20.08.2009

La vocation au sacerdoce : témoignage du cardinal américain John Foley

La vocation au sacerdoce : témoignage du cardinal américain John Foley

Ancien président du Conseil pontifical pour les communications sociales

 

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ROME, Mercredi 19 août 2009 (ZENIT.org) - Pour le cardinal John Foley, il n'y a rien de plus important dans la vie que d'enseigner aux gens qui est Jésus et de les aider à grandir dans une plus grande proximité avec Lui.

En cette Année sacerdotale, le pro-grand Maître de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem a accepté de partager une réflexion sur sa vie de prêtre, avec les lecteurs de ZENIT.

L'ancien président du Conseil pontifical pour les communications sociales reconnaît que l'exemple de ses parents et de prêtres qu'il a connus a joué un rôle déterminant dans la découverte de sa vocation, mais il relève également deux évènements marquants dans sa vie.

« Je suis entré deux fois au séminaire », raconte le prélat « une fois après le lycée et une fois après l'université. »

Il poursuit : « Lorsque j'étais en dernière année de lycée, à l'époque de Noël, je suis allé à l'église paroissiale et me suis agenouillé devant la crèche.

« Et j'ai prié : Seigneur, tu m'as donné tout ce que je possède - ma vie, ma famille, ma foi, une excellente éducation - et je veux tout te redonner, absolument tout. »

C'est ainsi qu'à la fin de cette année-là, il entra au noviciat des Jésuites. Au bout de quelques mois, il se dit : « Je crois que je serais plus heureux comme prêtre diocésain. »

John Foley quitta alors les Jésuites et termina ses études supérieures d'histoire à l'université de St. Joseph à Philadelphie, en Pennsylvanie, avec l'idée d'entrer plus tard au séminaire diocésain.

A ce moment-là, confie-t-il, une chose a été « déterminante » : un engagement dans le bénévolat et l'enseignement du catéchisme à des enfants handicapés mentaux.

Le cardinal se souvient : « j'étais en train d'enseigner dans cette école le catéchisme à six enfants, quand la Mère supérieure arriva et demanda : 'Dîtes, les enfants, Mr. Foley vous plaît ?'

« Un garçon répondit 'Non! Non! Nous ‘aimons'  Mr. Foley!' »

« Je pensai que c'était là une merveilleuse distinction faite par une personne porteuse de handicap mental. »

«  'Pourquoi aimez-vous Mr. Foley?' poursuivit la religieuse ».

« Il répondit : 'Nous aimons Mr. Foley parce qu'il nous fait connaître Jésus.' Et je pensai : 'il n'y a rien de plus important dans la vie que d'enseigner Jésus à des gens, de leur amener Jésus.' »

« Ma vocation au sacerdoce s'en trouva renforcée. »

Le cardinal Foley constate : « Je pense que cela a été providentiel pour moi d'avoir dû quitter le séminaire la première fois pour étudier à l'université, où j'ai reçu une excellente éducation et acquis, de surcroît, une très bonne expérience de travail apostolique. »

Parallèlement au catéchisme, il s'impliqua activement dans la Congrégation de Notre Dame, le club de débats, la gouvernance des étudiants - y compris une période comme président du corps estudiantin - et la chorale.

Il entra au séminaire diocésain à la fin de sa dernière année d'université et fut ordonné cinq ans plus tard.



Soutien familial

« Je n'ai pas connu un seul jour malheureux en tant que prêtre. J'aimais le sacerdoce », affirme-t-il.

Le cardinal souligne le rôle que sa famille a joué en soutenant sa vocation et affirme que jamais ses parents ne lui ont dit de devenir prêtre de même qu'ils ne firent aucune objection quand il quitta le séminaire, ou encore quand il y retourna.

« Ils m'ont soutenu dans tout ce que je décidais de faire », affirme le prélat. « Ils ont été merveilleux. »

Il se souvient aussi de la contribution d'une soeur religieuse qui lui offrit un exemplaire de « L'Imitation de Jésus-Christ » quand il était encore à l'école.

Le cardinal ajoute que pendant toutes ses années de lycée, il a lu ce livre, et il continue à le lire et à le méditer.

Après 47 ans de sacerdoce, il témoigne que les principales difficultés auxquelles il a été confronté relèvent de la culture, qui « semble être devenue de plus en plus sécularisée. »

« Il est plus difficile de transmettre un message spirituel aujourd'hui car les gens ne sont peut-être pas aussi ouverts qu'ils l'étaient auparavant, » explique-t-il.

Le cardinal Foley ajoute que les difficultés physiques se multiplient « au fur et à mesure que nous avançons en âge. »

Né dans une banlieue de Philadelphie en 1935, il aura 74 ans en novembre.

L'âge « vous rend plus lent et vous ne pouvez plus faire toutes les choses que vous aimeriez pouvoir faire, » reconnaît-il

Il ajoute, toutefois, que saint Ignace nous enseigne dans ses Exercices spirituels que « nous devons nous donner à Dieu dans la maladie comme dans la santé, dans la pauvreté comme dans la prospérité. »

« C'est pourquoi nous devons être indifférents dans ce sens et utiliser chaque chose uniquement pour la plus grande gloire de Dieu » déclare le prélat.

Il explique que c'est sa devise épiscopale : « ad majorem dei gloriam - pour la plus grande gloire de Dieu. »



Moments inoubliables

En dépit des difficultés naturelles qui se présentent, note le cardinal, il y a eu de grands moments dans sa vie de prêtre.

Il évoque les meilleurs, liés aux deux pontificats sous lesquels il a pu servir à Rome.

Le prélat souligne particulièrement les voyages avec le pape Jean-Paul II en 1979 en Pologne et aux Etats-Unis, ainsi que les visites avec Benoît XVI en Terre Sainte, et aux Etats-Unis l'année dernière.

Un autre grand moment de son ministère sacerdotal est le travail qu'il réalisa pendant 25 ans comme commentateur pour un réseau de télévision lors des cérémonies papales de la Nativité, de Pâques et du Vendredi Saint.

« C'est une façon d'évangéliser » explique le cardinal, « de faire connaître aux gens ce qui se passe dans la liturgie, pour qu'ils puissent être en mesure d'apprécier le culte catholique » et « d'autres personnes peuvent être introduites à ce que nous croyons et à la façon dont nous pratiquons en tant que catholiques. »

En outre, poursuit-il, cela aide les catholiques à « mieux apprécier la messe et la dévotion catholique. »

Comme prêtre, confesse le cardinal Foley « j'ai eu des moments particuliers de réconfort, en aidant les gens à vivre leur engagement dans le mariage ou en accueillant des personnes dans l'Eglise. »

Il se souvient : « Un camarade de classe de l'Université de Colombia m'a demandé il y a quelques années à devenir catholique. Il était juif - juif non-pratiquant.

« De même, les gens auxquels je me suis opposé dans des débats quand j'étais à l'Université, et avec lesquels j'avais eu des discussions théologiques, très souvent finissaient par se convertir au catholicisme.

« Ce sont de grands moments de réconfort personnel de pouvoir ainsi aider à partager ma foi avec d'autres et d'espérer qu'ils recevront, eux aussi, le don de la foi. »

Propos recueillis par Mercedes De La Torre - Rédaction anglaise : Genevieve Pollock - Traduit de l'anglais par Elisabeth de Lavigne

13.08.2009

Août sur le mont Thabor, pour les saints et les pécheurs

Août sur le mont Thabor, pour les saints et les pécheurs

Cet été, trois éléments figurent au premier plan de l'agenda du pape: l'exemple du Curé d'Ars, le sacrement de la confession, la fête de la Transfiguration. Voici comment et pourquoi

par Sandro Magister




ROME, le 10 août 2009 – Ces jours-ci, le pape et le "journal du pape" ont mis en valeur, de manière forte et coordonnée, un saint, un sacrement, et une fête liturgique habituellement minimisés ou négligés.

Le saint est Jean-Marie Vianney, le Curé d'Ars.

Le sacrement est celui du pardon des péchés.

La fête est celle du 6 août, la Transfiguration de Jésus sur le mont Thabor, l’une des douze grandes fêtes du calendrier byzantin, méconnue par beaucoup de gens dans l’Eglise latine.


1. LE SAINT CURÉ D'ARS


Benoît XVI a consacré au Curé d'Ars toute sa catéchèse du mercredi 5 août, pour le 150e anniversaire de la mort du saint.

Le pape a surtout voulu le proposer comme modèle aux prêtres, pour lesquels il a ordonné une Année Sacerdotale spéciale. Un modèle qui n’est pas confiné au passé mais qui est doté d’une extraordinaire force prophétique.

Voici comment Benoît XVI a expliqué l’actualité durable du saint Curé d'Ars, même à notre époque de "dictature du relativisme" :

"Au lieu de réduire la figure de saint Jean-Marie Vianney à un exemple, même admirable, de la spiritualité dévotionnelle du XIXe siècle, il faut saisir la force prophétique qui caractérise sa très actuelle personnalité humaine et sacerdotale. Dans la France d’après la révolution, qui subissait une sorte de 'dictature du rationalisme' visant à éliminer de la société la présence même des prêtres et de l’Eglise, il a d’abord vécu – dans sa jeunesse – une clandestinité héroïque, parcourant de nuit des kilomètres pour participer à la sainte messe. Puis – en tant que prêtre – il s’est distingué par une exceptionnelle et féconde créativité pastorale, tendant à montrer que le rationalisme alors dominant était en réalité loin de satisfaire les vrais besoins de l’homme et qu’en définitive il n’était donc pas vivable.

"Chers frères et sœurs, 150 ans après la mort du saint Curé d’Ars, les défis de la société actuelle ne sont pas moins exigeants, ils sont peut-être même devenus plus complexes. De son temps, il y avait la 'dictature du rationalisme' ; aujourd’hui on constate dans beaucoup de milieux une sorte de 'dictature du relativisme'. Toutes les deux apparaissent comme des réponses inadaptées au juste désir de l’homme d’utiliser pleinement sa raison comme élément distinctif et constitutif de son identité. Le rationalisme était inadapté parce qu’il ne tenait pas compte des limites de l’homme et voulait élever la raison seule au rang de mesure de toutes choses, la transformant en divinité ; le relativisme contemporain blesse la raison parce que, en fait, il en arrive à affirmer que l’être humain ne peut rien connaître avec certitude au delà du domaine scientifique positif. Mais aujourd’hui comme alors, l’homme 'mendiant en quête de sens et d’accomplissement' recherche sans cesse des réponses exhaustives aux questions de fond qu’il ne cesse de se poser".

Mais en quoi la sainteté de ce "curé anonyme d’un village perdu du sud de la France" a-t-elle surtout brillé ? Dans sa manière de célébrer la messe et de confesser, a répondu Benoît XVI. La vie du saint Curé d'Ars était toute entière vouée à l’eucharistie et au sacrement de la réconciliation. Il vivait "entre l'autel et le confessionnal".

Il y a de l’audace à reproposer un tel modèle aujourd’hui. Mais le fait qu’il coïncide avec le cœur de la foi chrétienne, et pas avec un de ses aspects marginaux, est confirmé par un article publié dans "L'Osservatore Romano" le jour même de la catéchèse du pape sur le saint Curé d'Ars.


2. LE SACREMENT DE LA RÉCONCILIATION


Cet article concerne un autre saint, un Père de l’Eglise parmi les plus illustres, évêque de Milan au IVe siècle, saint Ambroise. L'auteur, le théologien Inos Biffi, grand connaisseur des Pères et de la théologie médiévale, commence ainsi :

"Selon saint Ambroise, le Christ miséricordieux, ou la miséricorde qui vient de lui, est la raison pour laquelle Dieu a créé le monde et en particulier l’homme. Le pardon est le premier et le dernier mot du monde et de son histoire".

Il dit plus loin :

"Le texte le plus étonnant et le plus révélateur de la théologie d’Ambroise sur la miséricorde comme substance et motif de la création se trouve à la fin de son commentaire sur l’ouvrage des six jours : 'Le Seigneur notre Dieu – écrit-il – a créé le ciel et je ne lis nulle part qu’il se soit reposé. Il a créé la terre et je ne lis nulle part qu’il se soit reposé. Il a créé le soleil, la lune et les étoiles et je ne lis même pas alors qu’il se soit reposé. Mais je lis qu’il a créé l’homme et qu’alors il s’est reposé, ayant quelqu’un à qui remettre ses péchés' (Exameron VI, IX, 10, 76).

"L'homme est créé par Dieu, dès l’origine, comme un être 'à qui pardonner'. C’est pourquoi lorsque la miséricorde s’exerce, c’est fête dans le ciel : la création atteint son but et sa gloire. Saint Ambroise ne cessera de rappeler ce dessein divin, qui apparaîtra comme la raison pour laquelle l’Eglise et ses ministres doivent être les signes de la pitié. Plus que tous les autres Pères de l’Eglise, il a senti la puissance de la grâce qui recrée et par laquelle la faute se dissout".

Et comment le pardon de Dieu atteint-il le pécheur repentant, sinon dans le geste liturgique, sacramentel ?

A la page de "L'Osservatore Romano" où se trouve l'article d’Inos Biffi sur saint Ambroise "confesseur miséricordieux", un autre article, dû à l’historien d’art Timothy Verdon, présente un chef d’œuvre de l'art liturgique : la merveilleuse mosaïque de l’abside de la basilique Sant'Apollinare in Classe, construite à Ravenne au VIe siècle (photo).


3. LA FÊTE DE LA TRANSFIGURATION



La mosaïque représente la Transfiguration mais, à la place de Jésus, il y a une croix ornée de pierres précieuses. Sous la croix, on voit l’évêque et martyr Apollinaire habillé pour célébrer la messe et qui lève les mains dans un geste de prière, entouré des brebis de son troupeau. Encore plus bas, il y a l’autel de la véritable célébration. Liturgie terrestre et liturgie céleste ne font qu’un, dans la lumière du Christ transfiguré. Le sens des gestes de la liturgie terrestre est donné par les images qui la surplombent :

"L'artiste anonyme a en effet ajouté au sens du 'vêtement d’une blancheur éblouissante' décrit par le récit évangélique le sens de l’'exode' qui va suivre – la mort de Jésus qui est déjà 'élévation' – dans l’unique image de la croix ornée de pierres précieuses, qui sert de clé de lecture de l'identité communautaire dans le contexte liturgique, révélation d’une future 'transfiguration' du peuple qui prie, due au mystère présent dans le pain et le vin changés en corps et sang du Christ".

Mais ce n’est pas tout. Toujours dans "L'Osservatore Romano" du 5 août, un commentaire en première page, écrit par le théologien américain Robert Imbelli, prend aussi la Transfiguration comme clé de lecture de l'encyclique "Caritas in veritate" et donc du sens ultime de l'homme et du cosmos.

Ce commentaire commence ainsi :

"La Transfiguration, l’une des fêtes les plus riches théologiquement, révèle le vrai visage du Seigneur, Fils aimé du Père, et le destin auquel ses disciples et nous, tous les hommes, sommes appelés, en dévoilant la vérité du Christ et de l’humanité tout entière, comme le raconte saint Marc : 'Six jours plus tard, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, eux seuls, et les conduisit à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux' (9, 2).

"Certains Pères de l’Eglise ont compris les mots 'six jours plus tard' comme une annonce de l’accomplissement de la création. C’est-à-dire que la création d’Adam et Eve par Dieu s’accomplit dans la révélation du vrai homme, du nouvel Adam, Jésus-Christ, en qui la gloire de Dieu demeure physiquement".

Et il poursuit de la manière suivante :

"On peut donc, à la lumière de ce que nous venons de voir, célébrer la Transfiguration comme la fête où l’Eglise proclame sa vision de l'humanisme intégral. La contemplation de la beauté du Christ transfiguré fait que ses disciples désirent que le monde entier soit baigné par la lumière transfigurée et agisse avec audace en fonction de ce saint désir".

Imbelli cite le passage suivant de "Caritas in veritate":

"Le développement suppose une attention à la vie spirituelle, une sérieuse considération des expériences de confiance en Dieu, de fraternité spirituelle dans le Christ, de remise de soi à la Providence et à la Miséricorde divine, d’amour et de pardon, de renoncement à soi-même, d’accueil du prochain, de justice et de paix. Tout cela est indispensable pour transformer les 'cœurs de pierre' en 'cœurs de chair' (Ez 36, 26), au point de rendre la vie sur terre 'divine' et, par conséquent, plus digne de l’homme".

Et tout de suite après, il écrit :

"Paul VI a manifesté ce mystère dans sa vie. L'image du Seigneur transfiguré a mis de l’énergie au cœur de sa spiritualité et de son espérance pour l’Eglise et l'humanité. C’est une grâce merveilleuse de la Providence que ce pape soit mort le soir de cette fête, le 6 août 1978".

Le procès de béatification du "serviteur de Dieu" Paul VI - autre grande figure souvent sous-estimée et incomprise, surtout en ce qui concerne son encyclique "Humanæ Vitæ" - est en cours. Chaque année, le jour de la Transfiguration, qui fut celui de sa mort, on célèbre sa mémoire. Dans "Caritas in veritate" Benoît XVI a dit de lui :

"Paul VI a éclairé le grand thème du développement des peuples de la splendeur de la vérité et de la douce lumière de la charité du Christ [...] Poussé par le désir de rendre l’amour du Christ pleinement visible à ses contemporains, Paul VI affronta avec décision d’importantes questions morales, sans céder aux faiblesses culturelles de son temps".

Rien d’autre que ce que fit aussi le saint Curé d'Ars contre la "dictature du rationalisme" de son temps. En offrant le pardon de Dieu. Dans la lumière de la Transfiguration.




La catéchèse de Benoît XVI le mercredi 5 août 2009 :

> Saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars



A propos du Curé d'Ars "L'Osservatore Romano" du 3-4 août 2009 a aussi publié un discours prononcé en 1959 par Giovanni Battista Montini, le futur Paul VI, alors archevêque de Milan :

 > Ma non si crede a un prete che se la gode


L'article de Robert Imbelli dans "L'Osservatore Romano" du 5 août 2009 :

> Due papi e la Trasfigurazione



A propos du sacrement de la confession, sur www.chiesa :

> Le quatrième sacrement en cours de restauration. Le Curé d'Ars et Padre Pio y pourvoient



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www. chiesa

16.01.2009

Benoît XVI accueille les reliques des parents de sainte Thérèse

Et souligne qu’ils ont « profondément vécu le mystère d’amour du Christ »

 

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ROME, Mercredi 14 janvier 2009 (ZENIT.org) - Les Bienheureux Louis et Zélie Martin ont « profondément vécu ce mystère d'amour du Christ » dont parle saint Paul, a déclaré Benoît XVI au terme de sa catéchèse en français, ce 14 janvier, en la salle Paul VI du Vatican.

Le pape a accueilli les reliques de Louis et Zélie Martin, parents de neuf enfants - dont quatre carmélites -, qui reposaient à Saint-Pierre de Rome depuis le 10 janvier (cf. Zenit du 12 janvier 2009).

Au terme de sa catéchèse en français, le pape a déclaré : « Je suis heureux de saluer le pèlerinage Sainte-Thérèse de Lisieux, qui, avec les évêques de Bayeux-Lisieux et de Séez, accompagne le reliquaire des Bienheureux Louis et Zélie Martin, les parents de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus qui ont si profondément vécu ce mystère d'amour du Christ ».

Les époux Martin ont été béatifiés ensemble, le 19 octobre dernier, en la Journée mondiale des Missions, à Lisieux même (cf. Zenit de mai 2008, 19 juillet 2008, et du 19 octobre 2008).

Benoît XVI avait signé, le 3 juillet dernier, le décret de reconnaissance d'un miracle dû à l'intercession des parents de sainte Thérèse de Lisieux.

Cette reconnaissance ouvrait la voie à leur béatification, ensemble, comme Luigi Beltrame Quattrocchi et Maria Corsini, béatifiés par Jean-Paul II le 21 octobre 2001, également en la Journée mondiale des missions.

Le choix de cette date souligne certainement le rôle missionnaire de la famille chrétienne et l'importance de son témoignage de l'amour du Christ et du prochain dans l'Eglise et la société.

Le miracle obtenu par la prière des époux Louis Martin (1823-1894) et Marie-Azélie Guérin (1831-1877), concerne la guérison d'un enfant italien, de Monza, près de Milan, Pietro Schiliro, 6 ans et demi aujourd'hui, présent à l'audience avec ses parents et qui a salué le pape à cette occasion. Né avec une malformation des poumons, il ne devait pas survivre.

Un Carme italien, le P. Antonio Sangalli, a alors suggéré aux parents de faire une neuvaine aux parents de sainte Thérèse, qui ont perdu 4 enfants en bas âge, pour obtenir la force de porter cette souffrance.

Mais la maman déclara qu'elle ferait la neuvaine (et même une seconde) pour demander la guérison de son enfant. Elle fut exaucée. Le jeune Pietro et ses parents étaient à Rome à l'occasion de la venue du reliquaire, accompagné par le recteur du sanctuaire de Lisieux, Mgr Bernard Lagoutte et par l'évêque de Sées, Mgr Jean-Claude Boulanger.

Cette urne en bronze contenant des reliques des parents de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, achève maintenant son pèlerinage en Italie.

Anita S. Bourdin

05.08.2008

Benoît XVI, Grégoire de Nysse

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BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 29 août 2007

 

 

Saint Grégoire de Nysse

Chers frères et sœurs!

Dans les dernières catéchèses, j'ai parlé de deux grands docteurs de l'Eglise du IV siècle, Basile et Grégoire de Nazianze, Evêque de Cappadoce, dans l'actuelle Turquie. Aujourd'hui, nous en ajoutons un troisième, le frère de Basile, saint Grégoire de Nysse, qui s'est révélé un homme au caractère réfléchi, avec de grandes capacités de méditation, et d'une vive intelligence, ouverte à la culture de son temps. Il s'est ainsi révélé comme un penseur original et profond dans l'histoire du christianisme.

Il naquit autour de 335; sa formation chrétienne fut suivie en particulier par son frère Basile - qu'il définit comme "père et maître" (Ep 13, 4:  SC 363, 198) - et par sa sœur Macrine. Il suivit ses études en appréciant particulièrement la philosophie et la rhétorique. Dans un premier temps, il se consacra à l'enseignement et se maria. Ensuite, il se consacra lui aussi entièrement, comme son frère et sa sœur, à la vie ascétique. Plus tard, il fut élu Evêque de Nysse, et se démontra un pasteur zélé, ce qui lui valut l'estime de la communauté. Accusé de malversations financières par ses adversaires hérétiques, il dut abandonner le siège épiscopal pendant une brève période, mais il y revint ensuite triomphalement (cf. Ep. 6:  SC 363, 164-170), et il continua à se consacrer à la lutte pour défendre la vraie foi.

En particulier après la mort de Basile, recueillant presque son héritage spirituel, il coopéra au triomphe de l'orthodoxie. Il participa à divers synodes; il chercha à résoudre les conflits entre les Eglises; il participa activement à la réorganisation ecclésiastique et, en tant que "pilier de l'orthodoxie", il fut l'un des acteurs du Concile de Constantinople de 381, qui définit la divinité de l'Esprit Saint. Il reçut diverses charges officielles de la part de l'empereur Théodose, il prononça d'importants discours et homélies funèbres, il se consacra à la rédaction de diverses œuvres théologiques. En 394, il participa encore à un synode qui se déroula à Constantinople. On ne connaît pas la date de sa mort.

Grégoire explique avec clarté la finalité de ses études, le but suprême auquel il aspire dans son travail de théologien:  ne pas employer sa vie en choses vaines, mais trouver la lumière qui permet de discerner ce qui est vraiment utile (cf. In Ecclesiasten hom. 1:  SC 416, 106-146). Il trouva ce bien suprême dans le christianisme, grâce auquel est possible "l'imitation de la nature divine" (De professione christiana:  PG 46, 244C). Avec sa vive intelligence et ses vastes connaissances philosophiques et théologiques, il défendit la foi chrétienne contre les hérétiques, qui niaient la divinité du Fils et de l'Esprit Saint (comme Eunomios et les Macédoniens), ou mettaient en doute la parfaite humanité du Christ (comme Apollinaire). Il commenta l'Ecriture Sainte, s'arrêtant sur la création de l'homme. Cela était pour lui un thème central:  la création. Il voyait dans la créature le reflet du Créateur et trouvait là le chemin vers Dieu. Mais il écrivit également un livre important sur la vie de Moïse, qu'il présente comme un homme en marche vers Dieu:  cette montée vers le Mont Sinaï devient pour lui une image de notre ascension dans la vie humaine, vers la vraie vie, vers la rencontre avec Dieu. Il a interprété également la prière du Seigneur, le Notre-Père, et les Béatitudes.

Dans son "Grand discours catéchétique" (Oratio catechetica magna) - il exposa les lignes fondamentales de la théologie, non pas pour une théologie académique refermée sur elle-même, mais pour offrir aux catéchistes un système de référence dont tenir compte dans leurs instructions, comme un cadre dans lequel s'inscrit ensuite l'interprétation théologique de la foi.

En outre, Grégoire est célèbre pour sa doctrine spirituelle. Toute sa théologie n'était pas une réflexion académique, mais l'expression d'une vie spirituelle, d'une vie de foi vécue. En tant que grand "père de la mystique", il exposa dans divers traités - comme le De professione christiana et le De perfectione christiana - le chemin que les chrétiens doivent entreprendre pour atteindre la vraie vie, la perfection. Il exalta la virginité consacrée (De virginitate), et en proposa un modèle éminent dans la vie de sa sœur Macrine, qui est toujours restée pour lui un guide, un exemple (cf. Vita Macrinae). Il tint divers discours et homélies, et écrivit de nombreuses lettres.

En commentant la création de l'homme, Grégoire souligne que Dieu,

"le meilleur des artistes, forge notre nature de manière à la rendre adaptée au service de la royauté. A travers la supériorité établie de l'âme, et au moyen de la conformation même du corps, il dispose les choses de manière à ce que l'homme soit réellement adapté au pouvoir royal" (De hominis opificio 4:  PG 44, 136B).

Mais nous voyons que l'homme, pris dans les mailles des péchés, abuse souvent de la création et n'exerce pas une véritable royauté. C'est pourquoi, afin d'exercer une véritable responsabilité envers les créatures, il doit être pénétré par Dieu et vivre dans sa lumière. En effet, l'homme est un reflet de cette beauté originelle qui est Dieu: 

"Tout ce que Dieu créa était excellent", écrit le saint Evêque. Et il ajoute:  "Le récit de la création en témoigne (cf. Gn 1, 31).

Parmi les choses  excellentes  se  trouvait  aussi l'homme, orné d'une beauté largement supérieure à toutes les belles choses. En effet, quelle chose pouvait être aussi belle que celui qui est semblable à la beauté pure et incorruptible?... Reflet et image de la vie éternelle, il était véritablement beau, et même très beau, comme le signe rayonnant de la vie sur son visage" (Homilia in Canticum 12:  PG 44, 1020C).

L'homme a été honoré par Dieu et placé au dessus de toute autre créature: 

"Le ciel n'a pas été fait à l'image de Dieu, ni la lune, ni le soleil, ni la beauté des étoiles, ni aucune des choses qui apparaissent dans la création. Seule toi (anima humana) tu as été rendue l'image de la nature qui domine toute intelligence, ressemblance de la beauté incorruptible, empreinte de la vraie divinité, réceptacle de la vie bienheureuse, image de la véritable lumière; et lorsque tu la regardes, tu deviens ce qu'Il est, car à travers le rayon reflété provenant de ta pureté, tu imites Celui qui brille en toi. Aucune des choses qui existe n'est grande au point de pouvoir être comparée à ta grandeur" (Homilia in Canticum 2:  PG 44, 805D).

Méditons cet éloge de l'homme. Voyons également à quel point l'homme est dégradé par le péché. Et cherchons à revenir à la grandeur originelle:  ce n'est que si Dieu est présent que l'homme arrive à sa véritable grandeur.

L'homme reconnaît donc en lui-même le reflet de la lumière divine:  en purifiant son cœur, il redevient comme il était au début, une image limpide de Dieu, Beauté exemplaire (cf. Oratio catechetica 6:  SC 453, 174). Ainsi, l'homme, en se purifiant, peut voir Dieu, comme les cœurs purs (cf. Mt 5, 8): 

"Si, avec un style de vie diligent et attentif, tu effaces les choses laides qui se sont déposées sur ton cœur, alors resplendira en toi la beauté divine... En te contemplant toi-même, tu verras en toi celui qui est le désir de ton cœur et tu seras bienheureux" (De beatitudinibus, 6:  PG 44, 1272AB).

Il faut donc laver les choses laides qui se sont déposées sur notre cœur et retrouver en nous-même la lumière de Dieu.

L'homme a donc comme objectif la contemplation de Dieu. Ce n'est qu'en celle-ci qu'il peut trouver sa réalisation. Pour anticiper, dans une certaine mesure, cet objectif déjà au cours de cette vie, il doit progresser sans cesse vers une vie spirituelle, une vie de dialogue avec Dieu. En d'autres termes - et telle est la leçon la plus importante que saint Grégoire de Nysse nous transmet -,  la  pleine réalisation de l'homme consiste dans la sainteté, dans une vie vécue dans la rencontre avec Dieu, qui devient ainsi lumineuse également pour les autres, et pour le monde.

 

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04:37 Écrit par Père Walter dans Catéchèses du Pape | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, saint, theologie, bible | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

12.05.2008

Bimillénaire paulinien - indulgences

CITE DU VATICAN, 10 MAI 2008 (VIS). Benoît XVI accorder aux fidèles l'indulgence plénière à l'occasion du deux millième anniversaire de la naissance de l'Apôtre Paul, durant toute l'année paulinienne.

http://www.christusrex.org/www1/vaticano/Fb-Paul.jpg

Saint Paul, Rome, 2° moitié du 13° siècle (fragments d'une fresque, hauteur: 38 cm; largeur: 27 cm.) 

Le décret publié ce jour et signé par le Cardinal James Francis Stafford et Mgr. Gianfranco Girotti, OFM.Conv., respectivement Grand Pénitencier et Régent de la Pénitencerie apostolique, précise:

A l'approche de la fête des Apôtres Pierre et Paul, le Pape souhaite que les fidèles aient recours aux trésors spirituels en vue de leur sanctification. Et ce

"de façon à ce qu'ils puissent renouveler et renforcer...leurs intentions de salut dès les premières vêpres de cette solennité, principalement en l'honneur de l'Apôtre des Gentils, dont on fête bientôt les deux mille ans de la naissance".

En fait, le don des indulgences que le Pontife romain offre à l'Eglise universelle, aplanit la route pour atteindre le plus haut degré de purification intérieure qui, tout en faisant honneur au bienheureux apôtre Paul, exalte la vie supranaturelle dans le cour des fidèles et les pousse ... à porter des fruits par leurs bonnes oeuvres".

Voici les modalités pour l'obtention des indulgences:

I) "L'indulgence plénière de la peine temporelle pour leurs péchés sera accordée à tous les fidèles vraiment repentis qui purifiés par le sacrement de pénitence et nourris par la communion, feront pieusement un pèlerinage à la basilique papale Saint-Paul, via Ostiense, et prieront aux intentions du Souverain Pontife, une fois qu'ils auront obtenus la rémission sacramentelle et le pardon de leurs fautes".

"Les fidèles pourront obtenir l'indulgence plénière pour eux-mêmes ou pour les défunts, toutes les fois qu'ils accomplissent ces actes, tout en respectant la norme selon laquelle l'indulgence plénière ne peut être obtenue qu'une fois par jour".

"Pour que les prières élevées au cours de ces visites sacrées conduisent et touchent plus intensément les âmes des fidèles à la vénération de la mémoire de saint Paul, est établi ce qui suit: les fidèles, en plus de prier devant l'autel du Saint Sacrement devront porter devant l'autel leur confession et réciter dévotement le Pater et le Credo et ajouter de pieuses invocations en l'honneur de la bienheureuse Vierge Marie et de saint Paul. Cette dévotion devra toujours être étroitement unie à la mémoire du Prince des Apôtres, Pierre".

II) "Les fidèles chrétiens des différentes églises locales, en plus des conditions indiquées (confession sacramentelle, communion eucharistique et prières aux intentions du Saint-Père), avec une âme détachée du péché, pourront bénéficier de l'indulgence plénière s'ils participent dévotement à une fonction sacrée ou à un exercice pieu publiquement en l'honneur de l'Apôtre des Gentils: au cours des jours entre l'ouverture solennelle et la clôture de l'année paulinienne, dans tous les lieux sacrés; au cours d'autres jours déterminés par l'ordinaire du lieu, dans les lieux sacrés intitulés à saint Paul et, pour l'usage des fidèles, dans d'autres lieux désignés par le même ordinaire".

Le document conclut en rappelant que les fidèles qui, "pour cause de maladie ou pour une juste cause", ne peuvent quitter leur maison ou le lieu où ils se trouvent, pourront obtenir l'indulgence plénière, avec une âme détachée de tout péché et avec l'intention d'accomplir les conditions requises dès qu'il leur sera possible, "s'ils s'unissent spirituellement à une célébration jubilaire en l'honneur de saint Paul, en offrant à Dieu leurs prières et leurs souffrances pour l'unité des chrétiens".

17:45 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : saint, annee saint paul, vie de l eglise, indulgences, vatican, priere, cardinaux, eveques | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |