28.12.2010

Les enfants sont les premières victimes des divorces

enfants.JPGA l’occasion du dimanche de la Sainte Famille, le 26 décembre, Benoît XVI a rappelé que chaque enfant a besoin d’un père et d’une mère. La Sainte Famille est proposée par le Pape comme le modèle de la famille chrétienne. Dans notre société, où sont nombreux les divorces, les familles monoparentales ou recomposées, ce modèle peut être jugé idéaliste. Mais pour le Père Alain Bandelier, une famille unie et aimante est avant tout la vocation de chaque être humain. C’est pourquoi les blessures des couples qui se séparent sont si grandes.

Lire la suite

09.06.2010

Pourquoi ce succès de la campagne « catholiques, revenez à la maison ! » ?

Commentaires de son fondateur, Tom Peterson

 

 


ROME, Mardi 8 juin 2010 (ZENIT.org) - Grâce à la campagne « Catholics come home » (« Catholiques, revenez à la maison ! »), lancée par l'Américain Tom Peterson, plus de 200.000 personnes aux Etats-Unis, athées, ex catholiques et catholiques non pratiquants, ont décidé de revenir dans le giron de l'Eglise pour vivre et témoigner de leur foi catholique.

Par le biais de communiqués publicitaires sur diverses chaînes de télévision aux Etats-Unis et de la page web http ://www.catholicscomehome.org/, également en version espagnole http ://www.catolicosregresen.org, des dizaines de milliers de personnes ont pu trouver un message les invitant à découvrir l'essence du catholicisme, sa portée au cours de l'histoire et la joie que représente pour des millions de fidèles dans le monde le fait de vivre la foi catholique.

Tom Peterson a participé récemment au VIIe Séminaire professionnel pour les responsables de la communication de l'Eglise, qui s'est tenu à l'Université de la Sainte-Croix de Rome, où il a parlé de cette campagne aux Etats-Unis.

 


L'histoire de l'initiative

Dans un entretien avec ZENIT, Tom Peterson a raconté que tout a commencé, voici 13 ans, pendant une retraite spirituelle qui a changé sa vie. Même s'il se déclarait catholique pratiquant, il avoue qu'il avait d'autres priorités que celle de vivre sa foi. Après la retraite, il a pris la résolution de fréquenter davantage les sacrements, d'assister quotidiennement à la messe et d'approfondir les Saintes Ecritures.

Par la suite, il a fait deux rêves : dans l'un, il voyait un enfant que l'on étouffait avec un coussin, dans l'autre des annonces publicitaires pour promouvoir l'évangélisation catholique. « Ces deux rêves peuvent désormais devenir réalité : des médias numériques, et notre apostolat pro-vie », a-t-il affirmé.

En 1997, il a reçu un appel téléphonique du diocèse de Phoenix (Arizona) : « Ils m'ont dit : 'Le Saint-Père Jean-Paul II, pour la nouvelle évangélisation, souhaite inviter les catholiques non actifs à revenir à l'Eglise pour le Jubilé. Pourriez-vous nous aider ?' ».

Tom Peterson a répondu instantanément. Il avait compris qu'il s'agissait de son rêve en train de devenir réalité et de l'appel qu'il avait reçu à la retraite : « utiliser les talents que Dieu m'a donnés, non pour mon profit mais pour l'Eglise ». C'est ainsi que naquit l'association « Catholics come home » (CCH).

On commença par diffuser les premiers communiqués télévisés et, au bout d'une semaine et demie, 3.000 personnes étaient revenues à l'Eglise. Tom Peterson comprit alors qu'il devait consacrer davantage d'heures à cette campagne : « Nous l'avons conçue comme un apostolat laïc à plein temps, pour répondre au souhait du Magistère de l'Eglise », a-t-il déclaré à ZENIT.

Ils se sont mis alors en quête de tous types consultants : « de nombreux ecclésiastiques, experts en affaires, théologiens laïcs, auteurs catholiques de renom, conférenciers qui nous ont conseillé, et enseigné à veiller à ce que notre campagne publicitaire enseigne quelque chose », a-t-il commenté.

C'est ainsi que trois types d'annonces furent conçus, pour promouvoir la foi catholique : les annonces « qui illustrent l'universalité de l'Eglise dans le monde », des communiqués dans la catégorie films (spots) « qui invitent les gens à approfondir leur relation avec Jésus et qui parlent de la Divine Miséricorde », et d'autres types de témoignages de personnes qui reviennent dans le giron de l'Eglise catholique après s'en être éloignés.

 

 

Une campagne qui change la vie

Nombreux sont les récits de personnes qui se convertissent, ou se rapprochent de la foi catholique, dont Tom Peterson a été témoin. D'après les statistiques, environ un million de personnes de 80 pays différents ont consulté la page de cette campagne.

« D'une façon générale il nous semble normal que ces annonces publicitaires soient consultées par des personnes venant, par exemple, d'Italie ou d'Irlande, qui sont des pays catholiques  ; mais le fait qu'elles soient visionnées par des personnes du Qatar - Péninsule arabique - ou d'autres pays traditionnellement non catholiques, me semble miraculeux », a reconnu T. Peterson.

Quant aux messages télévisés, ils sont généralement diffusés pendant six semaines dans un diocèse donné. Tom Peterson a précisé qu'il y a actuellement quelque 25 communiqués différents en anglais. Les campagnes s'intensifient à certaines périodes comme l'Avent, Noël et le Carême.

Tous ceux qui travaillent à cette campagne ont réalisé des études sur l'impact des messages, par le biais de sondages sur la perception que l'on a de l'Eglise avant et après les avoir visionnés. 76% des interviewés pensent que le message est très positif, tandis que 53% assurent qu'ils envisagent de revenir à la foi catholique.

Consultants et techniciens actualisent constamment la page web. Ils s'efforcent d'être plus interactifs et d'améliorer la technologie mise en place, également en adaptant et enrichissant les enseignements de la campagne : « par exemple - explique T. Peterson - sur des thèmes comme la stérilité, les enseignements sur la contraception, l'avortement et la vie, le mariage et la famille, les annulations de mariages ».

Ils travaillent également à la mise en place de la page web en espagnol et de messages en polonais, en traduisant les textes et en les adaptant à la culture correspondante.

Ce faisant, Tom Peterson est convaincu de vivre chaque jour davantage les enseignements de Jean-Paul II dans son Exhortation apostolique post-synodale Christifideles laici : "Quand on combine le savoir et l'expérience avec les talents que Dieu nous a donnés dans un monde séculier, avec la foi et la prière, en nous laissant guider par l'Esprit Saint, naissent des fruits miraculeux, comme ce type d'apostolat et ces résultats ", a-t-il conclu.

Andrea Kirk Assaf

08.04.2010

Pâques en Chine

ASIE/CHINE - La communauté catholique chinoise en marche vers Pâques : scrutin des catéchumènes, témoignage de foi et intense chemin spirituel

 

http://blog.beliefnet.com/pontifications/imgs/Easter%20in%20Cina.jpg


Pékin (Agence Fides) – La communauté catholique s'est préparée à accueillir avec enthousiasme les catéchumènes qui, durant la veillée pascale ont reçu les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’eucharistie.

Lors des dimanches de Carême s’est déroulé dans les différentes communautés paroissiales le rite des scrutins, pour soutenir les catéchumènes dans leur chemin vers la célébration de la grande veillée pascale. Par ailleurs, la prière individuelle, les retraites spirituelles, la célébration du sacrement de la réconciliation, le jeûne et les œuvres de charité ont scandé la vie des fidèles catholiques du monde chinois en cette période de Carême comme dans toute l’Église universelle. Dans les différentes paroisses de Pékin, des milliers de fidèles ont suivi les trois jours de retraite spirituelle, et autant de personnes âgées ont reçu le sacrement de l’onction des malades après leur retraite.

Selon les statistiques du Faith, à Pâques 2009 ont été administrés 22 308 baptêmes dans 90 diocèses de la Chine continentale, fruit d’une intense œuvre d’évangélisation promue aussi pour l’Année paulinienne. En revanche, à Hong Kong, à Pâques, il y a eu environ 2 800 baptêmes. (NZ)

(Agence Fides 31/03/2010)

07.04.2010

L’école d’évangélisation de Paray-le-Monial a fêté ses 25 ans à Pâques

ROME, Jeudi 18 mars 2010 (ZENIT.org) - L'Ecole internationale de formation et d'évangélisation (EIFE) de Paray-le-Monial a fêté ses 25 ans lors d'une retraite du 1er au 5 avril dernier.

 

http://www.sanctuaires-paray.com/newsletter/td2010.jpg


« Nous voulons que cet événement soit l'occasion de rendre grâce pour ces 25 ans et les fruits portés de par le monde », affirment les organisateurs. « Mais comme tout jubilé, nous voudrions déjà nous tourner vers l'avenir, et ensemble implorer l'Esprit Saint pour un renouvellement pour la mission ».

Tous les anciens élèves des différentes écoles, ainsi que les professeurs, les membres des différentes équipes, mais aussi tous les jeunes proches de l'école sont invités à se joindre à cette rencontre que les organisateurs souhaitent comme « une effusion de l'Esprit pour la mission dans le monde ».

La retraite était prêchée par le père Francis Kohn, premier directeur de l'EIFE et postulateur de la cause de béatification de Pierre Goursat, fondateur de la Communauté de l'Emmanuel.

Durant ces quelques jours, les reliques de sainte Marguerite-Marie et de saint Claude la Colombière étaient  exposées. Par ailleurs, trois expositions retraçaient l'histoire des écoles, dont une avec des photos des 25 promotions, et les différentes missions paroissiales lancées depuis 25 ans à travers la France.

Enfin, la journée du lundi de Pâques était réservée aux anciens, professeurs et équipes. Laurent Landete, modérateur de la Communauté de l'Emmanuel et Mgr Yves le Saux, évêque du Mans et ancien aumônier de l'EIFE, sont intervenus sur la question de la sainteté et de la disponibilité missionnaire.


Une formation philosophique, théologique, humaine

Fondée le 1er octobre 1984, en la fête de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, à l'initiative de Pierre Goursat et du père Francis Kohn, prêtre de la communauté de l'Emmanuel, l'EIFE de Paray-le-Monial a accueilli près de 40 élèves dès la première année.

Depuis sa création, plus de 1500 étudiants de plus de 60 nationalités ont suivi cette formation. Beaucoup se sont ensuite mariés, 49 garçons sont devenus prêtres, 50 filles et garçons sont entrés dans la vie consacrée.

Aujourd'hui, les quatre écoles de la communauté de l'Emmanuel accueillent 84 étudiants de 28 nationalités : 28 à Paray-le-Monial, 15 à Altötting (école fondée en 1994), 21 à Rome (école fondée en 1999) et 20 à Manille (école fondée en 2009).

L'objectif général des Ecoles internationales de formation et d'évangélisation est de donner au monde des chrétiens non seulement aptes à témoigner de leur foi mais aussi capables de témoigner au monde d'une joie profonde d'être un homme ou une femme heureux de vivre et de servir.

C'est pourquoi la formation insiste sur le développement de « toutes les dimensions de la personne » : intellectuelles, psychologiques, physiques, afin de donner les « moyens d'une vision intégrale de la personne capable d'une présence incarnée et vraie dans le monde ».

Durant ces 9 mois, les étudiants suivent une formation philosophique, théologique, humaine. Dans un cadre de vie internationale, elle ouvre « chacun à d'autres dimensions, à d'autres cultures, à d'autres manières d'appréhender le monde ».

« Ecole de pardon et de service » dans la communauté, elle ouvre aussi à la mission : l'année est rythmée par des temps de mission en paroisse, dans les établissements scolaires, auprès des personnes âgées ou des plus pauvres.

Enfin, durant ces 9 mois de formation, les étudiants se décident pour vivre et grandir dans une relation personnelle avec Dieu, grâce à la prière quotidienne, des temps de pèlerinages, de retraite en silence, etc.

20.03.2010

"Vous devez répondre de cela devant Dieu, ainsi que devant les tribunaux"

La lettre pastorale adressée par le pape aux catholiques d'Irlande à propos des abus sexuels commis sur des mineurs par des prêtres


par Benoît XVI




1. CHERS FRERES ET SŒURS DE L’EGLISE EN IRLANDE,
c’est avec une profonde préoccupation que je vous écris en tant que Pasteur de l’Eglise universelle. Comme vous, j’ai été profondément bouleversé par les nouvelles apparues concernant l’abus d’enfants et de jeunes vulnérables par des membres de l’Eglise en Irlande, en particulier par des prêtres et des religieux. Je ne peux que partager le désarroi et le sentiment de trahison que nombre d’entre vous ont ressenti en prenant connaissance de ces actes scandaleux et criminels et de la façon dont les autorités de l’Eglise en Irlande les ont affrontés.

Comme vous le savez, j’ai récemment invité les évêques irlandais à une rencontre ici, à Rome, pour rendre compte de la façon dont ils ont affronté ces questions par le passé et indiquer les mesures qu’ils ont prises pour répondre à cette grave situation. Avec certains prélats de la Curie romaine, j’ai écouté ce qu’ils avaient à dire, tant individuellement qu’en groupe, tandis qu’ils présentaient une analyse des erreurs commises et des leçons apprises, et une description des programmes et des protocoles aujourd’hui mis en place. Nos réflexions ont été franches et constructives. Je nourris l’espoir que, par conséquent, les évêques se trouvent à présent dans une position plus forte pour accomplir le devoir de réparer les injustices du passé et pour affronter les thèmes plus vastes liés à l’abus des mineurs selon des modalités conformes aux exigences de la justice et aux enseignements de l’Evangile.


2. Pour ma part, compte tenu de la gravité de ces fautes, et de la réponse souvent inadéquate qui leur a été réservée de la part des autorités ecclésiastiques dans votre pays, j’ai décidé d’écrire cette Lettre pastorale pour vous exprimer ma proximité et vous proposer un chemin de guérison, de renouveau et de réparation.


En réalité, comme de nombreuses personnes dans votre pays l’ont observé, le problème de l’abus des mineurs n’est pas propre à l’Irlande, ni à l’Eglise. Toutefois, le devoir qui se présente désormais à vous est celui d’affronter le problème des abus qui ont lieu au sein de la communauté catholique irlandaise et de le faire avec courage et détermination. Personne ne peut imaginer que cette situation douloureuse sera résolue dans de brefs délais. Des progrès positifs ont été accomplis, mais il reste encore beaucoup à faire. La persévérance et la prière sont nécessaires, ainsi qu’une grande confiance dans la force de guérison de la grâce de Dieu.

Dans le même temps, je dois également exprimer ma conviction que, pour se reprendre de cette blessure douloureuse, l’Eglise qui est en Irlande doit en premier lieu reconnaître devant le Seigneur et devant les autres, les graves péchés commis contre des enfants sans défense. Une telle reconnaissance, accompagnée par une douleur sincère pour les préjudices portés à ces victimes et à leurs familles, doit conduire à un effort concerté afin d’assurer la protection des enfants contre de tels crimes à l’avenir.

Tandis que vous affrontez les défis de ce moment, je vous demande de vous rappeler du «rocher d’où l’on vous a taillés» (Is 51, 1). Réfléchissez aux contributions généreuses, souvent héroïques, offertes à l’Eglise et à l’humanité tout entière par les générations passées d’hommes et de femmes irlandais, et faites en sorte que cela constitue un élan pour un examen de conscience honnête et un programme de renouveau ecclésial et personnel convaincu. Je forme la prière que, assistée par l’intercession de ses nombreux saints et purifiée par la pénitence, l’Eglise en Irlande surmontera la crise présente et redeviendra un témoin convaincu de la vérité et de la bonté de Dieu tout-puissant, manifestées dans son Fils Jésus Christ.
 

3. Tout au long de l’histoire, les catholiques d’Irlande se sont révélés une immense force de bien tant dans leur patrie qu’à l’étranger. Des moines celtes comme saint Colomban, diffusèrent l’Evangile en Europe occidentale en jetant les fondements de la culture monastique médiévale. Les idéaux de sainteté, de charité et de sagesse transcendante découlant de la foi chrétienne, ont trouvé une expression dans la construction d’églises et de monastères et dans l’institution d’écoles, de bibliothèques et d’hôpitaux qui contribuèrent à renforcer l’identité spirituelle de l’Europe. Ces missionnaires irlandais ont tiré leur force et leur inspiration de la foi ferme, de la direction solide et des comportements moraux justes de l’Eglise dans leur terre natale.

A partir du XVIe siècle, les catholiques d’Irlande ont subi une longue période de persécution, au cours de laquelle ils ont lutté pour maintenir vivante la flamme de la foi dans des circonstances dangereuses et difficiles. Saint Oliver Plunkett, l’archevêque martyr d’Armagh, est l’exemple le plus célèbre d’une multitude de fils et de filles courageux d’Irlande, prêts à donner leur vie pour la fidélité à l’Evangile. Après l’Emancipation catholique, l’Eglise fut libre de croitre à nouveau. Des familles et d’innombrables personnes qui avaient préservé leur foi au cours de la période de l’épreuve, devinrent le moteur d’une grande renaissance du catholicisme irlandais au XIXe siècle. L’Eglise offrit l’éducation, en particulier aux pauvres, et cela devait apporter une contribution importante à la société irlandaise. Parmi les fruits des nouvelles écoles catholiques, figura une croissance des vocations: des générations de prêtres, de religieuses et de frères missionnaires quittèrent leur patrie pour servir sur chaque continent, en particulier dans le monde anglophone. Ils furent admirables non seulement en raison de leur grand nombre, mais également en raison de la force de leur foi et de la solidité de leur engagement pastoral. De nombreux diocèses, en particulier en Afrique, en Amérique et en Australie, ont bénéficié de la présence de clergé et de religieux irlandais qui prêchèrent l’Evangile et fondèrent des paroisses, des écoles et des universités, des cliniques et des hôpitaux, qui servirent tant les catholiques, que la société en général, avec une attention particulière pour les besoins des pauvres.

Dans presque toutes les familles d’Irlande, il y a eu quelqu’un — un fils ou une fille, une tante ou un oncle — qui a donné sa vie à l’Eglise. Les familles irlandaises nourrissent à juste titre une grande estime et une grande affection pour leurs proches qui ont consacré leur vie au Christ, en partageant le don de la foi avec d’autres et en mettant en pratique cette foi dans le service généreux de Dieu et du prochain.
 

4. Au cours des dernières décennies, toutefois, l’Eglise dans votre pays a dû affronter de nouveaux et graves défis à la foi, découlant de la transformation et de la sécularisation rapides de la société irlandaise. Un changement social très rapide a eu lieu, qui a souvent eu des effets contraires à l’adhésion traditionnelle des personnes à l’égard de l’enseignement et des valeurs catholiques. Très souvent, les pratiques sacramentelles et de dévotion qui soutiennent la foi et lui permettent de croître, comme par exemple la confession fréquente, la prière quotidienne et les retraites annuelles, ont été négligées. Au cours de cette période, apparut également la tendance déterminante, également de la part de prêtres et de religieux, d’adopter des façons de penser et de considérer les réalités séculières sans référence suffisante à l’Evangile. Le programme de renouveau proposé par le Concile Vatican ii fut parfois mal interprété et en vérité, à la lumière des profonds changements sociaux qui avaient lieu, il était très difficile de comprendre comment les appliquer de la meilleure façon possible. En particulier, il y eut une tendance, dictée par de justes intentions, mais erronée, visant à éviter les approches pénales à l’égard de situations canoniques irrégulières. C’est dans ce contexte général que nous devons chercher à comprendre le problème déconcertant de l’abus sexuel des enfants, qui a contribué de façon très importante à l’affaiblissement de la foi et à la perte de respect pour l’Eglise et pour ses enseignements.

Ce n’est qu’en examinant avec attention les nombreux éléments qui ont donné naissance à la crise actuelle qu’il est possible d’entreprendre un diagnostic clair de ses causes et de trouver des remèdes efficaces. Il est certain que parmi les facteurs qui y ont contribué, nous pouvons citer: des procédures inadéquates pour déterminer l’aptitude des candidats au sacerdoce et à la vie religieuse; une formation humaine, morale, intellectuelle et spirituelle insuffisante dans les séminaires et les noviciats; une tendance dans la société à favoriser le clergé et d’autres figures d’autorité, ainsi qu’une préoccupation déplacée pour la réputation de l’Eglise et pour éviter les scandales, qui a eu pour résultat de ne pas appliquer les peines canoniques en vigueur et de ne pas protéger la dignité de chaque personne. Il faut agir avec urgence pour affronter ces facteurs, qui ont eu des conséquences si tragiques pour les vies des victimes et de leurs familles et qui ont assombri la lumière de l’Evangile à un degré tel que pas même des siècles de persécution ne sont parvenus à atteindre.


5. En plusieurs occasions depuis mon élection au Siège de Pierre, j’ai rencontré des victimes d’abus sexuels, de même que je suis disposé à le faire à l’avenir. Je me suis arrêté pour parler avec eux, j’ai écouté leurs récits, j’ai pris acte de leur souffrance, j’ai prié avec eux et pour eux. Auparavant, au cours de mon pontificat, soucieux d’affronter ce thème, j’avais demandé aux évêques d’Irlande, à l’occasion de leur visite ad limina de 2006, d’«établir la vérité sur ce qui est arrivé par le passé, de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter que cela ne se reproduise à l’avenir, d’assurer que les principes de justice soient pleinement respectés et, surtout, de soutenir les victimes et tous ceux qui sont victimes de ces crimes monstrueux» (Discours aux évêques d’Irlande, 28 octobre 2006).

Avec cette Lettre, mon intention est de vous exhorter tous, en tant que peuple de Dieu qui est en Irlande, à réfléchir sur les blessures infligées au Corps du Christ, sur les remèdes, parfois douloureux, nécessaires pour les panser et les guérir, et sur le besoin d’unité, de charité et d’aide réciproque dans le long processus de reprise et de renouveau ecclésial. Je m’adresse à présent à vous avec des paroles qui me viennent du cœur, et je désire parler à chacun de vous individuellement et à vous tous en tant que frères et sœurs dans le Seigneur.

 
6. Aux victimes d’abus et à leurs familles

Vous avez terriblement souffert et j’en suis vraiment désolé. Je sais que rien ne peut effacer le mal que vous avez supporté. Votre confiance a été trahie, et votre dignité a été violée. Beaucoup d’entre vous, alors que vous étiez suffisamment courageux pour parler de ce qui vous était arrivé, ont fait l’expérience que personne ne vous écoutait. Ceux d’entre vous qui ont subi des abus dans les collèges doivent avoir ressenti qu’il n’y avait pas moyen d’échapper à leur souffrance. Il est compréhensible que vous trouviez difficile de pardonner ou de vous réconcilier avec l’Eglise. En son nom, je vous exprime ouvertement la honte et le remord que nous éprouvons tous. Dans le même temps, je vous demande de ne pas perdre l’espérance. C’est dans la communion de l’Eglise que nous rencontrons la personne de Jésus Christ, lui-même victime de l’injustice et du péché. Comme vous, il porte encore les blessures de sa souffrance injuste. Il comprend la profondeur de votre peine et la persistance de son effet dans vos vies et dans vos relations avec les autres, y compris vos relations avec l’Eglise. Je sais que certains d’entre vous trouvent également difficile d’entrer dans une église après ce qui s’est passé. Toutefois, les blessures mêmes du Christ, transformées par ses souffrances rédemptrices, sont les instruments grâce auxquels le pouvoir du mal s’est brisé et nous renaissons à la vie et à l’espérance. Je crois fermement dans le pouvoir de guérison de son amour sacrificiel — également dans les situations les plus sombres et sans espérance — qui apporte la libération et la promesse d’un nouveau début.

En m’adressant à vous comme pasteur, préoccupé par le bien de tous les fils de Dieu, je vous demande avec humilité de réfléchir sur ce que je vous ai dit. Je prie afin que, en vous approchant du Christ et en participant à la vie de son Eglise — une Eglise purifiée par la pénitence et renouvelée dans la charité pastorale — vous puissiez parvenir à redécouvrir l’amour infini du Christ pour chacun de vous. Je suis confiant dans le fait que, de cette manière, vous serez capables de trouver la réconciliation, une guérison intérieure profonde et la paix.
 

7. Aux prêtres et aux religieux qui ont abusé des enfants

Vous avez trahi la confiance placée en vous par de jeunes innocents et par leurs parents. Vous devez répondre de cela devant Dieu tout-puissant, ainsi que devant les tribunaux constitués à cet effet. Vous avez perdu l’estime des personnes en Irlande et jeté la honte et le déshonneur sur vos confrères. Ceux d’entre vous qui sont prêtres ont violé la sainteté du sacrement de l’Ordre sacré, dans lequel le Christ se rend présent en nous et dans nos actions. En même temps que le dommage immense causé aux victimes, un grand dommage a été perpétré contre l’Eglise et la perception publique du sacerdoce et de la vie religieuse.

Je vous exhorte à examiner votre conscience, à assumer la responsabilité des péchés que vous avez commis et à exprimer avec humilité votre regret. Le repentir sincère ouvre la porte au pardon de Dieu et à la grâce du véritable rachat. En offrant des prières et des pénitences pour ceux que vous avez offensés, vous devez chercher à faire personnellement amende pour vos actions. Le sacrifice rédempteur du Christ a le pouvoir de pardonner même le plus grave des péchés et de tirer le bien également du plus terrible des maux. Dans le même temps, la justice de Dieu exige que nous rendions compte de nos actions sans rien cacher. Reconnaissez ouvertement vos fautes, soumettez-vous aux exigences de la justice, mais ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu.

 
8. Aux parents

Vous avez été profondément bouleversés en apprenant les choses terribles qui eurent lieu dans ce qui aurait dû être le milieu le plus sûr de tous. Dans le monde d’aujourd’hui, il n’est pas facile de construire un foyer domestique et d’éduquer les enfants. Ils méritent de grandir dans un milieu protégé, aimés et désirés, avec un profond sens de leur identité et de leur valeur. Ils ont le droit d’être éduqués aux valeurs morales authentiques, enracinés dans la dignité de la personne humaine, à être inspirés par la vérité de notre foi catholique et à apprendre des manières de se comporter et d’agir qui les conduisent à une saine estime de soi et au bonheur durable. C’est à vous, leurs parents, qu’est confié en premier lieu ce devoir noble et exigeant. Je vous exhorte à accomplir votre part pour assurer le meilleur soin possible des enfants, que ce soit à la maison ou dans la société en général, alors que l’Eglise, pour sa part, continue à mettre en œuvre les mesures adoptées ces dernières années pour protéger les jeunes dans les milieux paroissiaux et éducatifs. Alors que vous exercez vos importantes responsabilités, soyez certains que je suis proche de vous et que je vous assure du soutien de ma prière.
 

9. Aux enfants et aux jeunes d’Irlande

Je désire vous offrir une parole particulière d’encouragement. Votre expérience d’Eglise est très différente de celle de vos parents et de vos grands-parents. Le monde a beaucoup changé depuis qu’ils avaient votre âge. Malgré cela, tous, à chaque génération, sont appelés à parcourir le même chemin de vie; quelles que puissent être les circonstances. Nous sommes tous scandalisés par les péchés et les échecs de certains membres de l’Eglise, en particulier de ceux qui furent choisis de manière particulière pour guider et servir les jeunes. Mais c’est dans l’Eglise que vous trouverez Jésus Christ qui est le même hier, aujourd’hui et à jamais (cf. He 13, 8). Il vous aime et c’est pour cela qu’il s’est offert lui-même sur la Croix. Recherchez une relation personnelle avec lui dans la communion de son Eglise, car il ne trahira jamais votre confiance! Lui seul peut satisfaire vos attentes les plus profondes et donner à vos vies leur signification la plus pleine, en les orientant au service des autres. Gardez les yeux fixés sur Jésus et sur sa bonté et protégez dans votre cœur la flamme de la foi. Avec vos frères catholiques en Irlande, je me tourne vers vous pour que vous soyez de fidèles disciples de notre Dieu et que vous contribuiez, avec votre enthousiasme et votre idéalisme si nécessaires, à la reconstruction et au renouveau de notre Eglise bien-aimée.


10. Aux prêtres et aux religieux d’Irlande


Nous souffrons tous à la suite des péchés de nos confrères qui ont trahi une consigne sacrée ou qui n’ont pas affronté de la manière juste et responsable les accusations d’abus. Face à l’outrage et à l’indignation que cela a provoqué, non seulement parmi les laïcs mais également parmi vous et vos communautés religieuses, un grand nombre d’entre vous se sentent personnellement découragés et même abandonnés. En outre, je suis conscient qu’aux yeux de certains vous apparaissez coupables par association, et que vous êtes vus comme si vous étiez en quelque sorte responsables des méfaits d’autres personnes. En ce temps de souffrance, je veux rendre acte du dévouement de votre vie de prêtres et de religieux et de vos apostolats, et je vous invite à réaffirmer votre foi en Christ, votre amour envers son Eglise et votre confiance dans la promesse de rédemption, de pardon et de renouveau intérieur de l’Evangile. De cette manière, vous démontrerez à tous que, là où le péché abonde, la grâce surabonde (cf. Rm 5, 20).

Je sais qu’un grand nombre d’entre vous sont déçus, déconcertés et fâchés pour la manière dont ces questions ont été affrontées par certains de vos supérieurs. Malgré cela, il est essentiel que vous collaboriez de près avec ceux qui représentent l’autorité et que vous vous prodiguiez pour faire en sorte que les mesures adoptées pour répondre à la crise soient vraiment évangéliques, justes et efficaces. Je vous exhorte en particulier à devenir de manière toujours plus claire des hommes et des femmes de prière, en suivant avec courage la voie de la conversion, de la purification et de la réconciliation. De cette manière, l’Eglise en Irlande tirera une nouvelle vie et vitalité de votre témoignage au pouvoir rédempteur du Seigneur rendu visible dans votre vie.

 
11. A mes frères évêques

On ne peut pas nier que certains d’entre vous et de vos prédécesseurs ont manqué, parfois gravement, dans l’application des normes du droit canonique codifiées depuis longtemps en ce qui concerne les crimes d’abus sur les enfants. De graves erreurs furent commises en traitant les accusations. Je comprends combien il était difficile de saisir l’étendue et la complexité du problème, d’obtenir des informations fiables et de prendre des décisions justes à la lumière de conseils divergents d’experts. Malgré cela, il faut admettre que de graves erreurs de jugement furent commises et que des manquements dans le gouvernement ont eu lieu. Tout cela a sérieusement miné votre crédibilité et efficacité. J’apprécie les efforts que vous avez accomplis pour porter remède aux erreurs du passé et pour assurer qu’elles ne se répètent pas. Outre à mettre pleinement en œuvre les normes du droit canonique en affrontant les cas d’abus sur les enfants, continuez à coopérer avec les autorités civiles dans le domaine de leur compétence. Les supérieurs religieux doivent clairement en faire tout autant. Ils ont, eux aussi, participé aux rencontre récentes, ici à Rome, pour établir une approche claire et cohérente de ces questions. Il est nécessaire que les normes de l’Eglise en Irlande pour la protection des enfants soient constamment revues et mises à jour et qu’elles soient appliquées de manière totale et impartiale, conformément au droit canonique.

Seule une action ferme menée de l’avant de manière pleinement honnête et transparente pourra rétablir le respect et l’affection des Irlandais envers l’Eglise, à laquelle nous avons consacré notre vie. Cela doit naître, avant tout, de l’examen de vos propres personnes, de la purification intérieure et du renouveau spirituel. La population irlandaise attend à juste titre que vous soyez des homme de Dieu, que vous soyez saints, que vous viviez avec simplicité, que vous recherchiez chaque jour la conversion personnelle. Pour elle, selon l’expression de saint Augustin, vous êtes des évêques, et pourtant avec eux vous êtes appelés à être des disciples du Christ (cf. Discours 340, 1). Je vous exhorte donc à renouveler votre sens des responsabilités devant Dieu, à croître dans la solidarité avec votre peuple et à approfondir votre sollicitude pastorale pour tous les membres de votre troupeau. Soyez en particulier sensibles à la vie spirituelle et morale de chacun de vos prêtres. Soyez un exemple à travers vos vies elles-mêmes, soyez proches d’eux, écoutez leurs préoccupations, offrez-leur votre encouragement en ce moment de difficulté et nourrissez la flamme de leur amour pour le Christ et leur engagement dans le service à leurs frères et sœurs.

Les laïcs doivent eux aussi être encouragés à jouer leur rôle dans la vie de l’Eglise. Faites en sorte qu’ils soient formés de telle manière qu’ils puissent rendre raison, de manière articulée et convaincante, de l’Evangile dans la société moderne (cf. 1 P 3, 15), et qu’ils coopèrent plus pleinement à la vie et à la mission de l’Eglise. Cela vous aidera également à recommencer à être des guides et des témoins crédibles de la vérité rédemptrice du Christ.


12. A tous les fidèles d’Irlande


L’expérience qu’un jeune fait de l’Eglise devrait toujours porter du fruit dans une rencontre personnelle et vivifiante avec Jésus Christ dans une communauté qui aime et qui offre une nourriture. Dans ce domaine, les jeunes doivent être encouragés à croître jusqu’à leur pleine stature humaine et spirituelle, à aspirer aux idéaux élevés de sainteté, de charité et de vérité et à tirer inspiration des richesses d’une grande tradition religieuse et culturelle. Dans notre société toujours plus sécularisée, dans laquelle nous aussi chrétiens nous trouvons difficile de parler de la dimension transcendante de notre existence, nous avons besoin de trouver de nouveaux chemins pour transmettre aux jeunes la beauté et la richesse de l’amitié avec Jésus Christ dans la communion de son Eglise. En affrontant la crise présente, les mesures pour faire face de manière juste aux crimes individuels sont essentielles, toutefois elles ne sont pas suffisantes à elles seules: il y a besoin d’une nouvelle vision pour inspirer la génération présente et les générations futures à tirer profit du don de notre foi commune. En marchant sur la voie indiquée par l’Evangile, en observant les commandements et en conformant votre vie de manière toujours plus proche à la personne de Jésus Christ, vous ferez l’expérience du renouveau profond dont il y a aujourd’hui un besoin si urgent. Je vous invite tous à persévérer le long de ce chemin.


13. Chers frères et sœurs dans le Christ, c’est avec une profonde préoccupation envers vous tous en ce temps de douleur, dans lequel la fragilité de la condition humaine a été aussi clairement révélée, que j’ai souhaité vous offrir ces paroles d’encouragement et de soutien. J’espère que vous les accueillerez comme une signe de ma proximité spirituelle et de ma confiance dans votre capacité à répondre aux défis du temps présent en tirant une inspiration renouvelée et une force des nobles traditions de l’Irlande de fidélité à l’Evangile, de persévérance dans la foi et de fermeté dans le recherche de la sainteté. Avec vous tous, je prie avec insistance qu’avec la grâce de Dieu, les blessures qui ont frappé un grand nombre de personnes et de familles puissent être guéries et que l’Eglise qui est en Irlande puisse faire l’expérience d’une saison de renaissance et de renouveau spirituel.
 

14. Je souhaite vous proposer des initiatives concrètes pour affronter la situation.

Au terme de ma rencontre avec les évêques d’Irlande, j’ai demandé que le carême de cette année soit considéré comme un temps de prière pour une effusion de la miséricorde de Dieu et des dons de sainteté et de force de l’Esprit Saint sur l’Eglise dans votre pays. Je vous invite tous à présent à consacrer vos pénitences du vendredi, pour une année entière, d’aujourd’hui jusqu’à la Pâque 2011, à cette fin. Je vous demande d’offrir votre jeûne, votre prière, votre lecture de la Sainte Ecriture et vos œuvres de miséricorde pour obtenir la grâce de la guérison et du renouveau pour l’Eglise qui est en Irlande. Je vous encourage à redécouvrir le sacrement de la Réconciliation et à recourir plus fréquemment à la force transformatrice de sa grâce.

Une attention particulière devra aussi être réservée à l’adoration eucharistique, et dans chaque diocèse, il devra y avoir des églises ou des chapelles spécifiquement réservées à cette fin. Je demande que les paroisses, les séminaires, les maisons religieuses et les monastères organisent des temps d’adoration eucharistique, de manière à ce que tous aient la possibilité d’y prendre part. A travers la prière fervente face à la présence réelle du Seigneur, vous pouvez accomplir la réparation pour les péchés d’abus qui ont fait tant de mal, et dans le même temps implorer la grâce d’une force renouvelée et d’un sens plus profond de la mission de la part de tous les évêques, les prêtres, les religieux et les fidèles.

Je suis confiant dans le fait que ce programme conduira à une renaissance de l’Eglise en Irlande, dans la plénitude de la vérité même de Dieu, car c’est la vérité qui nous rend libres (cf. Jn 8, 32).

En outre, après avoir pris conseil et avoir prié sur la question, j’ai l’intention d’effectuer une Visite apostolique dans plusieurs diocèses d’Irlande, ainsi que dans des séminaires et des congrégations religieuses. La Visite se propose d’aider l’Eglise locale dans son chemin de renouveau et sera établie en coopération avec les bureaux compétents de la Curie romaine et la conférence épiscopale irlandaise. Les détails seront communiqué en temps utile.

Je propose en outre que soit organisée une Mission au niveau national pour tous les évêques, les prêtres et les religieux. Je nourris l’espérance que, en puisant à la compétence d’experts prédicateurs et organisateurs de retraites, venus d’Irlande ou d’ailleurs, et en réexaminant les documents conciliaires, les rites liturgiques de l’ordination et de la profession et les récents enseignements pontificaux, vous parveniez à une analyse plus profonde de vos vocations respectives, de manière à redécouvrir les racines de votre foi en Jésus Christ et à boire abondamment aux sources de l’eau vive qu’il vous offre à travers son Eglise.

En cette Année consacrée aux prêtres, je vous confie de manière toute particulière la figure de saint Jean Marie Vianney, qui eut une compréhension si riche du mystère du sacerdoce. «Le prêtre, écrivit-il, a la clé des trésors du ciel: c’est lui qui ouvre la porte, c’est lui le dispensateur du bon Dieu, l’administrateur de ses biens». Le curé d’Ars comprit parfaitement combien est grandement bénie une communauté lorsqu’elle est servie par un prêtre bon et saint: «Un bon pasteur, un pasteur selon le cœur de Dieu, est le trésor le plus grand que le bon Dieu peut donner à une paroisse et l’un des dons les plus précieux de la divine miséricorde». Par l’intercession de saint Jean Marie Vianney, puisse le sacerdoce en Irlande reprendre vie et puisse toute l’Eglise en Irlande croître dans l’estime du grand don du ministère sacerdotal.

Je saisis cette opportunité pour remercier dès à présent tous ceux qui seront impliqués dans l’organisation de la Visite apostolique et la Mission, ainsi que les nombreux hommes et femmes qui, dans toute l’Irlande, œuvrent déjà pour la protection des enfants dans les milieux ecclésiaux. Dès le moment où la gravité et l’extension du problème des abus sexuels contre les enfants dans des institutions catholiques commença à être pleinement compris, l’Eglise a accomplie un énorme travail dans de nombreuses régions du monde, afin de l’affronter et d’y trouver remède. Tandis qu’il ne faut épargner aucun effort pour améliorer et mettre à jour les procédures déjà existantes, je suis encouragé par le fait que les pratiques de protection en vigueur, adoptées par les Eglises locales, sont considérées, dans certaines parties du monde, comme un modèle à suivre pour les autres institutions.

Je souhaite conclure cette Lettre avec une Prière pour l’Eglise en Irlande, que je vous envoie avec l’attention qu’un père a pour ses enfants et avec l’affection d’un chrétien comme vous, scandalisé et blessé par ce qui est arrivé dans notre bien-aimée Eglise. Lorsque vous aurez recours à cette prière dans vos familles, vos paroisses et vos communautés, puisse la Bienheureuse Vierge Marie vous protéger et vous guider sur le chemin qui conduit à une union plus étroite avec son Fils, crucifié et ressuscité. Avec une grande affection et une ferme confiance dans les promesses de Dieu, je vous donne à tous de tout cœur ma Bénédiction apostolique en gage de force et de paix dans le Seigneur.
 
Du Vatican, le 19 mars 2010, solennité de saint Joseph
 
BENEDICTUS PP. XVI
 

Prière pour l’Eglise en Irlande

Dieu de nos pères,
renouvelle-nous dans la foi qui est pour nous vie et salut,
dans l’espérance qui promet pardon et renouveau intérieur,
dans la charité qui purifie et ouvre nos cœurs
à t’aimer, et à travers toi, tous nos frères et sœurs.
 
Seigneur Jésus Christ,
puisse l’Eglise en Irlande renouveler son engagement millénaire
à la formation de nos jeunes sur le chemin de la vérité,
de la bonté, de la sainteté et du service généreux à la société.
 
Esprit Saint, consolateur, avocat et guide,
inspire un nouveau printemps de sainteté et de zèle apostolique
pour l’Eglise en Irlande.
 
Puissent notre tristesse et nos larmes,
notre effort sincère de redresser les erreurs du passé,
et notre ferme intention de repentir,
porter des fruits abondants de grâce
pour l’approfondissement de la foi
dans nos familles, nos paroisses, nos écoles et nos communautés,
pour le progrès spirituel de la société irlandaise,
et pour la croissance de la charité, de la justice, de la joie et de la paix,
dans la famille humaine tout entière.
 
A toi, Sainte Trinité,
avec une pleine confiance dans la protection pleine d’amour de Marie,
Reine de l’Irlande, Notre Mère,
et de saint Patrick, de sainte Brigitte et de tous les saints,
nous nous en remettons, ainsi que nos enfants,
et les besoins de l’Eglise en Irlande.
 
Amen.



> Documentation complementaire


www.chiesa

23.02.2010

'Retraite dans la ville' : redonner du sens au Carême

Si le Pape et la Curie sont toute cette semaine en retrait du monde pour leurs exercices spirituels de Carême vers Pâques, plus de 30 000 catholiques sont en retraite dans la ville, une formule proposée depuis quelques années par les dominicains de France.

 

resizer.php (220×147)


Le frère Marie Augustin Laurent Huyghues Beaufond, de la communauté de Lille, nous rappelle le sens du mot « retraite ».

Propos recueillis par Bernard Decottignies (Radio Vatican).

Plus d’informations : www.retraitedanslaville.org



  • Retraite sur Notre Dame du Web, Centre spirituel ignatien sur internet
    Comme chaque année, Notre-Dame du Web vous propose de se préparer dans la joie à accueillir la venue du Sauveur, du mercredi 6 février au dimanche 24 mars 2008
  • Les Fraternités de Jérusalem proposent à l'occasion du Carême 2008 de marcher sur la "Route de Pâques". Le parcours sera mis en ligne semaine après semaine; les internautes qui le souhaitent pourront le recevoir chez eux en s'inscrivant sur le site. Chaque semaine, une introduction au thème et un texte patristique guideront la méditation des textes bibliques proposés à la lectio divina.
  • La Compagnie de Sainte Ursule propose une retraite en ligne avec un forum de partage pour vivre le temps de Carême en Eglise. Du mercredi 6 février au dimanche 9 mars 2008

21.02.2010

Une semaine d'exercices spirituels pour le Pape et la Curie romaine

Le Pape et ses collaborateurs de la Curie romaine ont entamé ce dimanche soir les exercices spirituels de Carême, qui se poursuivront jusqu’à samedi matin dans la chapelle Redemptoris Mater du palais apostolique.

 

logo_annee_sacerdotale


En cette année sacerdotale les méditations sont proposées par un prêtre, spécialiste des Pères de l'Eglise: le Père Enrico dal Covolo (photo), postulateur des salésiens et professeur à la prestigieuse université pontificale salésienne.

 

dal_covolo.jpg (595×468)

 

 

Le thème choisi est celui de la vocation sacerdotale. Agé de 59 ans, le Père dal Covolo a plus de 200 retraites à son actif. Il a annoncé que ses méditations seraient nourries de la lectio divina, centrées sur le chemin de la conversion et qu’il les illustrerait par des figures sacerdotales comme Saint Augustin, le Curé d’Ars, le Pape Jean-Paul II et aussi le curé de campagne de Bernanos.

Jusqu’à samedi matin, toutes les activités publiques du Pape sont suspendues, y compris l’audience générale du mercredi.

 

(Radio Vatican)

18.08.2009

Retraites spirituelles et pèlerinages ne connaissent pas la crise

L’heure est aux premiers bilans de la saison estivale au lendemain des fêtes de l’Assomption. Sur le front des pèlerinages et des retraites spirituelles, le bilan est positif.

 

http://www.msvie.com/upload/editeur/medj02.jpg


Malgré la crise les pèlerins sont toujours aussi nombreux sur les routes traditionnelles. Alors que l'été entre dans sa dernière ligne droite, les agences spécialisées sont rassurées. Retraites spirituelles et pèlerinages ne connaissent pas la crise.

Ecoutez sur Radio Vatican les explications et l'analyse d’Hubert Debbasch, président de l’agence Terre Entière, spécialisée dans les voyages culturels et les pèlerinages. Il est interrogé par Lisa Azorin: >>

02.08.2009

Vietnam: La carotte et le bâton, le double régime des autorités

La carotte et le bâton: le double régime des autorités vietnamiennes

Amabilités diplomatiques avec le Vatican, main de fer avec l'Église vietnamienne. 500 000 catholiques défilent en processions pacifiques. Ils prient au milieu des ruines des églises réquisitionnées par le gouvernement. Frappés et emprisonnés, ils ne cèdent pas

par Sandro Magister




ROME, le 31 juillet 2009 – Le Vietnam est, avec l'Arabie Saoudite et la Chine, l’un des très rares états au monde à ne pas entretenir de relations diplomatiques avec le Saint-Siège. C’est aussi un pays où la communauté catholique a été persécutée récemment et continue à être maltraitée. Et pourtant il est presque sûr que le Vietnam communiste sera justement une étape fondamentale du voyage en Asie que Benoît XVI pense accomplir en 2010.

L'invitation à se rendre au Vietnam a été adressée au pape par Pierre Nguyen Van Nhon, archevêque de Dalat et président de la conférence des évêques du Vietnam, lors de la visite "ad limina" que les évêques de ce pays ont faite à Rome fin juin. Il manque encore l'invitation officielle du gouvernement mais il est certain qu’elle arrivera bientôt. A la veille de son départ pour Rome, l'archevêque de Hanoi, Joseph Ngo Quang Kiet, a reçu du bureau des affaires religieuses la "recommandation" d’inviter le pape. Kiet est secrétaire de la conférence des évêques du Vietnam.

L’invitation officielle sera probablement adressée à Benoît XVI par Nguyen Minh Triet, président du Vietnam, quand celui-ci sera reçu en audience au Vatican en décembre. Ce sera la seconde rencontre d’une autorité de ce pays avec le pape, après la réunification sous domination communiste en 1975. La précédente visite a été rendue, le 25 janvier 2007, par le premier ministre, Nguyen Tan Dung.

De plus une délégation du gouvernement vietnamien, créée en accord avec les autorités vaticanes justement pour discuter de l’établissement de relations diplomatiques, arrivera à Rome en novembre prochain. Ce sera le second round de discussions entre les deux parties. Le premier a eu lieu à Hanoi les 16 et 17 février de cette année. La délégation vaticane était présidée par Mgr Pietro Parolin, sous-secrétaire pour les relations du Saint-Siège avec les Etats. La délégation vietnamienne était présidée par le vice-ministre des Affaires étrangères, Nguyen Quoc Cuong.

Un point clé des discussions concerne la nomination des évêques. Au Vietnam le Saint-Siège n’est pas pleinement libre de choisir les nouveaux évêques. La procédure actuelle est que Rome présente trois candidats pour chaque diocèse vacant, parmi lesquels les autorités vietnamiennes excluent ceux qui leur déplaisent.

La dernière fournée de nominations – trois évêques et un auxiliaire – a eu lieu le 25 juillet. L’un des diocèses concernés, celui de Phat Diem, était sans évêque depuis le 14 avril 2007, signe de la difficulté à trouver un accord.

Actuellement aucun des 26 diocèses vietnamiens n’est sans évêque. Les catholiques sont plus de 6 millions, soit 8% des 84 millions d’habitants. Leur nombre augmente : dans la seule Ho Chi Minh Ville, 9 000 adultes sont baptisés chaque année. Les vocations religieuses et monastiques progressent également. Les quatre monastères bénédictins du pays comptent aujourd’hui 270 moines. A l'abbaye de Huê ils étaient 11 en 1975 ; aujourd’hui ils sont 79, avec une vingtaine de novices chaque année.

Religieusement vivace, la communauté catholique vietnamienne est également de plus en plus active dans la sphère publique. Le 27 juin, Benoît XVI a consacré une partie de son discours aux évêques en visite "ad limina" aux relations avec les autorités politiques, soulignant que "les religions ne représentent pas un danger pour l'unité de la nation", au contraire, elles agissent "généreusement et de manière désintéressée au service du prochain".

Mais ces propos n’ont pas suffi à tranquilliser les autorités, comme le montrent les faits survenus ces dernières semaines.



***



Depuis quelque temps, l’étincelle est toujours la même : la volonté d’évêques, de prêtres, de fidèles, de rendre à leur usage originel les églises, couvents, écoles, terrains, qui appartenaient à l’Eglise avant d'être confisqués par les autorités communistes.

Ils luttent de manière pacifique, par des prières, des processions, des veillées, des retraites aux flambeaux et en plantant une croix sur les lieux disputés. Depuis décembre 2007, c’est un crescendo de manifestations de ce type, ponctuellement empêchées et dispersées par les forces de l’ordre.

Dans quelques cas, les protestations ont abouti et les autorités ont consenti à restituer ses biens à l’Eglise. Dans les autres, non.

Par leur fréquence et leurs effectifs, ces défilés de catholiques vietnamiens sont plus imposants que ceux que les moines bouddhistes avaient organisés en Birmanie il y a quelque temps. Mais alors que ces derniers ont été largement couverts par les médias occidentaux, les premiers sont presque ignorés.

La dernière protestation a eu pour épicentre ce qu’il reste de l’église historique de Tam Toa (photo), à 300 kilomètres au sud de Hanoi, construite au XVIIe siècle, reconstruite à la fin du XIXe et à moitié détruite par les bombardements américains de 1968. Les fidèles ont continué à y célébrer à ciel ouvert, mais en 1996 le secteur a été réquisitionné avec l'intention d’en faire un mémorial de la guerre contre les Etats-Unis.

Le 20 juillet, des milliers de catholiques ont réoccupé le secteur en dressant une croix et un autel au centre des ruines. La procession a été dispersée par la force, des prêtres et des fidèles ont été arrêtés et frappés.

Paul-Marie Cao Dinh Thuyen, l’évêque du diocèse de Vinh où se trouve l’église de Tam Toa, a immédiatement demandé que les personnes arrêtées soient relâchées. Le dimanche suivant, 26 juillet, on a prié et on a observé une minute de silence dans toutes les églises du Vietnam.

Le même jour, dans le diocèse de Vinh, un demi-million de catholiques a défilé pacifiquement. De mémoire d'homme, c'est la plus grande manifestation religieuse qui ait eu lieu au Vietnam.

Cette fois encore, les réactions ont été violentes, avec un acharnement particulier sur deux prêtres, Paul Nguyen Dinh Phu et Pierre Nguyen The Binh, agressés alors qu’ils s’apprêtaient à célébrer la messe à Tam Toa avec d’autres prêtres. Le premier a été grièvement blessé. Le second, conduit à l’hôpital après l'agression, y a été poursuivi par ses agresseurs, frappé de nouveau et enfin jeté par la fenêtre du second étage. Il est dans le coma. Quand cette nouvelle a été connue, de nouvelles marches de protestation silencieuse ont eu lieu dans diverses villes du Vietnam. Il y a eu de nombreuses arrestations.

Au Vatican, on suit ces événements avec beaucoup d’appréhension. On voit dans les protestations des catholiques vietnamiens un obstacle à la volonté des deux parties – le Saint-Siège et les autorités communistes – d’établir des rapports diplomatiques satisfaisants.

Sur place, les autorités ecclésiastiques sont plus sceptiques dans leur opinion sur le gouvernement. Le cardinal Jean Baptiste Pham Minh Man, archevêque de Ho Chi Minh Ville, a déclaré dans une récente interview :

"La politique de l’Eglise est basée sur un dialogue fondé sur la vérité, la justice et la charité. Mais ce mot, dialogue, n’existe même pas dans le vocabulaire communiste et le mot solidarité non plus".



Pour une mise à jour permanente des informations en provenance du Vietnam, les deux agences ci-après sont d’excellentes sources :

> Asia News


> UCA News


Le discours de Benoît XVI aux évêques du Vietnam en visite "ad limina", le 27 juin 2009 :

> "C’est avec grande joie que je vous accueille..."



Le communiqué émis le 20 février 2009 par le Saint-Siège après la dernière visite de sa délégation officielle au Vietnam :


> "According to the agreement between the Vietnamese Government and the Holy See..."



Les précédents articles de www.chiesa sur ce sujet :

> Au Vietnam, l'Eglise n'a pas peur. Le régime communiste, oui (22.10.2008)

> La révolution pacifique des catholiques au Vietnam
(28.5.2008)


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

16.07.2008

Année Saint-Paul: la petite communauté catholique du Népal mise sur la formation et sur l’évangélisation

Katmandu (Agence Fides) – Une Lettre du Vicaire apostolique, diffusée dans toutes les paroisses, écoles et réalités ecclésiales, et un programme dense d’initiatives, caractérisent l’Année Paulinienne au Népal, que la petite communauté catholique locale entend célébrer comme une occasion de formation de l’intérieur et d’évangélisation vers l’extérieur.

conversion.paul.caravaggio

 

Ainsi que l’Agence Fides l’apprend de l’Eglise locale, 50 nouveaux catéchistes seront formés sur quelques thèmes extraits des Lettres de Saint Paul, selon un parcours d’approfondissement qui durera d’octobre 2008 au Carême 2009 : l’intention est de préparer les opérateurs pastoraux, de sorte qu’ils puissent ensuite retransmettre les enseignements reçus aux communautés locales, aux paroisses et associations, contribuant à diffuser la spiritualité paulinienne.

D’autres rendez-vous centrés sur la vie et les œuvres de l’Apôtre des gentils seront destinés aux prêtres, aux religieux et aux fidèles du Vicariat : des séminaires spécifiques auront lieu au Centre Pastoral de Katmandu du 9 au 11 et du 28 au 30 octobre 2008, pour lesquels on prévoit une large participation de fidèles. Il s’agit de journées permettant aussi une rencontre des différentes composantes de l’Eglise népalaise, qui auront un effet bénéfique de communion dans la communauté.

Des retraites spirituelles réservées au clergé et aux religieux sont prévues du 23 au 29 mars et du 30 mars au 5 avril, et dans chaque communauté locale du Vicariat un matériel d’animation a été diffusé: un livret avec des prières et des méditations sur Saint Paul et une vidéo qui raconte la vie et l’oeuvre de l’Apôtre.

Pour maintenir éveillée l’attention des fidèles et pour garantir la continuité de la réflexion sur Saint Paul, le Vicaire apostolique a demandé que dans chaque paroisse, une fois par mois, il y ait une homélie ou une catéchèse sur l’Année Paulinienne, qu’on organise une retraite spirituelle, et que l’on encourage les activités pour les enfants et les jeunes inspirées de Saint Paul.

(Agence Fides 14/7/2008)