26.05.2010

Fin d’un conflit vieux de 17 ans concernant la Cathédrale de Prague

C’est la fin d’un conflit vieux de 17 ans concernant la Cathédrale Saint Guy de Prague (photo). Le président Vaclav Klaus et l’archevêque de Prague, Mgr Dominik Dukas, ont signé ce lundi une déclaration dans laquelle l’Église renonce à récupérer l’édifice.

 

http://photos-libres.fr/wp-content/uploads/blogger/blogger/5915/1917/1024/Cathedrale%20de%20Prague%20138.jpg


L’année dernière, la Cour suprême de la République tchèque avait confirmé que la cathédrale était possession de l’État. Le prédécesseur de Mgr Dukas, le cardinal Miloslav Vlk, avait alors affirmé que les décisions de la justice constituaient une violation de la Constitution.

L’accord signé le 24 mai, juste après l’entrée en fonction du nouvel archevêque de Prague, met donc un terme à la bataille juridique.

 

http://img.radio.cz/pictures/cirkev/mohelnik_tomas_benediktx.jpg


Le frère Benedikt Mohelnik (photo), provincial des dominicains en République tchèque évoque un accord historique. Écoutez son témoignage: >>



Le président Klaus évoque quant à lui la fin d’une période de querelles qui ont "pesé longtemps et de façon improductive" sur les relations entre l’État et l’Église. A l’avenir, a-t-il déclaré tous deux vont porter ensemble la responsabilité de la cathédrale "en tant que symbole national". L’Église utilisera la cathédrale pour ses tâches pastorales et l’État lui en garantira la primauté.

La controverse autour de la possession de la Cathédrale de Prague a été relancée en 1993 lors de la séparation de la Tchécoslovaquie en deux pays, la République tchèque et la Slovaquie. L’Église catholique avait alors affirmé être propriétaire légitime du Dôme Saint Guy, « nationalisé » dans les années 1950 par le pouvoir communiste.

 

(Radio Vatican)

23.12.2009

"Je pense qu'aujourd'hui aussi l'Eglise devrait ouvrir une cour des Gentils"

"Je pense qu'aujourd'hui aussi l'Eglise devrait ouvrir une cour des Gentils"

C'était la cour du temple de Jérusalem pour les non-juifs. Benoît XVI l'a prise comme symbole du dialogue avec ceux qui sont éloignés de la religion, pour garder vivante en eux la recherche de Dieu. Les passages clés de son discours de Noël à la curie romaine


par Sandro Magister




ROME, le 21 décembre 2009 – Lorsqu’il a souhaité, ce matin, un joyeux Noël à la curie romaine, Benoît XVI s’est en réalité adressé à toute l’Eglise et au monde. Comme les années précédentes, il a voulu mettre en évidence dans son discours de vœux – entièrement de sa main – à la curie les lignes directrices de son pontificat.

En 2005, le thème du discours avait été l'interprétation et la mise en œuvre du concile Vatican II, ainsi que le rapport entre continuité et renouvellement, dans l’Eglise :

> "Réveille-toi, homme..."

En 2006 le pape avait mis au centre de son discours la question de Dieu. De plus, s’appuyant sur son voyage à Istanbul, il avait exprimé de la manière la plus claire sa vision des relations avec l'islam et proposé au monde musulman le parcours déjà accompli par le christianisme en réponse au défi des Lumières :

> Bilan de quatre voyages et d’un an de pontificat

En 2007 Benoît XVI avait traité de l'urgence pour l’Eglise de se mettre en état de mission vers tous les peuples de la terre :

> Surprise: le pape amène la curie au Brésil

En 2008 il avait attiré l'attention sur la plus "oubliée" des personnes de la trinité divine, l’Esprit-Saint "créateur", dont l’empreinte se trouve dans la structure ordonnée du cosmos et de l'homme, qu’il faut admirer et respecter :

> "Veni Creator Spiritus". Pour une écologie de l'homme


Cette année Benoît XVI s’est de nouveau appuyé sur ses derniers voyages, en particulier ceux qu’il a faits en Afrique, en Terre Sainte et en République Tchèque, pour en tirer des leçons originales et parfois surprenantes.

Le pape a dit qu’il avait assisté à une vraie "fête de la foi" au Cameroun et en Angola. Et il a proposé comme exemple à l’Eglise tout entière la joie populaire ainsi que la forte sacralité orientée vers Dieu qu’il a vues magnifiquement exprimées là-bas dans les célébrations liturgiques.

Encore à propos de l'Afrique – à laquelle un synode a été consacré en octobre – le pape a insisté sur la spécificité de l'action de l’Eglise au service de la politique. Il a indiqué que cette spécificité résidait dans la "réconciliation" qui naît de Dieu et se réalise aussi chez les hommes dans le sacrement qui porte ce nom, sacrement tombé en désuétude mais qu’il voudrait faire revivre justement comme "sacrement de l’humanité en tant que telle".

En ce qui concerne son voyage en Terre Sainte, Benoît XVI a insisté sur sa visite à Yad Vashem, symbole du plus profond abîme où soit tombé l’homme et de son plus grand éloignement de Dieu, où cependant le Christ est descendu porter la lumière et la vie, de manière non pas mythique mais réelle.

Enfin, s’appuyant sur son voyage en République Tchèque, pays comportant une majorité d’agnostiques et d’athées, Joseph Ratzinger a lancé une nouvelle évangélisation destinée précisément à ceux qui sont loin de Dieu. Le pape a proposé à l’Eglise d’ouvrir pour eux, comme dans l'ancien temple de Jérusalem, "une sorte de cour des Gentils", où pourraient rester vivantes la recherche et la soif de Dieu.

On trouvera ci-dessous quatre passages clés du discours de vœux adressé par Benoît XVI à la curie romaine le matin du lundi 21 décembre 2009 :



1. AU CAMEROUN ET EN ANGOLA. LA FÊTE DE LA FOI



J’ai été ému par la grande cordialité avec laquelle a été accueilli le successeur de Pierre, le "Vicarius Christi". La joie chaleureuse et l’affection cordiale qui m’ont été manifestées tout au long de mon chemin n’étaient pas simplement destinées à un quelconque hôte fortuit. Rencontrer le pape rendait concrète l’Eglise universelle, la communauté qui englobe le monde et qui est réunie par Dieu à travers le Christ. [...] C’est bien Lui qui est parmi nous, nous l’avons perçu à travers le ministère du successeur de Pierre. Nous étions ainsi élevés au-dessus du simple quotidien. Le ciel était ouvert, c’est ce qui fait d’un jour une fête. Et c’est en même temps quelque chose de durable. Il reste vrai, même dans la vie quotidienne, que le ciel n’est plus fermé ; que Dieu est proche ; que, dans le Christ nous nous appartenons tous les uns aux autres.

Le souvenir des célébrations liturgiques s’est gravé dans ma mémoire de façon particulièrement profonde. Les célébrations de la sainte eucharistie étaient de vraies fêtes de la foi. Je voudrais mentionner deux éléments qui me semblent particulièrement importants. Il y avait tout d’abord une grande joie partagée, qui s’exprimait aussi par le corps, mais de façon disciplinée et orientée par la présence du Dieu vivant. Cela indique déjà le second élément : le sens de la sacralité, du mystère présent du Dieu vivant imprégnait, pour ainsi dire, chaque geste. Le Seigneur est présent, le Créateur, Celui à qui tout appartient, de qui nous provenons et vers qui nous allons. J’ai spontanément repensé aux paroles de saint Cyprien dans son commentaire du Notre Père : "Rappelons-nous que nous sommes sous le regard que Dieu porte sur nous. Nous devons plaire aux yeux de Dieu, à la fois par l’attitude de notre corps et par l’usage de notre voix" ("De dominica oratione" 4 CSEL III 1 p. 269). Oui, il y avait cette conscience d’être en présence de Dieu. Il n’en résulte ni peur ni inhibition, pas même une obéissance extérieure aux rubriques, et cela n’amène pas non plus à se mettre en évidence les uns par rapport aux autres ou à crier de façon indisciplinée. Il y avait plutôt ce que les Pères appelaient "sobria ebrietas" : le fait d’être pleins d’une joie qui en tout cas reste sobre et ordonnée, qui unit les gens de l’intérieur, en les conduisant à la louange communautaire de Dieu, louange qui suscite en même temps l’amour du prochain, la responsabilité réciproque.


2. SYNODE SUR L'AFRIQUE. LE SACREMENT DE LA RÉCONCILIATION



Le synode avait choisi comme thème : l’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. C’est un thème théologique et surtout pastoral d’une actualité brûlante, mais on pouvait aussi y voir un thème politique. [...] Les pères synodaux ont-ils réussi à trouver la voie plutôt étroite entre une simple théorie théologique et une action politique immédiate, la voie du "pasteur" ? [...] Des réconciliations sont nécessaires pour une bonne politique, mais elles ne peuvent pas être réalisées uniquement par elle. Ce sont des processus pré-politiques et elles doivent naître d’autres sources.

Le Synode a cherché à examiner en profondeur le concept de réconciliation en tant que devoir pour l’Eglise d’aujourd’hui, en attirant l’attention sur ses diverses dimensions. L’appel de saint Paul aux Corinthiens a aujourd’hui une nouvelle actualité. "Nous sommes en ambassade pour le Christ : c’est comme si Dieu exhortait par nous. Nous vous en supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu ! " (2 Co 5, 20). Si l’homme n’est pas réconcilié avec Dieu, il est en conflit avec la création aussi. Il n’est pas réconcilié avec lui-même, il voudrait être autre qu’il n’est et il n’est donc pas même réconcilié avec son prochain. Un autre élément de la réconciliation est la capacité à reconnaître sa faute et à demander pardon, à Dieu et à autrui. Enfin le processus de réconciliation comporte la disponibilité à la pénitence, la disponibilité à souffrir jusqu’au bout pour une faute et à se laisser transformer. En fait également partie la gratuité, dont parle souvent l’encyclique "Caritas in veritate" : cette disponibilité à aller au-delà du nécessaire, à ne pas calculer, mais à aller au-delà de ce que les simples conditions juridiques demandent. En fait partie cette générosité dont Dieu lui-même nous a donné l’exemple.

Pensons à la phrase de Jésus : "Si tu présentes ton offrande à l’autel et que là tu te rappelles que ton frère a un grief contre toi, laisse ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère, puis reviens présenter alors ton offrande" (Mt 5, 23s.). Dieu qui savait que nous ne sommes pas réconciliés, qui voyait que nous avons un grief contre lui, s’est levé et est venu à notre rencontre, bien qu’étant le seul à avoir raison. Il est venu à notre rencontre jusqu’à la croix, pour se réconcilier avec nous. C’est la gratuité : la disponibilité à faire le premier pas. Aller le premier à la rencontre de l’autre, lui offrir la réconciliation, accepter la souffrance éprouvée quand on renonce à avoir raison. Ne pas fléchir dans la volonté de réconciliation : Dieu nous en a donné l’exemple, et c’est la façon de devenir semblables à lui, une attitude dont nous avons un besoin sans cesse renouvelé dans le monde.

Aujourd’hui nous devons acquérir de nouveau la capacité à reconnaître notre faute, nous devons nous débarrasser de l’illusion que nous sommes innocents. Nous devons acquérir la capacité à faire pénitence, à nous laisser transformer, à aller vers l’autre et à nous faire donner par Dieu le courage et la force d’un tel renouvellement. Dans notre monde actuel nous devons redécouvrir le sacrement de la pénitence et de la réconciliation. Le fait que celui-ci ait en grande partie disparu des habitudes de vie des chrétiens est le symptôme d’une perte de véracité vis-à-vis de nous-mêmes et de Dieu ; une perte qui met en danger notre humanité et diminue notre capacité de paix. Saint Bonaventure estimait que le sacrement de pénitence était un sacrement de l’humanité en tant que tel, un sacrement que Dieu avait institué dans son essence tout de suite après le péché originel avec la pénitence imposée à Adam, même s’il n’a pu trouver sa forme complète que dans le Christ, qui est personnellement la force réconciliatrice de Dieu et a pris sur lui notre pénitence.


3. TERRE SAINTE. LA DESCENTE DE DIEU DANS L'ABÎME


La visite à Yad Vashem a été une rencontre bouleversante avec la cruauté de la faute humaine, avec la haine d’une idéologie aveugle qui, sans aucune justification, a livré à la mort des millions d’êtres humains et par là, en dernière analyse, a aussi voulu chasser Dieu du monde, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de Jésus-Christ. C’est donc en premier lieu un monument commémoratif contre la haine, un appel affligé à la purification, au pardon, à l’amour.

C’est ce monument de la faute humaine qui a ensuite rendu bien plus importante la visite aux lieux de mémoire de la foi et fait percevoir leur actualité intacte. En Jordanie nous avons vu l’endroit le plus bas de la terre, près du Jourdain. Comment pourrait-on ne pas se sentir renvoyés à l’expression de la lettre aux Ephésiens, selon laquelle le Christ est "descendu dans les régions inférieures de la terre" (Ep 4, 9). Dans le Christ, Dieu est descendu jusqu’au fin fond de l’être humain, jusqu’à la nuit de la haine et de l’aveuglement, jusqu’à l’obscurité de l’éloignement de l’homme vis-à-vis de Dieu, pour y allumer la lumière de son amour. Il est présent même dans la nuit la plus profonde : "même aux enfers, te voici" ; cette phrase du psaume 139 [138], 8 est devenue une réalité avec la descente de Jésus.

Se rendre sur les lieux du salut, dans l’église de l’annonciation à Nazareth, dans la grotte de la nativité à Bethléem, au lieu de la crucifixion sur le Calvaire, devant le sépulcre vide, témoignage de la résurrection, a donc été comme toucher l’histoire de Dieu avec nous. La foi n’est pas un mythe. C’est une histoire vraie, dont nous pouvons toucher du doigt les traces. Ce réalisme de la foi nous fait particulièrement du bien dans les difficultés actuelles. Dieu s’est vraiment montré. En Jésus-Christ Il s’est vraiment fait chair. En tant que ressuscité Il reste un vrai homme, il ouvre sans cesse notre humanité à Dieu et il est toujours le garant du fait que Dieu est un Dieu proche.


4. PRAGUE. UNE "COUR" POUR CEUX QUI CHERCHENT LE DIEU INCONNU


Les gens qui se considèrent comme agnostiques ou athées doivent aussi avoir une place dans notre cœur de croyants. Peut-être ces gens ont-ils peur quand nous parlons de nouvelle évangélisation. Ils ne veulent pas se voir comme objet de mission, ni renoncer à leur liberté de pensée et de volonté. Mais la question de Dieu continue à exister pour eux aussi, même s’ils ne peuvent pas croire au caractère concret de son attention pour nous. A Paris, j’ai dit que la recherche de Dieu était la cause fondamentale de la naissance du monachisme occidental et, avec lui, de la culture occidentale. Comme premier pas de l’évangélisation, nous devons essayer de maintenir vivante cette recherche ; nous devons faire en sorte que l’homme ne mette pas de côté la question de Dieu comme question essentielle de sa vie. Faire en sorte qu’il accepte cette question et la nostalgie qui s’y cache.

Cela me rappelle la formule empruntée par Jésus au prophète Isaïe, c’est-à-dire que le temple devrait être une maison de prière pour tous les peuples (cf. Is 56, 7 ; Mc 11, 17). Il pensait à ce que l’on appelait la cour des Gentils, qu’il débarrassa d’affaires venues de l’extérieur afin qu’il y ait de l’espace libre pour les Gentils qui voulaient prier là le Dieu unique, même s’ils ne pouvaient pas prendre part au mystère au service duquel l’intérieur du temple était réservé. Un espace de prière pour tous les peuples : on pensait ainsi à ceux qui ne connaissent Dieu, pour ainsi dire, que de loin ; que leurs dieux, leurs rites, leurs mythes ne satisfont pas ; qui désirent le Pur et le Grand, même si Dieu reste pour eux le "Dieu inconnu" (cf. Ac 17, 23). Ils devaient pouvoir prier le Dieu inconnu et ainsi, cependant, être en relation avec le vrai Dieu, même si c’était au milieu d’obscurités de différentes sortes.

Je pense qu’aujourd’hui l’Eglise devrait aussi ouvrir une sorte de "cour des Gentils" où les hommes puissent en quelque s’accrocher à Dieu, sans le connaître et avant d’avoir trouvé l’accès à son mystère, au service duquel est la vie interne de l’Eglise. Au dialogue avec les religions doit aujourd’hui s’ajouter avant tout le dialogue avec ceux à qui la religion est étrangère, à qui Dieu est inconnu et qui, pourtant, ne voudraient pas simplement rester sans Dieu, mais l’approcher au moins en tant qu’Inconnu.



Le texte intégral du discours, sur le site du Vatican :

> La solennità del Santo Natale...



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

20.10.2009

Le Pape rappelle à l’Union européenne que ses racines sont chrétiennes

Benoît XVI a reçu ce lundi matin le Représentant de la Commission des Communautés Européennes près le Saint-Siège, Yves Gazzo (photo), venu lui présenter ses lettres de créance.

 

http://www.facebook.com/profile/pic.php?uid=AAAAAQAQpSzrIMazRZ5v6RbCmih56wAAAAox949Pn5pbPoLR1Mt8UNtz


Le Saint-Siège – a souligné le Pape dans son discours - suit avec respect et attention l’activité des Institutions européennes. Mais il rappelle à l’Europe que le socle de ses valeurs fondatrices et constitutives provient principalement de l’héritage chrétien. Si cette vérité est, passée sous silence, comme cela est de plus en plus le cas, l’Europe risque d’être instrumentalisée par des individus et des groupes de pression désireux de faire valoir des intérêts particuliers au détriment d’un projet collectif ambitieux


Cliquez ici pour écouter le compte-rendu de Romilda Ferrauto sur Radio Vatican: >>

 
Vous trouverez, ci-dessous, de larges extraits du discours prononcé par le Pape:

« Cette année, l’Europe commémore le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. J’ai voulu saluer de façon particulière cet événement en me déplaçant en République tchèque. Sur cette terre éprouvée par le joug d’une douloureuse idéologie, j’ai pu rendre grâce pour le don de la liberté recouvrée qui a permis au continent européen de retrouver son intégrité et son unité. Vous venez de définir, Monsieur l’Ambassadeur, la réalité de l’Union européenne comme « une zone de paix et de stabilité qui réunit 27 États avec les mêmes valeurs fondamentales ». C’est une heureuse présentation. Il est juste cependant de relever que l’Union européenne ne s’est pas dotée de ces valeurs, mais que ce sont plutôt ces valeurs partagées qui l’ont fait naître et qui ont été comme la force de gravitation qui a attiré vers le noyau des Pays fondateurs les différentes Nations qui l’ont successivement rejointe au fil du temps. Ces valeurs sont le fruit d’une longue et sinueuse histoire dans laquelle, nul ne le niera, le Christianisme a joué un rôle de premier plan. L’égale dignité de tous les êtres humains, la liberté de l’acte de foi comme racine de toutes les autres libertés civiques, la paix comme élément décisif du bien commun, le développement humain – intellectuel, social et économique – en tant que vocation divine et le sens de l’Histoire qui en découle sont autant d’éléments centraux de la Révélation chrétienne qui continuent de modeler la civilisation européenne.

Lorsque l’Église rappelle les racines chrétiennes de l’Europe, elle n’est pas en quête d’un statut privilégié pour elle-même. Elle veut faire œuvre de mémoire historique en rappelant d’abord une vérité – de plus en plus passée sous silence – à savoir l’inspiration décisivement chrétienne des Pères fondateurs de l’Union européenne. Plus profondément, elle désire manifester aussi que le socle de valeurs provient principalement de l’héritage chrétien qui continue encore aujourd’hui de le nourrir. Ces valeurs communes ne constituent pas un agrégat anarchique ou aléatoire, mais elles forment un ensemble cohérent qui s’ordonne et s’articule, historiquement, à partir d’une vision anthropologique précise. L’Europe peut-elle omettre le principe organique originel de ces valeurs qui a révélé à l’homme à la fois son éminente dignité et le fait que sa vocation personnelle l’ouvre à tous les autres hommes avec qui il est appelé à ne constituer qu’une seule famille ? Se laisser aller à cet oubli, n’est-ce pas s’exposer au risque de voir ces grandes et belles valeurs entrer en concurrence ou en conflit les unes avec les autres ? Ou bien encore celles-ci ne risquent-elles pas d’être instrumentalisées par des individus et des groupes de pression désireux de faire valoir des intérêts particuliers au détriment d’un projet collectif ambitieux – que les européens attendent – ayant le souci du bien commun des habitants du Continent et de l’ensemble de notre monde ? Ce danger est d’ores et déjà perçu et dénoncé par nombre d’observateurs appartenant à des horizons très divers. Il est important que l’Europe ne laisse pas son modèle de civilisation se défaire, pan par pan. Son élan originel ne doit pas être étouffé par l’individualisme ou par l’utilitarisme.

Les immenses ressources intellectuelles, culturelles, économiques du continent continueront de porter du fruit si elles demeurent fécondées par la vision transcendante de la personne humaine qui constitue le trésor le plus précieux de l’héritage européen. Cette tradition humaniste, dans laquelle se reconnaissent beaucoup de familles de pensée très différentes parfois, rend l’Europe capable d’affronter les défis de demain et de répondre aux attentes de la population. Il s’agit principalement de la quête du juste et délicat équilibre entre l’efficacité économique et les exigences sociales, de la sauvegarde de l’environnement, et surtout de l’indispensable et nécessaire soutien à la vie humaine depuis la conception jusqu’à la mort naturelle et à la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme. L’Europe ne sera réellement elle-même que si elle sait conserver l’originalité qui a fait sa grandeur et qui est susceptible de faire d’elle, demain, un des acteurs majeurs dans la promotion du développement intégral des personnes que l’Église catholique considère comme l’unique voie susceptible de remédier aux déséquilibres présents de notre monde.

Pour toutes ces raisons, Monsieur l’Ambassadeur, le Saint-Siège suit avec respect et grande attention l’activité des Institutions européennes, souhaitant que celles-ci, par leur travail et leur créativité, honorent l’Europe qui est plus qu’un continent, mais une « maison spirituelle » (cf. Discours aux Autorités civiles et au Corps diplomatique, Prague, 26 septembre 2009). L’Église désire « accompagner » la construction de l’Union européenne. C’est pourquoi elle se permet de lui rappeler quelles sont les valeurs fondatrices et constitutives de la société européenne afin qu’elles puissent être promues pour le bien de tous. »

02.10.2009

Eglise et Médias: après la récente tourmente les évêques européens planchent sur ce dossier

Quelle est aujourd’hui la qualité des relations entre l’Eglise et les Etats en Europe, 20 ans après la chute du mur de Berlin? Le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe va tenter de répondre à cette question durant son assemblée plénière annuelle actuellement réunie à Paris: 33 évêques présidents de conférences épiscopales allant de l'Albanie à l'Ukraine ainsi que les archevêques de la principauté de Monaco, du Luxembourg, l'évêque de Chisinau en Moldavie et des représentants du Saint Siège.


Au menu de cette rencontre qui s’achèvera dimanche  figurent aussi des questions d’actualité comme le récent voyage du pape en République tchèque, la situation en Terre Sainte", l’année sacerdotale... mais aussi une réflexion sur la bioéthique, ou encore le rapport entre Eglise et Médias en Europe.

 

http://3.bp.blogspot.com/_O34JdelGCd8/SAumO4JGOlI/AAAAAAAAACg/Zy7sC9cOLII/S220/JMDF.jpg


Sur ce dernier dossier, Antoine Bellier a interrogé Mgr Jean-Michel di Falco (photo), évêque de Gap et d’Embrun. Il interviendra, en qualité de président de la commission chargée des médias lors du compte rendu des activités de la conférence des évêques d’Europe…


Cliquez ici pour écouter sur Radio Vatican: >>

29.09.2009

Voyage apostolique en République tchèque, quel bilan?

 

tchèquie

 

 

Le Pape est rentré ce lundi soir de République tchèque, mettant fin ainsi à un voyage apostolique de trois jours au cours duquel il a voulu redonner un élan à la foi catholique locale, et encourager le pays mais aussi l'Europe toute entière à renouer avec ses racines chrétiennes.


À l'issue de ce voyage, le père Federico Lombardi, porte-parole du Pape, fait le bilan au micro d'Hélène Destombes. pour Radio Vatican: >> 

28.09.2009

Benoît XVI a quitté Prague au terme d’une visite sous le signe de l’espérance

Benoît XVI a quitté Prague au terme d’une visite de trois jours en République tchèque. Accompagné à l’aéroport par le président Klaus, il a cité avant de partir une phrase attribuée à Franz Kafka: « Quiconque demeure capable de voir la beauté ne devient jamais vieux ».

 

(Source: Kerknet)


Le Pape a évoqué les différentes étapes de son voyage, mais plus que tout il a voulu dire sa grande joie d’avoir rencontré les jeunes pour les encourager à bâtir l’avenir sur les meilleures traditions du passé de cette nation, en particulier sur son héritage chrétien.

« Si nos yeux demeurent ouverts à la beauté de la Création de Dieu et nos esprits ouverts à la beauté de sa vérité, a-t-il affirmé, alors nous pouvons espérer rester vraiment jeunes et construire un monde qui reflète de quelque manière cette beauté divine, et aider les générations futures à faire de même ».


À Prague, à Brno en Moravie et enfin à Stara Boleslav, Benoît XVI a confié son espérance aux autorités politiques et religieuses du pays, aux différentes communautés chrétiennes, au monde académique. Il a encouragé le dialogue entre croyants et agnostiques. Il a été accueilli avec respect, amitié et affection par la société tout entière. L’Église de votre pays – a-t-il dit aux Tchèques – a été vraiment bénie par un nombre extraordinaire d’apôtres et de martyrs, ainsi que de saints contemplatifs. Vingt ans après la chute du communisme, Benoît XVI s’est efforcé d’encourager l’Église tchèque à retrouver sa place dans la société. Mais son message s’adressait aussi à l’Europe tout entière, une Europe menacée par le relativisme, l’hégémonie culturelle, la perte des valeurs, une Europe qui a oublié Dieu.


Pour le Père Federico Lombardi, Directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le Pape a atteint les objectifs qu’il s’était donnés. Écoutez l’entretien qu’il a accordé à notre envoyée sur place Hélène Destombes sur Radio Vatican. >>

Le Pape se rendra à Castelgandolfo. Il regagnera Rome en fin de semaine pour présider l’ouverture de la Deuxième assemblée du Synode des évêques pour l’Afrique.

En Europe déchristianisée, Ratzinger mise sur les "minorités créatives"

En Europe déchristianisée, Ratzinger mise sur les "minorités créatives"

La transcription intégrale de l'interview donnée par Benoît XVI pendant son voyage aérien de Rome à Prague, le matin du 26 septembre. Liberté, vérité, dialogue. Et une annonce concernant le second volume de son "Jésus de Nazareth"







Q. – Saint-Père, comme vous l’avez dit lors de l’Angélus de dimanche dernier, la République Tchèque est au cœur de l’Europe géographiquement mais aussi historiquement. Pouvez-vous mieux nous expliquer cet "historiquement" et nous dire comment et pourquoi vous pensez que cette visite peut être significative pour l’ensemble du continent, dans son cheminement culturel, spirituel et éventuellement politique, pour la construction de l’Union Européenne ?

R. – Tout au long des siècles, la République Tchèque, le territoire de la République Tchèque a été un lieu de rencontre de cultures. Commençons au IXe siècle : d’une part, en Moravie, il y a la grande mission des frères Cyrille et Méthode, qui apportent de Byzance la culture byzantine mais créent une culture slave, avec les caractères cyrilliques et une liturgie en langue slave ; d’autre part, en Bohême, il y a les diocèses, voisins, de Ratisbonne et de Passau qui apportent l’Evangile en latin et, par le lien avec la culture romano-latine, les deux cultures se rencontrent. Toute rencontre est difficile, mais également féconde. On pourrait facilement le montrer par cet exemple.

Faisons un grand saut : au XIVe siècle, Charles IV crée ici, à Prague, la première université d’Europe centrale. L’université est en elle-même un lieu de rencontre de cultures ; dans ce cas, elle devient aussi un lieu de rencontre entre les cultures slave et germanophone. Comme au siècle et au temps de la Réforme, c’est bien sur ce territoire que les rencontres et les affrontements deviennent énergiques et forts, nous le savons tous.

Faisons maintenant un saut jusqu’à notre époque : au siècle dernier, la République Tchèque a souffert sous une dictature communiste particulièrement rigoureuse, mais elle a aussi manifesté une résistance, aussi bien catholique que laïque, de très haut niveau. Je pense aux textes de Václav Havel, du cardinal Vlk, à des personnalités comme le cardinal Tomášek, qui ont vraiment transmis à l’Europe un message sur ce qu’est la liberté et sur la manière dont il faut vivre et travailler dans la liberté. Je pense que cette rencontre de cultures au cours des siècles et même cette dernière phase de réflexion mais aussi de souffrance pour parvenir à une nouvelle conception de la liberté et de la société libre nous apportent beaucoup de messages importants, qui peuvent et doivent être féconds pour la construction de l’Europe. Nous devons être très attentifs au message de ce pays.

Q. – Les régimes communistes de l’Est de l’Europe sont tombés il y a vingt ans. Quand Jean-Paul II se rendait dans des pays rescapés du communisme, il les encourageait à faire un usage responsable de leur liberté retrouvée. Aujourd’hui quel est votre message aux peuples d’Europe orientale dans cette nouvelle phase historique ?

R. – Comme je l’ai dit, ces pays ont particulièrement souffert sous la dictature, mais dans cette souffrance se sont aussi développées des conceptions de la liberté qui sont d’actualité et doivent être encore plus travaillées et réalisées maintenant. Je pense, par exemple, à un texte de Václav Havel qui dit : "La dictature est basée sur le mensonge ; si le mensonge était dépassé, si personne ne mentait plus et si la vérité venait à la lumière, il y aurait aussi la liberté". Ainsi il a mis en évidence ce lien entre vérité et liberté, où la liberté n’est pas libre-pensée, arbitraire, mais où elle est liée et conditionnée par les grandes valeurs de la vérité, de l’amour, de la solidarité et du bien en général.

Je pense donc que ces concepts, ces idées qui ont mûri au temps de la dictature ne doivent pas être abandonnés : maintenant il faut y revenir et, dans la liberté souvent un peu vide et sans valeurs, reconnaître à nouveau que la liberté et les valeurs, la liberté et le bien, la liberté et la vérité, vont ensemble, sinon on détruit aussi la liberté. Je crois que c’est là le message qui vient de ces pays et qui doit être actualisé maintenant.

Q. – Saint-Père, la République Tchèque est un pays très sécularisé où l’Eglise catholique est une minorité. Dans cette situation, comment l’Eglise peut-elle contribuer efficacement au bien commun du pays ?

R. – Je dirais que, normalement, ce sont les minorités créatives qui déterminent l’avenir. En ce sens, l’Eglise catholique doit être vue comme une minorité créative possédant un héritage de valeurs qui ne sont pas des choses du passé mais une réalité très vivante et actuelle. L‘Eglise doit actualiser, être présente dans le débat public, dans notre lutte pour un vrai concept de liberté et de paix.

De cette façon, elle peut apporter une contribution dans différents domaines. Je pense que le premier est justement le dialogue intellectuel entre agnostiques et croyants. Chacun des deux a besoin de l’autre : l’agnostique ne peut être satisfait de ne pas savoir si Dieu existe ou non, mais il doit être en recherche et percevoir le grand héritage de la foi ; le catholique ne peut pas se contenter d’avoir la foi, il doit être encore plus à la recherche de Dieu et, dans le dialogue avec autrui, réapprendre Dieu de façon plus profonde. C’est le premier niveau : le grand dialogue intellectuel, éthique et humain.

Ensuite, dans le domaine de l’éducation, l’Eglise a beaucoup à faire et à donner, en ce qui concerne la formation. En Italie, on parle du problème de l’urgence éducative. C’est un problème commun à tout l’Occident : là, l’Eglise doit de nouveau actualiser, concrétiser, ouvrir pour l’avenir son grand héritage.

Un troisième domaine est la "Caritas". L’Eglise a toujours eu comme signe de son identité le fait de venir en aide aux pauvres, d’être un instrument de la charité. La Caritas fait vraiment beaucoup de choses en République Tchèque dans les diverses communautés, dans les situations de besoin ; elle offre également beaucoup à l’humanité souffrante sur les divers continents, donnant ainsi un exemple de responsabilité envers les autres, de solidarité internationale, qui est aussi une condition de la paix.

Q. – Saint-Père, votre dernière encyclique, "Caritas in veritate", a eu un large écho dans le monde. Que pensez-vous de cet écho ? En êtes-vous satisfait ? Pensez-vous que la récente crise mondiale est effectivement une situation où l’humanité est devenue plus prête à réfléchir à l’importance des valeurs morales et spirituelles, pour affronter les grands problèmes de son avenir ? L’Eglise va-t-elle continuer à offrir des orientations dans cette direction ?

R. – Je suis très heureux de cette grande discussion. Le but était vraiment celui-là : encourager et motiver une discussion sur ces problèmes, ne pas laisser les choses rester telles qu’elles sont, mais trouver de nouveaux modèles pour une économie responsable, à la fois dans chaque pays et pour la totalité de l’humanité réunie. Il me semble vraiment clair, aujourd’hui, que l’éthique n’est pas quelque chose d’extérieur à l’économie, celle-ci pouvant en tant que technique fonctionner par elle-même, mais qu’elle est un principe interne de l’économie, celle-ci ne fonctionnant pas si elle ne tient pas compte des valeurs humaines de solidarité, de responsabilité réciproque, et si elle n’intègre pas l’éthique dans la construction de l’économie elle-même : c’est le grand défi du moment.

J’espère avoir contribué, avec l’encyclique, à relever ce défi. Le débat en cours me paraît encourageant. Nous voulons sûrement continuer à répondre aux défis du moment et à agir pour que le sens des responsabilités soit plus fort que la soif de profit, que la responsabilité envers autrui soit plus forte que l’égoïsme ; en ce sens, nous voulons contribuer à une économie humaine, y compris dans l’avenir.

Q. – Pour conclure, une question un peu plus personnelle. Cet été, vous avez eu un petit accident au poignet. Est-ce que vous considérez que c’est tout à fait fini ? Avez-vous pu reprendre complètement vos activités et notamment travailler à la seconde partie de votre livre sur Jésus, comme vous le souhaitiez ?

R. – Ce n’est pas encore tout à fait fini, mais vous voyez que ma main droite fonctionne et je peux faire l’essentiel : je peux manger et surtout écrire. Ma pensée se développe surtout quand j’écris ; c’est pourquoi ne pas pouvoir écrire pendant six semaines a vraiment été pour moi une peine, une école de patience. Toutefois j’ai pu travailler, lire, faire d’autres choses et j’ai également un peu avancé en ce qui concerne le livre. Mais j’ai encore beaucoup à faire. Je pense que, avec la bibliographie et tout ce qui suit encore, "Deo adiuvante", ce pourrait être fini au printemps prochain. Mais c’est un espoir !


Tous les discours du voyage de Benoît XVI, à Prague, Brno et Stará Boleslav:

> Voyage Apostolique en République Tchèque, 26-28 septembre 2009


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

25.09.2009

Le renouveau spirituel en République tchèque

Dans deux jours Benoît XVI sera en République tchèque pour son treizième voyage apostolique, un pays ou son prédécesseur Jean-Paul II s’était rendu à trois reprises durant son pontificat : en 1990, 1995 et 1997.

Lors de sa première visite, juste après la chute du communisme, c’était un climat empli d’espoir de changements qui régnait dans le pays. Le Pape avait alors lancé un appel en faveur d’un renouveau non seulement au niveau politique et économique mais aussi spirituel.

Vingt ans plus tard, on constate que beaucoup reste à faire et en particulier en ce qui concerne le renouveau spirituel. Quel est aujourd’hui le but de la visite de Benoît XVI dans ce pays au cœur de l’Europe.

 

http://www.vulgatamagazine.org/staff/staffs_spidlik.jpg


Écoutez sur Radio Vatican le cardinal Tomas Spidlik (photo), jésuite tchèque, ancien collaborateur de la Curie romaine. Il a enseigné à Rome la théologie spirituelle et orientale et est l’auteur de plusieurs ouvrages concernant la Spiritualité de l’Orient chrétien: >>

Propos recueillis Hélène Destombes.

09.09.2009

Union Européenne : un avortement toutes les 25 secondes en 2007

Union Européenne : un avortement toutes les 25 secondes en 2007

Statistiques de l’Institut pour la politique familiale

 

pro.life


ROME, Mardi 8 septembre 2009 (ZENIT.org) - Dans l'Union Européenne, en 2007, on a enregistré plus d'1.200.000 avortements, équivalents à un avortement toutes les 25 secondes, indique l'agence vaticane Fides qui cite l'Institut pour la politique familiale.

Ces dix dernières années, plus de 13 millions d'enfants ont été ‘éliminés' par cette pratique. Selon le président de l'Institut pour la Politique familiale (IPF), il s'agit d'une des causes de baisse démographique européenne. L'Espagne est le pays qui enregistre la plus grande augmentation des cas avec 126% (62.560 avortements en plus) ces dix dernières années, équivalents à un avortement toutes les 4,7 minutes. Dans des pays comme l'Allemagne ou l'Italie le nombre d'avortements a baissé.

C'est comme si on perdait l'équivalent de la somme de la population du Luxembourg et de Malte, ou de toute la population de l'Estonie, de Chypre, et de la Slovénie. Selon certaines données examinées par l'IPF, une grossesse sur 5 (19%) s'achève par un avortement. Plus de 176.000 avortements (un sur sept) soit 14,2 % du total des avortements concernent des adolescentes de moins de 20 ans.

L'IPF, citant des données EUROSTAT et de sources nationales, soutient que dans la décennie 1997-2007 les cas ont augmenté de façon vertigineuse : 62.560 en Espagne, 7.481 au Royaume Uni, 7.939 en France, 5.917 en Hollande, 5.772 en Suisse, 4.430 en Belgique, 3.282 en Grèce, 295 en Finlande.

Toujours dans la même période, on compte: -2.168 cas au Danemark, -2.832 en Pologne, -4.000 en Slovaquie, -4.533 en Slovénie, -7.742 en Estonie, -9.954 en Lettonie, -13.084 en Lituanie, -13.604 en Italie, -14.019 en Allemagne, -19.608 en République Tchèque, -30.694 en Hongrie, -50.302 en Bulgarie. Entre 1997 et 2006 en Roumanie, ont été enregistrés -196.880.

En pourcentage, dans la décennie 1997-2007 les avortements enregistrés correspondent à 6,19% en Espagne, 36,12 en Belgique, 26,40 en Hollande, 25,53 en Grèce, 18,36 en Suède, 14,32 au Royaume-Uni, 3,93 en France, 2,88 en Finlande, -9,71 en Italie, -10,71 en Allemagne,-12,64 au Danemark, -17,92 en Slovaquie, -41,16 en Hongrie, -43,55 en République Tchèque, -45,73 en Lettonie, -46,60 en Estonie, -46,69 en Slovénie. Entre 1997 et 2006 -56,72 avortements ont été enregistrés en Roumanie, -57,23 en Bulgarie, -57,69 en Lituanie, -89,31 en Pologne.


03.06.2009

Annonce du Voyage Apostolique du Pape Benoît XVI en République Tchèque

VATICAN - Annonce du Voyage Apostolique du Pape Benoît XVI en République Tchèque

 

http://www.republiquetcheque.com/images/cartes/carte-infrastructures-republique-tcheque-pf.gif


Rome (Agence Fides) – La Salle de Presse du Saint-Siège a annoncé que le Pape Benoît XVI, acceptant l’invitation du Président de la République Tchèque et de la Conférence Episcopale Tchèque, ferait un Voyage Apostolique en République Tchèque du 26 au 28 septembre 2009, et se rendrait à Prague, Brno et Stará Boleslav.

(Agence Fides, 1° juin 2009)