28.09.2011

Rome-Moscou : les contacts s'intensifient

Métropolite Hilarion.jpgLe Métropolite Hilarion de Volokolamsk, chef du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, effectue une visite au Vatican, dans le cadre du « développement des bons rapports entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe russe ». Ce mercredi, le Métropolite a eu des entretiens avec les responsables du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et jeudi matin il sera reçu par Benoît XVI. Il s’agira de leur troisième rencontre. Dans l’après-midi de jeudi, le haut responsable orthodoxe s’entretiendra avec le cardinal Ravasi, président du Conseil pontifical pour la culture et avec le cardinal Secrétaire d’Etat, Tarcisio Bertone. 

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27.04.2011

Le Vatican et Tchernobyl

tchernobyl1.JPGDans la nuit du 25 au 26 avril 1986, il y a un quart de siècle, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, explosait au cours d’un test de sécurité, provoquant le plus grand drame de l’histoire du nucléaire civil. Le nuage radioactif allait disperser sur toute une partie de l’Europe une forte pollution radioactive, avec des conséquences immenses pour la population. Mais l’information sera cachée pendant plusieurs jours, par les autorités soviétiques de l’époque. L'URSS n'a en effet reconnu le drame qu'au bout de trois jours, après que la Suède atteinte par le nuage radioactif ait alerté le monde le 28 avril. Le gouvernement français affirmera, pour sa part, que le nuage radioactif n’était pas passé au dessus de l’hexagone, repoussé par un anticyclone !
Silence et mensonges. Mais comment le Vatican a-t-il réagi dans les jours qui ont suivi la catastrophe ? 

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A-t-on appris du drame de Tchernobyl ?

tchernobyl.JPGEn pleine nuit, le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait en Ukraine. Il y a 25 ans, il s’agit d’un accident inédit et les autorités ne dépêchent sur place que de simples pompiers pour éteindre le feu ; ceux-ci succomberont en quelques heures aux radiations. Finalement, il aura fallu attendre 24 heures avant que 200 000 personnes ne soient évacuées, mais déjà les dégâts sont dramatiques pour la santé de la population locale et l’environnement.

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20.07.2010

Convergence de vues entre le Pape et le Patriarche de Moscou

cyrille1er.jpgLe Patriarche orthodoxe de Moscou est solidaire du Pape dont les positions sont souvent critiquées par des théologiens et des médias occidentaux de tendance libérale.

Cyrille 1er l’a déclaré devant les journalistes ukrainiens, à la veille d’un voyage en Ukraine. Sur de nombreuses questions publiques et morales – a-t-il indiqué- l’approche de Benoît XVI coïncide totalement avec celle de l’Eglise orthodoxe russe. Une convergence de vues que salue le Patriarche de Moscou. Selon lui, elle peut favoriser la défense commune des valeurs chrétiennes, notamment au sein des organisations et des forums internationaux. En revanche Cyrille 1er a qualifié de « phénomène très dangereux » le fait que, dans le protestantisme contemporain, des chrétiens aient adopté et justifié des éléments immoraux présents dans la société séculière. Le résultat, c’est que des expressions toutes faites – empruntées à la société - s’enracinent dans la pensée religieuse protestante, comme le sacerdoce des femmes et l’homosexualité. La parole de Dieu est déformée pour plaire à la culture séculière et libérale.

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20.05.2010

Le cardinal Kasper évoque le rapprochement entre catholiques et orthodoxes à l’occasion de la visite de Mgr Hilarion

«Une rencontre entre le chef de l’Eglise catholique et le Patriarche orthodoxe russe est, je pense, possible aujourd’hui», c’est le Métropolite Hilarion, qui l’a affirmé mercredi 19 mai, lors d’une conférence de presse organisée par le Conseil Pontifical de la Culture, dans le cadre des «Journées de culture et spiritualité russe au Vatican».

 

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Mgr Hilarion (photo), chargé des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, a même souhaité que cette rencontre se fasse entre l’actuel Pape Benoît XVI et l’actuel chef de l’Eglise orthodoxe russe Kirill 1er. Il a reconnu cependant que certaines questions restent à résoudre, comme la situation de l’Eglise catholique de rite oriental en Ukraine, mais il a assuré que le dialogue progressait, à l’image des personnes et des époques qui ont changé.

 

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Présent à cette conférence de presse, le cardinal Walter Kasper (photo), président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, explique l’impact de ces journées. Il est interrogé par Faustine Prévôt (Radio Vatican): >>

01.04.2010

Les nouveaux catholiques d'Israël

Ils sont 50 000, venus de pays lointains, pour effectuer les travaux les plus humbles. Avec une première victime, un Thaïlandais tué par une roquette tirée depuis Gaza


par Sandro Magister





ROME, le 1er avril 2010 – Dans son homélie du dimanche des Rameaux, Benoît XVI a rappelé son pèlerinage de l’an dernier en Terre Sainte et sa triple finalité : voir et toucher les lieux de la vie de Jésus, se faire messager de paix, apporter son soutien aux chrétiens qui vivent en Israël et dans les régions voisines.

Depuis quelques années, il y a beaucoup plus de chrétiens en Israël mais presque personne ne le sait. Et ce sont des nouveaux arrivants. Le Vendredi Saint, jour où les catholiques du monde entier collectent des dons destinés à aider leurs frères de Terre Sainte, leur est aussi consacré.

On estime qu’en Israël les nouveaux arrivants de confession catholique sont 50 000, soit près du double des 27 000 catholiques de souche arabe déjà installés dans le pays et appartenant au patriarcat latin de Jérusalem, et des 500 catholiques de la petite communauté de souche juive.

Par exemple, les catholiques qui remplissent la paroisse Saint-Joseph de Haïfa, le samedi soir, sont de nouveaux arrivants. Près de l’autel ils tiennent haut l’étendard d’El Shaddaï, mouvement charismatique très populaire aux Philippines. Ils viennent en effet de ce pays lointain et sont employés comme personnel de service dans les maisons et hôtels de la région.

Il en est de même à Jérusalem, à Beersheva, ou à Jaffa, point de référence pour les catholiques de la grande agglomération de Tel Aviv. Il y a beaucoup de monde aussi, à Herzlya, pour la messe célébrée dans une salle offerte par l'ambassadeur du Nigéria, autre pays d’où proviennent de nouveaux arrivants.

Les nouveaux arrivants sont des travailleurs étrangers ayant un permis de séjour valable cinq ans. En 2008 le gouvernement israélien a autorisé 30 000 entrées. Le groupe le plus nombreux, 5 800, est venu de Thaïlande ; 5 800 autres sont venus de Russie, d’Ukraine, de Moldavie et d’autres pays de l'ex-Union Soviétique ; 5 500 des Philippines ; 2 700 de l'Inde ; 2 300 du Népal ; 2 300 de Chine ; 1 400 de Roumanie ; et ainsi de suite pour d’autres pays.

Mais il y a aussi les clandestins. Beaucoup d’entre eux, surtout des Soudanais et des Erythréens, utilisent la voie terrestre, en passant par le désert du Sinaï. Ils entrent en si grand nombre que le gouvernement israélien a décidé d’ériger un mur à la frontière avec l'Égypte.

Les Thaïlandais, le plus nombreux des groupes d’immigrés réguliers, travaillent surtout dans l'agriculture. L’attention a été attirée sur leur présence, le 18 mars dernier, par la mort de l’un d’eux, tué par une roquette Qassam tirée depuis la Bande de Gaza alors qu’il travaillait à la campagne.

"Avvenire", le quotidien de la conférence des évêques d’Italie, a envoyé sur place l’un de ses journalistes, qui y a réalisé l’enquête reproduite ci-dessous.

L'auteur est déjà connu des lecteurs de www.chiesa grâce à un reportage réalisé, il y a deux ans, dans l'Orissa, l’état de l’Inde dans lequel les chrétiens sont le plus en danger.



Israël. Les nouveaux immigrés sous les roquettes

par Giorgio Bernardelli



Il s’appelait Manee Singueanphon et avait 33 ans. Trois ans plus tôt, il avait laissé sa famille en Thaïlande et était venu travailler en Israël, dans les serres du moshav Netiv Ha’asara, village agricole situé à 400 mètres à peine de la frontière avec la Bande de Gaza. Il a été tué le 18 mars, alors qu’il travaillait sur l’exploitation agricole, mortellement blessé par les éclats d’une roquette Qassam tirée depuis Gaza par un groupe de miliciens palestiniens.

Cette victime de la flambée de violence qui a récemment frappé la Terre Sainte venait donc de l’autre bout du monde. Le drame a mis en évidence l’aspect le moins visible du conflit qui ensanglante le Moyen-Orient. Parce que ceux qui travaillent dans les moshavim situés sur la frontière vivent en première ligne, partageant les souffrances et les dangers de cette guerre sans fin, bien qu’ils ne soient ni Israéliens ni Palestiniens.

Ce n’est pas un hasard si la victime est justement un Thaïlandais : en effet les travailleurs qui ont remplacé les Palestiniens comme main d’œuvre dans les serres israéliennes proviennent en très grande majorité de ce pays d’Extrême-Orient. Ce processus a commencé au milieu des années 90 mais il a connu une forte accélération à partir de la seconde Intifada.

Les Thaïlandais arrivent en Israël par l’intermédiaire de sociétés de main d’œuvre, agences de placement du marché mondial du travail. Les exploitations agricoles du Neguev qui ont besoin de personnel à des tarifs compétitifs pour leurs cultures de fleurs, de fruits ou de légumes destinées à l’exportation s’adressent, à Tel Aviv, au représentant d’une société qui se trouve à Bangkok. Celui-ci va alors recruter des paysans dans les villages de son pays. Il en trouve à coup sûr parmi les propriétaires de champs trop petits pour nourrir correctement leurs familles. Il leur propose d’aller travailler dans les serres en Israël, où ils pourront mettre de côté un peu d’argent. Il leur parle de 50 000 dollars en cinq ans, durée maximum de validité du visa fourni par les autorités israéliennes pour motif de travail. Entre temps, toutefois, le paysan doit donner son champ en hypothèque au propriétaire de l’agence pour payer son voyage et la "commission". Et, la première année, les 800 dollars que le travailleur enverra chaque mois à sa famille en Thaïlande serviront uniquement à payer cette dette.

On devine que c’est à peu près ce qui est arrivé à Manee Singueanphon en lisant les déclarations de ses dix collègues interviewés par le "Jerusalem Post" au lendemain de sa mort à Netiv Ha’asara. C’était un homme bon, qui aimait beaucoup sa femme, ont raconté les Thaïlandais au journaliste, qui a tout de suite remarqué la boîte en carton dans laquelle ils recueillaient un peu d’argent pour la veuve. Ils lui ont aussi dit ce qu’ils font quand l’alarme retentit parce qu’une roquette Qassam arrive : ils se jettent par terre et espèrent qu’elle va tomber ailleurs ; ensuite ils recommencent à travailler.

Aujourd’hui combien y a-t-il de Thaïlandais dans cette situation en Israël ? On parle de quelques dizaines de milliers. Selon les données du bureau central des statistiques, 10 600 Thaïlandais sont entrés en Israël avec un visa de travail en 2007, l’année où Singueanphon est arrivé au Moyen-Orient. Presque tous de sexe masculin et, pour les trois quarts d’entre eux, âgés de 15 à 34 ans. Pour 2008, en revanche, il n’y a eu que 5 800 nouvelles entrées en provenance de Thaïlande. Mais la même source indique aussi que, ces deux années là, 16 100 Thaïlandais ont quitté Israël pour rentrer à Bangkok.

Donc les arrivées et les départs s’équilibrent à peu près. C’est une donnée caractéristique de la dynamique de la main d’œuvre étrangère en Israël. En effet les étrangers ne peuvent rester dans le pays plus de cinq ans. Et s’ils perdent leur travail, ils ne peuvent en trouver un autre dans un domaine différent de celui pour lequel ils ont été recrutés. Mais tout cela n’est vrai que sur le papier. En réalité un système de ce genre – dicté par le souci des Israéliens de ne pas porter atteinte par la démographie à l’identité juive de l’état – n’est pas du tout adapté aux exigences du marché du travail. De fait, le phénomène des clandestins se répand dans le pays.

Les chiffres à ce sujet sont controversés. Les dernières estimations officielles – publiées en décembre dernier par le gouvernement Netanyahu – donnent un total de 255 000 travailleurs étrangers, soit 10,4 % de la force de travail israélienne, mais comprenant une bonne moitié d’illégaux. Mais on dit beaucoup que les clandestins sont encore plus nombreux en réalité : certains vont jusqu’à parler de 370 000 travailleurs étrangers. Les professions sont réparties par ethnie de manière assez rigide : Thaïlandais et Népalais dans l’agriculture ; Philippines, Ukrainiennes et Moldaves comme domestiques et aides à domicile ; Indiens dans les restaurants, tandis que, depuis quelques années, les Chinois sont plus nombreux que les Roumains dans le bâtiment.

Il y a aussi la question des enfants d’immigrés. Selon la réglementation israélienne, ils ne devraient tout simplement pas exister : la loi dit que les nouveaux nés doivent être ramenés dans leur pays d’origine au plus tard trois mois après la naissance, sous peine d’annulation du visa de travail de la mère. Un système particulièrement dur, conçu pour décourager encore plus la présence stable des étrangers en Israël. Mais beaucoup d’enfants sont restés. Il y en a 1 200 qui sont nés et ont grandi en Israël. Ils parlent mieux l’hébreu que la langue de leurs parents, beaucoup vont même à l’école, mais ce sont des clandestins. Ils devaient être expulsés mais il a été décidé d’attendre au moins jusqu’à la fin de l’année scolaire. La cour suprême israélienne devrait se prononcer sur la question.

Il y a tout cela derrière la mort de Manee Singueanphon, paysan thaïlandais qu’Israël a considéré, au moins un jour, comme l’un des siens.





Le journal de la conférence des évêques d’Italie qui a publié l'enquête de Giorgio Bernardelli le 26 mars 2010 :

> Avvenire



L'appel du Vatican pour la collecte de cette année en faveur des chrétiens de Terre Sainte :

> Avec la préparation de la Pâque...

Et le rapport de la Custodie de Terre Sainte sur les opérations réalisées grâce à la collecte de 2009 :

> La Custodia di Terra Santa...



L'homélie prononcée par Benoît XVI le 28 mars 2010, dimanche des Rameaux, avec ses références à la Terre Sainte :

> "Cari fratelli e sorelle..."




Tous les articles de www.chiesa relatifs aux chrétiens en Israël et à des sujets connexes :

> Focus JUIFS

Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

21.03.2010

Belgique : Première « Marche pour la vie » le 28 mars 2010

Un événement international

 

marche pour la vie


ROME, Vendredi 19 mars 2010 (ZENIT.org) - Une marche internationale « pour la Vie » est organisée à Bruxelles, à l'initiative d'étudiants, le dimanche 28 mars à l'occasion des 20 ans de la dépénalisation de l'avortement en Belgique (avril 1990).

Les organisateurs publient cette invitation internationale :

« Les jeunes de Belgique sont spécialement invités à se joindre à de nombreux jeunes de différents pays d'Europe (France, Espagne, Pays-Bas, Allemagne, Autriche, Italie, Ukraine...) pour affirmer ensemble que les femmes confrontées à une grossesse non désirée doivent être soutenues et aidées à garder leur enfant plutôt que de se voir proposer un avortement. Les femmes méritent mieux que l'avortement !
 
« Dans un pays où près de 18 033 avortements sont pratiqués chaque année, cette Marche veut contribuer à briser la loi du silence sur la souffrance et les séquelles psychologiques qu'éprouvent de nombreuses femmes après avoir vécu un avortement, souvent contre leur gré et suite à des pressions économiques, sociales, familiales ou médicales.

« Nous voulons attirer l'attention des responsables politiques sur la nécessité de prendre des mesures concrètes d'accompagnement qui permettraient aux femmes de garder leur enfant et de l'élever dans de bonnes conditions. Car l'avortement ne peut être considéré comme une solution acceptable dans une société juste.

« La Marche pour la vie du 28 mars sera silencieuse, en signe de respect, et tout symbole d'obédience politique en sera banni.

« Des orateurs venus de différents pays européens prendront la parole.

« Nous nous rassemblerons à 14h30 le dimanche 28 mars 2010 Place Royale. Toutes et tous, jeunes et moins jeunes, sont les bienvenus ».

24.02.2010

Le rabbin qui étudiait Jésus

Ce juif Jésus qui changea la vie du grand rabbin de Rome

Il la changea au point que celui-ci se fit baptiser dans l'Église catholique. Son livre "Le Nazaréen" a été réédité et a fait dans "L'Osservatore Romano" l'objet d'une critique signée par une chercheuse juive. Au même moment, le second volume du "Jésus de Nazareth" du pape va être imprimé

par Sandro Magister




ROME, le 24 février 2010 – Le premier à qui il a annoncé qu’il avait fini d’écrire son livre sur Jésus a été un rabbin juif. C’était le jour après sa visite à la synagogue de Rome, le 18 janvier dernier.

Le rabbin, c’est l'Américain Jacob Neusner ; l'auteur du livre, c’est Benoît XVI.

Le premier volume du "Jésus de Nazareth" du pape Joseph Ratzinger a été publié il y a trois ans. Le second et dernier volume de cet ouvrage, consacré à la passion et à la résurrection de Jésus et aux Évangiles de l'enfance, est maintenant prêt à être traduit et imprimé.

Mais au même moment, par une coïncidence significative, la réimpression d’un autre livre important sur Jésus, intitulé "Il Nazareno" et écrit il y a plus de 70 ans par un grand rabbin italien, est sortie ces jours-ci en Italie.

Ce n’est pas tout. Le 20 février, "L'Osservatore Romano" a publié, sous la signature d’une chercheuse réputée, Anna Foa, professeur d’histoire à l'Université de Rome "La Sapienza" et juive, une critique très positive de cette nouvelle édition du livre.

Cette critique marque aussi un changement important. L'auteur du livre, Israel Zoller, fut grand rabbin de la communauté juive de Rome et, en 1945, il se convertit à la foi catholique.

Sa conversion retentissante troubla fortement la communauté juive de Rome et d’Italie. Qui laissa tomber sur lui un silence qui a duré des décennies.

Par sa critique dans le "journal du pape", Anna Foa a définitivement mis fin à ce silence, mais elle a aussi indiqué que déjà "une reconnaissance de la messianité du Christ semblait paraître entre les lignes" de ce livre, même s’il avait été écrit plusieurs années avant la conversion de son auteur.


***


Israel Zoller naît en 1881 à Brody, alors village de la Galicie austro-hongroise et aujourd’hui situé en territoire polonais. À 6 ans, il émigre avec sa famille à Stanislavov, l'actuelle Ivano-Frankovsk, en Ukraine. Il étudie à Lviv puis à Florence. Il s’installe en Italie et change son nom en Zolli. Il devient grand rabbin de Trieste et enseigne la littérature juive à l'université de Padoue. S’étant installé à Rome, il est élu grand rabbin et directeur du collège rabbinique. Il démissionne au début de 1945 et demande en février de cette année à être baptisé dans l’Église catholique, sous le prénom d’Eugenio, celui du pape d’alors, Pie XII. Il meurt en 1956.

Son autobiographie, écrite en 1947 et réimprimée en Italie il y a six ans, aide beaucoup à comprendre le parcours et la signification de sa conversion à la foi chrétienne.

Dès l’enfance, pour lui, Jésus était présent avec tout son mystère, dans un monde rappelant les tableaux de Chagall, le peintre juif qui est né et a aussi vécu dans les régions aux confins de l'Europe orientale et de la Russie (photo) : il y a le village, la synagogue, le maïs sur la neige, l’école juive avec son maître sévère, les coqs sur les toits... Et beaucoup de figures volantes dans le ciel étoilé : les personnages de la Bible.

Mais, justement, il y a aussi Jésus, dès le début. Il y a le crucifix dans la maison du camarade de classe :


"Pourquoi a-t-il été crucifié, Lui ? Pourquoi nous, garçons, devenons-nous si différents devant Lui ? Non, non, Il ne peut pas avoir été méchant. Peut-être était-il, peut-être n’était-il pas – qui sait ? – le Serviteur de Dieu dont nous avons lu les chants à l’école. Je ne sais rien, mais je suis sûr d’une chose : Lui, il était bon, et alors... Et alors, pourquoi l’ont-ils crucifié?".


Il y a dès le début les Évangiles et le Nouveau Testament :


"Tout seul, je lisais l’Évangile et j’en éprouvais un plaisir infini. Quelle surprise pour moi au milieu du pré verdoyant : 'Mais moi je vous dis : aimez vos ennemis'. Et du haut de la croix : 'Père, pardonne-leur'. Le Nouveau Testament est vraiment un testament... nouveau ! Tout cela me paraissait extraordinairement important. Des enseignements du type : 'Bienheureux les cœurs purs' et la prière sur la croix traçaient une ligne de démarcation entre le monde des idées anciennes et un nouveau cosmos moral. Eh oui ! Ici surgit un monde nouveau. Les formes sublimes du Royaume des Cieux se dessinent, celles des persécutés qui n’ont pas persécuté, mais aimé".


Le baptême viendra plusieurs années après. Et il apparaît dans l'autobiographie comme la floraison messianique naturelle d’une souche juive restée vivace, riche en destinée dès l’origine.

Israel Zoller, devenu ensuite Eugenio Zolli, a préfiguré dans sa vie l’apparition d’une relation fraternelle entre christianisme et judaïsme qui est aujourd’hui devenue le programme du chef suprême de l’Église.

Une relation fraternelle qui se joue entièrement sur la différence capitale entre les deux croyances : la reconnaissance de Jésus comme "mon Seigneur et mon Dieu".

Cette même différence est mise en lumière par Benoît XVI dans le chapitre relatif au Discours sur la Montagne du premier volume de son "Jésus de Nazareth", où son ami le rabbin Jacob Neusner symbolise le juif pieux qui refuse d’accepter la divinité de Jésus, alors comme aujourd’hui.

Mais voici, ci-dessous, la critique d’"Il Nazareno" du rabbin Zolli par Anna Foa, juive, publiée dans "L'Osservatore Romano" du 20 février 2010.



Le rabbin qui étudiait Jésus

par Anna Foa



Le livre "Il Nazareno" d’Eugenio Zolli a été publié en 1938, par l'Istituto delle Edizioni Accademiche d’Udine. Israel Zolli, qui deviendra ensuite Eugenio, était alors grand rabbin de Trieste et n’avait pas encore succédé – ce serait un an plus tard – comme grand rabbin de Rome au rabbin David Prato, chassé en 1938 parce que sioniste. Quelques mois après la publication de ce livre, les lois racistes de Mussolini firent de Zolli - né à Brody, en Galicie, mais qui avait grandi en Italie - un apatride et le jetèrent dans les dures années de la persécution. Sept ans plus tard, en février 1945, Israel Zolli se convertit au catholicisme, provoquant un grand scandale dans le monde juif italien et aussi beaucoup de bruit chez les non-juifs. Il prit comme prénom de baptême celui du pape Pacelli et devint ainsi Eugenio Zolli.

Il s’agit donc d’un livre sur Jésus-Christ écrit par un rabbin de premier plan qui était destiné à devenir peu après - malgré ce livre et malgré le vague parfum d’hérésie qui l’entourait depuis plusieurs années - grand rabbin de la communauté juive de Rome.

Le livre est-il une préfiguration du parcours postérieur de l'auteur, une anticipation de son baptême ultérieur ? Ou reflète-t-il un parcours d’études exégétiques largement répandu dans le monde juif, avec cette attention portée à la figure de Jésus-Christ qui caractérise une grande partie de la pensée exégétique juive européenne à partir de la seconde moitié du XIXe siècle ?

C’est dans cette seconde perspective qu’Alberto Latorre, l’éditeur du livre, place celui-ci lorsqu’il analyse, dans son ample et précieuse postface, les études juives et chrétiennes sur le Christ au cours des décennies cruciales du début du XXe siècle et qu’il replace le travail de Zolli dans ce contexte.

Le rabbin de Trieste parle de Jésus et des rapports entre le premier christianisme et la culture rabbinique de l’époque avec des accents et des thèses qui ne diffèrent pas de celles de Chayes et Margulies, ses maîtres du collège rabbinique de Florence. Il a suscité bien moins de polémiques que le livre de Joseph Klausner sur "Jésus le Nazaréen" qui fut attaqué, lors de sa parution en hébreu à Jérusalem en 1921, à la fois par les juifs orthodoxes et par les chrétiens, comme l’écrivain Amos Oz, petit-neveu de Klausner, le rappelle dans un intéressant passage de l’un de ses romans que Latorre reprend dans sa postface.

Ce domaine d’études était abondamment abordé par les chercheurs juifs de toute l’Europe, en particulier ceux de la zone allemande, héritiers de la Science du Judaïsme et liés aux courants réformés, qui soulignaient fortement la judéité de Jésus et mettaient en relief les correspondances entre le judaïsme rabbinique et le premier christianisme. Mais il était également privilégié par les chercheurs chrétiens, protestants en particulier, dans l’Allemagne du XIXe siècle, au sein de l’école de Tubingen et des écoles de théologie libérale ultérieures, et, au début du nouveau siècle, les chercheurs catholiques modernistes se l’étaient approprié.

Ce contexte était lié à la méthode historico-critique d’exégèse biblique, qui intéressait vivement les deux parties.

Si tel était le climat culturel dans lequel est né le puissant ouvrage de Zolli, il faut aussi dire que c’est un climat qui recevait très peu d’apports du monde juif italien. Font exception le collège rabbinique de Livourne où Élie Benamozegh enseigna pendant la seconde moitié du XIXe siècle, celui de Florence avec son noyau de professeurs venus de Galicie et Trieste, ville de l’empire des Habsbourg culturellement et jusqu’en 1918 politiquement, ouverte à tous les courants culturels de la Mitteleuropa, dont le courant psychanalytique, avec Weiss, n’était pas le moindre. Zolli, qui avait fait ses études à Florence et avait été rabbin pendant vingt ans à Trieste, eut des rapports très étroits avec ces deux villes.

Mais la culture juive italienne était loin de ces courants culturels plus vastes, liés à l'expérience des études allemandes et à l'empreinte que leur a laissée le mouvement réformé juif.

Elle ne partageait pas leur intérêt pour la figure historique de Jésus, pour les catégories juives de sa prédication et, en général, pour les racines juives du christianisme. Son approche était plus traditionnelle et locale ; à ce moment de l’histoire, elle réunissait judaïsme italien et études exégétiques catholiques, elles aussi très éloignées - sauf pour quelques personnalités plus liées au modernisme - du système exégétique historico-critique répandu dans le reste de l'Europe.

Dans son livre, qui réunissait des contributions déjà en partie publiées dans la revue de Raffaele Pettazzoni, "Studi e materiali di storia delle religioni" [Études et matériaux d’histoire des religions], et dans celle du moderniste Ernesto Buonaiuti, "Ricerche religiose" [Recherches religieuses], Zolli utilisait, en plus de la méthode historico-critique, l'analyse comparative des religions.

Dans ses conclusions, il s’écartait significativement à la fois de l'exégèse juive consolidée et des dogmes de l’Église catholique. Il soulignait fortement la ressemblance de la prédication de Jésus avec le judaïsme, il affirmait l’existence d’une rédaction originelle des Évangiles en hébreu et en araméen, il disait que le terme nazaréen ne venait pas de Nazareth – argument utilisé par les tenants de la non-historicité de Jésus – et il faisait dériver l'eucharistie d’une évolution du "seder" pascal juif.

De plus, dans le texte, une reconnaissance de la messianité du Christ semblait paraître entre les lignes. Sûrement, il y aurait eu de quoi susciter les réactions opposées des juifs et des catholiques. Mais ces réactions ne se sont pas produites. Selon l’éditeur du livre, Latorre, le monde catholique ne souhaitait pas attirer l'attention sur un livre "si difficile à déchiffrer et à classer", à un moment où la crise moderniste s’était calmée depuis peu et où le climat antisémite rendait dangereux tout débat sur des sujets aussi brûlants.

L’Église préféra donc passer le livre sous silence ou presque (si l’on excepte les critiques globalement positives des jésuites de "La Civiltà Cattolica"), allant jusqu’à renoncer à faire un usage apologétique d’un texte dans lequel un rabbin connu semblait admettre de manière voilée la messianité du Christ.

En ce qui concerne l’absence d’objections du côté juif, le contexte historique de la parution du livre - celui des lois raciales de 1938 - n’incitait pas à poser des questions si délicates, surtout dans les mois cruciaux de 1938-1939 où il y avait dans l’Église des gens qui, comme le père Agostino Gemelli, semblaient souhaiter une rencontre entre les doctrines racistes et l’Église catholique.

En revanche le livre fut très apprécié par le monde universitaire, en Italie et à l’étranger. En novembre 1938, Ernesto Buonaiuti en publia une critique enthousiaste dans "Ricerche Religiose".

Au-delà des questions strictement exégétiques, le livre met sous les yeux du lecteur actuel de nombreux points strictement historiques et renvoie de nombreuses questions sur l’histoire d’Israel/Eugenio Zolli et sur la nature même de sa conversion.

Cette conversion a certainement été le fruit d’un choix médité, le résultat d’un parcours long et difficile. C’est aussi une conversion qui s’est limitée à accentuer et à mettre en valeur d’autres points mais n’a pas paru changer profondément la qualité de son discours de base : une analyse rigoureusement critique des textes bibliques, qui le mettait au-dessus de toute orthodoxie, qui le conduisait à accentuer les liens historiques entre judaïsme rabbinique et christianisme et à trouver dans la figure du juif Jésus la clé de ce moment complexe de passage et de transformation.

"Le Nazaréen" appartient à la phase juive des travaux de recherche de Zolli, mais les changements introduits par la conversion dans ses travaux de critique ultérieurs ont été très rares et peut-être motivés uniquement par des raisons d’obéissance et de prudence.

Ainsi se démêlait, entre Wissenschaft juive et modernisme chrétien, le parcours religieux et scientifique, deux moments indissolublement entrelacés, de l'œuvre de Zolli.

Un personnage-frontière que les juifs, blessés à juste titre par sa défection, n’ont pas compris, et que l’Eglise de l’après-guerre, à une époque qui était encore à des années-lumière des ouvertures judéo-chrétiennes, a préféré laisser de côté.

"Le Nazaréen" est le fruit le plus élevé de cet être qui se situait aux confins, parmi les diverses orthodoxies.


Le livre :

Eugenio Zolli, "Il Nazareno. Studi di esegesi neotestamentaria alla luce dell'aramaico e del pensiero rabbinico", sous la direction d’Alberto Latorre, San Paolo, Milan, 2009, 618 pages, 42,00 euros.


Le journal du Saint-Siège qui a publié, le 20 février, la critique du livre de Zolli par Anna Foa :

> L'Osservatore Romano


A propos de ces sujets, sur www.chiesa :

> Focus JUIFS


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

02.10.2009

Eglise et Médias: après la récente tourmente les évêques européens planchent sur ce dossier

Quelle est aujourd’hui la qualité des relations entre l’Eglise et les Etats en Europe, 20 ans après la chute du mur de Berlin? Le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe va tenter de répondre à cette question durant son assemblée plénière annuelle actuellement réunie à Paris: 33 évêques présidents de conférences épiscopales allant de l'Albanie à l'Ukraine ainsi que les archevêques de la principauté de Monaco, du Luxembourg, l'évêque de Chisinau en Moldavie et des représentants du Saint Siège.


Au menu de cette rencontre qui s’achèvera dimanche  figurent aussi des questions d’actualité comme le récent voyage du pape en République tchèque, la situation en Terre Sainte", l’année sacerdotale... mais aussi une réflexion sur la bioéthique, ou encore le rapport entre Eglise et Médias en Europe.

 

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Sur ce dernier dossier, Antoine Bellier a interrogé Mgr Jean-Michel di Falco (photo), évêque de Gap et d’Embrun. Il interviendra, en qualité de président de la commission chargée des médias lors du compte rendu des activités de la conférence des évêques d’Europe…


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06.08.2009

Cyrille Ier en Ukraine, voyage pastoral, résonances politiques


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Le patriarche Cyrille de Moscou (photo) terminait sa visite en Ukraine ce mercredi, une visite qui en elle même a suscité de virulents débats. Une vague de polémiques l'avait précédé avant même son arrivée à Kiev, symptôme de la coexistence difficile des trois églises orthodoxes d’Ukraine.

 

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Le patriarche Filaret (photo ci-dessus), chef de l'Église Orthodoxe ukrainienne, dissident aux yeux du patriarcat de Moscou, lui reprochait de « promouvoir le projet politique d’intégration de l’Ukraine à la Russie ».

Officiellement en visite pastorale, le patriarche de Moscou et de toutes les Russies en Ukraine pouvait difficilement éviter d'entrer dans la sphère politique...

George Nivat, historien spécialiste de la Russie analyse la portée de cette première visite de Cyrille Ier en Ukraine. Ecoutez Radio Vatican : >>