20.03.2012

AFRIQUE - Des milliers d’enfants et de jeunes continuent à mourir suite à une « maladie mystérieuse »

nod syndrome.jpgKampala (Agence Fides) – Une maladie mystérieuse fait actuellement de nombreuses victimes parmi les enfants du nord de l’Ouganda, du Soudan du Sud et de Tanzanie. Il s’agit d’une pandémie mortelle non encore identifiée et enregistrée pour la première fois en 2003 : le syndrome de Nod. Jusqu’ici, les experts ne sont pas parvenus ni à soigner ni à contenir cette maladie. Elle frappe exclusivement les enfants de 5 à 15 ans provoquant des spasmes incontrôlables qui les consument et en causent la mort.

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04.03.2010

France: Sondage IFOP 'Les femmes et l’IVG'

Pour une autre prévention de l’avortement

 

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ROME, Jeudi 4 mars 2010 (ZENIT.org) - Les résultats d'un sondage IFOP de février 2010, sur « Les femmes et l'IVG » soulignent notamment que les femmes veulent « une autre prévention de l'avortement » en France.

Tugdual Derville, délégué général de l'Alliance pour les Droits de la Vie, analyse les résutats du sondage.

A la suite du rapport français de l'Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS), rendu public en février 2010, l'Alliance pour les Droits de la Vie a voulu connaître l'avis des Françaises sur le sujet sensible de l'avortement, qui la mobilise sur le terrain de l'aide aux femmes enceintes ou ayant déjà vécu l'IVG.

Elle a commandité un sondage détaillé à l'IFOP, réalisé du 19 au 23 février 2010 auprès d'un échantillon représentatif de 1006 femmes âgées de 18 ans et plus.

L'Alliance en tire quatre enseignements majeurs :

1/ L'avortement n'a rien d'anodin pour les femmes : la plupart des Françaises estiment qu'il y en a trop, qu'il a des conséquences difficiles à vivre et aimeraient que la société les aide à l'éviter.

Les Françaises se disent très majoritairement favorables à un « droit à l'avortement » (85%). Ce n'est pas l'avis de l'Alliance qui se retrouve clairement du côté des 7% des sondées qui n'y sont pas favorables. Mais ce constat ne clôt pas le débat, car l'Alliance se retrouve sur d'autres questions avec une nette majorité des Françaises :

-          pour 61% des Françaises (contre 33%) « il y a trop d'avortements dans notre pays » ;

-          pour 83%, « l'avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes » ;

-          pour 60% (contre 33%) « la société devrait davantage aider les femmes à éviter le recours à l'IVG ».

Pour l'Alliance pour les Droits de la Vie, l'avortement est un drame personnel et un échec social, et les pouvoirs publics ont raison de s'en préoccuper. On ne peut pas se satisfaire que près de 4 Françaises sur 10 aient recours à l'IVG au moins une fois dans leur vie féconde (donnée de l'Institut national d'études démographiques).

A ce titre, les Françaises ne suivent donc pas les associations qui affirment que le fort taux d'IVG ne pose pas de problème et qu'il ne faut pas en faire un drame. Et 54% désapprouvent leur action quand elles « organisent des solutions pour que les femmes puissent avorter à l'étranger au-delà du délai légal ». L'Alliance pour les Droits de la Vie conteste également ces filières d'avortement tardif ouvertement revendiquées, qui ont fait scandale en Espagne ces derniers temps.

2/ Les Françaises sont favorables à une autre politique de prévention de l'avortement, qui ne se réduise pas à « prévenir les grossesses non souhaitées » mais qui tende à aider les femmes enceintes à éviter l'IVG.

Alors que les pouvoirs publics reconnaissent qu'il y a un nombre élevé d'IVG, les solutions qu'ils proposent se bornent à renforcer la contraception - alors que la France est l'un des pays au monde où elle est le plus répandue - ou à augmenter encore les prescripteurs de l'IVG. C'est le sens des récentes annonces du ministère de la Santé.

Or, selon le « paradoxe contraceptif français », 72% des femmes recourant à l'IVG utilisaient une méthode de contraception lorsqu'elles se sont retrouvées enceintes. L'Alliance a donc voulu connaître l'avis des Françaises sur la grande absente des politiques de prévention : l'aide aux femmes enceintes leur permettant d'éviter l'IVG. La plupart des Françaises soutiennent cette perspective :

-          47% (et jusqu'à 58% des 18-24 ans) notent que sa « situation matérielle » est « l'influence principale qui pousse une femme à recourir à l'IVG ». Dans un pays développé, dont le système social est réputé performant, on peut pointer les efforts qui restent à faire pour qu'aucune femme ne se sente contrainte à avorter en raison de problèmes économiques. Seulement 13% des femmes affirment que celles qui décident de recourir à l'IVG ne subissent aucune influence. L'expérience d'écoute de l'Alliance confirme que des avis extérieurs (compagnon, proches, professionnels) poussent souvent une femme à avorter à contrecœur.

-          Confirmation : pour 55% des Françaises, « un soutien psychologique pour se protéger des influences extérieures » pourrait aider une femme qui découvre qu'elle est enceinte sans l'avoir souhaité à éviter une Interruption Volontaire de Grossesse.

-          54% évoquent « Une information sur les aides matérielles auxquelles elle a droit ».

-          A noter que 27% d'entres elles ajoutent « l'assurance de ne pas être discriminée dans son emploi », un problème récemment soulevé par la Halde qui a lancé en janvier une campagne sur le droit des femmes enceintes.

-          Par ailleurs, la moitié des sondées évoquent « une discussion avec des professionnels de santé sur les conséquences de ce choix ».

Ces réponses montrent qu'il y a une place pour éviter trop de décisions hâtives, sous diverses contraintes et qui font de l'IVG - dans bien des cas selon l'expérience de l'Alliance pour les Droits de la Vie - une issue automatique que les femmes auraient pu et voulu éviter.

Ces réponses sont également cohérentes avec l'avis des Françaises sur le livret d'information remis à la consultation pré-IVG :

-          83% d'entre elles (contre seulement 13%) sont favorables à ce qu'y figure « le détail des aides aux femmes enceintes et aux jeunes mères ». L'Alliance dénonce le glissement progressif qui a effacé du dispositif de l'IVG, sous la pression de certaines associations, l'ensemble de ces informations.

La pétition qu'elle a lancée en févier 2010 www.auxlarmescitoyennes.org se trouve cautionnée par ce sondage. C'est une question de justice sociale.

3/ Faire connaître la possibilité de confier un enfant à l'adoption : une perspective ouverte.

L'Alliance a l'expérience de l'accompagnement de femmes enceintes qui se posent la question de confier leur bébé dès la naissance, car elles ne se sentent pas capables de l'élever, en raison de leur situation psychoaffective. Elle sait que c'est un sujet délicat sur lequel il faut éviter tout automatisme, et notamment ne pas cautionner l'idée que la précarité matérielle doive pousser une femme à renoncer à élever son enfant.

Toutefois, l'Alliance voulait clarifier une contradiction : alors que l'IVG n'encourt que peu de « réprobation sociale » officielle (même si de nombreuses femmes s'en culpabilisent) l'idée de « l'abandon d'enfant » est largement l'objet d'une telle réprobation. On a tendance à considérer le traumatisme de l'IVG comme moins lourd que celui de confier un enfant à l'adoption, qui, certes, intervient plus tardivement. Telle n'est pas l'expérience de l'Alliance, qui, pour autant, ne néglige pas le caractère dramatique de certaines séparations néonatales, et la nécessité de les accompagner.

Le sondage exprime sur ce point un avis clair des sondées :

-          pour 67% (et jusqu'à 76% des moins de 35 ans) « cela serait une bonne chose de mieux faire connaître à certaines femmes enceintes qui auront de lourdes difficultés personnelles pour élever leur enfant, la possibilité de le confier à l'adoption dès sa naissance ».

L'adoption est-elle pour autant une alternative évidente à l'IVG ? Pas immédiatement ni automatiquement, mais en perspective. Pour le moment, la décision de confier l'enfant intervient plutôt en fin de grossesse, longtemps après que celle de ne pas avorter a été prise. Cette décision de confier un enfant est en balance avec celle de l'élever soi-même. Mais il pourrait en être autrement si on considérait davantage qu'on peut confier un enfant « pour son bien », comme ce fut le cas dans d'autres phases de l'Histoire. Cette analyse est confirmée par les travaux de psychanalystes qui estiment « l'abandon néonatal » injustement dénigré.

4/ Oser dire que les relations sexuelles trop précoces sont la cause majeure de l'IVG chez les adolescentes.

La croissance forte de l'IVG chez les mineures (+30% entre 2001 et 2007) préoccupe à juste titre les pouvoirs publics. Mais les solutions préconisées, jusqu'au niveau gouvernemental restent dans la ligne d'une surenchère d'information à connotation hygiéniste (sexualité réduite à la technique et à la promotion des modes de prévention sanitaires), qui nous semble en décalage avec les besoins réels des plus jeunes. On tend à rendre cette information de plus en plus précoce (désormais « dès la maternelle ») au risque d'escamoter la période de latence de l'enfant et d'installer l'idée illusoire d'une dissociation totale entre sexualité, affectivité et procréation.

-          51% des Françaises estiment que « les relations sexuelles trop précoces » sont parmi les deux raisons principales qui expliquent le taux d'IVG chez les mineures.

Précisons que l'échantillon de plus de 1 000 femmes proposé par l'IFOP ne comprend que des majeures qui, pour un certain nombre, se réfèrent sans doute à leur propre expérience. A ce titre, les experts de l'IGAS ont justement noté qu'il y a un décalage entre les attentes des garçons et celles des filles, au moment de la toute première relation. La DREES a décrit en 2009 ce malentendu : les filles engagent volontiers tout leur être, et leur affectivité alors que, pour les garçons, c'est « une simple étape de jeunesse ». L'Alliance constate même que les filles se trouvent souvent psychiquement violentées par des gestes qui les instrumentalisent.

Le sondage nous encourage à promouvoir une autre forme d'éducation sexuelle, impliquant les parents, et n'encourageant pas les plus jeunes à des relations sexuelles immatures, souvent traumatisante et par ailleurs risquées. Elles sont en effet pourvoyeuses de nombreuses IVG particulièrement dures à vivre pour les plus jeunes. Or, commencer sa vie sexuelle par un avortement est lourd de conséquence.

Notons à ce titre que la diffusion massive des préservatifs, lors de l'irruption de la pandémie du SIDA s'est accompagnée de la croissance de l'IVG chez les plus jeunes en raison d'utilisations maladroites et de nombreuses ruptures. C'est pourquoi l'Alliance n'est pas en accord avec l'idée qu'il faille augmenter encore ce type de diffusion dont l'effet boomerang est démontré.

Consciente que des parents sont défaillants, elle demeure attachée à ce qu'ils ne soient pas écartés systématiquement par les pouvoirs publics de l'éducation sexuelle et de tout ce qui touche à l'IVG comme c'est le cas actuellement. Comment, d'un côté, dénoncer le manque de repères et l'irresponsabilité parentale et, de l'autre, exclure les parents d'une compétence qui relève au premier chef de leur responsabilité éducative ?

© Alliance pour les Droits de la Vie

 

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06.09.2009

Grippe : les raisons de la peur

Grippe : les raisons de la peur

24 juillet 2009 | Tugdual Derville*

Millésime exceptionnel pour la nouvelle grippe 2009. Elle se répand comme une traînée de poudre, alimentant la chronique estivale, sans qu’on sache trop bien s’il faut s’en distraire ou s’en affoler. L’automne sera-t-il chaud ?

Elle est passée par ici, elle repassera par là… La peur de la grippe A (ex-mexicaine, ex-porcine, ex-H1N1) déferle sur la planète. C’est le feuilleton de l’été. Alors que l’OMS a décrété « l’état de pandémie mondiale », son stade d’alerte maximal, pour la première fois depuis quarante et un ans, les gouvernements, ne sachant plus s’il faut alerter ou calmer le jeu, sont réduits à souffler le chaud et le froid. Outre-Manche, les sujets britanniques sont plombés par les salves d’instructions antinomiques : « Évitez de voyager, éloignez-vous des foules et différez vos grossesses ! », conseillent les uns. « Vivez comme avant ! », supplient les autres. Les tabloïds s’en donnent à cœur joie.

Il faut reconnaître que les informations les plus contradictoires ont circulé à propos du nouveau virus. Il fut un temps soupçonné d’être plus mortel que morbide : très grave mais rare. On le présente désormais comme plus morbide que mortel : terriblement contagieux mais curable. Le Tamiflu serait le sauveur. De toutes façons, disent les sceptiques, chaque grippe prélève son lot de personnes fragiles.

Heureusement, la France dispose de l’un des systèmes de santé les plus performants au monde. C’est la contrepartie de l’énorme coût de sa protection sociale. Il y a pourtant ceux qui s’alarment, tel ce praticien marseillais avertissant sur les ondes : « La France n’est pas prête. » D’autres entendent rassurer, à l’image de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, affirmant, le jour où elle annonce vouloir détourner l’accueil des malades des urgences vers les généralistes : « J’ai confiance en la médecine de ville et j’ai besoin d’elle. » Confiance soit.

Mais puisqu’on ne peut faire autrement, ces propos apaisants peuvent inquiéter. D’ailleurs, pourquoi nous demande-t-on soudain d’aller voir nos généralistes, tout en les exhortant à organiser des flux séparés pour ces malades-là  ? Est-ce plus parce que les urgences sont incapables d’absorber les millions de malades qui se profilent que parce que le virus serait devenu bénin  ? De toute façon, quand une grande peur est en jeu, tout concourt à l’alimenter.

Ainsi le rapport spécial du sénateur Jean-Jacques Jégou qui liste le stock de défense hexagonal : 33 millions de doses d’antiviraux, 1 milliard de masques anti-projection et bientôt 1 milliard de masques de protection. Quant au vaccin, 94 millions de doses sont déjà commandées. Problème : elles arriveront essentiellement après le pic pandémique… Il faut deux injections à trois semaines d’intervalle pour être protégé six semaines plus tard.



La peur de quoi ?


Derrière la peur initiale, enfle la peur… d’avoir peur. Certains estiment déjà que le problème sera économique plus que sanitaire. Un grand spectacle prévu à l’automne au stade de France est annulé. La Banque mondiale estime que la pandémie va provoquer une baisse du produit intérieur brut de 0,7% à 4,8%. Ce type d’aléa, c’est ce que déteste l’économie. Défi pour les entreprises, on craint un absentéisme de 25 à 40 % au plus fort de la crise.

Au moins, le feuilleton de la peur alimente le commerce médiatique. Les adultes raffolent de fin du monde, comme les enfants de contes horribles. L’inconscient collectif semble hanté par la peste noire qui débarqua en Europe en 1347, provoquant un crash démographique.

Est-ce depuis ce cataclysme que nos gènes sont marqués par la terreur de la contagion, de la promiscuité, de l’étranger  ? Les images de crémation des corps contaminés nous hantent. Déjà se rejoue avec la grippe A l’impossible imbroglio des mises en quarantaine, avec son lot d’injustice, d’absurdité et de retournement de situation. Comme lors du coup de canicule de 2003, les gouvernants sont mis sur la sellette, accusés d’impuissance.

Car la mondialisation virale n’a rien à envier à la mondialisation économique. Feu la grande peur nucléaire ; exit la menace de l’explosion démographique qui s’est d’ailleurs inversée ; même le réchauffement climatique qui tenait la corde – malgré les contestations raisonnées d’un Claude Allègre – est passé au second plan. Certes, les récentes angoisses sanitaires ont pour le moment fait flop : ni l’encéphalopathie spongiforme bovine (maladie de la vache folle), ni le SRAS (grippe aviaire), n’ont décimé les populations (littéralement prélever un homme sur dix). Seul le Sida s’est révélé d’une ampleur catastrophique, mais pas vraiment en Europe. Chacun de ces virus a fait couler des flots d’encre glaciale.

Tout cela ne nous dit pas ce qu’il adviendra à l’automne : cette grippe-là tiendra-t-elle ses promesses apocalyptiques  ? Principe de précaution oblige – ou crainte du déni – il est du devoir des gouvernants et des autorités sanitaires mondiales de tout faire pour enrayer à la fois l’hécatombe et la panique. Ainsi s’expliquent leurs discours d’équilibristes, vite dépassés par les faits. Pour tous ceux qui n’ont rien d’autre à faire que d’observer, la sagesse impose comme maxime anxiolytique : « À chaque jour suffit sa peine » (Mt 6, 34).


*Tugdual Derville est délégué général de l’Alliance pour les droits de la vie.