26.08.2011

Il y a 33 ans était élu le "Pape du sourire"

pape du sourire.jpgIl y a 33 ans, le 26 août 1978, les cardinaux réunis en Conclave choisissaient le Pape du sourire : le Patriarche de Venise, Albino Luciani, devenu Jean-Paul 1er n’allait occuper sa charge que pendant quelques jours et pourtant il a laissé une trace profonde dans l’Église. 
C’est ce que souligne le journaliste et théologien italien Gianni Gennari. Et il parle en connaissance de cause. Quand il venait à Rome le futur Pape logeait au petit séminaire où Gianni Gennari enseignait à l’époque. Ils eurent l’occasion de se rencontrer fréquemment en 1965, à l’occasion de la dernière session du Concile et puis au moment des Synodes convoqués par Paul VI. 

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15.03.2010

Visite du Pape à l’Église Luthérienne de Rome, un pas dans les relations entre catholiques et protestants?

Dimanche 14 mars, Benoît XVI s’est rendu à l’Église évangélique luthérienne de Rome. Seconde visite d’un Pape, après celle de son prédécesseur, Jean-Paul II qui date de 1983.

Si les relations entre catholiques et luthériens ont connu des tensions, notamment en 2000 lors de la parution du texte « Dominus Iesus », source de division ; depuis quelques années les liens entre les deux communautés chrétiennes se sont resserrés. La visite de Benoît XVI est-elle un pas important en direction des protestants ?

 

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André Birmelé (photo), pasteur luthérien et professeur de théologie à l’Université théologique protestante de Strasbourg, revient sur les rapports entre catholiques et protestants.


Des propos recueillis par Marion Fontenille (Radio Vatican): >>

Benoît XVI aux luthériens de Rome: 'ce qui nous unit est avant tout la joie et l'espérance'

Le Pape a lancé ce dimanche un vivant plaidoyer en faveur de l’unité des chrétiens et en particulier hier, entre les catholiques et les luthériens, divisés depuis la réforme.

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Le Pape a rendu visite à l’Église évangélique luthérienne de Rome, seconde visite d’un Pape après celle de Jean-Paul II en 1983. Il a participé au culte du pasteur Jens Martin Kruse, prenant lui-même la parole en allemand, la langue maternelle du Pape et de la majeure partie des 350 fidèles luthériens de Rome.

 

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Benoît XVI à l’église des fidèles de Luther, une visite pour oublier les tensions et réaffirmer l’envie d’unité des chrétiens.

 

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Olivier Bonnel (Radio Vatican): >>

 

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01.01.2010

Intention de prière missionnaire du mois de janvier 2010 - commentaire

« Pour que chaque fidèle du Christ prenne conscience que l’unité entre les chrétiens constitue une condition pour rendre plus efficace l’annonce de l’Evangile » Commentaire de l’Intention missionnaire du mois de janvier 2010

 

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Rome (Agence Fides) - L’unité de tous les disciples du Christ est l’un des désirs les plus profonds de Son cœur. Déjà dans la Dernière Cène, le Seigneur manifeste à ses apôtres, dans ce cadre intime et confidentiel, son désir d’unité. Ce désir se transforme en supplication confiée au Père : « Que tous soient un » (Jn 17, 21). Nous sommes tous appelés à nous unir à la prière de Notre-Seigneur Jésus-Christ et à prier intensément pour l’unité. Tout le mystère pascal de Jésus est orienté vers cette fin. Il va mourir, comme l’a prophétisé Caïphe sans le savoir, « pour réunir les enfants de Dieu qui étaient dispersés » (Jn 11,52).

Le 25 janvier 2008, dans la Basilique Saint Paul Hors les Murs, le Saint-Père Benoît XVI affirmait :

« Au terme de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous sommes encore plus conscients du fait que l’œuvre de la recomposition de l’unité, qui demande notre énergie et notre effort, est cependant infiniment supérieure à nos capacités. L’unité avec Dieu et avec nos frères et sœurs est un don qui vient du Haut, qui jaillit de la communion d’amour entre le Père, le Fils et le Saint Esprit, et qui s’accroît et se perfectionne en elle».

En prenant conscience que l’unité est un don que seul Dieu peut accorder, notre prière doit devenir plus intense en demandant cette grâce.

L’unité possède en soi une force apostolique incomparable. Dans les premières communautés chrétiennes qui nous sont décrites par Tertullien, l’amour entre les croyants était leur force de conquête : « voyez comme ils s’aiment ». La division produit, aux yeux de ceux qui regardent, une grande méfiance. On ne peut pas avoir envie de partager la vie et la foi de ceux qui sont divisés. L’unité procède de l’amour et est la manifestation de celui-ci, et l’amour fascine toujours. La charité est le lien de l’unité consumée. Le manque d’unité affaiblit immensément l’annonce de l’Evangile.

Pour cette raison, face à la division, nous devons être conscients que l’unité demande une conversion. Parlant de cette conversion, le Saint-Père Benoît XVI explique que « la conversion implique deux dimensions : dans une première étape on connaît et reconnaît ses fautes à la lumière du Christ, et cette reconnaissance devient douleur et repentir, désir d’un nouveau début. Dans une seconde étape, on reconnaît que ce nouveau chemin ne peut venir de nous-mêmes. Il consiste à se faire conquérir par le Christ » (Fête de la Conversion de Saint Paul, le 25 janvier 2009). Dans le cas de saint Paul, sa conversion n’a pas été le passage d’une vie immorale à une moralité complète, mais a consisté à être conquis par l’amour du Christ, à renoncer à sa perfection.

« C’est seulement en renonçant à nous-mêmes, dans cette conformité avec le Christ, que nous pouvons être unis aussi entre nous. C’est la communion avec le Christ ressuscité qui nous donne l’unité ».(ib.)

L’Eglise est née comme fruit du Mystère pascal du Christ, par l’action de l’Esprit Saint. Les apôtres étaient en prière avec Marie, réunis autour d’elle. Ce qui était le souvenir vivant de Jésus se convertit en lien d’unité pour tous ceux qui l’aiment. Demandons à Marie, la Mère de l’Unité, qu’elle intercède auprès de son Fils pour arriver à obtenir l’unité désirée parmi les suiveurs du Christ ».

(Agence Fides 28/12/2009)


> Intentions de Prière du Pape pour l'année 2010

19.11.2009

Anglicans et orthodoxes. Le cardinal Kasper entre deux feux

Le coup de téléphone nocturne de l'archevêque de Cantorbéry. Les méfiances des Eglises d'Orient. Le responsable de l'œcuménisme catholique révèle les dessous de "Anglicanorum cœtibus"


par Sandro Magister





ROME, le 18 novembre 2009 – Le cardinal Walter Kasper l'a reconnu : "Il y a eu un peu de confusion". Or, sans le vouloir, il avait contribué à cette confusion.

Le 20 octobre, le cardinal William J. Levada, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, a annoncé la publication imminente d’une constitution apostolique destinée à organiser l'entrée dans l’Eglise catholique de groupes provenant de la Communion anglicane. Ce jour-là, Kasper, président du conseil pontifical pour l'unité des chrétiens et donc sûrement qualifié pour traiter le dossier, était non pas à Rome mais à Chypre, occupé à tout autre chose.

Certains en ont déduit que Kasper avait voulu prendre ses distances par rapport à une décision qui n’émanait pas de lui et qu’il n’approuvait peut-être pas tout à fait.

Le cardinal Kasper était à Chypre parce que cette île accueillait, du 16 au 23 octobre, la seconde session (la première a eu lieu à Ravenne en 2007) du dialogue théologique entre catholiques et orthodoxes sur la manière de comprendre la primauté du pape. Un dialogue œcuménique d’une importance capitale, pour lequel Kasper dirigeait la délégation de Rome.

Son absence de Rome lors de l’annonce d’"Anglicanorum cœtibus", enfin signée par le pape le 4 novembre et rendue publique le 9, était donc tout à fait justifiée. Mais le fait que Kasper ait continué à se taire à ce sujet même après être revenu de Chypre a fait perdurer l’impression qu’il avait des réserves.

Le cardinal Kasper a mis fin à son silence dans une interview accordée à "L'Osservatore Romano" et publiée le 15 novembre.

Une interview riche d’informations clarificatrices. Et qui révèle certains dessous de l’affaire.



***


"Tenons-nous-en aux faits", dit le cardinal Kasper dans l'interview. "Un groupe d’anglicans a librement et légitimement demandé à entrer dans l’Eglise catholique. L’initiative ne vient pas de nous. Ils se sont d’abord adressés à notre conseil [pour l'unité des chrétiens] et, en tant que président, j’ai répondu que la question était de la compétence de la congrégation pour la doctrine de la foi. [...] Le conseil a été constamment informé par la congrégation pour la doctrine de la foi et il n’est pas vrai qu’il ait été tenu à l’écart. Nous n’avons pas pris part directement aux conversations, mais nous avons été tenus au courant, comme il se doit. Le texte de la constitution [apostolique] a été préparé par la congrégation pour la doctrine de la foi ; nous avons vu le projet et présenté nos propositions".

En tout cas la gestation d’"Anglicanorum cœtibus" a été secrète jusqu’au dernier moment, même vis-à-vis des plus hautes autorités de l’Eglise anglicane. Kasper était déjà à Chypre quand l'archevêque de Cantorbéry, Rowan Williams (photo, avec Benoît XVI) a été informé de sa publication imminente. Il raconte que Williams lui a téléphoné en pleine nuit pour lui demander des explications. Dans l'interview, Kasper raconte :



"Nous avons parlé du sens de la nouvelle constitution apostolique. Je l’ai rassuré quant à la poursuite de nos dialogues directs, comme le prévoit le concile Vatican II et comme le veut le pape. Il m’a répondu que, pour lui, cette confirmation était un message très important".


Deux jours plus tard, le 20 octobre, à Londres, Williams a annoncé, conjointement avec l'archevêque catholique de Westminster, Vincent G. Nichols, la publication prochaine de la constitution apostolique, tandis qu’au même moment, à Rome, le cardinal Levada faisait la même annonce. Pour cette raison aussi, Kasper dit qu’il apprécie "l'attitude équilibrée" de l'archevêque de Cantorbéry.

"Nos rapports personnels sont cordiaux et transparents. C’est un homme de spiritualité, un théologien. En réalité, aujourd’hui, les obstacles au dialogue œcuménique ne peuvent venir que des tensions internes au monde anglican".


Il faut souligner cette dernière affirmation. Selon Kasper, le désir de certains groupes anglicans de passer au catholicisme, ainsi que les obstacles à un rapprochement plus général entre Rome et Cantorbéry, viennent non pas d’une volonté de l’Eglise catholique d’"étendre son empire" ("commentaire ridicule", coupe le cardinal), mais de causes qui sont toutes internes à la Communion anglicane.

Voici comment, dans l'interview, le cardinal décrit ces causes :

"Il y a eu successivement l'ordination de femmes à la prêtrise puis à l’épiscopat, la consécration d’un évêque homosexuel, la bénédiction de couples homosexuels : des choix qui ont provoqué de graves tensions au sein du composite monde anglican. Par la force des choses, le fossé qui sépare celui-ci des catholiques s’est aussi élargi. En tout cas, la réponse critique à ces évolutions n’est pas venue seulement des anglicans catholicophiles. En somme, ceux qui désapprouvent ces nouveautés ne veulent pas tous devenir catholiques, notamment parce que la majorité des anglicans est d'inspiration evangelical".

Le cardinal fait ici allusion au fait que les 77 millions d’anglicans qu’il y a dans le monde vivent pour la plupart au Nigeria, au Kenya, en Ouganda et autres pays d’Afrique, où ils sont presque tous hostiles aux "nouveautés" mentionnées ci-dessus, qui sont limitées à la Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Mais les anglicans d'Afrique n’ont pas pour autant envie de devenir catholiques. Ceux qui frappent à la porte de Rome sont plutôt des groupes anglais, américains, australiens, qui sont en contact plus direct avec les tendances qu’ils détestent et qui sont depuis longtemps attirés par le catholicisme.

A ceux-là, dit Kasper,

"le pape a ouvert la porte avec bienveillance, il leur a indiqué une route et offert une possibilité concrète qui n’est sûrement pas opposée à l'œcuménisme. Déjà le décret 'Unitatis redintegratio' de Vatican II souligne clairement que l'œcuménisme est une chose et la conversion une autre. Mais il n’y a pas de contradiction".


Mais le cardinal invite aussi à la prudence :

"Il faut voir au cas par cas qui sont ces personnes. On ne devient pas catholique seulement parce qu’on est en désaccord avec les choix de la confession dont on fait partie. De même qu’il ne suffit pas de signer le Catéchisme de l’Eglise catholique, même si c’est un choix significatif".


Parmi les questions pratiques difficiles à résoudre, Kasper cite

"le souci qu’inspire à certains évêques le partage de leur diocèse : une partie entrerait dans l’Eglise catholique et l’autre resterait anglicane. Comment gérer une séparation de ce genre ?".


Il y a aussi le problème de la Traditional Anglican Communion, qui compte environ un demi-million de fidèles :


"Il y a près de deux ans, leurs représentants ont demandé à être incorporés dans l’Eglise catholique. Mais ils n’ont pas pris part aux discussions. Maintenant ils viennent de monter dans un train déjà en marche. Après tout, s’ils sont sincères, les portes leur sont ouvertes. Mais nous ne fermons pas les yeux sur le fait que, depuis 1992, ils ne sont plus en communion avec Cantorbéry. [...] Et puis la conversion est un fait personnel : il y a la liberté de la grâce, la liberté de la décision humaine. On ne peut pas aller sur ce terrain, on ne peut pas pousser, on ne peut pas organiser".


A Chypre, la nouvelle que l’Eglise catholique est prête à intégrer des groupes venant de l'anglicanisme a alerté les orthodoxes aussi. Leur crainte est que se constitue une Eglise "uniate" de rite anglican qui s’ajoute aux Eglises "uniates" des divers rites orientaux : c’est-à-dire les Eglises qui obéissent au pape de Rome, mais qui sont semblables et rivales pour tout le reste avec les orthodoxes.

A ce sujet, Kasper dit dans l'interview :


"A Chypre, j’ai tout de suite dit à nos partenaires orthodoxes, pour éviter des malentendus, qu’il ne s’agit pas de prosélytisme ou d’un nouvel uniatisme. [...] L'uniatisme est un phénomène historique qui concerne les Eglises orientales, alors que les anglicans sont de tradition latine. Le document de Balamand de 1993, selon lequel il s’agit d’un phénomène du passé survenu dans des circonstances qui ne peuvent se répéter, reste valable. Ce n’est pas une méthode pour le présent et l’avenir. Les orthodoxes souhaitaient surtout comprendre la nature de l'ordinariat personnel pour les anglicans, et j’ai précisé qu’il ne s’agit pas d’une Eglise 'sui juris' et qu’il n’y aura donc pas de chef d’une Eglise mais un ordinaire avec des pouvoirs délégués".


Pour parler plus simplement : alors qu’une Eglise "uniate" a une hiérarchie propre et structurée, avec un patriarche et des diocèses territoriaux, rien de tout cela n’existera pour les "ordinariats personnels" ex-anglicans, qui auront la charge de fidèles mais pas de territoire, un peu comme les ordinariats militaires.

Les nouveaux ordinariats seront caractérisés par le maintien du rite anglican pour la messe et pour les sacrements – avec des livres liturgiques déjà approuvés aux Etats-Unis dans les années 80 par la congrégation vaticane pour le culte divin – et par la possibilité d’avoir des prêtres mariés.

Toutefois seuls les prêtres et évêques ex-anglicans pourront être ordonnés prêtres dans l’Eglise catholique en étant déjà mariés.

Pour les jeunes candidats au sacerdoce, la règle sera celle du célibat comme dans toute l’Eglise latine, sous réserve, exceptionnellement, de la faculté de "présenter au Saint-Père une demande d’admission d’hommes mariés à l’ordination sacerdotale dans l’ordinariat", selon des "critères objectifs" qui nécessiteront en tout cas l'approbation du Saint-Siège". Cette exception est admise "pour tenir compte de la tradition et de l’expérience ecclésiale anglicane", comme le dit l'article 6 des normes complémentaires d’"Anglicanorum cœtibus". Et même si elle est "purement hypothétique" (pour reprendre une expression du cardinal Levada dans un communiqué du 31 octobre), elle introduit une brèche dans la discipline du célibat pour le sacerdoce dans l’Eglise latine, à laquelle les ex-anglicans se rattachent.

Un dernier passage important de l'interview du cardinal Kasper concerne la visite du primat de la Communion anglicane Williams à Rome, du 19 au 22 novembre, à l’occasion du centenaire de la naissance du cardinal Johannes Willebrands, prédécesseur de Kasper en tant que responsable du dialogue œcuménique :


"Sa visite prochaine au Vatican montre qu’il n’y a eu aucune rupture et elle relance le désir commun de se parler en un moment historique important. C’est dans cet esprit que l'archevêque de Cantorbéry rencontrera les membres de la curie romaine et que, le 21 novembre, il parlera avec le pape. Nous avons l'occasion d’ouvrir une nouvelle phase du dialogue œcuménique, qui continue à être une priorité de l’Eglise catholique et du pontificat de Benoît XVI".



Le texte original de l'interview du cardinal Walter Kasper à "L'Osservatore Romano" du 15 novembre 2009 :

> Una possibilità concreta non contraria all'ecumenismo

La constitution apostolique "Anglicanorum cœtibus", avec ses normes complémentaires :

> "Ces derniers temps, l'Esprit Saint a poussé des groupes d'anglicans..."

Et le précédent article de www.chiesa à ce sujet :

> Frappez et l'on vous ouvrira. A condition que ce soit selon la tradition



Traduction française par Charles de Pechpeyrou.
(20.10.2009)

www.chiesa

23.10.2009

Entrée des anglicans dans l’Église catholique

Frappez et l'on vous ouvrira. A condition que ce soit selon la tradition

L'entrée de diocèses et de paroisses anglicans antimodernistes dans l'Eglise catholique est annoncée. L'œcuménisme du pape Benoît XVI apparaît de plus en plus comme nourri de fidélité à la tradition. C'est le cas avec les lefebvristes. Et plus encore avec les Eglises orthodoxes d'orient


par Sandro Magister




ROME, le 20 octobre 2009 – Jusqu’à hier, les prêtres et évêques de la Communion anglicane qui se sentaient davantage en accord avec le pape de Rome qu’avec les dérives "modernistes" de l'anglicanisme passaient un à un à l’Eglise catholique.

Aux Etats-Unis, une "Pastoral Provision" rédigée par la congrégation pour la doctrine de la foi et approuvée par Jean-Paul II a été mise en place en 1980 pour régler ces passages. Elle a permis à environ 80 prêtres anglicans de passer à l’Eglise catholique, presque tous avec femme et enfants. Et, il y a deux ans, c’est un évêque, Jeffrey Steenson, qui a été accueilli lors d’une cérémonie célébrée à la basilique Sainte-Marie Majeure, à Rome. Steenson, 57 ans, marié et père de trois enfants, a été ordonné prêtre et incardiné dans le diocèse de Santa Fe, où il enseigne la patrologie au séminaire.

Ces prêtres et ces évêques ont aussi été suivis par des groupes de fidèles agissant spontanément. Le seul cas de passage en bloc de tout un diocèse anglican à l’Eglise catholique est, jusqu’à présent, celui du diocèse d’Amritsar, au Penjab indien, en 1975.

Mais, à partir d’aujourd’hui, les migrations collectives de l'anglicanisme vers le catholicisme seront un fait non plus exceptionnel mais normal, grâce à la constitution apostolique que Benoît XVI s’apprête à publier.

La constitution pontificale est encore en phase de mise au point. Elle sera peut-être publiée dans deux semaines. Mais elle a déjà été annoncée solennellement, le matin du 20 octobre, par deux conférences de presse simultanées : l’une à Rome, avec le cardinal William Levada, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, l’autre à Londres, avec l'archevêque catholique de Westminster, Vincent G. Nichols, et le primat de la Communion anglicane, Rowan Williams (dans la photo Associated Press).

A Londres les deux archevêques, le catholique et l’anglican, ont également fait une déclaration conjointe, ce qui est aussi un élément indiscutablement nouveau.

En effet, d’habitude, quand quelqu’un quitte une confession chrétienne et en embrasse une autre, il s’en va en claquant la porte.

Cette fois, au contraire, c’est comme si ce passage était béni d’un commun accord par les deux parties.

Cette harmonie fait penser combien la réconciliation de l’Eglise catholique et de la Communion anglicane serait proche aujourd’hui si seulement cette dernière n’avait pas accepté que des femmes et des homosexuels vivant en couple soient ordonnés prêtres et évêques, avec les dramatiques divisions qui en ont résulté entre ceux qui sont d’accord et ceux qui s’y opposent.

Quand la constitution apostolique aura été publiée, les paroisses et les diocèses anglicans – de Grande-Bretagne, des Etats-Unis, d'Australie et d’autres pays – qui, ces dernières années, ont frappé à la porte de Rome pour être accueillis dans l’Eglise catholique pourront procéder selon les modalités fixées par la constitution. Les prêtres et évêques mariés, ayant reçu les ordres sacrés, pourront reprendre leur ministère, comme c’est déjà le cas pour les prêtres mariés des rites orientaux, y compris catholiques. Leurs communautés seront rattachées à des "ordinariats personnels" dirigés par des évêques qui ne seront pas mariés mais célibataires, là encore en accord avec la pratique constante des Eglises catholiques et orthodoxes. Pour les liturgies, le rituel anglican, déjà très semblable au catholique, restera en vigueur.

On calcule qu’une quarantaine d’évêques et une centaine de prêtres, avec leurs communautés respectives, sont sur la liste d’attente. Le critère de la conversion sera l'acceptation de la primauté du pape et l’adhésion à la doctrine formulée dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique.

Dans tous les cas, les communautés prêtes à passer à l’Eglise catholique font partie de l'aile "traditionnaliste" de la Communion anglicane.

Comme sont traditionalistes les communautés schismatiques lefebvristes, envers lesquelles Benoît XVI intensifie ses efforts pour qu’elles obéissent de nouveau à Rome.

Et comme sont attachées à la grande tradition les Eglises orthodoxes, avec lesquelles le contact paraît plus fructueux avec le pape actuel. Du 16 au 23 octobre est en cours à Chypre le deuxième round – le premier a eu lieu à Ravenne en 2007 – du dialogue entre catholiques et orthodoxes sur la question de la primauté du pape, à la lumière de ce qui fut vécu au cours du premier millénaire.

Aujourd’hui plus que jamais, sous le pontificat de Joseph Ratzinger, le chemin de l’œcuménisme apparaît non comme un élan vers la modernité mais comme un retour sur le terrain de la tradition.

On trouvera ci-dessous la déclaration conjointe diffusée à Londres le 20 octobre par le chef de la Communion anglicane et celui de l’Eglise catholique d’Angleterre et du pays de Galles, ainsi qu’une note rétrospective publiée le même jour par la congrégation pour la doctrine de la foi.



Joint Statement by the Archbishop of Westminster and the Archbishop of Canterbury


Today’s announcement of the Apostolic Constitution is a response by Pope Benedict XVI to a number of requests over the past few years to the Holy See from groups of Anglicans who wish to enter into full visible communion with the Roman Catholic Church, and are willing to declare that they share a common Catholic faith and accept the Petrine ministry as willed by Christ for his Church.

Pope Benedict XVI has approved, within the Apostolic Constitution, a canonical structure that provides for Personal Ordinariates, which will allow former Anglicans to enter full communion with the Catholic Church while preserving elements of distinctive Anglican spiritual patrimony.

The announcement of this Apostolic Constitution brings to an end a period of uncertainty for such groups who have nurtured hopes of new ways of embracing unity with the Catholic Church. It will now be up to those who have made requests to the Holy See to respond to the Apostolic Constitution.

The Apostolic Constitution is further recognition of the substantial overlap in faith, doctrine and spirituality between the Catholic Church and the Anglican tradition. Without the dialogues of the past forty years, this recognition would not have been possible, nor would hopes for full visible unity have been nurtured. In this sense, this Apostolic Constitution is one consequence of ecumenical dialogue between the Catholic Church and the Anglican Communion.

The on-going official dialogue between the Catholic Church and the Anglican Communion provides the basis for our continuing cooperation. The Anglican Roman Catholic International Commission (ARCIC) and International Anglican Roman Catholic Commission for Unity and Mission (IARCCUM) agreements make clear the path we will follow together.

With God’s grace and prayer we are determined that our on-going mutual commitment and consultation on these and other matters should continue to be strengthened. Locally, in the spirit of IARCCUM, we look forward to building on the pattern of shared meetings between the Catholic Bishops Conference of England and Wales and the Church of England’s House of Bishops with a focus on our common mission. Joint days of reflection and prayer were begun in Leeds in 2006 and continued in Lambeth in 2008, and further meetings are in preparation. This close cooperation will continue as we grow together in unity and mission, in witness to the Gospel in our country, and in the Church at large.

London, 20 October 2009

Vincent Gerard Nichols
Archbishop of Westminster

Rowan Williams
Archbishop of Canterbury



Informations complémentaires


Depuis qu’au XVIe siècle le roi Henri VIII a proclamé que l’Eglise d’Angleterre était indépendante de l’autorité du pape, l’Eglise d’Angleterre a créé ses déclarations doctrinales, ses usages liturgiques et ses pratiques pastorales, en y incorporant souvent des idées de la Réforme née sur le continent européen. L’expansion de l’Empire Britannique, en association avec l’apostolat missionnaire anglican, a ensuite fait naître une Communion Anglicane au niveau mondial.

En plus de 450 ans, jamais la question de la réunion des anglicans et des catholiques n’a été écartée. Au milieu du XIXe siècle, le Mouvement d’Oxford (en Angleterre) a montré un renouveau d’intérêt pour les aspects catholiques de l’anglicanisme. Au début du XXe siècle, le cardinal belge Mercier a lancé des discussions publiques avec des anglicans pour explorer la possibilité d’une union avec l’Eglise catholique sur la base d’un anglicanisme "réuni mais pas absorbé".

Le concile Vatican II a encore renforcé l’espoir d’une union, notamment avec le Décret sur l’œcuménisme (n° 13) qui, se référant aux Communautés séparées de l’Eglise catholique au moment de la Réforme, affirmait : "Parmi celles [les communions] où continuent à subsister en partie les traditions et les structures catholiques, la Communion Anglicane occupe une place particulière."

Depuis le concile, les relations entre anglicans et catholiques romains ont créé un meilleur climat de compréhension et de coopération mutuelle. L’Anglican-Roman Catholic International Commission (ARCIC) a publié, au fil des années, une série de déclarations doctrinales, dans l’espoir de créer les bases d’une union entière et visible. Pour beaucoup de gens des deux Communions, les déclarations de l’ARCIC ont rendu disponible un outil dans lequel l’expression commune de la foi peut être reconnue. C’est dans ce cadre qu’il faut placer la nouvelle mesure.

Dans les années qui ont suivi le Concile, certains anglicans ont abandonné la tradition de ne conférer les Ordres Sacrés qu’à des hommes en appelant aussi des femmes au sacerdoce et à l’épiscopat. Plus récemment, certains éléments de la Communion Anglicane se sont éloignés de l’enseignement biblique commun en matière de sexualité humaine – déjà clairement formulé dans le document de l’ARCIC "La vie dans le Christ" – en conférant les Ordres Sacrés à des clercs ouvertement homosexuels et en bénissant les unions de personnes du même sexe. Néanmoins, alors que la Communion Anglicane doit relever ces défis nouveaux et difficiles, l’Eglise Catholique reste pleinement engagée dans son dialogue œcuménique avec la Communion Anglicane, notamment à travers l’activité du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens.

Entre temps, beaucoup d’anglicans sont entrés individuellement dans la pleine communion avec l’Eglise catholique. Parfois ce sont même des groupes d’anglicans qui sont entrés, en conservant une certaine structure "corporative". C’est le cas, par exemple, du diocèse anglican d’Amritsar en Inde et de quelques paroisses isolées des Etats-Unis qui, tout en gardant une identité anglicane, sont entrées dans l’Eglise catholique dans le cadre d’une "disposition pastorale" adoptée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et approuvée par le pape Jean-Paul II en 1982. Souvent, dans ces cas-là, l’Eglise catholique a accordé des dispenses de l’obligation de célibat, admettant que les clercs anglicans mariés qui désiraient poursuivre leur ministère comme prêtres catholiques soient ordonnés dans l’Eglise catholique.

Dans ce contexte, les Ordinariats Personnels institués selon la Constitution Apostolique mentionnée ci-dessus peuvent être considérés comme un pas de plus vers la réalisation de l’aspiration à l’union entière et visible dans l’unique Eglise, qui est l’un des buts principaux du mouvement œcuménique.

Congrégation pour la Doctrine de la Foi

Rome, le 20 octobre 2009


La note diffusée par le Vatican le jour de l'annonce de la constitution apostolique relative aux "ordinariats personnels" pour les anglicans qui entrent dans l’Eglise catholique :

> Nota informativa


Un article récent de www.chiesa à propos des divisions internes de la Communion anglicane :

> Les anglicans risquent un schisme. Les deux voies de l'archevêque de Canterbury (3.8.2009)



L'annonce de la rencontre du 26 octobre 2009 entre la commission vaticane "Ecclesia Dei" et la Fraternité lefebvriste Saint Pie X :

> Il prossimo lunedì 26 ottobre...



Une importante interview du métropolite orthodoxe de Pergame Johannes Zizioulas, à propos du deuxième round, actuellement en cours à Chypre, du dialogue entre catholiques et orthodoxes sur la primauté du pape :

> Zizioulas: Difendiamo il dialogo ecumenico contro chi lo contesta


Traduction française par Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

15.10.2009

Le cardinal Kasper: le mouvement œcuménique n'est pas en panne

Benoît XVI a l’intention de visiter l’église luthérienne de Rome. C’est le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, qui l’a indiqué, au cours d’une conférence de presse au Vatican, tout en précisant qu’aucune date n’a encore été fixée.

 

http://www.aciprensa.com/Cardenales/images/nckasper.jpg


Le cardinal Kasper (photo) présentait aux journalistes son dernier livre: « Harvesting the fruits. Basic aspects of Christian faith in ecumenical dialogue », un livre qui entend établir un état des lieux à propos du dialogue œcuménique avec les églises historiques de la Réforme, en mettant en valeur les fruits de ce dialogue.

Pour le président du Conseil pour l’unité, cet ouvrage, qui a reçu l’approbation du Pape ainsi que du Cardinal William Levada, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, peut représenter une réponse claire aux opinions qui ont tendance à se répandre, y compris au sein de la Curie Romaine, selon lesquelles le dialogue a échoué. Le cardinal Kasper a affirmé que personne aujourd’hui n’avait le droit de prétendre que nous traversons un hiver œcuménique. Au contraire, nous sommes en plein dans la belle saison - a-t-il lancé.


Interrogé par les journalistes, le Président du Conseil pontifical a reconnu que parfois les documents publiés par l’Eglise catholique étaient pour ses partenaires difficiles à "digérer". A propos de l’Instruction Dominus Jesus, publiée en 2001 par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui était alors dirigée par le cardinal Ratzinger, le cardinal Kasper a admis qu’on aurait pu formuler les choses plus « aimablement », mais en ce qui concerne sa substance, le texte exprime la pensée de l’Eglise.


Enfin, à propos des rumeurs concernant l’imminente entrée massive d’un groupe d’anglicans dans l’Eglise catholique, le cardinal Kasper a répondu que la conversion était une question personnelle. Toute personne qui, à titre individuel, souhaitera se convertir au catholicisme sera accueillie - a-t-il dit - mais pas les groupes. L’Eglise catholique ne fait pas de prosélytisme.

03.08.2009

Les anglicans risquent un schisme. Les deux voies de l'archevêque de Canterbury

Les anglicans risquent un schisme. Les deux voies de l'archevêque de Canterbury

Une pour les traditionalistes, l'autre pour les modernistes. C'est la solution imaginée par Rowan Williams pour maintenir l'union entre ceux qui approuvent l'ordination des gays et lesbiennes et ceux qui la refusent. Le Vatican lui sert de point d’appui

par Sandro Magister




ROME, le 3 août 2009 – Dans un effort extrême pour éviter un énième schisme parmi ses fidèles, l'archevêque de Canterbury et primat de la communion anglicane Rowan Williams (photo, avec son épouse Jane) a demandé de l’aide même au Vatican. Celui-ci est tout de suite venu à son secours.

La demande d’aide, implicite, se trouve dans un texte publié par Williams le 27 juillet sur son site web, sous le titre "Communion, covenant et notre avenir anglican".

L’aide du Vatican s’est manifestée par un article de "L'Osservatore Romano" du lendemain et une déclaration du conseil pontifical pour l'unité des chrétiens du 29 juillet.

S’adressant aux 77 millions d’anglicans du monde, Williams a pris acte du fait que le danger de schisme est réel parmi eux, surtout après les résolutions approuvées à la mi-juillet par les anglicans des Etats-Unis, appelés épiscopaliens. Mais il les a exhortés à tout faire pour rester unis. Pour les persuader, il a aussi évoqué le désastre qui en résulterait pour l'œcuménisme, c’est-à-dire pour la démarche d'union avec les autres Eglises et communautés chrétiennes, et en premier lieu avec l’Eglise catholique.

Williams a souligné que les résolutions approuvées par les anglicans d'Amérique à Anaheim, en Californie, sont en effet en contradiction profonde avec la doctrine et la pratique des catholiques et des orthodoxes, ainsi qu’avec l’opinion de beaucoup d’anglicans.

Elles concernent l'homosexualité. Une première résolution a établi que tous les baptisés peuvent accéder au sacerdoce et à l'épiscopat, y compris donc les hommes et les femmes qui entretiennent des relations avec des personnes du même sexe.

Une seconde résolution a décidé que les mariages d’homosexuels seraient bénis dans le cadre d’une liturgie spéciale.

Williams a objecté que le mariage d’homosexuels n’a aucun fondement dans la Sainte Ecriture. Et que la communion anglicane doit s’en tenir uniquement à celle-ci, sans suivre des règles sociales changeantes qui, par exemple, permettent dans six états américains de marier des couples homosexuels. Et, à plus forte raison, sans admettre au sacerdoce et à l'épiscopat des hommes et des femmes qui vivent avec des personnes du même sexe.

Pour éviter ce schisme et d’autres possibles, Williams a proposé aux 44 provinces qui composent la communion anglicane de signer un "Covenant", un accord sur l'orthodoxie biblique. Les chemins de ceux qui signeront et de ceux qui ne signeront pas se sépareront, mais pas tout à fait. D’une part il y aura ceux qui s’en tiendront à la tradition biblique, partageront une vision commune de la doctrine et de la pratique anglicane, se sentiront membres d’une fraternité plus large avec les autres Eglises et communautés chrétiennes. D’autre part il y aura ceux qui donneront la priorité aux décisions de leur propre communauté et concevront la communion anglicane comme une libre fédération de corps indépendants, s’appuyant simplement sur une histoire culturelle commune.

De toute façon les fidèles pourront signer individuellement le "Covenant" au cas où leur province ne le ferait pas. Et en tout cas – a souligné Williams – seuls les signataires de l’accord prendront part aux rencontres œcuméniques en qualité de représentants de la communion anglicane, pour que les autres Eglises et communautés chrétiennes sachent toujours qui sont et ce que pensent ceux avec qui elles seront amenés à dialoguer.


***


Quelques heures après la diffusion du texte de l'archevêque de Canterbury, "L'Osservatore Romano" en donnait une vaste synthèse, sous le titre : "Deux manières différentes d’être anglican". Le compte-rendu était clairement solidaire de l’effort de Williams pour endiguer l’éclatement de la communion anglicane.

Encore plus explicite dans son soutien à Williams, la déclaration publiée le 29 juillet par le conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, présidé par le cardinal Walter Kasper, s’achevait ainsi :

"Notre prière est que la communion anglicane puisse, même dans cette situation difficile, trouver un moyen de maintenir son unité et son témoignage du Christ en tant que communion mondiale".

Williams jouit de beaucoup d’estime et de sympathie chez les catholiques. Quand, en 2002, il a été nommé archevêque de Canterbury et primat des anglicans, il s’est retiré pendant deux semaines en Italie au monastère catholique de Bose, fondé et dirigé par son ami Enzo Bianchi, avant de prendre possession de sa charge.

C’est un fait que, depuis des années, la communion anglicane est soumise à de continuelles poussées divergentes.

L'ordination des femmes, qui a débuté en 1994, est l’une de ces causes de division. Elle a amené beaucoup d’anglicans à passer à l’Eglise catholique ou à d’autres Eglises chrétiennes.

Afin de retenir les dissidents, une étrange solution a été imaginée, il y a quelques mois, pour la messe dominicale de 10 heures 30 à la cathédrale anglicane de Blackburn, dans le Lancashire, où officient des chanoines des deux sexes.

Au moment de la communion, deux files se forment : d’un côté ceux qui acceptent l'hostie consacrée par la révérende Sue Penfold, de l’autre ceux qui ne l’acceptent que si elle a été consacrée par le révérend Andrew Hindley.


La réflexion de l'archevêque de Canterbury, Rowan Williams, sur les divisions entre anglicans, mise en ligne le 27 juillet 2009 sur son site web :

> Communion, Covenant and Our Anglican Future



A propos des deux files pour la communion à la cathédrale de Blackburn, dans le Lancashire :

> Anglican Ordination of Women Leads to Two Types of Communion at Cathedral


Traduction française par
Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

Les anglicans risquent un schisme. Les deux voies de l'archevêque de Canterbury

Les anglicans risquent un schisme. Les deux voies de l'archevêque de Canterbury

Une pour les traditionalistes, l'autre pour les modernistes. C'est la solution imaginée par Rowan Williams pour maintenir l'union entre ceux qui approuvent l'ordination des gays et lesbiennes et ceux qui la refusent. Le Vatican lui sert de point d’appui

par Sandro Magister




ROME, le 3 août 2009 – Dans un effort extrême pour éviter un énième schisme parmi ses fidèles, l'archevêque de Canterbury et primat de la communion anglicane Rowan Williams (photo, avec son épouse Jane) a demandé de l’aide même au Vatican. Celui-ci est tout de suite venu à son secours.

La demande d’aide, implicite, se trouve dans un texte publié par Williams le 27 juillet sur son site web, sous le titre "Communion, covenant et notre avenir anglican".

L’aide du Vatican s’est manifestée par un article de "L'Osservatore Romano" du lendemain et une déclaration du conseil pontifical pour l'unité des chrétiens du 29 juillet.

S’adressant aux 77 millions d’anglicans du monde, Williams a pris acte du fait que le danger de schisme est réel parmi eux, surtout après les résolutions approuvées à la mi-juillet par les anglicans des Etats-Unis, appelés épiscopaliens. Mais il les a exhortés à tout faire pour rester unis. Pour les persuader, il a aussi évoqué le désastre qui en résulterait pour l'œcuménisme, c’est-à-dire pour la démarche d'union avec les autres Eglises et communautés chrétiennes, et en premier lieu avec l’Eglise catholique.

Williams a souligné que les résolutions approuvées par les anglicans d'Amérique à Anaheim, en Californie, sont en effet en contradiction profonde avec la doctrine et la pratique des catholiques et des orthodoxes, ainsi qu’avec l’opinion de beaucoup d’anglicans.

Elles concernent l'homosexualité. Une première résolution a établi que tous les baptisés peuvent accéder au sacerdoce et à l'épiscopat, y compris donc les hommes et les femmes qui entretiennent des relations avec des personnes du même sexe.

Une seconde résolution a décidé que les mariages d’homosexuels seraient bénis dans le cadre d’une liturgie spéciale.

Williams a objecté que le mariage d’homosexuels n’a aucun fondement dans la Sainte Ecriture. Et que la communion anglicane doit s’en tenir uniquement à celle-ci, sans suivre des règles sociales changeantes qui, par exemple, permettent dans six états américains de marier des couples homosexuels. Et, à plus forte raison, sans admettre au sacerdoce et à l'épiscopat des hommes et des femmes qui vivent avec des personnes du même sexe.

Pour éviter ce schisme et d’autres possibles, Williams a proposé aux 44 provinces qui composent la communion anglicane de signer un "Covenant", un accord sur l'orthodoxie biblique. Les chemins de ceux qui signeront et de ceux qui ne signeront pas se sépareront, mais pas tout à fait. D’une part il y aura ceux qui s’en tiendront à la tradition biblique, partageront une vision commune de la doctrine et de la pratique anglicane, se sentiront membres d’une fraternité plus large avec les autres Eglises et communautés chrétiennes. D’autre part il y aura ceux qui donneront la priorité aux décisions de leur propre communauté et concevront la communion anglicane comme une libre fédération de corps indépendants, s’appuyant simplement sur une histoire culturelle commune.

De toute façon les fidèles pourront signer individuellement le "Covenant" au cas où leur province ne le ferait pas. Et en tout cas – a souligné Williams – seuls les signataires de l’accord prendront part aux rencontres œcuméniques en qualité de représentants de la communion anglicane, pour que les autres Eglises et communautés chrétiennes sachent toujours qui sont et ce que pensent ceux avec qui elles seront amenés à dialoguer.


***


Quelques heures après la diffusion du texte de l'archevêque de Canterbury, "L'Osservatore Romano" en donnait une vaste synthèse, sous le titre : "Deux manières différentes d’être anglican". Le compte-rendu était clairement solidaire de l’effort de Williams pour endiguer l’éclatement de la communion anglicane.

Encore plus explicite dans son soutien à Williams, la déclaration publiée le 29 juillet par le conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, présidé par le cardinal Walter Kasper, s’achevait ainsi :

"Notre prière est que la communion anglicane puisse, même dans cette situation difficile, trouver un moyen de maintenir son unité et son témoignage du Christ en tant que communion mondiale".

Williams jouit de beaucoup d’estime et de sympathie chez les catholiques. Quand, en 2002, il a été nommé archevêque de Canterbury et primat des anglicans, il s’est retiré pendant deux semaines en Italie au monastère catholique de Bose, fondé et dirigé par son ami Enzo Bianchi, avant de prendre possession de sa charge.

C’est un fait que, depuis des années, la communion anglicane est soumise à de continuelles poussées divergentes.

L'ordination des femmes, qui a débuté en 1994, est l’une de ces causes de division. Elle a amené beaucoup d’anglicans à passer à l’Eglise catholique ou à d’autres Eglises chrétiennes.

Afin de retenir les dissidents, une étrange solution a été imaginée, il y a quelques mois, pour la messe dominicale de 10 heures 30 à la cathédrale anglicane de Blackburn, dans le Lancashire, où officient des chanoines des deux sexes.

Au moment de la communion, deux files se forment : d’un côté ceux qui acceptent l'hostie consacrée par la révérende Sue Penfold, de l’autre ceux qui ne l’acceptent que si elle a été consacrée par le révérend Andrew Hindley.


La réflexion de l'archevêque de Canterbury, Rowan Williams, sur les divisions entre anglicans, mise en ligne le 27 juillet 2009 sur son site web :

> Communion, Covenant and Our Anglican Future



A propos des deux files pour la communion à la cathédrale de Blackburn, dans le Lancashire :

> Anglican Ordination of Women Leads to Two Types of Communion at Cathedral


Traduction française par
Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

19.01.2009

Semaine de prière pour l'unité des chrétiens 2009: 'Unis dans ta main'





Semaine de prière pour l'unité des chrétiens 2009: 'Unis dans ta main'

 

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03:07 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : priere, coree, semaine de priere, unite des chretiens, oecumenisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |