01.10.2009
La banque du Vatican a un nouveau patron ultralibéral: Ettore Gotti Tedeschi
La banque du Vatican a un nouveau patron ultralibéral: Ettore Gotti Tedeschi
Le nouveau président de l’IOR est fermement partisan d'un capitalisme d'inspiration chrétienne. Selon lui, les naissances nombreuses sont le premier moteur de l'économie. Au même moment, en Italie, un autre changement important se prépare à la tête des médias appartenant à l'épiscopat
par Sandro Magister

ROME, le 1er octobre 2009 – En août et septembre a eu lieu la dramatique éviction de Dino Boffo, directeur unique des médias appartenant à l’Eglise catholique en Italie. Pendant ce temps-là, sur l’autre rive du Tibre, se préparait, en silence et calmement, le changement de patron d’un autre organisme clé, l’IOR, Institut pour les Œuvres de Religion, la banque du Vatican.
A vrai dire, l’IOR vit lui aussi des moments difficiles. Un livre décrivant ses méfaits - nombreux documents irréfutables à l’appui - figure depuis des mois parmi les best-sellers. Ce n’est pas l’IOR en tant que tel qui y est montré du doigt, mais ses moutons noirs de naguère, messeigneurs Paul Marcinkus et Donato De Bonis. Le livre présente le banquier Angelo Caloia, président de l’IOR depuis 15 ans, comme un chevalier blanc, un homme courageux qui a chassé les crapules, nettoyé les écuries d’Augias et rendu à la banque du pape une image de vertu. Son départ et la nomination de son successeur Ettore Gotti Tedeschi (photo) ont été annoncés sur fond de paix et d’estime mutuelle entre les deux hommes, le 23 septembre au matin.
Le même jour, les dirigeants - 30 cardinaux et évêques de premier plan - de la conférence des évêques d’Italie (CEI) étaient réunis à Rome à huis clos pour discuter de nombreux sujets et notamment de la succession de Boffo. Mais jusqu’à présent aucune orientation unitaire n’est sortie de ce sommet ou des conciliabules des jours suivants.
Boffo était bien plus qu’un professionnel des médias : c’était le "projet culturel" du cardinal Camillo Ruini en termes de communication, l’intermédiaire à travers lequel le message de l’Eglise devenait "culture populaire".
Pendant 16 ans, de 1991 à 2007, Ruini a été président de la CEI. Avec lui, l’Eglise est redevenue un acteur majeur dans la sphère publique, comme elle ne l’avait jamais été auparavant. Son projet était la transposition parfaite à l’Italie de la vision planétaire de Jean-Paul II.
Son départ a redonné du tonus à ceux qui, parmi les évêques, le clergé, les laïcs catholiques et à la secrétairerie d’état du Vatican, sont opposés à son projet. C’est Boffo qui leur résistait, aux commandes du quotidien "Avvenire", de la télévision Sat 2000, des radios. Maintenant qu’il est parti lui aussi - renversé par le "Giornale" de Vittorio Feltri et Silvio Berlusconi mais également attaqué par des catholiques influents qui ont figuré parmi ses meilleures signatures, de Vittorio Messori à Giovanni Maria Vian, l’actuel directeur de "L'Osservatore Romano" - le choix de son successeur indiquera aussi dans quelle direction la hiérarchie catholique italienne veut marcher.
***
A l’IOR, c’est tout différent. Le changement a déjà été réalisé, en toute transparence, par la volonté de la secrétairerie d’état et avec l’accord de Benoît XVI.
Les biographies d’Angelo Caloia étaient succinctes, ses actes publics rarissimes et sa pensée insondable. Son successeur à la tête de la banque du Vatican est à l’opposé : d’Ettore Gotti Tedeschi on connaît toute la vie, les sympathies, les fréquentations, l’agenda et les idées.
Son dernier acte public avant sa nomination date du 19 septembre, au Palazzo della Borsa, à Gênes. Lui et le cardinal Angelo Bagnasco, archevêque de la ville et président de la CEI, ont discuté de l'encyclique "Caritas in veritate" de Benoît XVI. Il a affirmé que l'actuelle crise mondiale de l'économie "vient de ce que l’on n’a pas suivi les indications d’'Humanae vitae', c’est-à-dire qu’elle vient de la négation de la vie et du blocage des naissances".
Gotti Tedeschi avait déjà exprimé cette idée dans un éditorial publié par "L'Osservatore Romano" du 6 juin. Si la domination économique du monde va passer de l'Occident à la Chine, écrivait-il, c’est en raison de la différence dans les taux de natalité et de densité de population. L'évolution démographique détermine l’augmentation ou la diminution de la capacité de production d’une économie.
Gotti Tedeschi a cinq enfants, "d’un seul mariage" précise-t-il. Il vit à la campagne près de Piacenza, dans la région où il est né il y a 64 ans, à Pontenure, non loin du Pô. Le matin, il se lève très tôt, comme un moine. A l’aube, il arrive à Milan dans sa BMW. Il lit les journaux dans son bureau de président pour l’Italie de Banco Santander, la première banque privée d'Europe, appartenant à une famille laïque espagnole, les Botín. Puis il va à la messe, tous les matins sans exception.
Il enseigne l’éthique de la finance à l'Université Catholique de Milan. Mais il est aussi conseiller de la banque San Paolo de Turin et de la Cassa Depositi e Prestiti, bras opérationnel du ministère du Trésor.
Le 23 septembre, alors que le Vatican annonçait qu’il était nommé président de l’IOR, Gotti Tedeschi participait, à Rome, à une réunion décisive de la Cassa, portant sur l’approbation d’un plan industriel de 50 milliards d’euros en infrastructures et en logements populaires. La Cassa est l’enfant chéri de Giulio Tremonti, l'actuel ministre du Trésor, dont Gotti Tedeschi est le conseiller "pour les problèmes économiques, financiers et éthiques dans les systèmes internationaux", un poste créé spécialement pour lui.
Avant sa nomination, Gotti Tedeschi n’avait jamais mis les pieds à l’IOR et ne s’en était jamais occupé. Mais, depuis quelque temps, on le voyait souvent au Vatican. Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’état, l'avait appelé à l’aide, il y a un an, pour redresser la gestion financière du Gouvernorat de la Cité du Vatican, dont les comptes ont été dans le rouge en 2008 pour plus de 15 millions d’euros.
Le traitement paraît avoir réussi. Le principal responsable de la mauvaise gestion, Mgr Renato Boccardo, secrétaire général du Gouvernorat, a été nommé évêque de Spolète et Norcia, alors qu’il espérait une nonciature de tout premier plan et avait refusé pour cette raison celle de Vienne. Il a été remplacé par le lombard Carlo Maria Viganò, qui sera bientôt promu au poste le plus élevé du Gouvernorat, à la place de l'actuel numéro un, le cardinal Giovanni Lajolo.
En tant que banquier, Gotti Tedeschi s’est formé sur ce bateau-école de la grande finance internationale qu’est l'américain McKinsey. En tant que catholique, de "superficiel" qu’il était, il est devenu fervent dans les années 60, sous la direction spirituelle de Giovanni Cantoni. Deux livres ont fait connaître sa pensée au grand public : "Denaro e Paradiso" (Argent et Paradis), publié en 2004 avec une préface du cardinal Giovanni Battista Re, et "Spiriti animali. La concorrenza giusta", (Esprits animaux. La bonne concurrence), édité par l'université Bocconi et préfacé par Alessandro Profumo, président d’Unicredit, la première banque italienne en Europe,.
Parmi ses actes publics, d’autres sont moins importants mais tout aussi révélateurs. En 2007 Gotti Tedeschi, le plus catholique des banquiers, a signé un manifeste ultralibéral en 13 points lancé par l'ancien secrétaire du très laïc parti radical, Daniele Capezzone. Ce manifeste proposait une "flat tax" unique à 20 %, le présidentialisme sur le modèle américain ou français, le crédit d'impôt pour la santé et l’école, l'obligation pour les agents de la fonction publique de payer les dégâts qu’ils auraient causés, la retraite à 65 ans, la détaxation des heures supplémentaires, l'abolition des ordres professionnels et de la valeur légale des diplômes.
Gotti Tedeschi a proposé, il y a quelques années, d’attribuer le Nobel d'économie à Jean-Paul II pour l’encyclique "Centesimus annus" et, plus récemment, à Benoît XVI pour "Caritas in veritate", texte à la rédaction duquel il a lui-même participé.
Cette année, il a aussi proposé pour le Nobel le premier ministre britannique Gordon Brown, parce que celui-ci a appuyé dans "L'Osservatore Romano" sa proposition, grandiose et "avantageuse" pour tous, d’investir dans les pays pauvres en faveur de ces deux ou trois milliards d’hommes qui n’attendent que d’améliorer leur vie.
L’IOR paraît trop limité pour un nouveau président aux projets si vastes et si explosifs. Mais l'aventure ne fait que commencer.
Les précédents articles de www.chiesa à propos de l’IOR et d’Ettore Gotti Tedeschi :
> Tout l'argent de Pierre. Vices et vertus de la banque du Vatican (15.6.2009)
> Crise financière. La bonne nouvelle arrive du Vatican (27.2.2009)
> Pour l'argent de Pierre, c'est le calme dans la tempête (30.1.2009)
> L'encyclique sur la doctrine sociale peut attendre. Pas le pari sur les pays pauvres (5.12.2008)
> Un banchiere cattolico insegna come produrre ricchezza per il Regno dei Cieli (11.10.2004)
Et les précédents articles de www.chiesa à propos de l’affaire "Avvenire":
> "Avvenire" a deux lecteurs qui ne sont pas d'accord entre eux: l'épiscopat et le Vatican (10.9.2009)
> Dino Boffo lascia "Avvenire". "Per gli interessi della mia Chiesa" (3.9.2009)
> L'Eglise, Obama et Berlusconi. La confusion au pouvoir (31.8.2009)
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www.chiesa
15:39 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paul marcinkus, dei, giovanni maria vian, osservatore romano, benoit xvi, palazzo della borsa, silvio berlusconi, vittorio messori, vatican, banque, ettore gotti tedeschi, ior, capitalisme, italie, dino boffo, eglise catholique, tibre, institut pour les oeuvres de religion, best-sellers, donato de bonis, angelo caloia, pape, cardinaux, eveques, rome, conference des eveques d italie, projet culturel, camillo ruini, communication, culture populaire, jean paul ii, avvenire, sat 200, radios, il giornale, vittorio feltri, genes, angelo bagnasco, caritas in veritate, crise mondiale, conomie, humanae vitae, naissances, avortement, chine, occident, piacenza, pontenure, medias, episcopat |
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22.09.2009
Les évêques italiens à l'heure d'un choix décisif
A prendre ou à laisser. Les évêques italiens à l'heure d'un choix décisif
L'enjeu est le "projet culturel" conçu et réalisé par les cardinaux Ruini et Scola. Certains le considèrent comme mort. Mais les faits prouvent qu'il est plus vivant que jamais. Avec trois grandes nouveautés: une proposition au pays sur "l'urgence éducative", une nouvelle école de théologie consacrée à une société "plurielle", un colloque international sur "Dieu aujourd'hui"
par Sandro Magister
ROME, le 21 septembre 2009 – Le groupe dirigeant de la conférence des évêques d’Italie, CEI, se réunit ce soir à Rome pour l’habituelle session de début d’automne, alors qu’est encore fort le choc provoqué par la démission du directeur d’"Avvenire", le journal de la CEI, Dino Boffo, qui a été l’objet, malgré son innocence, d’attaques publiques contre sa personne.
Pendant cette tempête, la hiérarchie de l’Eglise, en Italie comme au Vatican, s’est montrée divisée et désorientée. En effet l'attaque contre "Avvenire" a aussi été employée par certains contre la ligne que représentait le journal : celle du cardinal Camillo Ruini, président de la CEI pendant quinze ans, jusqu’en 2007, et du "projet culturel" qu’il a conçu et réalisé, en grande partie à travers le journal dirigé par Boffo.
Mais que cette ligne soit en voie de liquidation, voilà qui est contredit par divers signaux – tous survenus ces jours-ci – qui en montrent la vitalité.
***
L’un de ces signaux est la large diffusion en Italie, à partir 17 septembre, d’un livre réalisé par le comité pour le projet culturel de la CEI, intitulé : "La sfida educativa", le défi de l’éducation.
Ce livre se présente comme un rapport sur ce qui a été appelé, y compris par Benoît XVI, "l’urgence éducative". Un rapport, donc, sur la dramatique incapacité dont fait preuve la société actuelle en matière d’éducation des nouvelles générations.
Mais ce n’est pas qu’un rapport descriptif et analytique, c’est aussi une proposition quant à la façon de faire face à cette urgence et de relever le défi avec succès. Dans la préface, le cardinal Ruini écrit que ce qui est en jeu, ce sont "les bases de l'existence de l'homme et de la femme, le sens même que nous attribuons à l'être humain et à notre civilisation".
Le défi de l’éducation ne concerne donc pas seulement la famille, l’école, l’Eglise, mais la société dans son ensemble. Au fil des chapitres, le livre l’étudie, grâce à différents spécialistes, dans les différents domaines, y compris le travail, l’entreprise, la consommation, les médias de masse, le spectacle, le sport.
La question de l'éducation sera l'axe majeur de l'action pastorale de l’Eglise en Italie pendant la décennie 2010-2020, comme l’a décidé la conférence des évêques. Mais, avec le projet culturel, son but est d’arriver à impliquer tout le pays. Une preuve en est que l’édition de "La sfida educativa" a été confiée à un éditeur non pas catholique mais "laïc" par antonomase, Laterza.
C’est justement dans les bureaux romains de Laterza qu’aura lieu, le mardi 22 septembre, la présentation officielle du livre. Seront présents le cardinal Ruini, le ministre de l’Education Nationale, Mariastella Gelmini, la présidente de la confédérationale patronale Confindustria, Emma Marcegaglia. Le président de la maison d’édition, Giuseppe Laterza, sera le modérateur.
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Un deuxième signal a pour épicentre Venise et pour inspirateur également un cardinal : non pas Ruini mais Angelo Scola, patriarche de la ville.
Les deux prélats – ce n’est pas un hasard – font partie du comité pour le projet culturel institué par la CEI en 2008, avec Ruini comme président. Scola, à Venise, est la preuve vivante que le projet culturel peut être réalisé dans un diocèse type sous des formes originales, avec créativité et avec fruit.
Le 15 septembre le cardinal Scola a ouvert à Venise un congrès international intitulé "La société plurielle", avec comme orateurs des spécialistes italiens et étrangers de diverses disciplines, catholiques ou non, de Massimo Cacciari à David Novak, d’Ottfried Höffe à Cesare Mirabelli, d’Ignazio Musu à Steve Schneck.
Le congrès a marqué les débuts à Venise d’un nouveau centre d’études appelé "Alta Scuola Società Economia Teologia" (ASSET), dont le but est de faire interagir les diverses disciplines, théologie comprise, dans le traitement des questions cruciales d’un monde culturellement "pluriel".
En ouvrant le congrès, Scola a invité les chrétiens à identifier et proposer le "terrain commun" sur lequel pourraient être réalisés des "compromis nobles" entre des positions différentes. Etant entendu que les chrétiens eux-mêmes ont le devoir, à chaque fois que le compromis n’est pas possible, comme dans le cas de l’avortement ou de la famille, de recourir à l'objection de conscience et en tout cas de poursuivre leur "témoignage" à haute voix dans la société, dans l’espérance d’un changement positif.
L’ASSET est la dernière-née d’une série d’initiatives lancées au cours des cinq dernières années par le cardinal Scola et réunies sous l'égide du Studium Marcianum, du nom du saint patron de Venise, l'évangéliste Marc, parmi lesquelles la revue internationale "Oasis". Elle fonctionnera à travers des séminaires, des laboratoires culturels, des cours d’été, des publications, des enseignements annuels. Le cours inaugural, le 17 décembre, sera assuré par le philosophe Robert Spaemann, de l'université de Munich.
***
Quelques jours plus tôt, le 10 décembre, le même Spaemann prendra la parole lors d’un grand colloque organisé à Rome par le comité pour le projet culturel de la CEI, c’est-à-dire toujours par Ruini.
Nous arrivons ainsi à un troisième signal.
Ce colloque aura pour titre : "Dieu aujourd’hui. Avec lui ou sans lui, cela change tout". www.chiesa en a déjà parlé. Il y a une impressionnante coïncidence entre le sujet de ce colloque et ce que Joseph Ratzinger a défini comme la "priorité" de son pontificat : "rendre Dieu présent dans ce monde et ouvrir aux hommes l’accès à Dieu". A plus forte raison en un temps "où, dans de vastes régions du monde, la foi risque de s’éteindre, comme une flamme qui ne trouve plus d’aliment".
Le 9 septembre, le cardinal Ruini – présentant à Milan un livre dans lequel il dialogue avec l'intellectuel laïc Ernesto Galli della Loggia – a souligné l'importance de ce prochain colloque sur Dieu.
A cette occasion, le directeur de "L'Osservatore Romano", Giovanni Maria Vian, a rappelé, à sa table, qu’à l’origine, il y a dix ou quinze ans, le projet culturel lancé par Ruini était considéré comme un "oiseau rare", personne ne sachant ce que c’était et où il se trouvait.
Le recteur de l'Université Catholique du Sacré-Cœur, Lorenzo Ornaghi, lui a répondu qu’en réalité le projet culturel s’est ensuite révélé être "un gigantesque effort de transformation du message chrétien en culture populaire".
L'Université Catholique a été et est encore un foyer de ce projet. Ce n’est pas un hasard si la nomination puis la confirmation du "ruinien" Ornaghi comme recteur ont été parmi les épisodes les plus agités de l’histoire de l’Eglise d’Italie au cours des dernières années.
Un autre outil essentiel du projet culturel a été et reste "Avvenire". Ce n’est pas un hasard si les adversaires d’Ornaghi ont aussi été ceux qui, pendant la même période, se sont opposés à Boffo en tant que directeur du journal des évêques, faisant circuler contre l’un et l’autre de fausses accusations infâmantes. www.chiesa en a également parlé dans de récents articles.
Le choix du successeur de Boffo à la direction d’"Avvenire" sera donc révélateur de la volonté ou non de la conférence des évêques d’Italie de continuer dans le sillon du projet de Ruini.
Il est certain que le cardinal Ruini a toujours agi en accord évident et avec le plein appui du pape actuel, mais aussi du prédécesseur de celui-ci.
Il en est de même pour l'actuel président de la CEI, le cardinal Angelo Bagnasco. Il s’est entretenu vendredi dernier avec le pape Benoît XVI, en vue du conseil permanent qui commence ce soir et de son discours inaugural très attendu.
Le site web du "projet culturel" organisé par l’Eglise d’Italie, avec la présentation du rapport-proposition sur l'éducation et le programme du colloque international sur "Dieu aujourd’hui" :
> Progetto culturale
Le nouveau centre d’études inauguré à la mi-septembre à Venise par le cardinal Angelo Scola :
> Alta Scuola Società Economia Teologia. Studi sulla società plurale
Et la fondation qui organise toutes les initiatives culturelles du patriarcat de Venise, entre autres la revue internationale "Oasis" :
> Fondazione Studium Generale Marcianum
Un précédent article de www.chiesa concernant le "projet culturel" de l’Eglise d’Italie et le cardinal qui l’a conçu :
> L'Eglise libre dans l'état libre. Selon Ruini (14.9.2009)
Les articles de www.chiesa à propos de l’affaire "Avvenire" :
> "Avvenire" a deux lecteurs qui ne sont pas d'accord entre eux : l'épiscopat et le Vatican (10.9.2009)
> Dino Boffo lascia "Avvenire". "Per gli interessi della mia Chiesa" (3.9.2009)
> L'Eglise, Obama et Berlusconi. La confusion au pouvoir (31.8.2009)
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
16:43 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : eveques, progetto culturale, projet culturel, conference des eveques, cei, rome, avvenire, dino boffo, vatican, camillo ruini, la sfida educativa, benoit xvi, societe, urgence educative, civilisation, ecole, famille, eglise, livres a lire, medias, pastorale, laterza, mariastella gelmini, confindustria, emma marcegaglia, giuseppe laterza, venise, dioceses, societe plurielle, massimo cacciari, alta scuola societa economia teologia, asset, studium marcianum, seminaires, ignazio musu, steve schneck, saint marc, david novak, ottfried hoffe, cesare mirabelli, culture, avortement, oasis, munich, theologie, objection de conscience, laboratoires, cours d ete, robert spaemann, italie |
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25.06.2009
LA COMMUNICATION DE L’EGLISE - RADIOS CATHOLIQUES ET NOUVELLES TECHNOLOGIES POUR LA MISSION (fin)
Entretien avec le Professeur l'Abbé José Maria La Porte,
expert des Fondements de la Communication Institutionnelle de l'Eglise
à l'Université Pontificale de la Sainte Croix (Santa Croce)
Comment aborder la communication du point de vue ecclésial ?
Pour certains aspects, l'Eglise communique depuis deux mille ans, ce n'est pas une nouveauté. Elle a communiqué avec la prédication, avec les Pères de l'Eglise, avec les Saints qui ont écrit, avec les biographies ; elle a communiqué avec l'art.
Et à présent, quels sont les traits distinctifs de la communication institutionnelle de l'Eglise?
Il faut voir, à présent, au XXI° siècle, comment réussir à mieux communiquer en exploitant les moyens que nous avons à notre disposition. Communiquer institutionnellement l'Eglise, veut dire approfondir les éléments essentiels de sa propre identité, et chercher à les faire devenir culture ; étant donné que, au XXI° siècle, la culture est « médiatique », il faut communiquer la foi institutionnellement et médiatiquement ; ne pas utiliser seulement les moyens pour proclamer l'Evangile, certes, mais aussi créer une culture. En ce sens, le « projet Culturel » de la Conférence Episcopale Italienne est intéressant.
Et comment ?
L'Eglise communique comme sujet de communication quand elle réalise la communication par ses propres canaux officiels, et, comme objet de communication, quand elle devient un thème de la communication, comme dans le cas de journaux ou de radios ou de télévision ou de pages web, qui n'ont rien à voir avec l'Eglise, mais qui parlent d'elle, d'aspects liés à sa mission. En ce sens, si l'Eglise réussit à créer une image adéquate, elle réussira à présenter la foi de manière adéquate, y compris dans des contextes apparemment différents. Dans les deux cas, comme objet et comme sujet, l'Eglise a de très grandes possibilités de communiquer la foi, de manière adéquate.
De quelle manière l'Eglise Catholiques, par ses représentants, communique-t-elle aujourd'hui le Message dont elle est dépositaire ?
L'Eglise intervient dans le débat public, de manière officielle, par ses représentants. Cette communication officielle a un rôle, contre contrepoint moral du débat public. Mais il existe aussi une communication non officielle, également importante, en ligne avec le Concile Vatican II, que réalisent les fidèles laïcs, soit parce qu'ils prennent part aux moyens de communication, soit parce qu'ils sont destinataires de l'information.
Quel est le rôle des laïcs ?
Par leur rôle professionnel dans les moyens d'information, ils peuvent réaliser un journalisme ouvert à la charité, et réussir à proposer la foi de manière attrayante. Ils ont aussi un rôle essentiel comme destinataires de la communication des moyens de communication, parce qu'ils seront critiques avec les nouvelles qui ne présenteraient les qualités requises, quand on parle de foi.
Quelle valeur a (et a eu) le langage utilisé, et comme change-t-il selon les différents moments que traversent la société et la culture, et selon les endroits où travaille l'Eglise?
Le langage est une clef, et il l'a toujours été dans l'histoire de l'Eglise. Il fait partie des problèmes institutionnels, mais il est aussi un point positif ; il y a le fait d'avoir un « dépôt » qui ne peut changer, un dépôt qui est dynamique et statique en même temps ; dynamique, parce qu'il sert de source d'inspiration ; et statique, parce qu'il devient un point ferme, comme un indicateur, comme un signal dans la voie de l'histoire.
Par exemple ?
Saint Paul, dont les Lettres ont été décisive dans le genre littéraire épistolaire, de nombreux mouvements artistiques qui se sont créés comme fruit de la foi des gens au cours des siècles, la Chapelle Sixtine elle-même, ont, à la racine une source d'inspiration qui est le Message révélé, une sève qui alimente les possibilités d'expressions et les possibilités artistiques des hommes, et les élève à un niveau supérieur.
En est-il ainsi au XXI° siècle?
La particularité du XXI° siècle, c'est que l'Eglise doit parvenir à transmettre ce dépôt qu'elle possède, dans un contexte médiatique, sans avoir peur, tout comme elle n'a pas eu peur auparavant. Actuellement, la société est sécularisée, et il y a des problèmes complexes ; mais, même quand l'Eglise a commencé à se servir de l'imprimerie, de la presse, par exemple, il y avait les guerres de religion, des problèmes sociaux, et tout un continent à peine découvert, et, toutefois, même dans ce contexte difficile, l'imprimerie, la presse, a servi à répandre la Bible.
Comment se relient le langage des moyens de communication et le langage de la foi?
La foi est capable de vivifier chaque réalité humaine, y compris les moyens qui se sont développés durant les dernières décennies. Le langage est une clef, et chaque moyen qui doit vivifier ce langage est créé et développé et a un langage propre. Pour sa part, la foi a une dynamique et une nature particulières et elle doit l'amener au-delà ; il ne s'agit pas seulement d'une adaptation mutuelle ; mais la foi devient un vrai moteur de développement des langages de la communication. Il y a un langage des moyens de communication qui doit être vécu, qui doit être relié avec le langage humain et avec le langage de la foi ; il faut les mettre en rapport, parce que tous les trois sont des sources créatives. Le résultat de cette interaction est beaucoup plus que la simple somme de tous les trois.
Mais la communication du Message chrétien n'est pas seulement institutionnelle...
Quand l'Eglise communique du point de vue institutionnel, elle doit trouver des moyens pour présenter cette communication, trouver des exemples et des témoignages où ce message est incarné dans les personnes. Pour communiquer la fidélité matrimoniale, un communiqué ne suffit pas ; l'expérience d'un couple qui a célébré 50 années de mariage est probablement plus utile ! De cette manière, on parle d'amour et aussi de foi.
Quelle est l'influence de l'expérience vécue des nombreux témoins de la foi?
Quand le chrétien travaille dans les moyens de communication, ou est spectateur de ces moyens de communication, il doit savoir montrer de manière authentique sa propre foi et ne pas avoir peur. Il faut trouver, comme stratégie de communication institutionnelle aussi, la foi incarnée dans les personnes, c'est-à-dire faire voir et toucher comment la Grâce de Dieu agit dans les personnes concrètes, parce qu'elle renvoie à l'Eglise et à Dieu. L'expérience, par exemple, des volontaires ou des missionnaires, exprime non seulement la solidarité et le désir de bien faire leur travail là où ils se trouvent, mais laisse entrevoir une autre perspective, la foi en Dieu, vraie motivation pour consacrer sa vie aux autres. Le problème, c'est de trouver des exemples de ces personnes qui, par leur attitude et leur manière d'agir, te font entrevoir le mystère de Dieu, te changent, et t'aident. Il faut surtout trouver des exemples de jeunes qui travaillent et se dévouent concrètement.
De nombreux côtés, se manifeste la critique contre l'Eglise Catholique d'être peu moderne et même d'être obscurantiste, trop conservatrice : les méthodes de communication de l'Eglise sont-elles actuelles et adaptées aux exigences de l'homme du Troisième Millénaire ?
Le thème religieux, y compris pour les moyens de communication, n'a pas vu diminuer son intérêt. Au fond, c'est un préjugé de penser que l'Eglise est obscurantiste, une préjugé fondé sur la logique minorité/majorité. Pour moi, en ce moment, les vrais progressistes sont les chrétiens, parce qu'ils n'ont pas peur de changer des choses que certains considèrent comme inamovibles. S'il y a quelqu'un de progressiste et qui se défie de la raison, c'est précisément le chrétien qui vit la foi de l'Eglise, comme le montre le Discours de Ratisbonne, où Benoît XVI n'a pas eu peur de parler de foi et de raison. Il est obscurantiste celui qui ne veut pas mettre sur le terrain la raison, dialoguer, affronter les vrais problèmes.
Mais pensez-vous que ces idées sont communiquées ?
Il y a du chemin à faire. C'est là, certainement, pour l'Eglise, un moment passionnant pour communiquer. La foi n'est pas bien vue de la part d'un secteur de la société, qui, souvent, n'est pas ouvert aux questions essentielles de l'homme, un secteur qui alimente des groupes de pression très souvent minoritaires, alors que les personnes réelles voient la foi d'un bon œil : un exemple est la mort de jean Paul II. Comme le déclare un Consulteur du Conseil Pontifical pour les Communications Sociales, il y a une différence entre l'opinion publique et l'opinion publiée, c'est-à-dire que bien souvent ce qui est publié ne reflète pas du tout l'opinion des gens du commun.
Les méthodes de communication de l'Eglise sont-elles actuelles et adaptées aux exigences de l'homme du Troisième Millénaire?
Je crois que les moyens officiels de communication de l'Eglise, même s'ils se sont grandement développés, ont encore du chemin à faire, alors que l'initiative des catholiques pris en particulier est vraiment à l'avant-garde. Sur Internet, par exemple, il y a beaucoup de choses, même petites, une partie de la vie elle-même, des nouvelles, des blogs, des forums sur l'Eglise et sur le pape, un mouvement qui part du bas et qui va de l'avant du point de vue de la communication.
Dans quelle direction l'Eglise peut-elle améliorer et développer ses capacités dans le domaine de la communication ?
Avant tout, par la formation des personnes qui travaillent dans les bureaux qui font la communication institutionnelle, par la sensibilité de la communication et par l'amour pour la profession de journaliste ; ensuite, en formant les laïcs qui travaillent dans les milieux de la communication, en leur donnant un soutien pour vivre leur foi en toute intégrité. Enfin, en aidant à la formation d'un critère moral chez tous ceux qui bénéficient des moyens de communication. Le problème consiste à aider les chrétiens à exprimer leur foi de mille manières possibles.
La nécessité d'utiliser les moyens de communication sociale et les nouvelles technologies risque-t-elle d'affaiblir la force du Message chrétien ?
Jamais comme aujourd'hui, le Message de la foi n'est parvenu à arriver en tous lieux. L'Eglise réussit à arriver beaucoup plus loin qu'auparavant. De toute façon, les moyens de communication sociale ne sont pas des moyens absolus ; Internet ne pourra pas remplacer la diffusion personnelle de la foi, parce que la foi aura toujours besoin du rapport humain, du témoignage, d'une catéchèse, d'un parcours, d'une communauté des croyants.
Comment se comporte alors un bon « medium » catholique ?
Le « medium » par excellence est ce qui se pense et se conçoit comme complément et comme service ; un site Internet catholique peut aider les personnes à s'approcher de la foi, de la prière ; c'est un moyen extraordinaire, très utile, grâce auquel de nombreuses personnes connaissent le Pape, des catholiques d'autres endroits dans le monde, chose qui, jusqu'il y a peu de temps, était impossible. Le problème peut se présenter si l'on fait d'Internet un remplacement des moyens utilisés précédemment, si l'on enlève la dimension interpersonnelle de l'annonce, de la direction, spirituelle, de la formation. L'important, c'est qu'un moyen de communication ne veuille pas remplacer les autres canaux grâce auxquels la foi se développe, mais qu'il en soit un complément et un service. La potentialité est, de toute façon, extraordinaire, y compris du point de vue de la création d'une culture catholique.
D'où provient une certaine « méfiance » de l'Eglise vis-à-vis de la télévision?
Les moyens, en soi, ne sont ni négatifs ni positifs; cela dépend du message qu'ils véhiculent. Dans une société sécularisée, la télévision prend un rôle négatif, si les programmes ne sont pas de qualité, et si les personnes passent trop d'heures devant la télévision ; en outre, très souvent, la manière avec laquelle les moyens d'information, et surtout la télévision, regardent les questions de l'Eglise, est superficielle ; souvent, les émissions de télévision veulent un représentant de l'Eglise pour les débats, mais ce n'est pas pour chercher la vérité sur les arguments traités.
Et cela suppose-t-il une barrière ?
On se trouve en difficulté devant un moyen de communication qui veut faire du spectacle, qui simplifie, qui dramatise, qui a besoin de synthétiser en une minute deux mille ans d'histoire. La barrière n'est pas avec les moyens, mais avec la culture de la superficialité et du double langage de certaines personnes qui interviennent dans les moyens de communication, et qui y prennent part ; pour eux, fréquemment, les religions et la foi représentent une difficulté, mais cela n'est pas un problème qui touche au moyen de communication. Le vrai problème est culturel et idéologique ; en outre des clichés se sont formés dans la communication, qui ne sont pas vrais.
Le moyen de la Radio possède-t-il encore la force de communication et la force missionnaire dont l'Eglise a besoin?
Oui, parce que chaque moyen a son propre public, et surtout en plusieurs endroits d'Asie, d'Afrique et d'Amérique Latine. La Radio continue à être le seul et unique moyen, pour des raisons liées à la géographie et à leur propre histoire.
Et quand arrivera le satellite?
Je crois que la Radio continuera à avoir son public, même si la télévision arrive en ces endroits, parce qu'elle a un caractère immédiat important ; c'est un moyen chaud, qui permet l'intimité du Message, on se concentre sur les paroles et non pas sur les images ; c'est un véhicule extraordinaire. Le problème vient quand on fonctionnalise trop la Radio et que l'on n'est pas créatif, quand on pense que le moyen de communication en soi, est tout. En revanche, non, la Radio est comme un orchestre : tu dois parvenir à retirer le meilleur de ce moyen de communication ; et si tu es créatif, tu parviendras aussi à avoir une forte audience, un grand nombre d'auditeurs.
Seulement avec des programmes religieux?
Faire une Radio chrétienne ne veut pas dire faire une Radio confessionnelle; être des journalistes chrétiens ne veut pas dire parler seulement de foi, mais dire la vérité, et faire un travail de professionnels. Plusieurs Radios Catholiques sont des points de référence en Europe, en Afrique, et en Amérique Latine. La Radio a vraiment une potentialité extraordinaire, aujourd'hui encore.
En particulier, dans le siècle passé et dans le siècle actuel, le rapport entre la communication et le Pontificat a été très étroit : quels sont, à votre avis, les pas les plus innovateurs qu'on réalisés les Souverains Pontifes dans le domaine de la communication ?
Me viennent à l'esprit les premières images cinématographiques du, Pape qui se promène dans les Jardins du vatican en 1898 (Léon XIII°) ou la création de Radio Vatican (Pie XI), ou le fait que Paul VI soit le fils d'un directeur de journal ; mais Jean Paul II et Benoît XVI ont eu une grande influence dans les moyens de communication.
Dans quel sens ?
Ils sont allés au-delà de vouloir présenter le Magistère de l'Eglise dans les moyens de communication. Jean Paul II a présenté l'Eglise comme thème d'intérêt dans un domaine public ; il a éliminé en partie les préjugés sur la foi, qui existent chez plusieurs professionnels de l'information ; il a beaucoup voyagé, il est allé à l'étranger, il a dialogué avec les journalistes ; en un certain sens, il était lui-même le Message, comme témoin ; et, sous son Pontificat, la communication a été très renforcée et développée.
Et Benoît XVI ?
Il s'agit de deux Pontifes différents, mais très médiatiques. Benoît XVI est lié non pas au moyen comme moyen, mais à ses contenus, à la capacité d'entrer dans le débat public sur des arguments spécifiques. Comme le disait récemment un journaliste vaticaniste, la chose qui surprend positivement, c'est que, avec la possibilité d'intervenir sur des questions morales publiques, en même temps, dans son Magistère ordinaire, il met toujours la liturgie au centre ; on peut dire qu'il ne suit pas « le programme des moyens de communication », mais la logique du message proposé par la liturgie. Et, dans le même temps, il n'a pas peur d'aborder certaines questions quand c'est nécessaire, même si cela peut apparaître comme impopulaire, parce qu'il va toujours à l'essentiel.
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Réalisé par P.C. - Agence Fides 30/05/2009; Directeur Luca de Mata
07:45 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jose maria la porte, santa croce, eglise, peres de l eglise, saints, art, xxi siecle, culture, pages web, concile vatican ii, journalisme, moyens de communication, foi, societe, communication, italie, fideles laics, evangile, projet culturel, television |
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