rapprocher d’autres personnes, lorsque nous voulons mieux les connaître et nous faire connaître, nous répondons à l'appel de Dieu - appel qui est inhérent à notre nature d'êtres créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, le Dieu de la communication et de la communion.
Le désir de connexion et l'instinct de communication, qui sont tellement évidents dans la culture contemporaine, ne sont en vérité que des manifestations modernes de la disposition fondamentale et constante des êtres humains à sortir d’eux-mêmes pour entrer en relation avec les autres. En réalité, lorsque nous nous ouvrons aux autres, nous accomplissons entièrement nos besoins les plus profonds et nous devenons plus pleinement humains. Aimer c’est, en effet, ce pour quoi nous avons été engendrés par le Créateur. Naturellement, il ne s’agit pas de relations passagères, superficielles, mais du véritable amour, qui constitue le centre de l'enseignement moral de Jésus : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (cf. Mc 12, 30-31). Sous ce jour, en réfléchissant sur le sens des nouvelles technologies, il est important de considérer non seulement leur indéniable capacité de favoriser le contact entre les personnes, mais aussi la qualité des contenus qu'elles sont appelées à mettre en circulation. Je désire encourager toutes les personnes de bonne volonté qui travaillent dans le monde émergent de la communication digitale, afin qu'elles s'engagent à promouvoir une culture du respect, du dialogue, de l'amitié.
C’est pourquoi, ceux qui opèrent dans le secteur de la production et de la diffusion de contenus des nouveaux médias, ne peuvent pas ne pas se sentir tenus au respect de la dignité et de la valeur de la personne humaine. Si les nouvelles technologies doivent servir au bien des individus et de la société, ceux qui les utilisent doivent éviter l’emploi de mots et d’images dégradants pour l'être humain, et donc exclure ce qui alimente la haine et l'intolérance, avilit la beauté et l'intimité de la sexualité humaine, exploite les personnes faibles et sans défenses.
Les nouvelles technologies ont également ouvert la voie au dialogue entre des personnes de différents pays, cultures et religions. La nouvelle arène digitale, le soi-disant cyberespace, permet de se rencontrer et de connaître les valeurs et les traditions des autres. Toutefois, pour être fécondes, de telles rencontres requièrent des formes d'expression honnêtes et correctes, ainsi qu’une écoute attentive et respectueuse. Le dialogue doit s’enraciner dans une recherche sincère et réciproque de la vérité, afin de promouvoir le développement dans la compréhension et la tolérance. La vie n'est pas une simple succession de faits et d'expériences : elle est plutôt la recherche du vrai, du bien et du beau. C’est précisément dans ce but que nous faisons nos choix, exerçons notre liberté et en eux, c'est-à-dire dans la vérité, dans le bien et dans le beau, nous trouvons bonheur et joie. Encore faut-il ne pas se laisser duper par ceux qui cherchent tout bonnement des consommateurs sur un marché de possibilités indifférenciées, où le choix en lui-même devient le bien, la nouveauté se fait passer pour beauté, l'expérience subjective remplace la vérité.
Le concept d'amitié a bénéficié d’une relance renouvelée dans le vocabulaire des réseaux sociaux digitaux apparus ces dernières années. Ce concept est une des plus nobles conquêtes de la culture humaine. Dans nos amitiés et à travers elles, nous grandissons et nous nous développons en tant qu’êtres humains. C’est précisément pour cela que la véritable amitié a été considérée depuis toujours comme l’une des plus grandes richesses dont puisse jouir l'être humain. C’est pourquoi il faut être attentif à ne pas banaliser le concept et l'expérience de l'amitié. Il serait regrettable que notre désir de consolider et développer des amitiés on-line se réalise au détriment de notre disponibilité envers la famille, envers les voisins et envers ceux que nous rencontrons dans notre existence quotidienne, sur notre lieu de travail, à l’école, pendant nos loisirs. En effet, lorsque le désir de connexion virtuelle devient obsessif, la conséquence en est que la personne s’isole, interrompant ainsi l’interaction sociale réelle. Cela finit par perturber aussi les modèles de repos, de silence et de réflexion nécessaires à un développement humain sain.
L'amitié est un bien humain important, mais il serait privé de valeur, s’il était considéré comme une fin en soi. Les amis doivent se soutenir et s'encourager les uns les autres en développant leurs dons et leurs talents et en les mettant au service de la communauté humaine. Dans ce contexte, il est gratifiant de voir émerger de nouveaux réseaux digitaux qui s’efforcent de promouvoir la solidarité humaine, la paix et la justice, les droits de l’homme et le respect de la vie et le bien de la création. Ces réseaux peuvent faciliter des formes de coopération entre peuples de contextes géographiques et culturels différents, en leur permettant d'approfondir l’humanité commune et le sens de coresponsabilité pour le bien de tous. Il est nécessaire toutefois de veiller à ce que le monde digital, dans lequel ces réseaux peuvent être établis, soit un monde vraiment accessible à tous. Le futur de l'humanité subirait un grave préjudice, si les nouveaux instruments de la communication, qui permettent de partager connaissances et informations de manière plus rapide et efficace, n'étaient pas rendus accessibles à ceux qui sont déjà économiquement et socialement marginalisés ou s’ils ne contribuaient qu’à creuser l’écart qui sépare les pauvres des nouveaux réseaux qui se développent au service de l'information et de la socialisation humaine.
Je voudrais conclure ce message en m’adressant, en particulier, aux jeunes catholiques, pour les exhorter à apporter dans le monde digital le témoignage de leur foi. Très chers jeunes, engagez-vous à introduire dans la culture de ce nouvel espace communicatif et informatif les valeurs sur lesquelles s’appuie votre vie ! Au début de l'Église, les Apôtres et leurs disciples ont répandu la Bonne Nouvelle de Jésus dans le monde gréco-romain : comme alors, pour être fructueuse, l’Évangélisation requérait la compréhension attentive de la culture et des coutumes des peuples païens afin d'en toucher les esprits et les cœurs, de même, à présent, l'annonce du Christ dans le monde des nouvelles technologies suppose une connaissance approfondie pour une utilisation cohérente et adéquate. C’est à vous, jeunes, qui vous trouvez presque spontanément en syntonie avec ces nouveaux moyens de communication, qu’incombe, en particulier, la tâche de l’Évangélisation de ce « continent digital ». Sachez assumer avec enthousiasme la charge d'annoncer l'Évangile à vos contemporains ! Vous connaissez leurs peurs et leurs espoirs, leurs enthousiasmes et leurs déceptions : le don le plus précieux que vous pouvez leur faire est celui de partager avec eux la « Bonne Nouvelle » d'un Dieu qui s’est fait homme, a souffert, est mort et est ressuscité pour sauver l'humanité. Le cœur humain aspire à un monde où règne l'amour, où les dons sont partagés, où se construit l'unité, où la liberté trouve son sens dans la vérité et où l'identité de chacun se réalise dans une communion respectueuse. À ces attentes, la foi peut apporter la réponse : soyez-en les hérauts ! Le Pape vous est proche par sa prière et avec sa bénédiction.
Du Vatican, le janvier 2009.
BENEDICTUS PP. XVI
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22:35 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, benoit xvi, communications sociales, jeunes, respect, dialogue, amitie, technologies, nouvelles technologies, technologies digitales, generation digitale, telephone portable, ordinateurs, internet, amis, reseaux, decouvertes scientifiques, bible, connexion, culture, communication, aimer, amour, medias, haine, intolerance, sexualite, cyberespace, amities on-line, paix, respect de la vie, justice, jeunes catholiques, evangelisation, eglise, apotres, christ, continent digital |
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