02.05.2012

Les liens entre le Saint-Siège et Caritas Internationalis renforcés

1_0_584528.jpegLa Secrétairerie d’État a publié ce mercredi 2 mai le décret général concernant le nouveau statut de Caritas Internationalis, amendant celui de 2004. Selon le cardinal Sarah, président du Conseil pontifical Cor Unum, « une clarification majeure était nécessaire quant au rôle et aux compétences du Saint-Siège qui constitue le point de référence pour la structure et les activités de Caritas Internationalis, de manière que les relations réciproques puissent être toujours plus effectives et efficaces. » Le cardinal Sarah précise que ce « corpus juridique en soi ne concerne pas les Caritas nationales qui maintiennent leur autonomie et continuent de dépendre de leur Ordinaires respectifs. Mais ce corpus pourrait inspirer les évêques et les conférences épiscopales pour revoir éventuellement les statuts de leurs Caritas diocésaines ou nationales. »

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18.04.2012

Les Archives Secrètes Vaticanes : un congrès célèbre leur 4° centenaire

pie.xii.jpegA l'occasion du 4° centenaire de la fondation des Archives Secrètes du Vatican, un congrès d'études intitulé « Religiosa Archivorum Custodia » se tient les 17 et 18 avril au Vatican, avec la participation de nombreux chercheurs et experts. Le cardinal Raffaele Farina et Mgr Sergio Pagano, respectivement Archiviste et Préfet des Archives Secrètes du Vatican vont évoquer l'identité particulière et l'histoire des archives. On veut éviter, affirme le cardinal Farina, les autocélébrations et les repropositions de thèmes de l'histoire des archives, déjà objet de discussions dans le passé. Le congrès est structuré de manière à faire le point avec la contribution des collaborateurs aux archives, sur les travaux réalisés ces trente dernières années sur les fonds anciens et nouveaux. De nouveaux documents sont venus compléter les archives grâce à des donations ou des acquisitions. Le congrès permettra également une remise en ordre plus attentive des anciens fonds (par exemple ceux de l'époque napoléonienne ou des fonds concernant le nouveau classement du matériel de la Secrétairerie d'Etat à l'époque contemporaine). Ainsi pour la première fois sera présentée une catégorie de nouveaux fonds avec les archives de la Commission pontificale pour l'art sacré en Italie, instituée en 1924 et opérationnelle jusqu'en 1988. Enfin le point sera fait sur la réorganisation des archives du Concile Vatican II.

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05.07.2011

Les Archives du Vatican dévoilent une partie de leurs trésors

archives vatican.JPGUne première dans l’histoire des Archives secrètes vaticanes. Une partie d’entre elles traverseront le Tibre pour une exposition qui aura lieu en février 2012 aux Musées Capitolins à Rome. Son Titre : "Lux in Arcana, la lumière sur les secrets". Elle a été présentée ce mardi en Salle de Presse du Saint-Siège. 

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29.05.2010

Pie XII: le cardinal Kasper fait le point sur les recherches

Les déclarations de Vatican II sur le judaïsme, « irrévocables »


ROME, Vendredi 28 mai 2010 (ZENIT.org) - L'ouverture des archives du Vatican sur le pontificat de Pie XII, annoncée par le Saint-Siège aura lieu d'ici 6 ans, indique le cardinal Walter Kasper, dans une conférence à l'université « Hope » de Liverpool, dans laquelle il rappelle aussi que les déclarations de Vatican II sur le judaïsme sont « irrévocables » (cf. Zenit du 27 mai 2010).

Le président du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, qui est aussi le président de la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme, a redit que l'Eglise n'a rien à cacher », et « rien à craindre ».

Il a jugé bon de revenir « brièvement » sur le présumé « silence » de Pie XII, en se défendant d'être un « expert en la matière » et par conséquent, il a annoncé un exposé qui ne serait pas « exhaustif », soulignant que « beaucoup de questions sont encore ouvertes et nécessitent des recherches ultérieures ».

Nous traduisons intégralement ce passage du discours sur le pontificat de Pie XII.


 

 

kasper


« Pie XII a été pape (1938-58) à l'une des époques les plus difficiles de la papauté, au cours de la seconde guerre mondiale, alors que Rome était sous la domination de Mussolini et ensuite occupée par l'Allemagne. L'évaluation par ses contemporains de son pontificat pendant la seconde guerre mondiale a été plutôt positive. Dans son message radio de Noël 1942, le pape a été très clair et les nazis ont très bien compris ce qu'il voulait dire. Le New York Times, qui est connu comme un journal favorable à l'Eglise, avait déjà, en 1941, publié un éditorial qui parlait du pape comme la seule voix [entendue] dans le silence et dans les ténèbres, et de son courage d'élever la voix. Après la déportation de plus de 1000 juif s de Rome (15 seulement ont survécu), en octobre 1943, il a ordonné à l'Eglise d'offrir un asile général dans tous les couvents et les maisons ecclésiastiques, y compris le Vatican et Castel Gandolfo. Des estimations faisant autorité indiquent que 4500 juifs ont été cachés.

« Après la mort du pape, celle qui était alors le ministre des Affaires étrangères et le Premier ministre d'Israël, Mme Golda Meir, a remercié le pape en termes chaleureux pour ce qu'il avait fait à une époque sombre pour le peuple juif. De même, celui qui était alors le grand rabbin Herzog de Jérusalem, a fait l'éloge du pape pour son action. Ce ne sont que quelques témoignages de personnes haut placées et bien informées, qui étaient bien conscientes de ce qui s'était passé et que l'on peu appeler des temoins de l'époque.

« Avec la pièce de théâtre imaginaire de Hochhut « Le Vicaire » (1963), la perception a radicalement changé. Depuis lors, le reproche de silence sur l'extermination des juifs s'est largement répandu. Hochhut n'était pas un historien et il est aujourd'hui prouvé qu'il dépendait de sources communistes. L'un des premiers à défendre Pie XII a été un juif polonais, Joseph Lichten, un diplomate qui, ensuite, en tant que directeur du département des Affaires internationales de la Ligue anti-diffamation de la « B'nai B'rith », a joué un rôle éminent dans le dialogue interreligieux. La récente recherche historique sérieuse est nuancée. Il y a encore des juifs qui aujourd'hui défendent Pie XII et d'un autre côté, il y a des auteurs catholiques qui critiquent son attitude. Il n'y a donc pas de frontière claire entre juifs et catholiques, bien que la majorité des juifs, spécialement en Israël, soient toujours critiques. Est-ce que cela vient d'un manque d'information sur le travail de recherche historique le plus récent ? Je laisse la question ouverte.

« Le principal problème est l'accès aux sources. La demande d'ouverture des archives du Vatican est une demande légitime. Depuis 2003, l'accès est possible jusqu'à la fin du pontificat de Pie XI, en 1939, une période au cours de laquelle, le futur Pie XII était secrétaire d'Etat. Le matériel déjà accessible actuellement prouve que Pie XII j'a jamais été le pape de Hitler (comme l'a prétendu John Cornwell, 1999) ; au contraire, il a été le plus proche collabotrateur du pape Pie XI dans la publication de l'encyclique « Mit brennender Sorge » (1937), qui fait une ardente condamnation de l'idéologie raciale nazie. Les archives travaillent actuellement sous une intense pression sur le projet de préparer l'accès au pontificat de Pie XII, mais l'enregistrement et la préparation de millions de documents de façon professionnelle, comme il se doit, requiert du temps et seront achevés dans environ 5 ou 6 ans, après quoi, l'accès sera permis aux chercheurs. Car nous croyons que nous n'avons rien à cacher et que nous n'avons pas de motif d'avoir peur de la vérité.

« Onze volumes avec les documents du Saint-Siège ont déjà été publiés et récemment de nombreuses autres sources ont été rendues disponibles. Mais connaître les faits n'est qu'un aspect, car l'histoire n'est pas seulement une question de faits, mais aussi de l'interprétation historique des faits : dans ce cas, les faits qui se sont produits il y a plus d'un demi-siècle dans un contexte qui est non seulement politiquement mais aussi mentalement radicalement différent du nôtre, et difficile à comprendre pour une génération qui a eu la chance de ne pas avoir connu une telle expérience.

« La question fondamentale est le débat entre ceux qui auraient préféré une déclaration plus prophétique et ceux qui sont d'accord avec l'attitude du pape de jugement prudentiel. Pie XII n'était pas un homme aux gestes prophétiques ; c'était un diplomate et il a décidé de ne pas se taire mais d'être modéré dans ses déclarations publiques parce qu'il savait que des paroles plus fortes n'amélioreraient absolument rien ; au contraire, elles auraient provoqué une vengeance brutale et empiré la situation. Il décida par conséquent non pas d'agir par des paroles, mais d'aider pratiquement le plus qu'il le pouvait. De cette façon, seul à Rome, il a sauvé des milliers de vies juives.

« Ce fut un jugement de conscience dans une situation historique extrême, qui doit être évaluée en considérant la situation d'alors, l'information alors disponible, et les possibilité qu'on avait alors, et non pas à partir des vues et des possibilités d'aujourd'hui. Ce point est important pour la question d'une béatification éventuelle. Si elle avançait, ce ne serait pas un jugement historique mais un discernement spirituel sur la question de savoir si le pape, dans sa situation, a suivi sa conscience personnelle, et a fait la volonté de Dieu comme il la comprenait, dans cette situation là. Ainsi, l'éventualité d'une béatification n'exclurait pas de nouvelles recherches et interprétations historiques, et n'exclurait pas non plus l'idée que d'autres personnes, avec un caractère différent, auraient pu en venir à des conclusions différentes, et auraient pu agir différemment.

« Je le répète, je ne suis pas un historien ; je présume que la controverse sur l'interprétation va continuer et que la question historique restera une question ouverte, avec différentes interprétations, même après l'ouverture des archives et peut-être la discussion demeurera-t-elle ouverte jusqu'à la fin des temps. Car qui oserait dire le dermier mot d'un événement aussi monstrueux que l'Holocauste ? La seule réponse adéquate peut être la honte et la repentance, du fait que les catholiques n'ont pas réagi avec plus de force, et la metanoia, c'est-à-dire une nouvelle façon de penser, et un nouveau comportement, aujourd'hui, de façon à construire de nouvelles relations avec le peuple juif ».

Source : Le Times online (pour le texte original en anglais)

14.04.2010

Un film sur Pie XII: Sous le ciel de Rome

CITE DU VATICAN, 10 AVR 2010 (VIS). Le Pape a assisté à Castelgandolfo à la projection du film sur Pie XII, intitulé Sous le ciel de Rome. Il a ensuite remercié d'avoir pu assister à la première projection de ce film "qui présente le rôle fondamental joué par Pie XII dans le salut de Rome et de nombreux persécutés entre 1943 et 1944".

 

Pope Benedict XVI watches the movie "Pio XII, under the Rome's  sky" at his residence of Castel Gandolfo, south of Rome, April 13,  2010.

photo Reuters


Ce genre d'œuvre, a-t-il précisé, a "une valeur particulière surtout pour les nouvelles générations. Pour celui qui, à l'école, a étudié certains évènements, et peut-être en a entendu parler, des films comme celui-là peuvent être utiles et stimulants et peuvent aider à connaître une période qui n'est pas si loin, mais que les évènements incessants de l'histoire récente et une culture fragmentée peuvent faire oublier".

  Benoît XVI a souligné que Pie XII, "par son riche enseignement a su parler aux hommes de son époque en leur indiquant le chemin de la vérité et, dans sa grande sagesse, a su orienter l'Eglise dans l'optique du troisième millénaire. Cependant - a-t-il ajouté - j'aimerais particulièrement souligner combien Pie XII a été le Pape qui, comme père de tous, a présidé à la charité à Rome et dans le monde, surtout à l'époque difficile de la seconde guerre mondiale. Le primat de la charité, de l'amour, qui est le commandement du Seigneur Jésus, est le commencement et la clef de lecture de toute l'œuvre de l'Eglise, et d'abord de son Pasteur universel. La charité est la raison de toute action, de toute intervention. Elle est la raison globale qui met en mouvement la pensée et les gestes concrets, et je me réjouis que ce principe unificateur ressorte de ce film. Je me permets de suggérer cette clef de lecture, à la lumière du témoignage authentique de ce grand maître de foi, d'espérance et de charité qu'a été le Pape Pie XII".

 

(VIS)

26.03.2010

Le Vatican met sur Internet des archives du Saint-Siège datant de la Seconde Guerre Mondiale



Des documents officiels concernant l’époque de la seconde guerre mondiale, durant le pontificat de Pie XII, sont désormais disponibles sur le site officiel du Vatican à l’adresse www.vatican.va

Ils n’étaient jusqu’à présent disponibles qu’en format papier. L’objectif de cette démarche est une contribution à l’information et à la recherche sur l’activité et l’histoire du Saint-Siège. Elle intervient alors que plusieurs responsables juifs continuent de réclamer au Saint-Siège l’ouverture des archives de la période du pontificat de Pie XII.

(Radio Vatican)


 

Seconde Guerre Mondiale : Actes et Documents du Saint-Siège en ligne


Avec les documents officiels du Saint-Siège (1865-2007)


ROME, Jeudi 25 mars 2010 (ZENIT.org) - Les 12 volumes des « Actes et Documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre Mondiale » sont désormais téléchargeables en ligne depuis le site officiel du Saint-Siège: www.vatican.va (section « Textes fondamentaux », format pdf).

Avec ces 12 volumes, on trouve aussi les 140 volumes des documents officiels du Saint-Siège de 1865 à 2007.

Les « Actes et Document du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre Mondiale » rassemble, rappelons-le, les documents réunis à la demande de Paul VI par les quatre historiens jésuites Pierre Blet, Robert Graham, Angelo Martini et Burkhart Schneider, dans les archives non encore cataloguées, et donc pas encore accessibles directement.

Le premier volume avait été publié en 1965, soit 7 ans à peine après la mort de Pie XII, et le dernier en 1982.

Dernier témoin de ce travail, P. Blet nous a quittés le 19 novembre 2009, à Rome, à l'hôpital du Saint-Esprit, des suites d'un infarctus, à l'âge de 91 ans.

Le jésuite français avait élaboré un « compendium » de ce travail, sous le titre « Pie XII et la Seconde guerre mondiale d´après les archives du Vatican » (Perrin, 1997) et traduit en une dizaine de langues, puis « Pie XII et la Seconde guerre mondiale d'après les Archives inédites du Vatican » (Perrin, 2005).

Les deux autres séries de documents désormais accessibles sur le site du Vatican sont la collection complète des Acta Sanctae Sedis (« ASS », 41 volumes, de 1865 à 1908) et des Acta Apostolicae Sedis (« AAS », 99 volumes, de 1909 à 2007).

Cette collection de 140 volumes représente « l'ensemble des documents officiels du Saint-Siège de 1865 à 2007 » (toujours format pdf).

Ces volumes papier sont coûteux, or le Saint-Siège a donc décidé d'en donner l'accès libre et gratuit : « La disponibilité de cette mine de documentation, mise gratuitement à la disposition des chercheurs et autres personnes intéressées, constitue une importante contribution à l'information et à la recherche sur l'activité et l'histoire du Saint-Siège » précise aujourd'hui le communiqué du Vatican.

Anita S. Bourdin

18.01.2010

A la synagogue de Rome le pape relit les "Dix Commandements"

A la synagogue de Rome le pape relit les "Dix Commandements"

Il a proposé le décalogue de Moïse comme "étoile polaire" pour Israël, les chrétiens et l'humanité tout entière. Mais les propos tenus par Benoît XVI aux juifs tombent sur un terrain très accidenté. Anna Foa et Mordechay Lewy: le judaïsme aussi doit faire son autocritique

par Sandro Magister



ROME, le 18 janvier 2010 – Les propos de Benoît XVI, hier, à la synagogue de Rome – voir ci-dessous le texte intégral – sont d’autant plus significatifs qu’ils ont été tenus dans un contexte pas tout à fait amical, comme c’est inévitable entre deux croyances aussi unies par leur origine et en même temps aussi radicalement divisées par ce Jésus de Nazareth qui, pour les chrétiens, est le Fils de Dieu.


Le pape Joseph Ratzinger a été accueilli à la synagogue par le grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni, et par presque toute la communauté juive de Rome, la plus nombreuse d'Italie, héritière de celle qui vivait dans la ville "caput mundi" avant même qu’y viennent les apôtres Pierre et Paul, Juifs convertis à Jésus.

Mais l'autre rabbin italien très connu, Giuseppe Laras, de la communauté juive de Milan, n’était pas là. Il n’a pas cru à cette rencontre et il l'a dit : "Il n’y a que l’Église qui va en tirer profit". A son avis, avec Benoît XVI, les relations fraternelles entre juifs et catholiques ne se sont pas renforcées mais "elles se sont sans cesse affaiblies".

Le rabbin Di Segni lui a répondu : "C’est le temps qui dira laquelle de [nos] deux visions opposées aura été la bonne".

En effet, il y a encore beaucoup de questions "indécises", entre les juifs et l’Église de Rome.


LE JOUR DU "MOED DE PLOMB"


Déjà, la date choisie pour la visite était à double tranchant. Pour les juifs de Rome, le 17 janvier est le jour du "Moed de plomb", souvenir de l'incendie allumé en 1793 par haine contre leur ghetto et heureusement éteint par une violente averse tombée d’un ciel couleur "de plomb".

Pendant des siècles, la présence des juifs dans la Rome pontificale a pris la forme du ghetto clos de murs. Au terme de sa visite à la synagogue, Benoît XVI a inauguré au Musée Juif une exposition montrant qu’au XVIIIe siècle, les juifs romains étaient forcés à participer à la cérémonie d’intronisation de chaque nouveau pape, en décorant de fleurs, de tentures et de bannières la zone allant du Colisée à l'Arc de Titus qui célèbre la destruction définitive du temple de Jérusalem par l’empire romain.


LE REFUS DU RABBIN LARAS


Mais, en Italie, le 17 janvier c’est aussi la "Journée pour l'approfondissement et le développement du dialogue entre catholiques et juifs". Depuis 2001, la communauté juive et les évêques italiens l’organisent ensemble. Depuis 2005, après le discours prononcé cette année-là par Benoît XVI à la synagogue de Cologne, les deux parties sont convenues de la consacrer chaque année à l’un des dix commandements.

Cependant, l’an dernier, les juifs sont revenus sur leur adhésion à la Journée, principalement à l’instigation du rabbin Laras. Ils ont dit que la faute en incombait à Benoît XVI lui-même et notamment à sa décision d’introduire dans l’ancien rite romain du Vendredi Saint la prière pour que Dieu "éclaire" le cœur des juifs, "afin qu’ils reconnaissent Jésus-Christ sauveur de tous les hommes". Prière jugée inacceptable par Laras dans la mesure où elle a pour but la conversion des juifs à la foi chrétienne.

Les juifs italiens n’ont pas tous approuvé ce geste de rupture. Mais la polémique contre Benoît XVI s’est durcie et elle s’est étendue au monde entier quand il a levé l’excommunication de quatre évêques lefebvristes à orientation antisémite, dont l’un, l'anglais Richard Williamson, a nié impudemment la Shoah.

Le pape a expliqué les raisons de son geste dans une lettre aux évêques catholiques, le 10 mars 2009. Dans un passage de cette lettre il a remercié "les amis juifs" qui – plus que bien des hommes d’Église – l'avaient "aidé à mettre fin au malentendu et à rétablir l’amitié et la confiance".

La tempête s’est un peu calmée. Et, en ce 17 janvier 2010, les juifs italiens organisent de nouveau avec les évêques la Journée du dialogue, en la mettant sous le signe du commandement : "Souviens-toi du jour du sabbat, pour le sanctifier", le quatrième dans le classement juif.

Le voyage de Benoît XVI en Terre Sainte, au mois de mai dernier, a contribué à améliorer le climat.

Mais même après ce voyage les questions prêtant à controverse sont restées ouvertes. Deux en particulier, qui sont liées entre elles : Pie XII et la Shoah.


LES SILENCES DE PIE XII ET DES JUIFS



L'accusation principale portée contre Pie XII par une grande partie du judaïsme mondial – mais aussi par une fraction du catholicisme – est qu’il s’est tu face à l’extermination nazie.

Hier, avant d’entrer dans la synagogue, Benoît XVI s’est arrêté devant la plaque qui commémore la déportation à Auschwitz d’un millier de juifs de Rome, le 16 octobre 1943. Pie XII est accusé de s’être tu même à cette occasion, comme l’a redit le président de la communauté juive de Rome, Riccardo Pacifici, dans le discours par lequel il a accueilli le pape à la synagogue.


"Le silence de Pie XII face à la Shoah fait encore mal comme un acte manqué. Peut-être n’aurait-il pas arrêté les trains de la mort, mais il aurait émis un signal, un mot de très grand réconfort, de solidarité humaine, pour ceux de nos frères qui ont été transportés vers les cheminées d’Auschwitz".


Pour défendre Pie XII, on affirme qu’il s’est tu pour ne pas augmenter le nombre des victimes en protestant publiquement. Et qu’au contraire, il a beaucoup fait pour sauver la vie de nombreux juifs, qui ont en effet trouvé refuge dans des églises, des couvents, des instituts catholiques. Une protection admise avec des mots émus par Pacifici lui-même, dont le père trouva refuge dans un couvent de religieuses à Florence.

Quelques jours avant la visite de Benoît XVI à la synagogue, justement, d’autres cas de juifs sauvés ont été découverts. Pendant la guerre, certains d’entre eux avaient trouvé refuge à l'abbaye romaine de Tre Fontane, construite sur le lieu du martyre de saint Paul. Les Allemands s’y étaient installés mais ils ne s’aperçurent pas que parmi les moines, il y avait des juifs qui, cachés par la bure, furent sauvés en fin de compte.

Sur le plan historiographique, présenter Pie XII comme "le pape de Hitler" paraît de plus en plus infondé. Mais les critiques sur ses silences publics à propos de la Shoah restent fortes et répandues. Cela explique les réactions négatives de nombreux juifs à la poursuite du procès de béatification de Pie XII, dont une étape importante a été la proclamation de ses "vertus héroïques", le 19 décembre dernier.

Selon le rabbin Laras, cette décision de Benoît XVI aurait été un motif suffisant pour que les juifs de Rome annulent sa visite à la synagogue.

Mais la question du silence à propos de la Shoah est plus complexe qu’il n’y paraît. A côté des silences de Pie XII, il y a aussi eu ceux d’autres gens, qui ont duré longtemps après la seconde guerre mondiale. Les accusations contre Pie XII ne sont devenues bruyantes et persistantes qu’à partir des années 60, après sa mort. Avant, le monde juif se taisait aussi, non seulement à propos de ce pape, mais de la Shoah elle-même :


"Les quinze ans qui ont suivi la seconde guerre mondiale ont été en Europe le temps du silence et de la grande évacuation de la Shoah. Ce fut aussi pour Israël une période de silence".


C’est ce qu’Anna Foa, juive, professeur d’histoire à l'Université "La Sapienza" de Rome, a écrit dans un article publié dans "L'Osservatore Romano" le 15 janvier 2010, avant-veille de la visite de Benoît XVI à la synagogue.

Un article important en raison du support et de la date de publication.


ANNA FOA ET LE "PÉCHÉ ORIGINEL" D’ISRAËL



Dans son article, Anna Foa fait siennes les thèses de l’un des grands spécialistes du sionisme, Georges Bensoussan. Ils pensent tous deux que l’état d'Israël n’est pas né en tant que "rédemption" de l’extermination des juifs par Hitler. Le vrai créateur de cet état a été le sionisme, dès l’époque du mandat britannique, quand des juifs qui voulaient construire un homme nouveau se sont installés sur cette terre. L’idée de la Shoah comme base de l’état d'Israël ne s’est développée que bien plus tard, après le procès d’Eichmann et surtout après la guerre du Kippour, au cours des récentes décennies. Cette idée – écrit Anna Foa – a été préparée justement par les quinze ans de silence après la guerre : un silence "habité de souvenirs refoulés, de nouvelles peurs identifiées aux vieilles peurs concrétisées dans la Shoah, de sentiments de culpabilité et de volonté de revanche".

Vue ainsi, la naissance de l’état d'Israël n’est plus ce "péché originel" que lui reprochent encore aujourd’hui tant de ses amis et de ses ennemis. Parmi ces derniers, beaucoup de catholiques, au premier rang desquels les arabes vivant dans la région. Celui d’entre eux qui fait le plus autorité, le patriarche latin de Jérusalem Fouad Twal, était lui aussi à la synagogue de Rome hier, à l'arrivée du pape.

Selon cette "vulgate", l’état d'Israël a été créé par les grandes puissances pour porter remède à l’extermination de six millions de juifs qui venait d’avoir lieu en Europe ; on a ainsi réparé une injustice en en commettant une autre au détriment des populations arabes du lieu. En 1964, quand Paul VI s’est rendu en Terre Sainte, l’Église de Rome n’avait pas encore accepté l'existence du nouvel état. Et, trente ans plus tard, en 1993, quand le Saint-Siège a enfin reconnu l’état d'Israël et établi avec lui des relations diplomatiques, les arabo-chrétiens y ont vu une trahison.

Mais pour Jean-Paul II et maintenant pour Benoît XVI, la reconnaissance d'Israël est sans aucune réserve.

En revanche, de l’autre côté, le souvenir de la Shoah sans cesse utilisé comme chef d’accusation contre l’Église de Pie XII et de ses successeurs empêche le judaïsme de sortir de son identité de victime.

C’est justement ainsi qu’Anna Foa achève son article dans "L'Osservatore Romano". En prenant la Shoah et pas le sionisme comme base de son identité politique et religieuse, Israël risque "de se replier sur la catastrophe plutôt que sur l’espérance de l’avenir" et s’enferme dans "une identité douloureuse qui oscille constamment entre Auschwitz et Jérusalem".


MORDECHAY LEWY ET L'INCAPACITÉ DE PARDONNER



Toujours dans "L'Osservatore Romano", quelques jours avant la visite de Benoît XVI à la synagogue, un autre juif qualifié a traité encore plus à fond cette même question.

C’est Mordechay Lewy, ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège. Son article a été publié par le journal du Vatican le 13 janvier, mais aussi par "Pagine ebraiche" [Pages juives], le mensuel des juifs italiens.

Lewy admet que "seuls quelques rares représentants du judaïsme sont vraiment engagés dans l'actuel dialogue avec les catholiques". Ce sont surtout des juifs réformés, les courants orthodoxes étant plus réticents.

La raison en est – écrit-il – que le dialogue entre juifs et chrétiens est asymétrique. Alors que les chrétiens ont à la fois l'Ancien et le Nouveau Testament, les juifs tendent à définir leur identité religieuse en termes d’"autosuffisance théologique". Ils se sentent les seuls à être "élus" par Dieu. Ils ont vaillamment lutté pour survivre au milieu de chrétiens qui, pendant des siècles, ont tout fait pour les convertir, "avec douceur ou, dans la majorité des cas, par la force".

Ainsi, "une blessure grave et douloureuse, infligée dans le passé, s’ouvre à chaque fois que la victime est confrontée aux symboles du bourreau".

Aujourd’hui encore, écrit Lewy, voici ce qui arrive à beaucoup de juifs :


"Ils désirent éviter toute situation où il faut pardonner à quelqu’un, surtout si celui-ci est identifié, à tort ou à raison, comme représentant du bourreau. La victime juive semble incapable de donner l'absolution pour des méfaits anciens ou récents commis contre ses frères et ses sœurs".


Une autocritique qui va loin. Mais justement dans le discours qu’il a adressé à Benoît XVI en l’accueillant à la synagogue, le grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni, a tenu des propos qui suscitent l’espoir, à propos de la "fraternité" entre juifs et chrétiens :


"Le récit du Sefer Bereshit, la Genèse, donne de précieuses indications à ce sujet. Comme l’explique rav Sachs, il y a dans le livre, du début à la fin, un fil conducteur qui relie des histoires différentes. Les relations fraternelles commencent très mal, Caïn tue Abel. Deux autres frères, Isaac et Ismaël, vivent séparés, victimes de rivalités héritées, mais se réunissent pour un geste de piété devant la sépulture de leur père commun Abraham. Une troisième paire de frères, Esaü et Jacob, également conflictuelle, se retrouve pour une brève réconciliation et un baiser, mais les chemins des deux hommes se séparent. Enfin l’histoire de Joseph et de ses frères, qui commence dramatiquement par une tentative de meurtre et une vente comme esclave, s’achève par une réconciliation finale quand les frères de Joseph reconnaissent leur erreur et prouvent qu’ils veulent se sacrifier pour l'autre. Si nos relations sont des relations entre frères, il faut se demander avec sincérité à quel point nous sommes de ce parcours et ce qui nous empêche encore de retrouver de véritables relations de fraternité et de compréhension ; et ce que nous devons faire pour y parvenir".


***


Dans ce contexte, voici ce que le pape Joseph Ratzinger a dit à la synagogue de Rome, le 17 janvier 2010.



LES "DIX COMMANDEMENTS" QUI ÉCLAIRENT LE MONDE


par Benoît XVI



“Merveilles que fit pour eux le Seigneur.
Merveilles que fit pour nous le Seigneur :
nous étions dans la joie” (Psaume 126).

“Voyez, qu’il est bon, qu’il est doux
d’habiter en frères tous ensemble!” (Psaume 133).

1. Au début de cette rencontre au grand temple des juifs de Rome, les psaumes que nous avons écoutés nous suggèrent l’attitude spirituelle la plus authentique pour vivre ce moment de grâce particulier et joyeux : la louange du Seigneur, qui a fait des merveilles pour nous, qui nous a réunis ici par son Hèsed, son amour miséricordieux, et l’action de grâces parce qu’il nous a donné de nous retrouver pour renforcer les liens qui nous unissent et continuer à parcourir le chemin de la réconciliation et de la fraternité. […]

En venant parmi vous pour la première fois comme chrétien et comme pape, il y a presque 24 ans, mon vénéré prédécesseur Jean-Paul II avait voulu apporter une vraie contribution à la consolidation des bonnes relations entre nos communautés, pour dépasser toute incompréhension et tout préjugé. Ma visite d’aujourd’hui se place sur le chemin ainsi tracé, pour le confirmer et le renforcer. C’est avec des sentiments très cordiaux que je me trouve parmi vous pour vous manifester l’estime et l’affection que l’évêque et l’Église de Rome, ainsi que l’Eglise catholique toute entière, ont pour votre communauté et pour les Communautés juives répandues dans le monde.

2. La doctrine du Concile Vatican II a représenté pour les catholiques un point fixe auquel se référer constamment quant à leur attitude et leurs relations avec le peuple juif, marquant une nouvelle et significative étape. L’événement conciliaire a donné une impulsion décisive à l’engagement de parcourir un chemin irrévocable de dialogue, de fraternité et d’amitié, chemin qui s’est approfondi et développé pendant ces quarante ans avec des pas et des gestes importants et significatifs. Parmi ceux-ci, je veux citer à nouveau la visite historique de mon vénérable prédécesseur en ce lieu, le 13 avril 1986, ses nombreuses rencontres avec des dirigeants juifs, y compris lors de ses voyages apostoliques internationaux, le pèlerinage jubilaire en Terre Sainte de l’an 2000, les documents du Saint-Siège qui, après la déclaration Nostra Aetate, ont donné de précieuses orientations pour un développement positif des relations entre catholiques et juifs. Moi aussi, au cours de ces années de pontificat, j’ai voulu montrer ma proximité et mon affection envers le peuple de l’Alliance. Je garde bien vivants dans mon cœur tous les moments du pèlerinage que j’ai eu la joie de faire en Terre Sainte, en mai de l’an dernier, ainsi que mes nombreuses rencontres avec des communautés et organisations juives, en particulier celles qui ont eu lieu dans les synagogues de Cologne et de New-York.

De plus, l’Eglise n’a pas manqué de déplorer les fautes de ses fils et filles, en demandant pardon pour tout ce qui a pu favoriser en quelque façon les plaies de l’antisémitisme et de l’antijudaïsme (cf. Commission pour les Rapports Religieux avec le judaïsme, "Nous rappelons : une réflexion sur la Shoah", 16 mars 1998). Puissent ces plaies être guéries pour toujours ! Je repense à la prière pleine de tristesse du pape Jean-Paul II au Mur du Temple à Jérusalem, le 26 mars 2000, si vraie et sincère au fond de notre cœur : "Dieu de nos pères, tu as choisi Abraham et sa descendance pour que ton nom soit porté aux peuples : nous regrettons profondément le comportement de ceux qui, au cours de l’histoire, les ont fait souffrir, eux qui sont tes fils, et t’en demandant pardon, nous voulons nous engager à vivre une authentique fraternité avec le peuple de l’Alliance".


[La version française intégrale sera mise en ligne au plus tôt]



3. Il passare del tempo ci permette di riconoscere nel ventesimo secolo un’epoca davvero tragica per l’umanità: guerre sanguinose che hanno seminato distruzione, morte e dolore come mai era avvenuto prima; ideologie terribili che hanno avuto alla loro radice l’idolatria dell’uomo, della razza, dello stato e che hanno portato ancora una volta il fratello ad uccidere il fratello. Il dramma singolare e sconvolgente della Shoah rappresenta, in qualche modo, il vertice di un cammino di odio che nasce quando l’uomo dimentica il suo Creatore e mette se stesso al centro dell’universo. Come dissi nella visita del 28 maggio 2006 al campo di concentramento di Auschwitz, ancora profondamente impressa nella mia memoria, “i potentati del Terzo Reich volevano schiacciare il popolo ebraico nella sua totalità” e, in fondo, “con l’annientamento di questo popolo, intendevano uccidere quel Dio che chiamò Abramo, che parlando sul Sinai stabilì i criteri orientativi dell’umanità che restano validi in eterno”.

In questo luogo, come non ricordare gli Ebrei romani che vennero strappati da queste case, davanti a questi muri, e con orrendo strazio vennero uccisi ad Auschwitz? Come è possibile dimenticare i loro volti, i loro nomi, le lacrime, la disperazione di uomini, donne e bambini? Lo sterminio del popolo dell’Alleanza di Mosè, prima annunciato, poi sistematicamente programmato e realizzato nell’Europa sotto il dominio nazista, raggiunse in quel giorno tragicamente anche Roma. Purtroppo, molti rimasero indifferenti, ma molti, anche fra i cattolici italiani, sostenuti dalla fede e dall’insegnamento cristiano, reagirono con coraggio, aprendo le braccia per soccorrere gli ebrei braccati e fuggiaschi, a rischio spesso della propria vita, e meritando una gratitudine perenne. Anche la Sede Apostolica svolse un’azione di soccorso, spesso nascosta e discreta.

La memoria di questi avvenimenti deve spingerci a rafforzare i legami che ci uniscono perché crescano sempre di più la comprensione, il rispetto e l’accoglienza.

4. La nostra vicinanza e fraternità spirituali trovano nella Sacra Bibbia – in ebraico "Sifre Qodesh" o “Libri di Santità” – il fondamento più solido e perenne, in base al quale veniamo costantemente posti davanti alle nostre radici comuni, alla storia e al ricco patrimonio spirituale che condividiamo. È scrutando il suo stesso mistero che la Chiesa, popolo di Dio della Nuova Alleanza, scopre il proprio profondo legame con gli ebrei, scelti dal Signore primi fra tutti ad accogliere la sua parola. “A differenza delle altre religioni non cristiane, la fede ebraica è già risposta alla rivelazione di Dio nella Antica Alleanza. È al popolo ebraico che appartengono ‘l’adozione a figli, la gloria, le alleanze, la legislazione, il culto, le promesse, i patriarchi; da essi proviene Cristo secondo la carne’ (Romani 9, 4-5) perché ‘i doni e la chiamata di Dio sono irrevocabili!’ (Romani 11, 29)” (Catechismo della Chiesa Cattolica, 839).

5. Numerose possono essere le implicazioni che derivano dalla comune eredità tratta dalla Legge e dai Profeti. Vorrei ricordarne alcune: innanzitutto, la solidarietà che lega la Chiesa e il popolo ebraico “a livello della loro stessa identità” spirituale e che offre ai cristiani l’opportunità di promuovere “un rinnovato rispetto per l’interpretazione ebraica dell’Antico Testamento” (cfr. Pontificia Commissione Biblica, "Il popolo ebraico e le sue Sacre Scritture nella Bibbia cristiana", 2001, pp. 12 e 55); la centralità del Decalogo come comune messaggio etico di valore perenne per Israele, la Chiesa, i non credenti e l’intera umanità; l’impegno per preparare o realizzare il Regno dell’Altissimo nella “cura del creato” affidato da Dio all’uomo perché lo coltivi e lo custodisca responsabilmente (cfr. Genesi 2, 15).

6. In particolare il Decalogo – le “Dieci Parole” o dieci comandamenti (cfr. Esodo 20, 1-17; Deuteronomio 5, 1- 21) – che proviene dalla Torah di Mosè, costituisce la fiaccola dell’etica, della speranza e del dialogo, stella polare della fede e della morale del popolo di Dio, e illumina e guida anche il cammino dei cristiani. Esso costituisce un faro e una norma di vita nella giustizia e nell’amore, un “grande codice” etico per tutta l’umanità. Le “Dieci Parole” gettano luce sul bene e il male, sul vero e il falso, sul giusto e l’ingiusto, anche secondo i criteri della coscienza retta di ogni persona umana. Gesù stesso lo ha ripetuto più volte, sottolineando che è necessario un impegno operoso sulla via dei comandamenti: “Se vuoi entrare nella vita, osserva i comandamenti” (Matteo 19, 17). In questa prospettiva, sono vari i campi di collaborazione e di testimonianza. Vorrei ricordarne tre particolarmente importanti per il nostro tempo.

Le “Dieci Parole” chiedono di riconoscere l’unico Signore, contro la tentazione di costruirsi altri idoli, di farsi vitelli d’oro. Nel nostro mondo molti non conoscono Dio o lo ritengono superfluo, senza rilevanza per la vita; sono stati fabbricati così altri e nuovi dei a cui l’uomo si inchina. Risvegliare nella nostra società l’apertura alla dimensione trascendente, testimoniare l’unico Dio è un servizio prezioso che ebrei e cristiani possono offrire assieme.

Le “Dieci Parole” chiedono il rispetto, la protezione della vita, contro ogni ingiustizia e sopruso, riconoscendo il valore di ogni persona umana, creata a immagine e somiglianza di Dio. Quante volte, in ogni parte della terra, vicina e lontana, vengono ancora calpestati la dignità, la libertà, i diritti dell’essere umano! Testimoniare insieme il valore supremo della vita contro ogni egoismo, è offrire un importante apporto per un mondo in cui regni la giustizia e la pace, lo “shalom” auspicato dai legislatori, dai profeti e dai sapienti di Israele.

Le “Dieci Parole” chiedono di conservare e promuovere la santità della famiglia, in cui il “sì” personale e reciproco, fedele e definitivo dell’uomo e della donna, dischiude lo spazio per il futuro, per l’autentica umanità di ciascuno, e si apre, al tempo stesso, al dono di una nuova vita. Testimoniare che la famiglia continua ad essere la cellula essenziale della società e il contesto di base in cui si imparano e si esercitano le virtù umane è un prezioso servizio da offrire per la costruzione di un mondo dal volto più umano.

7. Come insegna Mosè nello "Shemà" (cfr. Deuteronomio 6, 5; Levitico 19, 34) – e Gesù riafferma nel Vangelo (cfr. Marco 12, 19-31), tutti i comandamenti si riassumono nell’amore di Dio e nella misericordia verso il prossimo. Tale regola impegna ebrei e cristiani ad esercitare, nel nostro tempo, una generosità speciale verso i poveri, le donne, i bambini, gli stranieri, i malati, i deboli, i bisognosi. Nella tradizione ebraica c’è un mirabile detto dei Padri d’Israele: “Simone il Giusto era solito dire: Il mondo si fonda su tre cose: la Torah, il culto e gli atti di misericordia” (Aboth 1, 2). Con l’esercizio della giustizia e della misericordia, ebrei e cristiani sono chiamati ad annunciare e a dare testimonianza al Regno dell’Altissimo che viene, e per il quale preghiamo e operiamo ogni giorno nella speranza.

8. In questa direzione possiamo compiere passi insieme, consapevoli delle differenze che vi sono tra noi, ma anche del fatto che se riusciremo ad unire i nostri cuori e le nostre mani per rispondere alla chiamata del Signore, la sua luce si farà più vicina per illuminare tutti i popoli della terra. I passi compiuti in questi quarant’anni dal comitato internazionale congiunto cattolico-ebraico e, in anni più recenti, dalla commissione mista della Santa Sede e del Gran Rabbinato d’Israele, sono un segno della comune volontà di continuare un dialogo aperto e sincero. Proprio domani la commissione mista terrà qui a Roma il suo IX incontro su “L’insegnamento cattolico ed ebraico sul creato e l’ambiente”; auguriamo loro un proficuo dialogo su un tema tanto importante e attuale.

9. Cristiani ed Ebrei hanno una grande parte di patrimonio spirituale in comune, pregano lo stesso Signore, hanno le stesse radici, ma rimangono spesso sconosciuti l’uno all’altro. Spetta a noi, in risposta alla chiamata di Dio, lavorare affinché rimanga sempre aperto lo spazio del dialogo, del reciproco rispetto, della crescita nell’amicizia, della comune testimonianza di fronte alle sfide del nostro tempo, che ci invitano a collaborare per il bene dell’umanità in questo mondo creato da Dio, l’Onnipotente e il Misericordioso.

10. Infine un pensiero particolare per questa nostra città di Roma, dove, da circa due millenni, convivono, come disse il papa Giovanni Paolo II, la comunità cattolica con il suo vescovo e la comunità ebraica con il suo rabbino capo. Questo vivere assieme possa essere animato da un crescente amore fraterno, che si esprima anche in una cooperazione sempre più stretta per offrire un valido contributo nella soluzione dei problemi e delle difficoltà da affrontare.

Invoco dal Signore il dono prezioso della pace in tutto il mondo, soprattutto in Terra Santa. Nel mio pellegrinaggio del maggio scorso, a Gerusalemme, presso il Muro del Tempio, ho chiesto a Colui che può tutto: “Manda la tua pace in Terra Santa, nel Medio Oriente, in tutta la famiglia umana; muovi i cuori di quanti invocano il tuo nome, perché percorrano umilmente il cammino della giustizia e della compassione”.

Nuovamente elevo a Lui il ringraziamento e la lode per questo nostro incontro, chiedendo che Egli rafforzi la nostra fraternità e renda più salda la nostra intesa.

“Genti tutte, lodate il Signore,
popoli tutti, cantate la sua lode,
perché forte è il suo amore per noi
e la fedeltà del Signore dura per sempre.
Alleluia” (Salmo 117).


Le discours adressé au pape à la synagogue le 17 janvier par le président de la communauté juive de Rome, Riccardo Pacifici:

> "Ho l'onore di porgere a lei, papa Benedetto XVI..."

Et celui du grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni:

> "Un saluto grato di benvenuto..."



L'article d’Anna Foa dans "L'Osservatore Romano" du 15 janvier 2010 :

> Tra Auschwitz e Gerusalemme. Il sionismo, la Shoah e lo Stato d'Israele

Et celui de Mordechay Lewy dans "L'Osservatore Romano" du 13 janvier 2010 :

> I rischi dell'autosufficienza. Perché per molti ebrei ortodossi il dialogo con i cattolici è ancora difficile


Tous les articles de www.chiesa sur ce thème :

> Focus JUIFS



La photo de cette page est de Stefano Meloni.


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

24.12.2009

La béatification de Pie XII vous choque-t-elle ?

La béatification de Pie XII vous choque-t-elle ?


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Aller donc voter NON pour soutenir PIE XII à l'article suivant:

http://lci.tf1.fr/monde/institutions/2009-12/face-a-hitle...

article qui replace Pie XII dans le contexte de la guerre. Vent frais dans cette polémique politico-médiatique où règne la désinformation.

Soulignons que c'est un article TF1 donc un grand et puissant média d'influence qui replace l'honneur de PIE XII dans la vérité.

08.09.2009

La communauté de Sant’Egidio apporte “l’esprit d'Assise” à Cracovie

Soixante-dix ans après le début de la Seconde Guerre mondiale qui a connu la « tragédie de l’Holocauste », Benoît XVI a appelé ce dimanche l’humanité à « ne pas répéter de telles barbaries », un appel lancé lors de l’Angélus au terme de la messe célébrée à Viterbe.

 

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Le Pape, en liaison vidéo avec la ville de Cracovie en Pologne où se tient actuellement une rencontre interreligieuse pour la paix sur le thème « l’esprit d’Assise à Cracovie », a rappelé l’importance des religions « pour le pardon et la réconciliation contre la violence, le racisme, le totalitarisme et l’extrémisme ».

Parmi les très nombreux invités de marque à cette rencontre internationale organisée par la communauté de Sant’Egidio, qui sera aussi l’occasion d’un pèlerinage à Auschwitz, Marguerite Barankitsé, témoin du génocide au Burundi, et fondatrice de la Maison Shalom, une ONG qui travaille depuis 15 ans à la réunification des familles et la réintégration des enfants orphelins hutus et tutsis. Marguerite Barankitsé participait ce lundi après-midi à la table ronde sur « Martyr et résistance au mal ». ecoutez sur Radio Vatican: >>

À la veille de l’ouverture de cette rencontre interreligieuse organisée du 6 au 8 septembre, l’archevêque de Cracovie, le Cardinal Dziwisz, a déclaré que « le processus de béatification de Jean-Paul II avançait tranquillement ».

« Tout le monde attend la béatification de Jean-Paul II, non seulement le monde chrétien, mais aussi les autres religions et en particulier les juifs, a encore déclaré le cardinal Dziwisz, parce qu’il a dépassé toutes les frontières et appartenait à l’humanité ».

La figure de Jean-Paul II était au centre d’une autre table ronde ce lundi à la Rencontre interreligieuse de Cracovie. Le thème de cette table ronde : « Mémoire et prophétie, l’héritage de Jean Paul II ». Y participait entre autres, le Métropolite orthodoxe Serafim, Patriarche de Roumanie.

Ecoutez sur Radio Vatican: >>

“Les catholiques doivent s'engager dans tous les secteurs de la société”

 

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"Jésus veut vaincre en l’homme la solitude et l’incommunicabilité créées par l’égoïsme, pour donner un visage à une nouvelle humanité, une humanité bonne à l’image de la création de Dieu, sans discriminations, sans exclusions".

Des paroles tenues par le Pape durant l’homélie de ce dimanche matin lors de la messe célébrée en plein air à Viterbe, cette ville des Papes située à une cinquantaine de kilomètres de Rome et qui fut le siège de la Papauté durant pratiquement 25 ans au 13ème siècle. Une homélie qui a permis à Benoît XVI d’encourager les catholiques à témoigner de leur foi au quotidien.


Ecoutez Armance Bourgois sur Radio Vatican: >>

 

Et lors de l’angélus, s’adressant par liaison video aux participants d’un colloque international et interreligieux organisé par Sant’Egidio à Cracovie, le Pape a par ailleurs évoqué le 70ème anniversaire du début de la seconde guerre mondiale.

"La mémoire de cette tragédie, a souligné le Pape, doit représenter un avertissement pour tous afin de ne jamais répéter de telles barbaries et à intensifier nos efforts pour construire une paix durable dans notre époque marquée encore par des conflits. La seconde guerre mondiale, a rappelé alors le Pape, fut l’un des plus terribles conflits de notre histoire, a causé des dizaines de millions de morts, et a provoqué tant de souffrances au peuple polonais, et a vu la tragédie de l’holocauste, et l’extermination de tant d’autres innocents. La mémoire de ces événements nous incite à prier pour les victimes et ceux qui en portent encore les blessures dans leur corps et leur cœur", a conclu Benoit XVI, qui a mis en avant "l'apport que les religions peuvent et doivent fournir pour la promotion du pardon et de la réconciliation contre la violence, le racisme, le totalitarisme et l'extrémisme".

 

 

A l’issue de l’Angelus, le Pape a visité le Sanctuaire de Sainte Rose, la patronne de Viterbe, pour y vénérer ses reliques. Puis sur la place située en face du sanctuaire, le Pape a pu admirer la "Macchina di Santa Rosa" (photo) et ses porteurs. Chaque année, le 3 septembre, cette énorme tour de bois de 5 tonnes et de 30 mètres de haut, illuminée de torches et de lumières électriques, avec une statue de sainte Rose au sommet est portée en procession par une centaine d’hommes.


Le Pape s’est ensuite rendu dans l’après-midi au sanctuaire de la Madonna della Quercia, Notre dame du Chêne, près de Viterbe pour une visite privée et un temps d’adoration du Saint-Sacrement. L'occasion pour le Pape de regretter que l'unité de nos familles soit menacée de toutes parts.


Benoît XVI en fin d’après midi a rejoint enfin la petite ville de Bagnoregio, 30 km plus au nord, sur les pas de Saint Bonaventure…