22.05.2012

Oecuménisme au Festival de Cannes

ca0a225e1d.gifROME, mardi 22 mai 2012 (ZENIT.org) – La prière a sa place au 65e Festival du cinéma de Cannes, sous le signe de l’unité des chrétiens : une célébration œcuménique aura lieu demain, 23 mai, à 16 h, en l’église du Prado de Cannes, indique le site du « Jury œcuménique ». Une messe et un culte ont été célébrés dimanche avant un verre de l’amitié.

La célébration de ce mercredi sera présidée par Mgr Jean Gautheron, curé de la paroisse Saint-Nicolas,  et par le Pasteur Paolo Morlacchetti. La prédication est confiée au pasteur Claude Schwab. Elle sera suivie d’une réception offerte par la Ville de Cannes.

Un évêque français participe au festival : Mgr Hervé Giraud, évêque de Soissons et président du Conseil pour la communication de la Conférence des évêques de France.

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24.03.2011

Le premier Parvis des Gentils inauguré à Paris

parvis des gentils.jpgLe Parvis des Gentils est lancé ce jeudi 24 mars à Paris, lieu hautement symbolique, à l’initiative du Conseil pontifical de la Culture. Deux journées de rencontre et de dialogue respectueux et raisonné entre croyants et non-croyants. Une tentative pour répondre au « relativisme », « à la crise de vérité », à l’ « effondrement éthique ».

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20.03.2011

Le dialogue entre croyants et incroyants commence par Paris

paris.JPGLe premier "Parvis des Gentils" se déroulera les 24 et 25 mars à Paris. Placée sous les auspices du Conseil pontifical pour la culture, cette initiative vise à favoriser la rencontre et le dialogue respectueux entre croyants et non-croyants, à sortir d’une dialectique d’opposition entre l’héritage des Lumières et celui de la foi. 

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10.02.2011

L’Autorité palestinienne veut inscrire Bethléem au patrimoine mondial de l'Humanité de l'Unesco

bethleem patrimoine mondial unesco.JPGL’heure est historique pour l'Autorité palestinienne. Elle a présenté ce lundi la candidature de Bethléem au patrimoine mondial de l'Humanité de l'Unesco. Le ministère palestinien du Tourisme et des Antiquités s’est déclaré très fier de demander à l’Unesco de placer l’Église de la Nativité et la « Route des pèlerinages », à Bethléem, lieu de naissance du Christ, sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité de l’Uneso.

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02.03.2010

Card. Rylko, Le père Matteo Ricci et le dialogue entre foi et culture

Texte intégral de la conférence du cardinal Rylko sur le P. Matteo Ricci

Une des figures « les plus significatives de l’histoire de l’humanité »

 

matteo ricci


ROME, Jeudi 25 février 2010 (ZENIT.org) - Pour le cardinal Rylko, le P. Matteo Ricci, sj, est « une figure comptant parmi les plus significatives de l'histoire de l'humanité » : un savant et un missionnaire qui « jeta les bases d'un développement de la connaissance réciproque et du dialogue entre l'Orient et l'Occident ».

Soulignant l'actualité du P. Ricci, il ajoute : « L'exemple du père Ricci indique clairement la route à suivre pour vaincre la méfiance et préparer le terrain en vue d'une collaboration effective et durable ».

Le cardinal Stanislas Rylko, président du Conseil pontifical pour les laïcs est intervenu à Paris, à l'UNESCO, de façon passionnante sur le thème : « Le père Matteo Ricci et le dialogue entre foi et culture », lors du colloque du 16 février, sur le thème : « Aux carrefours de l'histoire : le jésuite Matteo Ricci (1552-1610) entre Rome et Pékin ».



« Le père Matteo Ricci et le dialogue entre foi et culture »

par le card. Rylko

Mesdames et Messieurs,

J'adresse mes salutations les plus cordiales à toutes les personnes présentes à la projection du document-film « Matteo Ricci. Un jésuite au royaume du Dragon », et en particulier aux autorités de l'UNESCO qui ont permis la réalisation de cet événement. Une initiative - parmi de nombreuses autres - qui, pour le IVème centenaire de sa mort, nous fournit l'occasion de faire mémoire d'une figure comptant parmi les plus significatives de l'histoire de l'humanité et d'honorer sa stature spirituelle et intellectuelle. Homme de science et missionnaire, à une époque de grand ferment culturel et économique, à cheval entre le XVIème et le XVIIème siècle, Matteo Ricci jeta les bases d'un développement de la connaissance réciproque et du dialogue entre l'Orient et l'Occident ; entre Rome, cœur de la chrétienté, et Pékin, où depuis plus de deux siècles régnait la grande dynastie des Ming.

Ce jésuite, originaire de Macerata, dans les Marches italiennes, s'est gagné l'estime et l'admiration, en Chine comme en Europe, pour avoir ouvert la voie à la rencontre entre deux cultures aussi éloignées qu'inconnues l'une de l'autre ; une entreprise extraordinaire, plusieurs fois tentée par d'autres précédemment, mais que personne n'était jamais parvenu à faire aboutir. Et, par bien des aspects, bien plus importante par rapport à ce qu'avait fait et raconté l'autre grand Italien, Marco Polo, qui était entré indirectement en contact avec la Chine, trois siècles auparavant, par le biais d'échanges commerciaux avec les Mongols. L'œuvre du père Matteo Ricci mérite donc d'être davantage connue et approfondie, aussi bien pour mieux en comprendre les raisons et les modalités que pour mettre en valeur son actualité indéniable et permanente.

Les célébrations du IVème centenaire de sa naissance au Ciel constituent donc une heureuse occasion de relire cette œuvre, de retrouver le témoignage de Matteo Ricci et, par là même, l'enseignement qui en dérive pour notre monde, engagé précisément à tisser des rapports stables et constructifs entre l'Orient et l'Occident, entre le grand peuple chinois et les autres peuples. L'exemple du père Ricci indique clairement la route à suivre pour vaincre la méfiance et préparer le terrain en vue d'une collaboration effective et durable. Quel est donc son témoignage ? Quel chemin a-t-il entrepris ? Et nous, comment pouvons-nous l'aborder aujourd'hui ?

En dépit des difficultés de la langue, de la politique très fermée de la dynastie Ming et de la nouveauté totale des rapports avec le peuple chinois, Matteo Ricci sut développer un dialogue basé sur l'amitié, sur le respect des us et coutumes, sur la connaissance de l'esprit et de l'histoire de la Chine. C'est cette attitude, dépourvue de préjugés et de tout esprit de conquête, qui a permis à ce jésuite européen d'établir avec le peuple chinois un rapport de confiance et d'estime. Ce n'est pas un hasard si sa première œuvre en langue chinoise fut consacrée au thème de l'amitié. Or, ce recueil de 100 maximes sur l'amitié, puisées chez les classiques grecs et latins, suscita une grande stupeur chez les Chinois qui admirèrent la sagesse et la richesse spirituelle de cet homme venu de l'extrême Occident.

Toutefois, le père Matteo Ricci, ne se limita pas à manifester son amitié à l'égard du peuple chinois et son intérêt pour sa vie et sa culture. Il s'engagea pleinement pour apprendre sa langue et approfondit l'étude des classiques confucéens, au point d'être considéré comme un expert égal, sinon supérieur, aux lettrés chinois qui se pressaient pour le connaître et s'entretenir avec lui. En somme, il se fit Chinois parmi les Chinois, en s'adaptant en tout à leurs coutumes et en adoptant - après dix années d'analyse attentive et de connaissance de leur réalité - le profil et la teneur de vie du lettré, c'est-à-dire de cette catégorie de personnes qui orientait et guidait la société chinoise dans la ligne de la continuité avec la philosophie et la tradition confucéennes.

Ce trait caractéristique de son approche de la Chine ne doit certes pas être dissocié de l'échange culturel bénéfique qu'il instaura avec les Chinois sur tous les fronts du savoir humain. De la cartographie à l'astronomie, de la philosophie à la religion, des mathématiques aux techniques mnémoniques, en passant par les horloges mécaniques, la peinture et la musique : aucun domaine du savoir humain qui n'ait constitué un terrain fécond de confrontation et d'enrichissement réciproque entre les Chinois et cet homme que la Providence, selon ses amis lettrés chinois eux-mêmes, avait envoyé pour donner encore plus de lustre à la dynastie des Ming et pour faire participer les Chinois aux progrès que la science et la technique avaient réalisés au cours de la Renaissance européenne. Un exemple parmi tant d'autres de la haute considération en laquelle il était tenue : dès son arrivée à Pékin en 1601, selon la volonté de l'empereur Wanli, tous ses frais furent pris en charge par le trésor public et, à sa mort, le 11 mai 1610, il eut le privilège - jamais concédé jusqu'alors à un étranger - d'être enterré dans la Cité impériale. Ce n'est pas non plus un hasard si rien moins que la direction de l'Observatoire astronomique de Pékin et la révision du Calendrier chinois, achevée quelques années après la mort de Matteo Ricci, furent confiées aux jésuites qui poursuivirent son œuvre. La vaste documentation conservée dans l'ancien Observatoire astronomique de Pékin et l'inscription du père Matteo Ricci parmi les personnages les plus illustres de Chine témoignent aujourd'hui encore de la gratitude des Chinois pour la contribution apportée par le missionnaire jésuite et par ses confrères au progrès des connaissances humanistes et scientifiques dans leur pays.

Mais en quoi s'enracinait l'intuition géniale du père Matteo Ricci ? Quel peut être le motif de son actualité permanente ? Ce ne furent ni l'esprit d'aventure, ni la volonté de se faire l'ambassadeur de la Renaissance européenne en Chine qui poussèrent le missionnaire jésuite, mais bien le désir d'apporter au grand peuple chinois l'annonce évangélique comme couronnement de ce riche cheminement culturel et social qu'il allait d'ailleurs admirer et apprécier, comme en témoignent sa correspondance et son célèbre et minutieux compte-rendu autographe intitulé De l'entrée de la Compagnie de Jésus et de la Chrétienté en Chine.

Formé à la rigoureuse école des Jésuites et fasciné par l'esprit missionnaire de saint François-Xavier, qui avait dépensé sa vie pour l'évangélisation de l'Orient, alors qu'il n'avait pas encore trente ans, et avec une grande ardeur missionnaire, il commence son entreprise par Macao en 1582. A la différence de ceux qui l'avaient précédé dans les nombreuses tentatives d'entrer en Chine, le père Matteo Ricci comprend qu'il faut trouver une nouvelle méthode pour voir la culture chinoise s'ouvrir à la nouveauté de l'Evangile. Avec ses confrères responsables des missions de l'Orient, en particulier avec le père Alessandro Valignano, il élabore donc une nouvelle stratégie que l'on pourrait résumer par le mot " inculturation " : une optique dans laquelle la culture du peuple chinois n'est plus un obstacle à surmonter, mais une ressource pour l'Evangile.

Cette originalité de la méthode de Matteo Ricci, née d'une vision de la foi qui ne s'oppose ni à la science, ni à la raison, ni à la culture, mais qui entre en harmonie profonde et substantielle avec elles, a été soulignée par le pape Benoît XVI dans son Message pour le IVème centenaire de la mort du père Ricci :

« En considérant son intense activité scientifique et spirituelle, on ne peut manquer de rester favorablement impressionné par la capacité innovatrice et particulière avec laquelle il se familiarisa, dans un plein respect, avec les traditions culturelles et spirituelles chinoises dans leur ensemble. Cette attitude a en effet caractérisé sa mission visant à rechercher la plus grande harmonie possible entre la noble civilisation chinoise millénaire et la nouveauté chrétienne, qui est ferment de libération et de renouveau authentique au sein de toute société, étant donné que l'Evangile est un message universel de salut, destiné à tous les hommes, quel que soit le contexte culturel et religieux auquel ils appartiennent » (Benoît XVI, Message à S. Exc. Claudio Giuliodori, évêque de Macerata, 6 mai 2009).


Voilà pourquoi il est donc tout à fait approprié de commémorer, au siège de l'UNESCO aussi, le père Matteo Ricci, un grand homme qui a su tisser un réseau de relations et d'échanges culturels sans égaux dans l'histoire de l'humanité, en aidant ainsi l'Europe à connaître et à découvrir la sagesse et la civilisation chinoises et en introduisant en Chine, d'une manière judicieuse et avec beaucoup d'intelligence, le patrimoine de culture, de science, d'art et de foi de l'Occident. Il a concrètement démontré, de la sorte, que l'Evangile, précisément parce qu'il conduit au cœur de la vérité sur l'homme et sur son destin, est en mesure de se rapporter positivement à toute culture et à toute société capables de reconnaître la dignité et la grandeur de la personne humaine. Son labeur intellectuel et spirituel a eu pour finalité ultime de greffer dans les consciences et dans la culture chinoise les germes de la nouveauté et de la plénitude de la Révélation chrétienne. Il savait que le plus grand don que les chrétiens peuvent offrir aux peuples de l'Asie, c'est d'annoncer Jésus-Christ, qui répond à leur profonde quête d'Absolu et dévoile les vérités et les valeurs qui garantissent un développement intégral (cf. Jean-Paul II, Exhortation apostolique Ecclesia in Asia, n̊ 20).

Un an avant sa mort, il écrivait au Supérieur de la vice-province du Japon et de la Chine :

« Les Chinois ont une belle intelligence naturelle et aiguë ; ce qui transparaît bien dans leurs livres, dans leurs discours [...] et dans le gouvernement de cette machine qui émerveille tout l'Orient. Aussi, si nous pouvions leur enseigner nos sciences, [...] pourrions-nous à travers elles les conduire aisément à notre sainte loi et ils n'oublieront jamais un si grand bienfait, [...] car ne leur ayant enseigné jusqu'ici que peu de choses des sciences mathématiques et de la cosmographie, ils nous en sont tellement reconnaissants que bien des fois j'ai entendu, de mes oreilles, dire de personnes importantes que nous avons ouverts les yeux aux Chinois qui étaient aveugles ; et ils ne parlaient que de ces sciences naturelles que j'ai dites, de la mathématique ; que diront-ils donc des autres [...] comme les sciences physiques, métaphysiques, théologiques et surnaturelles ? » (Lettre au P. Francesco Pasio. Pékin, le 15 du mois de février 1609).

Ces mots explicitent, on ne peut mieux, aussi bien l'esprit qui animait son engagement missionnaire que la méthode avec laquelle le père Matteo Ricci a tracé un sentier indélébile dans l'histoire des rapports entre les peuples et les civilisations et du rapport entre la foi et les cultures. Ambassadeur d'amitié et de vérité, quatre cents ans après sa mort, il se dresse encore comme un exemple fulgurant d'ouverture universelle et de capacité à bâtir des ponts entre les civilisations et les cultures, en se faisant - en tant que messager de l'Evangile - l'artisan du bien véritable et du développement authentique des peuples. Je vous remercie de votre attention.

© PCPL

04.02.2010

Haïti, défendre l'espérance chrétienne face aux faux prophètes. Témoignage

En Haïti, près de trois semaines après le séisme, des centaines de milliers de personnes vivent toujours dans des camps de tentes. Les organisations humanitaires, nationales et internationales, interviennent quotidiennement pour distribuer des soins et de la nourriture, mais certaines organisations inspirent aussi le doute.

La police haïtienne a arrêté ce week-end près de la frontière dominicaine 10 Américains accompagnés de 33 enfants d’origine haïtienne. Ils sont soupçonnés de vol et de trafic d’enfants. Au même moment, l’Unesco met en garde contre les pillages de biens culturels. Des problèmes qui s’ajoutent au désarroi déjà immense d’une population privée de l’essentiel et en partie livrée à elle-même.

 

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Ecoutez le témoignage du père Denis Veilleux, (photo) directeur de Radio Galilée, radio chrétienne du Québec . Il vient tout juste de rentrer d’Haïti: >>

 

 

APPEL AU DON


radio.soleil

 

L’ensemble des radios chrétiennes de France, associées au Secours Catholique et à l’Aide à l’Église en Détresse, se sont mobilisées pour reconstruire Radio Soleil, la radio catholique de Port-au-Prince, totalement anéantie par le séisme. Pour lui permettre d’émettre à nouveau ses émissions très écoutées, les radios chrétiennes en France lancent un appel à la générosité. Vous pouvez envoyez vos chèques à :

Secours Catholique
BP 455
75 327
Paris Cedex 7

en indiquant la mention Haïti Radio Soleil. Vous pouvez égalementfaire un don en ligne sécurisé sur le site du Secours catholique : http://www.secours-catholique.org.

 

(Radio Vatican)

14.10.2009

La théorie du genre préoccupe les pères synodaux, par Mgr Tony Anatrella (2)

La théorie du genre préoccupe les pères synodaux, par Mgr Tony Anatrella (2)

Elle s’impose progressivement y compris grâce à certaines Institutions chrétiennes

 

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ROME, Mardi 13 octobre 2009 (ZENIT.org) - « La théorie du genre préoccupe les pères synodaux » : Mgr Tony Anatrella (photo), psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, a bien voulu évoquer pour Zenit les problèmes que soulève cette nouvelle idéologie et ses incidences sur la famille et la société dans la mesure où elle se répand en Afrique.

Il explique : "En Afrique, grâce à l'action de certaines Institutions chrétiennes, la théorie du genre s'impose progressivement dans la société et dans l'Eglise".

Mgr Anatrella reçoit en consultations et enseigne la psychologie à Paris. Il est consulteur du conseil pontifical pour la Famille et du conseil pontifical pour la Pastorale de la Santé. Il travaille, entre autres, les questions relatives à la théorie du genre auprès de plusieurs dicastères romains. Il vient de publier un ouvrage sur ce thème : « La tentation de Capoue, Anthropologie du mariage et de la filiation, éditions Cujas ».

En effet, Mgr Sarah est intervenu pendant le débat du synode des évêque spour l'Afrique sur ce thème. L'archevêque a évoqué cette théorie "irréaliste et désincarnée" et même "meurtrière", étrangère aux valeurs africaines. Nous avons demandé à Mgr Anatrella d'expliquer ces termes et de préciser comment cette idéologie s'infiltre en Afrique - sans que les présupposés ne soient annoncés - et comment, « l'échanges de dons entre l'Afrique et l'Occident » pourrait permettre d'élaborer des « anticorps ». Nous publions aujourd'hui le second et dernier volet de cet entretien exclusif (cf. Zenit du 12 octobre pour le premier volet). Il souligne notamment que « les Africains ne veulent pas être colonisés par des idéologies occidentales » et déplore que « la plupart des thèmes de la théorie du genre continuent de se répandre largement dans l'Église ».


Zenit : Mais si cette théorie est tellement étrangère aux valeurs africaines, comment s'infiltre-t-elle, par quel canal?

Mgr Tony Anatrella : Elle s'infiltre de façon inquiétante. La théorie du genre se diffuse tout particulièrement en Afrique, comme l'a évoqué devant le Synode le cardinal Ennio Antonelli, président du conseil pontifical pour la Famille, par l'intermédiaire d'Institutions chrétiennes qui sont en lien avec les Institutions internationales et leurs Agences (ONU, OMS, UNICEF, UNESCO) et des ONGs (Organisations non gouvernementales). Elles sont ainsi le relais de cette idéologie à travers des sessions de formation en direction des prêtres, des religieux, des religieuses et des laïcs chrétiens. En effet, pour recevoir des aides internationales (dans les domaines financiers, sanitaires et éducatifs), la plupart des pays africains sont soumis, par le biais de diverses associations, au discours du genre quand on se préoccupe, par exemple de la santé et du suivi médical des femmes qui se traduit uniquement en termes de « santé reproductive ». Cette notion est très problématique puisqu'il s'agit de banaliser la contraception et l'avortement, et de remettre en question les valeurs familiales en excluant l'homme des relations de coopération avec la femme, et de la procréation.

En Afrique, les militants du genre entreprennent des actions en dehors des représentants démocratiquement élus au sein des Parlements nationaux. Ils sont présents à travers les Organismes internationaux et les ONGs. Ils se saisissent de problèmes particuliers pour apporter leurs solutions qui s'inscrivent dans la perspective idéologique du genre et ensuite, ils s'efforcent de convaincre les députés de voter des lois en faveur des orientations qu'ils préconisent.

Le problème principal que ces organismes veulent soulever en montrant la discrimination de genre à l'égard des femmes est celui des enfants non-désirés qui aliènent les femmes, entraînent une surmortalité infantile, la famine, une mauvaise nutrition et surtout une surpopulation qui mettrait en péril les équilibres démographiques et économiques.

Les militants du genre laissent entendre que dans la culture africaine, les gens n'étaient pas habitués à concevoir un nombre aussi important d'enfants. Cette affirmation est gratuite et sans fondement. Il s'agit d'une erreur d'appréciation puisqu'en Afrique, où la culture du sens de la famille est très prononcée, la volonté de donner la vie à de nombreux enfants est inhérente à la culture de ce continent. Les enfants sont la richesse d'une famille et de la société. Mais les spécialistes conditionnés par la théorie du genre affirment avec leurs préjugés d'occidentaux, que trois enfants par femme est un chiffre trop élevé qu'il faut donc réduire. Que nous disent les Africains : C'est l'enfant qui est l'avenir de l'homme !


Zenit : La théorie du genre apparaît donc comme le Cheval de Troie sans que les présupposés ne soient annoncés ?

Mgr Tony Anatrella : En effet, les théoriciens du genre entrent par la voie de problèmes dits de société comme experts auprès des gouvernements africains et tentent de les influencer en dehors de l'instance des Parlements car la plupart des députés, proches du peuple, n'acceptent pas cette idéologie occidentale. Paradoxalement, dans plusieurs pays africains, ces spécialistes ont ainsi favorisé la création de Ministère du Plan, chargé de la planification et de la limitation des naissances, et la création de Ministère du genre. Très souvent, ces deux ministères agissent de concert pour organiser diverses actions auprès des femmes en dehors de la présence des hommes. Ils prétendent qu'il faut donner tout le pouvoir du contrôle de la procréation aux femmes ce qui revient à en exclure les hommes.

Il faudrait s'interroger sur ce que peut signifier un Ministère du genre dans un gouvernement ? Ce type de Ministère a surtout un sens idéologique qui, de façon masquée et pernicieuse, introduit cette nouvelle idéologie sur le sens du couple et de la famille en désolidarisant l'homme de la femme et en séparant la procréation de la sexualité.

On prend aussi le prétexte que les femmes sont les victimes de violences conjugales de la part de leur mari, ou de la violence des hommes qui leur imposent des relations sexuelles, ou encore des femmes qui sont les premières victimes des guerres à travers les viols sexuels commis par des militaires. Elles peuvent se retrouver enceintes à la suite de toutes ces maltraitances, et donc donner naissance à des enfants qu'elles n'ont pas désirés. On cherche ainsi à prouver que les femmes sont les victimes des hommes pour donner raison à l'idéologie du genre.

Forts de tous ces examens, les théoriciens du genre, constitués par divers spécialistes occidentaux, proposent aux associations chrétiennes et aux ministres de la santé, du plan et du genre de pays africains, de se rassembler lors de réunions régionales afin d'envisager ce qu'il convient d'entreprendre. Sur la base de ces études, des déclarations sont faites afin de se tourner vers les députés des différents Parlements nationaux pour leur demander de légiférer et de promulguer des lois dans le sens voulu par le genre. Pour l'instant, la plupart des députés résistent à cette vision du couple, de la famille et de la procréation qui ne correspond pas aux valeurs africaines. Malheureusement ces idées du genre et les comportements qu'ils inspirent progressent malgré tout en Afrique.

D'autre part, les pays africains sont également sous la pression des pays occidentaux qui, au nom de l'égalité des orientations sexuelles, cherchent à présenter l'homosexualité comme un modèle qui peut être légalisé à travers la vie de couple et le mariage.

Plus grave encore en Afrique, grâce à l'action de certaines Institutions chrétiennes, la théorie du genre s'impose progressivement dans la société et dans l'Église. Il en va de même en Occident avec des théologiens moralistes qui trouvent dans la théorie du genre. Certains utilisent ces concepts pour organiser la vie de l'Église, restructurer le fonctionnement de ses services et de la pastorale à partir de cette théorie. une source de concepts qui leur semblent intéressant à utiliser. On observe que des Commissions épiscopales sur la pastorale de la famille, mais aussi des associations caritatives chrétiennes et des structures ecclésiales s'inspirent des idées et de l'idéologie sociologisante de la théorie du genre.

Malheureusement il se confirme, au vu de nombreux faits, que la plupart des thèmes de la théorie du genre continuent de se répandre largement dans l'Église. On utilise un néo-langage qui, en s'appuyant sur les concepts chrétiens, tente de leur donner une autre signification, en particulier celui qui concerne le sens de l'égalité (on parle de l'égalité de genre au lieu de parler de l'égalité en dignité de l'homme et de la femme). L'Église a toujours soutenu l'égalité de l'homme et de la femme dans une relation de complémentarité et le respect des enfants. Elle n'a jamais accepté les mariages forcés, les mariages de jeunes mineures, et apporte son soutien à travers tous ses membres et ses diverses institutions pour lutter contre l'exploitation des enfants dans le travail, les agressions sexuelles, la prostitution juvénile, les enfants-soldats sans avoir à entrer dans les concepts et les arguties de l'idéologie du genre qui oppose le masculin au féminin.


Zenit : Le cardinal Vingt-Trois parle d'échanges de dons entre l'Afrique et l'Occident: l'Afrique a-t-elle des anticorps à cette théorie et peut-elle nous les communiquer?

Mgr Tony Anatrella : En effet le cardinal Vingt-Trois a évoqué l'échange séculaire entre les Églises européennes et les Églises africaines. Les relations se développent dans un véritable échange de dons à bien des égards. Ainsi de très nombreux prêtres étudiants africains rendent des services considérables dans plusieurs diocèses en France. Ils nous témoignent leur richesse spirituelle et leur façon de vivre avec le Christ au cœur de ce monde. Leur dynamisme est un exemple mais aussi leur présence dans la vie publique. Ce sont deux anticorps importants auxquels s'ajoute un regard réaliste sur le fait que seuls un homme et une femme forment un couple et une famille avec leurs enfants. Si en Europe, les communautés chrétiennes restent timides et peu critiques vis-à-vis des questions relatives à la famille et acceptent souvent les clichés à la mode au point de s'y identifier, les africains sont plus déterminés et réactifs. Mgr Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou, a souligné lors du Synode « Nos communautés humaines et religieuses africaines, dans l'ensemble, rejettent les pratiques légalement codifiées dans bon nombre de pays de l'Occident. Elles ont en estime la promotion des valeurs relatives à la famille et à la vie» (Cf. Zenit du 9 octobre 2009).

Le cardinal Ricard suite à un entretien avec le Président de la République Française a déclaré dans le journal La Croix du 4 octobre 2009 : « Nous avons parlé des lois qui posent des questions autour de la protection de la vie, de la famille, du mariage, comme par exemple le principe de non-discrimination qui ouvre le droit aux mariages homosexuels. Notre point de vue pourrait être mieux entendu si la mobilisation était plus importante. La voix des seuls évêques ne suffit pas : nous avons besoin de mobiliser les opinions catholiques. D'où la question de savoir comment mieux sensibiliser les chrétiens européens à l'action politique ». Les chrétiens sont invités à sortir de la torpeur et la presse catholique a sans doute un rôle plus important à jouer pour éviter cette dérive légale en matière familiale, à commencer par ce problématique statut de beau-parent, comme je l'ai déjà souligné ici.

Le Pape, lors de son homélie du dimanche 4 octobre 2009, a insisté sur le rôle spirituel de l'Afrique qui pourrait inspirer l'Occident délétère : « L'Afrique représente un « immense poumon » spirituel, pour une humanité qui semble en crise de foi et d'espérance. Mais ce « poumon » peut aussi tomber malade. ... Le soi-disant « premier » monde a parfois exporté et continue d'exporter des déchets spirituels toxiques qui contaminent les populations des autres continents, parmi lesquels justement les populations africaines. C'est dans ce sens que le colonialisme, qui a pris fin au plan politique n'est jamais tout à fait terminé ». Fort heureusement les Églises africaines essaient d'avoir du recul et de rester lucides face à l'offensive des nouvelles idéologies qui polluent le sens des réalités comme la théorie du genre. Elle fera sans doute son temps avant de dépérir comme toutes les autres, mais en attendant que de dommages directs et collatéraux en son nom ! Les Africains n'oublient pas leurs racines puisque c'est en fonction d'elles qu'ils peuvent analyser et critiquer des constructions irréalistes et asexuelles du couple et de la famille.

En résumé : les anticorps idéologiques que nous pouvons développer sont : l'enracinement dans une relation au Christ au sein de son Église, présence et engagement dans la vie publique pour le bien commun du mariage entre un homme et une femme et le respect du principe d'humanité de la famille, détermination et réactivité pour agir en ce sens, lucidité et recul anthropologiques face aux idées à la mode portées par des vagues médiatiques et l'électoralisme politique. Les chrétiens doivent savoir exiger des responsables politiques qui se présentent aux élections de préciser leur position sur le couple et la famille et choisir leur candidat en conséquence. Malheureusement, il arrive souvent que les élus ne soient pas fidèles à leurs électeurs et fassent de la politique en regardant le programme du voisin dans l'espoir de lui ravir un électorat. Est-ce ainsi que l'on sert le bien commun ?

L'ouvrage du Conseil Pontifical pour la Famille, Lexique sur les termes controversés au sujet de la famille et de la vie, publié en français aux éditions Téqui, a été voulu pour donner des éléments conceptuels afin que les chrétiens puissent penser et agir à l'égard de la théorie du genre. Il serait bien et utile qu'ils s'y réfèrent dans le contexte actuel. Le dialogue avec les productions intellectuelles de l'époque ne se résume pas à toutes les accepter, voire pour certains de les substituer aux principes universels de la sagesse des peuples et de l'anthropologie chrétienne, mais de rester critiques, d'en montrer les impasses et de signifier la réalité conjugale et familiale à partir de l'engagement d'un homme avec une femme.

Propos recueillis par Anita S. Bourdin