02.03.2011

Liberté religieuse et protection des chrétiens au cœur des échanges entre le Pape et le Président du Parlement européen

pape parlement europeen.JPGLe pape a reçu ce lundi matin le Président du Parlement européen, Jerzy Buzek. Selon le communiqué du Saint-Siège publié à l’issue de la visite, les entretiens qui se sont déroulés dans un climat cordial ont permis d’échanger sur les relations entre l’Église et les différentes institutions européennes, mais aussi à propos de la contribution que l’Église peut apporter à l’Union Européenne.

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20.01.2011

L'Europe a besoin d'une âme pour construire son avenir

europe.JPGUne messe pour l’Europe a été célébrée lundi soir en la cathédrale de Strasbourg par l’évêque diocésain, Mgr Jean-Pierre Grallet, à l’occasion de l’ouverture de l’assemblée plénière du Parlement européen. L’initiative avait été prise par l’Observateur permanent du Saint-Siège au Conseil de l’Europe, Mgr Aldo Giordano. La cathédrale était noire de monde : des dirigeants et employés des institutions européennes, des diplomates, des magistrats, des commissaires européens et de simples fidèles ont assisté à la célébration. Dans l’assemblée se trouvaient des religieuses cloîtrées qui prient régulièrement pour l’Europe, ainsi que des groupes paroissiaux et diocésains qui militent pour la défense des valeurs européennes.

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14.01.2011

Cris de colère contre une Europe qui nie ses racines chrétiennes

racines chretiennes.JPGLe Parti chrétien démocrate dénonce la disparition des fêtes chrétiennes de l’agenda réalisé par la Commission européenne à destination des élèves de l’Union européenne. Diffusé à plus de 3 millions d’exemplaires, cet agenda mentionne les fêtes musulmanes, hindoues, sikhs, juives, à l’exception des fêtes chrétiennes. Des courriers ont été adressés notamment au Président de la Commission européenne. Christine Boutin, présidente du Parti chrétien démocrate se demande comment on peut prétendre instruire des jeunes sur l’Union européenne en niant une religion qui a tant contribué à sa construction et à son unité.

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07.12.2010

Mgr Louis Sako: l'Irak a besoin d'une force internationale

irak.JPGÀ Bagdad, dimanche, des hommes armés ont fait irruption dans une maison tuant un couple à l’arme blanche, mari et femme tous deux chrétiens. Ils avaient vendu leurs propriétés pour aller s’installer dans le Nord, une région plus tranquille. Ils étaient revenus dans la capitale il y a deux jours pour compléter les questions administratives. C’est la dernière en date d’une longue série d’attaques sanglantes contre la communauté chrétienne

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03.03.2010

1 avortement toutes les 11 secondes en Europe

L'Institut de Politique familiale (IPF) a présenté le 2 mars 2010 un rapport intitulé "L'avortement en Europe et en Espagne" au Parlement européen. 2,9 millions d'avortements ont été pratiqués en 2008 en Europe, c'est-à-dire 1 avortement pratiqué toutes les 11 secondes, soit 7.846 avortements par jour.

 

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Selon Eduardo Hertfelder, (photo) président de la Fédération internationale de l'IPF, "l'avortement est devenu la principale cause de mortalité en Europe, et présente des effets sociaux et démographiques dramatiquement constatables". Le rapport note que l'Espagne est le pays de l'Union européenne des 27 où la hausse du nombre d'avortements a été la plus importante durant les dix dernières années, et où "deux adolescentes avortent toutes les heures".


Considérant que l'avortement représente une violence faite à la femme, l'IPF émet plusieurs propositions pour "favoriser la mise en oeuvre de politiques publiques qui garantissent le droit de l'enfant dans la période prénatale et le droit de la femme à la maternité en supprimant les obstacles qui les entravent".  Parmi ces propositions, on peut noter entre autres : la "réunion d'un Conseil extraordinaire des Ministres chargés de la famille, qui analyse la problématique de la natalité et ses conséquences sur le vieillissement de la population et l'hiver démographique en Europe et en Espagne"; la promotion d'un "accord des pays de l'UE sur la mise en oeuvre d'une aide directe universelle à la grossesse de  1.125 euros"; un "programme spécifique d'aide à l'adolescente enceinte pour faire face aux problèmes particuliers posés par une grossesse à cet âge sans défense"; la "création de centres d'aide, de soins et de conseils à la femme enceinte qui aident toutes les femmes, mariées ou célibataires, à avoir leurs enfants"; ou encore la réduction de 50% de la TVA sur une série de produits de base d'hygiène infantile.

 

 Ipfe.org - Gènéthique 03/03/10

05.02.2010

Publication du message de Benoît XVI pour le Carême 2010 : un appel à la justice de Dieu

Moment fort de l’année liturgique, le Carême qui s’ouvrira le 17 février prochain, mercredi des cendres, culminera pendant les fêtes de Pâques, cœur de la foi chrétienne.

 

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Temps de conversion, à travers la pénitence et le partage, le Carême a pour thème cette année un passage de l’Épître aux Romains : « La justice de Dieu s’est manifestée moyennant la foi au Christ » (Rm 3, 21-22).

Le traditionnel message de Carême de Benoît XVI publié en 7 langues (allemand, anglais, espagnol, français, italien, polonais, portugais), a été rendu public ce jeudi. Olivier Bonnel assistait à la présentation du message: >>

 

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Un invité de marque était présent, ce jeudi matin, au Bureau de presse du Saint-Siège, Hans Gert Pöttering, (photo) ancien président du parlement européen. Cette figure de la démocratie chrétienne-allemande préside aujourd’hui le PPE, le Parti Populaire Européen, premier groupe de parlementaires de l’Union. Il a salué le message du Pape et rappelé l’importance de la voix de l’Église dans les débats politiques européens d’aujourd’hui: >>

Propos recueillis par Olivier Bonnel (Radio Vatican).

 

Lire le Message intégral

28.01.2010

Zero Poverty - Caritas lance une campagne 'Pauvreté Zéro'

Zero Poverty - Caritas lance une campagne 'Pauvreté Zéro'



Caritas Europe a lancé mercredi une campagen 'pauvreté zéro' au Parlement européen à Bruxelles, à l'occasion de l' "Année Européenne contre la Pauvreté et l'Exclusion Sociale".

Selon l'organisation, qui regroupe 48 sections dans 44 pays, pour beaucoup d'Européens, la pauvreté signifie un combat quotidien pour survivre.

"La pauvreté, c'est beaucoup plus que le manque de bien-être, dit la porte-parole de Caritas, Annalisa Mazella. La pauvreté touche les gens dans leur corps, leur âme et leur vie. Elle touche les communautés dans lesquelles ils vivent".

Les principaux piliers dans le combat sont la création de travail, le soutien des familles et le rétablissement de la dignité, dont les personnes sont privées par la pauvreté.

Selon Caritas Europe il n'y a pas de solutions miracle. Il faut une approche globale.

 

Scandale


Avec la campagne "Pauvreté Zéro" Caritas veut mobiliser les Européens de manière massive  pour éradiquer le scandale de la pauvreté.

 

Livio Corazza de Caritas Italie:

"En 2003 il y avait 56 millions de pauvres. Ce nombre a encore augmenté, et à cause de la crise, la fracture devient encore plus importante. Voilà pourquoi la campagne de sensibilisation est essentielle. 80 pourcent des Européens estiment que le combat contre la pauvreté est essentiel. 9 sur 10 sont d'avis que le combat contre la pauvreté est le devoir des gouvernements et des institutions européennes."



Rapport sur la Pauvreté


Le rapport sur la pauvreté qui a été présenté mercredi à Bruxelles fait une analyse du phénomène et contient également des témoignages. Caritas Europe constate qu'une stratégie claire pour combattre la pauvreté fait défaut. C'est une tâche prioritaire pour l'Europe, et les gouvernements doivent jouer un rôle de pionnier.

"Nous sommes tous responsables les uns des autres. La pauvreté est donc l'affaire de tous. Chaque être humain a droit à une vie digne. Chacun a droit aux soins de santé, en cas de maladie, de handicap, de vieillesse, de chômage, de veuvage ou d'une autre situation qui génère l'exclusion."



Petition


Pour soutenir la campagne, Caritas Europe lance une pétition. L'ong espère qu'elle sera signée par le plus possible d'Européens. En ce début du 21° siècle les Européens doivent être convaincus que la pauvreté est un scandale qui n'est plus acceptable. La pétition pousse les gouvernements européens à donner la priorité à l'éradication de la pauvreté infantile et à mettre tout en oeuvre pour une meilleure protection sociale, des soins de santé et un travail digne pour tous.

(Kerknet)

 

Vers la pétition

Belgique: La COMECE prépare un memorandum sur la persécution religieuse

EUROPE/BELGIQUE - La COMECE prépare un memorandum sur la persécution religieuse et fait appel aux institutions de l’Union européenne pour la protection de la liberté religieuse

 

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Bruxelles (Agence Fides) – Le Secrétaire de la COMECE (Commission des Conférences Épiscopales de la Communauté européenne) dont le siège est à Bruxelles, dans une note adressée à Fides, salue avec faveur la déclaration du Parlement européen qui condamne les récentes attaques contre les communautés chrétiennes en Égypte et en Malaisie, en rappelant la position du Conseil des ministres de l’UE qui, dans une déclaration de novembre 2009, a affirmé que “l’Union Européenne s’engagera avec fermeté pour la promotion et la défense de la liberté de religion” en considérant cet engagement comme une des priorités de la politique même des droits de l’homme.

La COMECE rappelle que 75 à 80% des persécutions religieuses dans tout le monde se fait actuellement contre les fidèles chrétiens. A la suite de telles positions, la COMECE lance donc un appel particulier au Haut représentant de l’UE pour la politique extérieure, Catherin Ashton, pour que ces directives puissent se réaliser.

Sur ce sujet, les évêques de la COMECE ont institué un groupe d’experts pour l’élaboration d’un memorandum pour la promotion de la liberté religieuse. Le memorandum contiendra des données sur la violation de la liberté religieuse et sur la persécution des chrétiens dans tout le monde, et prévoit une série de recommandations pour les institutions compétentes de l’UE et sera approuvé à l’occasion de l’assemblée plénière de la COMECE (14-16 avril 2010). (MS)

(Agence Fides, 27/01/2010)

09.06.2009

Élections européennes: taux d'abstention décevant pour les épiscopats de l’Union

Les urnes européennes ont livré leur verdict : la droite européenne a remporté haut la main les élections. Le PPE, le parti populaire européen remporte 267 sièges au Parlement. Quant au parti socialiste européen, il a obtenu 159 sièges.

Si les grands équilibres ne sont pas bouleversés, ce scrutin aura en tous les cas été marqué par un fort taux d’abstention, et ce, malgré les appels à la mobilisation des hommes politiques comme des Églises.

 

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Claire Malapert a demandé à Monseigneur Christian Kratz, (photo) évêque auxiliaire de Strasbourg et délégué de la Conférence des évêques de France à la COMECE, si ce taux d’abstention constituait une déception pour les épiscopats de l’Union Européenne.  Cliquer ici >

 

(Radio Vatican)

02.06.2009

Europe : l’enjeu des valeurs fondatrices

 

Pour ses plus chauds partisans, la construction européenne est la réponse à tous nos maux, en particulier aux défis de la crise ou... au changement climatique. Rien d’étonnant à cela. L’étonnement vient lorsque d’éminentes personnalités chrétiennes tirent argument des valeurs dont l’Union européenne serait porteuse pour lancer un appel en faveur du traité de Lisbonne et de la Charte des droits fondamentaux [1]. Or cette Charte est le signe le plus évident de la rupture qui s’est opérée avec les sources chrétiennes de l’identité européenne.

La fascination qui entoure encore l’idéal européen témoigne de la force de cette idée reçue selon laquelle l’Europe serait un exemple d’éthique et de promotion des droits humains tel qu’il mériterait qu’on lui sacrifie toute objection sur ses institutions ou son fonctionnement. Or, à y regarder de près, la Charte des droits soulève de graves problèmes éthiques sur lesquels se noue la fidélité, ou la trahison, de l’Europe à ses racines et à sa vocation. Sur ce point au moins, les chrétiens devraient être tous d’accord.

La Charte des droits fondamentaux, une question lancinante

Cette Charte n’est pas nouvelle. Elle a d’abord été proclamée par le Parlement européen le 7 décembre 2000 pour être annexée au Traité de Nice ; mais sans revêtir de portée juridique en raison de l’opposition de plusieurs États membres qui refusaient de s’y soumettre à cause, soit de leurs législations internes, soit de leurs mécanismes constitutionnels.

En dépit de leurs objections, elle avait été intégrée dans le dispositif de l’ex-projet de traité constitutionnel dont elle constituait le Titre II, et aurait acquis la même force juridique que lui s’il avait été adopté. Cette circonstance n’ayant pas été étrangère à certaines oppositions, les rédacteurs du traité de Lisbonne ont contourné l’obstacle : elle repart en annexe. En revanche, un article du traité stipule que « l’Union reconnaît les droits, les libertés et les principes énoncés dans la Charte des droits fondamentaux…, laquelle a la même valeur juridique que les traités ».

C’était un tour de passe-passe : la Charte recevra donc la même valeur contraignante que le traité de Lisbonne le jour où il entrera en vigueur. L’enjeu n’est donc pas minime.

Des lacunes et de graves ambiguïtés…

Selon le discours officiel, la Charte des droits fondamentaux ne serait que la transposition de la Convention européenne des droits de l’homme adoptée par le Conseil de l’Europe [2], à laquelle tous les États membres de l’UE sont également partie, moyennant quelques ajustements de rédaction. Ce n’est pas exact. Par exemple :

Le droit à la vie : l’article 2 de la Charte déclare que « toute personne a droit à la vie ». Mais les rédacteurs se sont délibérément abstenus de reprendre le texte de l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme qui comporte explicitement « l’interdiction d’infliger à quiconque la mort intentionnellement ». Cette différence de rédaction ouvre deux portes qui eussent du rester fermées :

  • La première valide la position des autorités européennes et la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, pour qui « l’enfant à naître n’est pas considéré comme une personne » ; il ne bénéficiera donc pas de la protection de la Charte pour ne pas revenir sur les lois autorisant l’avortement !
  • La seconde provient de la rédaction subjective donnée cet article (c’est un « droit à… »), donc un droit auquel on peut renoncer ou qui peut être modulé par la loi, laissant ainsi aux États la possibilité d’introduire l’euthanasie dans leur législation, comme le Luxembourg vient de le faire.


L’interdiction du clonage des êtres humains,
posée à l’article 3 de la Charte, ne vise que le but « reproductif » ; les auteurs de la Charte y font délibérément échapper le clonage à but dit « thérapeutique ». Comme si tout clonage n’était pas, par nature et non par intention, reproductif ! La différence de régime fondée sur l’intention de ceux qui s’y livrent ouvre la porte à toutes sortes de pratiques transgressives qui ont de beaux jours devant elles : recherche sur les embryons surnuméraires, diagnostic préimplantatoire, manipulations du génome humain, etc. Autant dire qu’est vaine la fausse frontière érigée par les mots vidés de leur sens. Là encore, la Charte régresse par rapport aux précédents instruments juridiques européens, en particulier la Convention de biomédecine du Conseil de l’Europe adoptée en novembre 1996, dite Convention d’Oviedo, qui interdit « toute intervention ayant pour but de créer un être humain génétiquement identique à un autre être humain vivant ou mort ».

Quant au mariage,
la dérive est encore plus perverse parce que moins visible. L’article 9 déclare que « le droit de se marier et le droit de fonder une famille sont garantis ». Mais la comparaison avec la Convention européenne des droits de l’homme révèle d’une part que la mention du sexe des conjoints (un homme et une femme) a disparu, d’autre part que les notions de mariage et de famille sont ici dissociées en deux droits distincts. En outre, la mise en œuvre de ces droits est renvoyée aux législations nationales « qui en régissent l’exercice ». Ainsi, la porte est ouverte à une double rupture au niveau européen : rupture au sein de la notion même de mariage qui ne suppose plus la différence de sexe entre les conjoints, et rupture entre mariage et fondation d’une famille.

… que risquent d’aggraver les dérives de la Cour de justice

En principe chargée de veiller au respect des traités, la Cour de justice a pris une importance considérable au fur et à mesure de l’extension des compétences de l’Union. Dépassant sa fonction régulatrice, elle a considéré que son mandat était de promouvoir, de définir le cas échéant, et de faire systématiquement prévaloir les normes européennes sur les normes nationales. Dans ce but, elle s’est arrogée l’exclusivité de leur détermination et a érigé en principes absolus leur primauté et leur effet direct. Ainsi, elle s’est transformée en une « machine à intégrer » par le droit.

Pour enrayer ces débordements qui ont donné lieu à des arrêts par lesquelles la Cour a sciemment empiété sur les compétences que s’étaient réservées les États membres dans le cadre du traité de Maastricht [3], les rédacteurs du traité de Lisbonne ont tenté introduit des garde-fous : 1/ en rappelant que les compétences de l’Union sont limitatives et ne doivent pas être élargies au détriment de celles des États qui sont de droit commun ; 2/ en supprimant l’article de principe qui, dans l’ex-traité constitutionnel, déclarait expressément que le droit communautaire prime celui des États membres.

Chassé par la porte, le loup rentre par la fenêtre : au traité de Lisbonne sont annexés une déclaration et un avis du service juridique du Conseil rappelant que cette primauté est consubstantielle au droit communautaire.

Or il est un principe que la Cour de justice fait primer sur tous les autres : le principe de non-discrimination. En effet, les traités en font un principe transversal, directement applicable non seulement aux politiques communautaires, mais aux États membres.

Initialement il visait les seules restrictions aux échanges et aux mouvements au sein de l’Union ; progressivement il a reçu une portée de plus en plus large, dans des domaines de plus en plus variés. Désormais inscrit à l’article 9 de la Charte et rédigé en termes très généraux, il acquiert une valeur universelle :
« Est interdite toute discrimination fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, les origines ethniques ou sociales, les caractéristiques génétiques, la religion ou les convictions, les opinions politiques ou toute autre opinion, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance, un handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle. »

Cette dernière mention, a été introduite à la demande des États qui ont légalisé le « mariage homosexuel » ou l’ « l’homoparentalité » et des lobbies qui militent en ce sens pour disposer d’un levier contentieux.

Le terrain est ainsi dégagé pour que la Cour, grâce à cette rédaction et en s’appuyant sur la conception idéologique qu’elle a de son rôle, contraigne les États récalcitrants à se plier aux revendications de ces lobbies, et aggrave le relativisme moral dominant.

L’enjeu des valeurs fondatrices

On l’a dit : aujourd’hui, au point où nous en sommes, l’enjeu européen n’est plus celui des institutions ou des politiques dans tel ou tel domaine. Il porte sur l’identité européenne, sur la fidélité de l’Europe à ses racines et sur le « primat des valeurs éthiques et spirituelles [4] » qui fondent la communauté de peuples et de nations que constitue l’Union.

Dès lors, à côté du test ultime d’identité que constitue l’adhésion de la Turquie [5], un second point critique se dessine assez clairement : priorité doit être donnée à l’abandon de cette Charte, fût-ce au prix du traité de Lisbonne, en dépit des aspects positifs qu’elle comporte par ailleurs. La reconnaissance de la liberté de religion, y compris dans ses manifestations publiques (article 10), de la liberté de créer des établissements d’enseignement et du droit des parents à assurer l’éducation de leurs enfants conformément à leurs convictions, y compris religieuses (article 14, au demeurant subordonné aux lois nationales qui en régissent l’exercice), l’énoncé de nombreux droits sociaux, incidemment mis sur le même plan que les droits humains fondamentaux, ne suffisent pas à la sauver.

Même si l’élection au Parlement européen n’a pas directement cet objet, tant que le traité de Lisbonne n’est pas entré en vigueur et qu’une marge de pression existe, il importe de s’en saisir à l’occasion du choix que les électeurs feront des listes qui bénéficieront de leurs suffrages.



[1] Cf. « L’appel lancé aux citoyens européens à l’occasion des élections européennes de juin 2009 », par le groupe Initiative de chrétiens pour l’Europe (IXE) au mois d’avril, collectif qui associe notamment les « Semaines sociales », divers mouvements d’action catholique, les EDC, le MCC, des présidents ou coordonateurs de conseils pastoraux ou diocésains, des religieux, etc.
[2] Le Conseil de l’Europe est une institution distincte de l’Union européenne. Cette organisation intergouvernementale, créée par le traité de Londres en 1949, compte aujourd’hui 45 membres dont plusieurs pays non européens, y compris la Turquie. Elle s’est spécialisée dans la protection des droits de l’homme par l’adoption d’une série de conventions, dont la plus connue et la plus importante est la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales signée en 1950. Les violations de cette convention peuvent faire l’objet de recours juridictionnels devant la Cour européenne des droits de l’homme dont les décisions contraignent les États membres, et qui a développé une abondante jurisprudence.
[3] Notamment l’affaire C-176/03 jugée le 13 septembre 2005 : cf. mon article « La Cour de justice contourne les traités européens : dormez braves gens", Décryptage, 26 septembre 2005.
[4] Jean-Paul II, exhortation Ecclesia in Europa, 2003, n.2.
[5] Cf. l’analyse publiée sur le thème « Europe et liberté » dans le n° 3 de notre Journal des européennes (version papier).

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