11.05.2012

Attentats de Damas : Le Saint-Siège renouvelle son appel à la paix

1_0_587118.jpegDéclaration du père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège suite aux attentats survenus le 10 mai dans la capitale syrienne:

"Suite aux tragiques attentats qui ont ensanglanté ce jeudi les rues de Damas, nous ne pouvons que condamner fermement et rappeler la proximité et l'émotion du Saint-Père et de la communauté catholique envers les familles des victimes. Ces attaques devraient encourager toutes les parties à œuvrer à renforcer leur implication pour soutenir le plan de Paix de Kofi Annan, qui a déjà été accepté par les différents acteurs du conflit. Ces attaques montrent aussi que la situation en Syrie exige un engagement ferme et commun de la communauté internationale pour appliquer ce plan, et que soient envoyés au plus vite d'autres observateurs. L'appel lancé par le Sain-Père le jour de Pâques n'a jamais été d'une telle actualité: il est nécessaire que soit entrepris sans délai le chemin du respect, du dialogue et de la réconciliation."

26.07.2011

Faut-il avoir peur du "terrorisme chrétien" ?

norvege.JPGLa Norvège est en deuil après la double attaque sanglante de vendredi dernier. Tout le pays s’est arrêté, ce lundi à la mi-journée, pour commémorer les victimes. Mais à la compassion se mêle l’incrédulité et l’incompréhension. Behring Breivik, 32 ans, qui a déclaré être l’auteur du carnage, a comparu à huis clos. La justice lui a refusé la publicité qu’il souhaitait. Juste avant la tuerie, il avait diffusé sur l'internet un manifeste de 1.500 pages, un texte délirant et contradictoire dans lequel il se présente comme un croisé engagé dans une lutte contre l'islam et le marxisme culturel et affiche sa farouche hostilité à l’immigration et au multiculturalisme. Il se décrit comme "conservateur", "chrétien". Faut-il pour autant craindre la naissance en Europe d’un terrorisme chrétien d’extrême-droite, xénophobe et violent, dans le sillage de certains courants fondamentalistes américains ? Les experts n’y croient pas trop même s’ils invitent à ne pas sous-estimer le rejet de l’islam et de l’immigration.

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24.07.2011

Benoît XVI invite à abandonner les logiques de la haine

benoit xvi castel gandolfo.JPGLe Pape a récité la prière de l'Angélus depuis la cour du palais apostolique de Castel Gandolfo, sa résidence estivale. A l'issue de la prière, Benoît XVI a eu des mots particuliers pour la Norvège, durement frappée par des attentats. "Une fois encore malheureusement arrivent des nouvelles de mort et de violence. Nous éprouvons tous une douleur profonde pour les graves actes terroristes survenus vendredi dernier en Norvège" a dit le Pape. "Nous prions pour les victimes, les blessés et leurs proches. A tous, je veux encore réitérer un appel pressant à abandonner pour toujours la voie de la haine et fuir les logiques du mal,"a t-il conclu. 

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07.04.2011

Audience générale : Thérèse de Lisieux - Le Pape solidaire des populations ivoiriennes et libyennes

pape audience.JPGLors de l'Audience générale ce mercredi matin sur la place Saint-Pierre, le Pape est revenu dans sa catéchèse sur la figure de sainte Thérèse de Lisieux.


Le Pape s'est dit préoccupé par la situation en Côte d'Ivoire et en Libye, lançant un appel à la paix. Benoît XVI s'est adressé à toutes les parties prenantes dans les deux conflits et a souhaité qu'un travail de pacification et de dialogue commence dans ces deux pays afin d'éviter de nouvelles effusions de sang. 

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04.05.2010

Qu’est-ce que la pédophilie ? (2e volet)

Deuxième volet : les victimes d’actes pédophiles

Dans le premier volet, nous nous sommes intéressés à l’aspect clinique de la pédophilie du côté des agresseurs. La condamnation ferme de leurs actes ne doit pas nous faire oublier que ce sont les victimes qui en souffrent le plus. Et c’est bien aux victimes que le père Stéphane Joulain, thérapeuthe, s’intéresse d’abord et avant tout.

Il nous expliquait, dans le premier volet, que les prêtres n’étaient pas plus que d’autres concernés par la pédophilie. Il nous parle aujourd’hui des victimes des actes pédophiles, pour comprendre qui elles sont: >>

 

(Radio Vatican)

02.03.2010

Tempête Xinthia : la solidarité à l’œuvre en Vendée

« La tempête Xinthia a semé ce week-end la mort et la désolation en France », ce sont les mots du président de la Conférence des évêques de France.

Le cardinal André Vingt-Trois a immédiatement voulu manifester sa proximité avec les victimes, annonçant pour elles et pour leur familles, la célébration d’une messe, dimanche prochain, à Notre-Dame-de-Paris. Le cardinal André Vingt-Trois a tourné sa prière vers les trop nombreuses victimes, ainsi que tous les sinistrés, saluant la solidarité qui s’est immédiatement manifestée.

 

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Entre La Rochelle et L'Aiguillon-sur-mer : une région entière sous les eaux - © REUTERS


L’archevêque de Paris a également voulu saluer l’action de toutes les organisations catholiques qui se sont mises a l’œuvre pour aider ceux qui ont tout perdu. En effet dans les régions les plus touchées, les associations ont pu compter sur de nombreux bénévoles pour porter au secours aux sinistrés. C’est le cas en Vendée.

Antony Torzec, correspondant de Radio Vatican, est allé à leur rencontre: >>

23.02.2010

Une assemblée plénière difficile pour les évêques allemands

Le ministre allemand de la justice demande à l’Eglise catholique de faire la lumière sur des abus sexuels qui auraient été commis par des membres du clergé. C’est ce que rapporte le magazine Spiegel alors que s’est ouvert ce lundi à Fribourg l’assemblée plénière de printemps de l’épiscopat allemand.

 

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65 évêques vont se retrouver pour discuter d’une série de questions pastorales. Mais cette nouvelle tempête pourrait bien dominer les débats.


Romilda Ferrauto (Radio Vatican): >>


La plupart des cas recensés en Allemagne tomberaient sous le coup de la prescription. Le ministre allemand de la justice propose l’organisation d’une table ronde regroupant des représentants du gouvernement, de l’Eglise et des victimes.

14.02.2010

Haïti: A un mois du séisme, souvenir des victimes, envie de reconstruire

Dans les quartiers détruits de Port-au-Prince, des milliers de Haïtiens se sont vêtus vendredi de noir et blanc, telles les couleurs choisies pour commémorer leurs 230.000 compatriotes morts dans le séisme du 12 janvier dernier.

 

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Le ministre de l'Intérieur, Paul-Antoine Bien-Aimé, a proclamé le 12 février journée de deuil afin de permettre aux pratiquants de toutes les religions de rendre hommage aux victimes.

En Haïti, le christianisme et la tradition vaudou coexistent et ont uni leurs prières en ces jours de douleur pour le peuple haïtien. Les commémorations se multiplieront tout au long de la journée, dans chaque quartier, des bidonvilles de Cité-Soleil au parc du Champ de Mars devant le palais national, devenu depuis le séisme un village de toile délabré.

Le 12 janvier dernier, en fin de journée, une secousse d'une magnitude supérieure à sept sur l'échelle de Richter a dévasté la capitale haïtienne, sa périphérie et les communes voisines de Jacmel et Léogâne. Un mois après, le cadre laissé derrière lui par le séisme est, certes, dramatique, mais parsemé ça et là de quelques signes d'espoir.

"Les problèmes les plus graves – dit à la MISNA Kristin Knutson, porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires (Ocha) de l'Onu, contactée à Port-au-Prince – regardent le relogement de 1,2 million de sans-abri et le maintien de conditions d'hygiène minimales". Les Nations Unies, qui coordonnent les opérations de secours, font en sorte de ne pas créer de villages de toile trop étendus et surpeuplés, misant plutôt sur des camps de petite et moyenne dimensions pour y abriter les habitants d'un quartier.

"C'est notre objectif – poursuit Mme Knutson – même si l'arrivée imminente de la saison des pluies, dans un mois environ, et la période des ouragans à partir de juillet pourraient nous contraindre à trouver d'autres solutions pour raisons de sécurité".

Ces derniers jours, il a plu dans plusieurs parties du pays et dans quelques quartiers de la capitale. Selon Jean-François Mattei, président de la Croix Rouge française, une seconde catastrophe se produira à défaut d'une nouvelle intervention massive : des craintes justifiées par le souvenir des inondations des dernières années, soldées par 800 victimes il y a deux ans et 3000 en 2004. Mais la peur laisse la place à l'espoir et aux efforts.

"Beaucoup des 500.000 habitants qui ont quitté Port-au-Prince – ajoute la porte-parole de l'Ocha – ont été accueillis chez des parents ou des amis dans les zones rurales ou dans d'autres villes : les familles pauvres sont encore plus dans le besoin mais témoignent pourtant d'une ténacité et d'une solidarité caractéristiques des Caraïbes".

Contactée par la MISNA, Michelle Bonnardeux, porte-parole à Port-au-Prince de la Minustah (mission de paix locale de l'Onu), indique pour sa part que "certaines routes ont retrouvé la circulation d'avant le séisme, les supermarchés ont rouvert leurs portes, l'eau courante est revenue dans les habitations", faisant état de l'envie de reconstruire qui anime les habitants, grâce aussi à l'aide internationale. "Les journaux ont dernièrement exagéré certains faits – explique Mme Bonnardeux – comme sur la prétendue situation d'insécurité : je n'ai pas encore vu une seule machette dans les ruines de Port-au-Prince". (VG/CN)

 

(MISNA)

15.06.2009

Vices et vertus de la banque du Vatican

Tout l'argent de Pierre. Vices et vertus de la banque du Vatican

200 millions de dollars pour la "charité du pape". D'où viennent-ils ? A qui vont-ils ? Nouvelles révélations sur les méfaits de l'Institut pour les Œuvres de Religion. Et sur les obstacles à son assainissement

par Sandro Magister




ROME, le 15 juin 2009 – Début juillet, le Vatican publiera comme tous les ans ses comptes pour 2008, en deux chapitres et un appendice.

Le premier chapitre fera apparaître les recettes et dépenses de l'Administration du Patrimoine du Siège Apostolique, APSA, qui gère les biens mobiliers et immobiliers qui lui appartiennent, ceux de la curie, du corps diplomatique, de la maison d'édition, de la radio, de la télévision.

Le second chapitre fera apparaître les recettes et dépenses du gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican: territoire, services, musées, timbres, monnaie.

L'appendice indiquera le montant du Denier de Saint-Pierre, collecte pour le pape faite chaque année dans le monde entier le 29 juin, fête des saints Pierre et Paul, à quoi s’ajoutent les dons faits directement au pape pendant l’année.

En 2007, par exemple, la collecte et les dons ont atteint 94,1 millions de dollars, dont 14,3 millions venant d’un seul donateur qui a voulu rester anonyme.

Voilà ce qui est publié chaque année.

Rien d’autre. Pas une ligne sur les autres recettes qui, en plus du Denier, alimentent la "charité du pape". Et pas une ligne sur l’emploi qui est fait de cette somme.

Un service de la secrétairerie d’Etat s’occupe précisément de cette question. Il a été dirigé pendant des années par Mgr Gianfranco Piovano, remplacé depuis quelques mois par Mgr Alberto Perlasca ; tous deux sont des diplomates de carrière. Cette caisse recueille, en plus du Denier, les contributions que les diocèses du monde entier sont tenus de verser au successeur de Pierre en vertu du canon 1271 du code de droit canonique. Les congrégations religieuses et les fondations envoient également de l’argent. En 2007, d’après un rapport confidentiel envoyé par le Vatican aux diocèses, ces contributions ont atteint 29,5 millions de dollars qui, ajoutés au Denier, font un total de 123,6 millions de dollars.

Ces fonds sont destinés, justement, à la "charité du pape". Dans une conférence faite à des diplomates de différents pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, en mai 2007, à l’Université Pontificale Grégorienne de Rome, le banquier Angelo Caloia, président de l'Institut pour les Œuvres de Religion, l’IOR, la "banque du Vatican", décrivait ainsi l'utilisation de ces fonds:

"Ils sont surtout destinés à subvenir aux besoins matériels de diocèses pauvres, à aider des institutions religieuses et des communautés de fidèles en grandes difficultés: pauvres, enfants, personnes âgées, marginaux, victimes de guerres et de catastrophes naturelles, réfugiés, etc.".

Dans la même conférence, Caloia a aussi cité une autre source de la "charité du pape": les profits de l’IOR. En effet, chaque année en mars, l’IOR met à l’entière disposition du pape la différence entre ses recettes et ses dépenses de l'année précédente. Le montant de cette somme est secret mais on estime qu’il est proche de celui du Denier de Saint-Pierre. C’était du moins le cas pour quatre années dont les chiffres ont filtré : 1992 avec 60,7 milliards de lires de l'époque, 1993 avec 72,5 milliards, 1994 avec 75 milliards et 1995 avec 78,3 milliards. Ces années-là, le Denier de Saint-Pierre était légèrement supérieur à ces montants.

S’il en est ainsi, 2007 aurait apporté à Benoît XVI, pour sa "charité", une somme totale proche de 200 millions de dollars.

La même année, les comptes faisaient apparaître pour l'APSA une perte de 9,1 millions d’euros et pour le gouvernorat un profit de 6,7 millions d’euros. Des miettes, par comparaison

Dans sa conférence aux diplomates, Caloia a peu parlé de l’IOR. Il a souligné que celui-ci "n’a pas de relation fonctionnelle" avec le Saint-Siège. Et il a affirmé que seuls sont autorisés à y déposer de l’argent des "individus ou entités juridiques ayant une légitimité canonique: cardinaux, évêques, prêtres, religieuses, moines, congrégations religieuses, diocèses, chapitres, paroisses, fondations, etc.".

Mais la réalité n’a pas toujours correspondu à ce profil. En 1990, quand Caloia a pris la présidence de la banque vaticane, elle sortait à peine d’une terrible déconfiture, liée au nom de son prédécesseur, l'archevêque Paul Marcinkus, et aux opérations téméraires que celui-ci avait réalisées avec les financiers Michele Sindona et Roberto Calvi, morts tous les deux de mort violente par la suite, dans des circonstances mystérieuses.

Le cardinal Agostino Casaroli, secrétaire d’Etat à l'époque, avait assaini le contentieux en ordonnant de verser aux créanciers 242 millions de dollars à titre de "contribution volontaire". En accord avec le gouvernement italien, il avait confié les recherches sur les agissements de la banque vaticane à deux spécialistes de la finance et du droit administratif, Pellegrino Capaldo et Agostino Gambino, et à un prélat de curie en qui il avait toute confiance. Il s’agissait de Mgr Renato Dardozzi, né en 1922, ordonné prêtre à 51 ans, diplômé en ingénierie, mathématiques, philosophie et théologie, ayant fait une carrière de manager dans les télécommunications et enfin directeur et chancelier de l’Académie Pontificale des Sciences.

Depuis lors et jusqu’à peu d’années avant sa mort en 2003, Dardozzi a continué à assurer un rôle de surveillance sur le fonctionnement de l’IOR, pour le compte de la secrétairerie d’Etat vaticane, avec Casaroli et le successeur de celui-ci, le cardinal Angelo Sodano.

De son travail de surveillance, Dardozzi avait conservé une documentation, qui est maintenant disponible dans un livre écrit par Gianluigi Nuzzi et publié récemment en Italie aux éditions Chiarelettere.

Les documents cités et reproduits dans le livre sont absolument fiables. Ils montrent que la mise à l’écart de Marcinkus et son remplacement par Caloia en 1990 n’ont pas suffi à laver tout de suite l’IOR de sa mauvaise réputation.

En effet Mgr Donato De Bonis, qui tenait le rôle-clé de "prélat" de la banque vaticane, est resté à son poste jusqu’en 1993. Et il avait mis en œuvre, pendant ces années, une sorte de banque occulte parallèle, sous sa direction exclusive, qui a de nouveau failli mettre l’IOR en déconfiture.

Caloia a commencé à soupçonner l’existence d’irrégularités au printemps 1992. Il a ordonné une enquête interne et a découvert que De Bonis disposait en effet de comptes au nom de fondations fictives, qui masquaient en réalité des opérations financières illégales, pour des dizaines de milliards de lires de l'époque.

En août, un rapport détaillé sur ces comptes fictifs est arrivé sur le bureau du secrétaire de Jean-Paul II, Mgr Stanislaw Dziwisz.

En mars 1993, De Bonis a été mis à la porte de l’IOR. Personne ne l’a remplacé dans la charge de "prélat" de la banque, qui est restée vacante. Il a été consacré évêque et nommé chapelain de l’Ordre Souverain et Militaire de Malte, poste qui bénéficie d’immunités diplomatiques.

Mais même après son départ de l’IOR, De Bonis a continué à agir, grâce à des cadres avec qui il était resté lié. Fin juillet, Caloia, inquiet, a écrit au secrétaire d’Etat, le cardinal Sodano:

"... On perçoit de plus en plus clairement les contours d’une activité nettement criminelle exercée consciemment par quelqu’un qui, du fait de son choix de vie et de ses fonctions, aurait dû au contraire être une sévère conscience critique. On a de plus en plus mal à comprendre que perdure une situation où le nommé [De Bonis] continue, à partir d’un poste tout aussi privilégié, à gérer indirectement l'activité de l’IOR...".

Le risque était d’autant plus grave que, justement à cette époque, la magistrature italienne enquêtait sur un pot-de-vin colossal versé illégalement par la société Enimont aux hommes politiques qui l’avaient favorisée. Ces enquêtes menaient aussi à l’IOR, en tant qu’intermédiaire occulte de ces versements, à travers les comptes fictifs manœuvrés par De Bonis.

A l'automne 1993, les magistrats de Milan ont demandé au Vatican, par commission rogatoire, de leur fournir les données relatives aux opérations contestées. Le Vatican s’en est sorti en fournissant le minimum indispensable, moins que ce qu’il avait découvert par ses propres enquêtes. Certains cadres ont été remplacés, les comptes fictifs ont été bloqués et De Bonis n’a pas récupéré une seule lire des sommes déposées.

Le cardinal qui, au Vatican, avait le plus appuyé De Bonis, José Rosalio Castillo Lara, président à la fois de l'APSA et du gouvernorat, a quitté la scène en même temps que lui.

En 1995 Caloia a été reconduit dans ses fonctions de président de l’IOR pour cinq ans. De même en 2000. De même encore en 2006, après un an de prorogation "par intérim", au milieu de rumeurs insistantes à propos de son remplacement imminent. Mais à l’été 2006, avant de transmettre le secrétariat d’Etat à son successeur Tarcisio Bertone, le cardinal Sodano a remis en vigueur la charge de "prélat" de l’IOR, en y nommant son propre secrétaire, Mgr Piero Pioppo.

Aujourd’hui encore, on entend parler de temps à autre d’un changement à la présidence de l’IOR. Mais Caloia, 69 ans, marié à une Anglaise et père de quatre enfants, a en main une nomination qui va jusqu’au 14 mars 2011.

Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui, grâce à lui, l’IOR est plus proche – comme il ne l’a jamais été dans le passé – de l’image de la banque vertueuse qu’il avait décrite aux diplomates du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord lors de sa conférence, il y a deux ans.

 

 


La conférence sur les finances du Vatican faite par le président de l’IOR à l’école pour diplomates de l’Université Pontificale Grégorienne en 2007 se trouve dans le volume des actes:

Angelo Caloia, "The financial structures of the Holy See", en Franco Imoda, Roberto Papini (éd.), "The Catholic Church and the International Policy of the Holy See / L'Eglise Catholique et la Politique Internationale du Saint-Siège", Nagard, Milan, 2008, pp. 148-151.


Le livre où se trouvent les documents conservés par Mgr Renato Dardozzi:

Gianluigi Nuzzi, "Vaticano SpA", Chiarelettere, Milan, 2009, 282 pp., 15,00 euros.


Sur www.chiesa, les comptes du Vatican et le montant du Denier de Saint-Pierre au cours des cinq dernières années:

> Pour l'argent de Pierre, c'est le calme dans la tempête (30.1.2009)

Toujours sur www.chiesa, à propos de l’IOR et de la présidence d’Angelo Caloia:

> Il banchiere del papa racconta: "Ecco come ho risanato lo IOR" (18.6.2004)



Traduction française par
Charles de Pechpeyrou.

www.chiesa

12.06.2009

Abus sexuels en Irlande: Le pape 'bouleversé'

Benoît XVI demande une réflexion profonde


ROME, Jeudi 11 juin 2009 (ZENIT.org) - Le pape Benoît XVI est apparu « visiblement bouleversé » quand il a pris connaissance du contenu détaillé du rapport dénonçant des décennies d'abus sexuels en Irlande.

C'est ce qu'indique Mgr Diarmuid Martin, archevêque de Dublin, qui a été reçu par le pape vendredi dernier à propos du « Rapport Ryan » (du nom de la commission d'enquête qui l'a établi), sur la généralisation des abus et maltraitances dont ont été victimes des enfants dans des établissements catholiques irlandais. Ce rapport a été publié le 20 mai dernier.

Mgr Martin précise que Benoît XVI demande un « examen approfondi » de la vie de l'Eglise en Irlande.

 

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Mgr Martin et le cardinal Sean Brady (photo), archevêque d'Armagh, ont rencontré le 9 juin les évêques irlandais réunis à Maynooth, et ont rendu compte de leur audience de vendredi avec Benoît XVI. A l'issue de cette réunion, les deux prélats ont fait une déclaration à la presse.

Selon le cardinal Brady, Benoît XVI « a écouté avec une grande attention et avec beaucoup de compassion, ce que les évêques avaient à lui dire. Dans sa réponse, il leur a dit que le temps était venu d'une profonde réflexion sur la vie de l'Eglise en Irlande ».

Le cardinal a indiqué que le pape a insisté sur la nécessité d'établir la vérité sur les faits et de mettre en place des mesures pour empêcher que de tels abus ne se reproduisent.

Mgr Martin a ajouté que le pape était « visiblement bouleversé et choqué, d'entendre certaines choses dites dans le rapport Ryan, d'entendre les souffrances des enfants, à l'exact opposé selon lui de l'expression de l'amour de Dieu ».

L'archevêque a précisé que le cardinal Brady a réuni ce lundi la Conférence des religieux d'Irlande (Cori) pour leur parler de la rencontre au Vatican.

« Nous ne voulons pas donner à penser que nous sommes en conflit avec la conférence des religieux et les nombreuses congrégations qui en font partie, ou bien avec les nombreux religieux qui ont accompli un service exemplaire dans le pays », a-t-il souligné, même si des congrégations religieuses sont au cœur du rapport, car nombre d'entre elles géraient les écoles où ont été commis les abus.

L'archevêque de Dublin a poursuivi en déclarant que le message que le cardinal Brady et lui-même rapportaient du Vatican porte sur nécessité d'être à l'écoute : « Nous devons écouter les victimes, nous devons écouter les survivants ; ils sont les seuls à être passés par là ».

Il a ajouté que le dialogue avec le Vatican va se poursuivre.

 

Lire aussi :

 

> Benoît XVI veut mettre fin à des situations de scandale dans l’Église