17.05.2010

Catholiques et Bouddhistes ensemble pour défendre l’environnement

Le respect de la vie humaine chez les chrétiens et les bouddhistes comme fondement du respect de toute vie. C’est le thème du message adressé aux bouddhistes du monde entier à l’occasion de la fête de Vesakh, par le Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux.

 

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Fête de Vesakh en Thaïlande


Cette fête de Vesakh est la plus importante pour les Bouddhistes. Elle commémore en effet les principaux événements de la vie de Bouddha. Le Japon l’a déjà fêtée le 8 mars, des pays comme la Corée ou Taiwan, le feront le 21 mai, pour d’autres comme la Thaïlande, le Sri Lanka, le Cambodge ou la Birmanie, ce sera le 28 mai.

Le message du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux se veut un encouragement à favoriser la responsabilité écologique. Il propose ainsi une réflexion sur la crise environnementale qui a déjà causé de notables difficultés et souffrances dans le monde entier. Chrétiens et bouddhistes – peut-on lire - ont en commun l’estime de valeurs - telles que le respect de la nature, la contemplation, l’humilité, la simplicité, la compassion et la générosité. L’Église catholique considère la protection de l’environnement comme intimement liée au thème du développement humain intégral. Elle s’investit non seulement en faveur de la protection de la terre, de l’eau et de l’air comme dons destinés à chacun, mais également pour encourager tout homme et toute femme à s’unir aux efforts de protection de l’humanité contre son autodestruction. Le message souligne alors combien les chrétiens, comme les bouddhistes, ont un profond respect de la vie humaine. Il est donc crucial que les fidèles des deux religions portent leurs efforts sur l’émergence de la responsabilité écologique tout en réaffirmant aussi leurs convictions partagées au sujet de l’inviolabilité de la vie humaine, de la dignité de la personne et de la mission unique de la famille.

 

(Radio Vatican)

 

Vers le texte intégral du message


11.11.2009

Benoît XVI défend l’héritage chrétien de l’Europe et lance un appel pour le Sri Lanka

L’Europe est l’héritière d’un patrimoine riche de valeurs culturelles et religieuses, incarnées il y a mille ans sur le continent par les monastères de l’Ordre clunisien. Ceux qui tiennent « à l’avenir de l’Europe » doivent apprécier et défendre cet « humanisme chrétien ».

 

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C’est par ces pensées que Benoît XVI a conclu sa catéchèse lors de l’audience générale de ce mercredi matin, dans la salle Paul VI au Vatican.


À la fin de l’audience, le Pape a également lancé un appel en faveur des réfugiés de la guerre civile au Sri Lanka, afin que la Communauté internationale vienne à leur secours et que les autorités du pays trouvent rapidement une solution favorable à la paix.

Un problème technique nous empêche pour le moment de publier la voix du Pape.


 

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Résumé de la catéchèse en langue française

     Chers Frères et Sœurs,

     Au début du douzième siècle, l’Ordre de Cluny, en revitalisant la Règle de saint Benoît, a contribué à un profond renouvellement de la vie monastique, garantissant le rôle central que la Liturgie occupe dans la vie chrétienne et accentuant l’importance du silence pour protéger et alimenter le climat de prière. De nombreux monastères se lièrent à Cluny, esquissant ainsi une Europe de l’esprit. Le succès de cet Ordre est dû à sa haute spiritualité, mais aussi à l’encouragement des Papes aux idéaux qu’il poursuivait pour la purification et le réveil de la vie monastique. Cette réforme apporta de grands bienfaits pour le renouveau de la vie sacerdotale dans l’Église. Elle permit encore un développement des œuvres de charité et, dans un monde fortement marqué par la violence, elle institua « la trêve de Dieu » et « la paix de Dieu ». Dans la conscience des peuples de l’Europe, la réforme de Cluny permit une reconnaissance plus claire de la valeur de la personne humaine et du bienfait de la paix. Les monastères clunisiens contribuèrent aussi au développement de l’économie et de la culture. Que tous ceux qui ont à cœur un authentique humanisme et l’avenir de l’Europe, sache redécouvrir, apprécier et défendre le riche patrimoine culturel et religieux de cette grande époque !


* * *

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     Je suis heureux d’accueillir ce matin les pèlerins francophones. Que la recherche de la contemplation du mystère de Dieu qui anima les moines de Cluny soit aussi pour vous aujourd’hui un stimulant sur votre chemin vers Dieu et vers vos frères. Que Dieu vous bénisse !

20.08.2009

Les humanitaires à l'honneur: entretien avec Jacky Mamou

Le 19 août est désormais classé journée mondiale de l’aide humanitaire. Les Nations Unies ont voulu rendre hommage aux travailleurs humanitaires qui ont perdu leur vie en assistant des populations. Une date qui n’est pas un hasard, puisque le 19 août 2003, 22 membres des Nations Unies, dont le chef du bureau irakien de l'organisation Sergio Vieira de Mello, ont trouvé la mort dans un attentat à Bagdad…

 

Une spécialiste des affaires humanitaires de la Mission intégrée des Nations Unies pour le Timor-Leste discute avec le chef d’un camp pour personnes déplacées, de l’acheminement de l’aide humanitaire.

Une spécialiste des affaires humanitaires de la Mission intégrée des Nations Unies pour le Timor-Leste discute avec le chef d’un camp pour personnes déplacées, de l’acheminement de l’aide humanitaire.

Photo ONU/ Martine Perret, 2 avril 2009


Des victimes qui symbolisent une nouvelle réalité de terrain: la violence, de plus en plus meurtrière, des besoins qui ne cessent d’augmenter, des désastres climatiques exponentiels, une criminalité rampante et impunie. 2008 a atteint des records en terme de violences avec 260 travailleurs humanitaires victimes d'enlèvements et attaques, dont 122 ont trouvé la mort.


Souvent perçus comme des agents occidentaux, les humanitaires sont même devenus des cibles dans les pays à fort taux de kidnapping. Les pays les plus dangereux sont le Soudan, le Tchad, l'Afghanistan, le Pakistan et surtout la Somalie.


Jacky Mamou, président du collectif Urgence Darfour et ancien président de Médecins du Monde, revient sur le sens de cette initiative.

Cliquer ici pour écouter sur Radio Vatican: >>


Face à cette inquiétante évolution, Caritas Internationalis souhaite mettre l'accent sur les grands principes de base de l'aide humanitaire : l'impartialité (une aide basée sur des besoins réels, sans distinction de race, de religion ou de conviction politique), la neutralité (ne pas prendre parti dans les hostilités), l'humanité (tout être humain doit être traité humainement dans le respect de l'individu) et l'indépendance (définir et mettre en oeuvre ses propres politiques, indépendamment des politiques ou des actions gouvernementales).


 « En Afghanistan tout comme au Zimbabwe, en Géorgie, à Gaza, au Sri Lanka ou au Soudan, nous avons constaté que le libre accès aux zones de conflit ainsi que le respect du travail humanitaire étaient régulièrement bafoués. Or, il s'agit là de conditions essentielles pour pouvoir secourir les victimes de situations d'urgence. Nous demandons donc aux parties en conflit de profiter de cette première Journée Humanitaire Mondiale pour honorer leurs engagements, tels que définis dans la Convention de Genève » déclare Jan Weuts, coordinateur d'urgences de Caritas Internationalis

23.05.2009

Tous les chemins mènent à Rome. Même ceux qui viennent d'Asie

C'est ce que l'ambassadeur du Japon a expliqué à des diplomates de 16 pays d'Asie, réunis au Vatican pour étudier la politique internationale du Saint-Siège. Parce que la papauté aussi "est une grande puissance", même si elle est spéciale. Voici le texte inédit de sa conférence


par Sandro Magister






ROME, le 22 mai 2009 – Le cours se terminera demain par la remise des diplômes à 17 diplomates de 16 pays d'Asie. Il a commencé le 11 mai à l’Université Pontificale Grégorienne et s’est poursuivi par des sessions dans les palais du Vatican, les intervenants étant les plus illustres représentants de la politique du Saint-Siège.

Le sujet traité était en effet: "L’Eglise catholique et la politique internationale du Saint-Siège".

Lors du cours de 2007, le premier de la série, les élèves venaient de 19 pays musulmans de la Méditerranée et du Moyen-Orient. L’an dernier, ils venaient de 22 pays d'Afrique. Cette année, c’était le tour de l’Asie, avec des diplomates venus d’Afghanistan, d’Australie, du Bangladesh, du Cambodge, de Timor-Est, d’Indonésie, du Japon, de Corée, du Laos, de Malaysia, du Myanmar, des Philippines, du Sri Lanka, de Taïwan, de Thaïlande, du Vietnam.

Manquaient à l’appel les géants du continent: l'Inde et la Chine. Le Pakistan n’était pas présent non plus. Mais les organisateurs – au premier rang desquels le jésuite Franco Imoda, ancien recteur de l’Université Grégorienne – sont quand même satisfaits. Parmi les élèves figurent les représentants de pays asiatiques qui ne brillent pas par le respect de la liberté religieuse et qui n’ont même pas de relations avec le Vatican, mais qui ont tout de même jugé nécessaire d’étudier le sujet directement à la source, au quartier général du catholicisme mondial.

Le cours a été organisé par la Fondation Grégorienne et par l'Institut International Jacques Maritain, avec l’appui de quatre universités: l’Université Pontificale Grégorienne de Rome, la Georgetown University de Washington, la Libera Università Maria Santissima Assunta de Rome et la Sophia University de Tokyo. Le tout sous le patronage du Saint-Siège.

La partie initiale du cours a eu lieu à Rome et la partie finale à Turin, ville de l'industrie automobile où ont vécu de grands saints "sociaux" comme saint Jean Bosco. Les élèves ont pu y visiter des réalisations catholiques dans les domaines les plus variés, comme le Cottolengo pour l'assistance aux handicapés lourds et l'Arsenal de la Paix. Le dernier jour, ils ont fait une excursion au monastère de Bose et rencontré le prieur, Enzo Bianchi.

L'Asie est le continent le plus imperméable au christianisme, qui n’y est présent en masse que dans des lieux bien délimités, alors que dans d’autres endroits il est l’objet d’une forte opposition.

Le programme, très dense, comportait une conférence de l'ambassadeur près le Saint-Siège d’un grand pays asiatique, le Japon.

Son intervention, qui a eu lieu à l’Université Pontificale Grégorienne le 15 mai, est rapportée ci-dessous presque en entier. Elle est d’un grand intérêt parce qu’elle reflète la vision qu’a du Saint-Siège et de la papauté le représentant d’un pays dont la culture et les traditions sont très éloignées du christianisme.

Kagefumi Ueno, l'ambassadeur, est un penseur de formation bouddhiste et shintoïste. Il est en poste à Rome depuis novembre 2006.



L'Asie et le Saint-Siège

par Kagefumi Ueno

 

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En Asie, où des religions comme le bouddhisme, l'hindouisme, le taoïsme, le shintoïsme et l'islam sont dominants, le christianisme est généralement perçu comme "étranger" et les chrétiens sont minoritaires, sauf exceptions. Au Japon, par exemple, les catholiques représentent moins de 0,5 % de la population et il est très peu probable que ce chiffre augmente dans un proche avenir.

Dans ces conditions, les pays asiatiques ne donnent pas la priorité à leurs relations diplomatiques avec le Saint-Siège (ou avec le Vatican, terme que j’emploierai souvent pour faire court). Beaucoup d’entre eux n’ont établi de relations avec le Vatican que dans les dernières décennies. Le Japon a été l’un des premiers, puisqu’il l’a fait en 1942. Le Vatican y avait déjà établi un représentant 23 ans auparavant, en 1919, mais seulement pour les affaires religieuses, comme c’est aujourd’hui le cas pour la Malaysia, le Myanmar, Brunei et le Laos. De plus, beaucoup des pays asiatiques qui entretiennent des relations diplomatiques avec le Vatican n’ont pas de représentant à Rome. Ils chargent des relations avec le Vatican leurs ambassadeurs dans des pays proches comme la Suisse ou l’Allemagne. Certains pays asiatiques n’ont toujours pas établi de relations diplomatiques, comme la Malaysia, le Myanmar, le Vietnam, le Laos. Et dans les pays qui ont un représentant à Rome, le poste d’ambassadeur près le Saint-Siège est parmi les moins recherchés.

Pour comprendre les relations entre l’Asie et le Vatican, il est donc inévitable d’analyser les différences religieuses et culturelles. Feu le cardinal Hamao, un Japonais, avait souligné, il y a quelques années, qu’entre l’Asie et le Saint-Siège il y a une grande distance non seulement physique mais morale. Cette distance est-elle franchissable? Je crois qu’il est peu probable que ce sentiment de distance soit substantiellement diminué dans l’avenir proche, parce que les deux parties représentent des civilisations très anciennes et ont peu de motifs de les changer d’urgence.

La question est alors de savoir s’il est justifiable pour les Asiatiques de rendre plus prioritaires leurs relations diplomatiques avec le Vatican, étant entendu que le sentiment d’éloignement religieux entre les deux parties apparaît impossible à combler à brève échéance.

Ma réponse est: "Oui, c’est justifiable". Je vais dire pourquoi.


POURQUOI JE SUIS ARRIVE AU VATICAN


Avant d’aborder le sujet, je voudrais parler un peu de moi. Au cours des 10 ou15 dernières années, j’ai écrit bon nombre d’articles et d’essais dans des journaux et des revues, généralement pour comparer des cultures et des civilisations, et j’ai participé à des conférences et des séminaires au Japon et à l’étranger. En général mes interventions sont fondées sur ma philosophie bouddhiste-shintoïste.

J’ai étudié les cultures parce que je pense que, si nous ne connaissons pas les différences culturelles, et surtout les religions qui ont un impact substantiel sur les relations internationales, nous diplomates ne sommes pas capables de comprendre les pays dans lesquels nous travaillons.

Il y a trois ans, j’ai publié un livre d’études comparatives sur les "civilisations polythéistes" et les "civilisations monothéistes", dans lequel j’ai soutenu que, en général, la vision religieuse a un impact non négligeable sur la politique et la diplomatie.

Par un développement naturel de mon livre, j’ai souhaité discuter de sujets de civilisation avec le clergé de l’Eglise catholique, de préférence au Vatican. Voilà pourquoi, il y a trois ans, j’ai demandé à mon gouvernement de m’envoyer à Rome. "Vous êtes sûr?" m’a demandé avec un air étonné le vice-ministre auquel j’avais adressé ma demande. "Tout à fait sûr" ai-je répondu. Un mois plus tard, j’étais nommé.

Une fois en poste, à chaque fois que je rencontrais un responsable du Vatican, je lui parlais de mon souhait de dialoguer sur des questions de civilisation avec des hommes d’Eglise. Un jour, un cardinal m’a dit: "Mon cher ambassadeur, vous êtes vraiment au bon endroit, parce que c’est nous qui avons créé la civilisation occidentale". En quarante ans de vie diplomatique, c’était la première fois que je rencontrais quelqu’un qui s’exprimait avec autant de franchise.

Au cours des deux ans et demi qui ont suivi, j’ai eu des discussions sur des sujets de civilisation avec des personnalités de l’Eglise, à Rome. J’ai donné des interviews, écrit des essais, donné des cours sur les religions et les cultures. J’en suis satisfait. Mais il y a un problème. Je n’ai pas eu assez de temps pour écrire et étudier. Pourquoi?


SURPRISE. LE VATICAN OCCUPE PLUS QU’ON NE LE CROIT


La raison est que le Vatican mène une telle masse d’activités dont Tokyo doit être informé, que j’ai été occupé au-delà de ce que j’avais prévu. Je ne parle pas des activités religieuses mais des activités non religieuses. Après tout, comme ambassadeur d’un pays non chrétien, je ne suis pas tenu de suivre les affaires religieuses, mais seulement les non religieuses. Pourtant, je suis toujours occupé parce que le pape reçoit souvent des chefs d’état ou de gouvernement, des dirigeants d’organismes internationaux. Beaucoup d’entre eux viennent de pays non chrétiens. Je dois donc rédiger un rapport. Au cours des trois dernières années, par exemple, tous les chefs d’état ou de gouvernement des pays du G8 ont été reçus en audience par le pape, sauf le premier ministre japonais. Leurs rencontres avec le pape font l’objet d’une forte couverture par les médias internationaux, en plus de celle des médias nationaux, publicité qui à son tour encourage d’autres leaders à se rendre chez le pape. De ce point de vue, le Vatican exerce une sorte de magnétisme, il est un centre d’action internationale et de diplomatie. Quelques mois après mon entrée en fonctions, j’étais convaincu que le Vatican est un acteur important de la communauté internationale, même quand les aspects religieux sont laissés de côté.


QUATRE RAISONS POUR QU’UN PAYS AIT DES DIPLOMATES A ROME


D’après mon expérience, il y a au moins quatre raisons de penser que le rôle international du Vatican est élevé et significatif, ce qui justifie que même des pays non chrétiens aient des diplomates en poste ici, à Rome. Je vais exposer ces raisons l’une après l’autre.


Facteur 1. Le pouvoir moral


Début janvier 2007, quelques mois après mon arrivée ici, tous les diplomates, dont moi et mon épouse, ont été invités par le pape à écouter son discours de début d’année sur la situation internationale, dans la Salle Royale du Palais Apostolique, là où trois jeunes représentants japonais rencontrèrent le pape Grégoire XIII en 1595, dix ans à peine avant que le Japon n’interdise le christianisme. Dans la Salle Royale, comme chaque année, le pape s’est adressé aux diplomates en français. Son discours a duré environ trois quarts d’heure. Presque toutes les questions importantes ont été abordées, depuis des sujets globaux comme la pauvreté, le désarmement, les actions de paix, le règlement des conflits, les droits de l’homme, les minorités, les migrations, le changement climatique, jusqu’aux problèmes régionaux en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie du Sud et ainsi de suite. Le pape a traité environ 45 sujets importants. Le lendemain, son message était transmis dans le monde entier, avec un impact sur  la société internationale, tandis que mes services rédigeaient un rapport détaillé pour Tokyo.

A travers son message, j’ai vu la volonté du pape de jouer un rôle de "gardien" de la société internationale. Si l’on écoute son discours sans savoir qui parle, on peut penser que l’auteur est le secrétaire général des Nations Unies. Oui, les deux personnages ont un rôle semblable, en ce sens que le pape et le secrétaire général de l'ONU jouent tous les deux un rôle important de "gardiens de la morale internationale".

Bien sûr, les discours du pape retiennent l’attention du monde parce qu’il représente 1,1 milliard de catholiques. Mais, plus fondamentalement, on pense que son pouvoir moral et son autorité morale ont été renforcés à partir du moment où, en 1870, le Vatican a perdu presque tout son territoire. Jusqu’à cette époque, les possessions du Saint-Siège s’étendaient à la moitié de l’Italie et, en ce sens, il était une puissance temporelle comme l’Espagne et la France. En tant qu’état temporel, il avait des intérêts financiers à protéger. Il avait le devoir de protéger des citoyens et un territoire. Il avait des intérêts nationaux dont il devait prendre soin. Mais la perte de son territoire l’a libéré de ses "intérêts nationaux". Quand on écoute le président des Etats-Unis ou celui de l’Inde, on interprète naturellement leurs discours comme concernant leurs intérêts nationaux. Mais quand le pape parle d’affaires internationales, on n’interprète plus ses discours comme cachant les intérêts nationaux du Vatican. Cela permet au Saint-Siège de parler des questions internationales d’un point de vue humanitaire, éthique, moral. Paradoxalement, en perdant son pouvoir séculier, le Vatican a accru son pouvoir moral.

Compte tenu du fait que les discours du pape sont diffusés par les médias à l’échelle mondiale, on peut aussi dire que le pape est l’un des "opinion leaders" les plus significatifs et les plus efficaces.

Les messages du pape retiennent-ils l'attention des grandes puissances et des autres acteurs internationaux majeurs, sa voix a-t-elle un impact sur eux ? Ma réponse est double. C’est "non" à court terme et "oui" dans une perspective plus longue. On sait que Jean-Paul II avait exprimé avec force ses objections au président Bush avant que celui-ci ne décide d’attaquer l'Irak en 2003. Sur le moment, l'appel du pape n’avait pas été pris en considération par les Etats-Unis, mais cela n’avait pas diminué la valeur des paroles et des actes du pape. En fait, le fait que le pape ait fait une proposition que les Etats-Unis n’ont pas voulu écouter démontre le rôle important du Saint-Siège. Je suis convaincu que la communauté internationale a besoin d’un gardien moral comme lui ou le secrétaire général de l'ONU. Personne d’autre ne peut le remplacer dans ce rôle. En ce sens, le pape doit être considéré comme une ressource, un bien public international. Pas parce qu’il est le chef de l’Eglise catholique, mais parce qu’il est capable de diffuser partout des messages humanitaires, moraux.

En mars 2009, mon gouvernement a invité au Japon Mgr Mamberti, le ministre des Affaires étrangères du Vatican. Il a eu deux heures et demie d’entretien avec le ministre japonais des Affaires étrangères, H. Nakasone, qui a abordé presque toutes les grandes questions internationales. Après l’entretien, Nakasone m’a dit qu’il avait apprécié et aimé le dialogue avec le Vatican, qu’il avait trouvé direct et un peu différent des dialogues avec les états temporels. En particulier, il avait été frappé par la vision qu’avait le Vatican de la crise économique mondiale, à savoir que cette crise avait été causée et aggravée parce que les milieux financiers avaient cherché exagérément leur intérêt, en laissant de côté toute considération morale. La visite de Mgr Mamberti a été d’autant plus importante que c’était la première visite officielle d’un ministre des Affaires étrangères du Vatican au Japon depuis l’établissement des relations diplomatiques, il y a 67 ans.


Facteur 2. Le pouvoir de faire circuler les messages


En novembre 2006, j’ai présenté au pape mes lettres de créance émanant de l'empereur du Japon. Pendant environ un quart d’heure, j’ai eu avec lui une agréable conversation en tête à tête dans sa bibliothèque privée. Notre conversation a porté, entre autres, sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Le jour même et le lendemain, une grande partie des médias du monde, nationaux et internationaux, grands et petits, ont parlé de notre conversation, en donnant bien sûr plus d’importance aux propos du pape. En Corée, c’était le sujet d’ouverture des journaux télévisés du soir, avec mon épouse et moi en kimono. Les reportages de la télévision coréenne ont été retransmis par la télévision japonaise.

La nouvelle a été diffusée non seulement par les grands médias mais aussi par de très nombreux médias catholiques locaux du monde entier, en Asie, dans les deux Amériques, en Europe, etc.

Par la suite, j’ai donné des interviews au quotidien du Saint-Siège, "L'Osservatore Romano" et à des sources comme Zenit, "Inside the Vatican" et EWTN. A nouveau, j’ai constaté que les interviews que j’avais accordées à Rome étaient évoquées et diffusées en de nombreux points de chaque continent par les médias catholiques locaux. Par exemple, le réseau télévisuel EWTN est relié à des centaines de chaînes aux USA et en Amérique latine. Donc, une déclaration faite sur EWTN atteint de nombreux endroits des deux Amériques.

De ce point de vue, j’ai découvert que le Vatican a de bonnes raisons d’être "provoqué" par les diplomates asiatiques.


Facteur 3. Le pouvoir intellectuel


Un autre aspect surprenant est la fréquence des séminaires et colloques organisés par divers organismes et institutions du Vatican, avec la participation de cerveaux du monde entier.

Par exemple, l’académie pontificale des sciences tient son assemblée de chercheurs tous les deux ans. En novembre dernier, elle a tenu une session plénière sur "L'évolution de l'univers et des êtres humains", au cours de laquelle d’éminents savants de nombreux pays ont discuté de ce sujet pendant quatre jours selon différents points de vue scientifiques. Ayant assisté à quelques séances, j’ai été impressionné. Après l'inauguration de la session plénière, le pape a remis une médaille à une douzaine de nouveaux membres, dont un chercheur japonais et trois ou quatre prix Nobel.

Ces deux dernières années, des séminaires qui m’ont intéressé concernaient l'islam, les droits de l’homme, le darwinisme, le soin des enfants, l'eugénisme, etc.

Bref, le Vatican dispose d’un système qui donne au pape accès aux opinions des meilleurs cerveaux du monde, ce qui enrichit encore ses messages et renforce ses pouvoirs moraux.

En ce sens, le Vatican n’est pas qu’un état, c’est aussi un ensemble de "think tanks", eux-mêmes en réseau avec de nombreux "think tanks" éminents du monde entier. Le Saint-Siège fonctionne comme un carrefour d’intellectuels, qui donne à ceux-ci l’occasion de discuter et d’échanger des points de vue. Dans ce contexte aussi, le Vatican offre des biens publics.

A ce sujet, une difficulté devrait être traitée, spécialement en ce qui concerne les diplomates asiatiques : beaucoup de ces séminaires ont lieu uniquement en italien, rarement en anglais. Cela peut décourager certains diplomates asiatiques d’y participer. Si ce système était changé, beaucoup d’entre eux seraient plus attirés et s’y rendraient.


Facteur 4. Le pouvoir de l’information


Parce que l’Eglise catholique est présente presque partout dans le monde en tant qu’Eglise universelle et qu’il y a des prêtres et des religieuses catholiques à peu près partout, l’Eglise catholique en général et le Vatican en tant que son "hub" – passent pour être informés de tout ce qu’il se passe d’important dans le monde.

Beaucoup d’ambassadeurs en poste ici disent que c’est le "poste d’écoute". Par exemple, les Etats-Unis ont établi des relations diplomatiques avec le Saint-Siège en 1984. Pas en 1884! En tout cas, dès le milieu du XIXe siècle, on discutait avec animation, à Washington, pour savoir s’il fallait ou non avoir des relations officielles avec le Vatican. Ceux qui étaient pour affirmaient que, au Vatican, si l’on participait à des dîners et des réceptions tous les soirs, on pouvait être informé de la situation en Europe. La majorité des protestants répugnaient beaucoup à se lancer. Il a encore fallu 130 ans avant que les relations officielles ne soient établies.

Même chose au Japon. Le Vatican ayant établi un délégué à Tokyo pour les affaires religieuses en 1919, on a commencé à y discuter pour savoir s’il fallait ou non établir des relations diplomatiques avec le Saint-Siège. Ceux qui étaient pour assuraient que c’était opportun parce que le Vatican passe pour être une source fiable d’informations. Mais les chefs religieux du bouddhisme et du shintoïsme étaient contre. Il a fallu encore 23 ans avant que les relations diplomatiques ne soient finalement établies.

Mais, même si le Vatican a des "oreilles énormes", cela ne garantit pas que tout le monde ait accès à ses informations. Les diplomates du Vatican ressemblent à la description qu’en font beaucoup d’ambassadeurs: calmes, discrets, prudents, mais surtout précautionneux. Il faut être très habile pour leur faire dire quelque chose de substantiel.


UN MOT POUR CONCLURE


Illustres collègues diplomates, Un ambassadeur occidental m’a dit: "Par la taille, le Vatican est petit comme la Principauté de Monaco, mais par l’influence il est grand comme la Chine". Un autre ambassadeur l’a décrit comme "la plus petite des grandes puissances". Compte tenu de cela, les pays d'Asie qui n’ont pas de relations diplomatiques avec le Saint-Siège ou ceux qui n’ont pas à Rome d’ambassadeur résident sont invités à étudier les avantages de s’établir ici, en dehors de la distance religieuse et culturelle qui les sépare.

On pourrait m’objecter que faire abstraction des éléments religieux du Vatican est trop artificiel. Mais je suis convaincu que ma manière de voir peut s’avérer convaincante, en ce sens qu’elle me permet de démontrer qu’il est opportun que le Vatican ait des liens avec les pays d’Asie, pas en tant que quartier général du catholicisme mais en tant qu’important acteur diplomatique.

Bref, la haute stature internationale du Vatican est une "réalité du présent". Jusqu’à maintenant, beaucoup de pays d’Asie semblent l’avoir négligé ou sous-estimé. Il serait bon qu’ils portent sur cette réalité un regard un peu plus stratégique et qu’ils fassent un net pas en avant.

On pourrait en dire autant à propos du Vatican. Le rôle international accru de beaucoup de pays asiatiques est également une "réalité du présent", que le Vatican semble avoir quelque peu négligé jusqu’à présent. Peut-être parce que le Vatican reste trop eurocentrique, bien qu’il se dise universel. La faible présence et la faible représentativité des diplomates asiatiques en poste ici sont peut-être en partie dues à l’attention limitée (je veux dire l’attention diplomatique) que le Vatican a jusqu’à présent accordée à ce continent. Un exemple symbolique est le fait qu’à ce cours pour diplomates asiatiques il n’y a d’ambassadeur ni de New Delhi ni de Pékin. Dans beaucoup d’autres forums internationaux, les Asiatiques sont beaucoup plus présents.

A cet égard, il serait souhaitable que le Vatican prenne des initiatives pour inviter les diplomates asiatiques à se lier d’amitié. Il serait bon qu’il agisse de plus en plus pour accroître et stimuler l’intérêt des Asiatiques pour le Vatican dans les années à venir. Mais comment?

Il y a deux domaines dans lesquels, à mon avis, le Vatican peut intensifier son approche et, par là, accroître l’intérêt qu’il inspire aux Asiatiques.

Le premier élément-clé est de comprendre plus en profondeur les mentalités des Asiatiques, en étudiant leurs langues et leurs cultures, comme le fit au Japon, il y a plus de quatre siècles, A. Valignano, jésuite et missionnaire italien originaire de Chieti.

Le second est une condition minimum, à introduire au moins dans le milieu diplomatique: passer de l'italien à l’anglais comme langue de travail prioritaire ici à Rome. Un recours excessif à l'italien peut décourager les diplomates asiatiques de chercher des contacts avec le Vatican, alors qu’un recours plus important à l’anglais les faciliterait.

En un mot, si le Saint-Siège n’a pas de rapports plus intenses avec l'Asie, il ne peut pas être vraiment "universel".

Cela dit, je ne pense pas que l’effort pour renforcer les relations n’incombe qu’au Vatican. Des initiatives asiatiques sont également indispensables. Il devrait y avoir une symétrie d’initiatives. Après tout, les relations ne peuvent devenir plus profondes, plus larges et plus rapprochées que quand les deux parties, les Asiatiques et le Vatican, et non une seule partie, font davantage pour renforcer et améliorer leurs relations.

Une dernière remarque avant de terminer. Si je ne me suis pas référé aux dialogues interreligieux menés par le Vatican et d’autres institutions catholiques – dialogues en eux-mêmes tout à fait valables – c’est parce que, pour esquisser un modèle simple et compréhensible hors du Vatican, j’ai jugé raisonnable d’exclure les facteurs religieux et de me concentrer uniquement sur les aspects non religieux.



Les articles consacrés par www.chiesa aux deux cours précédents, en 2007 et 2008:

> Une formation pour les diplomates africains: voilà comment est faite l'Eglise (19.6.2008)

> Les diplomates musulmans vont à l'école. Chez les jésuites (18.6.2007)


Les actes du cours de 2007 ont été publiés en un volume, sous la direction de la Fondation Européenne Dragan:

Franco Imoda, Roberto Papini (éd.), "The Catholic Church and the International Policy of the Holy See / L'Eglise Catholique et la Politique Internationale du Saint-Siège", Editions Nagard, Milan, 2008, 344 pp., 10,00 euros.




Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

18.05.2009

Regna Coeli: le Pape rend grâce

CITE DU VATICAN, 17 MAI 2009 (VIS). Ce dimanche, après le Regina Coeli récité avec les fidèles, Benoît XVI a évoqué son récent pèlerinage en Terre Sainte, remerciant tous ceux qui ont rendu possible "un aussi important voyage", en particulier le Patriarcat latin et les évêques de Terre Sainte, la Custodie, les gouvernements et les forces de l'ordre de Jordanien, d'Israël et des Territoires palestiniens. Mais aussi tous les fidèles qui l'ont accompagné dans la prière:

"Mon pèlerinage aux lieux saints a d'abord été une visite pastorale auprès des communautés locales, mais aussi un service à l'unité des chrétiens et au dialogue avec les juifs et les musulmans, un service à la paix. La Terre Sainte est le symbole de l'amour de Dieu envers son peuple et envers l'humanité, un symbole de la liberté et de la paix qu'il veut pour tous ses fils... L'histoire, aujourd'hui comme hier, montre aussi qu'elle peut devenir le symbole du contre, de la division et de conflits fraternels interminables. Comment est-ce possible? ... alors même qu'un mystérieux dessein divin concerne cette région du monde...où Dieu a envoyé son fils en victime expiatoire de nos péchés".

La Terre Sainte

"a également été appelée Cinquième Evangile car on peut y toucher la réalité de l'histoire de Dieu avec les hommes, des lieux où vécut Abraham à ceux de Jésus... Elle est un microcosme résumant le cheminement de l'humanité aux côtés de Dieu".

 

Puis le Pape a évoqué la dramatique situation srilankaise, assurant de son affection et de sa solidarité les civils otages de la zone des combats.

"Il s'agit de milliers d'enfants, de femmes et de personnes âgées auxquels la guerre a tout pris, des années de vie et d'espérance. Je veux lancer un pressant appel aux belligérants afin qu'ils facilitent l'évacuation" des civils et des blessés, "m'unissant ainsi au Conseil de sécurité qui vient de réclamer des garanties quant à la sécurité de la population locale... Je demande aussi aux institutions humanitaires, y compris les catholiques, de faire tout leur possible pour répondre aux urgences alimentaires et médicales des réfugiés".

(VIS)

25.07.2008

Sri Lanka: Deux modèles missionnaires pour l’Eglise

ASIE/SRI LANKA - Deux modèles missionnaires pour l’Eglise au Sri Lanka : saint Paul et le bienheureux Joseph Vaz

http://www.archgoadaman.org/Dioceses/img/Joseph-Vaz.gif

 

Colombo (Agence Fides) – Deux figures éminentes constituent un point de repère et un modèle pour l’engagement missionnaire de l’Eglise au Sri Lanka, dans toutes ses composantes, prêtres, religieux et laïcs : saint Paul et le bienheureux Joseph Vaz (1656-1711, photo), qualifié d’apôtre du Sri Lanka. C’est ce qu’affirment les évêques de l’ex Ceylan qui, en cette Année paulinienne proclamée par Benoît XVI, ont attiré l’attention des fidèles sur deux personnages qui peuvent inspirer et donner un nouvel élan à l’évangélisation de l’île, dans une phase de conflit, de souffrance et de résignation du peuple sri lankais.

Dans un message diffusé à toutes les paroisses à l’occasion de l’Année saint Paul, la Conférence épiscopale a rappelé et rapproché les deux personnages : l’un à cause de sa valeur universelle, l’autre à cause de son engagement particulier qui a donné naissance à la communauté catholique au Sri Lanka.

En effet le P. Joseph Vaz, prêtre d’origine indienne, est arrivé au Sri Lanka déguisé en ouvrier agricole, il a vécu comme un mendiant et a rendu service en secret à l’Eglise : la pratique du catholicisme avait été interdite, mais Joseph, s’exposant à différents dangers, a aidé ceux qui se trouvaient en difficulté, a pris soin des victimes de la variole, a servi son prochain au nom du Christ, annonçant l’Evangile aux malades et aux pauvres, gardant vive la flamme de la foi sur l’île.

Le P. Joseph a été reconnu par l’Eglise comme celui qui a permis la renaissance du christianisme sur l’île et est considéré comme le “fondateur” de l’Eglise sri lankaise : à cause de son effort missionnaire, le Pape Jean-Paul II, lors de sa béatification – en 1995 pendant son voyage apostolique aux Philippines, en Papouasie Nouvelle-Guinée, en Australie et au Sri Lanka, pour les Xe Journées Mondiales de la Jeunesse – a qualifié le bienheureux Joseph de “saint Paul du Sri Lanka”.

L’Eglise du Sri Lanka a démarré en janvier 2008 le triennat de préparation au troisième centenaire de sa mort, qui aura lieu en janvier 2011.

“Autant saint Paul que le bienheureux Joseph Vaz ont annoncé avec zèle la Parole de Dieu, insouciants des menaces et des persécutions : Paul s’est sacrifié jusqu’au martyre, tandis que la vie du bienheureux a été un martyre continu”,

ont écrit les évêques, en invitant les fidèles à “imiter, étudier et suivre ces deux grands hommes de Dieu”, dans des rencontres et séminaires à organiser au niveau diocésain, dans les écoles, les paroisses, les mouvements et les associations.

Les évêques ont fait leurs les paroles de Jean-Paul II :

“Le Père Vaz était un fils de l’Asie qui est devenu un missionnaire en Asie. L’Eglise a besoin aujourd’hui plus que jamais de missionnaires comme ceux-ci”,

rappelant à tous le mandat de Dieu de proclamer “un royaume de vérité et de vie, un royaume de sainteté et de grâce, un royaume de justice, d’amour et de paix”, pour mettre fin définitivement à la violence tragique qui traverse le pays.

(Agence Fides 24/7/2008)

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23.04.2008

Sri Lanka: lutte dans l'Eglise pour la mort d'un prêtre catholique

ASIE/SRI LANKA - Lutte dans l’Eglise srilankaise pour la mort d’un prêtre catholique, victime du conflit

 L'image “http://www.tamilsnews.tv/video_img/InterviewKarunar.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Colombo (Agence Fides) - Une autre victime du conflit civil au Sri Lanka: il s’agit du prêtre catholique M.X. Karunaratnam, activiste pour les droits de l’homme, faiseur de dialogue et de réconciliation. Il a été tué le 20 avril à Ambalkulam (diocèse de Jaffna) au milieu des combats à feu entre les partis en conflit.

Toute l’Eglise du Sri Lanka a exprimé sa douleur pour la mort d’un prêtre qui a dédié toute sa vie à la construction de la paix pour son peuple.

Les funérailles du p. Karunaratnam ont lieu aujourd’hui, le 22 avril, à l’église de Vannivi'laangku'lam, de laquelle il était curé, tandis qu’une messe de Requiem se tiendra ensuite à la cathédrale de Sainte Marie à Jaffna, avec la participation de nombreux évêques, prêtres, religieux et laïcs.

Les fidèles de sa paroisse le rappellent comme le Pasteur qui s’inquiétait de la vie de son troupeau en toutes circonstances, venant à la rencontre de ceux qui sont dans le besoin spirituel et matériel, spécialement des réfugiés qui ont perdu leur maison et les moyens de survivre en raison du conflit. Les évêques ont exprimé leur condoléances à la famille du prêtre et à l’évêque de Jaffna, Mgr. Thomas Savundranayagam, en promettant des prières et en invoquant la fin du conflit civil.

Le prêtre a été touché tandis qu’il était dans sa voiture, dans un territoire objet de rencontres entre l’armée et les rebelles tamil. La région de Jaffna, diocèse auquel il appartenait, au Nors du pays, est un des repères des Tigres Tamil. Selon les information diffusées par la guérilla, il aurait été touché par une mitraille des soldats de l’armée régulière. D’autres reconstitutions parlent de l’explosion d’une mine qui aurait détruit la voiture.

Le prêtre était président de l’organisation “North East Secretariat on Human Rights”, qui avait dénoncé les violations et les abus de la guerre et fourni assistance psychologique aux populations restées victimes du conflit.

Le “National Peace Council of Sri Lanka”, composé de catholiques et de membres d’autres religions, engagés ensemble pour la paix, a exprimé sa profonde tristesse, en rappelant le dévouement du prêtre pour les victimes de la guerre. Le Conseil a insisté sur le prix élevé que les religieux, les activistes pour les droits de l’homme, les volontaires, les membres des ONG sont en train de payer dans ce conflit civil. “P. Karunaratnam - se rappelle-t-il - a oeuvré infatigablement pour la paix et la protection des droits de l’homme dans le Nord-Est du Sri Lanka, dénonçant le recluement des enfants-soldats de la part des guérillas tamil, oeuvrant par tous les moyens possibles pour leur libération”, mais en signalant aussi les violations des droits de l’homme commises par l’armée envers la minorité tamil.

Parmi les victime du conflit au Sri Lanka on compte plusieurs prêtres et laïcs catholiques. P. Nicholaspillai Packiyaranjith a été tué le 26 septembre 2007, par l’explosion d’une mine à Kalvi'laan, tandis qu’il apportait des aides humanitaires aux orphelins de Vidathalvu. P. Jim Brown, 34 ans, a été tué en août 2006, avec le laïc catholique Vimalathas, père de cinq enfants.

La guerre civile a enregistré plus de 3.000 morts depuis le début de 2008 tandis que le conflit, commencé en 1983, a fait environ 70.000 victimes.

 
(Agence Fides 22/4/2008)
 
Lire aussi :  
 
 

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22.04.2008

Sri Lanka: prêtre catholique tué (2)

“J’ai personnellement connu père Karunaratnam. En 2005 je l’ai rencontré au bureau de l’Onu à Jaffna quand je travaillais pour un projet humanitaire ; c’est une personne vraiment admirable, un défenseur sans peur des droits humains et un vrai ami des opprimés. Celui qui a commis ce crime horrible peut avoir tué sa dépouille mortelle mais son exemple continue de vivre”.


Fr Karunaratnam

 
Il s’agit d’un des commentaires de lecteurs publié sur le blog du quotidien ‘Daily Mirror’, signé Navalan, le jour de la mort du prêtre catholique et président fondateur du Secrétariat nord-oriental des droits humains (Nesohr), tué par une mine qui a explosé sur la route alors qu’il rentrait à Vanni après avoir célébré la messe dans la paroisse de Mankulan.
 
Un lecteur qui a signé Alagendran, évoque une phrase de père Karunaratnam dans le dernier rapport du Nesohr, diffusé il y a quelques jours:
“La chose la plus décevante est de constater que le gouvernement du Sri Lanka continue de défendre une situation totalement inacceptable, en dépit des nombreux rapports documentant les violations des droits humains contre les civils tamouls”.
L’accident est survenu sur le territoire contrôlé par les rebelles des Tigres de libération de l’Eelam tamoul (Ltte), qui l’attribuent à une unité spéciale de l’armée qui se serait introduite dans la zone pour déposer l’engin ayant tué le prêtre au passage de son véhicule.
 
L’armée rejette fermement l’accusation, affirmant qu’aucun de ses hommes n’est présent dans le secteur occupé par les rebelles. À cause du conflit en cours depuis trois décennies, le territoire du nord du pays est concerné par une densité élevée de mines.
 
La mort du prêtre a donné lieu à de nombreux commentaires sur le blog du quotidien cinghalais publié à Colombo, la capitale. Ils condamnent tous l’homicide du religieux, bouleversés par le geste sacrilège:
“L’assassinat d’un religieux est un pêché qui ne peut plus être pardonné”,
 écrit un lecteur signant Chandia.
 
(MISNA)

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Sri Lanka: prêtre catholique tué (1)

"Père X. Karunaratnam, président du Secrétariat des droits de l'homme du Nord-est (Nesohr), a été tué dimanche par l'explosion d'une mine sur la route entre Mallavi et Vavunikkulam placée par une unité des forces armées du Sri Lanka", lit-on dans un communiqué diffusé par les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (Ltte) et repris par "Ians" (Indo Asian News Service).

http://www.atbc.net.au/home/FrKarunaratnam.jpg

Les rebelles autonomistes y dénoncent l'assassinat d'un prêtre catholique sur leur territoire.
"Père Karunaratnam était le fondateur de Nesohr, l'organisation des droits de l'homme la plus célèbre parmi celles qui opèrent dans les zones administrées par les Ltte. Il avait travaillé à Jaffna jusqu'en 2006, lorsque l'Église le transféra à Wanni, craignant pour sa vie",
ajoute le communiqué des rebelles.
 
L'armée a rejeté cette dernière accusation et affirmé ne pas être présente dans la zone de Wanni, tout en annonçant le meurtre de 16 personnes au moins lors de récents combats dans le Nord.
 
Dimanche, le ministère de la Défense de Colombo a rapporté avoir conduit "avec succès" des raids aériens dans le Nord à l'encontre de positions rebelles : selon les Tigres, seul un village qui avait été reconstruit grâce à la Croix Rouge allemande suite au tsunami de décembre 2004 aurait été touché, avec deux civils blessés et une vingtaine de bateaux de pêche détruits.
 
(MISNA)

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16.04.2008

Sri Lanka: appel des évêques pour protéger le sanctuaire marial de Madhu

ASIE/SRI LANKA - Nouvel appel des évêques pour protéger le sanctuaire marial de Madhu

 

La statue de la Vierge de Madhu, qui a pu être sauvée à temps, avec l'évêque de Mannar
Source: Evêché Mannar

  

Colombo (Agence Fides) - Sauver le sanctuaire marial Madhu de la violence et de la destruction: c’est actuellement la plus grande préoccupation des évêques du Sri Lanka, qui ont rappelé dans un communiqué officiel l’urgence de protéger le lieu sacré pour les fidèles catholiques de l’île, mais aussi apprécié et fréquenté -comme lieu de paix et de réconciliation- par des croyants d’autres religions.

Le sanctuaire s’élève dans le centre de l’île, dans une région contrôlée par les rebelles Tamil, où s’affrontent des troupes de l’armée et des groupes de guérilléros. Des canonnades et des tirs ont déjà touché le complexe du sanctuaire, détruisant une chapelle et contraignant l’Evêque Rayappu Joseph (voir photo) à déplacer temporairement l’ancienne statue de la Vierge Marie du sanctuaire, pour la mettre dans un lieu plus sûr.

Les évêques ont élevé la voix, écrit au gouvernement, organisé une procession de prières, pour signaler le danger à l’opinion publique. Ces dernières années le sanctuaire a été considéré comme « zone franche » et a été épargné du conflit. Aujourd’hui cette sacralité semble perdue et la Conférence épiscopale, qui s’est réunie récemment pour examiner la question et chercher des solutions, a renouvelé l’appel à cesser les combats dans la région où s’élève le sanctuaire.
 
Le transfert de la statue de la Vierge, rappelle le texte, a eu lieu pour des raisons de sécurité et non pour seconder les pressions des rebelles (comme l’ont dit certains médias) : elle reviendra dès que les conditions le permettront.

Le sanctuaire marial de Madhu, dans le diocèse de Mannar, est depuis toujours un sanctuaire de prière respecté et fréquenté par des fidèles catholiques et d’autres religions. Les évêques du pays ont toujours demandé de laisser Madhu zone démilitarisée, garantissant la sécurité des pèlerins et des réfugiés. Depuis 1990 en effet, les 160 hectares de terrains entourant le sanctuaire ont accueilli des milliers de réfugiés de guerre, devenant un véritable camp de réfugiés.

L’histoire du sanctuaire commence il y a plus de quatre siècles. Les origines remontent à 1544, quand le roi de Jaffna, Sankili, fit massacrer 600 chrétiens de Mannar (convertis par les portugais, débarqués à Ceylan en 1505), craignant l’expansion de l’influence portugaise. Plusieurs fidèles, échappés au massacre, fondèrent dans la jungle un petit lieu de prière, y mettant la statue qui maintenant se trouve dans le Sanctuaire.

Par la suite les Hollandais, débarqués à Ceylan en 1656, commencèrent à leur tour une persécution des catholiques. Trente familles catholiques, cherchant refuge de village en village et emportant avec elles la statue, s’établirent en 1670 dans la localité de Maruthamadhu, lieu où s’élève actuellement le sanctuaire. D’autres catholiques se réunirent dans ce lieu. La renommée de la Vierge de Madhu, guérisseuse et protectrice contre les morsures de serpents, se diffuse dans toute Ceylan. Avec l’arrivée du Père Joseph Vaz sur l’île en 1687 le catholicisme refleurit, et en 1706 Madhu est mentionnée comme centre missionnaire. La construction actuelle fut commencée par Mgr Bonjean, qui en 1872 posa la première pierre du sanctuaire. Le légat pontifical couronna la statue en 1924 au nom du pape Pie XI. La consécration de l’Eglise remonte à 1944.
 
(Agence Fides 15/4/2008)
 

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