26.03.2011
Benoît XVI invite les prêtres à reprendre le chemin du confessionnal
Benoît XVI invite les prêtres à reprendre le chemin du confessionnal, à redécouvrir la valeur pédagogique de la confession, pour eux-mêmes comme pour les pénitents, et à ne pas craindre l’abîme du mal. Le Pape s’est adressé, ce vendredi matin, aux 700 participants au cours annuel d’aggiornamento sur le for intérieur organisé par la Pénitencerie apostolique, le dicastère romain chargé des péchés et de la confession.
03:42 Écrit par Père Walter dans Actualité, Amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, benoit xvi, confessionnal, penitents, for interieur, confessions, pretres, pentiencerie apostolique, peches, misericorde, solitude, relativisme, introspection, sacrements, penitence |
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22.03.2011
Un cours pour mieux former les prêtres à la confession
Les confesseurs sont aujourd'hui confrontés à de nouveaux défis : fécondation in vitro, manipulations génétiques, tests scientifiques moralement discutables, atteintes à l’environnement, fraudes, corruption, évasion fiscale... figurent parmi les péchés du XXI° siècle soumis au jugement de l'Église ; de nouvelles formes de péchés auxquelles les prêtres ne sont pas toujours bien préparés. Si les confessionnaux sont aujourd’hui peu fréquentés par les fidèles, l’Église catholique attache une importance grandissante au sacrement de réconciliation.
23:14 Écrit par Père Walter dans Actualité, Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : confession, fecondation in vitro, manipulations gentiques, environnement, fraude, corruption, evasion fiscale, peches, pretres, confessionnaux, sacrements, sacrement de la reconciliation, penitencerie apostolique, for interieur, clerge, penitents, misericorde |
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16.04.2010
Le Pape invite les chrétiens à reconnaître leurs erreurs
La primauté de l’obéissance à Dieu et la véritable signification de la pénitence et du pardon dans la vie des chrétiens ont été les thèmes développés ce jeudi par Benoît XVI dans l’homélie de la Messe célébrée dans la chapelle Pauline au Vatican, en présence des membres de la Commission Pontificale Biblique.
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Le Pape a évoqué la nécessité de faire pénitence et de reconnaître les erreurs commises dans notre vie face aux attaques du monde qui nous parlent de nos péchés.
Il a également dénoncé la dictature que représente le conformisme dans notre société, que l’on retrouve jusque dans l’agression contre l’Eglise.
06:45 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vatican, commission pontificale biblique, penitence, peches, dictature, eglise, pape, benoit xvi, eucharistie, chapelle pauline, conformisme, societe, vie de l eglise |
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25.03.2010
Le scandale de la pédophilie
Genèse d'un délit. La révolution des années Soixante
Le scandale de la pédophilie a toujours existé; ce qui lui a donné des proportions énormes, c'est le virage culturel d'il y a un demi-siècle. Benoît XVI l'a écrit dans sa lettre aux catholiques d'Irlande, que commentent deux cardinaux et un sociologue
par Sandro Magister

ROME, le 25 mars 2010 – La loi et la grâce. La main de Dieu parvient là où la justice terrestre n’arrive pas. Dans sa lettre du 19 mars, Benoît XVI a ordonné aux catholiques d'Irlande ce qu’aucun pape de l’époque moderne n’a jamais ordonné à toute l’Église d’un pays.
Il leur a enjoint non seulement de déférer les coupables devant les tribunaux canoniques et civils mais aussi de se mettre collectivement en état de pénitence et de purification. Et cela non pas dans le secret de leurs consciences mais de manière publique, sous les yeux de tous, y compris leurs adversaires les plus implacables et les plus moqueurs. Jeûne, prière, lecture de la Bible et activités caritatives tous les vendredis à partir de maintenant jusqu’à Pâques de l’année prochaine. Confession sacramentelle fréquente. Adoration continuelle de Jésus – lui-même "victime de l’injustice et du péché" – devant la sainte hostie exposée sur les autels des églises. Et pour tous les évêques, prêtres et religieux, sans exception, une période spéciale de "mission", un long et rude parcours d’exercices spirituels pour une révision de vie radicale.
C’est une décision audacieuse qu’a prise là le pape Benoît XVI. Parce que le prophète Jonas lui-même ne croyait plus que Dieu pardonnerait à Ninive pour ses péchés, en dépit de la cendre de la pénitence et des sacs dont tous étaient couverts, depuis le roi jusqu’à la dernière des bêtes.
Et aujourd’hui encore beaucoup de gens concluent que l’Église reste condamnée irrémédiablement, même après la lettre dans laquelle le pape lui-même se déclare plein de honte et de remords à cause des abominations commises sur des enfants par certains prêtres, vis-à-vis desquelles certains évêques ont fait preuve d’une négligence coupable.
Et pourtant le pardon de Dieu est descendu même sur Ninive et le sceptique Jonas a dû revenir sur son opinion. Ce prophète, Michel-Ange l’a justement représenté sur la partie supérieure du mur derrière l’autel de la Chapelle Sixtine, pour montrer que le pardon de Dieu est la clé de tout, depuis la création du monde jusqu’au jugement dernier.
Dimanche 21 mars, tandis que l’on donnait lecture de sa lettre dans les églises d'Irlande, Benoît XVI a commenté, pour les fidèles réunis sur la place Saint-Pierre au moment de l'Angélus, le pardon de Jésus à la femme adultère : "Il sait ce qu’il y a dans le cœur de chaque être humain, il veut condamner le péché, mais sauver le pécheur et démasquer l'hypocrisie". L'hypocrisie de ceux qui voulaient lapider la femme, bien qu’étant eux-mêmes les premiers à pécher.
Intransigeance vis-à-vis du péché, "en commençant par le nôtre", et miséricorde vis-à-vis des personnes. Telle est la leçon que Joseph Ratzinger veut appliquer à l’affaire irlandaise et, plus largement, à l’Eglise tout entière.
D’un côté, les rigueurs de la loi. Le prix de la justice devra être payé intégralement. Les diocèses, les séminaires, les congrégations religieuses où l’on a laissé se commettre des méfaits sont avertis : des visiteurs apostoliques vont venir du Vatican pour découvrir ce qui s’est passé et, même là où il n’y aura pas lieu de faire intervenir la justice civile, la discipline canonique punira ceux qui auront été négligents.
Mais, en même temps, le pape allume la lumière de la grâce. Il ouvre la porte du pardon de Dieu même à ceux qui se sont rendus coupables des pires abominations, s’ils se repentent sincèrement.
Quant à ceux qui se tiennent au premier rang des accusateurs, ceux qui sont les plus armés de pierres contre l’Église, aucun d’entre eux n’est sans péché. Pour ceux qui exaltent la sexualité comme pur instinct, libre de toute entrave, il est difficile de condamner ensuite tout abus qui en est fait.
La tragédie de certains prêtres et religieux, a écrit Benoît XVI dans sa lettre pastorale, a aussi été de céder à ce genre de "façons de penser" si répandues, au point d’en arriver à justifier l'injustifiable.
Une faiblesse qui ne peut certainement pas être reprochée à Ratzinger évêque et pape, même par ses adversaires les plus acharnés, s’ils sont sincères.
Le commentaire reproduit ci-dessus est publié dans "L'Espresso" n. 13 de 2010, en kiosque depuis le 26 mars.
A la fin, ce commentaire fait référence à un paragraphe précis - le quatrième - de la lettre de Benoît XVI aux catholiques d'Irlande.
C’est le paragraphe dans lequel le pape évoque les raisons qui ont favorisé, à partir des années Soixante du siècle dernier, l'expansion des abus sexuels commis par le clergé et surtout l'incapacité à en comprendre la gravité.
Le voici en entier.
BENOÎT XVI. LE PARAGRAPHE 4 DE SA LETTRE
"Au cours des dernières décennies, l’Église dans votre pays a dû affronter de nouveaux et graves défis à la foi, découlant de la transformation et de la sécularisation rapides de la société irlandaise. Un changement social très rapide a eu lieu, qui a souvent eu des effets contraires à l’adhésion traditionnelle des Irlandais à l’enseignement et aux valeurs catholiques. Très souvent, les pratiques sacramentelles et de dévotion qui soutiennent la foi et lui permettent de croître, comme par exemple la confession fréquente, la prière quotidienne et les retraites annuelles, ont été négligées.
"Au cours de cette période, la tendance, y compris chez certains prêtres et religieux, à adopter des façons de penser et de considérer les réalités séculières sans référence suffisante à l’Évangile, a été déterminante. Le programme de renouveau proposé par le Concile Vatican II a parfois été mal interprété et, à vrai dire, à la lumière des profonds changements sociaux qui avaient lieu, il était très difficile de savoir quelle était la meilleure façon de l’appliquer. En particulier, il y a eu une tendance, dictée par de justes intentions mais erronée, à éviter d’aborder sous l’angle pénal les situations canoniques irrégulières. C’est dans ce contexte général que nous devons chercher à comprendre le problème préoccupant des abus sexuels commis sur des enfants, qui a grandement contribué à l’affaiblissement de la foi et à la perte de respect pour l’Église et pour ses enseignements.
"Ce n’est qu’en examinant avec attention les nombreux éléments qui ont donné naissance à la crise actuelle qu’il est possible d’entreprendre un diagnostic clair de ses causes et de trouver des remèdes efficaces. Il est certain que, parmi les facteurs qui y ont contribué, nous pouvons citer : des procédures inadéquates pour déterminer l’aptitude des candidats au sacerdoce et à la vie religieuse ; une formation humaine, morale, intellectuelle et spirituelle insuffisante dans les séminaires et les noviciats ; une tendance de la société à favoriser le clergé et d’autres figures d’autorité, ainsi qu’une préoccupation hors de propos pour la réputation de l’Église et pour éviter les scandales, qui ont eu pour résultat la non-application des peines canoniques en vigueur et l’absence de protection de la dignité de chaque personne. Il faut agir d’urgence pour traiter ces facteurs, qui ont eu des conséquences si tragiques pour les vies des victimes et de leurs familles et qui ont diminué la lumière de l’Evangile plus gravement qu’au cours des siècles de persécution".
Deux cardinaux et un spécialiste de la sociologie des religions, entre autres, se sont exprimés à propos des facteurs culturels analysés par le pape.
LE COMMENTAIRE DU CARDINAL BAGNASCO
Le premier des deux cardinaux est Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes et président de la conférence des évêques d’Italie (CEI).
Voici comment, le lundi 22 mars, dans le discours par lequel il a ouvert les travaux du conseil permanent de la CEI, Bagnasco a conclu le passage consacré à la lettre du pape aux catholiques d'Irlande :
"Différentes personnes, y compris des non-catholiques, ont souligné que, depuis un certain temps déjà, le phénomène de la pédophilie apparaît tragiquement répandu dans divers milieux et dans plusieurs catégories de personnes. Mais ce point, loin d’être mentionné ici pour diminuer ou relativiser la gravité spécifique des faits signalés dans les milieux ecclésiastiques, est plutôt un avertissement incitant à percevoir l’ampleur objective de la tragédie. Au moment même où elle se sent humiliée, l’Église apprend du pape à ne pas avoir peur de la vérité, même quand celle-ci est douloureuse et odieuse, à ne pas la taire, à ne pas la couvrir. Mais cela ne signifie pas subir – quand il y en a – des stratégies de discrédit généralisé.
"En réalité nous devons tous nous interroger, en rejetant désormais tout faux-fuyant, à propos d’une culture qui, de nos jours, règne incontestée et favorisée, et qui tend progressivement à effilocher le tissu conjonctif de toute la société, en se moquant, le cas échéant, de ceux qui résistent et tentent de s’opposer : c’est l’attitude de ceux qui cultivent une autonomie absolue vis-à-vis des critères du jugement moral et qui propagent comme bons et séduisants des comportements inspirés de désirs individuels et d’instincts parfois effrénés. Mais l’exacerbation de la sexualité détachée de son sens anthropologique, l’hédonisme à tout va et le relativisme qui n’admet ni barrières ni sursauts font beaucoup de mal parce qu’ils sont spécieux et parfois, sans que l’on s’en rende compte, omniprésents.
"Alors il faut que nous recommencions tous à appeler les choses par leur nom, toujours et partout, à identifier le mal dans sa gravité croissante et ses manifestations multiples, pour ne pas nous trouver, avec le temps, face à la prétention d’une aberration revendiquée sur le plan des principes".
LE COMMENTAIRE DU CARDINAL RUINI
Le second cardinal est Camillo Ruini, président du comité pour le projet culturel de l’Église italienne, prédécesseur de Bagnasco à la présidence de la CEI et vicaire du pape pour le diocèse de Rome de 1991 à 2008.
Dans une interview accordée au quotidien "il Foglio" du 16 mars, quelques jours avant que le pape ne publie sa lettre, Ruini a déclaré, entre autres :
"À mon avis, la campagne de diffamation contre l’Église catholique et le pape que mènent les médias s’inscrit dans cette stratégie qui est à l’œuvre depuis des siècles et que Friedrich Nietzsche théorisait déjà avec le goût du détail. Selon Nietzsche, l’attaque décisive contre le christianisme ne peut pas être portée sur le plan de la vérité mais sur celui de l’éthique chrétienne, qui serait l’ennemie de la joie de vivre. Alors je voudrais demander à ceux qui lancent les scandales de la pédophilie principalement contre l’Église catholique, en mettant éventuellement sur le tapis le célibat des prêtres, s’il ne serait pas plus honnête et plus réaliste de reconnaître que ces déviations, et d’autres, liées à la sexualité accompagnent certainement toute l’histoire du genre humain mais aussi qu’à notre époque, ces déviations sont encore plus stimulées par la ‘libération sexuelle’ si vantée".
Et aussi :
"Lorsque l’exaltation de la sexualité envahit tout l’espace de la vie et que l’autonomie de l’instinct sexuel par rapport à tout critère moral est revendiquée, il devient difficile de faire comprendre que certains abus déterminés doivent absolument être condamnés. En réalité la sexualité humaine, dès son début, n’est pas simplement instinctive, elle n’est pas identique à celle des autres animaux. Comme tout ce qui est humain, c'est une sexualité ‘pétrie’ de raison et de morale, qui peut être vécue de manière humaine et qui ne rend vraiment heureux que si elle est vécue de cette façon".
LE COMMENTAIRE DU PROFESSEUR INTROVIGNE
Le sociologue est le professeur Massimo Introvigne, président du CESNUR, Center for Studies on New Religion.
Dans un commentaire paru le 22 mars sur l’édition italienne du site de l'agence internationale "Zenit", Introvigne a notamment écrit :
"Ce que les Anglais et les Américains appellent 'the Sixties', les années Soixante, et les Italiens, en se concentrant sur l’année symbolique, 'il Sessantotto', apparaît de plus en plus comme une période de profond bouleversement des mœurs, ayant des effets cruciaux et durables sur la religion.
"Il y a d’ailleurs eu un Soixante-huit dans la société et un Soixante-huit dans l’Église : 1968 est justement l’année du désaccord public avec l’encyclique 'Humanae Vitae' de Paul VI, une contestation qui - selon une étude remarquable et influente du philosophe américain récemment disparu Ralph McInerny, 'Vatican II. Qu’est-ce qui est allé de travers ?' - constitue un point de non-retour dans la crise du principe d’autorité au sein de l’Église catholique. [...]
"Mais pourquoi les années Soixante ? Pour rester dans les îles britanniques, Hugh McLeod a publié sur ce sujet aux éditions Oxford University Press, en 2007, un important ouvrage, 'The Religious Crisis of the 1960s', qui fait le point sur les discussions en cours.
"Deux thèses se sont opposées : celle d’Alan Gilbert, qui pense que la révolution des années 1960 a été déterminée par le boom économique qui a répandu l’esprit de consommation et éloigné les populations des églises ; et celle de Callum Brown, pour qui le facteur décisif a été l’émancipation des femmes, suite à la diffusion de l’idéologie féministe, du divorce, de la pilule anticonceptionnelle et de l’avortement.
"McLeod pense - à juste titre selon moi - qu’une révolution d’une telle portée ne peut pas s’expliquer par un seul facteur. Le boom économique et le féminisme entrent en jeu, mais également des aspects plus strictement culturels, que ce soit à l’extérieur des Églises et communautés chrétiennes (la rencontre entre la psychanalyse et le marxisme) ou à l’intérieur (les 'nouvelles théologies').
"Sans entrer dans les éléments les plus techniques de cette discussion, Benoît XVI montre, avec sa lettre, qu’il est conscient du fait qu’il y a eu dans les années Soixante une authentique révolution – pas moins importante que la Réforme protestante ou la Révolution française – qui a été 'très rapide' et qui a asséné un coup très dur à la 'traditionnelle adhésion du peuple à l’enseignement et aux valeurs catholiques'. [...]
"Dans l’Église catholique on n’a pas tout de suite été suffisamment conscient de la portée de cette révolution. Au contraire, celle-ci a contaminé – estime aujourd’hui Benoît XVI – 'même des prêtres et des religieux', elle a déterminé des malentendus dans l’interprétation du concile et elle a été la cause d’une 'formation humaine, morale et spirituelle insuffisante dans les séminaires et dans les noviciats'.
"Dans ce contexte, les prêtres insuffisamment formés ou contaminés par le climat qui a suivi les années Soixante ne sont certainement pas tous devenus pédophiles, pas même un pourcentage significatif d’entre eux : nous savons par les statistiques que le nombre réel de prêtres pédophiles est très inférieur aux chiffres fournis par certains médias. Cependant ce nombre n’est pas égal à zéro – comme nous le voudrions tous – et cela justifie les propos très sévères du pape. Mais l’étude de la révolution des années Soixante et de 1968 est essentielle pour comprendre ce qui s’est produit par la suite, pédophilie comprise. Et pour trouver de véritables remèdes.
"Si cette révolution, à la différence de celles qui l’ont précédée, est morale et spirituelle, si elle touche à l’intériorité de l’homme, les remèdes ne pourront venir, en définitive, que de la restauration de la moralité, de la vie spirituelle et d’une vérité intégrale sur la personne humaine. Mais pour cela les sociologues, comme toujours, ne suffisent pas : il faut des pères et des maîtres, des éducateurs et des saints. Et nous avons tous grand besoin du pape, de ce pape, qui encore une fois – pour reprendre le titre de sa dernière encyclique – dit la vérité dans la charité et pratique la charité dans la vérité".
La lettre de Benoît XVI aux catholiques d'Irlande :
> "Vous devez en répondre devant Dieu"
Le texte complet du discours du cardinal Bagnasco au conseil permanent de la CEI :
> Prolusione, 22 marzo 2010
L’intégralité de l’interview accordée par le cardinal Ruini à "il Foglio" :
> Ruini contro l'assedio etico al clero
Et tout le commentaire du professeur Introvigne sur le site "Zenit" :
> La lettera del papa e la rivoluzione culturale degli anni Sessanta
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www.chiesa
15:59 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : enfants, femmes, justice civile, pedophilie, scandales, pape, benoit xvi, irlande, vie de l eglise, cardinaux, sociologues, sociologie, lois, grace, lettre pastorale, histoire, tribunaux, tribunaux canoniques, penitence, conscience, jeune, priere, bible, confession, sacrements, adoration, eveques, pretres, religieux, exercices spirituels, prophetes, jonas, ninive, peches, michel-ange, chapelle sixtine, pardon, place saint-pierre, angelus, femme adultere, hypocrisie, joseph ratzinger, justice, dioceses, seminaires, congregations religieuses, visiteurs apostoliques, vatican, dieu, sexualite |
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18.03.2010
Comment piloter l'Église dans la tempête. Une leçon
Elle a été donnée par Benoît XVI lors d'une audience générale, à l'encontre de ceux qui désirent un nouveau début du christianisme, sans hiérarchie ni dogmes. Le secret d'un bon gouvernement, a-t-il dit, "est surtout de réfléchir et de prier"
par Sandro Magister

ROME, le 18 mars – Peu de gens l’ont remarqué, mais au plus fort de la tempête qui a frappé l’Église catholique parce qu’un certain nombre de ses prêtres ont scandalisé des "petits", Joseph Ratzinger a relevé le défi d’une manière toute personnelle. Par une surprenante leçon de théologie de l’histoire, comportant des références à sa propre vie de théologien et de pape.
Cette leçon, il l’a donnée aux pèlerins qui se pressaient dans la salle des audiences générales, le matin du mercredi 10 mars.
A plusieurs reprises, le pape a levé les yeux de son texte écrit et il a improvisé. On trouvera ci-dessous la transcription intégrale de ses propos. Elle mérite d’être lue d’un bout à l’autre. Mais il faut tout de suite en souligner certains éléments.
Au centre de la leçon se détache la figure de saint Bonaventure de Bagnoregio, docteur de l’Église, qui fut l’un des premiers successeurs de saint François d’Assise à la tête de l'ordre que celui-ci avait fondé.
Voilà le premier des éléments autobiographiques. En effet c’est précisément à la théologie de l’histoire de saint Bonaventure que le jeune Joseph Ratzinger consacra sa thèse d’habilitation en théologie, publiée en 1959 et récemment réimprimée.
La nouveauté de cette œuvre de jeunesse est qu’elle confrontait, pour la première fois, la théologie de l’histoire de saint Bonaventure avec celle, très influente, de Joachim de Flore.
L'influence de Joachim de Flore sur la pensée de ce siècle et celle des siècles suivants - chrétienne ou athée - a été très grande, jusqu’à nos jours. Le théologien Henri de Lubac lui a consacré, il y a trente ans, un mémorable essai en deux volumes intitulé : "La postérité spirituelle de Joachim de Flore".
Lorsque aujourd’hui, en réaction au scandale créé par certains prêtres, on demande une fois encore une purification radicale de l’Eglise pour ouvrir une nouvelle époque, que l’on désire un nouveau concile qui soit "un nouveau début et une rupture", que l’on souhaite un christianisme spirituel fait de l’Évangile seul, sans hiérarchies ni dogmes, que demande-t-on, sinon l'âge de l’Esprit annoncé par Joachim de Flore ?
Dans sa leçon du 10 mars, Benoît XVI a décrit et actualisé avec une rare clarté l’opposition entre Joachim et Bonaventure. Il a montré que l'utopie de Joachim a trouvé dans le concile Vatican II un terrain fertile pour se reproduire à nouveau mais qu’elle a été victorieusement contestée par "les sages timoniers de la barque de Pierre", c’est-à-dire les papes qui ont su défendre à la fois la nouveauté du Concile et la continuité de l’Église.
Du spiritualisme à l'anarchie il n’y a qu’un pas, a averti Benoît XVI. Il en était ainsi au siècle de saint Bonaventure, il en est ainsi aujourd’hui. Pour être gouvernée, l’Église a besoin de structures hiérarchiques, mais il faut donner à celles-ci une base théologique évidente. C’est ce qu’a fait saint Bonaventure lorsqu’il gouvernait l'ordre franciscain. Pour lui "gouverner n'était pas simplement un acte mais signifiait surtout penser et prier. A la base de son gouvernement nous trouvons toujours la prière et la pensée ; toutes ses décisions résultent de la réflexion, de la pensée éclairée par la prière".
Il doit en être de même – a dit le pape – dans le gouvernement de l’Église universelle : "c'est-à-dire gouverner non seulement par les ordres et les structures, mais en guidant et en éclairant les âmes, en les orientant vers le Christ".
C’est là le deuxième élément autobiographique, décisif, de la leçon du 10 mars, dans laquelle Benoît XVI a indiqué comment il entend gouverner l’Eglise. Il l’a dit avec la douce humilité qui lui est propre, en se plaçant dans l'ombre d’un saint.
Pour saint Bonaventure les textes théologiques et mystiques étaient "l'âme du gouvernement" ; il en est de même pour le pape actuel. L'âme de son gouvernement, ce sont les homélies liturgiques, l'enseignement aux fidèles et au monde, le livre qu’il a consacré à Jésus, autrement dit la "pensée éclairée par la prière". C’est là que la structure hiérarchique de l’Église romaine et ses actes de gouvernement trouvent leur base et leur nourriture. C’est là que l’Église du pape Benoît XVI puise la guérison des péchés commis par ses fils et la réponse aux attaques – pas innocentes – lancées contre elle de l’extérieur et de l’intérieur.
Mais laissons-lui la parole. Voici sa catéchèse du mercredi 10 mars 2010 :
"Il n'y a pas un autre Évangile, il n'y a pas une autre Église à attendre..."
par Benoît XVI
Chers frères et sœurs, [...] saint Bonaventure a eu, entre autres mérites, celui d'interpréter de façon authentique et fidèle la figure de saint François d'Assise, qu'il a vénéré et étudié avec beaucoup d’amour.
En particulier, à l'époque de saint Bonaventure, un courant de Frères mineurs, les "spirituels", soutenait qu'une phase entièrement nouvelle de l'histoire avait été inaugurée avec saint François et que l'"Evangile éternel" dont parle l'Apocalypse allait apparaître et remplacer le Nouveau Testament.
Ce groupe affirmait que l'Église avait désormais achevé son rôle historique et qu’elle était remplacée par une communauté charismatique d'hommes libres, guidés intérieurement par l'Esprit, les "Franciscains spirituels".
A la base des idées de ce groupe, il y avait les écrits d'un abbé cistercien, Joachim de Flore, mort en 1202. Dans ses œuvres, il affirmait l'existence d'un rythme trinitaire de l'histoire. Il considérait l'Ancien Testament comme l'ère du Père, suivie par l’ère du Fils, qui était le temps de l'Église. Il fallait encore attendre la troisième ère, celle de l'Esprit Saint.
Ainsi l’histoire tout entière devait être interprétée comme une histoire de progrès : de la sévérité de l'Ancien Testament à la relative liberté de l’ère du Fils dans l'Église, jusqu'à la pleine liberté des Fils de Dieu au cours de l’ère de l'Esprit Saint, qui devait aussi être, enfin, l’ère de la paix entre les hommes, de la réconciliation des peuples et des religions.
Joachim de Flore avait suscité l'espoir que le début du temps nouveau serait né d'un nouveau monachisme. Il est donc compréhensible qu'un groupe de franciscains ait cru reconnaître en saint François d'Assise l'initiateur du temps nouveau et en son Ordre la communauté de la période nouvelle - la communauté de l’ère de l'Esprit Saint - qui laissait derrière elle l'Église hiérarchique pour commencer la nouvelle Église de l'Esprit, détachée des anciennes structures.
Il y avait donc un risque de très grave malentendu sur le message de saint François, sur son humble fidélité à l'Évangile et à l'Église, et cette équivoque comportait une conception erronée du christianisme dans son ensemble.
Saint Bonaventure, qui devint ministre général de l'Ordre franciscain en 1257, se trouva face à une grave tension au sein de cet Ordre, due précisément aux partisans du courant que j’ai cité, les "Franciscains spirituels", qui se référait à Joachim de Flore. C'est justement pour répondre à ce groupe et pour rendre son unité à l'Ordre que saint Bonaventure étudia avec soin les écrits authentiques de Joachim de Flore et ceux qui lui étaient attribués et qu’il voulut, en tenant compte de la nécessité de présenter correctement la figure et le message de son bien-aimé saint François, donner une juste présentation de la théologie de l'histoire.
Saint Bonaventure traita le problème précisément dans sa dernière œuvre - un recueil de conférences aux moines qui étudiaient à Paris, demeuré incomplet et qui nous est parvenu à travers les transcriptions faites par les auditeurs - intitulée "Hexaemeron", c'est-à-dire une explication allégorique des six jours de la création.
Les Pères de l'Eglise considéraient les six ou sept jours du récit de la création comme une prophétie de l'histoire du monde et de l'humanité. Les sept jours représentaient pour eux sept périodes de l'histoire, également interprétées plus tard comme sept millénaires. Avec le Christ, on devait entrer dans le dernier, c'est-à-dire dans la sixième période de l'histoire, à laquelle devait succéder ensuite le grand sabbat de Dieu. Saint Bonaventure conçoit cette interprétation historique du rapport avec les jours de la création, mais de façon très libre et innovatrice.
Pour lui, deux phénomènes de son époque rendent nécessaire une nouvelle interprétation du cours de l'histoire.
Le premier : la figure de saint François, l'homme totalement uni au Christ jusqu'à la communion des stigmates, presque un "alter Christus", et avec saint François la nouvelle communauté qu'il avait créée, différente du monachisme que l’on avait connu jusqu'alors. Ce phénomène exigeait une nouvelle interprétation, comme nouveauté de Dieu apparue à ce moment.
Le deuxième : la position de Joachim de Flore - qui annonçait un nouveau monachisme et une période totalement nouvelle de l'histoire, allant au-delà de la révélation du Nouveau Testament - exigeait une réponse.
En tant que ministre général de l'Ordre des franciscains, saint Bonaventure avait immédiatement vu qu'avec la conception spiritualiste, inspirée par Joachim de Flore, l'Ordre n'était pas gouvernable, mais allait logiquement vers l'anarchie.
Deux conséquences en découlaient selon lui.
La première : la nécessité pratique de structures et d'une insertion dans la réalité de l'Église hiérarchique, de l'Église réelle, rendait nécessaire une base théologique, notamment parce que les autres, ceux qui suivaient la conception spiritualiste, présentaient une base théologique apparente.
La seconde : tout en tenant compte du réalisme nécessaire, il ne fallait pas laisser de côté la nouveauté de la figure de saint François.
Comment saint Bonaventure a-t-il répondu à cette exigence pratique et théorique ? Je ne peux donner ici, en quelques points, qu'un résumé très schématique et incomplet sur certains points de sa réponse.
Saint Bonaventure rejette l'idée du rythme trinitaire de l'histoire. Dieu est un pour toute l'histoire et il ne se divise pas en trois divinités. En conséquence, l'histoire est une, même si elle est un chemin et – selon saint Bonaventure – un chemin de progrès.
Jésus-Christ est la dernière parole de Dieu - en Lui Dieu a tout dit, se donnant et se disant lui-même. Dieu ne peut pas dire ni donner plus que lui-même. L'Esprit Saint est l'Esprit du Père et du Fils. Le Christ lui-même dit de l'Esprit Saint : "il vous rappellera tout ce que je vous ai dit" (Jn 14, 26) ; "c’est de mon bien qu’il prendra pour vous en faire part" (Jn 16, 15).
Il n'y a donc pas un autre Evangile plus haut, il n'y a pas une autre Eglise à attendre. L'Ordre de saint François doit donc lui aussi s'insérer dans cette Eglise, dans sa foi, dans son organisation hiérarchique.
Cela ne signifie pas que l'Eglise soit immobile, fixée dans le passé, et qu'il ne puisse pas y avoir de nouveauté en elle. "Opera Christi non deficiunt, sed proficiunt", les œuvres du Christ ne reculent pas, ne manquent pas, mais elles progressent, dit le saint dans la lettre "De tribus quaestionibus".
Ainsi, saint Bonaventure formule explicitement l'idée du progrès : c’est une nouveauté par rapport aux Pères de l'Eglise et à une grande partie de ses contemporains. Pour saint Bonaventure le Christ n'est plus la fin de l'histoire, comme pour les Pères de l'Eglise, mais il est son centre ; avec le Christ, l'histoire ne finit pas, elle commence une nouvelle période.
Il y a une autre conséquence : jusqu'alors l'idée que les Pères de l'Eglise avaient été le sommet absolu de la théologie était dominante, toutes les générations suivantes ne pouvant être que leurs disciples. Saint Bonaventure reconnaît lui aussi les Pères comme des maîtres pour toujours, mais le phénomène de saint François lui donne la certitude que la richesse de la parole du Christ est inépuisable et que de nouvelles lumières peuvent aussi apparaître dans les nouvelles générations. L’unicité du Christ garantit également des nouveautés et un renouvellement à toutes les périodes de l'histoire.
Assurément – souligne-t-il – l'Ordre franciscain appartient à l'Église de Jésus-Christ, à l'Église apostolique, et il ne peut pas se construire dans un spiritualisme utopique. Mais, en même temps, la nouveauté de cet Ordre par rapport au monachisme classique est valable, et saint Bonaventure [...] a défendu cette nouveauté contre les attaques du clergé séculier de Paris : les franciscains n'ont pas de monastère fixe, ils peuvent être présents partout pour annoncer l'Évangile. C'est précisément la rupture avec la stabilité, caractéristique du monachisme, en faveur d'une nouvelle flexibilité, qui a restitué à l'Eglise le dynamisme missionnaire.
A ce point, il est peut-être utile de dire qu'aujourd'hui encore, il y a des gens qui pensent que toute l'histoire de l'Église au deuxième millénaire a été un déclin permanent ; certains voient déjà le déclin juste après le Nouveau Testament.
En réalité, "opera Christi non deficiunt, sed proficiunt", les œuvres du Christ ne reculent pas, mais elles progressent. Que serait l'Église sans la nouvelle spiritualité des cisterciens, des franciscains et des dominicains, la spiritualité de sainte Thérèse d'Avila et de saint Jean de la Croix, et ainsi de suite ?
Aujourd'hui encore l'affirmation : "Opera Christi non deficiunt, sed proficiunt", elles vont de l'avant, reste valable. Saint Bonaventure nous enseigne l'ensemble du discernement nécessaire, même sévère, du réalisme sobre et de l'ouverture à de nouveaux charismes donnés par le Christ, dans l'Esprit Saint, à son Eglise.
Et alors que cette idée du déclin se répète, il y a aussi l'autre idée, cet "utopisme spiritualiste", qui se répète. Nous savons, en effet, qu'après le concile Vatican II certains étaient convaincus que tout était nouveau, qu'il y avait une autre Eglise, que l'Eglise préconciliaire était finie et que nous allions en avoir une autre, totalement "autre". Un utopisme anarchique ! Et grâce à Dieu, les sages timoniers de la barque de Pierre, le pape Paul VI et le pape Jean-Paul II, ont défendu d'une part la nouveauté du Concile et, en même temps, l'unicité et la continuité de l'Église, qui est toujours une Église de pécheurs et toujours un lieu de grâce.
En ce sens, saint Bonaventure, en tant que ministre général des franciscains, a suivi une ligne de gouvernement selon laquelle il était bien clair que le nouvel Ordre ne pouvait pas, en tant que communauté, vivre à la même "hauteur eschatologique" que saint François, en qui il voit l’anticipation du monde futur, mais – guidé à la fois par son sain réalisme et par son courage spirituel - il devait s'approcher le plus possible de la réalisation maximale du Sermon sur la montagne, qui pour saint François avait été la règle, tout en tenant compte des limites de l'homme, marqué par le péché originel.
Nous voyons ainsi que, pour saint Bonaventure, gouverner ce n'était pas simplement agir, mais surtout réfléchir et prier. A la base de son gouvernement nous trouvons toujours la prière et la réflexion ; toutes ses décisions résultent de la réflexion, de la pensée éclairée par la prière. Son contact intime avec le Christ a toujours accompagné son travail de ministre général. C'est pourquoi il a composé une série d'écrits théologico-mystiques, qui expriment l'esprit de son gouvernement et manifestent l'intention de conduire l'Ordre intérieurement, c'est-à-dire de gouverner non seulement par les ordres et les structures, mais en guidant et en éclairant les âmes, en les orientant vers le Christ.
De ces écrits, qui sont l'âme de son gouvernement et qui montrent à l'individu comme à la communauté la route à parcourir, je ne voudrais citer qu'un seul, son chef-d'œuvre, l'"Itinerarium mentis in Deum", qui est un "manuel" de contemplation mystique.
Ce livre a été conçu en un lieu de profonde spiritualité : le mont de l'Alverne, où saint François avait reçu les stigmates. Dans son introduction, l'auteur décrit les circonstances qui avaient été à l'origine de ce texte : "Tandis que je méditais sur les possibilités qu’avait l'âme d'accéder à Dieu, je me représentai, entre autres, l’événement merveilleux qui advint en ce lieu au bienheureux François, la vision du Séraphin ailé en forme de Crucifié. Et méditant sur cela, je me rendis compte tout de suite que cette vision m'offrait l'extase contemplative de notre père François et en même temps la voie qui y conduit" ("Itinéraire de l'esprit en Dieu", Prologue, 2 in "Opere di San Bonaventura. Opuscoli Teologici", 1, Rome, 1993, p. 499).
Les six ailes du Séraphin deviennent ainsi le symbole des six étapes qui conduisent progressivement l'homme, à partir de la connaissance de Dieu à travers l'observation du monde et des créatures et à travers l'exploration de l'âme elle-même avec ses facultés, jusqu'à l'union gratifiante avec la Trinité par l'intermédiaire du Christ, à l'imitation de saint François d'Assise.
Les dernières paroles de l'"Itinerarium" de saint Bonaventure, qui répondent à la question sur la manière dont on peut atteindre cette communion mystique avec Dieu, devraient descendre profondément dans nos cœurs : "Si maintenant tu aspires à savoir comment cela peut advenir (la communion mystique avec Dieu), interroge la grâce, non la doctrine ; le désir, non l'intellect ; le murmure de la prière, non l'étude des lettres ; l'époux, non le maître ; Dieu, non l'homme ; les ténèbres, non la clarté ; non la lumière, mais le feu qui enflamme tout et qui transporte en Dieu avec les fortes onctions et les très ardentes affections... Entrons donc dans les ténèbres, étouffons les angoisses, les passions et les fantômes ; passons avec le Christ crucifié de ce monde au Père, afin qu'après l'avoir vu, nous disions avec Philippe : cela me suffit" (ibid., VII, 6).
Chers frères et sœurs, accueillons l'invitation qui nous est adressée par saint Bonaventure, le Docteur Séraphique, et mettons-nous à l'école du divin Maître : écoutons sa Parole de vie et de vérité, qui résonne dans l'intimité de notre âme. Purifions nos pensées et nos actions, afin qu'Il puisse habiter en nous et que nous puissions entendre sa Voix divine, qui nous attire vers le vrai bonheur.
La catéchèse reproduite ci-dessus est la deuxième d’une trilogie que Benoît XVI a consacrée à saint Bonaventure de Bagnoregio, lors des audiences générales de trois mercredis consécutifs.
Voici les liens vers les première et troisième catéchèses, prononcées respectivement les 3 mars et 17 mars 2010 :
> Saint Bonaventure 1
> Saint Bonaventure 3
A la fin de cette catéchèse, Benoît XVI a annoncé la publication imminente d’une lettre adressée à l’Église d'Irlande, secouée par le scandale des prêtres pédophiles :
"Comme vous le savez, au cours des derniers mois l’Église a été durement secouée en Irlande par la crise des abus sexuels sur des mineurs. En signe de ma profonde préoccupation j’ai écrit une lettre pastorale traitant de cette situation douloureuse. Je la signerai le jour de la fête de Saint Joseph, gardien de la Sainte Famille et patron de l’Église universelle, et je l’enverrai très vite après. Je vous demande à tous de la lire personnellement, avec un cœur ouvert et dans un esprit de foi. J’espère qu’elle pourra être utile dans le processus de repentance, de guérison et de renouvellement".
POST SCRIPTUM – La clôture de la visite apostolique effectuée chez les Légionnaires du Christ a été présentée par les médias de la congrégation de manière à demi dissimulée et imprécise.
A ce jour, 18 mars, le seul endroit où l’information ait été publiée est une page de la version espagnole du site en ligne de Regnum Christi, la branche laïque de la Légion :
> Inicia nueva etapa de la visita apostólica
Toutefois ce que l’on peut lire dans cette note correspond davantage à un "wishful thinking", à un désir insatisfait, qu’à la vérité des faits.
A en croire Regnum Christi, il semblerait que la visite apostolique ne se soit pas achevée le 15 mars – or c’est bien ce qui s’est passé - mais qu’elle demande encore du temps. Le motif allégué est que les cinq visiteurs auraient encore besoin de "plusieurs mois" et de "nouveaux échanges" avec le Saint-Siège pour rédiger leurs rapports.
Mais ce n’est pas exact. Les visiteurs ont remis leurs rapports finaux le 15 mars. Et ils seront à Rome le 30 mars pour les présenter aux autorités vaticanes. Ce sont ces dernières, et pas les visiteurs, qui auront besoin d’un laps de temps pour prendre les décisions qui en résulteront.
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www.chiesa
15:49 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, theologiens, pelerins, mystiques, homelies, liturgie, enseignement, bagnoregio, benoit xvi, theologie de l histoire, docteur de l eglise, siant francois d assise, joachim de flore, histoire, henri de lubac, la posterite spirituelle de joachim de flore, concile, christianisme spirituel, evangile, hierarchie, dogmes, utopie, vatican ii, barque de pierre, spiritualisme, priere, gouvernement, reflexion, pensee, christ, humilite, joseph ratzinger, pretres, scandales, abus sexuels, eglise catholique, theologie, saint bonaventure, catechese, eglise romaine, peches, esprit saint, hexaemeron, peres de l eglise, alter christus, de tribus quaestionibus, paris, clerge seculier, franciscains, monasteres |
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24.04.2009
L'amour qui pardonne

Rome (Agence Fides) – « Ressuscité, Jésus donna aux siens une nouvelle unité, plus forte qu'auparavant, invincible, fondée, non sur les ressources humaines, mais sur la miséricorde divine, qui les a fait se sentir tous aimés et pardonnés par lui. C'est donc l'amour miséricordieux de Dieu qui unit solidement, aujourd'hui comme hier, l'Eglise et qui fait de l'humanité une seule famille ; l'amour divin, qui, par Jésus, crucifié et ressuscité, pardonne nos péchés et nous renouvelle intérieurement. Animé par cette conviction intime, mon bien-aimé prédécesseur, Jean-Paul II, a voulu consacrer ce dimanche, qui est le 2e dimanche de Pâques, à la Miséricorde divine, et il a indiqué à tous le Christ ressuscité comme la source de la confiance et de l'espérance, en accueillant le message spirituel transmis par le Seigneur à sainte Faustine Kowalska, synthétisé dans l'invocation : ‘Jésus, j'ai confiance en toi !’ (Benoît XVI, Regina Caeli du 19 avril 2009) ».

Dans chaque coeur humain, il y a un désir très profond de liberté, que Dieu a mis dans l’être de l’homme, créé à son image et à sa ressemblance. Un bonheur, un amour, qui ne soit pas sous le signe de cette liberté, est impensable. Quand nous étions enfants, la foi demeurait dans notre cœur, parce que nous étions libres, libres vis-à-vis de nous-mêmes, vis-à-vis du monde, et vis-à-vis de l’expérience volontaire et personnelle du péché. On goûtait la saveur typique de la vraie liberté des enfants de Dieu.
Nous avons tous besoin de la Divine Miséricorde pour devenir à nouveau libres d’aimer : Dieu et nos frères. Seule la Miséricorde de Dieu a, en effet, le pouvoir de nous libérer de nos péchés, qui nous barrent la route du bonheur. Jésus, le soir de sa Résurrection précisément, en apparaissant aux Apôtres dans le Cénacle, a voulu transmettre, par eux et par leurs successeurs, à tous les prêtres, le pouvoir immense de pardonner les péchés par le Sacrement de la Réconciliation (cf. Jean 20, 19-23).
Ce n’est certainement pas un hasard que, précisément, dans les temps forts de l’Année Liturgique, que ce soit l’Avent avec Noël, que ce soit le Carême avec Pâques, les fidèles ressentent le besoin particulier d’aller se confesser, comme s’ils étaient attirés mystérieusement par le mystère ineffable de la Miséricorde Divine. A Sainte Faustine Kowalska elle-même, à propos de la Confession, c’est-à-dire au tribunal de la Miséricorde, Jésus indique une vérité des plus consolantes :
« « Dis aux âmes où elles doivent chercher la consolation, c'est au tribunal de la miséricorde; c'est là qu'ont lieu les plus grands miracles qui se renouvellent sans cesse. Point n'est besoin, pour obtenir ce miracle de faire de lointains pèlerinages, ni de faire étalage d'un quelconque cérémonial, mais il suffit de se jeter avec foi aux pieds de celui qui tient ma place, de lui dire sa misère et le miracle de la miséricorde divine se manifestera dans toute sa plénitude. Même si cette âme était en décomposition comme un cadavre, et même si humainement parlant il n'y avait plus aucun espoir de retour à la vie, et que tout semblait perdu, il n'en est pas ainsi selon Dieu, le miracle de la miséricorde divine redonnera vie à cette âme dans toute sa plénitude. O malheureux, qui ne profitez pas maintenant de ce miracle de la miséricorde divine; en vain vous appellerez, il sera déjà trop tard ». (1448)
Quelle joie immense que de retrouver la liberté perdue avec le péché. D’esclaves, on redevient libres, de morts, on redevient vivants. C’est pourquoi ceux qui font l’expérience d’une vraie conversion, par le pardon inconditionnel du Père, se sentent « renaître » à une vie nouvelle. Combien de fois, de la bouche même des convertis – et nous sommes tous à l’être toujours plus - on a recueilli l’exclamation suivante : « Je suis devenu une autre personne ! ». Oui, quand la liberté pour le bien pour le beau et pour le vrai, redevient une compagne de vie, quand il y a la liberté vis-à-vis du vice et du péché – qui pousse à faire le mal que nous ne voulons pas faire, et à ne pas faire le bien que nous désirons faire – alors, la joie se met de nouveau aux côtés de la liberté, et le cœur éprouve le bonheur d’être redevenu libre pour Dieu, le Bien Suprême.
La Divine Miséricorde est la voie d’accès à la vraie liberté de l’homme. C’est cette vie de grâce elle-même qui, en vertu du pardon demandé et donné, rouvre au pécheur la porte à la vérité : vérité sur Dieu, sur soi-même. Par sa Résurrection, le Seigneur nous a donné, dans la Divine Miséricorde, la possibilité de voir tous nos péchés remis, si toutefois nous le Lui demandons humblement. Chaque fois que nous allons recevoir le Sacrement de la Réconciliation, nous entrons en contact vivant avec le mystère de la Miséricorde Divine, et, par l’intermédiaire du prêtre qui nous donne l’absolution, nous rencontrons ce même amour qui pardonne, ressenti et reçu par les Apôtres au Cénacle, le soir de Pâques : « Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez » (Jean 20, 23). Dans cette Parole de Jésus, se trouve la dimension immense de l’Amour Miséricordieux de Dieu pour nous !
(Agence Fides, 22 avril 2009)
12:04 Écrit par Père Walter dans Homélies 2008-2009 (année B) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : misericorde, faustine kowalska, benoit xvi, jean paul ii, saints, pretres, coeur, reconciliation, sacrements, peches, amour, pologne, annee liturgique, confession, paques, resurrection |
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