19.07.2011
Le nouvel archevêque de Philadelphie est un Amérindien
Les médias l’annonçaient depuis des jours ; la nouvelle officielle est tombée ce mardi. L’archevêque de Philadelphie a démissionné. Agé de 76 ans, le cardinal Justin Rigali s’en va conformément au canon 401 § 1, c’est-à-dire pour raison d’âge. Mais si son cas a suscité un tel intérêt c’est parce que l’archidiocèse de Philadelphie a été éclaboussé par les scandales de pédophilie et que le cardinal Rigali a été sévèrement critiqué par l’opinion publique, y compris par les catholiques, pour sa gestion du dossier. Le cardinal Rigali est très connu au sein de la Curie romaine : pendant des années, il a présidé à Rome l’Académie pontificale ecclésiastique qui forme les diplomates du Saint-Siège. Il a également été secrétaire de la Congrégation pour les évêques.
Benoît XVI a choisi pour prendre la relève un franciscain de 67 ans, issu d’une tribu indienne autochtone, Mgr Charles Chaput, actuellement archevêque de Denver.
18:34 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : eveques, charles j. chaput, philadelphie, denver, colorado, justin rigali, cardianux, abus sexuels, pretres, pedophilie, curie, rome, congregation pour les eveques, legionnaires du christ |
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25.11.2009
La "Déclaration de Manhattan": le manifeste qui secoue l'Amérique
La "Déclaration de Manhattan": le manifeste qui secoue l'Amérique
Elle a été signée par des leaders catholiques, protestants, orthodoxes, unis pour défendre la vie et la famille. Avec la Maison-Blanche ans dans le collimateur. En Europe elle aurait été qualifiée d'"ingérence" politique de l’Eglise
par Sandro Magister
ROME, le 25 novembre 2009 – De ce côté-ci de l'Atlantique, l’information est passée presque inaperçue: un vigoureux appel public pour défendre la vie, le mariage, la liberté religieuse et l'objection de conscience, lancé conjointement – c’est rare – par des personnalités de tout premier plan de l’Eglise catholique, des Eglises orthodoxes, de la Communion anglicane et des communautés évangéliques des Etats-Unis.
Parmi les leaders religieux qui ont présenté l'appel au public, vendredi 20 novembre au National Press Club de Washington (photo), il y avait le cardinal Justin Rigali, archevêque de Philadelphie, Donald W. Wuerl, archevêque de Washington, et Charles J. Chaput, évêque de Denver.
Et parmi les 152 premiers signataires de l'appel, il y a 11 autres archevêques et évêques catholiques des Etats-Unis : le cardinal Adam Maida, de Detroit, Timothy Dolan, de New York, John J. Myers, de Newark, John Nienstedt, de Saint-Paul et Minneapolis, Joseph F. Naumann, de Kansas City, Joseph E. Kurtz, de Louisville, Thomas J. Olmsted, de Phoenix, Michael J. Sheridan, de Colorado Springs, Salvatore J. Cordileone, d’Oakland, Richard J. Malone, de Portland, David A. Zubik, de Pittsburgh.
L'appel, un texte de 4 700 mots, est intitulé : "Manhattan Declaration : A Call of Christian Conscience [Déclaration de Manhattan. Un appel de la conscience chrétienne]" et tire son nom du quartier de New-York où en fut discutée et décidée la publication, en septembre dernier.
La rédaction finale du texte a été confiée au catholique Robert P. George, professeur de droit à la Princeton University, et aux évangéliques Chuck Colson et Timothy George, ce dernier étant professeur à la Beeson Divinity School de la Samford University à Birmingham, en Alabama.
Parmi les autres signataires figurent le métropolite Jonah Paffhausen, primat de l’Eglise orthodoxe en Amérique, l'archiprêtre Chad Hatfield, du séminaire théologique orthodoxe Saint-Wladimir, le révérend William Owens, président de la Coalition of African-American Pastors, et deux éminentes personnalités de la Communion anglicane : Robert Wm. Duncan, primat de l’Anglican Church in North America, et Peter J. Akinola, primat de l’Anglican Church in Nigeria.
Parmi les catholiques, en dehors des évêques, les signataires de l’appel sont le jésuite Joseph D. Fessio, disciple de Joseph Ratzinger et fondateur de la maison d’édition Ignatius Press, William Donohue, président de la Catholic League, Jody Bottum, directeur de la revue "First Things", George Weigel, membre de l'Ethics and Public Policy Center.
La "Déclaration de Manhattan" ne tombe pas dans le vide, elle survient à un moment critique pour la société et la vie politique américaines : celui où le gouvernement de Barack Obama est très occupé à faire passer un plan de réforme de l'assurance-maladie aux Etats-Unis.
En défendant la vie humaine dès la conception et le droit à l'objection de conscience, l'appel conteste deux points mis en danger par le projet de réforme actuellement en discussion au Sénat.
Au Congrès, une vive action de lobbying menée au grand jour par l'épiscopat catholique a contribué à éventer le danger. Le vote final ayant garanti à la fois le droit à l'objection de conscience et le blocage de tout financement public en faveur de l'avortement, la conférence des évêques a présenté ce résultat comme un "succès". Mais maintenant, au Sénat, la bataille repart de zéro, sur un texte initial que l’Eglise juge à nouveau inacceptable. La conférence des évêques a déjà adressé aux sénateurs une lettre indiquant les modifications qu’elle souhaite voir apporter à tous les points litigieux.
Mais maintenant, il y a, en plus, l'œcuménique "Déclaration de Manhattan", dont le dernier chapitre, intitulé "Lois injustes", s’achève sur cette annonce solennelle :
"Nous ne nous laisserons pas contraindre au silence, à l'acquiescement, à la violation de nos consciences par quelque pouvoir que ce soit, culturel ou politique, quelles que puissent être les conséquences pour nous".
Et tout de suite après :
"Nous rendrons à César ce qui est à César, pleinement et sans rechigner. Mais en aucun cas nous ne rendrons à César ce qui est à Dieu".
Dans un passage au début du texte, l'appel dit aussi :
"Alors que l'opinion publique prend une direction pro-life, des forces puissantes et déterminées agissent en faveur de l'avortement, de la recherche destructrice d’embryons, du suicide assisté et de l'euthanasie."
Et c’est vrai. D’après les plus récentes enquêtes, l'opinion publique américaine est en train de virer sensiblement vers une plus grande défense de la vie de l’enfant conçu.
De 1995 à 2008, toutes les études ont montré que les pro-choice étaient plus nombreux que les pro-life, avec un écart net entre les deux groupes : 49% pour le premier, 42% pour le second.
Mais aujourd’hui les positions sont inversées. Les pro-choice, descendus à 46%, sont dépassés par les pro-life, qui sont montés à 47%.
Les leaders religieux qui harcèlent Obama sur les terrains minés de l'avortement, du mariage entre homosexuels, de l'euthanasie, savent donc qu’une partie large et croissante de la société américaine est avec eux.
Le lancement de la "Déclaration de Manhattan" a eu un fort écho dans les médias américains, sans que personne n’ait protesté contre cette "ingérence" politique des Eglises.
Mais les Etats-Unis sont ainsi faits. Il y a depuis toujours une rigoureuse séparation entre les religions et l’Etat. Il n’existe pas de concordats et ils ne sont même pas concevables. Mais c’est justement pour cela que la liberté de parler et d’agir dans le domaine public est reconnue aux Eglises.
En Europe le paysage est très différent. Ici la "laïcité" est pensée et appliquée en conflit, latent ou explicite, avec les Eglises.
C’est peut-être un des motifs du silence qui en Europe, en Italie, à Rome, a accueilli la "Déclaration de Manhattan", vue comme un phénomène typiquement américain, étranger aux critères européens de jugement.
Même différence de vision quant au refus de donner la communion eucharistique aux hommes et femmes politiques catholiques favorables à l’avortement. La controverse est très vive aux Etats-Unis, pas de ce côté-ci de l'Atlantique. Cette différence de sensibilité divise aussi la hiérarchie de l’Eglise catholique : en Europe et à Rome la question ne se pose pratiquement pas, elle est laissée à la conscience de chacun.
Il faut cependant noter que, sur ce point, quelque chose est en train de changer, même en Europe. Et pas seulement parce qu’il y a un pape comme Benoît XVI qui affirme sa préférence pour le modèle américain de relations entre les Eglises et l’Etat.
Il y a quelques jours, un signal est venu d’Espagne, où l’Eglise catholique est aux prises avec un gouvernement hostile idéologiquement, celui de José Luis Rodríguez Zapatero, et où une loi libéralisant encore davantage l'avortement est en cours d’élaboration.
Selon des informations reprises par "L'Osservatore Romano", l’évêque Juan Antonio Martínez Camino, secrétaire général de la conférence des évêques d’Espagne, n’a pas hésité à avertir les hommes et femmes politiques catholiques que, s’ils votent cette loi, ils ne pourront être admis à la communion eucharistique, car ils se seront mis en situation objective de “péché public”.
Ce n’est pas tout. Mgr Martínez Camino a ajouté que ceux qui disent qu’il est moralement légitime de tuer un enfant à naître se mettent en contradiction avec la foi catholique et risquent donc de tomber dans l’hérésie et d’être excommuniés “latae sententiae”, c’est-à-dire automatiquement.
C’est la première fois qu’en Europe un dirigeant de conférence d’évêques tient des propos aussi "américains".
Mais revenons à la "Déclaration de Manhattan". Son texte intégral, avec la liste des 152 premiers signataires, se trouve sur la page web :
> Manhattan Declaration: A Call of Christian Conscience
Et voici ci-dessous la traduction du texte abrégé qui a été diffusé avec le texte intégral de la "Déclaration":
Manhattan Declaration Executive Summary
Le 20 novembre 2009
Les chrétiens, quand ils ont vécu conformément aux idéaux les plus élevés de leur foi, ont défendu les faibles et les vulnérables et travaillé inlassablement pour protéger et renforcer les institutions vitales de la société civile, à commencer par la famille.
Nous sommes des chrétiens orthodoxes, catholiques et évangéliques, unis en ce moment pour réaffirmer les vérités fondamentales de la justice et du bien commun et lancer un appel à nos concitoyens, croyants ou non, pour qu’ils s’unissent à nous afin de les défendre. Ces vérités sont (1) le caractère sacré de la vie humaine, (2) la dignité du mariage comme union conjugale entre mari et femme, et (3) les droits de la conscience et de la liberté religieuse. Ces vérités, dans la mesure où elles fondent la dignité de l’homme et le bien-être de la société, sont inviolables et non négociables. Comme elles sont de plus en plus attaquées par des forces puissantes dans notre culture, nous sommes obligés, aujourd’hui, de parler fort pour les défendre et de nous engager à les honorer pleinement, quelles que soient les pressions exercées sur nous et sur nos institutions pour qu’elles soient abandonnées ou fassent l’objet de compromis. Nous prenons cet engagement non comme partisans d’un groupe politique mais comme disciples de Jésus-Christ, le Seigneur crucifié et ressuscité, qui est la Voie, la Vérité et la Vie.
Vie humaine
La vie des enfants à naître, des handicapés et des personnes âgées est de plus en plus menacée. Alors que l'opinion publique prend une direction pro-life, des forces puissantes et déterminées agissent en faveur de l'avortement, de la recherche destructrice d’embryons, du suicide assisté et de l'euthanasie. Bien que la protection des faibles et des personnes vulnérables soit le premier devoir d’un gouvernement, aujourd’hui le pouvoir du gouvernement est souvent appelé à faire la promotion de ce que Jean-Paul II appelait "la culture de mort". Nous nous engageons à travailler sans cesse pour une égale protection de tout être humain innocent, à tous les stades de son développement et dans toutes les situations. Nous refuserons notre implication ou celle de nos institutions dans la destruction de vies humaines et nous soutiendrons de toutes les façons possibles ceux qui, en conscience, feront de même.
Mariage
L'institution du mariage, déjà attaquée par la promiscuité, l’infidélité et le divorce, risque d’être redéfinie et donc subvertie. Le mariage est l'institution originelle et la plus importante pour assurer la santé, l'éducation et le bien-être de tous. Là où le mariage se dégrade, les pathologies sociales se développent. La tendance à redéfinir le mariage est un symptôme, plus que la cause, d’une érosion de la culture du mariage. Elle reflète une perte de compréhension du sens du mariage tel qu’il est incorporé dans notre droit civil et dans nos traditions religieuses. Or il est essentiel de résister à cette tendance, car y céder serait renoncer à la possibilité de recréer une juste conception du mariage et, par là, à l’espoir de reconstruire une saine culture du mariage. Cette résistance bloquerait l’idée fausse et destructrice que ce qui est important, dans le mariage, c’est le romanesque et autres satisfactions pour adultes et non pas, intrinsèquement, le caractère unique et la valeur d’actes et de relations dont le sens est donné par la capacité à créer, promouvoir et protéger la vie. Le mariage n’est pas une "construction sociale", c’est plutôt une réalité objective – l'union scellée par un accord entre un mari et une femme – que la loi a le devoir de reconnaître, d’honorer et de protéger.
Liberté religieuse
La liberté religieuse et les droits de la conscience sont en grand danger. Ces principes fondamentaux de justice sont menacés de manière évidente par les efforts faits pour affaiblir ou éliminer l'objection de conscience du personnel et des institutions de santé, ainsi que par les dispositions anti-discrimination qui sont utilisées comme armes pour obliger les institutions religieuses, organismes caritatifs, entreprises et prestataires de services à accepter (et même à faciliter) des activités et des rapports qu’ils jugent immoraux, sous peine de perdre leur activité. Les attaques contre la liberté religieuse menacent gravement non seulement des individus, mais aussi des institutions de la société civile, notamment des familles, des organismes caritatifs et des communautés religieuses. Le bon état de ces institutions constitue une indispensable protection contre les excès gouvernementaux et il est indispensable au bon fonctionnement de toutes les institutions, gouvernement compris, sur lesquelles s’appuie la société.
Lois injustes
En tant que chrétiens, nous croyons aux lois et nous respectons l'autorité des gouvernants terrestres. Nous considérons comme un privilège spécial de vivre dans une société démocratique où le poids moral de la loi sur nous est encore plus fort à cause du droit de tous les citoyens à participer au processus politique. Mais, même dans un régime démocratique, les lois peuvent être injustes. Et dès les origines notre foi nous a enseigné que la désobéissance civile est un devoir face à des lois gravement injustes ou à des lois qui impliquent que nous fassions ce qui est injuste ou immoral. De telles lois n’ont pas le pouvoir de contraindre en conscience parce qu’elles ne peuvent revendiquer d’autre autorité que celle de la simple volonté humaine.
Nous proclamons donc que nous ne nous soumettrons à aucun texte qui nous forcerait, nous ou les institutions que nous dirigeons, à accomplir ou à faciliter des avortements, des recherches destructrices d’embryons, des suicides assistés, des euthanasies ou tout autre acte violant les principes de la profonde, intrinsèque et égale dignité de tout membre de la famille humaine.
De plus nous proclamons que nous ne nous laisserons pas contraindre au silence, à l'acquiescement, à la violation de notre conscience par quelque pouvoir que ce soit, culturel ou politique, quelles que puissent être les conséquences pour nous.
Nous rendrons à César ce qui est à César, pleinement et sans rechigner. Mais en aucun cas nous ne rendrons à César ce qui est à Dieu.
Le site officiel de la "Déclaration de Manhattan", avec possibilité de la signer :
> manhattandeclaration.org
La lettre du 20 novembre 2009 envoyée par la conférence des évêques des Etats-Unis aux sénateurs, à propos de la loi réformant le système de santé :
> "Dear Senator..."
Avec un mémorandum sur la discussion précédente au Congrès :
> "What does the Stupak amendment really do?"
L’étude Gallup/USA Today à propos des pro-life qui ont dépassé les pro-choice en 2009 :
> U.S. Abortion Attitudes Closely Divided
A propos des critiques de la hiérarchie catholique américaine contre le gouvernement Obama et de ses divergences avec la curie de Rome :
> La hache de l'évêque frappe Obama. Et la curie au Vatican (8.10.2009)
A propos de la communion donnée ou refusée aux hommes et femmes politiques catholiques pro avortement et de la note écrite à ce sujet en 2004 par celui qui était alors le cardinal Joseph Ratzinger :
> Le candidat à la vice-présidence choisi par Obama est catholique. Mais les évêques lui refusent la communion (27.8.2008)
> Un problème américain : faut-il ou non donner la communion aux hommes et femmes politiques catholiques pro avortement? (2.5.2008)
> Caso Kerry. Ciò che Ratzinger voleva dai vescovi americani (3.7.2004)
> Ratzinger-Kerry atto secondo. La controversia ben temperata (13.7.2004)
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www.chiesa
15:01 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : manhattan declaration a call of christian conscience, colorado springs, robert p george, coalition of african-american pastors, robert wm duncan, declaration de manhattan, usa, etats-unis, eglise catholique, eglise orthodoxe, communion anglicane, communautes evangeliques, national press club, washington, justin rigali, philadelphie, charles j caput, denver, adam maida, detroit, timothy dolan, new york, john j meyers, newark, john nienstedt, saint-paul, minneapolis, joseph f naumann, kansas city, joseph e kurtz, louisville, thomas j olmsted, phoenix, michael j sheridan, salvatore j cordileone, oakland, richard j malone, portland, david a zublik, pittsburgh, princeton university, chuck colson, timothy goerge, beeson divinity school, samford university, birmingham, alabama, jonah paffhausen, chad hatfield, william owens |
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20.08.2009
La vocation au sacerdoce : témoignage du cardinal américain John Foley
La vocation au sacerdoce : témoignage du cardinal américain John Foley
Ancien président du Conseil pontifical pour les communications sociales

ROME, Mercredi 19 août 2009 (ZENIT.org) - Pour le cardinal John Foley, il n'y a rien de plus important dans la vie que d'enseigner aux gens qui est Jésus et de les aider à grandir dans une plus grande proximité avec Lui.
En cette Année sacerdotale, le pro-grand Maître de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem a accepté de partager une réflexion sur sa vie de prêtre, avec les lecteurs de ZENIT.
L'ancien président du Conseil pontifical pour les communications sociales reconnaît que l'exemple de ses parents et de prêtres qu'il a connus a joué un rôle déterminant dans la découverte de sa vocation, mais il relève également deux évènements marquants dans sa vie.
« Je suis entré deux fois au séminaire », raconte le prélat « une fois après le lycée et une fois après l'université. »
Il poursuit : « Lorsque j'étais en dernière année de lycée, à l'époque de Noël, je suis allé à l'église paroissiale et me suis agenouillé devant la crèche.
« Et j'ai prié : Seigneur, tu m'as donné tout ce que je possède - ma vie, ma famille, ma foi, une excellente éducation - et je veux tout te redonner, absolument tout. »
C'est ainsi qu'à la fin de cette année-là, il entra au noviciat des Jésuites. Au bout de quelques mois, il se dit : « Je crois que je serais plus heureux comme prêtre diocésain. »
John Foley quitta alors les Jésuites et termina ses études supérieures d'histoire à l'université de St. Joseph à Philadelphie, en Pennsylvanie, avec l'idée d'entrer plus tard au séminaire diocésain.
A ce moment-là, confie-t-il, une chose a été « déterminante » : un engagement dans le bénévolat et l'enseignement du catéchisme à des enfants handicapés mentaux.
Le cardinal se souvient : « j'étais en train d'enseigner dans cette école le catéchisme à six enfants, quand la Mère supérieure arriva et demanda : 'Dîtes, les enfants, Mr. Foley vous plaît ?'
« Un garçon répondit 'Non! Non! Nous ‘aimons' Mr. Foley!' »
« Je pensai que c'était là une merveilleuse distinction faite par une personne porteuse de handicap mental. »
« 'Pourquoi aimez-vous Mr. Foley?' poursuivit la religieuse ».
« Il répondit : 'Nous aimons Mr. Foley parce qu'il nous fait connaître Jésus.' Et je pensai : 'il n'y a rien de plus important dans la vie que d'enseigner Jésus à des gens, de leur amener Jésus.' »
« Ma vocation au sacerdoce s'en trouva renforcée. »
Le cardinal Foley constate : « Je pense que cela a été providentiel pour moi d'avoir dû quitter le séminaire la première fois pour étudier à l'université, où j'ai reçu une excellente éducation et acquis, de surcroît, une très bonne expérience de travail apostolique. »
Parallèlement au catéchisme, il s'impliqua activement dans la Congrégation de Notre Dame, le club de débats, la gouvernance des étudiants - y compris une période comme président du corps estudiantin - et la chorale.
Il entra au séminaire diocésain à la fin de sa dernière année d'université et fut ordonné cinq ans plus tard.
Soutien familial
« Je n'ai pas connu un seul jour malheureux en tant que prêtre. J'aimais le sacerdoce », affirme-t-il.
Le cardinal souligne le rôle que sa famille a joué en soutenant sa vocation et affirme que jamais ses parents ne lui ont dit de devenir prêtre de même qu'ils ne firent aucune objection quand il quitta le séminaire, ou encore quand il y retourna.
« Ils m'ont soutenu dans tout ce que je décidais de faire », affirme le prélat. « Ils ont été merveilleux. »
Il se souvient aussi de la contribution d'une soeur religieuse qui lui offrit un exemplaire de « L'Imitation de Jésus-Christ » quand il était encore à l'école.
Le cardinal ajoute que pendant toutes ses années de lycée, il a lu ce livre, et il continue à le lire et à le méditer.
Après 47 ans de sacerdoce, il témoigne que les principales difficultés auxquelles il a été confronté relèvent de la culture, qui « semble être devenue de plus en plus sécularisée. »
« Il est plus difficile de transmettre un message spirituel aujourd'hui car les gens ne sont peut-être pas aussi ouverts qu'ils l'étaient auparavant, » explique-t-il.
Le cardinal Foley ajoute que les difficultés physiques se multiplient « au fur et à mesure que nous avançons en âge. »
Né dans une banlieue de Philadelphie en 1935, il aura 74 ans en novembre.
L'âge « vous rend plus lent et vous ne pouvez plus faire toutes les choses que vous aimeriez pouvoir faire, » reconnaît-il
Il ajoute, toutefois, que saint Ignace nous enseigne dans ses Exercices spirituels que « nous devons nous donner à Dieu dans la maladie comme dans la santé, dans la pauvreté comme dans la prospérité. »
« C'est pourquoi nous devons être indifférents dans ce sens et utiliser chaque chose uniquement pour la plus grande gloire de Dieu » déclare le prélat.
Il explique que c'est sa devise épiscopale : « ad majorem dei gloriam - pour la plus grande gloire de Dieu. »
Moments inoubliables
En dépit des difficultés naturelles qui se présentent, note le cardinal, il y a eu de grands moments dans sa vie de prêtre.
Il évoque les meilleurs, liés aux deux pontificats sous lesquels il a pu servir à Rome.
Le prélat souligne particulièrement les voyages avec le pape Jean-Paul II en 1979 en Pologne et aux Etats-Unis, ainsi que les visites avec Benoît XVI en Terre Sainte, et aux Etats-Unis l'année dernière.
Un autre grand moment de son ministère sacerdotal est le travail qu'il réalisa pendant 25 ans comme commentateur pour un réseau de télévision lors des cérémonies papales de la Nativité, de Pâques et du Vendredi Saint.
« C'est une façon d'évangéliser » explique le cardinal, « de faire connaître aux gens ce qui se passe dans la liturgie, pour qu'ils puissent être en mesure d'apprécier le culte catholique » et « d'autres personnes peuvent être introduites à ce que nous croyons et à la façon dont nous pratiquons en tant que catholiques. »
En outre, poursuit-il, cela aide les catholiques à « mieux apprécier la messe et la dévotion catholique. »
Comme prêtre, confesse le cardinal Foley « j'ai eu des moments particuliers de réconfort, en aidant les gens à vivre leur engagement dans le mariage ou en accueillant des personnes dans l'Eglise. »
Il se souvient : « Un camarade de classe de l'Université de Colombia m'a demandé il y a quelques années à devenir catholique. Il était juif - juif non-pratiquant.
« De même, les gens auxquels je me suis opposé dans des débats quand j'étais à l'Université, et avec lesquels j'avais eu des discussions théologiques, très souvent finissaient par se convertir au catholicisme.
« Ce sont de grands moments de réconfort personnel de pouvoir ainsi aider à partager ma foi avec d'autres et d'espérer qu'ils recevront, eux aussi, le don de la foi. »
Propos recueillis par Mercedes De La Torre - Rédaction anglaise : Genevieve Pollock - Traduit de l'anglais par Elisabeth de Lavigne
09:15 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : john foley, annee sacerdotale, pretres, benevolat, catechisme, communications sociales, vocation, seminaire, lycee, universite, jesuites, pretres diocesains, philadelphie, pennsylvanie, enfants, handiacpes mentaux, jesus, imitation de jesus-christ, saint |
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