06.06.2010

USA : un timbre "Mother Teresa" conquis de haute lutte

Grâce à la mobilisation de milliers de catholiques américains, un timbre à l’effigie de la bienheureuse Mère Teresa sera édité par le Postal Service. Plus de 138.000 signatures ont été réunies par le site CatholicVote.org. Le timbre sera lancé le 5 septembre prochain à la Basilique du sanctuaire national de l'Immaculée Conception à Washington, DC.

 

mother teresa



Lorsque le projet a été annoncé, un lobby anticlérical (Freedom from Religion Foundation) a répandu des mensonges au sujet de Mère Teresa, accusant la religieuse d'avoir un « côté sombre ». Rappelons en effet que la religieuse a prononcé un discours pro-vie quand elle a reçu le prix Nobel de la paix en 1979, ce qui est considéré par certains comme « une troublante dérive religieuse ».

Trop souvent, déplorent les catholiques de CatholicVote.org, un seul côté de l’opinion se fait entendre. Cette fois, les catholiques ont été entendus : un porte-parole de la poste fédérale a même avoué à un journaliste que leurs efforts avaient été appréciés.

D’autres initiatives ont été ainsi couronnées de succès. Des fanatiques anticléricaux se battaient depuis plusieurs années pour abattre une croix devant le Monument commémoratif de la Première Guerre mondiale du désert de Mojave en Californie, un hommage aux soldats américains tombés au combat en Europe. Très mobilisés, les chrétiens ont défendu la croix devant la Cour suprême, et ont obtenu gain de cause : les juges ont statué que le tribunal fédéral était allé trop loin en ordonnant la suppression de la croix (qui avait été couverte par une boîte en contreplaqué depuis 2002).

“Ici la croix latine dans le désert évoque beaucoup plus que la religion, a estimé le juge Antony Kennedy, dont la voix a été décisive. Elle évoque des milliers de petites croix sur les champs de batailles à l’étranger qui marquent les tombes des Américains tombés au combat, combats dont les tragédies sont encore aggravées si l’on oublie les morts”. “Vouloir éviter que l’Etat ne soutienne (une religion en particulier) n’est pas un objectif qui exige d’éradiquer tout symbole religieux de l’espace public”, a indiqué la Cour. Mais les croix placées au bord de routes où ont péri des policiers “ne doivent pas être considérées comme une déclaration de soutien gouvernemental envers des croyances sectaires” a-t-elle précisé, signe que tout n’est pas nécessairement très clair dans le consensus obtenu.

Bienheureuse Mère Teresa de Calcutta, priez pour les Américains !

Source : CatholicVote.org, Liberation.

libertepolitique.com


06.08.2009

Promenade virtuelle dans la résidence estivale de Benoît XVI

Grâce à internet, tout en restant chez vous, vous pouvez vous promener… virtuellement… dans les jardins de Castelgandolfo et peut-être y apercevoir le Pape qui passe dans cette résidence la 2° partie de ses vacances d’été. Une webcam y a été installée.

 

http://www.ratzingerbenedettoxvi.com/papagandolfo.jpg


Les images sont retransmises sur le site du gouvernorat de la Cité du Vatican dans une de ses sections les plus visitées. Cinq autres webcams ont été placées au Vatican dans des lieux très prisés par les touristes et les fidèles : la tombe de Jean-Paul II, la place Saint Pierre, la coupole de la basilique, les jardins du Vatican. L’adresse www.vaticanstate.va.

 


Avec quelque 3 millions et demi de visiteurs et environ 2.800 clics par jour, le site du gouvernorat s’adresse aux fidèles et internautes désireux de connaître le Vatican. On y trouve entre autres une série de photos des voitures des Papes, des documentaires sur des événements historiques comme l’ouverture du Concile Vatican II et des liens avec les autres institutions comme… Radio Vatican.

Le site est proposé en 5 langues dont le Français… la langue la moins cliquée…. Les visiteurs les plus assidus sont les italiens suivis des américains et des allemands.

Le Vatican entend très prochainement mettre en vente sur ce même site des timbres, des reproductions d’œuvres d’art des musées du Vatican, des livres pour enfants et autres objets, toujours à la même adresse 3w.vaticanstate.va En cliquant shop.


Ecoutez Radio Vatican >>

15.06.2009

Vices et vertus de la banque du Vatican

Tout l'argent de Pierre. Vices et vertus de la banque du Vatican

200 millions de dollars pour la "charité du pape". D'où viennent-ils ? A qui vont-ils ? Nouvelles révélations sur les méfaits de l'Institut pour les Œuvres de Religion. Et sur les obstacles à son assainissement

par Sandro Magister




ROME, le 15 juin 2009 – Début juillet, le Vatican publiera comme tous les ans ses comptes pour 2008, en deux chapitres et un appendice.

Le premier chapitre fera apparaître les recettes et dépenses de l'Administration du Patrimoine du Siège Apostolique, APSA, qui gère les biens mobiliers et immobiliers qui lui appartiennent, ceux de la curie, du corps diplomatique, de la maison d'édition, de la radio, de la télévision.

Le second chapitre fera apparaître les recettes et dépenses du gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican: territoire, services, musées, timbres, monnaie.

L'appendice indiquera le montant du Denier de Saint-Pierre, collecte pour le pape faite chaque année dans le monde entier le 29 juin, fête des saints Pierre et Paul, à quoi s’ajoutent les dons faits directement au pape pendant l’année.

En 2007, par exemple, la collecte et les dons ont atteint 94,1 millions de dollars, dont 14,3 millions venant d’un seul donateur qui a voulu rester anonyme.

Voilà ce qui est publié chaque année.

Rien d’autre. Pas une ligne sur les autres recettes qui, en plus du Denier, alimentent la "charité du pape". Et pas une ligne sur l’emploi qui est fait de cette somme.

Un service de la secrétairerie d’Etat s’occupe précisément de cette question. Il a été dirigé pendant des années par Mgr Gianfranco Piovano, remplacé depuis quelques mois par Mgr Alberto Perlasca ; tous deux sont des diplomates de carrière. Cette caisse recueille, en plus du Denier, les contributions que les diocèses du monde entier sont tenus de verser au successeur de Pierre en vertu du canon 1271 du code de droit canonique. Les congrégations religieuses et les fondations envoient également de l’argent. En 2007, d’après un rapport confidentiel envoyé par le Vatican aux diocèses, ces contributions ont atteint 29,5 millions de dollars qui, ajoutés au Denier, font un total de 123,6 millions de dollars.

Ces fonds sont destinés, justement, à la "charité du pape". Dans une conférence faite à des diplomates de différents pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, en mai 2007, à l’Université Pontificale Grégorienne de Rome, le banquier Angelo Caloia, président de l'Institut pour les Œuvres de Religion, l’IOR, la "banque du Vatican", décrivait ainsi l'utilisation de ces fonds:

"Ils sont surtout destinés à subvenir aux besoins matériels de diocèses pauvres, à aider des institutions religieuses et des communautés de fidèles en grandes difficultés: pauvres, enfants, personnes âgées, marginaux, victimes de guerres et de catastrophes naturelles, réfugiés, etc.".

Dans la même conférence, Caloia a aussi cité une autre source de la "charité du pape": les profits de l’IOR. En effet, chaque année en mars, l’IOR met à l’entière disposition du pape la différence entre ses recettes et ses dépenses de l'année précédente. Le montant de cette somme est secret mais on estime qu’il est proche de celui du Denier de Saint-Pierre. C’était du moins le cas pour quatre années dont les chiffres ont filtré : 1992 avec 60,7 milliards de lires de l'époque, 1993 avec 72,5 milliards, 1994 avec 75 milliards et 1995 avec 78,3 milliards. Ces années-là, le Denier de Saint-Pierre était légèrement supérieur à ces montants.

S’il en est ainsi, 2007 aurait apporté à Benoît XVI, pour sa "charité", une somme totale proche de 200 millions de dollars.

La même année, les comptes faisaient apparaître pour l'APSA une perte de 9,1 millions d’euros et pour le gouvernorat un profit de 6,7 millions d’euros. Des miettes, par comparaison

Dans sa conférence aux diplomates, Caloia a peu parlé de l’IOR. Il a souligné que celui-ci "n’a pas de relation fonctionnelle" avec le Saint-Siège. Et il a affirmé que seuls sont autorisés à y déposer de l’argent des "individus ou entités juridiques ayant une légitimité canonique: cardinaux, évêques, prêtres, religieuses, moines, congrégations religieuses, diocèses, chapitres, paroisses, fondations, etc.".

Mais la réalité n’a pas toujours correspondu à ce profil. En 1990, quand Caloia a pris la présidence de la banque vaticane, elle sortait à peine d’une terrible déconfiture, liée au nom de son prédécesseur, l'archevêque Paul Marcinkus, et aux opérations téméraires que celui-ci avait réalisées avec les financiers Michele Sindona et Roberto Calvi, morts tous les deux de mort violente par la suite, dans des circonstances mystérieuses.

Le cardinal Agostino Casaroli, secrétaire d’Etat à l'époque, avait assaini le contentieux en ordonnant de verser aux créanciers 242 millions de dollars à titre de "contribution volontaire". En accord avec le gouvernement italien, il avait confié les recherches sur les agissements de la banque vaticane à deux spécialistes de la finance et du droit administratif, Pellegrino Capaldo et Agostino Gambino, et à un prélat de curie en qui il avait toute confiance. Il s’agissait de Mgr Renato Dardozzi, né en 1922, ordonné prêtre à 51 ans, diplômé en ingénierie, mathématiques, philosophie et théologie, ayant fait une carrière de manager dans les télécommunications et enfin directeur et chancelier de l’Académie Pontificale des Sciences.

Depuis lors et jusqu’à peu d’années avant sa mort en 2003, Dardozzi a continué à assurer un rôle de surveillance sur le fonctionnement de l’IOR, pour le compte de la secrétairerie d’Etat vaticane, avec Casaroli et le successeur de celui-ci, le cardinal Angelo Sodano.

De son travail de surveillance, Dardozzi avait conservé une documentation, qui est maintenant disponible dans un livre écrit par Gianluigi Nuzzi et publié récemment en Italie aux éditions Chiarelettere.

Les documents cités et reproduits dans le livre sont absolument fiables. Ils montrent que la mise à l’écart de Marcinkus et son remplacement par Caloia en 1990 n’ont pas suffi à laver tout de suite l’IOR de sa mauvaise réputation.

En effet Mgr Donato De Bonis, qui tenait le rôle-clé de "prélat" de la banque vaticane, est resté à son poste jusqu’en 1993. Et il avait mis en œuvre, pendant ces années, une sorte de banque occulte parallèle, sous sa direction exclusive, qui a de nouveau failli mettre l’IOR en déconfiture.

Caloia a commencé à soupçonner l’existence d’irrégularités au printemps 1992. Il a ordonné une enquête interne et a découvert que De Bonis disposait en effet de comptes au nom de fondations fictives, qui masquaient en réalité des opérations financières illégales, pour des dizaines de milliards de lires de l'époque.

En août, un rapport détaillé sur ces comptes fictifs est arrivé sur le bureau du secrétaire de Jean-Paul II, Mgr Stanislaw Dziwisz.

En mars 1993, De Bonis a été mis à la porte de l’IOR. Personne ne l’a remplacé dans la charge de "prélat" de la banque, qui est restée vacante. Il a été consacré évêque et nommé chapelain de l’Ordre Souverain et Militaire de Malte, poste qui bénéficie d’immunités diplomatiques.

Mais même après son départ de l’IOR, De Bonis a continué à agir, grâce à des cadres avec qui il était resté lié. Fin juillet, Caloia, inquiet, a écrit au secrétaire d’Etat, le cardinal Sodano:

"... On perçoit de plus en plus clairement les contours d’une activité nettement criminelle exercée consciemment par quelqu’un qui, du fait de son choix de vie et de ses fonctions, aurait dû au contraire être une sévère conscience critique. On a de plus en plus mal à comprendre que perdure une situation où le nommé [De Bonis] continue, à partir d’un poste tout aussi privilégié, à gérer indirectement l'activité de l’IOR...".

Le risque était d’autant plus grave que, justement à cette époque, la magistrature italienne enquêtait sur un pot-de-vin colossal versé illégalement par la société Enimont aux hommes politiques qui l’avaient favorisée. Ces enquêtes menaient aussi à l’IOR, en tant qu’intermédiaire occulte de ces versements, à travers les comptes fictifs manœuvrés par De Bonis.

A l'automne 1993, les magistrats de Milan ont demandé au Vatican, par commission rogatoire, de leur fournir les données relatives aux opérations contestées. Le Vatican s’en est sorti en fournissant le minimum indispensable, moins que ce qu’il avait découvert par ses propres enquêtes. Certains cadres ont été remplacés, les comptes fictifs ont été bloqués et De Bonis n’a pas récupéré une seule lire des sommes déposées.

Le cardinal qui, au Vatican, avait le plus appuyé De Bonis, José Rosalio Castillo Lara, président à la fois de l'APSA et du gouvernorat, a quitté la scène en même temps que lui.

En 1995 Caloia a été reconduit dans ses fonctions de président de l’IOR pour cinq ans. De même en 2000. De même encore en 2006, après un an de prorogation "par intérim", au milieu de rumeurs insistantes à propos de son remplacement imminent. Mais à l’été 2006, avant de transmettre le secrétariat d’Etat à son successeur Tarcisio Bertone, le cardinal Sodano a remis en vigueur la charge de "prélat" de l’IOR, en y nommant son propre secrétaire, Mgr Piero Pioppo.

Aujourd’hui encore, on entend parler de temps à autre d’un changement à la présidence de l’IOR. Mais Caloia, 69 ans, marié à une Anglaise et père de quatre enfants, a en main une nomination qui va jusqu’au 14 mars 2011.

Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui, grâce à lui, l’IOR est plus proche – comme il ne l’a jamais été dans le passé – de l’image de la banque vertueuse qu’il avait décrite aux diplomates du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord lors de sa conférence, il y a deux ans.

 

 


La conférence sur les finances du Vatican faite par le président de l’IOR à l’école pour diplomates de l’Université Pontificale Grégorienne en 2007 se trouve dans le volume des actes:

Angelo Caloia, "The financial structures of the Holy See", en Franco Imoda, Roberto Papini (éd.), "The Catholic Church and the International Policy of the Holy See / L'Eglise Catholique et la Politique Internationale du Saint-Siège", Nagard, Milan, 2008, pp. 148-151.


Le livre où se trouvent les documents conservés par Mgr Renato Dardozzi:

Gianluigi Nuzzi, "Vaticano SpA", Chiarelettere, Milan, 2009, 282 pp., 15,00 euros.


Sur www.chiesa, les comptes du Vatican et le montant du Denier de Saint-Pierre au cours des cinq dernières années:

> Pour l'argent de Pierre, c'est le calme dans la tempête (30.1.2009)

Toujours sur www.chiesa, à propos de l’IOR et de la présidence d’Angelo Caloia:

> Il banchiere del papa racconta: "Ecco come ho risanato lo IOR" (18.6.2004)



Traduction française par
Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa