08.01.2012

Même "débaptisé", la grâce demeure

bapteme1.jpgLa débaptisation est un sujet qui est revenu à la une de l'actualité en France, suite à « l’Affaire de Coutances ». Dans cette bataille juridique, le diocèse de Coutances (en Normandie) s'oppose à René Lebouvier, libre-penseur, militant depuis 2001 pour que son nom soit définitivement rayé du registre de baptême dans lequel il figurait depuis près de 70 ans.

Mgr Stanislas Lalanne, évêque du lieu a fait appel de la décision du Tribunal de Coutances, qui le sommait de rayer le nom du plaignant du registre, au nom des principes garantissant la vie privée. Ils seraient environ un millier en France à demander chaque année la débaptisation, une manière pour beaucoup de se dissocier des prises de position de l’Eglise sur le préservatif, la contraception ou l’homosexualité.

Quelles sont les conséquences religieuses de cette démarche ? La mention du baptême constitue-t-elle effectivement une atteinte à la vie privée ? Éléments de réponse avec Bernard Callebat, professeur de droit civil et de droit canon, vice-doyen de la faculté de droit canonique de Toulouse : >> RealAudioMP3 

Des propos recueillis par Manuella Affejee (Radio Vatican)


Lire aussi :

Débaptiser qu'ils disent !

23.11.2010

Enzo Bianchi: 'Le Pape se livre à cœur ouvert'

pape1.JPG« Lumière du monde » un ouvrage qui avant même sa sortie en librairie fait déjà beaucoup parler de lui parce que le Pape y aborde des thèmes particulièrement délicats comme l’emploi du préservatif ou les scandales pédophile au sein du clergé.

Pour Enzo Bianchi, fondateur et prieur de la communauté de Bosé en Italie, l’évènement c’est avant tout le ton du livre : un Pape qui se livre à cœur ouvert, avec simplicité et sans détours. Il est interrogé par Hélène Destombes. (Radio Vatican): >>RealAudioMP3

'Le Pape ne change pas l'enseignement de l'Église mais élargit son regard'

pape.JPGLes réactions ont été nombreuses après la publication dans le quotidien du Saint-Siège «L’Osservatore Romano » d’une partie des propos du Pape recueillis dans un livre d’entretiens intitulé « Lumière du monde. Le Pape, l’Église et les signes des temps ». Le passage sur le préservatif est l'un des plus largement commentés...

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Salle de presse comble pour la présentation du livre-entretien avec le Pape

licht der welt-1.JPG"Lumière du monde, le Pape, l’Église et les signes des temps". Le livre entretien de Benoît XVI avec un journaliste allemand, Peter Seewald, a été officiellement présenté ce mardi matin au Vatican en présence notamment de l’auteur et du président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, Mgr Fisichella. La salle de presse du Saint-Siège était comble et les journalistes étaient venus du monde entier, preuve de l’intérêt que suscite ce livre, dont de larges extraits avaient déjà été publiés ces jours derniers par la presse.

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21.11.2010

«Lumière du monde» : le livre très attendu d'un entretien avec Benoît XVI

 

«Lumière du monde. Le pape, l’Eglise et les signes des temps » c’est le titre d’un ouvrage sous forme d’entretien entre Benoît XVI et le journaliste allemand Peter Seewald. Le livre sera présenté mardi 23 novembre en salle de presse du Saint-Siège.

Dans cet ouvrage le Pape s’attarde sur de nombreux sujets dont certains délicats. Dans son édition de ce dimanche, le quotidien du Saint-Siège "L’Osservatore Romano" en publie plusieurs extraits. Le compte rendu d’Hélène Destombes (Radio Vatican): >> RealAudioMP3


 

 

14.12.2009

Pourquoi le pape a mauvaise presse...

« Pourquoi le pape a mauvaise presse » : Rencontre avec Bernard Lecomte

Les papes et les media

 

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ROME, Lundi 14 décembre 2009 (ZENIT.org) - « Pourquoi le pape a mauvaise presse » : les éditions DDB ont osé ce titre pour le livre d'entretiens de Bernard Lecomte avec l'éditeur Marc Leboucher. Bernard Lecomte qui a bien voulu expliquer aux lecteurs de Zenit son analyse - en douze chapitres à lire dans l'ordre que l'on préfère ! - du rapport du pape et des media. Un livre récemment cité à la une de L'Osservatore Romano en italien dans un éditorial du directeur Giovanni Maria Vian. 


ZENIT - Dans son introduction, Marc Leboucher parle de l'année 2009 comme d'une « annus horribilis », pourquoi ?  

Bernard Lecomte - Les premiers mois de 2009 ont été marqués par trois grosses affaires médiatiques : l'affaire Williamson, le drame de la fillette de Recife et la « petite phrase » papale sur le préservatif dans l'avion du Cameroun. Chacun de ces événements était désolant, mais, si j'ose dire, ordinaire : l'histoire de l'Eglise fourmille de malentendus ou de maladresses médiatiques ! C'est la succession de ces tempêtes médiatiques, leur accumulation, qui a gravement dégradé l'image du pape Benoît XVI et troublé le monde catholique, particulièrement en France. Et c'est ce qui m'a poussé à écrire ce livre. 


ZENIT - Mais le pape Ratzinger, qui frappe par sa douceur et son attention aux personnes - loin du Panzerkardinal que d'aucuns avaient annoncé -, n'a-t-il pas au contraire conquis les foules par cette délicatesse qui ne s'impose pas, cette intelligence aiguë et puissante qui sait faire comprendre aux simples des choses pourtant complexes ? Pour les Allemands, il reste même un « méridional » (son accent le trahit) et un « spontané », et ceux qui l'approchent, les grands et les petits, se sentent écoutés, reconnus : quel paradoxe ! 

Bernard Lecomte - Le pape Ratzinger, quand il a été élu, avait l'image plutôt sévère, sans doute injuste, de l'ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi qu'il avait été pendant deux décennies. Son voyage en France, en septembre 2008, fut une réussite et eut pour effet positif, chez nous, de redresser cette image. Mais les « affaires » de ce début d'année, en trois mois, en ont fait un personnage archaïque, conservateur et insensible aux détresses de ce monde. C'est ce renversement d'image qu'il fallait contribuer à expliquer et à corriger.   


ZENIT - Les dysfonctionnements de la communication (discours de Ratisbonne, incompréhension sur la levée des excommunications, prise de position dans l'avion du Cameroun, que vous analysez dans des chapitres séparés) viennent donc selon vous d'abord du milieu auquel le pape s'adresse ?  

Bernard Lecomte - La plus importante cause de ces dysfonctionnements, c'est l'évolution des media dans nos sociétés occidentales, qui privilégient tout ce qui est spectaculaire, certes, mais qui tendent surtout à expulser de la scène publique tout ce qui est religieux, à plus forte raison ce qui touche l'Eglise catholique, et encore plus nettement ce qui concerne le Saint-Père. Les journalistes d'aujourd'hui sont simplistes, binaires, ils n'ont plus aucune culture religieuse, et ils traitent par la dérision tout ce qui est institutionnel ou moral - à plus forte raison le pape. Le fond de l'affaire, c'est que les media, fidèles reflets des sociétés contemporaines, passent leur temps à valoriser le pouvoir, à sacraliser le sexe et à adorer l'argent, alors que le message du pape et de l'Eglise va exactement à l'encontre de ce triptyque ! 


ZENIT - On a aussi reproché à l'Eglise de ne pas savoir communiquer... de ne pas savoir « s'adapter » à son auditoire... 

Bernard Lecomte - Les torts sont partagés, en effet. Si l'évolution des media est désolante, l'Eglise doit néanmoins en tenir compte, et s'adapter à la rapidité, l'immédiateté, la mondialisation de l'information, surtout depuis l'essor planétaire d'Internet. Beaucoup d'hommes d'Eglise en sont convaincus, mais il reste nombre de cardinaux ou d'évêques persuadés que « le temps de l'Eglise n'est pas celui des media ». Certes, il n'est pas question que l'Eglise se plie aux modes et aux tendances d'un monde relativiste et changeant, mais il lui faut bien utiliser les media tels qu'ils sont, dans un monde réel, pour faire passer l'annonce l'Evangile ! 


ZENIT - Vous consacrez un chapitre à Pie XII, pourquoi ?  

Bernard Lecomte - Parce que Pie XII a connu, lui aussi, un étonnant renversement d'image. Jusqu'en 1963, il était considéré comme un grand pape, y compris dans le monde juif, et personne ne le traitait alors d'antisémite ou de pronazi. J'ai voulu expliquer, minutieusement, comment la pièce du jeune allemand Hochhut Le Vicaire, en 1963, a brisé ce consensus au point que Pie XII est devenu quarante ans plus tard, dans les media européens, une sorte de « bouc émissaire » de cette période. Il ne s'agit pas pour moi d'occulter le débat sur les « silences » de Pie XII, débat qui est légitime, mais de revenir à la réalité historique. Or les fantasmes médiatiques, politiques et idéologiques ont délibérément occulté, aujourd'hui, cette réalité historique ! 


ZENIT - En somme, Benoît XVI n'a pas le monopole d'une communication difficile : Pie XII donc (à titre posthume), Paul VI et Humane Vitae, mais aussi Jean-Paul II (sa colère pour défendre la famille !), ont aussi eu leur part de « mauvaise presse » ?  

Bernard Lecomte - Bien entendu. On a tort d'opposer, sur ce terrain, le pape Jean-Paul II, ancien comédien et journaliste, champion de la communication, maîtrisant très bien micros et caméras, et Benoît XVI, l'ancien professeur habitué aux amphithéâtres, qui n'aime pas la foule, etc : les deux hommes sont différents, c'est certain, mais il ne faudrait pas oublier que Jean-Paul II a été, lui aussi, victime de nombreux scandales médiatiques : je rappelle, dans Pourquoi le pape a mauvaise presse, les audiences accordées à Yasser Arafat ou Kurt Waldheim, l'affaire du carmel d'Auschwitz, les canonisations du P. Kolbe ou d'Edith Stein, la nomination de Jean-Marie Lustiger à Paris, sans parler de ce qu'il disait, lui aussi, sur la famille, la contraception ou l'avortement !  


ZENIT - Ce qui est en cause, ce n'est pas seulement « l'image » du pape ou l'annonce de l'Evangile. Ces « ratés » de la communication provoquent une vraie souffrance chez les catholiques. Quel serait le remède ? Que les catholiques adoptent une attitude de veille critique face aux informations qui leur parviennent et croisent plusieurs sources avant de se faire une opinion ?  

Bernard Lecomte - Il faudrait d'abord, je crois, que les responsables des media fassent preuve d'un peu plus de respect et de considération pour le chef spirituel de quelque 1,3 milliard de fidèles. Il faudrait aussi que les porte-parole de l'Eglise, notamment les responsables de la Curie et les évêques en général, dialoguent franchement avec les journalistes tels qu'ils sont, avec leurs faiblesses et leurs défauts, voire, parfois, leur hostilité. Je connais bien les media, je connais bien les hommes d'Eglise : prôner un peu plus de respect entre les uns et les autres est-il si utopique ? 

(*) Bernard Lecomte : Pourquoi le pape a mauvaise presse (entretiens avec Marc Leboucher). Desclée de Brouwer, 2009.

13.11.2009

Les évêques européens face à Internet

Source de savoir et de connaissance, le réseau Internet est devenu aujourd’hui incontournable, mais n’est pas sans danger. L’Église se pose dès lors la question de cet espace en terme de nouvelle terre de mission.

La Commission épiscopale européenne pour les médias tient à Rome à partir de ce jeudi et jusqu’au 15 novembre son assemblée plénière. Les évêques tenteront de se familiariser avec ce monde de la toile, sa culture. Point d’orgue de cette réunion la rencontre avec les représentants de Facebook, Google, Youtube et Wikipédia. Monseigneur Jean-Michel Di Falco Léandri, président de la CEEM, nous parle de ce qu’il attend de ce débat avec les principaux acteurs d’Internet sur Radio Vatican: >>

Propos recueillis par Olivier Tosseri.


Retrouvez ci-dessous l’intégralité de l’intervention de Mgr Di Falco

 

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 « La culture de l’Internet et la communication de l’Église. » En entendant ce thème, les trois événements qui ont bousculé la vie de notre Église au cours de l’hiver dernier me sont revenus à l’esprit. Je veux parler de « l’affaire », c’est ainsi que les médias ont désignées ces événements, l’affaire Williamson, de celles de l’excommunication de Recife et des propos sur le préservatif dans l’avion menant le pape au Cameroun. Trois affaires qui ont secoué la planète internet. Elles ont été jugées emblématiques de la manière dont l'Église institutionnelle communique et dont les internautes – chrétiens ou non – réagissent. Elles ont révélé les forces et les faiblesses de la communication de l'Église dans le contexte d’une culture internet triomphante.

     Suite à l’affaire Williamson le Saint Père a reconnu lui-même que la curie n’avait pas mesuré l’enjeu d’internet. Ou, pour le citer plus exactement : « Il m’a été dit que suivre avec attention les informations auxquelles on peut accéder par internet aurait permis d’avoir rapidement connaissance du problème. J’en tire la leçon qu’à l’avenir au Saint-Siège nous devrons prêter davantage attention à cette source d’information. »

     Face à la critique portant sur le fait que le pape n’avait pas été mis au courant des propos négationnistes de Mgr Williamson disponibles sur le net, le pape ne s’est attaché dans sa lettre aux évêques qu’à internet comme source d’information, comme bibliothèque virtuelle.

     Il est bien d’autres aspects qui motivent le choix du thème de réflexion de notre assemblée. Ce sont ces aspects que nous allons aborder au cours de ces journées, aspects parmi lesquels on peut citer l’émergence de la Web generation, les bouleversements dans l’organisation du temps et de l’espace, dans la manière de s’informer et de communiquer, les conséquences ecclésiologiques, les effets sur le gouvernement même de l'Église, la place de la religion sur le marché internet, les manières d’y proclamer l'Évangile et d’y être Église

     Ne nous leurrons pas. Ne faisons pas l’autruche. Internet se transforme, transforme notre société et ne peut pas ne pas transformer l'Église, ne peut pas ne pas transformer notre manière d’être et d’agir en Église, au risque de ne plus être témoins du Christ dans le monde d’aujourd’hui !

     Avec internet, nous assistons à une révolution copernicienne qui a déjà ses effets sur notre manière d’être dans notre relation au monde, de nous situer dans le monde, d’interagir avec le monde. La prise de conscience par l'Église institutionnelle de l’importance d’internet est là. Nul doute. La preuve en est encore aujourd’hui. Mais savoir surfer sur la vague internet est une toute autre histoire.

     Internet est un révélateur, un marqueur. Soit vous savez communiquer, soit vous ne le savez pas, soit vous êtes crédible soit vous ne l’êtes pas, soit vous répondez aux attentes soit vous êtes dans votre bulle, soit vous êtes prophète soit vous êtes le dernier des Mohicans, soit vous êtes vivant soit vous êtes fossile, soit vous connaissez la langue internet soit vous ne la connaissez pas et vous ne pouvez pas communiquer. Je compare souvent le mode de présence de l'Église dans le monde des médias et sur internet à ce qui est demandé à un missionnaire devant partir vers des terres inconnues. Que demande-t-on à un missionnaire avant son départ ? De connaître la culture du pays dans lequel il se rend et d’en apprendre la langue. Ne devrions-nous pas avoir la même attitude pour ce qui est de la présence dans les médias ?

     De nouveaux langages se constituent sur internet, utilisés par les jeunes. Abréviations, photos et émoticones, fichiers audio et vidéos sont prépondérants. La culture digitale se dote de sa propre grammaire, d’une langue en constante et rapide évolution. (LOL, MDR) Notre génération a trop tendance à considérer comme superficiel tout ce qui est bref, instantané, porté sur l’émotion. Serait-ce que nous serions plutôt tournés vers l’écrit, les longs développements, la qualité de l’argumentation par les épais dossiers que nous devons traiter, les livres de théologie et les thèses que nous avons lus ou que nous lisons encore ? Mais à y regarder de plus près, l'Église dans son histoire n’a pas considéré comme seuls vecteurs de vérité les longs traités de théologie. Elle a su exprimer sa foi de manière concise et percutante. Qu’il suffise de citer la proclamation du kérygme dans les Actes des Apôtres. Elle a su utiliser des formes de communication non-verbale. Qu’il suffise de penser aux icônes, aux fresques et mosaïques de nos églises, aux vitraux et aux sculptures sur les tympans de nos cathédrales. Elle a su provoquer les émotions. Qu’il suffise d’écouter ses chants et ses musiques. Nous proclamons « une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père », mais il existe bien mille et une manières d’exprimer cette foi. Et l’aggiornamento demandé par le Pape Jean XXIII nous pousse à réactualiser sans cesse la manière dont nous proposons la foi aux nouvelles générations.

     Nous sommes dans un monde pluraliste, où nombreux sont ceux qui, grâce à internet, peuvent avoir accès à tout et donner leur avis sur tout. L'Église ne peut pas ne pas en tenir compte. Avec la sécularisation, la mondialisation, la montée d’internet, notre vision du monde, de la vie, de la mort, et considérée par certains comme un produit parmi d’autres sur le marché des religions. L'Église ne peut pas communiquer comme si d’autres conceptions et interprétations du monde n’existaient pas. Elle a une Parole, un message d’amour à proclamer, mais elle se doit aussi écouter et Internet est une formidable chambre d’écho de la vie du monde.

     Un ami a fait l’étude des sites chrétiens en français les plus consultés. Il en ressort que les sites catholiques en France viennent loin après les sites évangélistes alors même que les évangélistes sont une minorité par rapport aux catholiques dans notre pays. Comment cela se fait-il ? Pour lui les raisons en sont les suivantes :

     La première c’est que « Les évangélistes écoutent et les catholiques parlent. »

     Par là il veut dire que les évangélistes sortent d’eux-mêmes pour se mettre d’abord à la place des autres. Ils répondent aux besoins. « Que veux-tu ? » demande Jésus au paralytique, à l’aveugle-né. Autrement dit, « De quoi as-tu besoin ? Quel est ton désir le plus profond ? Je peux y répondre. » La communication commence toujours par l’écoute. D’où sa question : l'Église catholique parlerait-elle à partir d’elle-même sans prendre suffisamment en considération ce que vivent les gens ?

     La seconde raison du succès des sites évangélistes par rapport aux sites catholiques, c’est que « les sites catholiques sont centrés sur eux-mêmes » et « considérés comme outils et non comme un monde à évangéliser. »

     Par là, il veut dire que nos sites sont des extensions ou des duplicata de nos feuilles paroissiales, de nos bulletins diocésains. Ils sont à usage interne. Ils parlent la langue des initiés à l’usage exclusif des initiés. Les sites évangélistes, au contraire, veulent atteindre les internautes, utilisant internet comme outil et vecteur d’évangélisation.

     D’accord ou pas avec cette analyse, il n’en demeure pas moins que nous pouvons prendre pour notre compte la nécessité d’écouter le monde pour mieux l’aimer et lui parler.

     Si les sites institutionnels avec leur lourdeur sont nécessaires, les électrons libres peuvent l’être aussi. Quelqu’un comme Napoléon est certainement diversement apprécié dans une assemblée comme la nôtre, mais permettez-moi cependant de parler de lui pour une comparaison. Napoléon savait user dans une bataille aussi bien de la cavalerie lourde comme les Dragons enfonçant les flancs de l’adversaire, que des Voltigeurs venant piquer ces mêmes flancs tels des mouches du coche.

     Un site internet devrait pouvoir mettre en contact avec Jésus-Christ et une Église vivante, une communauté où se vit l’unité et la charité. Loin de trouver cela, les internautes se trouvent bien des fois confrontés à un « système », qui certes a ses avantages une fois qu’ils en ont franchi le seuil, mais qui, dans un premier contact, fait davantage écran que courroie de transmission, n’ayant pas pour lui la souplesse de l’amour.

     Ces voltigeurs de l'Évangile, je les vois dans les blogs créés par des laïcs. Cela entre dans le champ propre de leur activité, de leur vocation et de leur mission de baptisés dans l'Église et dans le monde.

     La 44eJournée mondiale des communications sociales qui aura lieu le 23 mai prochain aura pour thème : « Le prêtre et la pastorale dans le monde digital : les nouveaux médias au service de la Parole ». En choisissant ce thème, le pape place l’urgence d’une évangélisation par le monde digital et du monde digital dans le cadre de l’Année sacerdotale. Il s’agira d’ « encourager les prêtres à affronter les défis qui naissent de la nouvelle culture numérique » comme l’a souligné le communiqué de presse. Mais à mon sens, il ne s’agit pas là d’un appel à tous les prêtres à créer son propre blog. Il s’agit plutôt d’un appel aux prêtres à s’entourer de laïcs compétents pour la mise en œuvre de leurs sites paroissiaux ou de mouvements, un appel à collaborer, un appel à accompagner les laïcs qui se lancent (ou qui se sont déjà lancés) dans l’évangélisation par internet. C’est un appel à voir comment nous pouvons aider les internautes à discerner les sites catholiques de ceux qui se réclament comme tels mais ne le sont pas toujours.

     Les médias réduisent souvent l'Église au pape et à quelques cardinaux. Raison de plus pour que les évêques et les prêtres laissent toute leur place aux laïcs sur le net. L’Action catholique consistait à évangéliser le même par le même, l’ouvrier par l’ouvrier, l’étudiant par l’étudiant, la femme par la femme, le patron par le patron, etc. Il nous faut retrouver cette intuition en ce qui concerne le net, et si ce n’est évangéliser le net, du moins évangéliser par le net. Seule la présence de chrétiens laïcs compétents et éclairés sur le net, s’exprimant en tant que chrétiens, pourra montrer qu’on ne peut réduire l'Église à sa hiérarchie et au pape.


       Permettez-moi de décliner quelques propositions en ce sens :

- Dans la jungle des offres gratuites et des possibilités médiatiques, les chrétiens doivent apparaître avec un plus. Ce « plus » n’est pas un gadget, c’est le levain absolument indispensable pour que la pâte monte, c’est la lampe dans la maison, c’est le phare dans la nuit du monde et de nos vies. Mais il est absolument nécessaire de venir sur le marché du net avec ce « plus ».

- L'Église ne peut pas toucher tout le monde, en même temps, avec les mêmes contenus, sur les mêmes médias. Elle ne peut pas apparaître avec un discours monolithique. Les vies sont diverses, le monde est segmenté, l'Église se doit de diversifier son offre. Qui veut-on rejoindre, où, comment, pourquoi et pour quoi faire, pour mener vers quoi ? Tout ceci ne doit-il pas être pensé avant toute création de site ?

- Bien mesurer avant toute mise en ligne de la manière dont telle ou telle image, tel ou tel propos pourra être entendu, reporté, colporté, interprété. On peut mettre en ligne en connaissance de cause, mais on ne devrait jamais être surpris par les réactions et courir après les démentis et les rectifications. Si l’on est surpris par une réaction, c’est que l’on a mal analysé la situation avant de parler, donc pas été suffisamment à l’écoute. Bien réfléchir avant, et être spontané et réactif malgré tout. Le web est la culture du spontané.

- Il y a plus de 25 ans je disais que les cathédrales du XXIesiècle seraient médiatiques. Aujourd’hui ces nouvelles cathédrales sont à construire sur le net. Dans l’histoire de l'Église, dans le même temps que la charité se faisait inventive pour répondre aux nouveaux besoins, les anciennes structures subsistaient. Pour nous aussi, tout en assurant la vie de nos paroisses et de nos diocèses, nous devons avoir le souci de continuer à être là où sont les gens, là où le monde change, et donc à nous rendre sur YouTube, MySpace, Facebook et autres. Ce n’est certes pas sans question, quelle forme de lien social se tisse entre les connectés ? Ces réseaux posent la question des frontières de l’intimité. Je ne ferai que mentionner les questions autour du rapport à la vérité et à l’identité, au temps et à l’espace, je l’ai déjà mentionné, le rapport à la culture, mais devons-nous être absent pour autant ?

- Ce ne sont pas les jeunes qui ne viennent plus vers l'Église, c’est l'Église qui est loin de leur monde. En surfant sur le net, en allant sur n’importe quel site de rencontre comme Facebook on se rend bien compte du besoin de communiquer, du besoin d’une rencontre et d’un dialogue authentiques. L’authenticité pour eux est signe de vérité. Nous devons donc promouvoir une présence chrétienne sur le web faite d’opérateurs, prêtres inclus, maîtrisant certes les techniques de communication, mais sachant aussi offrir des espaces pour la recherche, la rencontre, le dialogue, la prière.

- Réfléchir au branding visant à travailler la notoriété et l’image. Le pape Jean-Paul II savait poser des gestes symboliquement chargés de sens. Seule l’écoute du monde d’une part, et l’écoute du Dieu de l'Évangile d’autre part, peuvent permettre de nous positionner là on l’on ne nous attend pas, de surprendre, de faire tomber les idées fausses sur l'Église

     Ces diverses pistes ne doivent pas donner à penser qu’on peut résoudre les problèmes de communication de l'Église par de simples mesures de communication au risque d’être de ces « cymbales retentissantes » dénoncées par Saint Paul, de ces instruments qui sonnent creux. Il nous faut être d’abord et avant tout habité. « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface » disait l’écrivain Victor Hugo. « L’agir suit l’être », disait saint Thomas d’Aquin, et avant lui Aristote. Nous agissons selon ce que nous sommes. Nous donnons à voir ce que nous sommes.

     Certains croient qu'Internet n’est que du virtuel ou du superflu. Tous nous connaissons des prêtres, des évêques pour qui internet est le dernier de leurs soucis et continuent leur pastorale comme si internet n’existait pas. Or internet fait de plus en plus partie intégrante de la vie quotidienne. En n’y étant pas présent on se coupe d’une bonne partie de la vie des gens. Et lorsqu’on y est ce que l’on y donne à voir est inséparable de ce que l’on est. D’ailleurs, d’une manière naturelle, à moins d’être complétement paranoïaque, on prend ce que l’on perçoit pour la réalité ; et à moins d’être un parfait manipulateur, on donne à percevoir ce que l’on est. Il ne peut y avoir dichotomie complète entre l’être et le paraître dans l’esprit des gens, et je pense que nos sites et nos blogs disent beaucoup plus sur nous que nous ne l’imaginons.

     Ceci m’amène à aborder la question du témoignage, du témoignage chrétien, du témoignage du chrétien, de celui qui s’est laissé habiter par l’Esprit du Christ.

     Voici ce que dit Nietzsche des martyrs dans son ouvrage L’Antéchrist : « Le ton avec lequel un martyr jette à la face du monde ce qu’il "tient-pour-vrai" exprime déjà un niveau si bas de probité intellectuelle, une telle indifférence bornée pour le problème de la vérité, qu’il n’est jamais nécessaire de réfuter un martyr. […] On peut être assuré que sur ce point la modestie, la modération augmente en fonction du degré de conscience que l’on apporte aux choses de l’esprit. […] Les martyrs ont fait tort à la vérité… Maintenant encore, il suffit d’une persécution un peu rude pour donner un renom de respectabilité au plus banal des sectarismes. » Pour Nietzsche, le martyre n’est pas autre chose que l’expression d’un fanatisme. Mais s’il ne différencie pas le fanatique du vrai martyr, c’est bien parce que les vrais martyrs sont rares. Nietzsche dénonce « le ton avec lequel un martyr jette à la face du monde ce qu’il "tient-pour-vrai" ». Faisons donc l’examen des sites internet qui se déclarent « chrétiens ». Lesquels peuvent ne pas donner prise à une telle accusation ? Combien sont de vrais témoins du Christ ? Combien peuvent se dire exempts de vérités assénées, exempts d’autosatisfaction, de dogmatisme, de langue de bois, de raccourcis, d’aveuglements, et même de manques d’amour, d’espérance, de foi même ?

     Le concile Vatican II lorsqu’il traite de l’athéisme nous invite à faire notre examen de conscience à ce sujet : « Certes, ceux qui délibérément s’efforcent d’éliminer Dieu de leur cœur et d’écarter les problèmes religieux en ne suivant pas le « dictamen » de leur conscience ne sont pas exempts de faute. Mais les croyants eux-mêmes portent souvent à cet égard une certaine responsabilité. » (Gaudium et spes, 19)

     Un site internet chrétien doit s’occuper du monde et non se couper du monde. Il doit éviter la langue de bois, éviter d’être lui-même idéologue cherchant à imposer sa vérité. Un site doit être ouvert au dialogue et au débat tout en montrant qu’il ne transigera pas avec certains principes acceptés par tous et partout. Il doit se contenter de proposer la vérité du Christ, fermement, tendrement, humblement. Et s’il s’agit de rendre compte de l’espérance qui est en nous à ceux qui en demandent raison (cf. 1 Pierre 3, 15), que ce soit « avec douceur et respect » dit Saint Pierre.

     Le faux témoin du Christ cherche à exaspérer, cherche la provocation. Le vrai témoin du Christ, c’est sans le vouloir qu’il exaspère. Le site chrétien doit donc exaspérer sans provoquer. S’il vient à agacer, ce doit être comme on peut l’être soi-même lorsque notre conscience nous agace à nous pousser au bien et à éviter le mal. Le site chrétien se doit d’être un éveilleur de consciences en misant sur l’attrait de tout homme à la bonté, à la vérité, à la beauté.

     Nous avons parfois tendance dans l'Église à séparer l'Église et le monde, le sacré et le profane. C’est oublier que Jésus ne fait pas une telle distinction, ou plutôt, la distinction est autre, elle passe par la frontière de notre cœur. « Qui n’est pas contre nous est pour nous », dit-il aux disciples qui s’étonnent qu’il y ait des miracles chez les autres (Mc 9, 40). Ce qui invite à élargir l’espace de notre tente. Saint Augustin disait déjà au sujet de l'Église « beaucoup de ceux qui semblent en dehors sont au dedans et beaucoup qui paraissent au dedans sont en dehors. » (De bapt.V, 27) Et le Père François Varillon a cette formule lapidaire : « L'Église est le monde en tant qu’il accueille le don de Dieu ».

     A trop faire la distinction entre médias profanes d’un côté et médias intra-ecclésiaux de l’autre, on prend le risque de la ghettoïsation, de la victimisation, sans entendre ce que le monde a à dire de l'Église, ce qu’elle en comprend, comment elle le ressent, sans chercher non plus à savoir comment elle peut être présente à tous médias.

     Mais heureusement, plus que jamais, internet redistribue les cartes, nous fait descendre de notre piédestal, de notre chaire magistrale, nous fait sortir de nos ghettos, de nos sacristies. Pape, cardinaux, évêques, prêtres, fidèles laïcs, nous intégrons avec internet une agora, un espace libre et spontané où tout se dit sur tout, où tout le monde peut débattre de tout, une agora virtuelle où les internautes se font une idée sur tel ou tel sujet au gré de leur pérégrination, de leur recherche, voire de leur zapping. L’internaute catholique ne déroge pas à cette règle. Tout en adhérant librement à la foi de l'Église, il veut se faire une opinion par lui-même, être le seul juge de là où se trouve son bien. Il surfe donc sur le net en fonction de ses centres d’intérêt, de là où il en est dans sa quête, et il exerce son jugement en fonction de là où il en est dans sa foi et ses connaissances.

     Qu’un fidèle, ou que tout homme, se fasse son opinion par lui-même peut faire peur aux pasteurs que nous sommes. Nous aimerions protéger les plus faibles et les plus vulnérables. Mais il nous faut trouver des solutions autres que la censure et l’interdit pour cela. La censure est toujours une mauvaise réponse, même quand elle se pare des meilleures intentions du monde. Elle apparaît toujours comme erratique et arbitraire, et donc en fin de compte comme totalitaire. Or la vérité n’a pas besoin de nous pour s’imposer. Le concile Vatican II le rappelle : « la vérité ne s’impose que par la force de la vérité elle-même qui pénètre l’esprit avec autant de douceur que de puissance. » (Dignitatis humanae, 1) Un acte de foi qui ne serait pas un acte libre n’aurait aucune valeur. « dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. » (Gaudium et Spes, 17)

     Le pape Benoît XVI, dans sa dernière encyclique, nous invitait à lier « vérité » et « amour » dans nos vies. Il ne peut y avoir de vérité sans amour ni d’amour sans vérité. La vérité sans amour est froide et l’amour sans vérité est aveugle. Prévenir sans censurer, avertir sans interdire, expliquer plutôt qu’imposer, tel doit être notre souci pastoral en ce qui concerne tout site et blog se déclarant catholique ou administré par des catholiques. Nous ne serons crédibles que si nous témoignons de la vérité dans l’amour, de la vérité de l’amour, de l’amour dans la vérité.

     Le monde s’intéresse peu au fait que l'Église soit gardienne de la foi ou de sa foi – quelle religion n’a pas son instance de régulation et ne cherche pas à se protéger des déviances possibles en son sein ? Le monde attend de l'Église qu’elle vive d’une foi renouvelée, il attend de voir l’impact d’une telle foi dans la conduite du monde.

     Internet est aussi un outil, et comme tel il n’est pas porteur de morale. Mais il est utilisé par des hommes porteurs de morale, capables d’en user en bien comme en mal. Comme tout outil démultipliant les capacités humaines, il est porteur de menaces comme de potentialités. Tout dépend de l’usage qu’on en fait. La moralisation d’internet ne se fera pas sans la moralisation des hommes, et en premier lieu de nous-mêmes. Quel Christ donnons-nous à voir sur nos sites ?

     Ce que disait Paul VI dans Evangelii nuntiandi il y a trente-quatre ans peut être appliqué à internet : « Pour l'Église il ne s’agit pas seulement de prêcher l'Évangile dans des tranches géographiques toujours plus vastes ou à des populations toujours plus massives, mais aussi d’atteindre et comme de bouleverser par la force de l'Évangile les critères de jugement, les valeurs déterminantes, les points d’intérêt, les lignes de pensée, les sources inspiratrices et les modèles de vie de l’humanité, qui sont en contraste avec la Parole de Dieu et le dessein du salut. » (Evangelii nuntiandi, 19)

     Avant de terminer je voudrais souligner un point d’attention tout particulier, celui des plus pauvres je cite1 : «  L’une des (préoccupations) les plus importantes (…) se réfère à ce que l’on appelle aujourd’hui le « fossé numérique », une forme de discrimination qui divise les riches des pauvres sur la base de l’accès, ou du manque d’accès, aux nouvelles technologies de l’information.

     Les individus, les groupes et les nations doivent avoir accès aux nouvelles technologies afin de prendre part au bénéfice promis par le développement afin de ne pas rester encore plus en arrière. Il est impératif, je cite maintenant le Pape Jean-Paul II, « Il est impératif que le gouffre qui éloigne les bénéficiaires des nouveaux moyens d’information et d’expression de ceux qui n’y ont pas encore accès ne devienne pas une cause insurmontable d’injustice et de discrimination ».

     Tout comme la croix à son montant vertical et horizontal, ainsi doit être notre évangélisation sur la toile : horizontale par son étendue, verticale par sa profondeur et sa qualité.

     Pour terminer, permettez-moi de citer un écrivain français, Jules Renard : « Quelques gouttes de rosée sur une toile d’araignée, et voilà une rivière de diamants. » Puissent les quelques gouttes de rosées que nous déposons sur l’immense toile internet la transfigurer aux yeux de tous en rivière de diamants.

     Merci pour votre présence et votre attention.



     † Jean-Michel di Falco Léandri
     Évêque de Gap et d’Embrun
     Président de la CEEM
     Président du Conseil pour la Communication de la CEF




Notes

[1]« Éthique et Internet » (Publication du Conseil Pontifical pour les communications sociales, Cité du Vatican, le 22 février 2002)

09.05.2009

Lettre ouverte au Pape Benoît XVI d'un jeune de seize ans

Très Saint-Père,
 
Je m'appelle Charles, et je suis un lycéen de seize ans.

En me rendant il y a quelques semaines à la Messe un mardi soir, j'ai entendu ces paroles de l'apôtre saint Paul : « Je t'adjure devant Dieu et devant le Christ Jésus, qui doit juger les vivants et les morts, au nom de son Apparition et de son Règne : proclame la parole, insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte, avec une patience inlassable et le souci d'instruire. Car un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l'oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité et détourneront l'oreille de la vérité pour se tourner vers les fables. Pour toi, sois prudent en tout, supporte l'épreuve, fais œuvre de prédicateur de l'Évangile, acquitte-toi à la perfection de ton ministère. » (2 Timothée, 4)


 

Depuis, j'assiste avec consternation au lynchage médiatique dont vous faites l'objet, en pensant que saint Paul lui-même, à son époque,  a sans doute essuyé bien des affronts et bien des insultes en annonçant l'évangile. Le monde antique, cultivé et hédoniste d'il y a deux mille ans, était-il si différent du nôtre ?

Je voulais, Très Saint-Père, vous remercier pour votre courage. Je suppose qu'en plus de la charge écrasante que vous avez, il n'est pas facile de marcher à contre-courant, et de faire face au rouleau-compresseur idéologique qui essaie de nous broyer.
Merci de nous rappeler notre dignité d'enfants de Dieu : le monde dans lequel nous vivons voudrait tant nous uniformiser et nous assimiler à de simples éléments de statistiques !

Merci de nous redire souvent que nous sommes des êtres libres et responsables : certains seraient si heureux, en nous donnant du pain, des jeux, des pilules et des préservatifs, de faire de nous un peuple jouisseur et avili, esclave de ses pulsions et dépourvu de la volonté de s'élever. Un peuple facile à dominer, vivant dans un univers creux, fade et aseptisé…

Merci, en somme, de nous avoir rappelé que nous étions tout simplement des hommes, des êtres raisonnables, alors que tant d'intellectuels autoproclamés voudraient nous rabaisser au rang de nos amis à quatre pattes ; merci de m'avoir dit que si la pureté est une vertu difficile à pratiquer, il est tout de même possible de la vivre, et qu'elle nous aide à découvrir ce qu'est le véritable amour.

J'ai entendu un journaliste qui affirmait, il y a quelques jours, que la chasteté est une vertu impossible à pratiquer, et qu'il faut par conséquent renoncer à la montrer comme un modèle de comportement.

A quand le tour de l'honnêteté, de la courtoisie, de l'esprit de service, de la sincérité, de l'obéissance ? Quelle civilisation me prépare-t-on ?

Ce qui m'étonne, Très Saint-Père, c'est de voir tant de personnes attachées à la liberté, à l'égalité et à la fraternité (valeurs abstraites et difficiles à pratiquer, on ne le sait que trop), s'étrangler d'indignation lorsque vous parlez de fidélité, de chasteté et de continence, précisément parce que ce sont des valeurs abstraites et difficiles à pratiquer… Pourquoi la capitulation devant ce qui est ardu n'est-elle donc pas uniforme ?

Je veux continuer de croire, Très Saint-Père, que l'amour véritable est possible. Dans mon lycée, on nous apprend à mettre un préservatif et ensuite on nous dit que tout est permis, mis à part le viol. On ne nous parle plus de jeune fille, mais de « partenaire ». L'amour n'est plus un sentiment, une élévation, mais un ensemble de techniques et de procédés. Ce n'est plus un don, mais l'appropriation de l'autre.

Je veux continuer de croire que le plus beau cadeau que je pourrai faire à la femme qui partagera ma vie sera le fait de m'être réservé pour elle. Je sais, cependant, qu'on se moquera de moi ; on me traitera de tous les noms ; on me dira que je suis anormal et frustré…

Merci, Très Saint-Père, d'avoir soutenu indirectement, par vos propos en Afrique, tous les jeunes de par le monde qui, comme moi, vivent dans cet étau totalitaire en essayant de conserver des principes et des valeurs. Vous avez parlé au nom de celles et ceux qui, par la force des choses, sont souvent condamnés au silence…

Je connais mes faiblesses ; je connais me fragilités ; je ne suis pas meilleur que les autres. Par contre, avec l'enthousiasme de mes seize ans, je suis heureux d'avoir un idéal, un sommet à conquérir, une aventure à vivre. Et à tout bien réfléchir, la seule qui vaille la peine.

Ma prière vous accompagne. Puisse Dieu vous soutenir dans votre mission ! Nous avons besoin de la vérité et de la liberté que nous donne l'évangile pour transformer notre vie et pour suivre le Bon Dieu.

Le Bon Dieu, dont ne nous sommes pas les esclaves, mais les héritiers.

Recevez, Très Saint-Père, l'expression de mon filial attachement.

Charles

07.04.2009

Si ! Les risques d'échec du préservatif ont été identifiés et prouvés scientifiquement !

 

sida.montfort


Sida. Le vaccin de la vérité, ouvrage que j'ai publié en 1995 sous le pseudonyme de Thomas Montfort, a produit des preuves irréfutables du mensonge associatif et officiel sur le taux de fiabilité du préservatif. Il rassemblait une somme unique de témoignages médicaux, d'enquêtes scientifiques et d'informations techniques de sources diverses et de haut niveau dont les plus importantes ont été soigneusement cachées par les autorités publiques. En particulier


- Une étude de la University of Texas, Medical Branch. Effectuée par onze équipes sous l'autorité du professeur Susan Weller et intitulée Meta-analyse de l'efficacité du préservatif dans la réduction de la transmission sexuelle du Virus HIV, indiquait une efficacité globale de 69% sur un an pour 100 rapports dans l'année (in Soc.Sc.Med., vol.36, n° 12, pp.1635-1664, 1993).


- L'éditorial du New England Journal of Medicine du 11.8.1994 (volume 331 n° 6, p.391), qui rendait compte des travaux de la conférence internationale de Yokohama sur le sida (août 1994). Il a validé l'étude de synthèse du professeur Susan Weller; puis, à propos d'une enquête du Centre Européen pour la Surveillance Epidémiologique (CESE) du sida (en fait, une équipe de l'Hôpital national de Saint-Maurice) menée à l'initiative du ministre français de la Santé, il a exprimé le sentiment commun que « L'échantillon (des personnes suivies) n'était pas assez large pour écarter la possibilité d'une transmission dans un taux supérieur à 1,5% personnes-années parmi les utilisateurs réguliers du préservatif. » Ce que, dans un élan déjà mensonger, le pouvoir politique avait voulu faire croire par le biais d'une structure dépendante était sévèrement stigmatisé dans une instance internationale scientifique libre de toute pression. A noter que, rapporteure à Yokohama des travaux du CESE, la doctoresse Isabelle de Vincenzi concluait, dans la revue Biofutur de juin 1994 : « Le sexe sans risque (safe sex) exclut tout type de pénétration, avec ou sans préservatif, à la seule exception des relations entre partenaires non infectés et fidèles... Tout type de pénétration sexuelle avec une personne séropositive ou de statut sérologique inconnu comporte un risque potentiel... Des messages de prévention se donnant pour objectif, ne serait-ce qu'implicitement, d'atteindre un risque nul ne correspondent à aucune réalité ni psychologique, ni sociale, ni épidémiologique. » 


- Les révélations du chef de la section des Propriétés polymères du Naval Research Laboratory des USA, C.M. Roland : « La superficie des préservatifs apparait comme une surface couverte de cratères ayant un diamètre de 15 microns environ et d'une profondeur de 30 microns. Pire même, dans l'optique de la transmission du virus, nous avons découvert des canaux de 5 microns de diamètre, qui traversent la paroi de part en part. En d'autres termes, cela signifie qu'il existe des passages qui établissent un lien de communication entre l'intérieur et l'extérieur du préservatif et dont le diamètre est cinquante fois supérieur à celui du virus HIV. »


D'autres études citées corroborent ces vérités. Mais en 1995 déjà, au plus fort de la campagne de promotion du préservatif, il était impardonnable d'exprimer un point de vue contraire au discours officiel en la matière, et quiconque s'y aventurait était violemment pris à partie et qualifié de criminel. Pourtant, à l'occasion d'un recours en Conseil d'Etat intenté par une coordination d'associations (le C.I.D) contre sa circulaire du 15 avril 1996 relative à la prévention du sida en milieu scolaire, M. Bayrou, alors ministre de l'Education nationale, informé par les plaignants de la teneur des preuves scientifiques que révélait Sida. Le vaccin de la vérité sur la fiabilité dangereusement limitée du préservatif, a totalement esquivé le débat. Le gouvernement - en premier lieu le ministre de la Santé, M. Douste-Blazy - s'est bien gardé de citer l'ouvrage en justice ou même d'en contester publiquement le contenu. L'auteur s'attendait, pour le moins, à une volée de bois vert en provenance des instances officielles concernées mises nommément en cause, ainsi que des associations dites de prévention. Il n'en a rien été et la presse aux ordres, largement attributaire d'exemplaires du livre, a, pour sa part, entouré ce dossier accablant d'un mur de silence. Sida. Le vaccin de la vérité a été diffusé, dans le cadre d'une troisième édition, en 5000 exemplaires auprès des évêques d'Afrique francophone en 1996.


Aujourd'hui, ce livre n'a pas pris une ride. Il vient même d'être conforté en grande partie par un document des plus officiels, le Guide d'interventions prioritaires de l'OMS publié le 3 avril 2009. Ce Guide « regroupe les principales interventions dans le secteur de la santé que recommande l'OMS pour aider les pays, les bailleurs de fonds et toutes autres parties intéressées à mettre sur pied une riposte complète à l'épidémie de VIH/sida. Il fournit des informations techniques sur toute une série de sujets, de la procédure à suivre pour élargir les programmes de préservatifs, aux dernières normes et directives thérapeutiques. ». Au point 1.2.1.1 Promotion et soutien de l'utilisation du préservatif (p. 16), il y est écrit que « L'utilisation correcte et systématique du préservatif réduit le risque de transmission sexuelle du VIH de 80-90% ». Si l'utilisation en est correcte et systématique, c'est donc que le risque provient du « matériau » utilisé !


Alain Toulza, président du collectif Oui à la Famille, auteur du Meilleur des mondes sexuels



On peut se procurer les deux ouvrages-clés auprès de l'association Papa, Maman et Nous, 24 rue Louis Blanc, 75010 Paris

Sida. Le vaccin de la vérité, 121 pages (ed. F-X de Guibert) :15 €, port inclus (chèque au nom de PMN)


 

http://www.ethosdiffusion.com/catalog/images/8433.jpg


Le meilleur des mondes sexuels , 345 pages (ed. F-X de Guibert) : 25 €, port inclus (chèque PMN)

Les deux volumes : 35 €, port inclus (chèque PMN).

Lire aussi :

 

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avec d'autres liens au bas de l'article

06.04.2009

Vatican : Stupeur à la suite d'une décision belge

« Stupeur » du P. Lombardi à la suite d’une décision belge

Quid de la liberté d’expression ?

http://multimedia.pol.dk/archive/00331/APTOPIX_Angola_Pope_331396h.jpg


ROME, Vendredi 3 avril 2009 (ZENIT.org) -  Au nom de la liberté d'expression, le P. Lombardi dit sa « stupeur » devant une résolution approuvée le 2 avril par la Chambre des Représentants de Belgique visant à protester officiellement auprès du Vatican contre les propos de Benoît XVI sur le préservatif, le 17 mars, dans l'avion qui le conduisait au Cameroun.

Les évêques de Belgique soulignent le sens du message du pape : « Sans une éducation à la responsabilité sexuelle, les autres moyens de prévention resteront déficients ».

Au micro de Radio Vatican, dont il est directeur, ainsi que de la salle de presse du Saint-Siège et du Centre de télévision du Vatican, le P. Federico Lombardi, a déclaré :

« La résolution de la Chambre belge des députés suscite la stupeur étant donné que dans chaque pays démocratique apparaît comme évidente la liberté du Saint-Père et de l'Eglise catholique d'exprimer leurs positions et lignes d'action sur des sujets qui ont un lien évident avec la vision de la personne humaine et de sa responsabilité morale, avec les persectives d'engagement à l'éducation et à la formation des personnes, avec le service des malades et des personnes souffrantes ».

« La grande tradition et la grande expérience de l'Eglise dans les domaines de la formation et de la santé en particulier, y compris dans les pays les plus pauvres, sont si évidentes, que cela n'a pas besoin d'être démontré ou commenté »,

a en outre fait observer le P. Lombardi.

Il a posé la question de l'objectivité des jugements « occidentaux » émis sur les propos du pape :

« On en vient aussi à se demander si les positions du Saint-Père ont été considérées avec une attention et un sérieux suffisant ou plutôt à travers le filtre non-objectif ni équilibré des échos qu'ils ont eus dans les media occidentaux ».

Pour leur part, les évêques catholiques de Belgique appellent aujourd'hui à une « réflexion sereine ».

« Nous prenons acte du vote par la Chambre des Représentants d'une résolution déclarant "inacceptables" les déclarations du Pape concernant la lutte contre le sida. Nous respectons le caractère démocratique de cette décision, mais en regrettons la teneur »,

déclarent les évêques.

Et d'expliquer :

 « Elle ne tient pas compte de ce que Benoît XVI a réellement voulu exprimer : sans une éducation à la responsabilité sexuelle, les autres moyens de prévention resteront déficients ».

« Nous espérons qu'à l'approche de Pâques, la polémique émotionnelle s'apaisera. Ce dont notre pays et l'Afrique ont avant tout besoin, est d'une réflexion sereine sur tous les moyens à mettre en œuvre pour faire reculer l'épidémie du sida »,

concluent les évêques de Belgique.

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