09.06.2010

Pourquoi ce succès de la campagne « catholiques, revenez à la maison ! » ?

Commentaires de son fondateur, Tom Peterson

 

 


ROME, Mardi 8 juin 2010 (ZENIT.org) - Grâce à la campagne « Catholics come home » (« Catholiques, revenez à la maison ! »), lancée par l'Américain Tom Peterson, plus de 200.000 personnes aux Etats-Unis, athées, ex catholiques et catholiques non pratiquants, ont décidé de revenir dans le giron de l'Eglise pour vivre et témoigner de leur foi catholique.

Par le biais de communiqués publicitaires sur diverses chaînes de télévision aux Etats-Unis et de la page web http ://www.catholicscomehome.org/, également en version espagnole http ://www.catolicosregresen.org, des dizaines de milliers de personnes ont pu trouver un message les invitant à découvrir l'essence du catholicisme, sa portée au cours de l'histoire et la joie que représente pour des millions de fidèles dans le monde le fait de vivre la foi catholique.

Tom Peterson a participé récemment au VIIe Séminaire professionnel pour les responsables de la communication de l'Eglise, qui s'est tenu à l'Université de la Sainte-Croix de Rome, où il a parlé de cette campagne aux Etats-Unis.

 


L'histoire de l'initiative

Dans un entretien avec ZENIT, Tom Peterson a raconté que tout a commencé, voici 13 ans, pendant une retraite spirituelle qui a changé sa vie. Même s'il se déclarait catholique pratiquant, il avoue qu'il avait d'autres priorités que celle de vivre sa foi. Après la retraite, il a pris la résolution de fréquenter davantage les sacrements, d'assister quotidiennement à la messe et d'approfondir les Saintes Ecritures.

Par la suite, il a fait deux rêves : dans l'un, il voyait un enfant que l'on étouffait avec un coussin, dans l'autre des annonces publicitaires pour promouvoir l'évangélisation catholique. « Ces deux rêves peuvent désormais devenir réalité : des médias numériques, et notre apostolat pro-vie », a-t-il affirmé.

En 1997, il a reçu un appel téléphonique du diocèse de Phoenix (Arizona) : « Ils m'ont dit : 'Le Saint-Père Jean-Paul II, pour la nouvelle évangélisation, souhaite inviter les catholiques non actifs à revenir à l'Eglise pour le Jubilé. Pourriez-vous nous aider ?' ».

Tom Peterson a répondu instantanément. Il avait compris qu'il s'agissait de son rêve en train de devenir réalité et de l'appel qu'il avait reçu à la retraite : « utiliser les talents que Dieu m'a donnés, non pour mon profit mais pour l'Eglise ». C'est ainsi que naquit l'association « Catholics come home » (CCH).

On commença par diffuser les premiers communiqués télévisés et, au bout d'une semaine et demie, 3.000 personnes étaient revenues à l'Eglise. Tom Peterson comprit alors qu'il devait consacrer davantage d'heures à cette campagne : « Nous l'avons conçue comme un apostolat laïc à plein temps, pour répondre au souhait du Magistère de l'Eglise », a-t-il déclaré à ZENIT.

Ils se sont mis alors en quête de tous types consultants : « de nombreux ecclésiastiques, experts en affaires, théologiens laïcs, auteurs catholiques de renom, conférenciers qui nous ont conseillé, et enseigné à veiller à ce que notre campagne publicitaire enseigne quelque chose », a-t-il commenté.

C'est ainsi que trois types d'annonces furent conçus, pour promouvoir la foi catholique : les annonces « qui illustrent l'universalité de l'Eglise dans le monde », des communiqués dans la catégorie films (spots) « qui invitent les gens à approfondir leur relation avec Jésus et qui parlent de la Divine Miséricorde », et d'autres types de témoignages de personnes qui reviennent dans le giron de l'Eglise catholique après s'en être éloignés.

 

 

Une campagne qui change la vie

Nombreux sont les récits de personnes qui se convertissent, ou se rapprochent de la foi catholique, dont Tom Peterson a été témoin. D'après les statistiques, environ un million de personnes de 80 pays différents ont consulté la page de cette campagne.

« D'une façon générale il nous semble normal que ces annonces publicitaires soient consultées par des personnes venant, par exemple, d'Italie ou d'Irlande, qui sont des pays catholiques  ; mais le fait qu'elles soient visionnées par des personnes du Qatar - Péninsule arabique - ou d'autres pays traditionnellement non catholiques, me semble miraculeux », a reconnu T. Peterson.

Quant aux messages télévisés, ils sont généralement diffusés pendant six semaines dans un diocèse donné. Tom Peterson a précisé qu'il y a actuellement quelque 25 communiqués différents en anglais. Les campagnes s'intensifient à certaines périodes comme l'Avent, Noël et le Carême.

Tous ceux qui travaillent à cette campagne ont réalisé des études sur l'impact des messages, par le biais de sondages sur la perception que l'on a de l'Eglise avant et après les avoir visionnés. 76% des interviewés pensent que le message est très positif, tandis que 53% assurent qu'ils envisagent de revenir à la foi catholique.

Consultants et techniciens actualisent constamment la page web. Ils s'efforcent d'être plus interactifs et d'améliorer la technologie mise en place, également en adaptant et enrichissant les enseignements de la campagne : « par exemple - explique T. Peterson - sur des thèmes comme la stérilité, les enseignements sur la contraception, l'avortement et la vie, le mariage et la famille, les annulations de mariages ».

Ils travaillent également à la mise en place de la page web en espagnol et de messages en polonais, en traduisant les textes et en les adaptant à la culture correspondante.

Ce faisant, Tom Peterson est convaincu de vivre chaque jour davantage les enseignements de Jean-Paul II dans son Exhortation apostolique post-synodale Christifideles laici : "Quand on combine le savoir et l'expérience avec les talents que Dieu nous a donnés dans un monde séculier, avec la foi et la prière, en nous laissant guider par l'Esprit Saint, naissent des fruits miraculeux, comme ce type d'apostolat et ces résultats ", a-t-il conclu.

Andrea Kirk Assaf

29.12.2009

Catholiques, revenez à la maison!

AMERIQUE/Etats-Unis - Catholiques, pour Noël “retournez à la maison”, dans votre paroisse!

 

http://www.archdiocese-chgo.org/Logos/CatholicsComeHome.jpg


Atlanta (Agence Fides) – Pour l’Avent et pour Noël, l’association catholique “Catholic Come Home” (CCH), en collaboration avec de nombreux diocèses catholiques des Etats-Unis d’Amérique, diffuse des communiqués télévisés pour encourager les catholiques qui se sont éloignés de la foi et de la pratique religieuse à revenir “à la maison” dans leurs paroisses.

Selon le Pew Forum on Religion and Public Life, un américain sur quatre se déclare catholique, mais seulement 25 pour cent des catholiques participent à la messe tous les dimanches, et 1 américain sur 10 se déclare “ex catholique”.


http://www.stmargaretmary.org/images/Catholics%20come%20home%20-%20large.JPG

Les communiqués transmis sont de trois types, varient de 30 secondes à 2 minutes, sont transmis dans le prime-time et présentent l’Eglise catholique selon plusieurs points de vue: l’un montre tout ce que l’Eglise a offert et continue d’offrir de bon à la société, un autre présente une personne qui à la fin de sa vie s’interroge sur la façon dont elle l’a vécue, d’autres communiqués sont de brefs témoignages de personnes retournées à la pratique de la foi. Plusieurs autres diocèses ont déjà programmé l’émission pour le Carême prochain. Dans l’archidiocèse de Chicago, les communiqués seront transmis par les plus grands réseaux de la région, en anglais, en polonais et en espagnol.

L’association“Catholic Come Home” (CCH), dont le siège est à Atlanta, a été fondé par Tom Peterson, qui après être lui-même “revenu à la maison” dans l’Eglise catholique, s’est senti appelé à organiser des initiatives destinées à promouvoir l’évangélisation et la sainteté de la vie humaine. Ses premiers messages télévisés ont été transmis dans les circuits télévisés en 1998, en préparation du Grand Jubilé de l’an 2000.

En 2008 la CCH a transmis ses communiqués et a utilisé son site interactif pendant trois semaines pendant le Carême, dans le diocèse de Phoenix, en Arizona, et on calcule qu’environ 3.000 catholiques du diocèse sont revenus à l’Eglise. Tom Peterson a souligné qu’“aucune équipe de marketing n’aurait pu atteindre ces résultats. Il s’agit vraiment d’un mouvement d’apostolat suscité et guidé par l’Esprit Saint. Notre invitation au fond est simple: nous sommes catholiques, bienvenus à la maison!”

(Agence Fides 21/12/2009)





http://www.catholicscomehome.org/

25.11.2009

La "Déclaration de Manhattan": le manifeste qui secoue l'Amérique

La "Déclaration de Manhattan": le manifeste qui secoue l'Amérique

Elle a été signée par des leaders catholiques, protestants, orthodoxes, unis pour défendre la vie et la famille. Avec la Maison-Blanche ans dans le collimateur. En Europe elle aurait été qualifiée d'"ingérence" politique de l’Eglise


par Sandro Magister




ROME, le 25 novembre 2009 – De ce côté-ci de l'Atlantique, l’information est passée presque inaperçue: un vigoureux appel public pour défendre la vie, le mariage, la liberté religieuse et l'objection de conscience, lancé conjointement – c’est rare – par des personnalités de tout premier plan de l’Eglise catholique, des Eglises orthodoxes, de la Communion anglicane et des communautés évangéliques des Etats-Unis.

Parmi les leaders religieux qui ont présenté l'appel au public, vendredi 20 novembre au National Press Club de Washington (photo), il y avait le cardinal Justin Rigali, archevêque de Philadelphie, Donald W. Wuerl, archevêque de Washington, et Charles J. Chaput, évêque de Denver.

Et parmi les 152 premiers signataires de l'appel, il y a 11 autres archevêques et évêques catholiques des Etats-Unis : le cardinal Adam Maida, de Detroit, Timothy Dolan, de New York, John J. Myers, de Newark, John Nienstedt, de Saint-Paul et Minneapolis, Joseph F. Naumann, de Kansas City, Joseph E. Kurtz, de Louisville, Thomas J. Olmsted, de Phoenix, Michael J. Sheridan, de Colorado Springs, Salvatore J. Cordileone, d’Oakland, Richard J. Malone, de Portland, David A. Zubik, de Pittsburgh.

L'appel, un texte de 4 700 mots, est intitulé : "Manhattan Declaration : A Call of Christian Conscience [Déclaration de Manhattan. Un appel de la conscience chrétienne]" et tire son nom du quartier de New-York où en fut discutée et décidée la publication, en septembre dernier.

La rédaction finale du texte a été confiée au catholique Robert P. George, professeur de droit à la Princeton University, et aux évangéliques Chuck Colson et Timothy George, ce dernier étant professeur à la Beeson Divinity School de la Samford University à Birmingham, en Alabama.

Parmi les autres signataires figurent le métropolite Jonah Paffhausen, primat de l’Eglise orthodoxe en Amérique, l'archiprêtre Chad Hatfield, du séminaire théologique orthodoxe Saint-Wladimir, le révérend William Owens, président de la Coalition of African-American Pastors, et deux éminentes personnalités de la Communion anglicane : Robert Wm. Duncan, primat de l’Anglican Church in North America, et Peter J. Akinola, primat de l’Anglican Church in Nigeria.

Parmi les catholiques, en dehors des évêques, les signataires de l’appel sont le jésuite Joseph D. Fessio, disciple de Joseph Ratzinger et fondateur de la maison d’édition Ignatius Press, William Donohue, président de la Catholic League, Jody Bottum, directeur de la revue "First Things", George Weigel, membre de l'Ethics and Public Policy Center.

La "Déclaration de Manhattan" ne tombe pas dans le vide, elle survient à un moment critique pour la société et la vie politique américaines : celui où le gouvernement de Barack Obama est très occupé à faire passer un plan de réforme de l'assurance-maladie aux Etats-Unis.

En défendant la vie humaine dès la conception et le droit à l'objection de conscience, l'appel conteste deux points mis en danger par le projet de réforme actuellement en discussion au Sénat.

Au Congrès, une vive action de lobbying menée au grand jour par l'épiscopat catholique a contribué à éventer le danger. Le vote final ayant garanti à la fois le droit à l'objection de conscience et le blocage de tout financement public en faveur de l'avortement, la conférence des évêques a présenté ce résultat comme un "succès". Mais maintenant, au Sénat, la bataille repart de zéro, sur un texte initial que l’Eglise juge à nouveau inacceptable. La conférence des évêques a déjà adressé aux sénateurs une lettre indiquant les modifications qu’elle souhaite voir apporter à tous les points litigieux.

Mais maintenant, il y a, en plus, l'œcuménique "Déclaration de Manhattan", dont le dernier chapitre, intitulé "Lois injustes", s’achève sur cette annonce solennelle :


"Nous ne nous laisserons pas contraindre au silence, à l'acquiescement, à la violation de nos consciences par quelque pouvoir que ce soit, culturel ou politique, quelles que puissent être les conséquences pour nous".


Et tout de suite après :


"Nous rendrons à César ce qui est à César, pleinement et sans rechigner. Mais en aucun cas nous ne rendrons à César ce qui est à Dieu".


Dans un passage au début du texte, l'appel dit aussi :

 


"Alors que l'opinion publique prend une direction pro-life, des forces puissantes et déterminées agissent en faveur de l'avortement, de la recherche destructrice d’embryons, du suicide assisté et de l'euthanasie."



Et c’est vrai. D’après les plus récentes enquêtes, l'opinion publique américaine est en train de virer sensiblement vers une plus grande défense de la vie de l’enfant conçu.

De 1995 à 2008, toutes les études ont montré que les pro-choice étaient plus nombreux que les pro-life, avec un écart net entre les deux groupes : 49% pour le premier, 42% pour le second.

Mais aujourd’hui les positions sont inversées. Les pro-choice, descendus à 46%, sont dépassés par les pro-life, qui sont montés à 47%.

Les leaders religieux qui harcèlent Obama sur les terrains minés de l'avortement, du mariage entre homosexuels, de l'euthanasie, savent donc qu’une partie large et croissante de la société américaine est avec eux.

Le lancement de la "Déclaration de Manhattan" a eu un fort écho dans les médias américains, sans que personne n’ait protesté contre cette "ingérence" politique des Eglises.

Mais les Etats-Unis sont ainsi faits. Il y a depuis toujours une rigoureuse séparation entre les religions et l’Etat. Il n’existe pas de concordats et ils ne sont même pas concevables. Mais c’est justement pour cela que la liberté de parler et d’agir dans le domaine public est reconnue aux Eglises.

En Europe le paysage est très différent. Ici la "laïcité" est pensée et appliquée en conflit, latent ou explicite, avec les Eglises.

C’est peut-être un des motifs du silence qui en Europe, en Italie, à Rome, a accueilli la "Déclaration de Manhattan", vue comme un phénomène typiquement américain, étranger aux critères européens de jugement.

Même différence de vision quant au refus de donner la communion eucharistique aux hommes et femmes politiques catholiques favorables à l’avortement. La controverse est très vive aux Etats-Unis, pas de ce côté-ci de l'Atlantique. Cette différence de sensibilité divise aussi la hiérarchie de l’Eglise catholique : en Europe et à Rome la question ne se pose pratiquement pas, elle est laissée à la conscience de chacun.

Il faut cependant noter que, sur ce point, quelque chose est en train de changer, même en Europe. Et pas seulement parce qu’il y a un pape comme Benoît XVI qui affirme sa préférence pour le modèle américain de relations entre les Eglises et l’Etat.

Il y a quelques jours, un signal est venu d’Espagne, où l’Eglise catholique est aux prises avec un gouvernement hostile idéologiquement, celui de José Luis Rodríguez Zapatero, et où une loi libéralisant encore davantage l'avortement est en cours d’élaboration.

Selon des informations reprises par "L'Osservatore Romano", l’évêque Juan Antonio Martínez Camino, secrétaire général de la conférence des évêques d’Espagne, n’a pas hésité à avertir les hommes et femmes politiques catholiques que, s’ils votent cette loi, ils ne pourront être admis à la communion eucharistique, car ils se seront mis en situation objective de “péché public”.

Ce n’est pas tout. Mgr Martínez Camino a ajouté que ceux qui disent qu’il est moralement légitime de tuer un enfant à naître se mettent en contradiction avec la foi catholique et risquent donc de tomber dans l’hérésie et d’être excommuniés “latae sententiae”, c’est-à-dire automatiquement.

C’est la première fois qu’en Europe un dirigeant de conférence d’évêques tient des propos aussi "américains".

Mais revenons à la "Déclaration de Manhattan". Son texte intégral, avec la liste des 152 premiers signataires, se trouve sur la page web :

> Manhattan Declaration: A Call of Christian Conscience

Et voici ci-dessous la traduction du texte abrégé qui a été diffusé avec le texte intégral de la "Déclaration":



Manhattan Declaration Executive Summary

Le 20 novembre 2009



Les chrétiens, quand ils ont vécu conformément aux idéaux les plus élevés de leur foi, ont défendu les faibles et les vulnérables et travaillé inlassablement pour protéger et renforcer les institutions vitales de la société civile, à commencer par la famille.

Nous sommes des chrétiens orthodoxes, catholiques et évangéliques, unis en ce moment pour réaffirmer les vérités fondamentales de la justice et du bien commun et lancer un appel à nos concitoyens, croyants ou non, pour qu’ils s’unissent à nous afin de les défendre. Ces vérités sont (1) le caractère sacré de la vie humaine, (2) la dignité du mariage comme union conjugale entre mari et femme, et (3) les droits de la conscience et de la liberté religieuse. Ces vérités, dans la mesure où elles fondent la dignité de l’homme et le bien-être de la société, sont inviolables et non négociables. Comme elles sont de plus en plus attaquées par des forces puissantes dans notre culture, nous sommes obligés, aujourd’hui, de parler fort pour les défendre et de nous engager à les honorer pleinement, quelles que soient les pressions exercées sur nous et sur nos institutions pour qu’elles soient abandonnées ou fassent l’objet de compromis. Nous prenons cet engagement non comme partisans d’un groupe politique mais comme disciples de Jésus-Christ, le Seigneur crucifié et ressuscité, qui est la Voie, la Vérité et la Vie.


Vie humaine


La vie des enfants à naître, des handicapés et des personnes âgées est de plus en plus menacée. Alors que l'opinion publique prend une direction pro-life, des forces puissantes et déterminées agissent en faveur de l'avortement, de la recherche destructrice d’embryons, du suicide assisté et de l'euthanasie. Bien que la protection des faibles et des personnes vulnérables soit le premier devoir d’un gouvernement, aujourd’hui le pouvoir du gouvernement est souvent appelé à faire la promotion de ce que Jean-Paul II appelait "la culture de mort". Nous nous engageons à travailler sans cesse pour une égale protection de tout être humain innocent, à tous les stades de son développement et dans toutes les situations. Nous refuserons notre implication ou celle de nos institutions dans la destruction de vies humaines et nous soutiendrons de toutes les façons possibles ceux qui, en conscience, feront de même.


Mariage


L'institution du mariage, déjà attaquée par la promiscuité, l’infidélité et le divorce, risque d’être redéfinie et donc subvertie. Le mariage est l'institution originelle et la plus importante pour assurer la santé, l'éducation et le bien-être de tous. Là où le mariage se dégrade, les pathologies sociales se développent. La tendance à redéfinir le mariage est un symptôme, plus que la cause, d’une érosion de la culture du mariage. Elle reflète une perte de compréhension du sens du mariage tel qu’il est incorporé dans notre droit civil et dans nos traditions religieuses. Or il est essentiel de résister à cette tendance, car y céder serait renoncer à la possibilité de recréer une juste conception du mariage et, par là, à l’espoir de reconstruire une saine culture du mariage. Cette résistance bloquerait l’idée fausse et destructrice que ce qui est important, dans le mariage, c’est le romanesque et autres satisfactions pour adultes et non pas, intrinsèquement, le caractère unique et la valeur d’actes et de relations dont le sens est donné par la capacité à créer, promouvoir et protéger la vie. Le mariage n’est pas une "construction sociale", c’est plutôt une réalité objective – l'union scellée par un accord entre un mari et une femme – que la loi a le devoir de reconnaître, d’honorer et de protéger.

 

Liberté religieuse


La liberté religieuse et les droits de la conscience sont en grand danger. Ces principes fondamentaux de justice sont menacés de manière évidente par les efforts faits pour affaiblir ou éliminer l'objection de conscience du personnel et des institutions de santé, ainsi que par les dispositions anti-discrimination qui sont utilisées comme armes pour obliger les institutions religieuses, organismes caritatifs, entreprises et prestataires de services à accepter (et même à faciliter) des activités et des rapports qu’ils jugent immoraux, sous peine de perdre leur activité. Les attaques contre la liberté religieuse menacent gravement non seulement des individus, mais aussi des institutions de la société civile, notamment des familles, des organismes caritatifs et des communautés religieuses. Le bon état de ces institutions constitue une indispensable protection contre les excès gouvernementaux et il est indispensable au bon fonctionnement de toutes les institutions, gouvernement compris, sur lesquelles s’appuie la société.


Lois injustes


En tant que chrétiens, nous croyons aux lois et nous respectons l'autorité des gouvernants terrestres. Nous considérons comme un privilège spécial de vivre dans une société démocratique où le poids moral de la loi sur nous est encore plus fort à cause du droit de tous les citoyens à participer au processus politique. Mais, même dans un régime démocratique, les lois peuvent être injustes. Et dès les origines notre foi nous a enseigné que la désobéissance civile est un devoir face à des lois gravement injustes ou à des lois qui impliquent que nous fassions ce qui est injuste ou immoral. De telles lois n’ont pas le pouvoir de contraindre en conscience parce qu’elles ne peuvent revendiquer d’autre autorité que celle de la simple volonté humaine.

Nous proclamons donc que nous ne nous soumettrons à aucun texte qui nous forcerait, nous ou les institutions que nous dirigeons, à accomplir ou à faciliter des avortements, des recherches destructrices d’embryons, des suicides assistés, des euthanasies ou tout autre acte violant les principes de la profonde, intrinsèque et égale dignité de tout membre de la famille humaine.

De plus nous proclamons que nous ne nous laisserons pas contraindre au silence, à l'acquiescement, à la violation de notre conscience par quelque pouvoir que ce soit, culturel ou politique, quelles que puissent être les conséquences pour nous.

Nous rendrons à César ce qui est à César, pleinement et sans rechigner. Mais en aucun cas nous ne rendrons à César ce qui est à Dieu.



Le site officiel de la "Déclaration de Manhattan", avec possibilité de la signer :

> manhattandeclaration.org


La lettre du 20 novembre 2009 envoyée par la conférence des évêques des Etats-Unis aux sénateurs, à propos de la loi réformant le système de santé :

> "Dear Senator..."

Avec un mémorandum sur la discussion précédente au Congrès :

> "What does the Stupak amendment really do?"



L’étude Gallup/USA Today à propos des pro-life qui ont dépassé les pro-choice en 2009 :

> U.S. Abortion Attitudes Closely Divided



A propos des critiques de la hiérarchie catholique américaine contre le gouvernement Obama et de ses divergences avec la curie de Rome :

> La hache de l'évêque frappe Obama. Et la curie au Vatican (8.10.2009)



A propos de la communion donnée ou refusée aux hommes et femmes politiques catholiques pro avortement et de la note écrite à ce sujet en 2004 par celui qui était alors le cardinal Joseph Ratzinger :

> Le candidat à la vice-présidence choisi par Obama est catholique. Mais les évêques lui refusent la communion (27.8.2008)

> Un problème américain : faut-il ou non donner la communion aux hommes et femmes politiques catholiques pro avortement? (2.5.2008)

> Caso Kerry. Ciò che Ratzinger voleva dai vescovi americani (3.7.2004)

> Ratzinger-Kerry atto secondo. La controversia ben temperata (13.7.2004)



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa