27.04.2012

Benoît XVI présidera dimanche des ordinations presbytérales

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04.03.2012

Mgr Monsengwo : Combattre le mensonge

monsengwo.jpgCité du Vatican, 2 mars 2012 (VIS). La première partie des méditations du Cardinal Monsengwo Pasinya pour la retraite de la Curie romaine, prêchée depuis dimanche en présence de Benoît XVI aborde la communion du chrétien avec Dieu. Partant du signe de la croix, le prédicateur a proposé une réflexion sur Dieu comme vie, lumière, vérité et miséricorde, qui aime le monde. Puis il s'est penché sur le manque de foi en Jésus et sur le Christ face au manquements du prêtre. Le signe de croix, a-t-il dit, va bien au-delà d'une coutume car « il ajoute à chaque action la beauté de la conscience, et le dynamisme de la liberté... Signifiant sacrifice par amour, la mort pour la résurrection », ce geste de renoncer à la vanité et au succès, à la possession et à la domination, pour consacrer au Christ nos actions ».

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15.09.2011

Le Pape aux nouveaux évêques en formation : 'Donnez l'exemple !'

pope and bishops.jpgCITE DU VATICAN, 15 SEP 2011 (VIS). Benoît XVI s'est adressé ce matin aux nouveaux prélats ayant pris part à une retraite organisée par la Congrégation pour les évêques, destinée à réfléchir à leurs responsabilités: Ayant été invités à renouveler devant la tombe de Pierre votre profession de foi, a dit le Pape à ses hôtes, vous avez confirmé "votre confiante adhésion à Jésus-Christ avec l'amour même de l'Apôtre, et renforcé ainsi votre communion avec" son Successeur et le collège épiscopal. Puis il a rappelé que l'évêque "n'est pas un homme isolé car il appartient à un collège qui se perpétue depuis ses origines apostoliques en liaison avec Jésus", et a encouragé les nouveaux évêques à vivre fraternellement. Oeuvrant en communion avec le Pape et les autres évêques, ils doivent aussi cultiver l'amitié de leurs prêtres.

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14.03.2011

Retraite de Carême au Vatican. Sous le signe de Jean-Paul II

retraite vatican.JPGBenoît XVI et les membres de la curie romaine participent depuis dimanche soir et jusqu’à samedi matin, 19 mars, aux exercices spirituels de Carême. Pendant toute cette période, les audiences pontificales, privées et publiques, sont suspendues, y compris l’audience générale du mercredi 16 mars. Au cœur des réflexions : la prochaine béatification de Jean-Paul II, le 1er mai prochain.

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05.12.2009

Dévotion des catholiques chinois pour S. François-Xavier

ASIE/CHINE - Les catholiques chinois pèlerins sur l’île de Shang Chuan, manifestent leur grande dévotion pour saint François-Xavier, Patron des Missions

 

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La chapelle marque l'endroit où saint François-Xavier est mort


Pékin (Agence Fides) – La petite île de Shang Chuan, dans la province de Guang Dong, sur la côte sud de la Chine, où saint François-Xavier mourut le 3 décembre 1552, est la destination parfaite pour le pèlerinage des communautés, des paroisses et des organisations qui portent son nom. Ils sont nombreux les pèlerins à être venus de toutes les parties du continent, de Hong Kong, de Macao et de Taiwan, surtout durant les derniers jours, à la veille de la fête du saint Patron des Missions.

En ce lieu, désormais sanctuaire préféré des catholiques chinois qui sont très dévots à saint François-Xavier, on chante avec une grande foi et beaucoup d’enthousiasme l’hymne dédiée au saint : “grand prêtre, envoyé par le pape, apôtre de l’orient, venu pour nous sauver. Il annonça Jésus infatigablement, sans repos…”.


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En plus du pèlerinage à Shang Chuan, il y a la neuvaine, les rencontres de prière et de réflexion, qui scandent l’intense préparation des communautés catholiques du continent pour la fête du Patron des Missions, selon les informations parvenues à Fides. Pour les prêtres chinois, qui sont en train d’étudier et de réfléchir sur la Lettre du Secrétaire d’État, le Card. Tarcisio Bertone pour l’Année Sacerdotale, la fête ajoute en plus au sens missionnaire et vocationnel.

La dernière retraite spirituelle des prêtres du diocèse de Tai Yuan, à la fin de l’année liturgique, en préparation de l’Avent et de la fête de saint François-Xavier, a été centrée sur le thème de l’évangélisation sur les traces de François-Xavier.

Dans la cathédrale de Xi Kai, diocèse de Tian Jin, le mandat conféré aux ministres extraordinaires de la Communion, durant la solennité du Christ-Roi, a souligné le sens de l’Avent et de la fête du Patron des Missions. La fête de saint François-Xavier, qui est très aimé en Chine, est célébrée par une messe solennelle en son honneur, dans presque toutes les communautés, en particulier celles qui portent son nom. Avec son confrère, le Père Matteo Ricci, le grand missionnaire de la Chine, François-Xavier est aussi considéré par les catholiques chinois “comme un des leurs” : tous les deux jouissent d’une grande dévotion et d’un grand respect. Même les non catholiques les considèrent comme des précurseurs exemplaires et excellents dans l’échange culturel entre l’orient et l’occident.

(Agence Fides 02/12/2009)

30.09.2009

Message vidéo de Benoît XVI pour les prêtres réunis à Ars

Message vidéo de Benoît XVI pour les prêtres réunis à Ars

Pour la retraite sacerdotale internationale

 


ROME, Mardi 29 Septembre 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le message adressé aux prêtres à l'occasion de la retraite sacerdotale internationale organisée à Ars du 27 septembre au 3 octobre sur le thème « La joie d'être prêtre : consacré pour le salut du monde ».

* * *


Chers frères dans le sacerdoce,

Vous l'imaginez aisément, j'aurais été extrêmement heureux de pouvoir être des vôtres pour cette retraite sacerdotale internationale autour du thème : « La joie du prêtre consacré pour le salut du monde ». Vous y participez nombreux et vous bénéficiez des enseignements du Cardinal Christophe Schönborn. Je le salue cordialement ainsi que les autres prédicateurs et l'Evêque de Belley-Ars, Mgr Guy-Marie Bagnard. Je dois me contenter de vous adresser ce message enregistré, mais veuillez croire qu'à travers ces quelques mots, c'est à chacun d'entre vous que je parle de la manière la plus personnelle qui soit, car, comme le dit saint Paul : « Je vous porte dans mon cœur, vous qui ... vous associez tous à ma grâce »1.

Saint Jean-Marie Vianney soulignait le rôle indispensable du prêtre lorsqu'il disait : « Un bon pasteur, un pasteur selon le cœur de Dieu, c'est là le plus grand trésor que le bon Dieu puisse accorder à une paroisse, et un des plus précieux dons de la miséricorde divine »2. En cette Année sacerdotale, nous sommes tous appelés à explorer et redécouvrir la grandeur du Sacrement qui nous a configurés à jamais au Christ Souverain Prêtre et qui nous a tous « sanctifiés dans la vérité »3.

Choisi d'entre les hommes, le prêtre reste l'un d'eux et il est appelé à les servir en leur donnant la vie de Dieu. C'est lui qui « continue l'œuvre de rédemption, sur la terre »4. Notre vocation sacerdotale est un trésor que nous portons dans des vases d'argile5. Saint Paul a exprimé avec bonheur l'infinie distance qui existe entre notre vocation et la pauvreté des réponses que nous pouvons donner à Dieu. Il y a, de ce point de vue, un lien secret qui unit l'année paulinienne à l'année du prêtre. Nous gardons présente à nos oreilles et à l'intime de notre cœur l'exclamation émouvante et confiante de l'Apôtre qui a dit : « Lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort »6. La conscience de cette faiblesse ouvre à l'intimité de Dieu qui, donne force et joie. Plus le prêtre persévère dans l'amitié de Dieu, plus il continuera l'œuvre du Rédempteur sur la terre7. Le prêtre n'est pas pour lui, il est pour tous8.

C'est bien là que réside l'un des défis majeurs de notre temps. Le prêtre, homme de la Parole divine et du sacré certes, doit aujourd'hui plus que jamais être un homme de la joie et de l'espérance. À des hommes qui ne peuvent plus concevoir que Dieu soit pur Amour, il affirmera toujours que la vie vaut la peine d'être vécue et que le Christ lui donne tout son sens parce qu'Il aime les hommes, tous les hommes. La religion du Curé d'Ars est une religion du bonheur, non une recherche morbide de la mortification, comme on l'a cru parfois : « Notre bonheur est trop grand ; non, non, jamais nous ne le comprendrons »9 disait-il, ou encore : « Lorsque nous sommes en route et que nous apercevons un clocher, cette vue doit faire battre notre cœur comme la vue du toit où demeure son bien-aimé fait battre le cœur de l'épouse »10. Ici, je veux saluer avec une affection toute particulière ceux d'entre vous qui ont la charge pastorale de plusieurs clochers et qui se dépensent sans compter pour maintenir une vie sacramentelle dans leurs différentes communautés. La reconnaissance de l'Eglise est immense pour vous tous ! Ne perdez pas courage, mais continuez à prier et à faire prier pour que de nombreux jeunes acceptent de répondre à l'appel du Christ qui ne cesse de vouloir faire grandir le nombre de ses apôtres pour moissonner ses champs.

Chers prêtres, pensez aussi à l'extrême diversité des ministères que vous exercez au service de l'Eglise. Pensez au grand nombre de messes que vous avez célébrées ou célébrerez, en rendant chaque fois le Christ réellement présent sur l'autel. Pensez aux innombrables absolutions que vous avez données et donnerez, en permettant à un pécheur de se laisser relever. Vous percevez alors la fécondité infinie du sacrement de l'Ordre. Vos mains, vos lèvres, sont devenues, l'espace d'un instant, les mains et les lèvres de Dieu. Vous portez le Christ en vous ; vous êtes, par grâce, entrés dans la sainte Trinité. Comme le disait le saint Curé : « Si on avait la foi, on verrait Dieu caché dans le prêtre comme une lumière derrière un verre, comme un vin mêlé avec de l'eau »11. Cette considération doit amener à harmoniser les relations entre prêtres afin de réaliser cette communauté sacerdotale à laquelle exhortait saint Pierre12 pour bâtir le corps du Christ et vous construire dans l'amour13.

Le prêtre est l'homme de l'avenir : il est celui qui a pris au sérieux les paroles de Paul : « Vous êtes ressuscités avec le Christ : recherchez les choses d'en-haut ! »14. Ce qu'il fait sur terre est de l'ordre des moyens ordonnés à la Fin ultime. La messe est ce point unique de jonction entre les moyens et la Fin, puisqu'elle nous donne déjà de contempler, sous l'humble apparence du pain et du vin, le Corps et le Sang de Celui que nous adorerons dans l'éternité. Les phrases simples et denses du saint Curé sur l'Eucharistie nous aident à mieux percevoir la richesse de ce moment unique de la journée où nous vivons un face à face vivifiant pour nous-mêmes et pour chacun des fidèles. « On ne comprendra, écrivait-il, le bonheur qu'il y a de dire la messe que dans le ciel ! »15. C'est pourquoi je vous encourage à fortifier votre foi et celles des fidèles dans le Sacrement que vous célébrez et qui est la source de la vraie joie. Le saint d'Ars s'écriait : « Le prêtre doit avoir la même joie (que les apôtres) en voyant Notre Seigneur qu'il tient entre ses mains »16.

En rendant grâce pour ce que vous êtes et ce que vous faites, je vous redis : « Rien ne remplacera jamais le ministère des prêtres au cœur de l'Église ! »17. Vivants témoins de la puissance de Dieu à l'œuvre dans la faiblesse des hommes, consacrés pour le salut du monde, vous demeurez, mes chers frères, choisis par le Christ lui-même afin d'être, grâce à Lui, sel de la terre et lumière du monde. Puissiez-vous durant cette retraite spirituelle, expérimenter de manière profonde l'Intime indicible18 pour être parfaitement unis au Christ afin d'annoncer son Amour autour de vous et d'être entièrement engagés au service de la sanctification de tous les membres du Peuple de Dieu.

En vous confiant à la Vierge Marie, Mère du Christ et des prêtres, je vous donne à tous ma Bénédiction apostolique.



1 Ph 1, 7

2 Le curé d'Ars, Pensées, présentés par l'abbé Bernard Nodet, Desclée de Brouwer, Foi Vivante, 2000, p. 101.

3 Jn 17, 19

4 Nodet, p. 98.

5 Cf. 2 Co 4, 7

6 2 Co 12, 10

7 Cf. Nodet, p.98.

8 Cf. Nodet, p. 100.

9 Nodet, p. 110.

10 Ibid.

11 Nodet, p. 97.

12 Cf. 1 P 2,9.

13 Cf. Ep. 4, 11-16.

14 Col. 3, 1.

15 Nodet, p. 104.

16 Ibid.

17 Homélie à la messe du 13 septembre 2008 sur l'esplanade des Invalides, Paris.

18 Saint Augustin, Les Confessions, III, 6, 11, BA 13, p. 383.

[Texte original: Français]

© Copyright 2009 : Libreria Editrice Vaticana

Ars : Le prêtre, serviteur du bonheur des hommes (2)

Ars : Le prêtre, serviteur du bonheur des hommes (2)

Méditation du cardinal Schönborn

 


ROME, Mardi 29 septembre 2009 (ZENIT.org) - « Dieu a voulu le prêtre comme serviteur du bonheur », a fait observer le cardinal Schönborn, archevêque de Vienne, dans une première méditation, lundi matin, dans le cadre de la retraite internationale sacerdotale organisée à Ars, pour l'Année sacerdotale et à l'occasion des 150 ans de la naissance au ciel de Saint Jean-Marie Vianney.

Une retraite sous la houlette de la Congrégation romaine pour le clergé et qui rassemble quelque 1200 prêtres, grâce aux efforts du diocèse de Belley-Ars et notamment du séminaire international, mais aussi à la Communauté des Béatitudes qui assure le service logistique.

Après avoir averti que la tentation de notre époque c'est peut-être plus le cléricalisme que la négation de l'identité du sacerdoce ministériel - comme il y a quelque 40 ans -, le cardinal a renvoyé à l'enseignement du concile Vatican II qui justement « distingue sacerdoce ministériel ou hiérarchique », une « différence d'essence et pas simplement de degré ».

Cette « différence essentielle » a pourtant fait l'objet de « moquerie », « comme si le concile avait fait des prêtres des hommes d'une autre nature », « supérieurs », « au-dessus du commun des mortels ».


La boussole du concile

Or, a demandé le cardinal de Vienne, « que dit le texte, quelle interprétation en donne le magistère de l'Eglise » ?

L'archevêque a proposé de relire le paragraphe 10 de la constitution conciliaire sur l'Eglise dans le monde de ce temps, « Lumen Gentium ». Le concile dit que les deux sacerdoces sont « ordonnés l'un à l'autre » et qu'ils participent à « l'unique sacerdoce du Christ ».

Le prêtre « instruit » et « gouverne », célèbre « le sacrifice eucharistique » ; les fidèles, « en vertu de leur sacerdoce royal », exercent leur sacerdoce par la prière, l'abnégation, la charité...

Ce sacerdoce, a fait observer le cardinal Schönborn, est « sobrement décrit » : il s'agit de « former et conduire le peuple sacerdotal », en somme, « montrer le chemin du ciel ».


Sept clefs

Au cœur du sacerdoce ministériel, il y a, a-t-il insisté, « le sacrifice eucharistique, au nom du Peuple de Dieu, in persona Christi ; le sacerdoce ministériel est rendu possible, grâce à la sacra potestas, au pouvoir sacré, grâce au sacrement de l'ordre ».

Le concile indique « sept champs de participation du sacerdoce des baptisés au sacerdoce du Christ, et cela vaut aussi pour nous, prêtres, en tant que baptisés », a annoncé le cardinal Schönborn.

Ce sont : la participation à l'offrande de l'eucharistie, au sacrifice du Christ et de son Esprit, la réception des sacrements (LG 11) - de chacun des sacrements, reçu comme mise en œuvre du sacerdoce commun - ; la vie de prière et l'action de grâce, par lesquels le Christ fait entrer sa vie dans notre vie ; le témoignage d'une vie sainte, la participation au sacerdoce du Christ, le seul saint ; le renoncement, à la suite du Christ. Ce sont autant de « portes étroites pour le passage à la vie nouvelle des enfants de Dieu ». Et puis : la charité effective. Ce sont en fait « toutes les dimensions des activités humaines qui peuvent être transformées de façon à faire de nous de vrais foyers de charité ».


Le catéchisme de l'Eglise catholique

Et le « Caté » - magistère de l'Eglise qui donne l'interprétation du concile -, en quel sens dit-il que ces deux sacerdoces sont « ordonnés l'un à l'autre ? » : le sacerdoce commun des fidèles, « déploiement de la grâce baptismale, c'est la vie selon l'Esprit » ; le sacerdoce ministériel est lui, « au service du sacerdoce commun, relatif au déploiement de la grâce baptismale de tous les chrétiens, un moyen par lequel le Christ ne cesse de construire et de conduire son Eglise ».

Le sacerdoce commun, en somme, est de l'ordre de la « finalité », le « sacerdoce ministériel », de l'ordre des moyens qui servent la fin des œuvres de Dieu, qui est notre bonheur éternel, notre béatitude », a insisté le cardinal Schönborn.

« Le sacerdoce ministériel nous rapproche de cette fin, qui est la pleine participation à la vie divine », c'est « un des moyens pour cette fin ».

Le droit canon lui-même indique comme sa fin ultime, le « salut des âmes », car son dernier canon indique : « salus animarum suprema lex ».


Serviteur de la vocation universelle à la sainteté

Comme toutes les institutions humaines, le sacerdoce commun a pour mission de « servir la sainteté du Peuple de Dieu, le salut des âmes ».

Le sacerdoce commun et le sacerdoce ministériel ont une « différence d'essence, pas de degré, pourquoi ? », a demandé le cardinal Schönborn. A ce sujet, il y a « l'enseignement si important de Vatican II ».

« Le sacerdoce ministériel serait-il le degré supérieur du sacerdoce, une forme supérieure de perfection ? Le prêtre, un chrétien supérieur ? Un chrétien d'élite par rapport au sacerdoce commun des fidèles ? Il n'en est rien », a expliqué le cardinal Schönborn.

Car, soulignait-il, il n'y a « point de limite dans la sainteté : vous pouvez faire la plus grande carrière dans la sainteté, on peut atteindre des sommets de sainteté, mais hélas pas seulement par le sacerdoce ou l'épiscopat ! »

Et si Jean-Paul II était béatifié l'an prochain, à l'occasion du 5e anniversaire de sa mort (c'est ce qu'espère le cardinal Stanislas Dziwisz) ce serait non parce qu'il a été pape mais parce qu'il a été saint dans l'exercice du sacerdoce, de l'épiscopat ».

C'est aussi ce que disait la vieille concierge du Saint Office, les premières années du cardinal Joseph Ratzinger comme préfet de la Doctrine de la foi : « è un vero cristiano », c'est un vrai chrétien ! »


Ni discrimination ni immunité

L'archevêque autrichien a proposé une autre piste pour répondre à cette question : « on nous reprocherait de discriminer qui n'a pas accès au sacrement ordre ». Or si le sacerdoce ministériel était « un degré supérieur de la vie chrétienne », « une telle exclusion serait discriminatoire, empêcherait les femmes et les autres hommes d'accéder à un degré supérieur de vie chrétienne ; or, il n'y a pas d'autre degré supérieur que la sainteté, ainsi, aucun n'est exclu de la vie chrétienne ».

Troisième piste indiquée par le cardinal Schönborn, le sacerdoce ministériel « ne veut pas dire que tout ce que nous faisons est exempt de fautes, de péché, de misère : nous sommes des instruments, mais nous n'agissons in persona Christi que pour certains actes, pour d'autres choses hélas, pas toujours in persona Christi ».

Le Catéchisme de l'Eglise catholique dit au n. 1550 sur cette différenciation, que la présence du Christ dans son ministre n'est « pas comprise comme une prémunition contre les faiblesses humaines (domination, erreurs, péchés) et ne concerne pas tous les actes du ministre mais en revanche, la présence du Christ est garantie dans les sacrements (car le péché du ministre ne peut pas empêcher le fruit de grâce du sacrement conféré), et en même temps, le catéchisme reconnaît que l'empreinte du ministre qui ne serait pas un signe « fidèle à l'Evangile » pourrait « nuire à la fécondité apostolique Eglise ». Le prêtre est appelé à ce que « toute sa vie soit conformée au Christ ».

L'ordination épiscopale, elle, confère « la plénitude du sacerdoce, tout en représentant la « grâce inouïe » d'être « successeur des apôtres », mais, a ajouté le cardinal Schönborn, « je tiens ce trésor dans un vase d'argile, une poterie sans valeur » et plus on est « conscient » de cela, moins on est guetté par la « tentation du cléricalisme ».


Le sable frais du Sri Lanka

A ce propos, le cardinal Schönborn a cité un événement « inoubliable » : une visite dans un village du Sri Lanka, dans une plantation de thé, à l'invitation d'un évêque. Les villageois avaient disposé sur 500m du sable frais, fraîchement ratissé, jusqu'à l'accès au village, et avaient orné l'allée de drapeaux, et au fur et à mesure qu'il avançait, on jetait des tapis sous ses pieds, en signe d'accueil d'un « hôte de choix ».

Arrivé à la petite église, le cardinal s'entend dire par le vieux père Jésuite, Fernando, présent là depuis 40 ans parmi les très pauvres : « Eminence, ne pensez pas que les gens ont fait cela pour Christoph Schönborn, ils l'ont fait pour Jésus Christ ». Il conclut : « Voilà ce qui nous donne la vraie joie, l'humilité, la simplicité dans notre ministère : réjouissons-nous d'être des instruments de Jésus Christ, car si on se prend trop au sérieux, on oublie que les gens nous aiment et nous vénèrent à cause du Christ et pas à cause de nous, qui sommes des instruments ; pour entrer à Jérusalem, au milieu du peuple, pour la Semaine Sainte, Jésus s'est même servi d'un âne. Merci ».

A la sortie de l'église de Notre Dame de la miséricorde, sur la prairie, deux ânes s'approchaient de la clôture comme pour saluer les retraitants.

Anita S. Bourdin

Le prêtre, serviteur du bonheur des hommes, selon le card. Schönborn

Ars : Le prêtre, serviteur du bonheur des hommes, selon le card. Schönborn

 


ROME, Lundi 28 septembre 2009 (ZENIT.org) - « Dieu a voulu le prêtre comme serviteur du bonheur », a fait observer le cardinal Schönborn en commentant deux réflexions du saint curé d'Ars.

Le cardinal archevêque de Vienne, Christoph Schönborn a offert une première méditation ce lundi matin, dans le cadre de la retraite internationale sacerdotale organisée à Ars, à l'occasion de l'Année sacerdotale et pour les 150 ans de la naissance au ciel de Saint Jean-Marie Vianney. Une retraite sous la houlette de la Congrégation romaine pour le clergé et qui rassemble quelque 1200 prêtres, grâce aux efforts du diocèse de Belley-Ars et notamment du séminaire international, mais aussi à la Communauté des Béatitudes qui assure un service logistique plein de tact et d'efficacité, comme a pu le constaté ZENIT sur place.

« Jésus j'ai confiance en toi », « Jesus Ufam Tobie » : en citant cette fameuse invocation que sainte Faustine a fait connaître au monde, le cardinal viennois a invité avant tout à la confiance en ce début de retraite. Il a aussi cité cette parole de sainte Thérèse de Lisieux : « Ma voie est toute de confiance et d'amour, je ne comprends pas les âmes qui ont peur d'un si tendre ami ».

Parlant paisiblement, en français, le cardinal s'est interrompu pour remercier les traducteurs qui assurent es traductions simultanées, même en chinois, pour quelque dizaines de Chinois qui participent à cette rencontre mondiale.

« Le sacerdoce, c'est l'amour du Cœur de Jésus », disait le curé d'Ars, a rappelé le cardinal Schönborn qui a aussi cité cette fameuse anecdote : « Lorsque le saint curé arrive dans la région, il ne trouve pas le chemin d'Ars, à cause de la brume. Il s'adresse à un garçon qui garde les moutons, et le saint curé lui dit : mon petit ami, tu m'as montré le chemin d'Ars, je te montrerai le chemin du Ciel ! »

Le prédicateur a ensuite commenté ces deux paroles « toutes simples » en disant : « Le prêtre au service de l'amour du Coeur de Jésus, au service du Ciel, du bonheur, Dieu veut notre bonheur, il a voulu le prêtre comme serviteur du bonheur ».

Puis le cardinal Schönborn a fait référence au « Catéchisme de l'Eglise catholique » - pas seulement, a-t-il précisé en souriant, parce j'y ai collaboré comme secrétaire de rédaction - pour rappeler que « la vérité est symphonique » (comme le disait Urs von Balthasar).

Au premier paragraphe du Catéchisme, il est écrit, a précisé le cardinal : « Dieu infiniment parfait et bienheureux en lui-même a librement créé l'homme pour le faire participer à sa vie bienheureuse ». Et de commenter : « Le but de la vie humaine et de tout ministère de prêtre, c'est de conduire au bonheur, à la vie bienheureuse de la Très sainte Trinité, de rassembler les hommes, que le péché a dispersés, dans la famille des enfants de Dieu ».

« C'est tellement important, s'est exclamé l'archevêque de Vienne, que nous soyons saisis par cette réalité fondatrice de toute réalité ! Dieu est infiniment parfait et bienheureux en lui-même, tel est l'abîme de la réalité du Dieu vivant, Dieu est, Dieu est infiniment parfait et bienheureux en lui-même ».

Pourquoi une telle insistance ? Parce que, dit-il, « dans cette vie où rien n'est stable, où tout change... où sont angoisses et misère, c'est un réconfort que de penser que Dieu est, et qu'en lui il n'y a aucun changement, ni l'ombre d'une variation, comme le dit saint Jacques ».

Le cardinal a souligné l'importance de cette réflexion qui n'est pas « marginale », car « il existe depuis quelques décennies une façon de parler de la mutabilité de Dieu et de ses desseins, on parle de la souffrance de Dieu ».

Il répond : « Je vous invite à considérer cette vérité que Dieu est celui qui est non figé, fixé, immobile, mais le Vivant, toujours actuel, fidèle et juste, amour et vérité, infiniment parfait et bienheureux en lui-même, parce que rien ne lui manque. Son dessein de nous créer est un dessein de pure bonté, totalement libre, pure expression d'une volonté d'amour qui veut faire participer à son bonheur ».

« Dieu n'a pas besoin de nous - Dieu n'a pas besoin de se réaliser dans ses oeuvres -, cela ne veut pas dire que nous n'avons aucune valeur », au contraire, notre valeur vient de « sa volonté de nous créer et de se communiquer à nous, par pure liberté, gratuité, amour » et c'est ce que manifeste le fait qu'il ait envoyé pour nous son Fils Rédempteur et Sauveur.

Autrement dit, ce premier paragraphe du Catéchisme est un « condensé du projet de Dieu », il dit aussi que « l'Eglise est une convocation de l'humanité à devenir famille de Dieu ».

Le cardinal Schönborn a fait le lien avec la constitution conciliaire sur l'Eglise « Lumen Gentium » qui, au chapitre 2, donne cette « grande vision de l'Eglise comme famille de Dieu », de « façon admirable et dense ».

« Le Père éternel, par une disposition libre a créé univers, a décidé d'élever les hommes à communion vie divine » : ce dessein de Dieu se réalise en cinq étapes : « l'Eglise a été préfigurée dès origine du monde, dès avant création » ; elle a été « merveilleusement préparée dans histoire Israël et Ancienne Alliance », elle a été « instituée en ces temps qui sont les derniers » ; et, « au terme des siècles elle sera consommée dans la gloire. Cette 5e étape a déjà commencé mais est encore en même temps devant nous ».

En résumé avant de faire une pause, le cardinal Schönborn a dit : « Notre identité de prêtre peut se résumer ainsi : le prêtre est l'amour du Cœur de Jésus. Pourquoi ? Pace qu'il a vocation de servir l'amour du Coeur de Jésus, le prêtre est serviteur de l'amour de Dieu ».

Le « Caté » - a ajouté le cardinal de Vienne - dit encore au paragraphe 2 : « Pour que cet appel retentisse par toute la Terre, Dieu envoie des apôtres ». C'est une réponse à la parole du Christ : « Faites des disciples, les baptisant, leur apprenant à observer ce que je vous ai prescrit (...). Comme le Père m'a envoyé, je vous ai envoyés. Tel est le fondement de la mission de l'Eglise, du ministère ordonné ».

Et au paragraphe 3 le même « Caté » souligne que c'est, certes, « la vocation de tout baptisé ». « Alors qu'en est-il du ministère du prêtre ? Cela bouleverse ! Les « vieux soixante-huitards se souviennent ». On contestait tout : Jésus n'a pas voulu le sacerdoce, etc. On incriminait une « hellénisation » du message évangélique, sa « sacerdotalisation », une « décadence helléniste », ou bien une « rechute dans la conception vétérotestamentaire du sacerdoce ».

On préférait une « conception purement fonctionnelle du sacerdoce, confié à un ancien de la communauté, délégué par la communauté pour la guider, « à temps partiel », une conception « assaisonnée par la mise en question du célibat du prêtre », a diagnostiqué le cardinal qui confie : « J'ai été ordonné en 1970 ! »

Il a au contraire tenu à rendre hommage au P. Marie Joseph Le Guillou, op, son « patron de thèse, théologien du concile, défenseur inaliénable de la spécificité sacerdotale », notamment pendant le synode de 1971, ce qu'il a « payé cher par une grave maladie de parkinson ».

Or, aujourd'hui, fait observer l'archevêque, le contexte est différent, « les discussions du passé semblent dépassées », la spécificité du sacerdoce ministériel est « reconnue », mais il existe « un autre danger » dont il n'hésite pas à parler : une « certaine résurgence de cléricalisme », dont il faut être conscients, « fraternellement ».

Dans ce domaine, il souligne le « bon équilibre doctrinal de Vatican II », et sa « parfaite justesse ». Il a confié que le pape Benoît XVI en a dit un mot à ses anciens élèves à Castel Gandolfo, fin août, ces anciens doctorands qu'il réunit depuis 25 ans » : il faut « promouvoir l'enseignement de Vatican II, susciter une nouvelle initiative pour Vatican II ».

Anita S. Bourdin

(à suivre)

1200 prêtres réunis à Ars: homélie du card. Hummes

1200 prêtres du monde entier réunis à Ars : Homélie du card. Hummes

Il a rappelé combien un prêtre peut aider un jeune que Dieu appelle au sacerdoce

 

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ROME, Lundi 28 septembre 2009 (ZENIT.org) - « Croyez en votre charisme et dans la volonté du Seigneur que des jeunes se lèvent à votre suite », a déclaré le préfet de la congrégation romaine pour le Clergé, le cardinal Claudio Hummes, brésilien, qui a présidé la messe de ce premier jour de retraite sacerdotale internationale, en l'église souterraine Notre Dame de la Miséricorde, à Ars.

Les 1200 prêtres du monde entier participant à la retraite étaient tous revêtus de l'étole et de la chasuble blanches, légères, marquées d'une croix d'or qui ont été offertes à chaque retraitant, signe de cette « communion sacerdotale » dont Benoît XVI parle dans son message vidéo pour l'ouverture de cette retraite.

Le cardinal Hummes a souligné, dans son homélie et dans un français parfait, que cette retraite s'ouvrait par « une eucharistie en l'honneur du saint curé d'Ars », a constaté ZENIT sur place.

Il a relevé que le fait qu'un millier de prêtres soient ainsi rassemblés - à Ars, et en cette église souterraine Notre-Dame de Miséricorde - pour le 150e anniversaire de la mort du saint patron des prêtres du monde, est un « signe qui parle de lui-même ».

Cette initiative de l'année sacerdotale, Benoît XVI l'a inscrite dans le sillage de ses prédécesseurs, Pie X qui, en 1905 l'a fait saint patron des prêtres en France, Pie XI patron de tous les curés du monde, Pie XII qui a souligné la valeur de l'exemple du saint curé d'Ars « pour aujourd'hui », de Jean XXIII qui lui a consacré une encyclique, de Jean-Paul II qui constate combien l'exemple de saint Jean-Marie Vianney continue de donner de « l'élan » aux curés monde entier et à tous les prêtres dans leurs différentes tâches apostoliques.

Benoît XVI, a ajouté le cardinal Hummes, invite tous les prêtres à suivre l'exemple du saint curé « pour être des témoins du Christ et des apôtres de l'évangile ». Saint Jean-Marie Vianney est, ajoute-t-il, l'exemple d'une existence faite de « prière ».

« La sainteté est toujours jeune, quel que soit le siècle » et dans la vie d'un saint « il y a des éléments pérennes qui, dégagés de l'époque » restent une « lumière pour l'Eglise », et, de même, pour la réalité du prêtre : « l'essentiel demeure dans histoire ».

Citant le passage du prophète Ezéchiel, le cardinal Hummes a encore fait observer que par son ordination, le prêtre est marqué par sa « mission », et que si « la responsabilité d'une paroisse demande de la force » et que par conséquent, le droit canon prévoit la démission de cette charge à l'âge de 75 ans, les prêtres « dégagés de la responsabilité d'une paroisse restent prêtres ». Un prêtre « ne prend jamais sa retraite et continue l'œuvre pour laquelle le Christ l'a appelé et consacré », par la prière, la messe, le sacrement de la réconciliation, l'accompagnement spirituel, l'offrande de sa vie même « sur un lit de souffrance ».

Aujourd'hui, a ajouté le responsable des prêtres du monde, « l'immense majorité des prêtres de tous les âges vivent leur engagement pleins de joie, d'héroïsme silencieux, jusqu'au bout de leurs forces, sans voir parfois le fruit de leur labeur ».

Il citait en exemple saint Jean-Marie Vianney qui « confessait et faisait le catéchisme encore six jours avant sa mort », « passionnément dévoué à son ministère ».

Reprenant l'image d'Ezéchiel, le cardinal Hummes a affirmé que « le prêtre est un guetteur envoyé par Dieu auprès de ses contemporains pour les avertir » et les aider à vivre en « communion avec le Père et leurs frères dans la justice, la charité, et la paix ».

« C'est l'amour qui pousse le prêtre à être un guetteur, l'amour du Christ et de ceux auxquels il est envoyé », or, « l'amour n'a pas de terme », et il est le lien d'unité entre « vie sacerdotale et ministère ». En effet, « s'il est motivé par l'amour, son ministère lui donne de la joie ».

Le ministère presbytéral est, a insisté le cardinal brésilien, « une source de joie profonde », car il permet d'entrer « dans le sanctuaire des cœurs » et de « voir comment l'Esprit transforme » les baptisés.

Dans « Pastores Dabo Vobis », a-t-il rappelé, Jean-Paul II souligne que le prêtre goûte la « joie » de la croissance du troupeau de Dieu, la joie d'entrer dans le « sanctuaire » du cœur de la communauté, et est associé de façon mystérieuse à l'oeuvre de Dieu dans les cœurs : « Nous participons à la joie de Dieu qui se donne ».

« Le curé d'Ars était joyeux, aimable, plein d'affabilité », a ajouté le cardinal Hummes, faisant aussi observer que pour être un « guetteur pour son peuple », Ezéchiel a fait aussi l'expérience de la souffrance et qu'il en est de même « pour le serviteur de l'Evangile ».

Certes, saint Jean-Marie Vianney a souffert dans son ministère, au point de dire que s'il avait « su » cela à l'avance il aurait pu en « mourir de chagrin ». Mais il n'en était pas moins « complètement dévoué à son peuple pour le conduire au Christ », il a « porté le poids du péché comme Jésus à Gethsémani », « souffrait des résistances », « gémissait des abus dans sa paroisse », il a subi les « cris sous ses fenêtres », les « placards injurieux », les « calomnies », (on l'accusa d'avarice, on l'a même attaqué dans ses moeurs, il a été relevé de la direction de la Providence).

Lui-même avait le « sens de son incapacité à être curé », mais en même temps une vive « conscience de sa responsabilité de guetteur », car il aurait aimé « se retirer dans une Trappe pour ne garder que la prière », mais la seule pensée de « l'obéissance » et « des besoins spirituels de son peuple », le « maintenait à son poste », et cela « le faisait grandir dans la charité ».

Il avait l'habitude de dire que l'on « montre plus de charité en servant dans la désolation que dans l'abondance des consolations ». Il n'y avait d'ailleurs en lui « « aucun découragement ». Et si « l'idée de quitter la paroisse le poursuivait sans cesse », et malgré la souffrance, il vivait cependant dans « la paix et la joie ». Le cardinal Hummes a souligné ce « paradoxe » de celui qui « vit en communion avec le Christ » : ce ne sont pas « deux choses séparées selon le moment ».

Comme le dit saint Paul : « Je trouve ma joie dans les angoisses que j'endure pour vous » : voilà, ce « mélange paradoxal de béatitude et de douleur », a fait observer le cardinal Hummes, en citant le passage évangélique de l'agonie de Jésus au Jardin des Oliviers : tout en faisant l'expérience des « délices de la Trinité », il vivait une « agonie pas moins réelle » : c'est un « mystère ». Et lorsque le poids du ministère se fait sentir, on comprend que « la Croix du Christ n'est jamais légère à porter » : « Nous l'avons reçue en partage de façon spéciale mais nous ne sommes pas seuls, car Jésus a promis d'être chaque jour à nos côtés ».

Le cardinal Hummes a aussi souligné l'importance du curé Balley pour le futur curé d'Ars. « Monsieur Balley » a-t-il souligné, s'est « engagé de façon totale pour sauver la vocation de Jean-Marie et assurer sa vocation » : sans lui « il n'y aurait pas eu de Curé d'Ars ».

L'abbé Balley ne s'est en effet « jamais découragé devant les obstacles sur le chemin vocationnel » de Jean-Marie Vianney, il s'est « dépensé pour lui apprendre le latin et la théologie » et il l'a protégé lui-même « contre les doutes sur sa vocation ». Le saint curé a pu témoigner qu'il lui suffisait de voir M. Balley et de l'entendre discourir sur Dieu » pour être encouragé.

« Cet exemple doit vous encourager - sans pour autant forcer les volontés, et sans appeler des jeunes qui n'ont pas les capacités objectives -, car l'influence d'un prêtre peut être décisive » : « Croyez en votre charisme et dans la volonté du Seigneur que des jeunes se lèvent à votre suite ».

« Si vous n'avez pas de contacts avec les jeunes, vous pouvez prier pour les vocations et faire prier les chrétiens pour les vocations, vous pouvez cultiver dans votre presbytère une atmosphère vocationnelle, faite de joie, de sainteté, d'ardeur missionnaire : ce sera le témoignage le plus fort pour les jeunes que le Seigneur appelle », a fait observer le cardinal Hummes.

Et d'insister : « L'Eglise a besoin que le nombre des prêtres croisse dans le monde, car les laïcs les mieux formés ne les remplaceront jamais, il y a complémentarité entre le sacerdoce commun et sacerdoce ministériel, mais ils sont essentiellement différents, et ordonnés l'un à l'autre ».

Anita S. Bourdin

Retraite à Ars : Dieu ouvre à l’homme le chemin de la vie divine

Retraite à Ars : Dieu ouvre à l’homme le chemin de la vie divine

Homélie du cardinal Vingt-Trois

 

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ROME, Mardi 29 septembre 2009 (ZENIT.org) - « Lorsque nous sommes les ministres de la miséricorde, nous prophétisons et nous réalisons, affirme le cardinal Vingt-Trois, que Dieu est venu rejoindre l'homme au plus bas de sa situation mortelle et lui ouvre le chemin de la vie divine ».

Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la conférence des évêques de France, a présidé la messe de la retraite sacerdotale internationale, ce mardi matin, à Ars, en l'église souterraine Notre-Dame de la Miséricorde, en présence de quelque 1200 prêtres, évêques et cardinaux du monde entier.

Méditant sur la fête et les lectures de ce jour - fête des saints archanges Michel, Gabriel et Raphaël - , le cardinal a fait remarquer avec humour : « selon les pays dont vous venez et les cultures qui vous ont nourris vous pouvez avoir plus ou moins de facilité à comprendre qui sont les anges et les archanges ».

L'archevêque a proposé une méditation à partir de l'Evangile de Jean et de la prophétie de Jésus à Nathanaël (I, 47-51): « Jésus reprit : " Je t'ai dit que je t'ai vu sous le figuier, et c'est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore." Et il ajouta : " Oui, vraiment, je vous le dis : vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l'homme. " »

A propos de l'esprit qui traverse les mentalités contemporaines, l'archevêque a fait remarquer : « Le ciel n'est plus en haut et la terre n'est plus en bas », et l'homme espérait être « délivré du sentiment d'être opprimé par le ciel », mais son soi-disant bonheur est marqué de « tache noires » telles que « guerres », « refus de la vie », « désespoir »... s'agit-il de s'en « accommoder ? »

Revenant à la rencontre de Jésus avec Nathanaël, le cardinal y voit une invitation à « ouvrir une autre porte », car « non seulement Jésus assume l'héritage de la loi en accueillant ce véritable Israélite qui a grandi sous le figuier de la Loi et en a tiré le meilleur, mais il lui annonce une chose plus extraordinaire : vous verrez les cieux ouverts et le Fils de l'homme », lui, « l'Envoyé ».

« Nous sommes invités, a commenté le cardinal Vingt-Trois, à ajuster cette promesse, cette prophétie qui est en même temps une espérance offerte par le Christ, non seulement aux vrais Israélites qui ont grandi sous le figuier de la Loi, mais aussi les nations qui ont vécu en dehors du figuier ».

Pour l'archevêque de Paris, ces « cieux ouverts », et cette « échelle qui monte vers la plénitude de Dieu » assure « la venue de son Envoyé » et le « retour du Fils dans la plénitude de la gloire du Père et la promesse de partager la vie qui ne finit pas ».

Dans cette vision johannique, « la terre n'est pas dissociée du Ciel », a fait observer le cardinal français.

Certes, a-t-il ajouté, « Dieu n'est pas l'un de nous, n'est pas comme nous, nous ne sommes pas des anges, nous ne sommes pas Dieu, mais il y a une échelle dressée entre l'histoire humaine et l'infini amour de Dieu » et « la vie circule entre Dieu et les hommes » : « il envoie son Fils, son Unique non pour condamner le monde mais pour que le monde soit sauvé ».

« L'humanité, a constaté l'archevêque, nourrit une sorte de neurasthénie de désespoir d'être enclose dans une planète où il n'y a pas d'autre solution que de voir s'user les ressources naturelles et arriver à disette » : il nous faut donc vivre avec cette terre, cet air, cette eau les maladies et la mort : comment ne pas comprendre ce « désespoir au cœur d'homme » et même son «  renoncement à transmettre cette vie » ?

Or, a répondu l'archevêque de Paris, « les cieux sont vraiment ouverts (...) parce que le Christ est envoyé par le Père », et qu'il a « fait se rejoindre le ciel et la terre », parce que « le Christ est mort, ressuscité et glorifié dans le Père et entraîne la terre avec lui comme Premier-né de la Création ». Il projette ainsi « un chemin de lumière sur nos existences et l'avenir de l'humanité tout entière »

Faisant le parallèle avec le rôle des anges, le cardinal Vingt-Trois a ajouté : « De cela nous sommes les messagers : lorsque nous sommes les ministres de la miséricorde, nous prophétisons et nous réalisons que l'être humain n'est pas prisonnier de lui-même, de ses « qualités » et « défauts », de ses « péchés », de ses « crimes », de son « incroyance » même.

« Nous prophétisons et réalisons, a affirmé le cardinal français, que Dieu est venu rejoindre l'homme au plus bas de sa situation mortelle et lui ouvre le chemin de la vie divine », « nous sommes des messagers qui se voient » et c'est « plus facile pour communiquer » qu'avec les anges qu'on ne voit pas.

« Nous devons accepter modestement avec crainte et tremblement d'hériter, dans ce monde moderne - qui a expulsé les anges - d'hériter de leur fonction pour que l'ouverture du ciel soit connue, que la mort et la culpabilité ne détruisent pas l'espérance humaine et que les habitants de la terre ne se croient pas acculés à la mort mais appelés à la vie », a fait remarquer le cardinal Vingt-Trois.

En conclusion, l'archevêque de Paris a émis ce vœu « que Dieu donne à chacun la capacité d'être ce témoin de l'espérance, que Dieu donne à chacun de nous une part du ministère que le curé d'Ars a exercé avec fruit, en écoutant les pécheurs inlassablement », « en acceptant avec les grands mystiques » comme « sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte-Face, d'être « conduits à la nuit complète pour que les hommes aient la lumière ».

« Soyez joyeux » a encore invité le cardinal Vingt-Trois qui a laissé une dernière référence aux retraitants d'Ars, l'écrivain français Georges Bernanos et le « Journal d'un curé de campagne », spécialement cette page où il dit : «le monde nous reproche d'être des symboles du deuil et de la tristesse, et Bernanos répond : nous sommes habillés de noir, mais nous pourrions être habillés d'or parce que nous portons toute l'espérance du monde ».

Avant la conclusion de l'eucharistie, le cardinal Vingt-Trois a invité les prêtres à « exploiter au mieux cette année sainte et l'héritage des saints », mais aussi à « fabriquer » par leur ministère « de nouveaux saints ».

Anita S. Bourdin