13.08.2011

Michael Lonsdale, Eric-Emmanuel Schmitt, deux parrains des JMJ s'expriment

Michael Lonsdale.JPGDes dizaines de milliers de jeunes sont en route vers l'Espagne depuis plusieurs jours. Plus de 50.000 jeunes français sont attendus à Madrid. Derrière eux, c’est toute une Église qui s’associe à leur démarche. Ainsi, chaque jeune qui part aux JMJ est confié à des parrains. Que ce soit sa communauté paroissiale, une communauté religieuse, une équipe du rosaire, une équipe du mouvement chrétien des retraités ou un groupe de prière du renouveau.

Mais il y a également des parrains pour l’ensemble des JMJistes français. Pour ces 26ème JMJ, trois personalités ont été choisies : l’acteur Michael Lonsdale, Emmanuel Faber, le directeur général délégué de Danone et Eric-Emmanuel Schmitt. 

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06.06.2010

Un timbre à l'effigie de Mère Teresa en France également

A l'occasion du centenaire de la naissance de Mère Teresa, La Poste en France édite également un timbre à son effigie.

 

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La Bienheureuse Mère Teresa est née le 21 août 1910 sous le nom de Agnes Gonxha Bojaxhiu à Skopje, en Albanie.  Prochainement devrait suivre également un timbre de la Belge, Soeur Emmanulle Cinquin (1908-2008), la "Chiffonnière du Caire".

(Kerknet/La Croix)

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30.03.2009

Jean-Paul II de sa fenêtre du ciel : “Quo vadis, Benedicte ?”


C'était hier et pourtant quatre ans nous séparent déjà de ces jours d'avril 2005 où Jean-Paul II rejoignait « la Maison du Père » ainsi que l'avait formulé le cardinal Ratzinger lors de la messe des funérailles. Par grand vent. Admettre, sans attendre la décision d'un procès en béatification, que Jean-Paul II puisse bénir de la fenêtre du ciel, c'était la manière du futur Benoît XVI de rejoindre la foule qui acclamait le défunt pape d'un Santo subito prophétique.

L'homme en blanc, l'homme qui venait de bien loin, le frère des peuples autant de titres qui avaient essayé d'approcher l'identité de toute façon inclassable d'un géant de l’Église, d'un maître spirituel pour l’histoire [1].

À l'heure où certains se rient de Benoît XVI en imaginant des dialogues fictifs entre sœur Emmanuelle et Jean-Paul II, il nous plaît à notre tour d'imaginer Jean-Paul II se pencher de cette fenêtre du ciel pour embrasser aujourd’hui comme hier l’Église qu’il a quittée ragaillardie, quoique encore bien faible après longue maladie.

De cette fenêtre, n'accompagne-t-il pas plus proche que jamais l’ami des combats et des joies qui a mission divine de le remplacer ? Ne voit-il pas à sa place l’évêque vêtu de blanc « monter sur une montagne escarpée », ne l'aide-t-il pas même à rejoindre comme lui ces sommets pentus où se trouve une grande Croix ? Il essaie bien, mais ne peut dévier toutes les « flèches » acerbes des ennemis de toujours, comme celles de ceux venant de « chez nous » [2]. Elles feront naître tellement de bien aussi. Parce qu’offertes pour l’amour de Dieu… Il l’aide à « suivre l’Agneau partout où il va » (Jn, 14 ; 4 ) comme tant de papes l’ont fait jusqu’à lui. Il soutient celui qui, comme lui tant de fois en vingt-six ans, traverse ces grandes villes à moitié en ruine ; oui, il le porte ce pape de lumière à qui rien n’est épargné à quatre-vingt-un ans, le jour de sa fête. On « l’offense », on « l’attriste », on l’afflige de souffrances et de peine. Mais lui, avec le sourire du juste, prie pour les âmes de ces peuples sans vie qu’il trouve sur son chemin et auxquels il voudrait redonner l’espérance. Non, Benoît XVI ne se sent pas seul, a-t-il ri. C’est un mythe. Et pour cause. Le soutien vient de l’Église triomphante. C’est la foi.



Jean-Paul II, notre Transfiguration

D’une certaine façon, Jean-Paul II a été notre Transfiguration à nous. Chacun a en mémoire l’épisode où Jésus emmène Pierre, Jacques et Jean sur une haute montagne, à part. Et pendant qu’ils priaient, Jésus fut transfiguré : « Son visage et sa personne apparurent lumineux, resplendissants. » Benoît XVI en a livré récemment l’explication :


« Jésus voulait que ses disciples, en particulier ceux qui auraient eu la responsabilité de conduire l'Église naissante, fassent une expérience directe de sa gloire divine pour affronter le scandale de la Croix. En effet, lorsque viendra l'heure de la trahison, et que Jésus se retirera pour prier à Gethsémani, il prendra auprès de lui Pierre, Jacques et Jean, leur demandant de veiller et de prier avec lui (cf. Mt 26, 38). Ils n'y arriveront pas, mais la grâce du Christ les soutiendra et les aidera à croire dans la résurrection [3] »


Le temps de Jean-Paul II avec nous était de cet ordre-là, de la joie et de la gloire pour se préparer à la Passion qui se profile, à la Passion qui est là et à laquelle Jean-Paul II ne s’était pas soustrait. Cela est connu. La Passion continue jusqu’à la fin des temps, l’Église aura à la vivre comme le Christ a dû la vivre, passera par les mêmes étapes. Chacun le voit bien aujourd’hui, elle prend un tournant serré avec Benoît XVI, et vit une étape majeure : que la foi des catholiques ne défaille pas alors et dans la tempête, que le pape les trouve à ses côtés ni endormis ni enfuis, mais fermes dans la foi.

Qu’ils ne soient pas des girouettes aussi prompts à signer des pétitions qu’à se rattraper comme ils peuvent ensuite, prompts à l’acclamer aux Bernardins et aux Invalides dans la gloire de septembre, à le huer aux Ides de mars avec la foule versatile des Rameaux. Inouïe, la violence qui se déchaîne à l’égard du vicaire du Christ aujourd’hui en France fait honte. Mais elle remplit la cagnotte du 15e Sidaction en panne depuis longtemps [4] et le petit monde médiatisé se frotte les mains de cette trop belle aubaine. D’une certaine façon, cela donne raison à Benoît XVI quand il écrit aux évêques : « En ce moment de notre histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l’horizon des hommes. »


Dans le chemin de croix de ce siècle, Benoît XVI

Violence tellement grande d’ailleurs, qu’on en vient à se demander si Fatima a livré toute sa signification, message qu’on avait dit pourtant clos avec Jean-Paul II [5]. À Lourdes, en septembre dernier, la sécurité ne nous l’avait-elle pas chuchoté ? les menaces d’attentat sur la personne de Benoît XVI sont plus grandes que celles pesant sur Jean-Paul II. On ne peut s’empêcher que le troisième secret de Fatima ne revienne en mémoire, message qui ne parle pas seulement de « flèches » comme nous l’avons dit plus haut, mais également de « soldats qui tirent avec des armes à feu ». Tout le monde y a vu un message concernant Jean-Paul II. De fait, l’attentat du 13 mai 1981 a été interprété comme relevant de ce troisième secret. Mais vision d’éternité, les apparitions de la Vierge Marie au Portugal en 1917, pourraient bien avoir encore quelque continuation aujourd’hui. Et, pourquoi pas, concerner Benoît XVI « pape qui commence à poser un vrai problème » [6], quoique l’avenir ne soit jamais immuablement écrit. L'interprétation en avait été faite par le cardinal Ratzinger lui-même. Nous ne retiendrons que les deux derniers articles qui prennent un relief saisissant après son voyage en l’Afrique :

« Dans le chemin de croix de ce siècle, la figure du Pape a un rôle spécial.

« De même que de la mort du Christ, de son côté ouvert, est née l'Église, de même la mort des témoins est féconde pour la vie future de l'Église. Leur martyre s'accomplit en solidarité avec la passion du Christ, il devient un tout avec elle. »


Le martyre de Benoît XVI dans l’attentat permanent de nos temps modernes a bel et bien commencé, accomplissant celui de Jean-Paul II. Deux témoins exceptionnels pour une Église agressée et plus que jamais attaquée, pour un monde de plus en plus lourd à porter, le pape de la terre répétant dans son cœur après le pape du ciel, comme le Maître, "Amen", "Oui, me voici, que soit faite, ô Père, la volonté de ton amour"… Ceux qui pensent qu’ils peuvent opposer l’un à l’autre, récupérer soudainement Jean-Paul II pour défigurer plus sûrement le visage du pape actuel font un contresens majeur. Il leur manque la compréhension des Écritures qui permet de voir tout de haut.

De faire un peu de ski de printemps, aurions-nous envie trop légèrement de leur conseiller si ce n’était si tragique, ce ski qui permet d’aborder tout par les cimes ! Hautes, forcément puisqu’il ne reste pas de neige plus bas. Nous la garderons cependant cette image car elle n’aurait pas déplu à Jean-Paul II.

Qui ne se souvient de la consécration du monde au cœur Immaculée de Marie de Jean-Paul II ? nul doute que Benoît XVI ne l’ait dans le cœur lui qui ne termine pas un seul discours, une seule homélie, un seul document sans tout confier à notre Mère du ciel, très miséricordieuse, à la Vierge de confiance. Beaucoup de demandes, bien sûr, dans cette consécration, mais n’en retenons qu’une seule aujourd’hui à la veille de débats importants en France : « De la facilité avec laquelle on piétine les commandements de Dieu, délivre-nous ! » Un feu de prières, en ce 2 avril 2009 qui vient, devrait monter du cœur de tous ceux qui ont aimé en vérité Jean-Paul II. Que du ciel, en l’anniversaire de sa mort, Jean-Paul II soutienne le serviteur des serviteurs Benoît XVI, lui qui foulera la Terre Sainte le 13 mai prochain : Quo vadis, Benedicte ? [7]

 

 


[1] Liberté Politique N° 30, été 2005, « Jean-Paul II Le Grand, un maître pour l’Histoire ».
[2] « Ils sont sortis de chez nous », à propos des Antéchrists, 1 Jn, 2, 18.
[3] Angélus du 2e dimanche de Carême, Place Saint-Pierre, 8 mars 2009.
[4] Depuis la 2e édition du Sidaction en 1996, à la suite d'un incident provoqué par Act Up en direct sur le plateau de télévision comme le rappelle l’émission « Medias Le magazine » du 21 mars 2009 sur France 5, « Sida : encore un tabou à la télé ? » (Curseur : 13.58-20.26, et à 17.08 pour l’incident d’Act Up)
[5] Voir documents signés par Jean Paul II, cardinal Ratzinger, cardinal Bertone, cardinal Sodano
[6] Déclaration insultante d’Alain Juppé, ancien premier ministre de la France le 18 mars 2009. Les catholiques sont endroit d’attendre des excuses.
[7] « Quo vadis, Domine ? » est une interrogation latine signifiant "Où vas-tu, Seigneur ?". Reprise par le romancier polonais Henryk Sienkiewics, elle nous vient des Apocryphes et concerne le martyre de Pierre. Ce dernier fuyant la persécution de Rome aurait rencontré le Christ sur le chemin de Rome. Pierre lui aurait alors demandé : "Où vas-tu, Seigneur?", et le Christ aurait répondu qu'il allait se faire crucifier une seconde fois. Pierre retourna alors à Rome, et subit le martyre de la Croix, la tête en bas par humilité, indigne pensait-il de mourir comme son maître.

 

27 mars 2009 | Hélène Bodenez

libertepolitique.com

27.10.2008

'Ce que j’ai compris de soeur Emmanuelle', par Mgr Francesco Follo

« Notre soeur sur cette Terre, fenêtre ouverte sur le Ciel »

 

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ROME, Vendredi 24 octobre 2008 (ZENIT.org) - Mgr Follo voit dans sœur Emmanuelle une « soeur sur cette Terre » et en même temps une « fenêtre ouverte sur le Ciel ».


Mgr Francesco Follo, Observateur permanent du Saint-Siège à l'UNESCO, à Paris, a confié à Zenit cette méditation sur l'œuvre et la personnalité spirituelle de sœur Emmanuelle qui nous a quittés, presque centenaire, dans la nuit de dimanche à lundi (cf. Zenit du 20 octobre 2008).


Un hommage lui a été rendu à Paris, à Notre Dame, à l'occasion de la messe de requiem, présidée mercredi dernier, 22 octobre, par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la conférence épiscopale française (cf. Zenit du 22 octobre 2008).


Une messe en mémoire de Sœur Emmanuelle sera également célébrée, selon ses souhaits, à la chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse, 140 rue du Bac, à Paris, samedi 25 octobre à 10h30 en présence des Sœurs de Sion et des amis de l'association ASMAE. Cette messe sera présidée par Mgr Jérôme Beau, évêque auxiliaire de Paris.


« Ce que j'ai compris de soeur Emmanuelle », par Mgr Francesco Follo


Dans son poème intitulé « Véronique », le pape Jean-Paul II écrit : « Tu es devenue ce que tu regardais ». L'intuition poétique du Souverain pontife exalte donc la femme qui, avec un si grand courage, et tant de compassion, avait essuyé le visage du Christ. Ce n'est pas seulement le linge qui porte l'image de la Sainte-Face, mais la femme elle-même et tous ceux qui, au cours des siècles ont eu de la compassion pour le Christ.


Compassion, au sens littéral, étymologique du terme, c'est-à-dire « souffrir avec », partager la passion du Christ, avec le Christ.


Pour moi, soeur Emmanuelle ressemble à Véronique. Elle a eu tellement de compassion pour le Christ dans le pauvre, le malade, le boîteux, l'abandonné, le moribond. Elle a regardé le Christ et elle a su le reconnaître dans ce visage défiguré des plus pauvres des pauvres. Son visage était une véritable icône du Christ, une sainte icône du Christ.


Soeur Emmanuelle a fasciné les gens parce qu'elle est devenue rayonnement du Christ. En regardant constamment vers le Christ, en vivant en union profonde avec lui, elle faisait rayonner l'amour divin sur ceux qui l'approchaient.


C'était le fruit de son amour pour le Christ. Elle avait dit en effet : « Le plus beau jour de ma vie sera le jour de ma mort, lorsque la fiancée verra enfin le visage du Fiancé ».


Enfoui dans un travail pesant et fatiguant, l'amour ne manifeste pas toujours sa présence, car la sueur et la fatigue cachent sa beauté, mais il se révèle souvent dans cette présence attentive qui conduit à l'homme. Même dans la fatigue, le travail est aspiration de l'homme vers l'homme, qui ouvre un champ d'expression à la liberté de l'homme.


Mais les mains de soeur Emmanuelle, jointes en prière ou bien ouvertes pour soutenir la tête d'un enfant ou d'un malade âgé, manifestaient son coeur, son vrai amour, le don total de soi à Dieu et à l'homme.


La grandeur de soeur Emmanuelle est qu'à 62 ans, elle a répondu à la nouvelle vocation que le Christ lui indiquait, à travers les suggestions d'un jeune secrétaire de nonciature apostolique au Caire, qui l'a conduite aux chiffoniers.


L'amour pur, désintéressé, est incompréhensible pour beaucoup, parce que le désintéressement de l'amour, l'abandon, l'état de prière, plongent la volonté dans une indifférence qui pourrait faire oublier le bien et le mal, dans une passivité qui pourrait éloigner de l'action. Mais l'autre extrême serait de s'affairer dans le calcul, dans l'utile, en oubliant la quête de sens. L'amour authentique est une vertu qui conduit au bien. La charité est la rectitude du coeur, la vertu qui ordonne l'homme au bien. Une action ne peut être dite bonne si elle n'est pas portée à sa plénitude par l'amour. Tout ce qui est fait par amour, par l'amour, accomplit la Loi (cf Rm 13, 8).


Soeur Emmanuelle a utilisé une parabole du Seigneur parmi les plus belles et certainement aussi parmi les plus graves, qui place tout dans la lumière de l'amour. Jésus donne une vision du Jugement dernier où les nations et tous les hommes sont réunis devant Dieu : un choix s'opère parmi eux, une séparation. Il y a ceux qui sont conformes à Dieu, qui sont en mesure d'aimer Dieu, et cette capacité d'aimer les fait entrer en possession de la vision de Dieu et pénétrer son mystère. Et il y a ceux qui sont rejetés, incapables de supporter le regard de Dieu, de le regarder en face pour l'aimer.


Le jugement se fera sur l'amour que nous aurons donné à nos frères : « J'ai eu faim, dira le Christ, et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire ; j'étais sans toit et vous m'avez accueilli ; nu et vous m'avez vêtu ; malade et vous m'avez visité ; j'étais en prison et vous êtes venus me voir ».


Et la stupeur saisit ces personnes qui ont rencontré durant leur vie ceux qui avaient faim, soif, ceux qui étaient en prison, qui étaient nus. Elles demandent, curieuses et étonnées : « Quand donc  t'avons-nous vu ? Et le Christ leur répond : Chaque fois que vous l'avez fait au plus petit de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait ».


Soeur Emmanuelle a guéri l'amour, a éduqué à l'amour vrai, a libéré la liberté en montrant que le problème n'est pas de choisir, mais de reconnaître avoir été choisi, parce que, comme saint Irénée l'enseignait, « la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant, la vie de l'homme, c'est la vue de Dieu ».


Quand une vie, faite de la poussière des jours, devient-elle digne de passer à l'histoire ? Quand devient-on un acteur sur la scène du monde ? La réponse de qui n'a pas la foi serait : « On entre dans l'histoire lorsqu'on fait de grandes choses qui changent la vie de peuples entiers. Celui qui accomplit des actes héroïques ». Du point de vue du sens commun, la réponse est sensée. Mais elle ne répond pas complètement à la question parce que l'oubli peut enfouir les faits et les personnes, comme le sable du désert des cités entières. Et de quelles personnes, de quels exploits s'agit-il, si l'on n'en conserve pas la mémoire ?


La réponse du chrétien est : « Le vrai protagoniste de l'histoire, c'est celui qui se conforme au Christ qui a donné au temps son sens plénier ». Et l'une des caractéristiques du Christ quelle est-elle ? Il est le mendiant du coeur de l'homme et il enseigne à l'homme comment devenir un mendiant de Lui.


La vie de soeur Emmanuelle s'est déroulée tout entière sous le signe de cette recherche de l'aumône de l'amour, qui lui a permis de faire l'expérience de la charité de Dieu, rédemptrice et miséricordieuse.


Elle n'avait pas peur de demander pour les pauvres, elle avait besoin de mendier, non pas seulement et non pas tant de l'argent pour aider les pauvres, mais la charité de Dieu, pour pouvoir secourir les plus pauvres des pauvres, en élevant vers Dieu leur humanité.


Si je devais synthétiser ce que j'ai compris de soeur Emmanuelle, j'utiliserais la phrase de saint Augustin qui disait : « Garde, Seigneur, nos âmes unies pour toujours, afin qu'en ne suivant que Toi, notre dilection devienne charité », Custodi, Domine, animas nostras in perpetuo iunctas, ut Te solum sequentes in via dilectio nostra caritas fieri posset.


Traduit de l'italien par Anita S. Bourdin

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24.10.2008

Soeur Emmanuelle, Testament spirituel

« Nous le savons, l’Amour est plus fort que la Mort »

 


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ROME, Mercredi 22 octobre 2008 (ZENIT.org) - « Si chers Amis, Nous le savons, l'Amour est plus fort que la Mort » : c'est par ces mots du Cantique des Cantiques qu'elle n'a eu de cesse de répéter que commence le « Testament spirituel » de Sœur Emmanuelle.

Ce testament a été dévoilé par M. Trao Nguyen, président de l'association qu'elle a fondée, « ASMAE », cet après midi, en la cathédrale Notre-Dame de Paris, lors de la messe de requiem présidée par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la conférence épiscopale de France.

 


Si chers Amis,


Nous le savons, l'Amour est plus fort que la Mort, le lien d'amitié profonde que nous avons noué ensemble dans la joie, a une valeur d'éternité joyeuse.

Aujourd'hui, où vous vous êtes encore une fois dérangé pour moi, mon âme et mon coeur sont tout près de votre âme et de votre cœur.

Je voudrais que cette chère rencontre se déroule dans une atmosphère de joie.
J'ai choisi des cantiques pleins d'allégresse. Chantez les joyeusement à pleine voix !

 Je tiens à vous dire une merci bondissant de reconnaissance pour ce que vous avez fait et ferez encore, je le sais, pour nos milliers d'enfants en difficulté à travers le monde.

Grâce à vous, ils deviennent des citoyens debout et heureux. L'enfant qui souffre « sensible à vos cœurs » rappelle le mot de Pascal : « Dieu sensible au cœur ».

Voilà la merveille qui, au-delà de toute conviction religieuse, politique, culturelle ou autre, nous unit tous dans une belle harmonie.

Seigneur, tu as voulu que nous, les humains, puissions tressaillir devant la douleur et arriver à la soulager. C'est ainsi que, comme nous le dit le Christ, dans l'évangile de Matthieu au chapitre 25, nous devenons « bénis » par Toi, notre Père des cieux.

Oui vous êtes bénis, vous qui savez aimer et partager, vous êtes bénis, parce que, sans le savoir peut-être, vous avancez sur la route qui mène à l'éternité bienheureuse où je vous attends dans le même Amour.

Une petite confidence pour finir. J'ai demandé que soit chanté comme psaume le Magnificat. Ce cantique contient en effet le secret du bonheur de ma vie.

Dès mon entrée en religion, en 1931, je me suis confiée, corps et âme, à la Vierge pour qu'elle me garde fidèle. Elle l'a fait et comment ! Remerciez là avec moi !

Yalla ! En avant ! C'est passionnant de vivre en aimant !

Votre Emmanuelle qui garde chacun et chacune de vous dans son cœur.


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20.10.2008

L’Osservatore Romano rend hommage à Sœur Emmanuelle


La religieuse de Sion, amie des chiffonniers du Caire


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 © Visual Press Agency

Soeur Emmanuelle en novembre 2002 dans l'émission "Vivement dimanche" de Michel Drucker.

ROME, Lundi 20 octobre 2008 (ZENIT.org) -Soeur Emmanuelle nous a quittés: la religieuse de Notre-Dame de Sion, amie des chiffonniers du Caire, qui fascinait les adolescents auxquels elle n'hésitait pas à parler de l'amour de Dieu avec les paroles du Cantique des Cantiques en disant « L'amour est fort comme la mort », s'est éteinte à l'âge de 99 ans. L'Osservatore Romano des 20-21 octobre lui rend hommage, Radio Vatican aussi. 

« Pour ses compatriotes, écrit L'Osservatore Romano, elle était l'icône de la solidarité et du soutien aux pauvres et aux marginaux, selon un récent sondage sur la femme la plus populaire et la plus aimée en France : sœur Emmanuelle, dans le siècle Madeleine Cinquin, s'est éteinte dans la nuit de dimanche à lundi, dans la maison de repos de Callain, dans le Var, où elle résidait ».  

 

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« J'ai 100 ans et je voudrais vous dire »

Le quotidien de la Cité du Vatican rappelle que Madeleine Cinquin était née à Bruxelles mais était française d'adoption, et qu'elle aurait dû souffler ses cent bougies le 16 novembre prochain.  

Elle se vieillissait d'ailleurs en disant avec humour, comme l'indique le titre de son dernier livre,  publié il y a deux mois: « J'ai 100 ans et je voudrais vous dire » (Ed. Plon, 2008) : une façon de demander qu'on prête sérieusement attention à ce qu'elle voulait dire car elle parlait d'expérience ! 

Le 31 janvier dernier, le président Nicolas Sarkozy l'avait élevée au rang de Grand officier dans l'Ordre de la Légion d'Honneur. 

Conformément à sa volonté, ses obsèques auront lieu mercredi 22 octobre à Callian dans la plus stricte intimité. Un hommage lui sera rendu au cours d'une messe de requiem célébrée en la cathédrale Notre-Dame de Paris mercredi 22 octobre à 15h. 

Une messe en mémoire de Sœur Emmanuelle sera également célébrée, selon ses souhaits, à la chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse, rue du Bac, à Paris, samedi 25 octobre à 10h30. 


Enseignante dans l'âme

Après ses études à la Sorbonne, Sœur Emmanuelle avait d'abord enseigné les lettres et la philosophie, dans les collèges de Sion, à Istanbul, à Tunis, au Caire et à Alexandrie.  

L'Osservatore Romano rappelle aussi que c'est à l'âge de 63 ans, en 1971, qu'elle alla partager la vie quotidienne des chiffonniers du Caire, en Egypte, et elle devint ainsi «petite soeur des chiffonniers». Pour défendre leur dignité, elle n'hésitait pas à parler, en arabe, à de hauts responsables, avec autorité.  

L'Osservatore souligne qu'elle parlait « franchement, sans détours, et que cette caractéristique la faisait aimer de tous ». 

« Dans le bidonville d'Ezbet el-Nakhl, au Caire, elle fit construire écoles, crèches, hospices. Et l'association qu'elle a fondée en 1980 et qui porte son nom, « Asmae-Association Soeur Emmanuelle», poursuit son œuvre au service de milliers d'enfants pauvres du monde entier », écrit encore le quotidien du Vatican. 

C'est en 1993 qu'elle a quitté l'Egypte, à l'âge de 85 ans, pour revenir en France, dans sa communauté de Notre-Dame de Sion, pour se consacrer à la prière, à la méditation, mais « sans abandonner les sans-abri et les immigrés clandestins », souligne L'Osservatore Romano.  

Une « femme de cœur et d'action » 

Pour sa part, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, et président de la conférence des évêques de France salue en elle une « femme de cœur et d'action » : « Elle nous manquera, écrit-il, tout comme elle manquera aux religieuses de sa congrégation et aux bénévoles des associations qu'elle a créées ». 

Il souligne l'énergie de cette religieuse de feu qui « a su mobiliser ses contemporains en faveur des plus déshérités par son franc-parler et sa simplicité ». 

« Jusqu'à son dernier souffle, elle a fait preuve, inlassablement, d'une immense énergie et d'une foi inébranlable », souligne le cardinal Vingt-Trois. 

Et de préciser : « Je pense tout particulièrement aux nombreux enfants et familles qu'elle a accompagnés tout au long de sa vie, d'abord comme enseignante, puis en vivant parmi les pauvres des bidonvilles du Caire, enfin dans sa prière quotidienne ». 

L'archevêque évoque ce passage d'un de ses livres: « Il me revient en mémoire ce propos qu'elle tenait dans l'un de ses ouvrages : ‘Je garde, quant à moi, une immense reconnaissance pour tous ceux qui (...) m'ont appris que l'amour est plus fort que la mort et porte en lui une semence d'éternité' (cf. ‘Vivre, à quoi ça sert ?', Ed. J'ai Lu, 2005). À notre tour, nous lui sommes infiniment reconnaissants du témoignage d'amour que fut sa vie, entièrement consacrée à Dieu et aux autres ».  

« Suivant son exemple, vivons dans l'Espérance et ne cessons pas d'agir pour les plus pauvres et de témoigner de l'amour de Dieu pour les hommes », exhorte l'archevêque. 


Au puits de Jacob pour boire l'eau vive

C'est vraiment dans la prière qu'elle puisait une telle énergie : c'était un dialogue d'amour ininterrompu. 

Lorsque, au début des années quatre-vingt-dix, elle avait voulu faire un séjour à Jérusalem, pour se ressourcer sur les pas du Christ, elle se rendait souvent au Saint-Sépulcre, malgré les montées et les descentes de la Vieille Ville. Elle impressionnait tous ceux qui l'approchaient et ceux qui étaient chargés de veiller sur elle ! 

Elle n'avait pas hésité non plus à se rendre seule au site de l'épisode évangélique du Puits de Jacob, dans une région où les « touristes » n'étaient pas alors les bienvenus. Son taxi - un « shérout » - avait essuyé un tir de pierres. Mais elle ne retenait de son pèlerinage que l'expérience spirituelle d'être allée se recueillir là où le Christ a promis « l'eau vive » à la Samaritaine. 

Anita S. Bourdin

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