25.03.2012

Benoît XVI au Mexique: Le sourire des enfants ne doit jamais s'éteindre

Deuxième journée du voyage de Benoît XVI au Mexique. Elle aura été marquée par deux événements : une visite de courtoisie au président fédéral Felipe Calderon et une rencontre avec des centaines d’enfants venus de plusieurs régions. 

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Le Pape a parcouru une soixantaine de kilomètres depuis Leòn, son lieu de résidence au Mexique, jusqu’à la ville historique de Guanajuato, ancien centre minier, situé à plus de 2 000 mètres d’altitude, qui a joué un rôle important dans la guerre d’indépendance et qui garde tout son charme de l’époque coloniale. Et c’est dans une somptueuse villa du XVIII° siècle, siège du gouvernement local, que Benoît XVI a rencontré pour la deuxième fois le président Calderon. Une visite privée, de courtoisie, prévue par le protocole. Parallèlement les plus hauts responsables de la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège qui accompagnent le Pape dans son voyage s’entretenaient avec des membres du gouvernement mexicain dont le ministre des Affaires étrangères. 


Des milliers de personnes s’étaient rassemblées à l’extérieur de la résidence sur la place de la paix. Benoît XVI les a bénis avant de s’adresser plus spécialement à des centaines d’enfants, dans une ambiance festive animée par des chants, y compris le célèbre "cielito lindo", accompagné d'un orchestre.

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13.09.2011

On ne badine pas avec l'Amour !

 

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Les rabbins enseignaient qu’il faut pardonner jusqu’à trois fois les offenses d’une même personne. Imaginez la perplexité de Simon Pierre, qui, plein de bonne volonté, se déclare prêt à placer la barre du pardon très haut, en la fixant à sept, quand il entend Jésus lui dire qu’il est encore très loin du compte ! Une parabole n’est pas de trop pour l’aider à revoir ses ambitions à la hausse. En écoutant cette parabole, nous comprenons avec lui que mieux vaut ne pas compter du tout, et toujours recommencer, non seulement pour « ceux qui nous doivent », mais d’abord pour nous-mêmes.

Dans notre mentalité contemporaine, les esprits les plus généreux seront sans doute moins chiches que les érudits juifs d’il y a deux mille ans, et se fixeront volontiers comme idéal le pardon incessant et donc exigeant, préconisé par Jésus.

Notre perplexité à nous sera sans doute plutôt d'entendre Jésus affirmer à la fin de la parabole :

« Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu'à ce qu'il ait tout remboursé.


C'est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. »

 

Comment donc celui qui exige un pardon incessant peut-il faire preuve ensuite d’une si grande intransigeance ?...

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09.09.2011

Réflexions pour le 24° dimanche du Temps Ordinaire A

Le Père Jean-Côme About commente l'Évangile de ce dimanche 11 septembre, XXIVème dimanche du temps ordinaire. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 18, versets 21 à 35.

24 TOA ev.jpgPierre s'approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ?

Écoutez Radio Vatican : >> RealAudioMP3 

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01.05.2011

Grande fête de la foi au Cirque Maxime

cirque maxime.JPGDes centaines de milliers de fidèles du monde entier ont afflué vers Rome, avec leur ferveur et leur enthousiasme, ils ont arpenté les rues de la ville éternelle, pavoisée de portraits géants de Jean Paul II et de drapeaux jaunes et blancs pour participer à cette béatification réclamée dès le jour des funérailles de Jean-Paul II. Les célébrations ont été inaugurées ce samedi soir au Cirque Maxime, au pied de la colline de l’Aventin, au cours d’une veillée de prière ponctuée de témoignages, en liaison avec cinq sanctuaires mariaux situés en Pologne, Tanzanie, Liban, Mexique, et Portugal. 

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28.11.2010

Benoît XVI vante les bienfaits de l'attente

pape.JPGBenoît XVI a vanté les bienfaits de l’attente en ce premier dimanche de l’Avent, début de l'année liturgique, devant les fidèles rassemblés sur la place Saint Pierre pour la prière de l’Angélus, sous une pluie battante. L’homme, mais aussi les familles, les communautés et les nations ne sont vivants que s’ils attendent, si l’espérance habite leur cœur.

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12.05.2010

Le pardon ne remplace pas la justice

Dans l’avion qui le conduisait au Portugal, Benoît XVI a déclaré devant les journalistes que les souffrances de l’Eglise ne viennent pas seulement de l’extérieur, des attaques lancées contre le Pape et l’Eglise, mais elles viennent précisément de l’intérieur de l’Eglise, du péché qui existe dans l’Eglise.

 

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Le Pape répondait à une question à propos du scandale des abus commis par des membres du clergé. Nous l’avons toujours su – a-t-il dit –, mais nous le voyons aujourd’hui de façon réellement terrifiante. L’Eglise a donc un profond besoin de réapprendre la pénitence, la conversion, la prière, les vertus théologales, un besoin d’accepter la purification, d’apprendre le pardon mais aussi la nécessité de la justice. Le pardon ne remplace pas la justice.


Interrogé à propos de la crise économique qui touche sévèrement le Portugal, Benoît XVI a noté que le pur pragmatisme économique qui fait abstraction de la réalité de l’homme, qui est un être éthique, ne donne pas de résultats positifs mais crée des problèmes insolubles. Le Pape a reconnu que la foi chrétienne, trop souvent individualiste, a souvent abandonné les réalités concrètes et économiques au monde pour ne se concentrer que sur le salut individuel, sans se rendre compte que cela implique une responsabilité globale.


A propos de la sécularisation qui se radicalise en Europe, Benoît XVI a estimé qu’il s’agissait d’un défi et d’une occasion. Dans le contexte multiculturel actuel, le rationalisme dépourvu de toute dimension religieuse transcendante ne peut pas dialoguer avec les grandes cultures de l’humanité. Il faut se rendre compte que l’homme ne peut se retrouver que dans la rencontre entre la foi et la raison. Pour le Pape, la présence du sécularisme est normale, mais la séparation, la « contrariété » entre la foi et le sécularisme est une anomalie.


Enfin à propos du troisième secret de Fatima, concernant la vision de la souffrance du Pape, Benoît XVI a estimé qu’on pouvait en première instance l’appliquer à Jean-Paul II. Mais le Pape représente l’Eglise et ce sont les souffrances de l’Eglise qui sont annoncées, la nécessité d’une passion de l’Eglise. Le Seigneur nous a dit que l’Eglise sera toujours souffrante, de diverses façons jusqu’à la fin du monde.

 

(Radio Vatican)

06.05.2010

Benoît XVI invite les prêtres à rechercher la perfection morale

Ce mercredi, à l’audience générale, le Pape a invité les prêtres à rechercher sans cesse la perfection morale.

 

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Devant quelque 15 000 personnes rassemblées sur la place Saint-Pierre, Benoît XVI a proposé une méditation sur le ministère sacerdotal en rappelant que le peuple de Dieu s’attend à juste titre à avoir des prêtres saints – en dépit des faiblesses humaines – capables de sanctifier et de servir de pont entre Dieu et les hommes.

Le Pape a également invité les prêtres à faire du confessionnal le lieu de la Réconciliation et à y être plus présents !

 

 

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Mais ses encouragements s’adressaient aussi aux fidèles qui doivent être proches de leurs prêtres, surtout dans les situations difficiles.

Autre thème évoqué par Benoît XVI : le mariage, instrument de salut pour toute la société. Comme tous les objectifs importants, il exige que l’on soit prêt à sacrifier ses intérêts pour le bien de l’autre. Il requiert des efforts de tolérance et de pardon. Il invite à entretenir et protéger le don d’une vie nouvelle.

Enfin, le Pape s’est dit très heureux de se rendre au Portugal, du 11 au 14 mai, pour le 10 anniversaire de la béatification des petits bergers de Fatima.

Écoutez le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française: >>



 

 

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Résumé de la catéchèse en langue française


 Chers frères et sœurs, le Saint Suaire devant lequel j’ai prié dimanche dernier, nous aide à contempler le Ressuscité dont la mission rédemptrice se poursuit aujourd’hui par le ministère des prêtres. Le prêtre a reçu mission de sanctifier les hommes, surtout par les Sacrements et par le Culte de l’Église. Sanctifier une personne signifie la mettre en contact avec Dieu, avec son être de lumière, de vérité et de pur amour. Et ce contact transforme la personne. Les prêtres doivent être comme des ponts qui favorisent la rencontre avec Dieu. Ils doivent être disponibles, généreux et attentifs à offrir à leurs frères les trésors de la grâce de Dieu dont ils ne sont pas les propriétaires mais les gardiens et les administrateurs. Se rappelant que l’annonce missionnaire et le culte sont inséparables, le prêtre, comme le Curé d’Ars, doit donner la primauté au munus sanctificandi. Puissiez-vous vivre, chers prêtres, avec joie et avec amour la Liturgie et le culte ! Puissiez-vous aussi faire du confessionnal le lieu de la Réconciliation et y être plus présents ! Puissiez-vous enfin célébrer et vivre avec intensité l’Eucharistie qui est le centre de la mission de sanctification ! Quant à vous chers frères et sœurs, priez pour vos prêtres afin qu’ils soient toujours des Pasteurs selon le cœur de Dieu.

Je suis heureux de vous accueillir chers pèlerins francophones particulièrement les étudiants et les paroissiens présents. Je salue aussi chaleureusement les Camerounais qui sont parmi nous. Que Dieu vous bénisse !

 

(Radio Vatican)

25.03.2010

Le scandale de la pédophilie

Genèse d'un délit. La révolution des années Soixante

Le scandale de la pédophilie a toujours existé; ce qui lui a donné des proportions énormes, c'est le virage culturel d'il y a un demi-siècle. Benoît XVI l'a écrit dans sa lettre aux catholiques d'Irlande, que commentent deux cardinaux et un sociologue


par Sandro Magister





ROME, le 25 mars 2010 – La loi et la grâce. La main de Dieu parvient là où la justice terrestre n’arrive pas. Dans sa lettre du 19 mars, Benoît XVI a ordonné aux catholiques d'Irlande ce qu’aucun pape de l’époque moderne n’a jamais ordonné à toute l’Église d’un pays.

Il leur a enjoint non seulement de déférer les coupables devant les tribunaux canoniques et civils mais aussi de se mettre collectivement en état de pénitence et de purification. Et cela non pas dans le secret de leurs consciences mais de manière publique, sous les yeux de tous, y compris leurs adversaires les plus implacables et les plus moqueurs. Jeûne, prière, lecture de la Bible et activités caritatives tous les vendredis à partir de maintenant jusqu’à Pâques de l’année prochaine. Confession sacramentelle fréquente. Adoration continuelle de Jésus – lui-même "victime de l’injustice et du péché" – devant la sainte hostie exposée sur les autels des églises. Et pour tous les évêques, prêtres et religieux, sans exception, une période spéciale de "mission", un long et rude parcours d’exercices spirituels pour une révision de vie radicale.

C’est une décision audacieuse qu’a prise là le pape Benoît XVI. Parce que le prophète Jonas lui-même ne croyait plus que Dieu pardonnerait à Ninive pour ses péchés, en dépit de la cendre de la pénitence et des sacs dont tous étaient couverts, depuis le roi jusqu’à la dernière des bêtes.

Et aujourd’hui encore beaucoup de gens concluent que l’Église reste condamnée irrémédiablement, même après la lettre dans laquelle le pape lui-même se déclare plein de honte et de remords à cause des abominations commises sur des enfants par certains prêtres, vis-à-vis desquelles certains évêques ont fait preuve d’une négligence coupable.

Et pourtant le pardon de Dieu est descendu même sur Ninive et le sceptique Jonas a dû revenir sur son opinion.  Ce prophète, Michel-Ange l’a justement représenté sur la partie supérieure du mur derrière l’autel de la Chapelle Sixtine, pour montrer que le pardon de Dieu est la clé de tout, depuis la création du monde jusqu’au jugement dernier.

Dimanche 21 mars, tandis que l’on donnait lecture de sa lettre dans les églises d'Irlande, Benoît XVI a commenté, pour les fidèles réunis sur la place Saint-Pierre au moment de l'Angélus, le pardon de Jésus à la femme adultère : "Il sait ce qu’il y a dans le cœur de chaque être humain, il veut condamner le péché, mais sauver le pécheur et démasquer l'hypocrisie". L'hypocrisie de ceux qui voulaient lapider la femme, bien qu’étant eux-mêmes les premiers à pécher.

Intransigeance vis-à-vis du péché, "en commençant par le nôtre", et miséricorde vis-à-vis des personnes. Telle est la leçon que Joseph Ratzinger veut appliquer à l’affaire irlandaise et, plus largement, à l’Eglise tout entière.

D’un côté, les rigueurs de la loi. Le prix de la justice devra être payé intégralement. Les diocèses, les séminaires, les congrégations religieuses où l’on a laissé se commettre des méfaits sont avertis : des visiteurs apostoliques vont venir du Vatican pour découvrir ce qui s’est passé et, même là où il n’y aura pas lieu de faire intervenir la justice civile, la discipline canonique punira ceux qui auront été négligents.

Mais, en même temps, le pape allume la lumière de la grâce. Il ouvre la porte du pardon de Dieu même à ceux qui se sont rendus coupables des pires abominations, s’ils se repentent sincèrement.

Quant à ceux qui se tiennent au premier rang des accusateurs, ceux qui sont les plus armés de pierres contre l’Église, aucun d’entre eux n’est sans péché. Pour ceux qui exaltent la sexualité comme pur instinct, libre de toute entrave, il est difficile de condamner ensuite tout abus qui en est fait.

La tragédie de certains prêtres et religieux, a écrit Benoît XVI dans sa lettre pastorale, a aussi été de céder à ce genre de "façons de penser" si répandues, au point d’en arriver à justifier l'injustifiable.

Une faiblesse qui ne peut certainement pas être reprochée à Ratzinger évêque et pape, même par ses adversaires les plus acharnés, s’ils sont sincères.



Le commentaire reproduit ci-dessus est publié dans "L'Espresso" n. 13 de 2010, en kiosque depuis le 26 mars.

A la fin, ce commentaire fait référence à un paragraphe précis - le quatrième - de la lettre de Benoît XVI aux catholiques d'Irlande.

C’est le paragraphe dans lequel le pape évoque les raisons qui ont favorisé, à partir des années Soixante du siècle dernier, l'expansion des abus sexuels commis par le clergé et surtout l'incapacité à en comprendre la gravité.

Le voici en entier.


BENOÎT XVI. LE PARAGRAPHE 4 DE SA LETTRE



"Au cours des dernières décennies, l’Église dans votre pays a dû affronter de nouveaux et graves défis à la foi, découlant de la transformation et de la sécularisation rapides de la société irlandaise. Un changement social très rapide a eu lieu, qui a souvent eu des effets contraires à l’adhésion traditionnelle des Irlandais à l’enseignement et aux valeurs catholiques. Très souvent, les pratiques sacramentelles et de dévotion qui soutiennent la foi et lui permettent de croître, comme par exemple la confession fréquente, la prière quotidienne et les retraites annuelles, ont été négligées.

"Au cours de cette période, la tendance, y compris chez certains prêtres et religieux, à adopter des façons de penser et de considérer les réalités séculières sans référence suffisante à l’Évangile, a été déterminante. Le programme de renouveau proposé par le Concile Vatican II a parfois été mal interprété et, à vrai dire, à la lumière des profonds changements sociaux qui avaient lieu, il était très difficile de savoir quelle était la meilleure façon de l’appliquer. En particulier, il y a eu une tendance, dictée par de justes intentions mais erronée, à éviter d’aborder sous l’angle pénal les situations canoniques irrégulières. C’est dans ce contexte général que nous devons chercher à comprendre le problème préoccupant des abus sexuels commis sur des enfants, qui a grandement contribué à l’affaiblissement de la foi et à la perte de respect pour l’Église et pour ses enseignements.

"Ce n’est qu’en examinant avec attention les nombreux éléments qui ont donné naissance à la crise actuelle qu’il est possible d’entreprendre un diagnostic clair de ses causes et de trouver des remèdes efficaces. Il est certain que, parmi les facteurs qui y ont contribué, nous pouvons citer : des procédures inadéquates pour déterminer l’aptitude des candidats au sacerdoce et à la vie religieuse ; une formation humaine, morale, intellectuelle et spirituelle insuffisante dans les séminaires et les noviciats ; une tendance de la société à favoriser le clergé et d’autres figures d’autorité, ainsi qu’une préoccupation hors de propos pour la réputation de l’Église et pour éviter les scandales, qui ont eu pour résultat la non-application des peines canoniques en vigueur et l’absence de protection de la dignité de chaque personne. Il faut agir d’urgence pour traiter ces facteurs, qui ont eu des conséquences si tragiques pour les vies des victimes et de leurs familles et qui ont diminué la lumière de l’Evangile plus gravement qu’au cours des siècles de persécution".


Deux cardinaux et un spécialiste de la sociologie des religions, entre autres, se sont exprimés à propos des facteurs culturels analysés par le pape.


LE COMMENTAIRE DU CARDINAL BAGNASCO


Le premier des deux cardinaux est Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes et président de la conférence des évêques d’Italie (CEI).

Voici comment, le lundi 22 mars, dans le discours par lequel il a ouvert les travaux du conseil permanent de la CEI, Bagnasco a conclu le passage consacré à la lettre du pape aux catholiques d'Irlande :

"Différentes personnes, y compris des non-catholiques, ont souligné que, depuis un certain temps déjà, le phénomène de la pédophilie apparaît tragiquement répandu dans divers milieux et dans plusieurs catégories de personnes. Mais ce point, loin d’être mentionné ici pour diminuer ou relativiser la gravité spécifique des faits signalés dans les milieux ecclésiastiques, est plutôt un avertissement incitant à percevoir l’ampleur objective de la tragédie. Au moment même où elle se sent humiliée, l’Église apprend du pape à ne pas avoir peur de la vérité, même quand celle-ci est douloureuse et odieuse, à ne pas la taire, à ne pas la couvrir. Mais cela ne signifie pas subir – quand il y en a – des stratégies de discrédit généralisé.

"En réalité nous devons tous nous interroger, en rejetant désormais tout faux-fuyant, à propos d’une culture qui, de nos jours, règne incontestée et favorisée, et qui tend progressivement à effilocher le tissu conjonctif de toute la société, en se moquant, le cas échéant, de ceux qui résistent et tentent de s’opposer : c’est l’attitude de ceux qui cultivent une autonomie absolue vis-à-vis des critères du jugement moral et qui propagent comme bons et séduisants des comportements inspirés de désirs individuels et d’instincts parfois effrénés. Mais l’exacerbation de la sexualité détachée de son sens anthropologique, l’hédonisme à tout va et le relativisme qui n’admet ni barrières ni sursauts font beaucoup de mal parce qu’ils sont spécieux et parfois, sans que l’on s’en rende compte, omniprésents.

"Alors il faut que nous recommencions tous à appeler les choses par leur nom, toujours et partout, à identifier le mal dans sa gravité croissante et ses manifestations multiples, pour ne pas nous trouver, avec le temps, face à la prétention d’une aberration revendiquée sur le plan des principes".


LE COMMENTAIRE DU CARDINAL RUINI



Le second cardinal est Camillo Ruini, président du comité pour le projet culturel de l’Église italienne, prédécesseur de Bagnasco à la présidence de la CEI et vicaire du pape pour le diocèse de Rome de 1991 à 2008.

Dans une interview accordée au quotidien "il Foglio" du 16 mars, quelques jours avant que le pape ne publie sa lettre, Ruini a déclaré, entre autres :

"À mon avis, la campagne de diffamation contre l’Église catholique et le pape que mènent les médias s’inscrit dans cette stratégie qui est à l’œuvre depuis des siècles et que Friedrich Nietzsche théorisait déjà avec le goût du détail. Selon Nietzsche, l’attaque décisive contre le christianisme ne peut pas être portée sur le plan de la vérité mais sur celui de l’éthique chrétienne, qui serait l’ennemie de la joie de vivre. Alors je voudrais demander à ceux qui lancent les scandales de la pédophilie principalement contre l’Église catholique, en mettant éventuellement sur le tapis le célibat des prêtres, s’il ne serait pas plus honnête et plus réaliste de reconnaître que ces déviations, et d’autres, liées à la sexualité accompagnent certainement toute l’histoire du genre humain mais aussi qu’à notre époque, ces déviations sont encore plus stimulées par la ‘libération sexuelle’ si vantée".

Et aussi :

"Lorsque l’exaltation de la sexualité envahit tout l’espace de la vie et que l’autonomie de l’instinct sexuel par rapport à tout critère moral est revendiquée, il devient difficile de faire comprendre que certains abus déterminés doivent absolument être condamnés. En réalité la sexualité humaine, dès son début, n’est pas simplement instinctive, elle n’est pas identique à celle des autres animaux. Comme tout ce qui est humain, c'est une sexualité ‘pétrie’ de raison et de morale, qui peut être vécue de manière humaine et qui ne rend vraiment heureux que si elle est vécue de cette façon".



LE COMMENTAIRE DU PROFESSEUR INTROVIGNE


Le sociologue est le professeur Massimo Introvigne, président du CESNUR, Center for Studies on New Religion.

Dans un commentaire paru le 22 mars sur l’édition italienne du site de l'agence internationale "Zenit", Introvigne a notamment écrit :

"Ce que les Anglais et les Américains appellent 'the Sixties', les années Soixante, et les Italiens, en se concentrant sur l’année symbolique, 'il Sessantotto', apparaît de plus en plus comme une période de profond bouleversement des mœurs, ayant des effets cruciaux et durables sur la religion.

"Il y a d’ailleurs eu un Soixante-huit dans la société et un Soixante-huit dans l’Église : 1968 est justement l’année du désaccord public avec l’encyclique 'Humanae Vitae' de Paul VI, une contestation qui - selon une étude remarquable et influente du philosophe américain récemment disparu Ralph McInerny, 'Vatican II. Qu’est-ce qui est allé de travers ?' - constitue un point de non-retour dans la crise du principe d’autorité au sein de l’Église catholique. [...]

"Mais pourquoi les années Soixante ? Pour rester dans les îles britanniques, Hugh McLeod a publié sur ce sujet aux éditions Oxford University Press, en 2007, un important ouvrage, 'The Religious Crisis of the 1960s', qui fait le point sur les discussions en cours.

"Deux thèses se sont opposées : celle d’Alan Gilbert, qui pense que la révolution des années 1960 a été déterminée par le boom économique qui a répandu l’esprit de consommation et éloigné les populations des églises ; et celle de Callum Brown, pour qui le facteur décisif a été l’émancipation des femmes, suite à la diffusion de l’idéologie féministe, du divorce, de la pilule anticonceptionnelle et de l’avortement.

"McLeod pense - à juste titre selon moi - qu’une révolution d’une telle portée ne peut pas s’expliquer par un seul facteur. Le boom économique et le féminisme entrent en jeu, mais également des aspects plus strictement culturels, que ce soit à l’extérieur des Églises et communautés chrétiennes (la rencontre entre la psychanalyse et le marxisme) ou à l’intérieur (les 'nouvelles théologies').

"Sans entrer dans les éléments les plus techniques de cette discussion, Benoît XVI montre, avec sa lettre, qu’il est conscient du fait qu’il y a eu dans les années Soixante une authentique révolution – pas moins importante que la Réforme protestante ou la Révolution française – qui a été 'très rapide' et qui a asséné un coup très dur à la 'traditionnelle adhésion du peuple à l’enseignement et aux valeurs catholiques'. [...]

"Dans l’Église catholique on n’a pas tout de suite été suffisamment conscient de la portée de cette révolution. Au contraire, celle-ci a contaminé – estime aujourd’hui Benoît XVI – 'même des prêtres et des religieux', elle a déterminé des malentendus dans l’interprétation du concile et elle a été la cause d’une 'formation humaine, morale et spirituelle insuffisante dans les séminaires et dans les noviciats'.

"Dans ce contexte, les prêtres insuffisamment formés ou contaminés par le climat qui a suivi les années Soixante ne sont certainement pas tous devenus pédophiles, pas même un pourcentage significatif d’entre eux : nous savons par les statistiques que le nombre réel de prêtres pédophiles est très inférieur aux chiffres fournis par certains médias. Cependant ce nombre n’est pas égal à zéro – comme nous le voudrions tous – et cela justifie les propos très sévères du pape. Mais l’étude de la révolution des années Soixante et de 1968 est essentielle pour comprendre ce qui s’est produit par la suite, pédophilie comprise. Et pour trouver de véritables remèdes.

"Si cette révolution, à la différence de celles qui l’ont précédée, est morale et spirituelle, si elle touche à l’intériorité de l’homme, les remèdes ne pourront venir, en définitive, que de la restauration de la moralité, de la vie spirituelle et d’une vérité intégrale sur la personne humaine. Mais pour cela les sociologues, comme toujours, ne suffisent pas : il faut des pères et des maîtres, des éducateurs et des saints. Et nous avons tous grand besoin du pape, de ce pape, qui encore une fois – pour reprendre le titre de sa dernière encyclique – dit la vérité dans la charité et pratique la charité dans la vérité".




La lettre de Benoît XVI aux catholiques d'Irlande :

> "Vous devez en répondre devant Dieu"

Le texte complet du discours du cardinal Bagnasco au conseil permanent de la CEI :

> Prolusione, 22 marzo 2010

L’intégralité de l’interview accordée par le cardinal Ruini à "il Foglio" :

> Ruini contro l'assedio etico al clero

Et tout le commentaire du professeur Introvigne sur le site "Zenit" :

> La lettera del papa e la rivoluzione culturale degli anni Sessanta



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

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16.02.2010

Benoît XVI: 'Le témoignage suscite des vocations'

Les prêtres doivent donner le bon exemple pour susciter des nouvelles vocations. Benoît XVI le rappelle dans un message publié ce mardi en vue de la prochaine Journée mondiale des vocations qui sera célébrée le 25 avril, une journée particulièrement attendue en cette année sacerdotale.

 

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« Le témoignage suscite des vocations », tel est le thème de cette journée. Le Pape souligne que les vocations sacerdotales naissent du contact avec les prêtres. Si des jeunes voient des prêtres isolés et tristes, ils ne se sentent pas encouragés à suivre leur exemple. Il est au contraire important de réaliser la communion de vie qui leur révèle la beauté du sacerdoce. Les prêtres doivent donc offrir un exemple de charité et de collaboration fraternelle, devenir signe de contradiction pour le monde, dont la logique est souvent inspirée par le matérialisme, l’égoïsme et l’individualisme. Ils doivent être capables de guider leur troupeau sur le chemin de l’unité, en l’aidant à recoudre les déchirures, à aplanir les oppositions et les incompréhensions et à pardonner les offenses.

 

(Radio Vatican)

 

Le texte intégral du Message

22.01.2010

Réfléchir avec un document 'différent' sur le Moyen-Orient

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"Plusieurs conflits existent au Moyen-Orient nés à partir du principal foyer qu’est le conflit israélo-palestinien. Le chrétien a une contribution spéciale à apporter dans le domaine de la justice et de la paix. C’est notre devoir de dénoncer avec courage la violence d’où qu’elle vienne, et d’en suggérer une solution, qui ne peut être que par le dialogue. De plus, tout en exigeant la justice pour l’opprimé, il faut introduire le message de la réconciliation basée sur le pardon mutuel. La force de l’Esprit Saint nous rend capables de pardonner et de demander pardon. Seule cette attitude peut créer une humanité nouvelle. Les pouvoirs politiques ont besoin de cette ouverture spirituelle qu’un apport chrétien humble et désintéressé peut leur apporter. Permettre à l’Esprit de pénétrer dans les cœurs des hommes et des femmes qui souffrent dans notre région de situations conflictuelles, voilà une contribution spécifique du chrétien et le meilleur service qu’il peut rendre à sa société".


(Point n°86 des Lineamenta, document de travail du synode des évêques pour le Moyen-Orient, prévu du 10 au 24 octobre 2010.)