17.09.2009

'Dieu nous a montré gratuitement son Visage'

VATICAN - Messe du Pape Benoît XVI en présence de ses anciens élèves: « Si nous réfléchissons sur la perplexité du monde face aux grandes questions du présent et du futur, alors, devrait naître au-dedans de nous la joie pour le fait que Dieu nous a montré gratuitement son Visage, sa volonté, Lui-même »

 

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Castel Gandolfo (Agence Fides) – La question de la pureté de l’homme devant Dieu, un des thèmes fondamentaux de l’histoire religieuse de l’humanité », a été au centre de l’homélie du Pape Benoît XVI lors de la Messe célébrée en présence de ses anciens élèves, le dimanche 30 août, à Castel Gandolfo. Le texte a été publié ce jour par la Salle de Presse du Saint-Siège.

Partant de l’Evangile du Dimanche, le Saint-Père a déclaré:

« Quand il tourne son regard vers Dieu, l’homme reconnaît qu’il est ‘souillé’, et qu’il se trouve dans une condition dans laquelle il ne peut approcher du Saint. Et ainsi se présente la demande la question : comme peut-il devenir pur, se libérer de la ‘souillure’ qui le sépare de Dieu. C’est ainsi que sont nés dans ce but les rites de purification dans les différentes religions. Même ceux qui sont enracinés dans la tradition de l’Ancien Testament, dont parle l’Evangile du dimanche, ne servaient que pour faire que l’homme s’ouvrît à Dieu ; ils n’étaient plus des chemins de purification et de salut, étant donné que le cœur de l’homme n’était plus touché.
« L’exégèse libérale dit que, dans cet Evangile, se révèlerait le fait que Jésus aurait substitué le culte avec la morale. Il aurait mis de côté le culte avec toutes ses pratiques inutiles. Le rapport entre l’homme et Dieu se fonderait à présent uniquement sur la morale. S’il en était ainsi, cela voudrait dire que le Christianisme, dans son essence, est une moralité, c’est-à-dire que c’est nous-mêmes qui nous rendons purs et bons, par notre action morale. Si nous réfléchissons plus profondément sur cette opinion, il apparaît clairement que ce ne peut être la réponse complète de Jésus sur la question concernant la pureté ». Il faut donc « entendre et comprendre dans sa plénitude le message du Seigneur… En d’autres termes, nous devons lire entièrement les Evangiles, tout le Nouveau Testament et L’Ancien Testament avec lui ».

Dans le commentaire de la première Lecture de la Messe, tirée du Livre du Deutéronome, le Saint-Père souligne qu’Israël « est invité par Dieu lui-même à être reconnaissant, et à ressentir une fierté humble pour le fait de connaître la volonté de Dieu, et d’être ainsi sage ». Dans cette période, l’humanité

« cherchait à comprendre ce qui comptait… La sagesse est une connaissance de l’essentiel… La Lecture tirée du Deutéronome souligne le fait que la sagesse, en dernière analyse, est identique à la Torah – à la Parole de Dieu qui nous révèle ce qui est essentiel, pour quelle fin et de quelle manière nous devons vivre. Ainsi, la Loi n’apparaît pas comme un esclavage, mais est … la cause d’une grande joie : nous n’allons pas à tâtons dans l’obscurité, nous n’allons en errant en vain à la recherche de ce qui pourrait être droit, nous ne sommes pas comme des brebis sans pasteur, qui ne savent où est la voie juste… Deux choses nous sont dites par Dieu : d’une part, qu’Il s’est manifesté, et qu’Il nous indique la voie juste ; de l’autre, que Dieu est un Dieu qui écoute, qui est proche, qui nous répond et qui nous guide. Avec cela, on touche aussi le thème de la pureté : sa volonté nous purifie, sa proximité nous guide ».

A propos de « la joie d’Israël face au fait de connaître la volonté de Dieu, et d’avoir ainsi reçu en don la sagesse qui nous guérit, et que nous ne pouvons trouver tout seuls », le Saint-Père s’est demandé :

« Existe-t-il chez nous, dans l’Eglise d’aujourd’hui, un sentiment semblable de joie devant la proximité de Dieu, et pour le don de sa Parole?... Si nous réfléchissons sur la perplexité du monde face aux grandes questions du présent et du futur, alors, devrait naître au-dedans de nous la joie pour le fait que Dieu nous a montré gratuitement son Visage, sa volonté, Lui-même. Si cette joie resurgit en nous, elle touchera aussi le cœur des non-croyants. Sans cette joie, nous ne sommes pas convaincants. Mais, là où cette joie est présente, même sans le vouloir, elle possède une force missionnaire. Elle suscite en effet chez les hommes la question de savoir si ce n’est pas là que se trouve pas là la voie – si cette joie ne guide pas probablement effectivement sur les traces de Dieu lui-même ».

Le passage de la deuxième Lecture de la Messe, était extrait de la Lettre de Saint Jacques, que le Saint-Père a déclaré aimer « surtout parce que, grâce à elle, nous pouvons nous faire une idée de la dévotion de la famille de Jésus ». C’était une famille fidèle, pratiquante, dans le sens

« qu’elle vivait la joie deutéronomique en raison de la proximité de Dieu, qui nous est donnée dans sa Parole et dans son commandement… Pour Saint Jacques, la Loi n’est pas une exigence qui prétend trop de nous, qui se trouve devant nous, de l’extérieur, et ne peut jamais être satisfaite… Dans le Christ ? Dieu nous a tout dit, Il s’est manifesté complètement. Nous ne sommes plus des serviteurs, mais des amis. Et la Loi n’est plus une prescription pour des personnes non libres, mais le contact avec l’Amour de Dieu – être introduits pour faire partie de sa famille, acte qui nous rend libres et parfaits… La Loi, comme parole de l’Amour, n’est pas une contradiction pour la liberté, mais un renouveau de l’intérieur grâce à l’amitié avec Dieu… Ce n’est pas nous qui créons ce qui est bon – cela serait un simple moralisme, mais c’est la Vérité qui vient à notre rencontre. Il est Lui-même la Vérité, la Vérité en personne. La pureté est un événement de dialogue. Elle commence avec le fait qu’Il vient à notre rencontre, Lui, qui est la Vérité et l’Amour, il nous prend par la main, il pénètre tout notre être. Dans la mesure où nous nous laissons toucher par Lui, où la rencontre devient amitié et amour, nous devenons nous-mêmes, à partir de sa pureté, des personnes pures qui aiment avec son Amour, des personnes qui font entrer aussi les autres dans sa pureté et dans son amour ».

(Agence Fides, 15 septembre 2009)

29.05.2009

Etudier la Loi de Dieu jusqu’à l’aube: La Pentecôte juive, 50 jours après Pessah

ROME, Jeudi 28 mai 2009 (ZENIT.org) - « La coutume de se réunir la nuit de Shavouot pour étudier la Torah jusqu'à l'aube est très répandue » : la fête juive de la Pentecôte, « Shavouot » est célébrée demain, 29 mai. A cette occasion, nous publions cette présentation de la Pentecôte juive mise en ligne par le site « Un Echo d'Israël ». Bonne fête de Pentecôte à tous nos lecteurs juifs.

 

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La fête de Shavouot est célébrée 50 jours après Pessah, la Pâque juive. Il s'agit de la deuxième des 3 grandes fêtes de pèlerinage du judaïsme.

Les noms de la fête expliquent déjà sa signification, sa liturgie et les coutumes (les fleurs, l'étude la nuit) achèvent d'en découvrir le sens.


I. Les noms de la fête

1. ‘Hag ha-qatsir : « fête de la moisson. » La fête est en effet au début de l'été, à la fin de la moisson de blé (cf. Ex 23,16)

2. Yom ha-bikourim : « jour des prémices » (Nb 28, 26)

3. ‘Hag ha-shavouot : « la fête des semaines » ; cette appellation fait allusion à la période de l'‘Omer puisqu'elle se situe à la fin de la computation des 7 semaines selon Dt 16, 9-10 (cf. Ex 34, 22).

En Lv 23, 15-21, le décompte des sept semaines est explicité ; il se fait à partir du lendemain du shabbat. La tradition orthodoxe, a compris le terme ‘shabbat' au sens de jour chômé. Le compte se fait donc dès le premier jour de Pessah, ce qui place Shavouot le 6 siwan. Par contre, pour les sadducéens, les esséniens et plus tard les caraïtes, le mot shabbat désigne le 7ème jour de la semaine (le samedi). Par conséquent, pour eux, Shavou‘ot tombe toujours un dimanche (coutume reprise par les samaritains).

4. ‘Atseret : « conclusion » On trouve ce terme pour désigner notre fête dans la mishnah (Rosh hashanah 1,2) Cela se rapporte à l'arrêt du peuple devant le Sinaï lors du don de la Torah, et la conclusion de la Pâque. Les deux éléments étant liés puisque Dieu a fait sortir Israël d'Egypte à Pessah pour leur donner la Torah au Sinaï. 5. Zman matan toratenou : « temps du don de notre Torah. » La liturgie emploie un terme qui lui est propre : « temps du don de notre Torah ». Le lien entre Shavou‘ot et le don de la Torah n'est explicite qu'à partir de l'an 150 de notre ère, mais il se déduit de la Torah (simple coïncidence de dates.)


II. La liturgie de Shavouot

A l'époque du Christ, les agriculteurs montaient pour offrir les prémices de leur récolte en action de grâce. A la suite de la destruction du 2nd Temple en 70 ap. J.-C., la fête se recentra sur la commémoration de l'Alliance au Sinaï, du don de la Torah et du décalogue.

Les prières de Shavouot sont celles des shalosh regalim (trois fêtes de pèlerinage), avec la mention de deux des noms de la fête : hag ha-shavouot et zman matan toratenou. De même que pour toute fête, un office supplémentaire (moussaf) est ajouté en fin de matinée. Le Hallel complet est récité, comme aux autres fêtes de pèlerinage.

Le rouleau de Ruth. Une des raisons du choix de Ruth est que l'histoire racontée dans le livre a pour arrière-plan les travaux agricoles de l'époque de Shavouot. Par ailleurs, une tradition rapporte que le roi David (descendant de Ruth) serait né et mort le jour de Shavouot. C'est pour cette raison que, dans certaines communautés, des passages des psaumes sont lus l'après-midi.


III. Coutumes et traditions liés à Shavouot.

La fête de Shavou‘ot n'a pas de commandements spéciaux qui lui soient rattachés. Il n'y a pas de traité sur cette fête, ni dans la mishnah ni dans le talmud. Néanmoins, des minhagim (coutumes) se sont fixés au long des siècles.


A. Décoration de fleurs

Les synagogues sont ornées de fleurs et de plantes vertes pour rappeler que nous sommes à l'époque des moissons. Il est possible d'y voir le rappel des cérémonies d'offrande des prémices à l'époque du Temple.

 

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B. Le tiqoun de la nuit de nuit de Shavouot

La coutume de se réunir la nuit de Shavouot pour étudier la Torah jusqu'à l'aube est très répandue. Cette étude, appelée tiqoun (réparation), doit réparer la défaillance de ceux qui n'eurent par la force de veiller lorsque le Saint béni soit-il, donna la Torah au Sinaï. Mais cette veille consiste en premier lieu à attendre l'heure où les ancêtres d'Israël reçurent les paroles divines. L'origine de cette coutume est à chercher dans la kabbale du XVIème siècle. Le but est de revivre l'expérience du Sinaï dans le feu et dans la joie.


Source : Ziv, bulletin de la commission judaïsme de la Communauté des Béatitudes.