30.09.2009

Retraite à Ars : Dieu ouvre à l’homme le chemin de la vie divine

Retraite à Ars : Dieu ouvre à l’homme le chemin de la vie divine

Homélie du cardinal Vingt-Trois

 

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ROME, Mardi 29 septembre 2009 (ZENIT.org) - « Lorsque nous sommes les ministres de la miséricorde, nous prophétisons et nous réalisons, affirme le cardinal Vingt-Trois, que Dieu est venu rejoindre l'homme au plus bas de sa situation mortelle et lui ouvre le chemin de la vie divine ».

Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la conférence des évêques de France, a présidé la messe de la retraite sacerdotale internationale, ce mardi matin, à Ars, en l'église souterraine Notre-Dame de la Miséricorde, en présence de quelque 1200 prêtres, évêques et cardinaux du monde entier.

Méditant sur la fête et les lectures de ce jour - fête des saints archanges Michel, Gabriel et Raphaël - , le cardinal a fait remarquer avec humour : « selon les pays dont vous venez et les cultures qui vous ont nourris vous pouvez avoir plus ou moins de facilité à comprendre qui sont les anges et les archanges ».

L'archevêque a proposé une méditation à partir de l'Evangile de Jean et de la prophétie de Jésus à Nathanaël (I, 47-51): « Jésus reprit : " Je t'ai dit que je t'ai vu sous le figuier, et c'est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore." Et il ajouta : " Oui, vraiment, je vous le dis : vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l'homme. " »

A propos de l'esprit qui traverse les mentalités contemporaines, l'archevêque a fait remarquer : « Le ciel n'est plus en haut et la terre n'est plus en bas », et l'homme espérait être « délivré du sentiment d'être opprimé par le ciel », mais son soi-disant bonheur est marqué de « tache noires » telles que « guerres », « refus de la vie », « désespoir »... s'agit-il de s'en « accommoder ? »

Revenant à la rencontre de Jésus avec Nathanaël, le cardinal y voit une invitation à « ouvrir une autre porte », car « non seulement Jésus assume l'héritage de la loi en accueillant ce véritable Israélite qui a grandi sous le figuier de la Loi et en a tiré le meilleur, mais il lui annonce une chose plus extraordinaire : vous verrez les cieux ouverts et le Fils de l'homme », lui, « l'Envoyé ».

« Nous sommes invités, a commenté le cardinal Vingt-Trois, à ajuster cette promesse, cette prophétie qui est en même temps une espérance offerte par le Christ, non seulement aux vrais Israélites qui ont grandi sous le figuier de la Loi, mais aussi les nations qui ont vécu en dehors du figuier ».

Pour l'archevêque de Paris, ces « cieux ouverts », et cette « échelle qui monte vers la plénitude de Dieu » assure « la venue de son Envoyé » et le « retour du Fils dans la plénitude de la gloire du Père et la promesse de partager la vie qui ne finit pas ».

Dans cette vision johannique, « la terre n'est pas dissociée du Ciel », a fait observer le cardinal français.

Certes, a-t-il ajouté, « Dieu n'est pas l'un de nous, n'est pas comme nous, nous ne sommes pas des anges, nous ne sommes pas Dieu, mais il y a une échelle dressée entre l'histoire humaine et l'infini amour de Dieu » et « la vie circule entre Dieu et les hommes » : « il envoie son Fils, son Unique non pour condamner le monde mais pour que le monde soit sauvé ».

« L'humanité, a constaté l'archevêque, nourrit une sorte de neurasthénie de désespoir d'être enclose dans une planète où il n'y a pas d'autre solution que de voir s'user les ressources naturelles et arriver à disette » : il nous faut donc vivre avec cette terre, cet air, cette eau les maladies et la mort : comment ne pas comprendre ce « désespoir au cœur d'homme » et même son «  renoncement à transmettre cette vie » ?

Or, a répondu l'archevêque de Paris, « les cieux sont vraiment ouverts (...) parce que le Christ est envoyé par le Père », et qu'il a « fait se rejoindre le ciel et la terre », parce que « le Christ est mort, ressuscité et glorifié dans le Père et entraîne la terre avec lui comme Premier-né de la Création ». Il projette ainsi « un chemin de lumière sur nos existences et l'avenir de l'humanité tout entière »

Faisant le parallèle avec le rôle des anges, le cardinal Vingt-Trois a ajouté : « De cela nous sommes les messagers : lorsque nous sommes les ministres de la miséricorde, nous prophétisons et nous réalisons que l'être humain n'est pas prisonnier de lui-même, de ses « qualités » et « défauts », de ses « péchés », de ses « crimes », de son « incroyance » même.

« Nous prophétisons et réalisons, a affirmé le cardinal français, que Dieu est venu rejoindre l'homme au plus bas de sa situation mortelle et lui ouvre le chemin de la vie divine », « nous sommes des messagers qui se voient » et c'est « plus facile pour communiquer » qu'avec les anges qu'on ne voit pas.

« Nous devons accepter modestement avec crainte et tremblement d'hériter, dans ce monde moderne - qui a expulsé les anges - d'hériter de leur fonction pour que l'ouverture du ciel soit connue, que la mort et la culpabilité ne détruisent pas l'espérance humaine et que les habitants de la terre ne se croient pas acculés à la mort mais appelés à la vie », a fait remarquer le cardinal Vingt-Trois.

En conclusion, l'archevêque de Paris a émis ce vœu « que Dieu donne à chacun la capacité d'être ce témoin de l'espérance, que Dieu donne à chacun de nous une part du ministère que le curé d'Ars a exercé avec fruit, en écoutant les pécheurs inlassablement », « en acceptant avec les grands mystiques » comme « sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte-Face, d'être « conduits à la nuit complète pour que les hommes aient la lumière ».

« Soyez joyeux » a encore invité le cardinal Vingt-Trois qui a laissé une dernière référence aux retraitants d'Ars, l'écrivain français Georges Bernanos et le « Journal d'un curé de campagne », spécialement cette page où il dit : «le monde nous reproche d'être des symboles du deuil et de la tristesse, et Bernanos répond : nous sommes habillés de noir, mais nous pourrions être habillés d'or parce que nous portons toute l'espérance du monde ».

Avant la conclusion de l'eucharistie, le cardinal Vingt-Trois a invité les prêtres à « exploiter au mieux cette année sainte et l'héritage des saints », mais aussi à « fabriquer » par leur ministère « de nouveaux saints ».

Anita S. Bourdin

16.01.2009

Benoît XVI accueille les reliques des parents de sainte Thérèse

Et souligne qu’ils ont « profondément vécu le mystère d’amour du Christ »

 

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ROME, Mercredi 14 janvier 2009 (ZENIT.org) - Les Bienheureux Louis et Zélie Martin ont « profondément vécu ce mystère d'amour du Christ » dont parle saint Paul, a déclaré Benoît XVI au terme de sa catéchèse en français, ce 14 janvier, en la salle Paul VI du Vatican.

Le pape a accueilli les reliques de Louis et Zélie Martin, parents de neuf enfants - dont quatre carmélites -, qui reposaient à Saint-Pierre de Rome depuis le 10 janvier (cf. Zenit du 12 janvier 2009).

Au terme de sa catéchèse en français, le pape a déclaré : « Je suis heureux de saluer le pèlerinage Sainte-Thérèse de Lisieux, qui, avec les évêques de Bayeux-Lisieux et de Séez, accompagne le reliquaire des Bienheureux Louis et Zélie Martin, les parents de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus qui ont si profondément vécu ce mystère d'amour du Christ ».

Les époux Martin ont été béatifiés ensemble, le 19 octobre dernier, en la Journée mondiale des Missions, à Lisieux même (cf. Zenit de mai 2008, 19 juillet 2008, et du 19 octobre 2008).

Benoît XVI avait signé, le 3 juillet dernier, le décret de reconnaissance d'un miracle dû à l'intercession des parents de sainte Thérèse de Lisieux.

Cette reconnaissance ouvrait la voie à leur béatification, ensemble, comme Luigi Beltrame Quattrocchi et Maria Corsini, béatifiés par Jean-Paul II le 21 octobre 2001, également en la Journée mondiale des missions.

Le choix de cette date souligne certainement le rôle missionnaire de la famille chrétienne et l'importance de son témoignage de l'amour du Christ et du prochain dans l'Eglise et la société.

Le miracle obtenu par la prière des époux Louis Martin (1823-1894) et Marie-Azélie Guérin (1831-1877), concerne la guérison d'un enfant italien, de Monza, près de Milan, Pietro Schiliro, 6 ans et demi aujourd'hui, présent à l'audience avec ses parents et qui a salué le pape à cette occasion. Né avec une malformation des poumons, il ne devait pas survivre.

Un Carme italien, le P. Antonio Sangalli, a alors suggéré aux parents de faire une neuvaine aux parents de sainte Thérèse, qui ont perdu 4 enfants en bas âge, pour obtenir la force de porter cette souffrance.

Mais la maman déclara qu'elle ferait la neuvaine (et même une seconde) pour demander la guérison de son enfant. Elle fut exaucée. Le jeune Pietro et ses parents étaient à Rome à l'occasion de la venue du reliquaire, accompagné par le recteur du sanctuaire de Lisieux, Mgr Bernard Lagoutte et par l'évêque de Sées, Mgr Jean-Claude Boulanger.

Cette urne en bronze contenant des reliques des parents de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, achève maintenant son pèlerinage en Italie.

Anita S. Bourdin