16.03.2010

Publication du message pour la XXVe Journée mondiale de la Jeunesse

Le message pour la XXVe Journée mondiale de la Jeunesse a été rendu public ce lundi et marque une nouvelle étape vers les prochaines Journées mondiales de la Jeunesse de 2011 qui auront lieu en Espagne.

 


Benoît XVI propose une réflexion autour des paroles de l’Évangile de Marc (10, 17) : « Bon maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? ».

Écoutez la synthèse de ce message par Olivier Bonnel (Radio Vatican): >>

 

Vers le texte intégral du message

23.09.2009

Mgr Luciano Alimandi, Savoir faire silence

Mgr Luciano Alimandi - Savoir faire silence

 

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Rome (Agence Fides) – L’Evangile nous montre que Jésus par court les routes de la Galilée et de la Judée pour annoncer la Bonne Nouvelle, pour guérir les gens de toutes sortes de maladies, pour libérer les personnes de l’action néfaste de Satan, pour donner à tous et à chacun le « Pain quotidien » de sa Parole et de Présence salvifique.

Les Apôtres le suivent, l’écoutent, l’observent, et s’émerveillent, avec les gens, des grandes œuvres que le Père accomplit par Lui. Parfois, ils restent sans paroles, et d’autres fois, en revanche, ils ne disent que trop de paroles. A lieu de faire silence, ils parlent sans écouter d’abord, du plus profond de leur cœur, la voix de l’Esprit, qui voudrait leur expliquer la signification de chacune des phrases, de chacun des gestes et de chacun des « signes » que fait Jésus.

Il arrive aux Apôtres, tout comme à nous, de nous tromper quand nous « traitons » avec le Seigneur : que de fois on Le sous-estime, ou on L’ignore ; et les situations ne manquent pas, même, où nous nous plaçons au-dessus de Lui, comme si de pauvres pécheurs, ce que nous sommes tous, avaient quelque chose à « enseigner » à Jésus !

33. O abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles !
34. Qui en effet a jamais connu la pensée du Seigneur ? Qui en fut jamais le conseiller ?
35. Ou bien qui l'a prévenu de ses dons pour devoir être payé de retour ?
(Romains, 11, 33-35)


La tentation de s’enorgueillir devant Dieu est toujours aux aguets. C’est pourquoi il faut prier le Saint-Esprit de rendre notre cœur toujours plus docile à ce « tracé » de vie que le Seigneur a déterminé pour nous. Il est assurément le plus facile et le plus direct pour arriver à la sainteté, et donc, au Paradis !

Il va en avant, et nous devons simplement rester derrière Lui, en nous armant d’une « sainte patience », surtout quand il nous semble que la réponse et la solution que nous attendons du Seigneur tarde à venir, ou qu’elle est différente de ce qui était désiré. « La patience obtient tout » a déclaré Sainte Thérèse d’Avila, qui connaissait bien combien peuvent être mystérieuses les « voies de Dieu
».

« Viens et suis-moi » (Marc 10, 21), continue à répéter Jésus à ceux qui veulent Le rencontrer dans la foi pour devenir Ses disciples, en restant en communion de vie avec Lui par l’amour pour Dieu et pour le prochain. Le chemin n’est pas toujours facile, mais on est jamais seuls si l’on reste derrière le Christ, c’est-à-dire, fidèles à ses enseignements.

Le fait que les Apôtres, eux aussi, aient cédé à la tentation de « résister » à Jésus, ou même de le réprimander, doit nous mettre en garde pour ne pas sous-estimer ces situations – et il y en a dans la vie – où au plus profond de nous, se forme comme un sentiment « d’endurcissement » du cœur à son égard.

Combien de fois Dieu s’est plaint, par l’intermédiaire de ses prophètes, d’une attitude aussi orgueilleuse, qui a fait dévier le cœur de son peuple en le conduisant à la rébellion. Mais Il a toujours été prêt au pardon, comme nous le dit le Psaume 78 (77), (36-38 :

36. Mais ils le flattaient de leur bouche, mais de leur langue ils lui mentaient,
37. leur cœur n'était pas sûr envers lui, ils étaient sans foi en son alliance.
38. Lui alors, dans sa tendresse, effaçait les torts au lieu de dévaster; sans se lasser, il revenait de sa colère au lieu de réveiller tout son courroux.

Quand on murmure contre Dieu, on laisse la place au Malin, et l’on perd l’orientation vers le Royaume. Et précisément, Dimanche dernier, nous avons écouté un passage de l’Evangile de Marc sur le « désarroi » dont a été victime Simon Pierre, aussitôt après sa splendide confession de foi au Christ. Devant la prophétie claire de Jésus, qu’il venait tout juste de faire, concernant sa Passion et sa Mort, Pierre, assailli par la peur de la souffrance, réprimande le Seigneur.

31. Et il commença de leur enseigner : « Le Fils de l'homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter ;
32. et c'est ouvertement qu'il disait ces choses. Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner.
33. Mais lui, se retournant et voyant ses disciples, admonesta Pierre et dit : « Passe derrière moi, Satan ! car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! »
(Marc 8, 31-33)

Simon Pierre et les autres Apôtres n’ont plus oublié ces paroles, qui se sont rassemblées en conséquence dans le témoignage des Evangélistes, afin que les disciples de Jésus, à chaque époque, reçoivent la leçon historique du Seigneur. La Sainte Ecriture nous invite à accueillir le reproche, comme par exemple celui d’un Sage (cf. Qohélet) 7, 5), mais elle ne nous invite jamais à réprimander le Seigneur !

Devant les situations de souffrance, de peur et d’inquiétude, qui font trembler notre coeur humain fragile, on ne doit jamais céder à la tentation de faire des reproches à Dieu, mais, à l’exemple des Saints, et, en premier, de la Sainte Vierge Marie, le silence de l’adoration doit prendre la place du bruit des murmures.

« Il est important pour nous aujourd’hui aussi, même si nous ne sommes pas moines : savoir faire le silence en nous pour écouter la Voix de Dieu, pour chercher, pour ainsi dire un « parloir »’ où Dieu parle avec nous » (Benoît XVI, Audience générale hebdomadaire, 9 septembre 2009).

Que le « Stabat Mater » devienne pour tous, surtout à l’heure de l’épreuve, le modèle à imiter : La Sainte Vierge se trouvait au pied de la Croix de son Fils (cf. Jean 19, 25), sans se rebeller, parce qu’elle croyait, comme elle l’a toujours cru, à la Parole de Jésus : après la nuit de la souffrance, pointe l’aube lumineuse de la Résurrection.

(Agence Fides, 18 septembre 209)

22.09.2009

Les évêques italiens à l'heure d'un choix décisif

A prendre ou à laisser. Les évêques italiens à l'heure d'un choix décisif

L'enjeu est le "projet culturel" conçu et réalisé par les cardinaux Ruini et Scola. Certains le considèrent comme mort. Mais les faits prouvent qu'il est plus vivant que jamais. Avec trois grandes nouveautés: une proposition au pays sur "l'urgence éducative", une nouvelle école de théologie consacrée à une société "plurielle", un colloque international sur "Dieu aujourd'hui"

par Sandro Magister




ROME, le 21 septembre 2009 – Le groupe dirigeant de la conférence des évêques d’Italie, CEI, se réunit ce soir à Rome pour l’habituelle session de début d’automne, alors qu’est encore fort le choc provoqué par la démission du directeur d’"Avvenire", le journal de la CEI, Dino Boffo, qui a été l’objet, malgré son innocence, d’attaques publiques contre sa personne.

Pendant cette tempête, la hiérarchie de l’Eglise, en Italie comme au Vatican, s’est montrée divisée et désorientée. En effet l'attaque contre "Avvenire" a aussi été employée par certains contre la ligne que représentait le journal : celle du cardinal Camillo Ruini, président de la CEI pendant quinze ans, jusqu’en 2007, et du "projet culturel" qu’il a conçu et réalisé, en grande partie à travers le journal dirigé par Boffo.

Mais que cette ligne soit en voie de liquidation, voilà qui est contredit par divers signaux – tous survenus ces jours-ci – qui en montrent la vitalité.


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L’un de ces signaux est la large diffusion en Italie, à partir 17 septembre, d’un livre réalisé par le comité pour le projet culturel de la CEI, intitulé : "La sfida educativa", le défi de l’éducation.

Ce livre se présente comme un rapport sur ce qui a été appelé, y compris par Benoît XVI, "l’urgence éducative". Un rapport, donc, sur la dramatique incapacité dont fait preuve la société actuelle en matière d’éducation des nouvelles générations.

Mais ce n’est pas qu’un rapport descriptif et analytique, c’est aussi une proposition quant à la façon de faire face à cette urgence et de relever le défi avec succès. Dans la préface, le cardinal Ruini écrit que ce qui est en jeu, ce sont "les bases de l'existence de l'homme et de la femme, le sens même que nous attribuons à l'être humain et à notre civilisation".

Le défi de l’éducation ne concerne donc pas seulement la famille, l’école, l’Eglise, mais la société dans son ensemble. Au fil des chapitres, le livre l’étudie, grâce à différents spécialistes, dans les différents domaines, y compris le travail, l’entreprise, la consommation, les médias de masse, le spectacle, le sport.

La question de l'éducation sera l'axe majeur de l'action pastorale de l’Eglise en Italie pendant la décennie 2010-2020, comme l’a décidé la conférence des évêques. Mais, avec le projet culturel, son but est d’arriver à impliquer tout le pays. Une preuve en est que l’édition de "La sfida educativa" a été confiée à un éditeur non pas catholique mais "laïc" par antonomase, Laterza.

C’est justement dans les bureaux romains de Laterza qu’aura lieu, le mardi 22 septembre, la présentation officielle du livre. Seront présents le cardinal Ruini, le ministre de l’Education Nationale, Mariastella Gelmini, la présidente de la confédérationale patronale Confindustria, Emma Marcegaglia. Le président de la maison d’édition, Giuseppe Laterza, sera le modérateur.



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Un deuxième signal a pour épicentre Venise et pour inspirateur également un cardinal : non pas Ruini mais Angelo Scola, patriarche de la ville.

Les deux prélats – ce n’est pas un hasard – font partie du comité pour le projet culturel institué par la CEI en 2008, avec Ruini comme président. Scola, à Venise, est la preuve vivante que le projet culturel peut être réalisé dans un diocèse type sous des formes originales, avec créativité et avec fruit.

Le 15 septembre le cardinal Scola a ouvert à Venise un congrès international intitulé "La société plurielle", avec comme orateurs des spécialistes italiens et étrangers de diverses disciplines, catholiques ou non, de Massimo Cacciari à David Novak, d’Ottfried Höffe à Cesare Mirabelli, d’Ignazio Musu à Steve Schneck.

Le congrès a marqué les débuts à Venise d’un nouveau centre d’études appelé "Alta Scuola Società Economia Teologia" (ASSET), dont le but est de faire interagir les diverses disciplines, théologie comprise, dans le traitement des questions cruciales d’un monde culturellement "pluriel".

En ouvrant le congrès, Scola a invité les chrétiens à identifier et proposer le "terrain commun" sur lequel pourraient être réalisés des "compromis nobles" entre des positions différentes. Etant entendu que les chrétiens eux-mêmes ont le devoir, à chaque fois que le compromis n’est pas possible, comme dans le cas de l’avortement ou de la famille, de recourir à l'objection de conscience et en tout cas de poursuivre leur "témoignage" à haute voix dans la société, dans l’espérance d’un changement positif.

L’ASSET est la dernière-née d’une série d’initiatives lancées au cours des cinq dernières années par le cardinal Scola et réunies sous l'égide du Studium Marcianum, du nom du saint patron de Venise, l'évangéliste Marc, parmi lesquelles la revue internationale "Oasis". Elle fonctionnera à travers des séminaires, des laboratoires culturels, des cours d’été, des publications, des enseignements annuels. Le cours inaugural, le 17 décembre, sera assuré par le philosophe Robert Spaemann, de l'université de Munich.


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Quelques jours plus tôt, le 10 décembre, le même Spaemann prendra la parole lors d’un grand colloque organisé à Rome par le comité pour le projet culturel de la CEI, c’est-à-dire toujours par Ruini.

Nous arrivons ainsi à un troisième signal.

Ce colloque aura pour titre : "Dieu aujourd’hui. Avec lui ou sans lui, cela change tout". www.chiesa en a déjà parlé. Il y a une impressionnante coïncidence entre le sujet de ce colloque et ce que Joseph Ratzinger a défini comme la "priorité" de son pontificat : "rendre Dieu présent dans ce monde et ouvrir aux hommes l’accès à Dieu". A plus forte raison en un temps "où, dans de vastes régions du monde, la foi risque de s’éteindre, comme une flamme qui ne trouve plus d’aliment".

Le 9 septembre, le cardinal Ruini – présentant à Milan un livre dans lequel il dialogue avec l'intellectuel laïc Ernesto Galli della Loggia – a souligné l'importance de ce prochain colloque sur Dieu.

A cette occasion, le directeur de "L'Osservatore Romano", Giovanni Maria Vian, a rappelé, à sa table, qu’à l’origine, il y a dix ou quinze ans, le projet culturel lancé par Ruini était considéré comme un "oiseau rare", personne ne sachant ce que c’était et où il se trouvait.

Le recteur de l'Université Catholique du Sacré-Cœur, Lorenzo Ornaghi, lui a répondu qu’en réalité le projet culturel s’est ensuite révélé être "un gigantesque effort de transformation du message chrétien en culture populaire".

L'Université Catholique a été et est encore un foyer de ce projet. Ce n’est pas un hasard si la nomination puis la confirmation du "ruinien" Ornaghi comme recteur ont été parmi les épisodes les plus agités de l’histoire de l’Eglise d’Italie au cours des dernières années.

Un autre outil essentiel du projet culturel a été et reste "Avvenire". Ce n’est pas un hasard si les adversaires d’Ornaghi ont aussi été ceux qui, pendant la même période, se sont opposés à Boffo en tant que directeur du journal des évêques, faisant circuler contre l’un et l’autre de fausses accusations infâmantes. www.chiesa en a également parlé dans de récents articles.

Le choix du successeur de Boffo à la direction d’"Avvenire" sera donc révélateur de la volonté ou non de la conférence des évêques d’Italie de continuer dans le sillon du projet de Ruini.

Il est certain que le cardinal Ruini a toujours agi en accord évident et avec le plein appui du pape actuel, mais aussi du prédécesseur de celui-ci.

Il en est de même pour l'actuel président de la CEI, le cardinal Angelo Bagnasco. Il s’est entretenu vendredi dernier avec le pape Benoît XVI, en vue du conseil permanent qui commence ce soir et de son discours inaugural très attendu.



Le site web du "projet culturel" organisé par l’Eglise d’Italie, avec la présentation du rapport-proposition sur l'éducation et le programme du colloque international sur "Dieu aujourd’hui" :

> Progetto culturale


Le nouveau centre d’études inauguré à la mi-septembre à Venise par le cardinal Angelo Scola :

> Alta Scuola Società Economia Teologia. Studi sulla società plurale


Et la fondation qui organise toutes les initiatives culturelles du patriarcat de Venise, entre autres la revue internationale "Oasis" :

> Fondazione Studium Generale Marcianum



Un précédent article de www.chiesa concernant le "projet culturel" de l’Eglise d’Italie et le cardinal qui l’a conçu :

> L'Eglise libre dans l'état libre. Selon Ruini (14.9.2009)


Les articles de www.chiesa à propos de l’affaire "Avvenire" :

> "Avvenire" a deux lecteurs qui ne sont pas d'accord entre eux : l'épiscopat et le Vatican (10.9.2009)

> Dino Boffo lascia "Avvenire". "Per gli interessi della mia Chiesa" (3.9.2009)

> L'Eglise, Obama et Berlusconi. La confusion au pouvoir (31.8.2009)



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.