21.02.2011

Annuaire pontifical 2011: le nombre de catholiques dans le monde a augmenté

annuaire pontifical.JPGL'édition 2011 de l'Annuaire pontifical a été présenté ce samedi matin au Pape. La présentation de ce volume est toujours accompagnée d'une série de statistiques sur l'évolution de la présence catholique dans le monde. 


On constate que le nombre des catholiques a augmenté de 1,3% dans le monde, soit quinze millions de plus en 2009 par rapport à 2008. La distribution des fidèles varie sensiblement d’un continent à l’autre. Ainsi les Amériques comptent désormais 49,4% de la population catholique mondiale, arrivant loin devant l'Europe qui en rassemble un sur quatre.

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27.04.2010

Annuaire statistique de l'Eglise catholique - nouvelle édition

CITE DU VATICAN, 27 AVR 2010 (VIS). La nouvelle édition de l'Annuaire statistique de l'Eglise fournit les données relatives à la situation et aux actions qu'elle a mené entre 2000 et 2008 dans les différentes régions du monde.

 

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  Les catholiques sont passés en neuf ans de 1.045 millions à 1.166 millions (+ 11,5 %). Si la présence des catholiques est stable en Europe (+ 1,17 %), leur croissance est de 10,9 % en Amérique et en Océanie, de 15,6 % en Asie et de 33% en Afrique. Les catholiques européens sont passés de 26,8 % du total à 24,3 %.

 Toujours de 2000 à 2008, le nombre des évêques est passé de 4.541 à 5.002 (plus 10,98 %). Le clergé diocésain et religieux s'est légèrement accru (augmentation mondiale de 0,98 %), passant de 405.178 à 409.166 unités. Si en Afrique et en Asie le nombre des prêtres croît de 33.1 % et  de 23,8 %, en Amérique il reste stable tandis qu'il baisse en Europe et en Océanie baissent de 7 % et 4 %. Le nombre des prêtres séculiers gagne 3,1%, passant de 265.781 à 274.007, tandis que les religieux continuent de décroître (- 3 %). De 136.000 ils sont passés à 135.159. Le clergé européen diminue encore. En 2000 il est à 51 % du total, et à 47 % en 2008. L'Asie et l'Afrique sont passées de 17,5 % à 21, 9 %, pendant que l'Amérique tourne autour des 30 % du total.

  Les religieux non prêtres étaient 55.057 pour aujourd'hui 54.641. En Europe on enregistre une forte diminution (- 16,57 %) ainsi qu'en Océanie (- 22,06 %), tandis que l'Amérique est stable et que l'Asie et l'Afrique augmentent (+ 32 % et + 10,4 %). Les religieuses sont  pratiquement le double des prêtres et quatorze fois plus que les religieux, même si leur nombre diminue, passant de 800.000 en 2000 à 740.000 en 2008: 41 % sont en Europe, 27,4 % en Amérique, 21,7 % en Asie, et 1,2 % en Océanie. Les religieuses augmentent dans les continents dynamiques que sont l'Afrique (+ 21 %) et l'Asie (+ 16 %).

  L'Annuaire enregistre aussi l'évolution du nombre d'étudiants et de séminaristes, diocésains comme religieux. Leur nombre global a augmenté en neuf ans de 110.583 à 117.024. Par contre, alors qu'en Afrique et en Asie les candidats au sacerdoce sont plus nombreux, l'Europe subit une flexion.

 

Lien vers l'annuaire statistique

29.03.2010

Attaques contre le pape : le décryptage du sociologue Massimo Introvigne

Sous le titre « Cosa c'è dietro gli scandali ? », le sociologue italien Massimo Introvigne (photo) démonte dans l’Osservatore romano le mécanisme de la « panique morale » entrepris par ceux qui veulent discréditer l’Église dans sa lutte contre la permissivité morale. Un document exceptionnel traduit par Liberté politique.

 

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On reparle de prêtres pédophiles, de rumeurs et d’allégations qui se rapportent à l'Allemagne, en persistant à tenter d'impliquer des personnes proches du Pape. Je crois que la sociologie a beaucoup à dire et ne devrait pas garder le silence par crainte de déplaire. Le débat actuel sur les prêtres pédophiles — considéré du point de vue du sociologue — est un exemple typique de « panique morale ». Le concept est né dans les années 1970 pour expliquer la manière dont certains problèmes sont l'objet d'une « hyperconstruction sociale ».

 

 

Panique morale

Plus précisément, la « panique morale » a été définie comme un problème socialement construit, caractérisé par une amplification systématique des données réelles, tant dans la représentation médiatique que dans le débat politique. D’autres faits saillants ont été cités comme typique de la « panique morale ». D’abord, les problèmes sociaux qui existent depuis des décennies sont reconstruits dans les médias et les discours politique comme des « nouveautés », objet d'une prétendue croissance spectaculaire récente. Deuxièmement, leur impact est amplifié par le folklore des statistiques qui, bien que non confirmées par des études scientifiques, se répètent d'un milieu à l’autre pour inspirer les campagnes médiatiques.

Philip Jenkins a souligné le rôle des entrepreneurs de « panique morale » dont les intentions ne sont pas toujours déclarées. La « panique morale » n'est bonne pour personne. Fausser la perception des problèmes compromet l'efficacité des mesures qui devraient les résoudre. Soyons clairs : la « panique morale » remplit à ses débuts les conditions objectives d’un réel danger. Pas en inventant l'existence d'un problème, mais en exagérant les données statistiques. Dans une série d'études précieuses, Jenkins a montré que la question des prêtres pédophiles est peut-être l'exemple le plus typique de « panique morale ». Ses deux éléments caractéristiques sont : un chiffre réel au départ, suivi d’une exagération de ces données par le truchement des ambigus « entrepreneurs moraux ».

 

 

Les chiffres

Tout d'abord, les chiffres réels. Il y a des prêtres pédophiles. Certaines affaires, à la fois scandaleuses et abjectes, ont abouti à des condamnations définitives, les accusés n'ayant jamais été innocentés. Ces affaires — aux États-Unis, en Irlande, Australie — expliquent les paroles sévères du pape et sa demande de pardon aux victimes. Même si ces affaires étaient seulement au nombre de deux — malheureusement, elles sont bien plus nombreuses — ce serait toujours deux affaires de trop. Mais puisque demander pardon — une démarche à la fois digne et nécessaire — ne suffit pas, nous devons intervenir pour que ces affaires ne se reproduisent pas, qu’elles soient deux ou deux cent vingt mille, qu’elles soient plus ou moins nombreuses chez les prêtres et les religieux catholiques ou dans d’autres catégories de personnes. Les sciences sociales sont souvent accusées de travailler sur des chiffres froids, mais elles n’oublient pas que derrière chaque chiffre il y a un être humain.

Les chiffres, bien que non suffisants, sont nécessaires. Ils sont la condition préalable d'une analyse adéquate. Pour comprendre comment on est passé d’une réalité tragique donnée à une « panique morale », il est nécessaire de se demander comment de nombreux prêtres sont devenus pédophiles. Les données les plus complètes ont été recueillies dans les États-Unis, en 2004, quand la Conférence des évêques catholiques a commandé une étude indépendante, au John Jay College of Criminal Justice, City University de New York, une université catholique reconnue comme la plus autorité académique aux États-Unis dans le domaine de la criminologie.

Cette étude nous apprend que, de 1950 à 2002, 4392 prêtres américains (sur plus de 109.000) ont été accusés de relations sexuelles avec des mineurs. Parmi ceux-ci, un peu plus d'une centaine ont été condamnés par les tribunaux civils. Le faible nombre de condamnations prononcées par l'État découle de plusieurs facteurs. Dans certains cas, les victimes réelles ou présumées ont dénoncé des prêtres déjà morts ou dont les faits étaient prescrits. Dans d'autres, l’accusation, y compris dans sa dimension canonique, ne relève pas de la violation d’une loi civile : c'est le cas, par exemple, dans plusieurs États américains, du prêtre qui a une relation avec un — ou plusieurs — mineur de plus de 16 ans consentants.

Mais il y a eu également eu nombreux cas sensationnels de prêtres accusés malgré leur innocence. Ces cas se sont en effet multipliés depuis 1990, certains cabinets d'avocats ayant obtenu des transactions en millions de dollars sur la base de simples soupçons. Lancer un appel à la « tolérance zéro » est justifié, mais il ne devrait y avoir non plus aucune tolérance pour ceux qui calomnient les prêtres innocents. Ajoutons qu’aux États-Unis, les chiffres ne changent pas de manière significative avec la période 2002-2010, l'étude du John Jay College parlant déjà du « déclin remarquable » des affaires de pédophilie dans les années 2000.

Les enquêtes depuis ont été rares, et il y a eu très peu de condamnations, en raison des mesures rigoureuses introduites tant par les évêques des États-Unis que par le Saint-Siège. L'étude du John Jay College dit-elle, comme on le dit souvent, que 4% des prêtres américains sont des « pédophiles » ? Pas du tout. Selon cette étude, 78,2 % des chefs d'accusation concernent des mineurs qui ont passé l’âge de la puberté. Avoir des relations sexuelles avec un mineur de dix-sept ans n'est certainement pas une bonne chose, encore moins de la part d’un prêtre, mais ce n'est pas de la pédophilie. Ainsi, les prêtres accusés de pédophilie aux États-Unis sont en fait 958 en 42 ans, soit 18 par an.

On compte 54 condamnations en un peu plus d'un an. Le nombre de condamnations de prêtres et de religieux dans d'autres pays a été semblable à celui des États-Unis, même si aucun pays ne dispose d’étude aussi approfondie que celle du Collège John Jay. On cite souvent un certain nombre de rapports gouvernementaux irlandais qualifiant d’« endémique » les abus dans les orphelinats et les internats (masculins), dirigés par des diocèses et des ordres religieux, et il ne fait aucun doute que les cas d'abus sexuel d'enfants ont été très sérieux.

L'examen systématique de ces rapports montre aussi que de nombreuses accusations portent seulement sur l'utilisation de moyens de correction excessive ou violente. Le soi-disant Rapport Ryan de 2009 — très ferme contre l'Église catholique — a examiné des internats et des orphelinats sur une période ayant recueilli 250.000 élèves, période où l’on a enregistré 253 accusations d'inconduite sexuelle sur des garçons et 128 sur des filles, toutes non attribuées à des prêtres, religieux ou religieuses, de nature et de gravité diverses, concernant rarement des enfants pré-pubères, et ayant encore plus rarement abouti à des condamnations.

 

 

Pseudo-découvertes

La controverse de ces dernières semaines sur les situations qui ont surgi en Allemagne et en Autriche, est typique de la « panique morale ». Ces affaires sont présentées comme de « nouveaux » faits, datant de nombreuses années, dans certains cas datant de plus de trente ans et en partie déjà connues. Le fait que — avec une insistance particulière pour ce qui touche la Bavière, d’où vient le Pape — on présente à la une des journaux des événements de 1980 comme s’ils s’étaient produits hier, avec des arguments spécieux, en concentrant les attaques sous la forme d’annonces quotidiennes de nouvelles « découvertes », montre bien comment la « panique morale » est orchestrée des « entrepreneurs moraux », de manière organisée et systématique.

L’affaire qui « implique le Pape » — comme certains journaux l’ont titré — [1] est caractéristique de la méthode. On s’intéresse à un prêtre de Essen, déjà coupable d'abus sexuel, qui a été reçu en 1980 dans l'archidiocèse de Münich et Freising, dont le pape actuel était l’archevêque. L’affaire est apparue en 1985 et a été jugée par un tribunal allemand en 1986, assurant, notamment, que la décision d’accueillir ce prêtre par l'archevêché n'a pas été prise par le cardinal Ratzinger, qui ne le connaissait même pas, ce qui n'est pas étrange dans un grand diocèse avec une bureaucratie complexe.

Qu’aujourd'hui, un journal allemand décide d’exhumer l'affaire pour en faire une actualité vingt-quatre ans après les faits, devrait interroger. La question troublante — pourquoi sembler sur la défensive plutôt que consoler les victimes — est moins importante que celle de savoir si la condition de prêtre catholique implique un risque de devenir pédophile ou d'abuser sexuellement des mineurs (les deux cas, comme on l’a vu, ne coïncident pas parce que l'agresseur d'un adolescent n’est pas un pédophile) et que ce risque est plus élevé que dans l’ensemble de la population.

 

 

Célibat ou permissivité, le vrai coupable

Répondre à cette question est cruciale pour découvrir les causes du phénomène pour ensuite le prévenir. Selon les études de Jenkins, si l'on compare au États-Unis l'Église catholique des grandes confessions protestantes, on découvre que la présence de pédophiles est — selon cette dénomination — de deux à dix fois plus importante parmi les membres du clergé protestant que parmi les prêtres catholiques. La question est pertinente car elle montre que le problème n'est pas le célibat : la majorité des pasteurs protestants sont mariés. Dans le même temps que des centaines de prêtres américains ont été condamnés pour abus sexuel de mineurs, le nombre de professeurs d'éducation physique et d’entraîneurs sportifs d'équipes de jeunes — dont la grande majorité sont mariés — reconnus coupables du même crime par les tribunaux américains, a approché les 6000.

Les exemples pourraient se multiplier, et pas seulement aux États-Unis. Selon des rapports réguliers du gouvernement des États-Unis, pour près des deux tiers des enfants victimes de violences sexuelles, les coupables ne sont pas des étrangers ou des enseignants — notamment des prêtres et des pasteurs — mais des membres de la famille : beaux-pères, oncles, cousins, frères et malheureusement, parents. Des données similaires existent dans de nombreux autres pays.

Bien qu'il soit politiquement incorrect de le dire, il y a un chiffre qui est beaucoup plus important : plus de 80 % des pédophiles sont des homosexuels, des hommes qui abusent d'autres hommes. Et — pour citer une fois de plus Jenkins — plus de 90% des prêtres catholiques condamnés pour abus sexuel de mineurs et pédophilie, sont homosexuels. Si l'Église catholique rencontre effectivement un problème, ce n'est pas sur le célibat, mais sur une certaine tolérance de l'homosexualité, surtout dans les séminaires des années soixante, quand on a ordonné alors la grande majorité des prêtres aujourd’hui reconnus coupables d'abus sexuels. C'est un problème que Benoît XVI corrige vigoureusement.

Plus généralement, le retour à la morale, l’ascèse, la méditation sur la vraie nature de la prêtrise et sa grandeur sont l'antidote à la tragédie de la pédophilie. Surtout en cette année sacerdotale […].

Les affaires douloureuses dont il est question ces dernières semaines ne sont pas toujours inventées, c’est juste un retour en arrière de vingt, voire trente ans. Pourquoi déterrer des affaires anciennes en 2010, des affaires connues, au rythme d'une par jour, des attaques de plus en plus directement tournées contre le Pape — des attaques, d’autant plus paradoxales quand on sait la très grande sévérité du cardinal Ratzinger, puis de Benoît XVI, sur ce sujet ?

Les « entrepreneurs de la morale » veulent organiser la panique, cela apparaît toujours plus clairement, et non mettre au centre la véritable protection des enfants. La lecture de certains articles montre comment un lobby très puissant tente de discréditer à l'avance la voix de l'Église sur l’accusation la plus infâme, pour qu’il soit maintenant, malheureusement, plus facile d'encourager ou tolérer la pédophilie.

Massimo Introvigne


© Osservatore romano, 18 mars 2010, traduction française Liberté politique.

libertepoltique.com


[1] Cf. Le Monde du 26 mars titre : « Pédophilie : le pape au cœur du scandale » (Ndlr).

10.03.2010

Le Saint-Siège publie une note au sujet des débats sur les abus sexuels

À la suite de l’avalanche de révélations concernant des abus sexuels commis sur des mineurs par des membres du clergé, en Irlande, puis en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas, et à la suite des accusations portées parfois de manière inopportune, le Saint-Siège a décidé de sortir de sa réserve. Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a publié ce mardi un long texte présenté comme une série de réflexions.

L’Église – reconnaît-il – traverse une période difficile, mais ce qui est dit sur son compte n’est pas toujours vrai ou juste. De plus, elle n’est pas la seule institution concernée et il serait contre-productif de se limiter aux seuls cas attribués à des membres du clergé.

Claire Malapert (Radio Vatican): >>

 

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Vous trouverez ci-après l'intégrale de la note du père Federico Lombardi (photo) :

Depuis quelques mois, le grave problème des abus sexuels sur mineurs dans des institutions gérées par des organismes ecclésiastiques et par des personnes ayant des responsabilités dans l'Église, en particulier des prêtres, touche l'Église et la société irlandaise. Récemment, le Saint-Père a montré son intérêt, notamment au cours de deux rencontres, d'abord avec les plus hauts représentants de l'épiscopat, ensuite avec tous les évêques ordinaires, et prépare la publication d'une lettre sur ce sujet pour l'Église en Irlande.

Toutefois, au cours de ces dernières semaines, le débat sur les abus sexuels sur mineurs touche aussi l'Église dans certains pays d'Europe centrale (Allemagne, Autriche, Pays Bas). Quelques simples considération peuvent être faites sur ce sujet.


Les principales institutions ecclésiastiques concernées (la Province des jésuites allemands – première à être concernée par le cas du Collège Casinius de Berlin –,la Conférence épiscopale allemande, la Conférence épiscopale autrichienne, la Conférence épiscopale hollandaise...) ont décidé de réagir à ce problème avec rapidité et fermeté. Donnant la preuve d'une volonté de transparence, elles ont, dans un certain sens, accéléré la mise à jour du problème en invitant les victimes à parler, même dans des cas assez anciens. Elles ont ainsi affronté les questions de la bonne façon en commençant par reconnaître ce qui s'est passé, se préoccuper des victimes et des conséquences des actes accomplis contre elles. En outre, elles se sont basées sur les directives déjà existantes et ont prévu de nouvelles orientations pour décider d'une stratégie de prévention, afin de tout mettre en œuvre pour qu'à l'avenir de tels faits ne se reproduisent plus.

Ces faits mobilisent l'Église dans l'élaboration de réponses appropriées et s'insèrent dans un contexte et une problématique plus large concernant la protection des enfants et des jeunes contre les abus sexuels dans la société. Les fautes commises dans les institutions et par des responsables ecclésiaux sont évidemment particulièrement répréhensibles, au vu de la responsabilité éducative et morale de l'Église. Mais toutes les personnes objectives et informées savent que le problème est beaucoup plus large, et qu'il n'est pas juste de concentrer ces accusations sur l'Église seulement. Ainsi, par exemple, des statistiques récemment fournies par les autorités compétentes en Autriche disent que, sur une même période de temps, les cas avérés dans les institutions dirigées par l'Église étaient au nombre de 17, alors que 150 autres étaient recensés dans d'autres institutions. Il serait bon de se préoccuper aussi de ceux-là.

D'ailleurs, en Allemagne, des initiatives ont été prises, promues par le Ministère de la famille, pour convoquer une table ronde des divers pôles éducatifs et sociaux, pour affronter le sujet dans une perspective complexe et adéquate. L'Église est naturellement prête à y participer et à s'y engager. Sa douloureuse expérience peut être un apport utile pour les autres. Le Chancelier, Mme Merkel, a justement donné acte à l'Église en Allemagne pour son engagement sérieux et constructif.

En plus de ces considérations, rappelons encore que l'Église est insérée dans la société civile dans laquelle elle y assume ses responsabilités, mais qu'elle a aussi un ordonnancement spécifique distinct, canonique, qui répond à sa nature spirituelle et sacramentelle, et dont les procédures judiciaires et pénales sont d'une autre nature (par exemple, elle ne prévoit pas de peines pécuniaires ou de privation de liberté, mais l'empêchement d'exercer le ministère, la privation des droits dans le cadre ecclésiastique, etc.). En droit canonique, le crime d'abus sexuels sur mineurs a toujours été considéré comme un des plus graves entre tous, ce que les normes canoniques ont constamment réaffirmé, en particulier la Lettre « De delictis gravioribus » de 2001, souvent citée de façon inopportune comme la cause d'une « culture du silence ». Qui sait et comprend de quoi il s'agit, sait qu'elle a été un signal déterminant pour rappeler la gravité du problème à l'épiscopat et donner une impulsion réelle à l'élaboration de directives sur ce sujet.

En conclusion, il est évident que l'Église traverse actuellement un grave problème et il ne faut pas renoncer à faire tout ce qui est possible pour obtenir enfin des résultats positifs en vue d'une meilleure protection de l'enfance et de la jeunesse dans l'Église et dans la société et de purification pour l'Église.

(Traduction : Vatican Information Service)