28.10.2011

Grandeur et misère du sacerdoce ministériel

 

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Tous les textes d’aujourd’hui traitent de la place du clergé dans le peuple de Dieu. Dans l’Evangile, c’est l’exemple mauvais et pernicieux des scribes et des pharisiens qui est critiqué. Ils enseignent la Loi de Dieu, mais ils ne l’observent pas eux-mêmes. Ils imposent aux gens de lourds fardeaux, qu’ils ne portent pas eux-mêmes. Ils réussissent même, dans leur vanité, à occuper partout les places d’honneur, et ils convoitent les titres honorifiques.

Mais l’Eglise du Christ est un peuple de frères, en communion avec Dieu, qui seul est Père, dans le Christ, qui seul est Maître. Si Jésus bâtit son Eglise sur Pierre et sur les autres Apôtres, et leur confie à eux seuls les pleins pouvoirs, c’est – comme Jésus le montre constamment par son enseignement et par son exemple – pour être au service de leurs frères. Cela s’appelle le sacerdoce « ministériel », ce qui veut dire que ce sacerdoce, même s’il est un honneur pour celui qui le reçoit, est un honneur parce qu’il est un service, un service de table !

Peut-on dire que les membres du clergé en sont plus conscients aujourd’hui que jadis ? ...


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07.10.2009

Année sacerdotale: symposium organisé par la Catholic University of America

AMERIQUE/ETATS-UNIS - « L’Année sacerdotale constitue une opportunité particulière pour tout chrétien de croître dans la conscience de ce qu’est le don du sacerdoce » : le symposium organisé par la Catholic University of America

 

The Catholic University of America


Washington (Agence Fides) – Dans le cadre des initiatives promues pour l’Année sacerdotale organisée par le Saint-Père Benoît XVI, les 6 et 7 octobre la Catholic University of America (CUA) a organisé un Symposium qui approfondira le mystère du sacerdoce à la lumière du patrimoine spirituel et théologique de l’Eglise. Au Symposium, qui a pour thème « Sacerdoce ministériel au troisième millénaire : ‘Fidélité du Christ, Fidélité du prêtre’, des prêtres membres de la CUA, de la Société Saint Sulpice, et d’autres, prendront la parole. L’évènement est ouvert à tous les prêtres, les religieux, les religieuses et les laïcs. Le P. David Toups, du Secrétariat pour le clergé, la vie consacrée et les vocations, de la Conférence épiscopale des Etats-Unis d’Amérique, interpellé par l’Agence Fides sur les attentes du Symposium, a dit : « Le Symposium est l’un des nombreux rendez-vous pendant cette Année sacerdotale. Chacun d’eux constitue une opportunité pour nous réunir et grandir dans notre compréhension et dans notre appréciation du ministre sacerdotal, un don que Jésus nous a fait il y a 2000 ans. Tout chrétien doit croître dans la connaissance des dons qu’il reçoit, et l’Année sacerdotale constitue une opportunité particulière pour tout chrétien, de croître dans la conscience de ce qu’est le don du sacerdoce, autant pour les prêtres eux-mêmes que pour tous les fidèles ».

Dans son entretien avec Fides, le P. Toups souligne qu’« une plus grande considération du prêtre nous aide à croître dans l’amour pour l’Eglise, pour Notre Seigneur Jésus Christ et pour sa présence dans l’Eucharistie ». Indiquant quels sont les plus grands défis que le clergé et l’Eglise se retrouvent à devoir affronter aujourd’hui aux Etats-Unis d’Amérique, le P. Toups a indiqué la nécessité de « permettre au Christ d’être le centre de notre vie. Nous pouvons être engagés, comme l’a dit le Pape, dans le travail du Seigneur, jusqu’à oublier le Seigneur du travail. Pour les prêtres, cette Année sacerdotale est l’occasion de refocaliser leur attention sur l’amour du Père pour nous comme individus, et pour recevoir cet amour de la manière la plus profonde, à travers la prière et les moments de silence dans notre vie quotidienne. La source de notre force est la prière quotidienne devant le Saint Sacrement et l’Eucharistie de chaque jour. Comme les autres engagements quotidiens, la prière, notre rendez-vous avec Dieu, doit être programmée. L’Année sacerdotale nous rappelle justement cela, nous aidant à comprendre l’importance de la prière, non seulement pour le salut de notre âme, mais pour le salut des personnes confiées à nos soins pastoraux ». Le P. Toups conclut en rappelant que « promouvoir les vocations est la responsabilité de tous les fidèles. Jésus nous a dit de prier le patron de la moisson pour qu’il envoie des ouvriers pour sa moisson. C’est donc notre devoir, autant comme membres du clergé que comme fidèles laïcs, de promouvoir les vocations au sacerdoce et à la vie consacrée à travers notre prière et nos paroles d’invitation. Le Symposium de la CUA entend aider tous les fidèles à grandir dans la connaissance du ministère sacerdotale pendant l’Année sacerdotale ».

(Agence Fides 5/10/2009)

30.09.2009

Ars : Le prêtre, serviteur du bonheur des hommes (2)

Ars : Le prêtre, serviteur du bonheur des hommes (2)

Méditation du cardinal Schönborn

 


ROME, Mardi 29 septembre 2009 (ZENIT.org) - « Dieu a voulu le prêtre comme serviteur du bonheur », a fait observer le cardinal Schönborn, archevêque de Vienne, dans une première méditation, lundi matin, dans le cadre de la retraite internationale sacerdotale organisée à Ars, pour l'Année sacerdotale et à l'occasion des 150 ans de la naissance au ciel de Saint Jean-Marie Vianney.

Une retraite sous la houlette de la Congrégation romaine pour le clergé et qui rassemble quelque 1200 prêtres, grâce aux efforts du diocèse de Belley-Ars et notamment du séminaire international, mais aussi à la Communauté des Béatitudes qui assure le service logistique.

Après avoir averti que la tentation de notre époque c'est peut-être plus le cléricalisme que la négation de l'identité du sacerdoce ministériel - comme il y a quelque 40 ans -, le cardinal a renvoyé à l'enseignement du concile Vatican II qui justement « distingue sacerdoce ministériel ou hiérarchique », une « différence d'essence et pas simplement de degré ».

Cette « différence essentielle » a pourtant fait l'objet de « moquerie », « comme si le concile avait fait des prêtres des hommes d'une autre nature », « supérieurs », « au-dessus du commun des mortels ».


La boussole du concile

Or, a demandé le cardinal de Vienne, « que dit le texte, quelle interprétation en donne le magistère de l'Eglise » ?

L'archevêque a proposé de relire le paragraphe 10 de la constitution conciliaire sur l'Eglise dans le monde de ce temps, « Lumen Gentium ». Le concile dit que les deux sacerdoces sont « ordonnés l'un à l'autre » et qu'ils participent à « l'unique sacerdoce du Christ ».

Le prêtre « instruit » et « gouverne », célèbre « le sacrifice eucharistique » ; les fidèles, « en vertu de leur sacerdoce royal », exercent leur sacerdoce par la prière, l'abnégation, la charité...

Ce sacerdoce, a fait observer le cardinal Schönborn, est « sobrement décrit » : il s'agit de « former et conduire le peuple sacerdotal », en somme, « montrer le chemin du ciel ».


Sept clefs

Au cœur du sacerdoce ministériel, il y a, a-t-il insisté, « le sacrifice eucharistique, au nom du Peuple de Dieu, in persona Christi ; le sacerdoce ministériel est rendu possible, grâce à la sacra potestas, au pouvoir sacré, grâce au sacrement de l'ordre ».

Le concile indique « sept champs de participation du sacerdoce des baptisés au sacerdoce du Christ, et cela vaut aussi pour nous, prêtres, en tant que baptisés », a annoncé le cardinal Schönborn.

Ce sont : la participation à l'offrande de l'eucharistie, au sacrifice du Christ et de son Esprit, la réception des sacrements (LG 11) - de chacun des sacrements, reçu comme mise en œuvre du sacerdoce commun - ; la vie de prière et l'action de grâce, par lesquels le Christ fait entrer sa vie dans notre vie ; le témoignage d'une vie sainte, la participation au sacerdoce du Christ, le seul saint ; le renoncement, à la suite du Christ. Ce sont autant de « portes étroites pour le passage à la vie nouvelle des enfants de Dieu ». Et puis : la charité effective. Ce sont en fait « toutes les dimensions des activités humaines qui peuvent être transformées de façon à faire de nous de vrais foyers de charité ».


Le catéchisme de l'Eglise catholique

Et le « Caté » - magistère de l'Eglise qui donne l'interprétation du concile -, en quel sens dit-il que ces deux sacerdoces sont « ordonnés l'un à l'autre ? » : le sacerdoce commun des fidèles, « déploiement de la grâce baptismale, c'est la vie selon l'Esprit » ; le sacerdoce ministériel est lui, « au service du sacerdoce commun, relatif au déploiement de la grâce baptismale de tous les chrétiens, un moyen par lequel le Christ ne cesse de construire et de conduire son Eglise ».

Le sacerdoce commun, en somme, est de l'ordre de la « finalité », le « sacerdoce ministériel », de l'ordre des moyens qui servent la fin des œuvres de Dieu, qui est notre bonheur éternel, notre béatitude », a insisté le cardinal Schönborn.

« Le sacerdoce ministériel nous rapproche de cette fin, qui est la pleine participation à la vie divine », c'est « un des moyens pour cette fin ».

Le droit canon lui-même indique comme sa fin ultime, le « salut des âmes », car son dernier canon indique : « salus animarum suprema lex ».


Serviteur de la vocation universelle à la sainteté

Comme toutes les institutions humaines, le sacerdoce commun a pour mission de « servir la sainteté du Peuple de Dieu, le salut des âmes ».

Le sacerdoce commun et le sacerdoce ministériel ont une « différence d'essence, pas de degré, pourquoi ? », a demandé le cardinal Schönborn. A ce sujet, il y a « l'enseignement si important de Vatican II ».

« Le sacerdoce ministériel serait-il le degré supérieur du sacerdoce, une forme supérieure de perfection ? Le prêtre, un chrétien supérieur ? Un chrétien d'élite par rapport au sacerdoce commun des fidèles ? Il n'en est rien », a expliqué le cardinal Schönborn.

Car, soulignait-il, il n'y a « point de limite dans la sainteté : vous pouvez faire la plus grande carrière dans la sainteté, on peut atteindre des sommets de sainteté, mais hélas pas seulement par le sacerdoce ou l'épiscopat ! »

Et si Jean-Paul II était béatifié l'an prochain, à l'occasion du 5e anniversaire de sa mort (c'est ce qu'espère le cardinal Stanislas Dziwisz) ce serait non parce qu'il a été pape mais parce qu'il a été saint dans l'exercice du sacerdoce, de l'épiscopat ».

C'est aussi ce que disait la vieille concierge du Saint Office, les premières années du cardinal Joseph Ratzinger comme préfet de la Doctrine de la foi : « è un vero cristiano », c'est un vrai chrétien ! »


Ni discrimination ni immunité

L'archevêque autrichien a proposé une autre piste pour répondre à cette question : « on nous reprocherait de discriminer qui n'a pas accès au sacrement ordre ». Or si le sacerdoce ministériel était « un degré supérieur de la vie chrétienne », « une telle exclusion serait discriminatoire, empêcherait les femmes et les autres hommes d'accéder à un degré supérieur de vie chrétienne ; or, il n'y a pas d'autre degré supérieur que la sainteté, ainsi, aucun n'est exclu de la vie chrétienne ».

Troisième piste indiquée par le cardinal Schönborn, le sacerdoce ministériel « ne veut pas dire que tout ce que nous faisons est exempt de fautes, de péché, de misère : nous sommes des instruments, mais nous n'agissons in persona Christi que pour certains actes, pour d'autres choses hélas, pas toujours in persona Christi ».

Le Catéchisme de l'Eglise catholique dit au n. 1550 sur cette différenciation, que la présence du Christ dans son ministre n'est « pas comprise comme une prémunition contre les faiblesses humaines (domination, erreurs, péchés) et ne concerne pas tous les actes du ministre mais en revanche, la présence du Christ est garantie dans les sacrements (car le péché du ministre ne peut pas empêcher le fruit de grâce du sacrement conféré), et en même temps, le catéchisme reconnaît que l'empreinte du ministre qui ne serait pas un signe « fidèle à l'Evangile » pourrait « nuire à la fécondité apostolique Eglise ». Le prêtre est appelé à ce que « toute sa vie soit conformée au Christ ».

L'ordination épiscopale, elle, confère « la plénitude du sacerdoce, tout en représentant la « grâce inouïe » d'être « successeur des apôtres », mais, a ajouté le cardinal Schönborn, « je tiens ce trésor dans un vase d'argile, une poterie sans valeur » et plus on est « conscient » de cela, moins on est guetté par la « tentation du cléricalisme ».


Le sable frais du Sri Lanka

A ce propos, le cardinal Schönborn a cité un événement « inoubliable » : une visite dans un village du Sri Lanka, dans une plantation de thé, à l'invitation d'un évêque. Les villageois avaient disposé sur 500m du sable frais, fraîchement ratissé, jusqu'à l'accès au village, et avaient orné l'allée de drapeaux, et au fur et à mesure qu'il avançait, on jetait des tapis sous ses pieds, en signe d'accueil d'un « hôte de choix ».

Arrivé à la petite église, le cardinal s'entend dire par le vieux père Jésuite, Fernando, présent là depuis 40 ans parmi les très pauvres : « Eminence, ne pensez pas que les gens ont fait cela pour Christoph Schönborn, ils l'ont fait pour Jésus Christ ». Il conclut : « Voilà ce qui nous donne la vraie joie, l'humilité, la simplicité dans notre ministère : réjouissons-nous d'être des instruments de Jésus Christ, car si on se prend trop au sérieux, on oublie que les gens nous aiment et nous vénèrent à cause du Christ et pas à cause de nous, qui sommes des instruments ; pour entrer à Jérusalem, au milieu du peuple, pour la Semaine Sainte, Jésus s'est même servi d'un âne. Merci ».

A la sortie de l'église de Notre Dame de la miséricorde, sur la prairie, deux ânes s'approchaient de la clôture comme pour saluer les retraitants.

Anita S. Bourdin