13.09.2011
On ne badine pas avec l'Amour !
Les rabbins enseignaient qu’il faut pardonner jusqu’à trois fois les offenses d’une même personne. Imaginez la perplexité de Simon Pierre, qui, plein de bonne volonté, se déclare prêt à placer la barre du pardon très haut, en la fixant à sept, quand il entend Jésus lui dire qu’il est encore très loin du compte ! Une parabole n’est pas de trop pour l’aider à revoir ses ambitions à la hausse. En écoutant cette parabole, nous comprenons avec lui que mieux vaut ne pas compter du tout, et toujours recommencer, non seulement pour « ceux qui nous doivent », mais d’abord pour nous-mêmes.
Dans notre mentalité contemporaine, les esprits les plus généreux seront sans doute moins chiches que les érudits juifs d’il y a deux mille ans, et se fixeront volontiers comme idéal le pardon incessant et donc exigeant, préconisé par Jésus.
Notre perplexité à nous sera sans doute plutôt d'entendre Jésus affirmer à la fin de la parabole :
« Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu'à ce qu'il ait tout remboursé.
C'est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. »
Comment donc celui qui exige un pardon incessant peut-il faire preuve ensuite d’une si grande intransigeance ?...
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18:00 Écrit par Père Walter dans Amour, Homélies 2010-2011 (année A) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : evangile, bible, ecriture, liturgie, dimanche, temps ordinaire, homelie, rabbins, simon pierre, pardon, parabole, dies irae |
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23.09.2009
Mgr Luciano Alimandi, Savoir faire silence
Mgr Luciano Alimandi - Savoir faire silence

Les Apôtres le suivent, l’écoutent, l’observent, et s’émerveillent, avec les gens, des grandes œuvres que le Père accomplit par Lui. Parfois, ils restent sans paroles, et d’autres fois, en revanche, ils ne disent que trop de paroles. A lieu de faire silence, ils parlent sans écouter d’abord, du plus profond de leur cœur, la voix de l’Esprit, qui voudrait leur expliquer la signification de chacune des phrases, de chacun des gestes et de chacun des « signes » que fait Jésus.
Il arrive aux Apôtres, tout comme à nous, de nous tromper quand nous « traitons » avec le Seigneur : que de fois on Le sous-estime, ou on L’ignore ; et les situations ne manquent pas, même, où nous nous plaçons au-dessus de Lui, comme si de pauvres pécheurs, ce que nous sommes tous, avaient quelque chose à « enseigner » à Jésus !
33. O abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles !
34. Qui en effet a jamais connu la pensée du Seigneur ? Qui en fut jamais le conseiller ?
35. Ou bien qui l'a prévenu de ses dons pour devoir être payé de retour ?
(Romains, 11, 33-35)
La tentation de s’enorgueillir devant Dieu est toujours aux aguets. C’est pourquoi il faut prier le Saint-Esprit de rendre notre cœur toujours plus docile à ce « tracé » de vie que le Seigneur a déterminé pour nous. Il est assurément le plus facile et le plus direct pour arriver à la sainteté, et donc, au Paradis !
Il va en avant, et nous devons simplement rester derrière Lui, en nous armant d’une « sainte patience », surtout quand il nous semble que la réponse et la solution que nous attendons du Seigneur tarde à venir, ou qu’elle est différente de ce qui était désiré. « La patience obtient tout » a déclaré Sainte Thérèse d’Avila, qui connaissait bien combien peuvent être mystérieuses les « voies de Dieu ».
« Viens et suis-moi » (Marc 10, 21), continue à répéter Jésus à ceux qui veulent Le rencontrer dans la foi pour devenir Ses disciples, en restant en communion de vie avec Lui par l’amour pour Dieu et pour le prochain. Le chemin n’est pas toujours facile, mais on est jamais seuls si l’on reste derrière le Christ, c’est-à-dire, fidèles à ses enseignements.
Le fait que les Apôtres, eux aussi, aient cédé à la tentation de « résister » à Jésus, ou même de le réprimander, doit nous mettre en garde pour ne pas sous-estimer ces situations – et il y en a dans la vie – où au plus profond de nous, se forme comme un sentiment « d’endurcissement » du cœur à son égard.
Combien de fois Dieu s’est plaint, par l’intermédiaire de ses prophètes, d’une attitude aussi orgueilleuse, qui a fait dévier le cœur de son peuple en le conduisant à la rébellion. Mais Il a toujours été prêt au pardon, comme nous le dit le Psaume 78 (77), (36-38 :
36. Mais ils le flattaient de leur bouche, mais de leur langue ils lui mentaient,
37. leur cœur n'était pas sûr envers lui, ils étaient sans foi en son alliance.
38. Lui alors, dans sa tendresse, effaçait les torts au lieu de dévaster; sans se lasser, il revenait de sa colère au lieu de réveiller tout son courroux.
Quand on murmure contre Dieu, on laisse la place au Malin, et l’on perd l’orientation vers le Royaume. Et précisément, Dimanche dernier, nous avons écouté un passage de l’Evangile de Marc sur le « désarroi » dont a été victime Simon Pierre, aussitôt après sa splendide confession de foi au Christ. Devant la prophétie claire de Jésus, qu’il venait tout juste de faire, concernant sa Passion et sa Mort, Pierre, assailli par la peur de la souffrance, réprimande le Seigneur.
31. Et il commença de leur enseigner : « Le Fils de l'homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter ;
32. et c'est ouvertement qu'il disait ces choses. Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner.
33. Mais lui, se retournant et voyant ses disciples, admonesta Pierre et dit : « Passe derrière moi, Satan ! car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! »
(Marc 8, 31-33)
Simon Pierre et les autres Apôtres n’ont plus oublié ces paroles, qui se sont rassemblées en conséquence dans le témoignage des Evangélistes, afin que les disciples de Jésus, à chaque époque, reçoivent la leçon historique du Seigneur. La Sainte Ecriture nous invite à accueillir le reproche, comme par exemple celui d’un Sage (cf. Qohélet) 7, 5), mais elle ne nous invite jamais à réprimander le Seigneur !
Devant les situations de souffrance, de peur et d’inquiétude, qui font trembler notre coeur humain fragile, on ne doit jamais céder à la tentation de faire des reproches à Dieu, mais, à l’exemple des Saints, et, en premier, de la Sainte Vierge Marie, le silence de l’adoration doit prendre la place du bruit des murmures.
Que le « Stabat Mater » devienne pour tous, surtout à l’heure de l’épreuve, le modèle à imiter : La Sainte Vierge se trouvait au pied de la Croix de son Fils (cf. Jean 19, 25), sans se rebeller, parce qu’elle croyait, comme elle l’a toujours cru, à la Parole de Jésus : après la nuit de la souffrance, pointe l’aube lumineuse de la Résurrection.
(Agence Fides, 18 septembre 209)
18:19 Écrit par Père Walter dans Homélies 2008-2009 (année B) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : royaume, luciano alimandi, jesus, galilee, maladies, satan, parole de dieu, apotres, esprit saint, seigneur, pecheurs, orgueil, patience, therese d avila, dieu, prochain, endurcissement, prophetes, murmure, saint marc, psaumes, simon pierre, passion, mort, ecriture, qohelet, saints, vierge marie, benoit xvi, moines, stabat mater, silence, evangile, judee, bonne nouvelle |
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