06.02.2008

Entretien avec Andrea Riccardi: le sens de la mission

EUROPE/ITALIE - Interview du Pr. Andrea Riccardi : « Le sens de la mission est le partage de la Parole de Dieu et la communication de la joie d’avoir rencontré Jésus dans nos frères les plus pauvres »

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A l’occasion des 40 ans de la Communauté Saint-Egidio, l’Agence Fides a posé quelques questions à son fondateur, le professeur Andrea Riccardi.

La Communauté Saint Egidio est née il y a quarante ans: quel était alors le contexte social et ecclésial et quels furent les raisons de sa naissance ?

La Communauté est née le 7 février 1968 d’un groupe d’étudiants d’un lycée romain, au lendemain du lendemain du Concile Vatican II et pendant la contestation de la jeunesse, où tout semblait devoir changer. Au début et à la base de l’histoire de la Communauté Saint Egidio il y a la lecture de l’Evangile qui a guidé notre chemin tout au long de ces 40 ans, unie au désir de le mettre en pratique dans la vie concrète. La Communauté est une réalité de laïcs croyants qui vivent dans le monde et s’engagent dans la solidarité avec les pauvres. Ainsi a commencé le chemin de Saint Egidio dans la périphérie romaine, parmi les pauvres des bidonvilles d’une Rome qui avait encore des coins de Tiers-Monde. Pour l’Eglise c’était un moment très particulier. On était en plein dans le climat du Concile, qui poussait au renouvellement, à retrouver le primat de la Parole de Dieu, à vivre comme peuple de Dieu qui s’engage dans le monde.

La Communauté Saint Egidio est née et a grandi sous les pontificats des papes Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II et aujourd’hui Benoît XVI. Quel souvenir avez-vous de chacun de ces papes ? Qu’ont-ils signifié pour vous ?

Le Pape Paul VI je ne l’ai jamais rencontré personnellement. J’ai compris cependant ce pape surtout à travers l’étude de ses textes qui ont profondément marqué l’Eglise, comme l’Evangelii nuntiandi ou la Populorum progressio, et à travers ses voyages apostoliques dans tous les continents. Dans les années de son pontificat les rapports ont surtout été avec son Vicaire pour le diocèse de Rome, le Card. Ugo Poletti, qui a accompagné avec une affection paternelle les premiers pas de la Communauté, lui confiant entre autre l’église Saint Egidio, dont la communauté a pris le nom. Le Card. Poletti a été une figure importante pour Rome, promoteur entre autre du Congrès diocésain sur les responsabilités des chrétiens face aux attentes de charité et de justice dans le diocèse de Rome, de février 1974.

Puis est venu le très bref pontificat de Jean-Paul Ier, le nouveau conclave et l’élection de Jean-Paul II, qui a tout de suite commencé à visiter les paroisses. Nous l’avons rencontré le 3 décembre 1978, tandis qu’il visitait sa première paroisse, à la Garbatella : Il s’est arrêté, nous lui avons raconté ce que nous faisions, il nous a encouragé, et nous a dit : « Vous êtes à Rome ? Alors venez me trouver ! ». Nous avons été impressionnés par sa simplicité. Dès lors a commencé un rapport, long de 26 ans, de paternité, d’encouragement, de poursuite de ses intuitions prophétiques - comme celle d’Assise 1986 de la prière interreligieuse pour la paix. Je me rappelle sa première visite à Saint Egidio en 1979 quand nous étions une réalité beaucoup plus petite qu’aujourd’hui et beaucoup plus jeune d’âge. Le Pape nous a compris, soutenu et aimé comme un grand évêque. Il a dit de nous une phrase très belle : « Ne vous mettez aucune frontière, sinon celle de la charité ». A l’époque de la maturité, on ne cesse d’être enfant : ainsi entendons-nous notre rapport avec le Pape Benoît XVI. Avec Lui il y a une longue histoire à vivre, qui a déjà commencé par une harmonie profonde sur les thèmes de la paix et de l’œcuménisme, de l’évangélisation en Europe et en Afrique : je ne peux oublier la grande joie de sa présence au meeting interreligieux de Naples, en octobre dernier, lorsqu’il nous a encouragé à poursuivre dans la voie de la rencontre et du dialogue avec les religions et les cultures.

La mission fait partie intégrante de la vie de l’Eglise, et à plus forte raison de la vie des mouvements ecclésiaux. Quelles sont les caractéristiques de la mission de la Communauté ?

Au début notre horizon était celui de notre ville de Rome, mais notre lien avec la ville et avec le Pape qui en est l’Evêque, nous a donné le sens de l’universalité. La mission, depuis le début de notre histoire, a été de nous tourner vers ceux qui avaient perdu le lien avec l’Eglise : les jeunes de notre Europe déchristianisée, les pauvres de la périphérie qui perdaient leur racines religieuses avec l’émigration et avec les difficultés de la vie… C’est dans les faubourgs de Rome qu’est née cette passion pour l’Evangile qui a conduit la Communauté sur les frontières du monde. Saint Egidio vit la communication de l’Evangile comme une rencontre personnelle. Dans notre histoire nous n’avons jamais envoyé de « missionnaires » dans d’autres pays : nos communautés dans le monde sont nées de rencontres avec des hommes et des femmes qui ont partagé l’esprit de Saint Egidio et ont voulu le vivre dans leur réalité. Ainsi la mission signifie-t-elle partage de la Parole de Dieu et communication de la joie d’avoir rencontré Jésus dans nos frères les plus pauvres, avec le témoignage que l’on peut vivre l’Evangile dans toute situation, en vivant de manière « extraordinaire » une vie même « ordinaire ».

Dans combien de pays du monde la Communauté Saint Egidio est-elle présente? Quelles sont les expériences les plus significatives loin de l’Europe ?

Aujourd’hui Saint Egidio est présent dans 70 pays du monde avec près de 50.000 personnes, dont plus de la moitié se trouvent dans l’hémisphère Sud, surtout en Afrique. Nos communautés vivent parfois dans des situations très difficiles pour les chrétiens, comme au Soudan, au Pakistan, ou en Indonésie. Toutes les communautés sont composées de personnes locales, avec la vie et les problèmes de tous, mais avec la conscience que « personne n’est assez pauvre pour ne pour ne pouvoir aider un autre ». C’est l’exemple de nos communautés en Afrique engagées pour les enfants des rues ou pour les prisonniers.

Certes, ces 40 ans nous ont ouvert de nombreux scénarios internationaux : ils nous ont profondément impliqués dans la connaissance de la souffrance de nombreux pays. Au cours de ces longues années nous avons trouvé des réponses de paix, comme par exemple pour le Mozambique, dont la paix a été signée à Saint Egidio, le 4 octobre 1992, après 16 ans de sanglante guerre civile. Le monde peut changer.

Saint Egidio vit partout la spiritualité de la gratuité et aujourd’hui cela devient un témoignage : il existe autre chose que le marché. Le travail de Saint Egidio compte sur la participation volontaire de milliers de personnes qui pour agir gratuitement ne sont pas pour autant irrégulières ou inefficaces. Il s’agit d’interventions libres de schémas idéologiques, parfois conduites avec des «moyens faibles » comme le service de jeunes africains qui aident les pauvres de leur pays, et avec des projets capables d’intervenir là où des grandes institutions internationales ne réussissent pas à arriver.

La question sur les expériences de la Communauté dans le monde est très complexe : chaque histoire de résurrection d’un pauvre, chaque rencontre avec un jeune qui commence à croire et à espérer en l’avenir, chaque condamné à mort qui reçoit une lettre d’un ami, chaque personne âgée désespérée qui reçoit une visite, chaque enfant qui naît sain d’une mère ayant le VIH, tout cela est significatif pour nous, même si cela arrive dans un coin oublié de l’hémisphère Sud. La périphérie devient le centre du monde, quand l’Evangile donne ses fruits, à travers le cœur et les mains d’un frère de Saint Egidio.
 
(Source : Agence Fides 4/2/2008)
 
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20.10.2007

AUSTRALIE: JOURNÉE MISSIONNAIRE MONDIALE ET LES JEUNES

OCEANIE/AUSTRALIE - Les Oeuvres Pontificales Missionnaires en Australie se préparent à la Journée Missionnaire Mondiale : au centre : la réflexion concernant les jeunes


 
Comment les jeunes peuvent-ils être protagonistes de la mission ; quels sont leurs spécificité, leurs qualités et modalités principales ; dans quels secteurs est-il nécessaire de les orienter, pour faire en sorte qu’ils puissent dégager tout leur potentiel missionnaire : telle est la réflexion, centrée sur le rôle et le charisme des jeunes pour la mission, qui guidera la célébration de la Journée Missionnaire Mondiale en Australie, selon les indications diffusées par les Oeuvres Pontificales Missionnaires locales.

Dans tous les diocèses et les paroisses on méditera sur le message du Saint-Père Benoît XVI pour la Journée Missionnaire Mondiale, qui invite les évêques, les prêtres, les religieux et les laïcs à réfléchir rapidement sur l’importance de l’activité missionnaire de l’Eglise aujourd’hui.
 
Se basant sur les orientations exprimées par le Pape, l’Eglise australienne focalisera son attention en particulier sur le rôle des jeunes, étant donné qu’en Australie en 2008 aura lieu également la journée Mondiale de la Jeunesse qui recueillera des centaines de milliers de jeunes du monde entier. La JMJ, répète depuis longtemps l’Eglise australienne, sera une grande opportunité pour évangéliser : une réflexion supplémentaire est donc nécessaire pour comprendre plus à fond le rapport entre jeunes et mission.

Les Oeuvres Pontificales Missionnaires australiennes ont également relancé une campagne de collecte de fonds destinées à aider les communautés de fidèles dans plus de 160 pays du monde, s’occupant de leur croissance spirituelle, de l’instruction, des services primaires. Pour en savoir plus, le site Internet est : www.catholicmission.org.au.
 
(Source : Agence Fides)
 

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COLOMBIE: JOURNÉE MISSIONNAIRE MONDIALE

AMERIQUE/COLOMBIE - Journée Missionnaire Mondiale : “Devenons coopérateurs missionnaires non seulement en cette Journée, offrons nos efforts spirituels et matériels afin que Jésus-Christ soit connu de ceux qui ne le connaissent pas encore”

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"Le manifeste de cette année a pour thème : ‘Toutes les Eglises dans le monde entier’, le thème que le pape a indiqué et choisi invite toute l’Eglise à être responsable pour encourager, former, envoyer et soutenir les missionnaire dans tous les pays et cultures du monde pour la première annonce de l’Evangile ou pour aider la croissance et le progrès des Eglises les plus jeunes"
affirme le P. Héctor Luis Valencia López, directeur national des Oeuvres Pontificales Missionnaires (POM) de la Colombie dans un communiqué envoyé à l'Agence Fides.
“Les éléments qui définissent le thème de la Journée Missionnaire Mondiale sont au nombre de deux : Toutes les Eglises - Tout le Monde. Il s’agit de l’universalité de la mission que le Christ a confié à sa communauté"
continue le P. Héctor Luis.

Les OPM de la Colombie ont élaboré des supports d’information sur la Journée Missionnaire Mondiale orientés par les animateurs de l’Enfance Missionnaire, les groupes de jeunes, les prêtres, les religieux et séminaristes, les animateurs des malades missionnaires et les professeurs de religion. Dans chaque groupe est présent une brève explication du Message du Saint-Père Benoît XVI adaptée selon les divers groupes.
 
Les OPM rappellent aux jeunes le message que le Saint-Père a lancé lors de son voyage au Brésil, invitant les jeunes catholiques de l’Amérique latine à respecter les Commandements et à s’engager pour évangéliser d’autres jeunes éloignés de l’Eglise.
 
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Ils rappellent aux prêtres et aux religieux que la Journée Missionnaire est une
"occasion propice pour prendre chaque fois une plus grande conscience du mandat missionnaire, pour élaborer des itinéraires spirituels et de formation adéquats qui favorisent la coopération entre les Eglises diocésaines et la préparation de nouveaux missionnaires pour la diffusion de l’Evangile à notre époque"
demandant d’intensifier leur prière pour les missions .

Une aide pour motiver les malades à offrir leur souffrance pour les missions est fournie aux animateurs des malades, rappelant qu’il
"est nécessaire de soutenir la Journée Mondiale des Missions en offrant la douleur, le manque de commodité, les traitements douloureux, l'invalidité, la solitude et l’abandon dans lequel ils se trouvent parfois".
http://www.ompcolombia.org/images/AFICH%20JORN%20INF2007.jpg
 
Les OPM indiquent certains critères pour orienter les enfants vers la dimension missionnaire aux enseignants de religion. En premier lieu, par le témoignage de vie, en les orientant vers les Groupes de l’Enfance Missionnaire et des jeunes missionnaires, en les accompagnant dans la collecte des quêtes pour les Missions, en leur enseignant à être solidaires avec les besoins des Eglises les plus pauvres du monde et finalement en les aidant à découvrir la vocation chrétienne, sacerdotale, religieuses ou missionnaire.

Les OPM lancent un appel à organiser et programmer différentes activités pendant tout le mois d’octobre, en mettant au centre la célébration eucharistique.
"Devenons coopérateurs missionnaires non seulement en cette Journée ; offrons nos efforts spirituels et matériels afin que Jésus-Christ soit connu de millions de personnes qui ne le connaissent pas encore”.
 
(Source : Agence Fides)


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PÉKIN: ORDINATION DE CINQ PRÊTRES

ASIE/CHINE - Ordination de cinq prêtres présidée par le nouvel évêque de Pékin en la cathédrale de Bei Tang lors de la Journée Missionnaire Mondiale

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Dimanche 21 octobre le diocèse de Pékin, qui célèbrera la Journée Missionnaire Mondiale avec l’Eglise universelle, aura la joie d’accueillir cinq nouveaux prêtres. Son Exc. Mgr Giuseppe Li Shan, nouvel évêque de Pékin, présidera l’ordination presbytérale des diacres don Pei Dong, don Sun Xiao Ye, don Pang Ruo Wang, don Deng Jian et don Zhang Xiao Zhuo, tous issus du séminaire diocésain.

Dans la paroisse Saint-Sauveur (Bei Tang), où aura lieu l’ordination, les derniers préparatifs du “grand évènement”, comme qualifié par le curé lorsqu’il annonça la nouvelle aux paroissiens s’intensifient. De plus le prêtre a expliqué également la signification profonde du choix de Bei Tang, véritable cathédrale du diocèse de Pékin, comme lieu de cette célébration diocésaine importante. Parlant à l’Agence Fides, un prêtre de Pékin a déclaré :
“Après de longues années d’absence, Bei Tang retrouve finalement son rôle magnifique de cathédrale. Le travail de restauration se poursuit à plein régime. Mais surtout nous - prêtres et fidèles - nous sommes fiers de ce retour, suivant les traces de nos archevêques précédents, comme le cardinal chinois, Mgr Tommaso Tian. De plus le choix d’ordonner les nouveaux prêtres lors de la Journée Missionnaire Mondiale confirme l’engagement déterminé de notre évêque pour l’évangélisation et la mission. C’est un geste pour nous mettre en chemin en harmonie avec l’Eglise universelle en suivant les indications du Saint-Père”.
Le Séminaire diocésain de Pékin a été réouvert en 1982 dans la périphérie de Pékin. Au début il comptait seulement six séminaristes provenant de familles catholiques. Ces dernières années le Séminaire s’est développé dans tous les sens : en 1999 une nouvelle structure de 6 700 km² a été construite et jusqu’au mois de septembre dernier il a formé plus de soixante-dix prêtres diocésains et également certains d’autres diocèses.
 
 (Source : Agence Fides)
 

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PORTUGAL: TOUS LES CHRÉTIENS VIVENT LE MOIS MISSIONNAIRE

EUROPE/PORTUGAL - La Journée missionnaire mondiale : « Tous les chrétiens vivent intensément le mois missionnaire et font de toute l’année un temps fort de mission sans frontière »




Les POM du Portugal ont publié un Guide pour l’Octobre missionnaire 2007 préparé avec différents Instituts missionnaires et Ad gentes afin d’aider à vivre l’Octobre missionnaire et notamment la Journée missionnaire mondiale, d’après ce qu’a dit à l’Agence Fides le P. Manuel Durães Barbosa, CSSp, directeur national des POM du Portugal.
 
Le guide a eu un tirage de 45.000 exemplaires et a été distribué dans toutes les paroisses du Portugal. Les communautés les utilisent de plus en plus comme un manuel de réflexion et pour la célébration. Il contient, entre autres, des réflexions pour chaque semaine, un commentaire des lectures dominicales, un schéma pour la veillée missionnaire et le chapelet missionnaire, des intentions missionnaires pour chaque jour. En outre le guide entend aussi lancer le Congrès missionnaire national qui aura lieu à Fatima du 3 au 7 septembre 2008.

« De nombreuses personnes ont contribué à garantir la qualité du guide » affirme le P. Barbosa, ce qui constitue une « démonstration de la richesse et de la diversité des dons, des charismes et des vocations que l’Eglise engendre dans le monde ».

Les POM offrent aussi à tous les diocèses une série d’aides comme des posters, des réflexions théologiques pastorales, des catéchèses, des copies du Message du Saint-Père... On conseille à tous les diocèses de célébrer une veillée missionnaire samedi 20 octobre. Dimanche 21, Journée missionnaire, la messe sera transmise par la télévision nationale dans tout le pays.
 
Pendant ce mois, à Fatima, on récite tous les jours le chapelet missionnaire, avec des intentions missionnaires particulières, transmis par la Radio Renascença, auquel participent plusieurs membres d’Instituts missionnaires ainsi que le directeur des POM.
 
Cette année les POM sont aussi attentives à promouvoir davantage l’engagement missionnaire des enfants : dans ce but elles sont lancé un petit projet pour diffuser l’œuvre de l’Enfance missionnaire.
« Nous voulons que tous les chrétiens vivent intensément le mois missionnaire, et fassent de toute l’année un temps fort pour la Mission sans frontière »
affirme le directeur national.
 
(Source : Agence Fides)

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DE L'ESPRIT DU CONCILE AU FANTÔME DU CONCILE

De « l’esprit » du Concile au « fantôme » du Concile

Si, au moment d’envoyer ses disciples dans le monde, le Seigneur leur avait donné une liste des problèmes sur les rapports qu’ils auraient dû avoir avec les société et les cultures, les pauvres, ils auraient fui ! Mais cela ne s’est pas passé de cette manière. Ils devaient « seulement » annoncer que Dieu était venu au milieu de nous, guérir les malades, chasser les démons, donner gratuitement ce qu’ils avaient reçu.
 
Les Conciles de l’Eglise, eux aussi, ne se sont pas occupés d’autre chose, si ce n’est de l’approfondissement de la foi en la personne de Jésus pour amener le monde à Dieu. À dire vrai, la tentation d’un « ecclésio-centrisme » mal compris - pour rester dans un langage contenu - est dure à mourir. : elle fait croire à des chrétiens « conciliaires, que le Concile Vatican II a fait naître « un nouveau vocabulaire ecclésial ».

Voilà un exemple typique de lecture de l’état du monde et des tâches de l’Eglise « à la lumière du Concile » - un refrain qui est devenu désormais une obligation - que l’on rencontre chez ceux qui sont chargés des travaux entre les Églises, et dans ce cas, un des nombreux responsables soi-disant « bien informés » et modernes :
 
« Une manière différente de considérer le dialogue avec le monde contemporain, avec la société, avec les cultures, avec les sciences, avec les hommes et les femmes de notre époque. Depuis le Concile, on a vu naître des débats, des confrontations même, et même le schisme qui s’est produit en 1988 » - celui de Mgr Lefebvre. Et puis, le scandale inouï : « Des dizaines de théologiens ont été désavoués, relevés de l’enseignement, réduits au silence, et même dans certains cas, expulsés ou contraints à sortir eux-mêmes de l’Eglise, parce que leurs recherches, leurs livres, leurs enseignements, tout en partant du Concile, voulaient ouvrir des voies nouvelles, pas toujours appréciées, pas toujours claires ».

Comme si, avant le Concile, l’Eglise ne vivait pas dans la réalité, comme si l’époque patristique, les théologiens du Moyen Age et les Saints modernes n’avaient pas connu les débats et les confrontations vives. Quant aux « soi-disant » théologiens « réduits au silence », l’affirmation est véritablement incroyable : étant donné, par exemple, que Leonardo Boff a à peine écrit un livre contre la pensée et la personne du Pape. L’important, dans ces cas, c’est que l’on parle « en partant du Concile » ; et en effet, il s’agit seulement d’un point de départ, pour parler ensuite de tout autre chose, et non pas certes de ce que le Concile a vraiment dit.
 
Pour beaucoup, ce n’est pas ce que le Concile Vatican II a réellement affirmé qui compte, mais l’interprétation à donner au Concile : on a tendance en général à le considérer comme une « nouvelle création », raison pour laquelle le rôle de l’Église dans le monde consiste surtout à « dénoncer les injustices et à s’engager dans le domaine social », au nom de la foi, sans se demander auparavant ce qu’est la foi, sans se préoccuper du silence sur l’espérance qui ne dépasse pas cette terre ! Mais quelle vertu théologale serait-elle si elle ne valait que pour ce monde ?

Il semble que, pour ceux qui sont chargés des travaux, « l’esprit du Concile », dont on parlait jusqu’à des temps récents, ait laissé la place à un fantôme « globalisé et globalisant » qui se répand dans l’Église de tous les continents et apporte avec lui des questions précises et inévitables : quelle forme de dialogue entreprendre avec les nombreuses sociétés, cultures et religions ? Est que l’Église, jusqu’à présent, s’est efforcée de trouver la volonté de Dieu ? et ils insistent en disant « qu’il faudra qu’elle s’engage pour que le monde devienne moins injuste ».

Il faut dire en toute vérité que le bon peuple chrétien savait que, dans l’Église répandue dans le monde, soufflait l’Esprit Saint et que, si quelqu’un y travaillait de manière « parallèle », il ne s’agissait pas d’un fantôme, mais que c’était « le diable... comme un lion rugissant » (cf 1 Pierre, 5, 8). Le peuple chrétien sait en outre que l’unique mandat du Christ à l’Église est le dialogue, c’est vrai, mais celui du salut, qui parle de Dieu, ou encore en un mot, l’Évangile ; un dialogue toujours nouveau à chaque génération comme le rappelle « Evangelii Nuntiandi » de Paul VI, ou la Nouvelle Evangélisation de Jean Paul II. C’est là la tâche permanente de l’Eglise : celle de guérir l’homme de son péché, non pas avec des recettes aléatoires à la mode ou avec l’activisme, mais avec le remède d’immortalité qu’est le Christ, qui guérit et ressuscite les hommes de toutes les générations, et qui, sans cela resterait malade et mourrait.

Cela n’a été « inventé » par aucun Concile, et l’on ne pourrait inventer d’autre recette : cela était valable avant le Concile Vatican II, et vaudra à jamais. Le sens de l’interprétation correcte du Concile, qui a réalisé une réforme et non pas une rupture, est indiqué par le Pape Benoît XVI, et est valable à chaque époque et à chaque génération dans l’Eglise ; et ce n’est pas autre chose que la réalisation continue de la Parole du Verbe : « Voici, je fais l’univers nouveau » (Apocalypse, 21, 5).

La nouveauté authentique, actuellement, serait le dialogue entre la raison et la foi, s’il n’était pas en vérité une chose déjà ancienne : il remonte à l’évangéliste Jean qui a écrit : « Au commencement était le LOGOS », le Verbe, la Parole, la Raison à partir de laquelle sont faites toutes choses. L’Église lit le Concile, le comprend et le réalise à la lumière du « Logos » éternel qui existe dès le commencement et qui l’anime par l’Esprit Saint. Il n’existe pas d’autre esprit, même « conciliaire », qui puisse la guider. Ce ne serait seulement qu’un fantôme.

(Source : Agence Fides)


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