23.05.2010

Cannes : le jury oecuménique choisit "Des hommes et des Dieux"

« Des hommes et des Dieux ». C'est le film récompensé à Cannes, ce samedi soir, par le jury œcuménique, à quelques heures du Palmarès officiel du 63ème Festival, qui sera rendu par le Jury présidé par Tim Burton.

Depuis plus de 35 ans, le jury oecuménique met en lumière des films à la fois esthétiques et dotés d’un supplément d’âme. Cette année, le lauréat est donc le film français de Xavier Beauvois : un film épuré, lent qui retrace la vie des moines de Tibhirine, dans l’Atlas algérien durant les 3 années qui précédent leur enlèvement puis leur assassinat.


D’une grande beauté plastique, servi par une interprétation collective remarquable et rythmé par l’alternance des travaux et de la liturgie, ce film dépeint, selon le communiqué du jury, le sacrifice des moines de Tibhirine, choisissant de poursuivre leur œuvre de paix malgré la violence déchaînée. La profonde humanité des moines, leur respect pour l’Islam et leur générosité pour leurs voisins villageois motivent notre choix.

 

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Hélène Destombes (Radio Vatican) a recueilli les explications de Michèle Debidour, la présidente du jury œcuménique: >>

 


Lire aussi :

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Préface de Jean Tulard au livre de Michèle Debidour :

Le cinéma, invitation à la spiritualité


« Le cinéma n'est pas l'aimable divertissement du samedi soir ; il n'est pas d'avantage la simple satisfaction de la boulimie des cinéphiles. Le cinéma n'est pas seulement l'instrument de propagande dont surent se servir à merveille les régimes totalitaires du XXème siècle, ni même le moyen commode de fixer sur la pellicule des événements dont on souhaite garder la mémoire. Le cinéma, rappelait André Malraux, est une industrie, mais, en 1996, Michèle Debidour indiquait qu'il peut être également une quête spirituelle.

Derrière le visible, l'invisible (...) Lieu privilégié du symbolique, le film peut être un cheminement métaphysique, une autre approche de la spiritualité. De Bresson à Rossellini et Tarkovski, nombreux sont les grands maîtres du septième art qui l'ont affirmé avec force.

Michèle Debidour invite le spectateur à ne pas subir passivement le choc des images mais à transcender ses sentiments, à réfléchir sur le contenu du film. L'historien ne s'intéresse qu'à la genèse de l'œuvre et à ses suites commerciales, esthétiques ou politique, Michèle Debidour souhaite que l'on aille au-delà.

Le cinéma a une âme, on l'a trop oublié ».

 

20.05.2010

Festival de Cannes - La grâce de Tibhirine

Un formidable état de grâce a plané hier sur les “peoples” du Festival de Cannes, pendant la projection du film consacré au martyre des moines de Tibhirine : Des hommes et des dieux.


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Le titre reste ambigu, si la grâce ne l’est pas. Elle avait déjà saisi d’une énorme émotion, pendant tout le tournage, les acteurs et le réalisateur du film, Xavier Beauvois : “Sur ce tournage, j’ai passé les deux plus beaux mois de ma vie. Dans un perpétuel état de grâce. Tout était simple, limpide, facile, évident, étrange et beau. Oui, l’esprit de Tibhirine a soufflé sur nous. Il existe. J’espère qu’il touchera le Festival et fera du bien à tous.”

Qui a enlevé, assassiné, décapité en 1996 ces sept moines cisterciens vénérés dans les montagnes du Sud d’Alger par tout leur entourage musulman ? Les terroristes islamiques du GIA, qui l’ont revendiqué ? Les services secrets du gouvernement islamico-totalitaire de M. Bouteflika, qui les manipulaient ? Personne ne peut trancher aujourd’hui, et Beauvois a raison de ne pas s’y aventurer. La seule responsabilité morale assurée – au plan historique – est celle du Président français qui abandonne ce beau pays aux égorgeurs du FLN, et le livre d’un coup à ces fanatiques, sans transition, garantie ni contrepartie aucune, pieds et poings liés, le 18 mars 1962…

 

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Trente-quatre ans plus tard, les moines de Tibhirine ont répondu de leur manière à ce mystère d’iniquité. Ils se savaient menacés de mort. On leur a demandé de partir, comme aux Français d’Algérie. Ils ont voulu rester. Témoigner d’une présence. Maintenir le flambeau de la charité chrétienne dans le déchaînement des haines et des violences fratricides. Continuer simplement d’être eux-mêmes, sans provocation, à travers le service des pauvres et le chant des offices du jour et de la nuit, le chant de l’amour chrétien. Pour l’amour de Dieu, des vertus supérieures de leur Ordre, et de leurs frères musulmans d’Algérie.

Les moines de Tibhirine n’ont pas trahi leur vocation, dissimulé leur uniforme ni renoncé à leur vœux pour se porter au bout du seul œcuménisme qui compte, et y laisser leur vie : celui du témoignage chrétien. Si Cannes a retenu son souffle, en les voyant revivre à l’écran, c’est qu’aucune âme n’est jamais morte au seul message du Christ, et que sa grâce encore peut pénétrer partout.

© Emmanuel Barbier/Sedcontra.fr, mai 2010

 


Adresse du site : http://sedcontra.fr

21.05.2009

Méditation pour l'Ascension de Notre Seigneur Jésus Christ - anniversaire de la mort de moines de Tibhirine




Pourquoi regardez-vous vers le ciel ? interrogent deux hommes vêtus de blanc ...


Par grâce nous avons reçu davantage que ce que nous avions perdu par notre faute !

De fait, nous célébrons ce jour où Jésus disparaît de la vue des disciples, après ces temps d'apparitions. Après le sensible, l'invisible prend le pas. Après le temps de la présence, le temps de la promesse et de l'attente.

Puissions-nous, en ce jour de l'Ascension, faire mémoire en nos vies de ces temps de visitation sensible du Seigneur dans nos vies, et réentendre sa promesse du don de l'Esprit pour devenir ses témoins dans le monde qui nous entoure.



Bonne journée, dans la mémoire vivante du don des sept témoins trappistes de Tibhirine (21 mai 1996).