04.01.2011

Le Cardinal Sarr, archevêque de Dakar, analyse l'année 2010 pour l'Afrique

afrique.JPGL’année 2010 en Afrique a été riche en événements, tant sur le plan politique, économique, religieux mais aussi sportif. C’est en effet la première fois que le continent africain accueillait la coupe du monde de football. Mais 2010 c’est aussi l’année qui succède à l’assemblée spéciale du Synode des évêques pour l’Afrique. C’est également, pour de nombreux pays africains, une année marquée par le cinquantenaire de l’indépendance et par plusieurs élections : en Guinée, au Rwanda, au Burundi et tout dernièrement en Côte d’Ivoire.

Lire la suite

25.09.2009

Les “sentiers de la paix” au Rwanda

Dix ans ont passés depuis la fin du génocide au Rwanda. Pour autant, il n’est pas inutile de continuer à sensibiliser, les nouvelles générations en particulier, au danger des amalgames, préjugés ou de la discrimination.

 

http://www.lavoixdelenfant.org/img/assosmembres/asso_membres_logos/uniseke.jpg


C’est le travail que mène l’association rwandaise Umuseke dans les centres scolaires depuis 2000, avec son « sentier de la paix ». Cette exposition itinérante invite les jeunes de 10 à 14 ans à réfléchir à l’attitude qu’ils adopteraient s’ils étaient confrontés aux situations qui leur sont proposées en images.

Jacqueline Uwimana, coordinatrice de l’association Umuseke, nous présente sur Radio Vatican ce sentier de la paix: >>

Propos recueillis par Lisa Azorin.

Retranscription de l’interview :

C’est un sentier au sens de voyager à travers ces images. Mais c’est aussi un sentier dans la tête, parce que ça déclenche tout un questionnement sur notre vie. Ça part de ce que nous voyons – illusion d’optique ; de ce que nous disons dans les généralisations, les préjugés, les suspicions ; de ce que nous faisons des autres ou ce qu’ils font de nous, comme les discriminations, le bouc émissaire, pour finalement arriver à nous dire : qu’est ce que je suis dans tout ça ? Qu’est ce que je peux faire ? Est-ce que je le fais ou je ne le fais pas ? Qu’est ce que j’y gagne et qu’est ce que j’y perds ? Avec des propositions d’où trouver des solutions, comme dans le droit, le respect des droits des autres, mais aussi la revendication de nos droits, dans la loi, les responsabilités que nous avons.


Comment ces enfants qui n’ont pas connu le génocide rwandais réagissent-ils ?

Cet outil n’est pas lié au génocide, parce que partout, même là où il n’y a pas eu de génocide, les thèmes sont tout à fait universels. On peut se tromper avec ses sens. On peut généraliser. On peut préjuger. On peut suspecter. On peut discriminer. Ce sont vraiment des thèmes d’actualité, partout et tout le temps, parce que c’est humain de généraliser. Mais avec les enfants, on leur apprend à analyser. Parce que tous ces conflits-là, tous ces thèmes-là, c’est vraiment la source de conflits qui peuvent dégénérer en violences, comme cela a été le cas chez nous.


Quel rôle l’Église peut-elle jouer en Afrique pour la paix et quel message souhaiteriez-vous adresser aux évêques ?

L’Église est importante parce qu’elle peut passer un message facilement à beaucoup de monde. Mais d’un autre côté, dans l’Église il y a la morale : « Aimez-vous les uns les autres ». Pour nous, la morale ne suffit pas. Il faut que les gens décident eux-mêmes, qu’ils choisissent : « voilà j’ai choisi de faire ça, je m’y engage ». Une fois, en posant la question aux enfants : « La paix, c’est quoi ? », un enfant a dit : « C’est l’Évangile en action. » Et je pense que ce que nous faisons ne se limite pas à dire « Aimez-vous les uns les autres », ou à dire aux gens « C’est bien d’être comme ça ou de faire ça ». Il faut vraiment qu’ils participent et qu’ils soient acteurs, dans l’engagement donc.

06:15 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rwanda, paix, genocide, umuseke, sentier de la paix, jacqueline uwimana | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

28.05.2009

Expériences de communication dans un contexte missionnaire et interculturel

EUROPE/ITALIE - Des expériences de communication dans un contexte missionnaire et interculturel: une journée d’étude à l’Urbanienne

 

http://www.urbaniana.it/imm/home_06.jpg


Rome (Agence Fides) – “Communication interculturelle, routes et stratégie de communication en temps de crise”: c’est le titre de la journée d’étude organisée par l’Université pontificale urbanienne, en conclusion du Master de niveau I en communication sociale. Plusieurs voies pour réfléchir et raconter des expériences de communication dans un contexte missionnaire et interculturel. Mais pas seulement de la théorie. Les étudiants du master ont voulu aussi offrir une dégustation de plats et de boissons typiques de quelques-uns de leurs pays, comme le Brésil, l’Inde, l’Italie, la R.D. Congo, le Rwanda, le Soudan et le Togo.

Cecilia Rinaldini, journaliste Rai, ayant l’expérience du programme sur Radio 1 “Planète oubliée”, a parlé de trois risques que court le journaliste quand il doit informer sur les pays pauvres ou en voie de développement: “Il faut avant tout faire très attention à ne pas perpétuer le point de vue eurocentrique, et penser que ce sont toujours les autres qui ont besoin de nous, de notre aide, de notre argent, de notre savoir. Nous avons au contraire beaucoup à apprendre des dits pays pauvres ». Un danger supplémentaire à éviter, selon la journaliste, est de raconter et de parler « selon un style folkloriste, réduisant la réalité à une tradition populaire, de sorte de confirmer des clichés et des stéréotypes ». Enfin un autre risque pour les journalistes « est de rester prisonnier des demandes et des pressions des ONG et des autres réalités mineures qui à peine comprennent-elles qu’elles ont une occasion de montrer leur talent dans la coopération, qu’elles nous poursuivent jusqu’à l’épuisement ».

Le thème de la communication à une époque transculturelle a été abordé par Filomeno Lopes, de la Guinée Bissau, philosophe et journaliste de Radio Vatican: “le problème de la transculturalité, malheureusement, a émergé surtout comme dérivé des immigrations. C’est seulement à cause de la présence « problématique » de nombreux immigrés en Italie qu’on commence maintenant à aborder le problème. Mais en réalité il est présent depuis l’origine de l’humanité. Nous sommes faits tous égaux, puis nous acquérons et nous construisons notre identité dans la rencontre avec l’autre, avec la culture de l’autre. Ma culture – a conclu Lopes - n’est pas le centre mais le pont pour rencontrer les autres ». Le programme de la journée prévoit aussi un spectacle théâtral sur la figure de saint Paul, sous la direction des étudiants du master.


(Agence Fides 26/5/2009)

26.02.2009

Que se passe-t-il dans l'est du Congo?

AFRIQUE/R.D. CONGO - Que se passe-t-il dans l’Est du Congo ? Pour Fides un rapport des missionnaires sur les opérations militaires congolaises et rwandaises

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/15/R%C3%A9gion_Ituri_R%C3%A9publique_d%C3%A9mocratique_du_Congo.png


Kinshasa (Agence Fides) - Que se passe-t-il dans le Nord du Kivu, dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) où depuis janvier une opération conjointe des armées congolaise et rwandaise est en cours, pour désarmer et rapatrier les milices hutu rwandaises ? Les missionnaires du réseau ‘Paix pour le Congo’ ont envoyé un rapport détaillé à l’Agence Fides, dans lequel il est affirmé que les opérations en cours ont lieu « dans un silence presque total, interrompu parfois par des informations provenant presque exclusivement des bulletins de la coalition rwando-congolaise ».

Selon les missionnaires, le retour au Rwanda de milliers de réfugiés a été entrepris. Il s’agit en grande partie de personnes qui s’étaient réfugiées dans le Zaïre d’alors, après le génocide de 1994. Parmi les réfugiés il y avait différentes personnes impliquées dans les massacres, tandis que d’autres étaient leurs proches ou des personnes qui fuyaient parce qu’elles craignaient de finir victimes des représailles. Dans les camps de réfugiés, des groupes de guérilla se sont créés, qui depuis plusieurs années contribuent à l’instabilité dans le Nord et le Sud du Kivu.

Suite aux accords du début de l’année entre le Rwanda et la RDC, l’ex-général rebelle Laurent Nkunda, qui depuis un an et demi alimentait la guerre dans la province du Nord-Kivu, a été arrêté par le Rwanda et maintenu en résidence surveillée à Gisenyi tandis que Kigali a envoyé des troupes dans le Nord du Kivu, par la frontière de Goma, pour chasser les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR, le principal groupe de miliciens hutu rwandais actif dans la région).

« Personne ne sait ce qui se passe réellement sur le front. Aucun journaliste indépendant n’y est admis et on ne dispose que des bulletins de guerre émis par les forces rwando-congolaises ou des informations provenant d’une source fidèle au président congolais » affirment les missionnaires, qui s’interrogent sur le vrai but des opérations : « Si on voulait contraindre les réfugiés à revenir dans leur pays, on encerclerait le territoire qui les accueille pour les pousser vers la frontière, au lieu de suivre le mouvement inverse, en les poussant vers l’intérieur du Congo. On les repousse ? On les tue ? Vu qu’il n’y a pas de témoins, qui sait? Les FDLR sont bien armées et connaissent la forêt comme leurs poches; leurs assaillants sont bien armés et leur comportement dans le passé a été marqué par une grande facilité à tuer même la population civile ».

De toute façon les missionnaires ont réuni des témoignages du retour de milliers de civils hutu au Rwanda : « plusieurs milliers de civils ont déjà traversé la frontière, mais les combattants des FDLR rapatriés seraient seulement quelques dizaines ».

Les réfugiés passent par un camp transitoire, d’où chaque famille, munie d’un kit de premier secours donné par le Haut-commissariat ONU pour les réfugiés, atteint sa colline d’origine. « Pour y trouver, peut-être, sa maison déjà occupée. Pendant ces années au Rwanda, le principe en vigueur était d’aller habiter dans une maison abandonnée, au cas où la sienne avait été détruite. Le président Kagame a imposé de rendre ces maisons aux réfugiés qui rentrent. Dans d’autres cas, il ne reste de la maison que des épaves : après quinze années d’abandon, les tôles, portes et fenêtres ont été emportées » écrivent les missionnaires.

La population congolaise regarde avec satisfaction le retour des réfugiés rwandais, mais en même temps avec compassion. Elle a accueilli autant les tutsi que les hutu, selon les changements politiques au Rwanda, mais s’est trouvée inévitablement impliquée dans des conflits qui ne la concernaient pas. Depuis 1996, elle a beaucoup souffert à cause des guerres qui ont fait plus de cinq millions de morts. En outre, dans le Bushi, elle a assisté impuissante aux violentes attaques contre les villages perpétrées par les milices Rasta, composées de hutu et de malfaiteurs congolais, qui tuaient, séquestraient les personnes pour exiger ensuite des rançons, violaient les femmes et même les petites filles. « En même temps, la population s’inquiète du sort des réfugiés qui reviennent au Rwanda, et se demande pourquoi la Communauté internationale, qui a incité la R.D. Congo et le Burundi au dialogue interne, n’en fait pas autant pour le Rwanda. En demandant l’institution d’un observatoire sur l’importation des matières premières en Europe (vraie cause des guerres dans la région), les missionnaires concluent : « Il est temps que la justice anime les relations internationales, car l’injustice est toujours couverte du sang des personnes pauvres».

(Agence Fides 24/2/2009)

05.02.2008

RDC, Rwanda: tremblement de terre, des milliers de sans-abri

"Pour la seconde nuit consécutive, la plupart des habitants de Bukavu ont dormi dehors, respectant les recommandations des autorités locales.

L'image “http://www.un.org/News/dh/photos/drcongo-bukavu.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

 

Les dommages matériels sont importants et seront évalués aujourd'hui par une délégation ministérielle venue de Kinshasa", dit à la MISNA Père Justin Nkinzi, membre de la Commission Justice et Paix de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu frappé par un fort tremblement de terre dimanche dernier ayant provoqué la mort de cinq personnes, une personne de moins que le bilan donné précédemment dans la mesure où un enfant comptabilisé dans les victimes a été retrouvé sain et sauf.
"Nous savons que 200 blessés sont hospitalisés mais de nombreuses personnes ne se sont pas rendues à l'hôpital. Les conséquences du séisme seront lourdes pour les familles qui vivent de petit commerce et qui ne pourront pas travailler à cause de leurs blessures ou des destructions",
a souligné Père Nkinzi.
"Ce matin – a-t-il ajouté –, l'archevêque, Mgr Xavier Maroy Rusengo, a célébré une messe et demandé la solidarité de tout le monde, au niveau local, pour réussir à surmonter les difficultés".
Selon une évaluation d'agences humanitaires qui opèrent sur place, près de 4500 personnes sont sans abri dans la zone de Bukavu.
 
Pendant ce temps, dans le Rwanda voisin, le bilan des victimes a grimpé à 38 morts, selon le ministère de la Santé. La zone la plus touchée est de celle de Cyangugu, dans l'Ouest, où au moins 259 habitations ont été entièrement détruites, causant au moins un millier de déplacés. De nombreux édifices de culte ont également subi de graves dommages matériels.
 
(Source : MISNA)
 
 
Attention S.V.P. : Par un simle clic sur le bouton <wikio> au bas de ce billet vous augmentez sa lisibilité sur le web et vous aidez l'auteur à évangéliser en atteignant davantage d'internautes. Merci !
 
  
 
   
 
 
 

19:10 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rwanda, rdc, societe, vie de l eglise | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

07.12.2007

Sommet d'Addis Abeba sur les Grands Lacs

AFRIQUE/CONGO RD - Ouverture du sommet sur les Grands Lacs; pour la presse congolaise les USA sont en première ligne dans la recherche de la paix

“La Pax americana”, “Nkunda défie Bush: la guerre totale dans le Nord du Kivu”. Ce sont quelques titres de la presse congolaise qui met en exergue le Sommet d’Addis Abeba, en Éthiopie, consacré à la crise des Grands Lacs, et aux opérations militaires conduites par l’armée congolaise dans l’Est de la RDC contre le général rebelle Laurent Nkunda.

La réunion qui s'est ouverte ce 5 décembre, à Africa Hall, le siège historique où en 1964 a été fondée l’Organisation de l’Union Africaine (précurseur de l’actuelle Union Africaine), prévoyait la participation de 4 présidents africains : le congolais Joseph Kabila, l’ougandais Yoweri Museveni, le rwandais Paul Kagame et le Burundais Pierre Nkurunzinza. Mais c’est surtout la présence du secrétaire d’État américain, Condoleezza Rice, qui attire l’attention des observateurs des questions africaines.
 
Afrique de l'Est: Sommet d'Addis Abeba, quitte ou double
 
 
La presse congolaise souligne que Washington, en réunissant les 4 chefs d’État africains (cependant le président congolais Kabila ne pourra pas participer au sommet, d’après ce qu’a dit un fonctionnaire qui voyage avec Mme Rice), a désormais décidé de donner la plus grande importance à la résolution de la crise de la région des Grands Lacs.

Deux raisons principales ont poussé le gouvernement américain à intervenir dans cette crise de dix ans : la volonté d’effectuer un déploiement stratégique dans une région qui risque de devenir à long terme une source d’instabilité, entre autre parce qu’elle est voisine de la poudrière somalienne, et le désir de l’administration Bush de terminer son mandat avec des succès diplomatiques.

Les plans américains à long terme prévoient l’élimination des dites “forces négatives”, les groupes de guérilla qui opèrent dans la région à cheval sur la RDC, le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda. Il s’agit en particulier des ex-membres des milices rwandais responsables du génocide de 1994. Congo et Rwanda ont signé en Novembre à Nairobi (Kenya), un accord, sponsorisé par Washington, pour rendre sûres les frontières et désarmer les guérilleros rwandais. En échange Kinshasa a obtenu la voie libre pour frapper les rebelles du général Nkunda, auquel l’administration américaine avait offert la possibilité de l’exil.

Nkunda ne semble cependant pas avoir l’intention de se rendre facilement, et maintenant dans Nord du Kivu c’est la guerre ouverte entre ses troupes et celles de l’armée congolaise. Les hommes de Nkunda se sont emparés des villages de Kikuku et Nyanzale (à 100-130 km du chef-lieu Goma), contraignant à la fuite 40.000 civils.
 
(Source : Agence Fides)


09:00 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afrique, societe, etats-unis, rdc, ouganda, rwanda, grands lacs, burundi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |