26.08.2011
Il y a 33 ans était élu le "Pape du sourire"
Il y a 33 ans, le 26 août 1978, les cardinaux réunis en Conclave choisissaient le Pape du sourire : le Patriarche de Venise, Albino Luciani, devenu Jean-Paul 1er n’allait occuper sa charge que pendant quelques jours et pourtant il a laissé une trace profonde dans l’Église.
C’est ce que souligne le journaliste et théologien italien Gianni Gennari. Et il parle en connaissance de cause. Quand il venait à Rome le futur Pape logeait au petit séminaire où Gianni Gennari enseignait à l’époque. Ils eurent l’occasion de se rencontrer fréquemment en 1965, à l’occasion de la dernière session du Concile et puis au moment des Synodes convoqués par Paul VI.
19:00 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cardinaux, conclave, patriarches, venise, albino luciani, jean paul ier, eglise, histoire, journalistes, italie, theologiens, gianni gennari, rome, pape, concile, paul vi, foi, philosophie, litterature, tradition, oecumenisme, jeunes, catechistes, sourire, osservatore romano, vatican ii, pretres, laics, metropolite nikodim, russie, unite des chretiens |
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19.08.2011
JMJ : Le Pape tient à être présent à tout le Chemin de Croix
Le Pape doit rencontrer le Premier ministre espagnol, José Luis Zapatero, à la nonciature apostolique de Madrid. Puis il retrouvera les jeunes à la place Cibeles pour le C
hemin de Croix ce soir. Pour cette édition 2011, Benoît XVI a tenu à être présent du début jusqu’à la fin de cet événement. En Espagne cette pratique très répandue s’accompagne d’un folklore dévotionnel très riche.
18:08 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, benoit xvi, jmj, journees mondiales de la jeunesse, madrid, espagne, chemin de croix, jose luis zapatero, nonciature, tradition, jeunes, soeurs de la croix de seville, irak, soudan, japon, haiti, burundi, cardinaux, rouco varela, medias |
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31.05.2011
L'Église : sujet authentique de la liturgie
Le Vatican a publié ce mardi 31 mai un message du Pape à l’Institut pontifical de Musique Sacrée qui fête ses 100 ans d’existence. Un message sous la forme d’une lettre au cardinal Zenon Grocholewski, préfet de la Congrégation pour l'éducation catholique et donc grand Chancelier de l'Institut. L’Institut pontifical de Musique Sacrée a été fondé par le Pape Pie X, qui souhaitait favoriser le retour à la grande tradition de l’Église contre l’influence exercée par la musique profane. Benoît XVI, qui aime la musique liturgique, s’était rendu dans les locaux de l’Institut en 2007.
17:47 Écrit par Père Walter dans Actualité, liturgie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vatican, pape, benoit xvi, musique, zenon grocholewski, congregation pour l'education catholique, institut pontifical de musique sacree, pie x, priere, beaute, culture, chant gregorien, polyphonie, schola cantorum, creativite, liturgie, tradition, progres |
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07.05.2011
Liturgie : le Pape invite à ne pas opposer tradition et progrès
Benoît XVI a abordé le dossier sensible de la liturgie, ce vendredi matin, la liturgie qui renouvelle l’Église. Le Pape recevait les quelque 250 participants au Congrès organisé à l’occasion du cinquantenaire de l’Institut pontifical liturgique créé par Jean XXIII. La liturgie – a dit le Pape – doit reposer sur l’équilibre correct et constant entre une saine tradition et un progrès légitime. Benoît XVI a estimé que, dans ce domaine, l’Esprit Saint avait suscité des fruits abondants en un demi-siècle d’histoire en dépit des malentendus nés de la réforme conciliaire.
11:47 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, benoit xvi, liturgie, congres, jean xxiii, tradition, progres, esprit saint, concile, vatican ii, participation active, christ |
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03.12.2010
L'oubli de Dieu menace les sociétés contemporaines
Le Pape a reçu en audience ce vendredi matin les membres de la Commission théologique internationale au terme de leur assemblée plénière. Les travaux, dirigés par le Secrétaire général, le Père Charles Morerod, portaient sur trois sujets : Les principes de la théologie, son sens et sa méthode; L’unicité de Dieu dans les trois religions monothéistes; L’intégration de la doctrine sociale de l’Eglise au sein de la doctrine chrétienne.
14:58 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, benoit xvi, commisssion theologique internationale, charles morerod, theologie, dieu, monotheisme, doctrine sociale, democratie, societe, justice, verite, unite, pasteurs, eglise, tradition, ecriture, foi, priere, dialogue |
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29.06.2010
Benoît XVI annonce la création d'un conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation

C’est confirmé : Benoît XVI a décidé de créer un nouvel organisme, un conseil pontifical chargé de promouvoir une évangélisation renouvelée dans les pays d’ancienne tradition chrétienne, dont les sociétés connaissent une sécularisation progressive et une sorte d’éclipse du sens de Dieu.

Le Pape a choisi d’annoncer la création de ce nouveau dicastère au cours de la célébration des Vêpres, ce lundi soir, en la basilique romaine Saint-Paul-hors-les murs, à la veille de la fête des Saints Pierre et Paul, patrons de la ville de Rome, en présence d’une délégation du Patriarcat œcuménique de Constantinople.

Dans son homélie, Benoît XVI a insisté sur la vocation missionnaire de l’Eglise qui a animé ses prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II ainsi que les Pères du Concile. Au cours des derniers siècles, dans les pays où l’Evangile a donné lieu depuis longtemps à une tradition chrétienne authentique, le processus de sécularisation a produit une grave crise du sens de la foi chrétienne et de l’appartenance à l’Eglise. Or – a martelé le Pape - l’homme du troisième millénaire aspire lui aussi à une vie authentique et pleine. Il a besoin de vérité, de liberté profonde, d’amour gratuit. Même dans les déserts du monde sécularisé, l’âme humaine a soif de Dieu, du Dieu vivant. Pour Benoît XVI, le défi de la nouvelle évangélisation interpelle l’Eglise universelle et nous pousse à promouvoir l’unité de tous les chrétiens.

(Radio Vatican)
08:45 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, benoit xvi, evangelisation, saints pierre et paul, amour, dicasteres, saints, rome, constantinople, patriarcats, oecumenique, paul vi, jean paul ii, concile, evangile, tradition, verite, liberte, dieu, nouvelle evangelisation, unite, chretiens, orth |
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13.05.2010
Le Pape à la rencontre du monde de la culture
Au deuxième jour de son voyage apostolique au Portugal, le Pape a rencontré le monde de la culture. Une rencontre, très attendue, qui s’est déroulée au centre culturel de Belém dans la banlieue de Lisbonne, à quelques mètres du monastère de Jéronimos où le Pape s’est rendu la veille.

Plus de 1400 personnes étaient rassemblées, cinéastes, écrivains, philosophes, peintres et scientifiques. Le pape a été reçu sous de nombreux applaudissements par Manoel de Oliveira (photo). Cinéaste portugais de renom international, âgé de 102 ans et habitué du festival de Cannes, il a rappelé que les arts ont été très liés aux religions et que le christianisme fut prodige dans les expressions artistiques jusqu’à nos jours. Il a souligné aussi que les racines de la nation portugaise et de toute l’Europe, qu’on le veuille ou non, sont chrétiennes. Il a enfin exprimé une certaine inquiétude vis-à-vis de la société actuelle, marquée par un monde qui ne donne plus l’occasion de vouloir se dépasser, notamment à cause du matérialisme.
Une préoccupation partagée par Benoît XVI, selon le Pape la culture est aujourd’hui le reflet d’une tension entre le présent et la tradition, un conflit qui est aussi l’expression d’une crise de la vérité.
A l’issue de cette rencontre, le pape a salué des représentants des principales religions présentes dans le pays : Judaïsme, Islam, Évangélistes, Hindouisme et Ismaéliens: >> 
(Radio Vatican)
09:45 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : portugal, pape, benoit xvi, culture, belem, lisbonne, cineastes, ecrivains, philosophes, peintres, scientifiques, manoel de oliveira, cannes, festival de cannes, relgions, christianisme, europe, societe, materialisme, tradition, judaisme, islam, evangelis |
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18.04.2010
Voyage à Malte : Le successeur de Pierre se recueille dans la grotte de Saint Paul à Rabat
"Le fait que la Divine Providence ait conduit Paul sur nos îles reste une source d'interrogations pour nous. Aujourd'hui nous remercions la Divine Providence votre sainteté d'avoir choisi de nous rendre visite. (...) Saint-Père, dans nos coeurs nous savons déjà qui vous êtes. Vous êtes le pasteur universel, représentant Jésus Christ parmi nous ".

L'archevêque de Malte, Mgr Paul Cremona accueillait à son tour officiellement Benoît XVI avec ces mots au cours d'une cérémonie à Rabat, où se trouve la grotte de Saint-Paul et le siège de la nonciature apostolique.
250 missionnaires attendaient le Pape dans l'Eglise de Saint-Paul. Après les avoir salués et s'être recueilli devant le Saint Sacrement, Benoît XVI a descendu les quelques marches qui mènent à la grotte de Saint-Paul, où, selon la tradition, l'apotre aurait passé trois mois à prêcher pendant son sejour à Malte. Dans le sanctuaire, Benoît XVI s'est recueilli quelques minutes.
Après les paroles de bienvenue de l'archevêque de Malte, Benoît XVI a à son tour prononcé le second discours depuis son arrivée sur le sol maltais.
"Mon pèlerinage à Malte a commencé par un moment de prière silencieuse dans la Grotte de Saint Paul qui, le premier, a porté la foi à ces îles. J’ai mis mes pas dans ceux des innombrables pèlerins des siècles précédents qui ont prié dans ce lieu saint, confiant leurs personnes, leurs familles et la prospérité de cette nation à l’intercession de l’Apôtre des Gentils", a commencé Benoît XVI.
"Aujourd’hui le même Évangile prêché par Paul continue d’interpeller la population de vos îles à la conversion, à une vie nouvelle et à un avenir d’espérance. Me trouvant parmi vous comme le successeur de l’Apôtre Pierre, je vous invite à écouter de nouveau la Parole de Dieu, comme l’ont fait vos aïeux, et à la laisser changer vos manières de penser et la manière de conduire vos vies."
Benoît XVI a exhorté les religieux et religieuses présents à Rabat à se faire les artisans d'un nouveau souffle missionnaire :
"Le monde a besoin de ce témoignage ! Face aux si nombreuses menaces qui pèsent sur le caractère sacré de la vie humaine et sur la dignité du mariage et de la famille, nos contemporains n’ont-ils pas besoin qu’on leur rappelle constamment la grandeur de notre dignité de fils de Dieu et de la noble vocation que nous avons reçue dans le Christ ? Les sociétés n’ont-elles pas besoin de se réapproprier et de défendre ces vérités morales fondamentales qui restent le fondement d’une liberté authentique et d’un progrès véritable ?
(Radio Vatican)
14:23 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : malte, paul cremona, rabat, nonciature, missionnaires, eglises, pape, benoit xvi, saint paul, providence, christ, jesus, archeveques, saint sacrement, tradition, sanctuaires, pelerinages, priere, foi, evangile, parole de dieu, religieux, religieuses, mariage, familles, societe, liberte, progres |
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23.10.2009
Entrée des anglicans dans l’Église catholique
Frappez et l'on vous ouvrira. A condition que ce soit selon la tradition
L'entrée de diocèses et de paroisses anglicans antimodernistes dans l'Eglise catholique est annoncée. L'œcuménisme du pape Benoît XVI apparaît de plus en plus comme nourri de fidélité à la tradition. C'est le cas avec les lefebvristes. Et plus encore avec les Eglises orthodoxes d'orient
par Sandro Magister
ROME, le 20 octobre 2009 – Jusqu’à hier, les prêtres et évêques de la Communion anglicane qui se sentaient davantage en accord avec le pape de Rome qu’avec les dérives "modernistes" de l'anglicanisme passaient un à un à l’Eglise catholique.
Aux Etats-Unis, une "Pastoral Provision" rédigée par la congrégation pour la doctrine de la foi et approuvée par Jean-Paul II a été mise en place en 1980 pour régler ces passages. Elle a permis à environ 80 prêtres anglicans de passer à l’Eglise catholique, presque tous avec femme et enfants. Et, il y a deux ans, c’est un évêque, Jeffrey Steenson, qui a été accueilli lors d’une cérémonie célébrée à la basilique Sainte-Marie Majeure, à Rome. Steenson, 57 ans, marié et père de trois enfants, a été ordonné prêtre et incardiné dans le diocèse de Santa Fe, où il enseigne la patrologie au séminaire.
Ces prêtres et ces évêques ont aussi été suivis par des groupes de fidèles agissant spontanément. Le seul cas de passage en bloc de tout un diocèse anglican à l’Eglise catholique est, jusqu’à présent, celui du diocèse d’Amritsar, au Penjab indien, en 1975.
Mais, à partir d’aujourd’hui, les migrations collectives de l'anglicanisme vers le catholicisme seront un fait non plus exceptionnel mais normal, grâce à la constitution apostolique que Benoît XVI s’apprête à publier.
La constitution pontificale est encore en phase de mise au point. Elle sera peut-être publiée dans deux semaines. Mais elle a déjà été annoncée solennellement, le matin du 20 octobre, par deux conférences de presse simultanées : l’une à Rome, avec le cardinal William Levada, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, l’autre à Londres, avec l'archevêque catholique de Westminster, Vincent G. Nichols, et le primat de la Communion anglicane, Rowan Williams (dans la photo Associated Press).
A Londres les deux archevêques, le catholique et l’anglican, ont également fait une déclaration conjointe, ce qui est aussi un élément indiscutablement nouveau.
En effet, d’habitude, quand quelqu’un quitte une confession chrétienne et en embrasse une autre, il s’en va en claquant la porte.
Cette fois, au contraire, c’est comme si ce passage était béni d’un commun accord par les deux parties.
Cette harmonie fait penser combien la réconciliation de l’Eglise catholique et de la Communion anglicane serait proche aujourd’hui si seulement cette dernière n’avait pas accepté que des femmes et des homosexuels vivant en couple soient ordonnés prêtres et évêques, avec les dramatiques divisions qui en ont résulté entre ceux qui sont d’accord et ceux qui s’y opposent.
Quand la constitution apostolique aura été publiée, les paroisses et les diocèses anglicans – de Grande-Bretagne, des Etats-Unis, d'Australie et d’autres pays – qui, ces dernières années, ont frappé à la porte de Rome pour être accueillis dans l’Eglise catholique pourront procéder selon les modalités fixées par la constitution. Les prêtres et évêques mariés, ayant reçu les ordres sacrés, pourront reprendre leur ministère, comme c’est déjà le cas pour les prêtres mariés des rites orientaux, y compris catholiques. Leurs communautés seront rattachées à des "ordinariats personnels" dirigés par des évêques qui ne seront pas mariés mais célibataires, là encore en accord avec la pratique constante des Eglises catholiques et orthodoxes. Pour les liturgies, le rituel anglican, déjà très semblable au catholique, restera en vigueur.
On calcule qu’une quarantaine d’évêques et une centaine de prêtres, avec leurs communautés respectives, sont sur la liste d’attente. Le critère de la conversion sera l'acceptation de la primauté du pape et l’adhésion à la doctrine formulée dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique.
Dans tous les cas, les communautés prêtes à passer à l’Eglise catholique font partie de l'aile "traditionnaliste" de la Communion anglicane.
Comme sont traditionalistes les communautés schismatiques lefebvristes, envers lesquelles Benoît XVI intensifie ses efforts pour qu’elles obéissent de nouveau à Rome.
Et comme sont attachées à la grande tradition les Eglises orthodoxes, avec lesquelles le contact paraît plus fructueux avec le pape actuel. Du 16 au 23 octobre est en cours à Chypre le deuxième round – le premier a eu lieu à Ravenne en 2007 – du dialogue entre catholiques et orthodoxes sur la question de la primauté du pape, à la lumière de ce qui fut vécu au cours du premier millénaire.
Aujourd’hui plus que jamais, sous le pontificat de Joseph Ratzinger, le chemin de l’œcuménisme apparaît non comme un élan vers la modernité mais comme un retour sur le terrain de la tradition.
On trouvera ci-dessous la déclaration conjointe diffusée à Londres le 20 octobre par le chef de la Communion anglicane et celui de l’Eglise catholique d’Angleterre et du pays de Galles, ainsi qu’une note rétrospective publiée le même jour par la congrégation pour la doctrine de la foi.
Joint Statement by the Archbishop of Westminster and the Archbishop of Canterbury
Today’s announcement of the Apostolic Constitution is a response by Pope Benedict XVI to a number of requests over the past few years to the Holy See from groups of Anglicans who wish to enter into full visible communion with the Roman Catholic Church, and are willing to declare that they share a common Catholic faith and accept the Petrine ministry as willed by Christ for his Church.
Pope Benedict XVI has approved, within the Apostolic Constitution, a canonical structure that provides for Personal Ordinariates, which will allow former Anglicans to enter full communion with the Catholic Church while preserving elements of distinctive Anglican spiritual patrimony.
The announcement of this Apostolic Constitution brings to an end a period of uncertainty for such groups who have nurtured hopes of new ways of embracing unity with the Catholic Church. It will now be up to those who have made requests to the Holy See to respond to the Apostolic Constitution.
The Apostolic Constitution is further recognition of the substantial overlap in faith, doctrine and spirituality between the Catholic Church and the Anglican tradition. Without the dialogues of the past forty years, this recognition would not have been possible, nor would hopes for full visible unity have been nurtured. In this sense, this Apostolic Constitution is one consequence of ecumenical dialogue between the Catholic Church and the Anglican Communion.
The on-going official dialogue between the Catholic Church and the Anglican Communion provides the basis for our continuing cooperation. The Anglican Roman Catholic International Commission (ARCIC) and International Anglican Roman Catholic Commission for Unity and Mission (IARCCUM) agreements make clear the path we will follow together.
With God’s grace and prayer we are determined that our on-going mutual commitment and consultation on these and other matters should continue to be strengthened. Locally, in the spirit of IARCCUM, we look forward to building on the pattern of shared meetings between the Catholic Bishops Conference of England and Wales and the Church of England’s House of Bishops with a focus on our common mission. Joint days of reflection and prayer were begun in Leeds in 2006 and continued in Lambeth in 2008, and further meetings are in preparation. This close cooperation will continue as we grow together in unity and mission, in witness to the Gospel in our country, and in the Church at large.
London, 20 October 2009
Vincent Gerard Nichols
Archbishop of Westminster
Rowan Williams
Archbishop of Canterbury
Informations complémentaires
Depuis qu’au XVIe siècle le roi Henri VIII a proclamé que l’Eglise d’Angleterre était indépendante de l’autorité du pape, l’Eglise d’Angleterre a créé ses déclarations doctrinales, ses usages liturgiques et ses pratiques pastorales, en y incorporant souvent des idées de la Réforme née sur le continent européen. L’expansion de l’Empire Britannique, en association avec l’apostolat missionnaire anglican, a ensuite fait naître une Communion Anglicane au niveau mondial.
En plus de 450 ans, jamais la question de la réunion des anglicans et des catholiques n’a été écartée. Au milieu du XIXe siècle, le Mouvement d’Oxford (en Angleterre) a montré un renouveau d’intérêt pour les aspects catholiques de l’anglicanisme. Au début du XXe siècle, le cardinal belge Mercier a lancé des discussions publiques avec des anglicans pour explorer la possibilité d’une union avec l’Eglise catholique sur la base d’un anglicanisme "réuni mais pas absorbé".
Le concile Vatican II a encore renforcé l’espoir d’une union, notamment avec le Décret sur l’œcuménisme (n° 13) qui, se référant aux Communautés séparées de l’Eglise catholique au moment de la Réforme, affirmait : "Parmi celles [les communions] où continuent à subsister en partie les traditions et les structures catholiques, la Communion Anglicane occupe une place particulière."
Depuis le concile, les relations entre anglicans et catholiques romains ont créé un meilleur climat de compréhension et de coopération mutuelle. L’Anglican-Roman Catholic International Commission (ARCIC) a publié, au fil des années, une série de déclarations doctrinales, dans l’espoir de créer les bases d’une union entière et visible. Pour beaucoup de gens des deux Communions, les déclarations de l’ARCIC ont rendu disponible un outil dans lequel l’expression commune de la foi peut être reconnue. C’est dans ce cadre qu’il faut placer la nouvelle mesure.
Dans les années qui ont suivi le Concile, certains anglicans ont abandonné la tradition de ne conférer les Ordres Sacrés qu’à des hommes en appelant aussi des femmes au sacerdoce et à l’épiscopat. Plus récemment, certains éléments de la Communion Anglicane se sont éloignés de l’enseignement biblique commun en matière de sexualité humaine – déjà clairement formulé dans le document de l’ARCIC "La vie dans le Christ" – en conférant les Ordres Sacrés à des clercs ouvertement homosexuels et en bénissant les unions de personnes du même sexe. Néanmoins, alors que la Communion Anglicane doit relever ces défis nouveaux et difficiles, l’Eglise Catholique reste pleinement engagée dans son dialogue œcuménique avec la Communion Anglicane, notamment à travers l’activité du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens.
Entre temps, beaucoup d’anglicans sont entrés individuellement dans la pleine communion avec l’Eglise catholique. Parfois ce sont même des groupes d’anglicans qui sont entrés, en conservant une certaine structure "corporative". C’est le cas, par exemple, du diocèse anglican d’Amritsar en Inde et de quelques paroisses isolées des Etats-Unis qui, tout en gardant une identité anglicane, sont entrées dans l’Eglise catholique dans le cadre d’une "disposition pastorale" adoptée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et approuvée par le pape Jean-Paul II en 1982. Souvent, dans ces cas-là, l’Eglise catholique a accordé des dispenses de l’obligation de célibat, admettant que les clercs anglicans mariés qui désiraient poursuivre leur ministère comme prêtres catholiques soient ordonnés dans l’Eglise catholique.
Dans ce contexte, les Ordinariats Personnels institués selon la Constitution Apostolique mentionnée ci-dessus peuvent être considérés comme un pas de plus vers la réalisation de l’aspiration à l’union entière et visible dans l’unique Eglise, qui est l’un des buts principaux du mouvement œcuménique.
Congrégation pour la Doctrine de la Foi
Rome, le 20 octobre 2009
La note diffusée par le Vatican le jour de l'annonce de la constitution apostolique relative aux "ordinariats personnels" pour les anglicans qui entrent dans l’Eglise catholique :
> Nota informativa
Un article récent de www.chiesa à propos des divisions internes de la Communion anglicane :
> Les anglicans risquent un schisme. Les deux voies de l'archevêque de Canterbury (3.8.2009)
L'annonce de la rencontre du 26 octobre 2009 entre la commission vaticane "Ecclesia Dei" et la Fraternité lefebvriste Saint Pie X :
> Il prossimo lunedì 26 ottobre...
Une importante interview du métropolite orthodoxe de Pergame Johannes Zizioulas, à propos du deuxième round, actuellement en cours à Chypre, du dialogue entre catholiques et orthodoxes sur la primauté du pape :
> Zizioulas: Difendiamo il dialogo ecumenico contro chi lo contesta
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www.chiesa
06:37 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anglicans, tradition, eglise catholique, oecumenisme, pape, benoit xvi, lefebvristes, eglises orthodoxes, orient, pretres, eveques, jean paul ii, jeffrey steenson, santa fe, patrologie, seminaire, amritsar, penjab, inde, constitution apostolique, william levada, rome, londres, westminster, vincent g nichols, rowan williams, associates press, femmes, homosexuels, grande-bretagne, etats-unis, australie, ordinariats personnels, liturgie, primaute du pape, catechisme de l eglise catholique, traditionalistes, chypre, ravenne, joseph ratzinger, pays de galles, angleterre, canterbury, henri viii, arcic, anglican-roman catholic international commission, concile, unite des chretiens, communion anglicane, vatican ii |
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08.09.2009
L'islam aussi a ses Luther. Mais une réforme est lointaine
L'islam aussi a ses Luther. Mais une réforme est lointaine
Au cœur de l'actuelle crise du monde musulman, les différentes conceptions de la tradition. Et le refus de lire le Coran en utilisant des méthodes scientifiques en plus des méthodes théologiques. La leçon d'un grand islamologue, Michel Cuypers
par Sandro Magister
ROME, le 7 septembre 2009 – La fondation Oasis a consacré sa dernière rencontre annuelle d’études à la question des traditions religieuses chrétienne et musulmane : comment les interpréter et les vivre dans leurs communautés respectives, surtout en situation minoritaire, dans les pays musulmans pour les chrétiens, en Europe pour les musulmans.
Environ 70 spécialistes musulmans et chrétiens, occidentaux et orientaux – ainsi que des cardinaux et des évêques – ont pris part à cette rencontre qui a eu lieu à Venise.
La question de la tradition – et donc aussi celles de l'éducation, de la transmission du patrimoine de foi aux nouvelles générations – est de celles qui sont cruciales pour les chrétiens et les catholiques. C’est ainsi que la conférence des évêques d’Italie l'a mise au centre de son programme pour les dix prochaines années. Le pontificat même de Benoît XVI agit et est jugé à la lumière de la tradition, qui est à son tour l’objet de querelles.
Mais la question paraît encore plus brûlante pour l'islam. Elle est étroitement liée à celle de l'interprétation du Coran. Les courants fondamentalistes inspirés par les Frères Musulmans, par exemple, idéalisent l'islam des origines, le prennent comme modèle unique et refusent d’appliquer au Coran des critères de lecture scientifiques en plus des critères théologiques.
Les musulmans qui lisent le Coran selon des méthodes analogues à celles que l'exégèse chrétienne applique à la Bible sont rares et isolés. Les grands centres théologiques musulmans, comme l’université al-Azhar au Caire, sont très méfiants envers les méthodes modernes d’analyse littéraire. Les fruits d’une lecture critique du Coran viennent presque exclusivement de spécialistes non musulmans.

Parmi ces derniers, Michel Cuypers, (photo) 67 ans, belge, qui fait partie des Petits Frères de Jésus, la communauté religieuse fondée au XXe siècle sous l’inspiration de Charles de Foucauld.
Cuypers a passé 12 ans en Iran, d’abord à Tabriz dans une léproserie, puis à Téhéran où il a étudié la langue et la littérature persane. En 1983, il a obtenu un doctorat en littérature persane à l’Université de Téhéran. Il a ensuite étudié l’arabe en Syrie et en Egypte et, en 1989, il s’est installé au Caire, où il réside.
Il est chercheur à l'Institut Dominicain d’Etudes Orientales, fondé au Caire il y a un demi-siècle par les dominicains islamologues Georges Anawati, Jacques Jomier et Serge de Beaurecueil.
Depuis 1994, Cuypers a entièrement concentré ses travaux sur la composition du texte du Coran, en adoptant la méthode de l’analyse rhétorique. Ses articles et essais sont de plus en plus appréciés, y compris par des spécialistes musulmans. Il y a deux ans, il a publié en France, chez Lethielleux, un livre très suggestif, consacré à l'analyse d’un chapitre du Coran : "Le festin: une lecture de la sourate al-Mâ’ida", avec une préface de l’éminent spécialiste musulman Mohamed-Ali Amir-Moezzi.

Au récent colloque de la fondation Oasis, Cuypers a fait une conférence précisément sur le rôle de la tradition dans le monde musulman d’hier et d’aujourd’hui.
Cette conférence est reproduite ci-dessous. A la fin, Cuypers montre combien il est important que le monde musulman s’ouvre à une lecture critique du Coran. En particulier, une telle lecture montrerait clairement que les versets les plus belliqueux du texte sacré de l'islam n’"abrogent" pas du tout ceux qui sont plus tolérants et pacifiques, contrairement à ce que prétendent les partisans de la guerre sainte.
Née à Venise, en 2004, d’une initiative du cardinal Angelo Scola, Oasis publie sous ce nom une revue semestrielle en quatre éditions et cinq langues : italien, anglais, français, arabe et ourdou. Elle imprime des livres et gère un site web également multilingue, ainsi qu’une newsletter.
Les activités et les réflexions d’Oasis se développent dans trois domaines principaux : les Eglises chrétiennes d'Orient, l'islam, et l'actuel processus de mélange des peuples, défini par la formule "métissage de civilisations et de cultures" chère au cardinal Scola.
"L'Osservatore Romano" du 13-14 juillet a également évoqué la rencontre d’études d’Oasis et reproduit la conférence de Cuypers. Le journal du Saint-Siège est très attentif à ce qui se passe dans le monde musulman, dans le domaine culturel. L’an dernier, un chercheur musulman estimé, le "moderniste" Khaled Fouad Allam, était devenu l’un de ses commentateurs de première page, ce qui avait suscité un vif intérêt. Mais après un premier article – le 30 novembre 2008 – sa signature a disparu. En effet la secrétairerie d’état du Vatican, très prudente dans ce domaine, ne veut en aucun cas impliquer le Saint-Siège dans des controverses internes à l'islam, ne serait-ce qu’en donnant l'impression de soutenir un auteur musulman contre d’autres en publiant ses écrits.
En revanche, les autorités vaticanes ne voient pas d’inconvénients à ce que les mêmes choses soient dites avec prudence – dans le journal du Saint-Siège – par un spécialiste catholique. Comme Cuypers, dans le texte qui suit :
La tradition vue par la foi musulmane, hier et aujourd’hui
par Michel Cuypers
La religion musulmane, du point de vue de la foi et du droit, repose sur deux sources normatives fondamentales : le Coran et la tradition, la sunna. Bien que le Coran soit premier en tant que révélation divine, la tradition en est l’indissociable complément, en tant qu’explication et développement prophétique. Elle contient en effet les paroles et les actes, les hadîths, du prophète de l'islam et, en second lieu, de ses compagnons, transmettant ainsi l’enseignement et le mode de vie du prophète et de la première génération des croyants. C’est, en somme, un commentaire vivant du Coran. Les hadîths auraient été recueillis par les compagnons du prophète et par quelques-uns de ses proches – ses femmes, ses familiers – puis transmis oralement par une chaîne de transmetteurs, isnad, à travers les générations, jusqu’à leur rédaction par ceux qui ont recueilli les hadîths, les "traditionnistes".
La constitution du corpus écrit des traditions a été bien plus lente et hésitante que celle du Coran. Après un premier siècle de transmission orale, c’est seulement au IIe siècle de l'hégire que, sur ordre du calife Omar II, la compilation écrite des traditions a commencé. Mais le IIIe siècle de l'hégire est le grand siècle des compilations de traditions, réunies en vastes recueils dont deux seront considérés comme des références incontestables dans la suite de l’histoire musulmane : celui de Bukhârî – qui rassemble 7 275 hadîths – et celui de Muslim – 3 033 hadîths – qui seront appelés les "deux authentiques", sahihayn, parce qu’ils ne contiennent que des hadîths considérés comme authentiques. En effet, parallèlement à la pieuse effervescence des traditions aux IIe et IIIe siècles de l'hégire, et pour réunir partout le plus grand nombre de hadîths possible – Bukhârî en aurait recueilli 600 000 – une "science du hadîth" s’est constituée. Elle précise les règles qui permettent de distinguer les traditions authentiques de celles qui sont apocryphes, élaborées sur mesure pour soutenir n’importe quelle prétention politique, idéologique ou partisane. Nous y reviendrons ultérieurement.
Bien que le Coran soit donc la source première et fondamentale de la foi et du droit, la tradition n’est pas moins importante dans l'organisation de la foi et de la pratique musulmane, parce qu’elle se présente comme une illustration des règles et des valeurs de la révélation coranique, enseignées et vécues par le prophète, modèle parfait de l'idéal musulman que tout croyant cherche à imiter.
Les croyants se nourrissent sans cesse de la tradition, à travers laquelle ils se sentent en union vivante avec le fondateur de l'islam. Elle forme littéralement leur conscience religieuse. Le culte, la prédication et l’enseignement s’y réfèrent continuellement.
Elle constitue aussi, avec le Coran, une référence indispensable pour les sciences religieuses. Elle fournit à l'exégèse coranique un trésor d'interprétations et d’asbâb al-nuzûl, ces "occasions de la révélation" qui donnent la raison historique pour laquelle tel ou tel verset aurait été révélé. Elle fournit des règles pour la théologie, kalâm, et le droit canonique, fiqh. La règle coranique s’impose avant tout. Mais, en l’absence d’une règle révélée, c’est la tradition qui fait autorité. Si la tradition n’est pas explicite sur un sujet, on recourt à deux autres sources secondaires du droit qui ont été acceptées ou refusées diversement selon les écoles juridiques, en raison de leur origine humaine : le consensus communautaire, ijmâ, difficilement praticable, et l’effort de réflexion, ijtihâd, qui ne peut être imposé à tous, en raison de sa part de subjectivité.
Mais la tradition alimente aussi de manière plus large l'imaginaire collectif musulman, en fournissant des références historiques et culturelles et en faisant revivre la première génération, exemplaire, de croyants. Elle joue ainsi un rôle important dans l’actuelle réislamisation du monde musulman, soucieux de retrouver sa pureté originelle.
A ce sujet, il faut signaler l'importance de la Sîra, la "vie du prophète", écrite par Ibn Ishâq (mort en 678) et remaniée par Ibn Hisham (mort en 833). Bien que ne faisant pas partie du corpus des hadîths, cette biographie jouit d'un statut presque canonique et joue un rôle considérable dans la dévotion des croyants envers le prophète et la première communauté musulmane. Faisant une large place aux faits d’armes du prophète, la Sîra décrit aussi en détail son mode de vie quotidien, de telle sorte que sa "voie," sunna, peut servir de modèle au croyant dans son comportement matériel, moral et spirituel.
Tout ce que nous avons dit concerne directement la majorité orthodoxe sunnite de l'islam. Le chiisme a aussi une tradition, mais elle ne se réfère pas au même corpus ni aux mêmes chaînes de transmetteurs. Les paroles et les actions racontées ne sont pas seulement celles du prophète, mais plus généralement celle des "gens de la maison", ahl al-bayt – c’est-à-dire le prophète, sa fille Fatima et son mari Ali, et leurs deux fils Hassan et Hussein – et des imams suivants. Les transmetteurs doivent eux aussi faire partie de la descendance du prophète. Le principal recueil de traditions chiites est celui de Kulayni (mort en 940) qui compte plus de 16 000 citations.
Dès les premières tentatives pour mettre les hadîths sous forme écrite, les savants musulmans ont éprouvé le besoin de s’assurer de leur authenticité, ce qui a fait naître une "science du hadîth" qui a surtout développé une critique externe, centrée sur la validité de la chaîne des transmetteurs, isnâd. Les questions posées dans ce domaine sont du genre : les divers transmetteurs ont-ils vraiment été en contact, de manière à pouvoir transmettre la parole en une chaîne continue, depuis les compagnons et jusqu’aux compilateurs du corpus ? Etaient-ils fiables moralement et intellectuellement ? Ne servaient-ils pas une cause sectaire ou politique déviante ?
Cette science a donc pris la forme d'une étude biographique de tous les personnages inclus dans les chaînes de transmetteurs des recueils de hadîths, parmi lesquels se détachent en premier lieu les compagnons du prophète, premiers témoins. Un classique du genre, le "Livre des Classes", Kitâb al-tabaqât, du traditionniste Ibn Sa'd (mort en 845) réunit environ 4 250 notices biographiques.
La critique en est arrivée à classer les hadîths selon leur plus ou moins grande validité, en partant des hadîths solides, ou sains, pour passer aux bons, acceptables, passables et jusqu’à ceux qui sont faibles ou franchement faux, apocryphes. Le succès des recueils de Bûkhârî et de Muslim tient précisément au grand nombre de hadîths solides qu’ils contiennent. Les hadîths considérés comme les plus solides – et donc unanimement acceptés – sont ceux qui sont transmis de manière identique par de nombreux compagnons du prophète et à travers un grand nombre de chaînes de garants concordantes.
Si la chaîne de transmetteurs était solide, le traditionniste se montrait enclin à admettre un hadîth, quelle que soit la vraisemblance de son contenu. La critique interne portait essentiellement sur l'accord entre le ton du texte, matn, du hadîth et le Coran. En cas d'incompatibilité entre les deux, le hadîth devait en principe être considéré comme faux. Cependant une école marginale – le zâhirisme – n’hésita pas à admettre qu’un hadîth puisse abroger le Coran, en raison du caractère inspiré des paroles du prophète.
Il faudra attendre Ibn Khaldûn (mort en 1406) pour que soit proposée une inversion de la méthode critique, donnant plus d’importance au texte même du hadîth qu’à la chaîne des transmetteurs : "Il ne faut pas utiliser cette dernière méthode (la validation de l'isnâd) sinon après avoir étudié le récit en lui-même, pour savoir si les faits qu’il contient sont plausibles ou non".
Depuis la fin du XIXe siècle, on peut distinguer dans l'islam deux attitudes principales en ce qui concerne la critique de la tradition.
D’une part quelques institutions officielles perpétuent, jusqu’à nos jours, les positions classiques. Citons Ali Merad, un auteur musulman moderniste : "Dans beaucoup d’universités musulmanes, le rôle du corps enseignant semble se limiter à assurer la continuité d'un savoir validé par une sorte de consensus communautaire. En ce qui concerne la tradition (et aussi la biographie du prophète) la quasi sacralisation des autorités anciennes en la matière est la règle. Discuter ces autorités, ouvrir de nouvelles pistes de recherche, signifie rompre avec un modèle culturel qui a fonctionné pendant plus d'un millénaire et qui renvoie à la communauté l'image de son identité, de son équilibre socioculturel, dans la continuité de ses sources premières".
Mais d’autre part un courant réformiste émerge avec Sayyid Ahmad Khân (mort en 1898) en Inde, al-Afghânî (mort en 1897) et Muhammad 'Abduh (mort en 1905) en Egypte, et leurs disciples. Au nom de la pureté de la foi, pour laquelle Dieu est le seul législateur, ces penseurs ne gardent que deux sources normatives dans l'islam, le Coran et la tradition, excluant ainsi le consensus et l'ijtihâd. Ils soumettent la tradition à une critique plus sévère des chaînes de transmetteurs et surtout du texte lui-même. Ils ne gardent qu’un petit nombre de hadîths, refusant les traditions qui heurtent la raison ou le bon sens. Ils valorisent le modèle des anciens, les salafs – les trois premières générations de musulmans – pour redonner du dynamisme à la religion, sans toutefois l’enfermer dans son passé : leur but est de laisser l'islam trouver son identité et son indépendance dans un monde moderne en pleine mutation.
La position réformiste a ensuite évolué dans deux directions divergentes : un néo-fondamentalisme légaliste et un modernisme laïciste, qui abandonne la tradition comme source normative.
Selon les premiers, ne pas tenir compte des deux sources normatives secondaires – le consensus et l’effort de réflexion – conduit à accroître le rôle normatif de la tradition et en même temps à idéaliser les anciens, les salafs, premiers transmetteurs des traditions. En réaction contre la modernité – dont seuls les progrès matériels sont acceptés – l'époque originelle idéalisée devient le modèle à imiter, en un repli identitaire. Les Frères Musulmans (fondés en 1929) sont les principaux représentants de cette tendance.
Selon les seconds, la tradition perd son caractère normatif : l'authenticité de la plupart des traditions, soumises à une critique rationnelle plus sévère, est mise en doute (sur le modèle de ce qu’a fait le célèbre islamologue Ignaz Goldziher, mort en 1921). En alternative, on en retient seulement l'aspect éthique et spirituel, à titre de sagesse et de source d'inspiration. Le Coran devient donc la seule source vraiment normative de l'islam. Une "seule Ecriture" qui ne manque pas d'influences provenant du modèle protestant (certains modernistes sont volontiers appelés les "Luther de l'islam"). Cette façon de se libérer des mailles de la tradition permet d'envisager une nouvelle exégèse du Coran, demandée aujourd’hui par certains intellectuels musulmans. Les "occasions de la révélation", tirées des hadîths, ne sont plus la méthode privilégiée d'exégèse, comme dans le passé. Une exégèse critique est désormais possible.
Cette position ouverte a toutefois comme contrepartie de mettre les intellectuels musulmans modernistes en marge du courant général de l'islam, qui reste massivement lié à la sunna comme norme de foi et de droit, organiquement associée au Coran. On comprend alors que les différentes conceptions des musulmans quant à la tradition soient au cœur de la crise actuelle de l'islam.
J’ajoute, en conclusion, deux observations personnelles, tirées de mes recherches personnelles sur le Coran.
En premier lieu, l’étude critique du texte du Coran amène à comprendre certains versets importants de manière totalement différente de celle développée au cours des siècles dans la tradition exégétique musulmane. Un exemple particulièrement significatif est le verset dit de l'abrogation : "Nous n'abrogerons aucun verset, nous n'en ferons oublier aucun, sans le remplacer par un autre qui soit meilleur ou équivalent" (Coran 2, 106). Ce verset a toujours été compris, dans la tradition exégétique classique, comme signifiant qu’un verset du Coran peut en abroger un autre avec lequel il est en contradiction, le verset abrogeant étant évidemment censé être postérieur à celui qui est abrogé.
Mais si on le lit dans son contexte littéraire, il devient tout à fait clair que ce verset ne parle pas de l'abrogation du Coran par le Coran, mais de l'abrogation de certains versets de la Torah juive – et pas de la Torah tout entière – par le Coran. La question passe donc du contexte du droit musulman (quelles sont les règles coraniques abrogées par d’autres, chronologiquement plus tardives ?) aux problèmes concernant les relations entre l'islam et le judaïsme et leurs Ecritures respectives. La théorie de l'abrogation du Coran par lui-même, développée par les juristes, fuqahâ, n’a aucun fondement coranique.
En second lieu, la tradition exégétique du Coran s’est toujours montrée très méfiante envers toute référence à des textes antérieurs, à une tradition précédant le Coran. Aux premières générations, certains commentateurs du Coran ont eu recours aux "sources juives", les isrâ'îliyyât, mais ensuite elles ont été rejetées comme suspectes, en raison de la prétendue falsification, tahrîf, de la Torah. Et du reste, étant donné que la révélation est conçue comme directement dictée par Dieu, tout recours à des Ecritures antérieures devient superflu.
En réalité, l'actuelle étude textuelle montre de plus en plus combien est étroit le lien entre le texte coranique et tout un contexte culturel extrêmement riche et varié, dont la connaissance se révèle indispensable pour comprendre toutes les subtilités sémantiques du texte coranique.
Le lien vers la fondation internationale Oasis, en italien, anglais, français, arabe et ourdou, avec la newsletter, la revue, les livres:
> Oasis
A propos d’un livre récemment publié par Oasis, sous l’impulsion du cardinal Angelo Scola:
> Le patriarche de Venise a fait un rêve : le métissage de civilisations
Parmi ses multiples activités, Oasis met en ligne chaque lundi, traduite en arabe, la catéchèse de Benoît XVI à l'audience générale du mercredi précédent.
www.chiesa a également reproduit l’interview accordée par Michel Cuypers à "Il Regno", sur l'application, au livre sacré de l'islam, des méthodes d’analyse littéraire déjà appliquées à la Bible:
> Pour une lecture du Coran renouvelée : la leçon d'un grand islamologue
A propos de ces questions, sur www.chiesa:
> Focus ISLAM
Benoît XVI a adressé à la commission biblique pontificale, le 23 avril 2009, un important discours sur la nécessité de lire la Sainte Ecriture à la lumière de la tradition de l’Eglise:
> L'inspiration et la vérité de la Bible
Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
www.chiesa
03:44 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lecture critique, islam, reforme, luther, musulmans, michel cuypers, fondation oasis, chretiens, occident, orient, tradition, education, foi, catholiques, italie, eveques, benoit xvi, coran, fondamentalistes, freres musulmans, bible, al-azhar, le caire, petits freres de jesus, charles de foucauld, iran, tabriz, teheran, litterature persane, arabe, syrie, egypte, institut dominicain d etudes orientales, georges anawati, jacques jomier, serge de beaurecueil, france, lethielleux, mohamed-ali amir-moezzi, venise, angelo scola, italien anglais, francais, ourdou, metissage, culture, osservatore romano, saint-siege, khaled fouad allam |
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