10.12.2009

Benoît XVI à l’audience générale: 'Le mystère pétrinien garantit la fidélité à la saine doctrine et donne sérénité et liberté intérieure'

 

benoît xvi 2

 

L’origine du mal est dans l’homme et dans l’usage erroné de sa liberté mais Dieu est patient et bienveillant avec les pécheurs. Benoît XVI l’a rappelé ce mercredi à l’audience générale.

 

benoît xvi 1


Quelque 8 000 personnes étaient rassemblées dans la salle Paul VI au Vatican. Poursuivant son cycle de catéchèses hebdomadaires, le Pape leur a parlé du moine Rupert, un bénédictin du XIIe siècle que Paul VI avait cité le 8 décembre 1965, lors de la clôture du Concile Vatican II. Un théologien d’une grande épaisseur qui a étudié de manière rationnelle les mystères de la foi et qui nous a enseigné que chacun, à sa manière, peut rencontrer Jésus.
Benoît XVI a également souligné le rôle qu’il a joué dans les controverses théologiques sur le sacrement de l’Eucharistie en rappelant que celle-ci n’est ni un symbole ni un rite communautaire, mais la présence réelle du Christ parmi les hommes.

 

 

benoît xvi 3

 

 

Écoutez le résumé de la catéchèse et les paroles que Benoît XVI a adressés aux pèlerins de langue française (Radio Vatican) : >>


Résumé de la catéchèse en langue française

     Chers Frères et Sœurs,

     Moine bénédictin du douzième siècle, Rupert de Deutz vécut d’abord au monastère Saint-Laurent à Liège. En 1120, il fut nommé Abbé de Deutz, ville voisine de Cologne, où il demeura jusqu’à sa mort en 1129. Rupert fut un théologien de grande profondeur, qui se distingua par sa droiture morale et par son attachement au Siège de Pierre. Ainsi, en diverses occasions, il montra que lorsque des controverses surgissent dans l’Église, la référence au ministère pétrinien garantit la fidélité à la saine doctrine et donne sérénité et liberté intérieure. Il affirma avec force la continuité entre le Corps du Verbe incarné et Celui qui est présent dans les Espèces eucharistiques. Pour concilier la bonté et la toute-puissance de Dieu avec l’existence du mal, il montra que Dieu très bon ne peut que vouloir le bien ; l’origine du mal est dans l’homme et dans l’usage erroné de sa liberté. Rupert soutint aussi que l’Incarnation était prévue de toute éternité, afin que la création puisse rendre louange à Dieu et l’aimer comme une unique famille réunie autour du Christ. Enfin, dans son interprétation du Cantique des Cantiques, Rupert nous a laissé une belle présentation des privilèges et des vertus de la Vierge Marie, voyant en elle la part la plus sainte de l'Église tout entière.


     * * *

benoît xvi 4


     Je suis heureux d’accueillir les pèlerins francophones, en particulier la délégation des Amis de Saint-Nicolas des Lorrains. Puisse le Seigneur Jésus vous accompagner sur votre route, lui qui vient à notre rencontre en la prochaine fête de Noël ! Que Dieu vous bénisse !

     En ce mois de décembre, la chaîne de télévision catholique française KTO célèbre son dixième anniversaire. J’encourage vivement les responsables et les collaborateurs de cette chaîne à poursuivre leurs objectifs de présentation de la diversité des engagements chrétiens dans l'Église et dans la société, d’accompagnement de la prière ecclésiale ainsi que de réflexion et de débat. Puissent ces programmes proposer à tous un authentique visage de la foi chrétienne et de la vie de l'Église en France et dans le monde ! Aux responsables, aux collaborateurs, aux bienfaiteurs et aux téléspectateurs de KTO Télévision, j’adresse une particulière Bénédiction apostolique.

 


27.05.2009

Benoît XVI au Mont-Cassin: proclamer partout la Mort et la Résurrection du Christ

VATICAN - Le Pape Benoît XVI au Mont-Cassin - Nous aussi, comme les Apôtres, « nous ne devons pas rester à regarder le Ciel, mais sous la direction du Saint-Esprit, nous devons aller partout et proclamer l’annonce salvifique de la Mort et de la Résurrection du Christ »

 

http://doc.arezzoweb.it/notizie/20080719_benedetto_XVI.jpg

 

Cassino (Agence Fides) – Le dimanche 24 mai, le Pape Benoît XVI s’est rendu en visite pastorale à Cassino et au Mont-Cassin. A 10 heures 15, il a présidé à Cassino la Messe concélébrée à l’occasion de la Solennité de l’Ascension, qui, en Italie est célébrée le Dimanche qui suit le Jeudi de l’Ascension. La Place Mirando où a été célébrée la Messe, portera désormais son nom, en souvenir de sa visite.


« Le caractère historique du mystère de la Résurrection et de l’Ascension du Christ, a déclaré le Saint-Père dans l’homélie, nous aide à reconnaître et à comprendre la condition transcendante et eschatologique de l’Eglise, qui n’est pas née et qui ne vit pas pour suppléer à l’absence de son Seigneur ‘disparu’, mais qui trouve plutôt la raison de son existence et de sa Mission dans la présence invisible de Jésus, opérant avec la puissance de son Esprit. En d’autres termes, nous pourrions dire que l’Eglise n’a pas pour fonction de préparer le retour d’un Jésus ‘absent’, mais, au contraire, elle vit et elle travaille pour en préparer la ‘présence glorieuse’ de manière historique et existentielle ».


Le Saint-Père a commencé son homélie en s’attachant aux lectures de la Messe, pour présenter la signification de cette Solennité :

 

« L’Ascension du Christ signifie, en premier lieu, l’établissement du Fils de l’Homme Crucifié et Ressuscité dans la Royauté de Dieu sur le monde. Dans le Christ monté au ciel, l’être humain est entré de manière inouïe et nouvelle dans l’intimité de Dieu ; l’homme trouve désormais pour toujours une place en Dieu… La Solennité de l’Ascension nous invite à une communion profonde avec Jésus Mort et Ressuscité, invisiblement présent dans la vie de chacun d’entre nous ».

 

Puis, à propos de l’Evangile, le Saint-Père a déclaré :

 

« L’Ascension de Jésus au Ciel ne comportait pas son absence temporaire de ce monde, mais inaugurait plutôt la forme nouvelle, définitive et irremplaçable de sa présence, en vertu de sa participation à la puissance royale de Dieu… Cette Solennité devrait donc nous remplir nous aussi de sérénité et d’enthousiasme, comme ce fut le cas précisément pour les Apôtres qui, du Mont des Oliviers, repartirent pleins de joie’. Comme eux, nous aussi, en accueillant l’invitation des ‘deux hommes en vêtements blancs’, nous ne devons pas rester à regarder le Ciel, mais sous la direction du Saint-Esprit, nous devons aller partout et proclamer l’annonce salvifique de la Mort et de la Résurrection du Christ ».

 

Puis, s’adressant à la communauté diocésaine, le Saint-Père l’a invitée « à renforcer sa foi dans la Présence Réelle de Jésus ; sans Lui, nous ne pouvons accomplir rien d’efficace dans notre vie et dans notre apostolat ».

 

L’objectif de sa visite, a-t-il rappelé, était d’encourager à « construire, à fonder et à réédifier » constamment la Communauté diocésaine sur le Christ, comme l’indique saint Benoît lui-même, « qui recommande dans sa règle de ne rien faire passer avant le Christ ».

 

Puis, commentant les points principaux de la spiritualité bénédictine synthétisée dans le devise « ora et labora et lege », la prière, le travail, la culture, le Saint-Père a déclaré : « La prière est l’héritage le plus beau laissé par saint Benoît à ses moines », mais aussi à toute l’Eglise particulière :

 

« La prière, à laquelle chaque matin la cloche de Saint Benoît, avec ses accents graves invite les moines, est le sentier silencieux qui nous conduit directement dans le Cœur de Dieu : c’est la respiration de l’âme, qui nous redonne la paix dans les tempêtes de la vie. »

 

Puis, citant le grand soin apporté à l’approfondissement biblique, le Saint-Père a émis le voeu suivant :

 

« Puisse l’écoute attentive de la Parole divine, nourrir votre prière et vous rendre prophètes de vérité et d’amour, dans un engagement unanime d’évangélisation et de promotion humaine ».


Le Souverain Pontife a parlé ensuite d’un autre aspect de la spiritualité bénédictine, le travail, en le reliant à la situation actuelle.

 

« Humaniser le monde du travail est typique de l’âme du monachisme, et c’est aussi l’effort de votre Communauté qui cherche à rester aux côtés des nombreux travailleurs de la grande industrie présente à Cassino et des entreprises qui lui sont liées. Je sais combien est critique la situation de nombreux travailleurs. J’exprime ma solidarité à tous ceux qui vivent dans une précarité préoccupante, aux travailleurs en chômage, voire même licenciés. Que la plaie du chômage qui afflige ce territoire, amène les responsables du bien public, les entrepreneurs, et tous ceux qui en ont la responsabilité, à rechercher, avec la contribution de tous, des solutions valables à la crise du chômage, en créant de nouveaux postes de travail pour la sauvegarde des familles… La famille a un besoin urgent aujourd’hui d’être mieux protégée ».

 

Puis le Saint-Père encouragea les jeunes qui ont du mal à trouver un travail qui leur permette de construire une famille, en ces termes :

 

« Ne vous découragez pas, chers amis, l’Eglise ne vous abandonne pas ! ».


A la tradition bénédictine appartient aussi l’attention au monde de la culture et de l’éducation. Les Archives et la Bibliothèque du Mont-Cassin

 

« contiennent d’innombrables témoignages du travail d’hommes et de femmes qui ont médité et recherché comment améliorer la vie spirituelle et matérielle de l’homme… Dans votre Abbaye, on touche de la main le ‘quaerere Deum’, c’est-à-dire le fait que la culture européenne a été la recherche de Dieu et la disponibilité à son écoute. Et cela vaut aussi à notre époque ».

 

Enfin, le Saint-Père a mentionné la volonté de faire de l’Université et des écoles « des laboratoires de connaissance, de recherche, de passion pour l’avenir des nouvelles générations », sans négliger « l’attention portée à l’homme fragile, faible, aux personnes handicapé »es et aux immigrés » dont est l’expression la « Casa della Carità » (la Maison de Charité), inaugurée par le Saint-Père lui-même lors de cette visite.

 

 

(Agence Fides, 25 mai 2009)