02.05.2012

Les liens entre le Saint-Siège et Caritas Internationalis renforcés

1_0_584528.jpegLa Secrétairerie d’État a publié ce mercredi 2 mai le décret général concernant le nouveau statut de Caritas Internationalis, amendant celui de 2004. Selon le cardinal Sarah, président du Conseil pontifical Cor Unum, « une clarification majeure était nécessaire quant au rôle et aux compétences du Saint-Siège qui constitue le point de référence pour la structure et les activités de Caritas Internationalis, de manière que les relations réciproques puissent être toujours plus effectives et efficaces. » Le cardinal Sarah précise que ce « corpus juridique en soi ne concerne pas les Caritas nationales qui maintiennent leur autonomie et continuent de dépendre de leur Ordinaires respectifs. Mais ce corpus pourrait inspirer les évêques et les conférences épiscopales pour revoir éventuellement les statuts de leurs Caritas diocésaines ou nationales. »

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18.04.2012

Les Archives Secrètes Vaticanes : un congrès célèbre leur 4° centenaire

pie.xii.jpegA l'occasion du 4° centenaire de la fondation des Archives Secrètes du Vatican, un congrès d'études intitulé « Religiosa Archivorum Custodia » se tient les 17 et 18 avril au Vatican, avec la participation de nombreux chercheurs et experts. Le cardinal Raffaele Farina et Mgr Sergio Pagano, respectivement Archiviste et Préfet des Archives Secrètes du Vatican vont évoquer l'identité particulière et l'histoire des archives. On veut éviter, affirme le cardinal Farina, les autocélébrations et les repropositions de thèmes de l'histoire des archives, déjà objet de discussions dans le passé. Le congrès est structuré de manière à faire le point avec la contribution des collaborateurs aux archives, sur les travaux réalisés ces trente dernières années sur les fonds anciens et nouveaux. De nouveaux documents sont venus compléter les archives grâce à des donations ou des acquisitions. Le congrès permettra également une remise en ordre plus attentive des anciens fonds (par exemple ceux de l'époque napoléonienne ou des fonds concernant le nouveau classement du matériel de la Secrétairerie d'Etat à l'époque contemporaine). Ainsi pour la première fois sera présentée une catégorie de nouveaux fonds avec les archives de la Commission pontificale pour l'art sacré en Italie, instituée en 1924 et opérationnelle jusqu'en 1988. Enfin le point sera fait sur la réorganisation des archives du Concile Vatican II.

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26.07.2011

Pie XII aurait sauvé plus de 11.000 juifs de Rome. Les preuves existent

pie xii.JPGDe nouvelles preuves de l’engagement "concret" de Pie XII en faveur des juifs de Rome. Selon l'agence de presse Zénit, un historien de la fondation américaine Pave the Way, créée par un juif, a récemment retrouvé dans les archives de la paroisse allemande de Rome, l’église Sainte-Marie de l’âme, des documents qui prouvent le rôle déterminant joué par Pie XII pour mettre fin aux déportations de juifs romains, lors de la rafle nazie du 16 octobre 1943.

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05.07.2011

Les Archives du Vatican dévoilent une partie de leurs trésors

archives vatican.JPGUne première dans l’histoire des Archives secrètes vaticanes. Une partie d’entre elles traverseront le Tibre pour une exposition qui aura lieu en février 2012 aux Musées Capitolins à Rome. Son Titre : "Lux in Arcana, la lumière sur les secrets". Elle a été présentée ce mardi en Salle de Presse du Saint-Siège. 

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31.03.2011

Dieu est miséricordieux. Les prêtres doivent être compréhensifs

papamobile.JPGIl y a, à notre époque, selon Benoît XVI des signes clairs de désarroi de la conscience morale. Le Pape l’a relevé, ce mercredi 30 mars à l’audience générale, en présence de quelque 10.000 personnes rassemblées sur la place Saint-Pierre. Benoît XVI avait choisi cette semaine de consacrer sa catéchèse à saint Alphonse de Liguori, docteur de l’Église et missionnaire italien du XVIII° siècle dont l’enseignement – a-t-il dit – est d’une grande actualité.

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29.05.2010

Pie XII: le cardinal Kasper fait le point sur les recherches

Les déclarations de Vatican II sur le judaïsme, « irrévocables »


ROME, Vendredi 28 mai 2010 (ZENIT.org) - L'ouverture des archives du Vatican sur le pontificat de Pie XII, annoncée par le Saint-Siège aura lieu d'ici 6 ans, indique le cardinal Walter Kasper, dans une conférence à l'université « Hope » de Liverpool, dans laquelle il rappelle aussi que les déclarations de Vatican II sur le judaïsme sont « irrévocables » (cf. Zenit du 27 mai 2010).

Le président du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, qui est aussi le président de la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme, a redit que l'Eglise n'a rien à cacher », et « rien à craindre ».

Il a jugé bon de revenir « brièvement » sur le présumé « silence » de Pie XII, en se défendant d'être un « expert en la matière » et par conséquent, il a annoncé un exposé qui ne serait pas « exhaustif », soulignant que « beaucoup de questions sont encore ouvertes et nécessitent des recherches ultérieures ».

Nous traduisons intégralement ce passage du discours sur le pontificat de Pie XII.


 

 

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« Pie XII a été pape (1938-58) à l'une des époques les plus difficiles de la papauté, au cours de la seconde guerre mondiale, alors que Rome était sous la domination de Mussolini et ensuite occupée par l'Allemagne. L'évaluation par ses contemporains de son pontificat pendant la seconde guerre mondiale a été plutôt positive. Dans son message radio de Noël 1942, le pape a été très clair et les nazis ont très bien compris ce qu'il voulait dire. Le New York Times, qui est connu comme un journal favorable à l'Eglise, avait déjà, en 1941, publié un éditorial qui parlait du pape comme la seule voix [entendue] dans le silence et dans les ténèbres, et de son courage d'élever la voix. Après la déportation de plus de 1000 juif s de Rome (15 seulement ont survécu), en octobre 1943, il a ordonné à l'Eglise d'offrir un asile général dans tous les couvents et les maisons ecclésiastiques, y compris le Vatican et Castel Gandolfo. Des estimations faisant autorité indiquent que 4500 juifs ont été cachés.

« Après la mort du pape, celle qui était alors le ministre des Affaires étrangères et le Premier ministre d'Israël, Mme Golda Meir, a remercié le pape en termes chaleureux pour ce qu'il avait fait à une époque sombre pour le peuple juif. De même, celui qui était alors le grand rabbin Herzog de Jérusalem, a fait l'éloge du pape pour son action. Ce ne sont que quelques témoignages de personnes haut placées et bien informées, qui étaient bien conscientes de ce qui s'était passé et que l'on peu appeler des temoins de l'époque.

« Avec la pièce de théâtre imaginaire de Hochhut « Le Vicaire » (1963), la perception a radicalement changé. Depuis lors, le reproche de silence sur l'extermination des juifs s'est largement répandu. Hochhut n'était pas un historien et il est aujourd'hui prouvé qu'il dépendait de sources communistes. L'un des premiers à défendre Pie XII a été un juif polonais, Joseph Lichten, un diplomate qui, ensuite, en tant que directeur du département des Affaires internationales de la Ligue anti-diffamation de la « B'nai B'rith », a joué un rôle éminent dans le dialogue interreligieux. La récente recherche historique sérieuse est nuancée. Il y a encore des juifs qui aujourd'hui défendent Pie XII et d'un autre côté, il y a des auteurs catholiques qui critiquent son attitude. Il n'y a donc pas de frontière claire entre juifs et catholiques, bien que la majorité des juifs, spécialement en Israël, soient toujours critiques. Est-ce que cela vient d'un manque d'information sur le travail de recherche historique le plus récent ? Je laisse la question ouverte.

« Le principal problème est l'accès aux sources. La demande d'ouverture des archives du Vatican est une demande légitime. Depuis 2003, l'accès est possible jusqu'à la fin du pontificat de Pie XI, en 1939, une période au cours de laquelle, le futur Pie XII était secrétaire d'Etat. Le matériel déjà accessible actuellement prouve que Pie XII j'a jamais été le pape de Hitler (comme l'a prétendu John Cornwell, 1999) ; au contraire, il a été le plus proche collabotrateur du pape Pie XI dans la publication de l'encyclique « Mit brennender Sorge » (1937), qui fait une ardente condamnation de l'idéologie raciale nazie. Les archives travaillent actuellement sous une intense pression sur le projet de préparer l'accès au pontificat de Pie XII, mais l'enregistrement et la préparation de millions de documents de façon professionnelle, comme il se doit, requiert du temps et seront achevés dans environ 5 ou 6 ans, après quoi, l'accès sera permis aux chercheurs. Car nous croyons que nous n'avons rien à cacher et que nous n'avons pas de motif d'avoir peur de la vérité.

« Onze volumes avec les documents du Saint-Siège ont déjà été publiés et récemment de nombreuses autres sources ont été rendues disponibles. Mais connaître les faits n'est qu'un aspect, car l'histoire n'est pas seulement une question de faits, mais aussi de l'interprétation historique des faits : dans ce cas, les faits qui se sont produits il y a plus d'un demi-siècle dans un contexte qui est non seulement politiquement mais aussi mentalement radicalement différent du nôtre, et difficile à comprendre pour une génération qui a eu la chance de ne pas avoir connu une telle expérience.

« La question fondamentale est le débat entre ceux qui auraient préféré une déclaration plus prophétique et ceux qui sont d'accord avec l'attitude du pape de jugement prudentiel. Pie XII n'était pas un homme aux gestes prophétiques ; c'était un diplomate et il a décidé de ne pas se taire mais d'être modéré dans ses déclarations publiques parce qu'il savait que des paroles plus fortes n'amélioreraient absolument rien ; au contraire, elles auraient provoqué une vengeance brutale et empiré la situation. Il décida par conséquent non pas d'agir par des paroles, mais d'aider pratiquement le plus qu'il le pouvait. De cette façon, seul à Rome, il a sauvé des milliers de vies juives.

« Ce fut un jugement de conscience dans une situation historique extrême, qui doit être évaluée en considérant la situation d'alors, l'information alors disponible, et les possibilité qu'on avait alors, et non pas à partir des vues et des possibilités d'aujourd'hui. Ce point est important pour la question d'une béatification éventuelle. Si elle avançait, ce ne serait pas un jugement historique mais un discernement spirituel sur la question de savoir si le pape, dans sa situation, a suivi sa conscience personnelle, et a fait la volonté de Dieu comme il la comprenait, dans cette situation là. Ainsi, l'éventualité d'une béatification n'exclurait pas de nouvelles recherches et interprétations historiques, et n'exclurait pas non plus l'idée que d'autres personnes, avec un caractère différent, auraient pu en venir à des conclusions différentes, et auraient pu agir différemment.

« Je le répète, je ne suis pas un historien ; je présume que la controverse sur l'interprétation va continuer et que la question historique restera une question ouverte, avec différentes interprétations, même après l'ouverture des archives et peut-être la discussion demeurera-t-elle ouverte jusqu'à la fin des temps. Car qui oserait dire le dermier mot d'un événement aussi monstrueux que l'Holocauste ? La seule réponse adéquate peut être la honte et la repentance, du fait que les catholiques n'ont pas réagi avec plus de force, et la metanoia, c'est-à-dire une nouvelle façon de penser, et un nouveau comportement, aujourd'hui, de façon à construire de nouvelles relations avec le peuple juif ».

Source : Le Times online (pour le texte original en anglais)

14.04.2010

Un film sur Pie XII: Sous le ciel de Rome

CITE DU VATICAN, 10 AVR 2010 (VIS). Le Pape a assisté à Castelgandolfo à la projection du film sur Pie XII, intitulé Sous le ciel de Rome. Il a ensuite remercié d'avoir pu assister à la première projection de ce film "qui présente le rôle fondamental joué par Pie XII dans le salut de Rome et de nombreux persécutés entre 1943 et 1944".

 

Pope Benedict XVI watches the movie "Pio XII, under the Rome's  sky" at his residence of Castel Gandolfo, south of Rome, April 13,  2010.

photo Reuters


Ce genre d'œuvre, a-t-il précisé, a "une valeur particulière surtout pour les nouvelles générations. Pour celui qui, à l'école, a étudié certains évènements, et peut-être en a entendu parler, des films comme celui-là peuvent être utiles et stimulants et peuvent aider à connaître une période qui n'est pas si loin, mais que les évènements incessants de l'histoire récente et une culture fragmentée peuvent faire oublier".

  Benoît XVI a souligné que Pie XII, "par son riche enseignement a su parler aux hommes de son époque en leur indiquant le chemin de la vérité et, dans sa grande sagesse, a su orienter l'Eglise dans l'optique du troisième millénaire. Cependant - a-t-il ajouté - j'aimerais particulièrement souligner combien Pie XII a été le Pape qui, comme père de tous, a présidé à la charité à Rome et dans le monde, surtout à l'époque difficile de la seconde guerre mondiale. Le primat de la charité, de l'amour, qui est le commandement du Seigneur Jésus, est le commencement et la clef de lecture de toute l'œuvre de l'Eglise, et d'abord de son Pasteur universel. La charité est la raison de toute action, de toute intervention. Elle est la raison globale qui met en mouvement la pensée et les gestes concrets, et je me réjouis que ce principe unificateur ressorte de ce film. Je me permets de suggérer cette clef de lecture, à la lumière du témoignage authentique de ce grand maître de foi, d'espérance et de charité qu'a été le Pape Pie XII".

 

(VIS)

07.04.2010

Nouveau plaidoyer du cardinal Sodano en faveur de Benoît XVI, victime d'un combat culturel

Dans une interview accordée à l’Osservatore Romano, le journal du Vatican, le doyen du Sacré collège, le cardinal Angelo Sodano (photo) explique que Benoît XVI est la cible d’attaques injustes parce qu’il incarne des vérités morales qui ne sont plus acceptées.

 

http://www.annopaolino.org/rcm/foto1/195043_2.jpg


Selon lui, cette campagne a pour origine des conceptions de la famille et de la vie contraires à l’Evangile. Elle s’inscrit donc dans un combat culturel. Comme cela avait été le cas lors des batailles du modernisme contre Pie X, puis l’offensive contre Pie XII pour son attitude pendant la seconde guerre mondiale, et enfin contre Paul VI pour Humanae vitae.

Aujourd’hui, les manquements et les erreurs des prêtres sont utilisés comme des armes contre l’Eglise. On nous dit que notre communication n’est pas bonne, que nous devrions réagir différemment – affirme le cardinal Sodano – mais l’Eglise a son style, elle ne peut pas adopter les méthodes utilisées actuellement contre le Pape. Les catholiques se sentent blessés quand on tente de les impliquer en bloc dans des actions aussi graves. On transforme les fautes individuelles en responsabilités collectives.


Ces jours derniers, des graffitis anticatholiques sont apparus sur les murs d’une église en Italie. Ailleurs en Europe, des célébrations ont été perturbées, des membres du clergé insultés. Un professeur d’éthique sociale a estimé sur notre antenne que la campagne médiatique de haine anticatholique risque de dégénérer. Selon lui, les accusations irresponsables lancées par certains médias relèvent d’une idéologie.


Tous les médias, cependant, ne sont pas concernés par cette campagne. Ainsi le Wall Street Journal prend la défense du cardinal Ratzinger en rappelant qu'il a agi plus que quiconque pour obliger les prêtres coupables d'abus sexuels sur des mineurs à répondre de leurs crimes.

 

(Radio Vatican)

26.03.2010

Le Vatican met sur Internet des archives du Saint-Siège datant de la Seconde Guerre Mondiale



Des documents officiels concernant l’époque de la seconde guerre mondiale, durant le pontificat de Pie XII, sont désormais disponibles sur le site officiel du Vatican à l’adresse www.vatican.va

Ils n’étaient jusqu’à présent disponibles qu’en format papier. L’objectif de cette démarche est une contribution à l’information et à la recherche sur l’activité et l’histoire du Saint-Siège. Elle intervient alors que plusieurs responsables juifs continuent de réclamer au Saint-Siège l’ouverture des archives de la période du pontificat de Pie XII.

(Radio Vatican)


 

Seconde Guerre Mondiale : Actes et Documents du Saint-Siège en ligne


Avec les documents officiels du Saint-Siège (1865-2007)


ROME, Jeudi 25 mars 2010 (ZENIT.org) - Les 12 volumes des « Actes et Documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre Mondiale » sont désormais téléchargeables en ligne depuis le site officiel du Saint-Siège: www.vatican.va (section « Textes fondamentaux », format pdf).

Avec ces 12 volumes, on trouve aussi les 140 volumes des documents officiels du Saint-Siège de 1865 à 2007.

Les « Actes et Document du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre Mondiale » rassemble, rappelons-le, les documents réunis à la demande de Paul VI par les quatre historiens jésuites Pierre Blet, Robert Graham, Angelo Martini et Burkhart Schneider, dans les archives non encore cataloguées, et donc pas encore accessibles directement.

Le premier volume avait été publié en 1965, soit 7 ans à peine après la mort de Pie XII, et le dernier en 1982.

Dernier témoin de ce travail, P. Blet nous a quittés le 19 novembre 2009, à Rome, à l'hôpital du Saint-Esprit, des suites d'un infarctus, à l'âge de 91 ans.

Le jésuite français avait élaboré un « compendium » de ce travail, sous le titre « Pie XII et la Seconde guerre mondiale d´après les archives du Vatican » (Perrin, 1997) et traduit en une dizaine de langues, puis « Pie XII et la Seconde guerre mondiale d'après les Archives inédites du Vatican » (Perrin, 2005).

Les deux autres séries de documents désormais accessibles sur le site du Vatican sont la collection complète des Acta Sanctae Sedis (« ASS », 41 volumes, de 1865 à 1908) et des Acta Apostolicae Sedis (« AAS », 99 volumes, de 1909 à 2007).

Cette collection de 140 volumes représente « l'ensemble des documents officiels du Saint-Siège de 1865 à 2007 » (toujours format pdf).

Ces volumes papier sont coûteux, or le Saint-Siège a donc décidé d'en donner l'accès libre et gratuit : « La disponibilité de cette mine de documentation, mise gratuitement à la disposition des chercheurs et autres personnes intéressées, constitue une importante contribution à l'information et à la recherche sur l'activité et l'histoire du Saint-Siège » précise aujourd'hui le communiqué du Vatican.

Anita S. Bourdin

07.03.2010

Pourquoi Pie XII a-t-il décidé de ne plus parler ouvertement?

L’exemple hollandais ou antibolchevisme ?

 

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ROME, Vendredi 5 mars 2010 (ZENIT.org) - L'Osservatore Romano se montre attentif aux interventions des intellectuels français, en particulier lorsqu'il s'agit de relations avec le judaïsme. Après la publication dans ses colonnes de l'article de Bernard-Henri Lévy, publié initialement par Il Corriere della Sera, L'Osservatore du 6 mars 2010 fait état de l'interview de Serge Klarsfeld dans Le Point, et de l'interview, dans cette même revue, de l'historien franco-israélien Saul Friedländer par François-Guillaume Lorrain.

Ceci pour nuancer un propos de l'historien à propos de Pie XII. Après les représailles entraînées par l'intervention des évêques hollandais - 26 juillet 1942 -, Pie XII a décidé d'agir sans plus élever la voix.

Le futur Pie XII, Eugenio Pacelli, n'a pas attendu l'invasion de la Pologne, en 1939, pour avertir du danger et condamner le racisme nazi. L'encyclique « Mit brennender Sorge » avait, dès 1937, condamné le nazisme, et notamment son « Mythe du Sang et de la Race ». On sait qu'elle est due en grande partie à Pacelli, alors secrétaire d'Etat de Pie XI.

Friedländer, souligne L'Osservatore Romano, se défend de vouloir faire, comme d'autres, de Pie XII « le pape de Hitler » : il sait l'aversion du pape Pacelli pour le nazisme et sa contribution décisive à la condamnation de 1937.

Mais Saul Friedländer a cette réflexion qui attire l'attention de L'Osservatore : « S'il avait parlé, même s'il y avait eu des représailles, on se serait souvenu de la grandeur de l'Eglise ».

Pie XII préféra donner des ordres à ses nonces (particulièrement actifs en Hongrie, en Roumanie, en Grèce notamment) et aux religieux qui ouvrirent leurs couvents, et abriter de nombreux juifs au Vatican et à Castel Gandolfo, de façon à sauver des vies, n'ayant cure de son « image » ou celle de l'Eglise, mais craignant désormais qu'une parole envoie à la mort ceux qu'il voulait sauver.

Le nonce à Budapest, Mgr Angelo Rotta, a été déclaré « Juste parmi les Nations », et son secrétaire de nonciature, Mgr Gennaro Verolino, a reçu le « Prix Anger » en 2004. Rotta était en contact constant avec le Vatican.

Aux Pays-Bas, les responsables protestants avaient eux-mêmes, devant la menace de rétorsions, renoncé à la protestation programmée pour le même dimanche que les catholiques : Pie XII leur donna raison implicitement, a posteriori.

Pourtant, l'historien croit voir ailleurs la raison de la décision de Pie XII de ne plus parler : son antibolchevisme.

Or, L'Osservatore Romano, sous la plume de Raffaele Alessandrini, fait valoir deux arguments pour réfuter cette interprétation : d'une part, la seconde guerre mondiale « tellement crainte et condamnée par le pape » avait justement éclaté après le pacte Molotov-Ribbentrop, et, d'autre part, après l'agression nazie contre l'Union soviétique, Pie XII est « intervenu pour convaincre les catholiques américains de ne pas s'opposer à une alliance contre Hitler de l'administration américaine avec les soviétiques ».

Anita S. Bourdin