16.04.2011

Crise humanitaire en Côte d'Ivoire : la communauté salésienne de Duékoué lance un appel à l'aide

duekoue.JPGLa chute de Laurent Gbagbo n’a pas mis fin à la crise humanitaire que traverse la Côte d’Ivoire, principalement dans l’ouest du pays, à Duékoué. La mission catholique tenue par les salésiens doit gérer depuis plus de deux semaines quelques trente mille réfugiés qui ont fui les combats, dans un camp d'une capacité de huit mille places. Si la situation s’est quelque peu améliorée avec le retour notamment de l’électricité, les conditions de vie sont très difficiles : la nourriture manque, l’eau potable est quasi inexistante et les gens sont entassées.

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02.04.2011

Côte d'Ivoire : échos et analyses

cote-d'ivoire.JPGLa Côte d’Ivoire s’enfonce dans la guerre. Selon l’AFP, les tirs d'armes lourdes ont repris samedi matin à Abidjan autour des derniers bastions tenus par les combattants restés fidèles au président sortant Laurent Gbagbo. La capitale économique de la Côte d’Ivoire est livrée aux pillages alors que l'Onu parle de massacres à grande échelle dans l'ouest. L’organisation Human Rights Watch appelle le président reconnu par la communauté internationale, Alassane Ouattara, à empêcher ses forces de commettre des actes de représailles contre les partisans de son rival. 

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14.03.2011

Retraite de Carême au Vatican. Sous le signe de Jean-Paul II

retraite vatican.JPGBenoît XVI et les membres de la curie romaine participent depuis dimanche soir et jusqu’à samedi matin, 19 mars, aux exercices spirituels de Carême. Pendant toute cette période, les audiences pontificales, privées et publiques, sont suspendues, y compris l’audience générale du mercredi 16 mars. Au cœur des réflexions : la prochaine béatification de Jean-Paul II, le 1er mai prochain.

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06.02.2011

Benoît XVI : 'La foi n’est pas une chose du passé'

pape eveques.JPGCe samedi matin, Benoit XVI a consacré cinq nouveaux évêques au cours d’une messe solennelle en la Basilique Saint-Pierre. Parmi eux un chinois, Mgr Hon Tai-Fai, théologien salésien de Hong Kong, nommé le 23 décembre dernier secrétaire de la congrégation pour l’évangélisation des peuples, premier chinois à occuper une aussi haute fonction au sein de la curie romaine.

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26.12.2010

La Chine : un dossier prioritaire pour le Saint-Siège

savio hon tai-fai.JPGBenoît XVI a nommé un théologien de Hong Kong numéro deux de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, le poste le plus élevé auquel un Chinois ait jamais accédé au sein de la Curie romaine. Salésien, âgé de 60 ans, le père Savio Hon Tai-Fai succède au cardinal Robert Sarah, nommé le 7 octobre dernier président du Conseil pontifical Cor Unum. Le préfet de ce dicastère romain est un cardinal indien Ivan Dias. Signe que le continent asiatique occupe une place de choix parmi les priorités actuelles du Saint-Siège.


Précisions et éclairage Romilda Ferrauto (Radio Vatican): >> RealAudioMP3 

23.12.2010

Un chinois nommé secrétaire à la Congrégation pour l'Évangélisation des Peuples

Le Pape a nommé ce jeudi un nouveau secrétaire à la Congrégation pour l’Évangélisation des Peuples. Il s’agit d’un chinois, Don Savio Hon Tai Fai, un salésien de 50 ans, professeur de théologie au séminaire de Hong Kong. Il succède au cardinal Robert Sarah, président du Conseil Pontifical Cor Unum.

(Radio Vatican)

23.06.2010

Ashalayam, une association salésienne à l'oeuvre au milieu des bidonvilles de Calcutta

 



 

 

 

L’Inde, pays à l’échelle d’un continent, qui concentre plus d’un milliard d’habitants, est le pays de tous les contrastes. Les très riches côtoient les plus pauvres. Dans certaines zones de Calcutta, les bidonvilles se succèdent à perte de vue. C’est au milieu de cette misère extrême que l’association salésienne Don Bosco Ashalayam agit. Son objectif : offrir un futur aux enfants de la rue.

 

 

C’est un sujet réalisé par Charles-François Brejon (Radio Vatican): >>

05.03.2010

Le Carême en Chine

ASIE/CHINE - Les communautés catholiques chinoises vivent intensément le Carême, en réfléchissant sur le Message du pape et en encourageant des initiatives de spiritualité même pour les enfants


Pékin (Agence Fides) – Le Message du Saint-Père Benoît XVI pour le Carême 2010 intitulé « La justice de Dieu s’est manifestée par la foi en le Christ » est le point de référence central pour les communautés catholiques chinoises qui vivent intensément le Carême, en communion avec l’Eglise universelle.

Selon les informations parvenues à l’Agence Fides, pendant le cours de formation qui s’est tenu du 22 au 25 février dans la communauté ecclésiale de base du village de Zong Wang, de la ville de Ning Guo, dans la province d’An Hui, les fidèles ont pu étudier et méditer le message du Pape en même temps que les autres communautés. Cette communauté se trouvant dans la zone la plus reculée et la plus pauvre, les catholiques avaient depuis des années des difficultés à recevoir régulièrement les sacrements, et devaient même traverser la montagne et changer de car pour participer à la messe du dimanche. Aujourd’hui, grâce à l’engagement du prêtre et des sœurs, certains fidèles ont même pu lire le message du pape qui vient d’être publié. En outre, depuis janvier 2010, ils ont aussi la célébration de la messe mensuelle fixe, donc ils peuvent affirmer qu’ils vivent « un carême spirituellement heureux ».

Plus de 60 fidèles de la cathédrale du diocèse de Jing Xian ont participé à la retraite spirituelle qui a eu lieu du 22 au 26 février. Pendant ces journées, les fidèles baptisés depuis longtemps et les nouveaux baptisés ont partagé leur expérience de la foi, la lecture de l’Ecriture Sainte, la prière, et ont reçu le sacrement de la réconciliation. Selon les prêtres et les religieux organisateurs de l’évènement, « la retraite est nécessaire, non seulement pour vivre le Carême en préparation de Pâques, mais aussi pour consolider le sens missionnaire des fidèles, pour pouvoir bien vivre la vie chrétienne en maintenant toujours vif et fort le feu de l’amour ».

Le Centre culturel de Bonfire de la famille salésienne, fondé en 1965 à Hongkong, a proposé du matériel pour aider les enfants à vivre le Carême et à préparer une “Happy Easter”: des échecs à la « recherche du Seigneur Ressuscité » ont été préparés, ainsi que des bandes dessinées des Bons Samaritains, des jeux de carte de couleurs, inspirés de la Dernière Cène… Selon les responsables du Centre Bonfire, ce matériel aide les enfants à connaître la passion de Jésus, et à prier et à réfléchir sur les évènements du temps pascal. (NZ)

(Agence Fides 02/03/2010)

21.02.2010

Une semaine d'exercices spirituels pour le Pape et la Curie romaine

Le Pape et ses collaborateurs de la Curie romaine ont entamé ce dimanche soir les exercices spirituels de Carême, qui se poursuivront jusqu’à samedi matin dans la chapelle Redemptoris Mater du palais apostolique.

 

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En cette année sacerdotale les méditations sont proposées par un prêtre, spécialiste des Pères de l'Eglise: le Père Enrico dal Covolo (photo), postulateur des salésiens et professeur à la prestigieuse université pontificale salésienne.

 

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Le thème choisi est celui de la vocation sacerdotale. Agé de 59 ans, le Père dal Covolo a plus de 200 retraites à son actif. Il a annoncé que ses méditations seraient nourries de la lectio divina, centrées sur le chemin de la conversion et qu’il les illustrerait par des figures sacerdotales comme Saint Augustin, le Curé d’Ars, le Pape Jean-Paul II et aussi le curé de campagne de Bernanos.

Jusqu’à samedi matin, toutes les activités publiques du Pape sont suspendues, y compris l’audience générale du mercredi.

 

(Radio Vatican)

04.02.2010

Chine: La trompette de Zen et la cloche de Bertone

Chine. La trompette de Zen et la cloche de Bertone

Deux points de vue s’opposent en ce qui concerne l'avenir de l'Eglise catholique chinoise, celui du cardinal de Hong-Kong et celui de la diplomatie vaticane. Un dossier du mensuel "30 Giorni" donne la parole à la seconde. Avec une interview d'un intellectuel proche du gouvernement de Pékin


par Sandro Magister




ROME, le 4 février 2010 – Le cardinal Joseph Zen Zekiun, évêque émérite de Hong-Kong et stratège passionné de l’Église catholique en Chine, n’a jamais ménagé ses critiques contre la diplomatie vaticane, qu’il trouve trop accommodante vis-à-vis du régime communiste de Pékin, ni aux prêtres et évêques qui lui paraissent trop soumis.

La dernière polémique – relatée par www.chiesa dans un précédent article – a porté sur l’affaire de l’évêque coadjuteur du diocèse Baoding, Joseph An Shuxin, rendu à la liberté après dix années passées en prison et qui s’est inscrit à l’Association Patriotique gouvernementale, geste que beaucoup ont interprété comme une reddition à l’ennemi.

D’après le cardinal Zen, la faiblesse de l’évêque de Baoding et d’autres comme lui serait encouragée de façon coupable par les autorités vaticanes qui considèrent que la période héroïque de l’Église clandestine est terminée et que ses évêques et ses prêtres devraient tous entrer dans l’Église officielle reconnue par le régime.

Mais en est-il vraiment ainsi ? Selon les autorités vaticanes, non : la situation n’est pas du tout celle que décrivent le cardinal Zen et l'agence "Asia News" dirigée par le père Bernardo Cervellera, de l’Institut Pontifical des Missions Étrangères.


***


La diplomatie vaticane ne s’exprime pas directement mais, pour connaître ses prises de position, il suffit de lire la revue qui reflète le mieux sa pensée : le mensuel international en six langues "30 Giorni", édité à Rome et dirigé par le vieux sénateur Giulio Andreotti, plusieurs fois président du conseil et ministre des Affaires étrangères de la république italienne, de tout temps très introduit à la curie.

 

 

 

 

Dans son dernier numéro, "30 Giorni" consacre un dossier à l’Église chinoise. Mais ce n’est pas tout. Il annonce aussi la diffusion en Chine, à un grand nombre d’exemplaires, d’un livret de prières intitulé "Qui prie est sauvé" (voir photo ci-dessus), traduit pour la première fois en mandarin et préfacé par l’évêque de Shanghai, Aloysius Jin Luxian, celui des évêques reconnus à la fois par le régime et par l’Église de Rome qui fait le plus autorité (et par le cardinal Joseph Ratzinger? ndlr).

Pour le moment, le nouveau numéro de "30 Giorni" n’a été publié qu’en italien. Mais bientôt il sortira aussi en anglais, français, espagnol, portugais et allemand, avec la possibilité pour tous de lire intégralement le dossier.

Celui-ci comprend une grande enquête de Gianni Valente qui reconstitue l’affaire de l’évêque de Baoding, avec des détails qui démentent la "trahison" de ce dernier et prouvent sa rectitude. Mais il fournit aussi deux documents d’un grand intérêt, qui appuient cette reconstitution des faits.

Le premier document est une lettre du 29 juin 2008, écrite par le cardinal Ivan Dias, préfet de la congrégation vaticane Propaganda Fide, aux prêtres, aux religieux et aux fidèles du diocèse de Baoding.

Dans cette lettre, le cardinal Dias – dont dépendent formellement les diocèses de Chine – défend pleinement les choix faits par l’évêque An Shuxin après sa sortie de prison et il enjoint au clergé et aux fidèles de faire preuve envers lui de respect et d’obéissance :


"Tout le monde doit savoir que l’estimé évêque jouit de la faveur et de la confiance totale du Saint-Siège. Personne ne peut donc se permettre de suspecter sa sincérité ou de s’opposer à son autorité, en diffusant des jugements inconsidérés qui troublent les fidèles. Non seulement cela réjouit beaucoup les ennemis de l’Église, mais c’est un grave manque de charité devant Dieu et devant l’Église ".


Le second document, datant de novembre dernier, est un long interrogatoire de l’évêque An Shuxin par un prêtre chinois en désaccord avec lui, diffusé par un site web lié à des groupes de l’Église catholique clandestine : www.ccccn.org.

La traduction intégrale du texte chinois de l'interrogatoire sera bientôt disponible sur le site web de "30 Giorni".

Le dossier de la revue comporte de graves critiques contre le cardinal Zen, accusé de se présenter abusivement comme le seul interprète véridique de la lettre adressée par Benoît XVI aux catholiques chinois en 2007, c’est-à-dire du document essentiel pour l’Église catholique de Chine.

Il défend également avec vigueur le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’état et donc chef de la diplomatie du Vatican.

Curieusement, Bertone et Zen sont salésiens l’un et l’autre mais se disputent même lors des réunions confidentielles de la commission créée par le Vatican pour suivre la mise en œuvre de la lettre-programme de Benoît XVI en Chine, commission dont ils font partie tous les deux.

On trouvera ci-dessous le texte intégral d’une autre pièce majeure du dossier di "30 Giorni" : l'interview accordée à Gianni Valente par le professeur Ren Yanli. Celui-ci, membre de l’académie chinoise des sciences sociales et de l’institut de recherches sur les religions mondiales, suit depuis des décennies la vie de l’Église catholique chinoise et les rapports entre la Chine et le Vatican.

Ren Yanli exprime le côté "soft" des positions des autorités chinoises en ce qui concerne l’Église catholique.

Mais, bien sûr, d’autres expriment le côté "hard". La Chine aussi a ses Bertone et ses Zen.



Hu Jintao et le pape. Cette audience manquée de peu

Interview de Ren Yanli



Q. – Professeur Ren Yanli, des opinions contradictoires circulent à propos de la situation de l’Église catholique chinoise...

R. – Les catholiques chinois sont des catholiques comme tous les autres. Ils ont la même foi, lisent la même Bible, vont librement à l’église pour la messe, pour prier et recevoir les sacrements. Ils aiment leur patrie, comme les autres catholiques, et ils veulent participer à la vie et à la modernisation de la Chine.

Q. – D’où viennent donc les problèmes ?

R. – Il y a eu un temps où, pour différentes raisons, il ne semblait pas possible d’aimer en même temps la patrie et l’Église. Quand la République Populaire de Chine est née, le Vatican était considéré comme un ennemi politique de la nouvelle Chine communiste. Ainsi, à la fin des années Cinquante, au plus fort du mouvement anti-impérialiste qui dominait alors la politique chinoise, les relations avec le Saint-Siège ont été rompues et l’Église chinoise a été poussée vers la ligne politique de l’indépendance et de la nomination autonome des évêques. Mais déjà alors, ceux qui, par patriotisme ou seulement en paroles, avaient adhéré à cette ligne ont fini par perdre leur tranquillité spirituelle. Ils semblaient profondément partagés. Comment une Église qui n’a pas de lien avec le siège apostolique peut-elle être catholique ? Et en effet, après la malheureuse période de la Révolution Culturelle, le souci principal des catholiques chinois, lors de la réouverture de la Chine réalisée par Deng Xiaoping, a été de rétablir, dans les temps et selon les modalités qui leur étaient possibles, les relations avec le Saint-Siège, le pape et l’Église catholique universelle.

Q. – Un désir qui a trouvé pour se réaliser des voies diverses.

R. – Certains ont serré les rangs autour des évêques ordonnés clandestinement qui étaient en communion avec le pape et qui refusaient tout rapport avec le pouvoir politique et tout contrôle de sa part. Mais les évêques qui avaient été ordonnés sans le consentement du siège apostolique ont commencé eux aussi à prendre cette voie et ont demandé à être reconnus et légitimés par le pape. Eux aussi, de fait, se sont détachés de la perspective de l’indépendance. Cela a été un phénomène général et on doit le considérer dans sa globalité.

Q. – Comment expliquez-vous ce phénomène ? Quelles en sont les causes profondes ?

R. – Il est de plus en plus clair pour moi que le facteur décisif a été la foi des catholiques chinois elle-même, qu’il s’agisse des laïcs ou du clergé. Aujourd’hui les prêtres ne sont pas disposés à devenir évêques si leur nomination ne vient pas du pape et si le mandat apostolique manque. Beaucoup de nouveaux évêques ont voulu, au début et à la fin de leur consécration, montrer en public la lettre de nomination reçue du pape, ne serait-ce que parce qu’ils savent très bien que les fidèles n’écouteront jamais des pasteurs élus et consacrés de façon autonome, sans le consentement du pape. Les derniers évêques nommés sans mandat pontifical restent isolés et personne ne veut recevoir l’eucharistie de leurs mains pendant la messe. Bref, s’il est vrai que certains ont eu par le passé quelque tentation de faire carrière dans une Église indépendante, la foi du peuple a aidé tout le monde à rendre irréalisable ce projet d’indépendance. Et cela a aidé le gouvernement à réorienter sa ligne d’action.

Q. – Où voyez-vous cette réorientation ? Il y a des gens qui disent que la position du pouvoir chinois reste rigoureusement la même.

R. – Le gouvernement a compris que, s’il veut que les évêques soient des pasteurs estimés et suivis par les fidèles et qu’ils ne soient pas perçus comme des fonctionnaires isolés et imposés de l’extérieur, il doit admettre - ce qu’il fait maintenant - que la nomination venant du pape et la pleine communion avec lui sont des éléments absolument indispensables. Cela veut dire que, dans les faits, l’idée d’imposer à l’Église une indépendance qui serait une séparation du pape et de l’Église universelle a été abandonnée. Le processus qui mène à une affirmation de plus en plus explicite de la communion des évêques chinois avec le pape – et de tout ce que cela comporte – est irréversible. Sur cette voie il ne pourra y avoir de retour en arrière.

Q. – Comment voyez-vous la phase récente des rapports entre la Chine et le Vatican ?

R. – Selon moi, continuer à parler de dégel n’a pas de sens parce que la glace est brisée depuis longtemps : il y a des années que les deux parties ont commencé à avoir des contacts directs. Mais il reste entre elles un climat d’agression-riposte : chaque fois qu’une partie considère les initiatives de l’autre comme des tentatives unilatérales pour se débarrasser d’elle, elle répond par des actions qui peuvent être interprétées comme des contre-attaques.

Q. – Un exemple ?

R. – Partons de 2005. Tous les évêques ordonnés cette année-là avaient déjà en poche, avant leur consécration, la nomination du pape. Cette année-là s’est entièrement déroulée dans la paix. En 2006, l’évêque de Hong-Kong, Joseph Zen, a été créé cardinal : aussitôt, en avril et en novembre, l’élection d’évêques sans mandat pontifical a recommencé en Chine. Un nouvel échange de déclarations sévères s’est alors ouvert entre le gouvernement chinois et la curie romaine. Mais en janvier 2007, quand la nouvelle que Benoît XVI allait envoyer une lettre pastorale à l’Église de Chine s’est répandue, les consécrations d’évêques non autorisés par Rome ont cessé. Cette année-là, le nouvel évêque de Pékin a été élu avec le consentement du pape. Mais ensuite le cinquantième anniversaire de l’Association Patriotique et des premières nominations épiscopales sans mandat pontifical qui avaient eu lieu en 1958, a été célébré en grande pompe en Chine. Au cours des cérémonies, les dirigeants politiques ont rappelé la ligne indépendantiste à laquelle doit se tenir l’Église chinoise.

Q. – Bref, un signal de raidissement, un énième retour en arrière.

R. – Dans ce contexte, le Saint-Siège a publié le "Compendium" de la Lettre écrite par Benoît XVI en 2007. Dans un appendice de ce nouveau document, il est indiqué que le Saint-Siège pourra, si c’est nécessaire, concéder de nouveau aux évêques chinois la faculté de consacrer d’autres évêques en demandant l’approbation pontificale dans un second temps. Concrètement, on avertit que les facultés spéciales qui avaient été révoquées par la lettre du Pape pourront être à nouveau attribuées aux communautés clandestines.

Q. – Quelles ont été les réactions du côté chinois ?

R. – On pouvait craindre le début d’une nouvelle phase de conflits. Mais ensuite, quand [en 2009] Hu Jintao est venu en Italie pour participer au G8, le pape lui a fait savoir qu’il serait heureux de le recevoir au Vatican. La rencontre n’a pas pu avoir lieu mais l’invitation du Pape a été appréciée.

Q. – Et maintenant ? Que se passe-t-il ?

R. – Le huitième congrès des catholiques chinois aurait dû se tenir ces derniers mois. Il s’agit de l’assemblée des délégués des diocèses enregistrés auprès de l’administration d’État des affaires religieuses, qui a aussi pour tâche de distribuer les charges à la tête des organismes officiels de l’Église de Chine, comme l’Association Patriotique et le collège des évêques, charges restées vacantes depuis que les évêques qui les occupaient sont morts. Mais les autorités politiques ont décidé de renvoyer le congrès à 2010.

Q. – Comment interprétez-vous ce renvoi ?

R. – Il est possible que l’on ne souhaite pas forcer la main. On a compris à Pékin que les chefs des organismes officiels doivent, pour être vraiment reconnus et respectés, être des évêques en communion avec le pape. Et les évêques légitimes, qui sont déjà un peu réticents, auraient du mal à assumer leur charge s’il y avait une opposition explicite du Saint-Siège. Il faut du temps pour organiser les choses de manière à ce que le choix tombe sur l’homme qui convient et que tout se passe bien. Les hommes politiques chinois d’aujourd’hui sont pragmatiques et tendent à résoudre les problèmes un par un. Sans changements de cap ostentatoires. Cela dit, ma crainte est que, si l’on ne commence pas par résoudre certains problèmes de fond, d’exténuantes phases d’un conflit désormais dépassé ne s’ouvrent à nouveau, ce qui nuirait à tout le monde.

Q. – Que faudrait-il faire en ce moment pour interrompre cette spirale d’actions-réactions que vous avez décrite ?

R. – Le Saint-Siège ferait bien, en ce qui le concerne, de tenir compte de l’Église chinoise et de l’impliquer dans les problèmes actuels : comme je l’ai dit, pendant tout ce temps, la fidélité des catholiques chinois à la foi des apôtres a été le facteur décisif, entre autres dans l’évolution des rapports avec les dirigeants politiques du pays.

Q. – Et qu’attendez-vous des leaders politiques chinois ?

R. – En mai dernier, une personnalité chinoise anonyme mais influente a signalé dans un journal de Hong-Kong que les autorités de Pékin pourraient proposer une révision des catégories d’autonomie, d’indépendance et d’autogouvernement telles qu’elles sont appliquées à l’Église locale. Ce sujet est déjà traité depuis quelque temps dans des séminaires d’étude réservés aux responsables politiques. La question est de savoir comment trouver une nouvelle définition de l’indépendance qui distingue l’aspect ecclésial et celui de la foi de l’aspect politique. Le concept d’indépendance ne peut plus être appliqué aux aspects de la vie de l’Église qui concernent la foi et ne doit être considéré que dans sa perspective politique.

Q. – Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? Pouvez-vous donner un exemple concret ?

R. – Le gouvernement veut avoir la garantie que l’Église ne se comporte pas comme un corps politique ; que les évêques chinois sont indépendants d’éventuelles orientations politiques et géopolitiques de la curie romaine. Pratiquement, on veut éviter qu’un évêque ou un nonce puisse attaquer la politique du gouvernement. C’est pourquoi il y a à Pékin des gens qui s’obstinent à vouloir maintenir un certain contrôle sur la nomination des évêques.



L'édition italienne de la revue qui a publié le dossier, avec les liens vers les éditions en d’autres langues

> 30 Giorni


La lettre adressée le 27 mai 2007 par Benoît XVI aux catholiques chinois :

> Lettre du Pape...


Son "Compendium" par questions et réponses, diffusé le 23 mai 2009 :

> Compendium of the Letter of the Holy Father...


Et le guide de lecture de la lettre papale diffusé par le cardinal Zen le 18 novembre 2009 :

> An Aid for Reading the Holy Father's Letter to the Church in China



Tous les articles de www.chiesa sur ce thème :

> Focus CHINE



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa