20.03.2010

"Vous devez répondre de cela devant Dieu, ainsi que devant les tribunaux"

La lettre pastorale adressée par le pape aux catholiques d'Irlande à propos des abus sexuels commis sur des mineurs par des prêtres


par Benoît XVI




1. CHERS FRERES ET SŒURS DE L’EGLISE EN IRLANDE,
c’est avec une profonde préoccupation que je vous écris en tant que Pasteur de l’Eglise universelle. Comme vous, j’ai été profondément bouleversé par les nouvelles apparues concernant l’abus d’enfants et de jeunes vulnérables par des membres de l’Eglise en Irlande, en particulier par des prêtres et des religieux. Je ne peux que partager le désarroi et le sentiment de trahison que nombre d’entre vous ont ressenti en prenant connaissance de ces actes scandaleux et criminels et de la façon dont les autorités de l’Eglise en Irlande les ont affrontés.

Comme vous le savez, j’ai récemment invité les évêques irlandais à une rencontre ici, à Rome, pour rendre compte de la façon dont ils ont affronté ces questions par le passé et indiquer les mesures qu’ils ont prises pour répondre à cette grave situation. Avec certains prélats de la Curie romaine, j’ai écouté ce qu’ils avaient à dire, tant individuellement qu’en groupe, tandis qu’ils présentaient une analyse des erreurs commises et des leçons apprises, et une description des programmes et des protocoles aujourd’hui mis en place. Nos réflexions ont été franches et constructives. Je nourris l’espoir que, par conséquent, les évêques se trouvent à présent dans une position plus forte pour accomplir le devoir de réparer les injustices du passé et pour affronter les thèmes plus vastes liés à l’abus des mineurs selon des modalités conformes aux exigences de la justice et aux enseignements de l’Evangile.


2. Pour ma part, compte tenu de la gravité de ces fautes, et de la réponse souvent inadéquate qui leur a été réservée de la part des autorités ecclésiastiques dans votre pays, j’ai décidé d’écrire cette Lettre pastorale pour vous exprimer ma proximité et vous proposer un chemin de guérison, de renouveau et de réparation.


En réalité, comme de nombreuses personnes dans votre pays l’ont observé, le problème de l’abus des mineurs n’est pas propre à l’Irlande, ni à l’Eglise. Toutefois, le devoir qui se présente désormais à vous est celui d’affronter le problème des abus qui ont lieu au sein de la communauté catholique irlandaise et de le faire avec courage et détermination. Personne ne peut imaginer que cette situation douloureuse sera résolue dans de brefs délais. Des progrès positifs ont été accomplis, mais il reste encore beaucoup à faire. La persévérance et la prière sont nécessaires, ainsi qu’une grande confiance dans la force de guérison de la grâce de Dieu.

Dans le même temps, je dois également exprimer ma conviction que, pour se reprendre de cette blessure douloureuse, l’Eglise qui est en Irlande doit en premier lieu reconnaître devant le Seigneur et devant les autres, les graves péchés commis contre des enfants sans défense. Une telle reconnaissance, accompagnée par une douleur sincère pour les préjudices portés à ces victimes et à leurs familles, doit conduire à un effort concerté afin d’assurer la protection des enfants contre de tels crimes à l’avenir.

Tandis que vous affrontez les défis de ce moment, je vous demande de vous rappeler du «rocher d’où l’on vous a taillés» (Is 51, 1). Réfléchissez aux contributions généreuses, souvent héroïques, offertes à l’Eglise et à l’humanité tout entière par les générations passées d’hommes et de femmes irlandais, et faites en sorte que cela constitue un élan pour un examen de conscience honnête et un programme de renouveau ecclésial et personnel convaincu. Je forme la prière que, assistée par l’intercession de ses nombreux saints et purifiée par la pénitence, l’Eglise en Irlande surmontera la crise présente et redeviendra un témoin convaincu de la vérité et de la bonté de Dieu tout-puissant, manifestées dans son Fils Jésus Christ.
 

3. Tout au long de l’histoire, les catholiques d’Irlande se sont révélés une immense force de bien tant dans leur patrie qu’à l’étranger. Des moines celtes comme saint Colomban, diffusèrent l’Evangile en Europe occidentale en jetant les fondements de la culture monastique médiévale. Les idéaux de sainteté, de charité et de sagesse transcendante découlant de la foi chrétienne, ont trouvé une expression dans la construction d’églises et de monastères et dans l’institution d’écoles, de bibliothèques et d’hôpitaux qui contribuèrent à renforcer l’identité spirituelle de l’Europe. Ces missionnaires irlandais ont tiré leur force et leur inspiration de la foi ferme, de la direction solide et des comportements moraux justes de l’Eglise dans leur terre natale.

A partir du XVIe siècle, les catholiques d’Irlande ont subi une longue période de persécution, au cours de laquelle ils ont lutté pour maintenir vivante la flamme de la foi dans des circonstances dangereuses et difficiles. Saint Oliver Plunkett, l’archevêque martyr d’Armagh, est l’exemple le plus célèbre d’une multitude de fils et de filles courageux d’Irlande, prêts à donner leur vie pour la fidélité à l’Evangile. Après l’Emancipation catholique, l’Eglise fut libre de croitre à nouveau. Des familles et d’innombrables personnes qui avaient préservé leur foi au cours de la période de l’épreuve, devinrent le moteur d’une grande renaissance du catholicisme irlandais au XIXe siècle. L’Eglise offrit l’éducation, en particulier aux pauvres, et cela devait apporter une contribution importante à la société irlandaise. Parmi les fruits des nouvelles écoles catholiques, figura une croissance des vocations: des générations de prêtres, de religieuses et de frères missionnaires quittèrent leur patrie pour servir sur chaque continent, en particulier dans le monde anglophone. Ils furent admirables non seulement en raison de leur grand nombre, mais également en raison de la force de leur foi et de la solidité de leur engagement pastoral. De nombreux diocèses, en particulier en Afrique, en Amérique et en Australie, ont bénéficié de la présence de clergé et de religieux irlandais qui prêchèrent l’Evangile et fondèrent des paroisses, des écoles et des universités, des cliniques et des hôpitaux, qui servirent tant les catholiques, que la société en général, avec une attention particulière pour les besoins des pauvres.

Dans presque toutes les familles d’Irlande, il y a eu quelqu’un — un fils ou une fille, une tante ou un oncle — qui a donné sa vie à l’Eglise. Les familles irlandaises nourrissent à juste titre une grande estime et une grande affection pour leurs proches qui ont consacré leur vie au Christ, en partageant le don de la foi avec d’autres et en mettant en pratique cette foi dans le service généreux de Dieu et du prochain.
 

4. Au cours des dernières décennies, toutefois, l’Eglise dans votre pays a dû affronter de nouveaux et graves défis à la foi, découlant de la transformation et de la sécularisation rapides de la société irlandaise. Un changement social très rapide a eu lieu, qui a souvent eu des effets contraires à l’adhésion traditionnelle des personnes à l’égard de l’enseignement et des valeurs catholiques. Très souvent, les pratiques sacramentelles et de dévotion qui soutiennent la foi et lui permettent de croître, comme par exemple la confession fréquente, la prière quotidienne et les retraites annuelles, ont été négligées. Au cours de cette période, apparut également la tendance déterminante, également de la part de prêtres et de religieux, d’adopter des façons de penser et de considérer les réalités séculières sans référence suffisante à l’Evangile. Le programme de renouveau proposé par le Concile Vatican ii fut parfois mal interprété et en vérité, à la lumière des profonds changements sociaux qui avaient lieu, il était très difficile de comprendre comment les appliquer de la meilleure façon possible. En particulier, il y eut une tendance, dictée par de justes intentions, mais erronée, visant à éviter les approches pénales à l’égard de situations canoniques irrégulières. C’est dans ce contexte général que nous devons chercher à comprendre le problème déconcertant de l’abus sexuel des enfants, qui a contribué de façon très importante à l’affaiblissement de la foi et à la perte de respect pour l’Eglise et pour ses enseignements.

Ce n’est qu’en examinant avec attention les nombreux éléments qui ont donné naissance à la crise actuelle qu’il est possible d’entreprendre un diagnostic clair de ses causes et de trouver des remèdes efficaces. Il est certain que parmi les facteurs qui y ont contribué, nous pouvons citer: des procédures inadéquates pour déterminer l’aptitude des candidats au sacerdoce et à la vie religieuse; une formation humaine, morale, intellectuelle et spirituelle insuffisante dans les séminaires et les noviciats; une tendance dans la société à favoriser le clergé et d’autres figures d’autorité, ainsi qu’une préoccupation déplacée pour la réputation de l’Eglise et pour éviter les scandales, qui a eu pour résultat de ne pas appliquer les peines canoniques en vigueur et de ne pas protéger la dignité de chaque personne. Il faut agir avec urgence pour affronter ces facteurs, qui ont eu des conséquences si tragiques pour les vies des victimes et de leurs familles et qui ont assombri la lumière de l’Evangile à un degré tel que pas même des siècles de persécution ne sont parvenus à atteindre.


5. En plusieurs occasions depuis mon élection au Siège de Pierre, j’ai rencontré des victimes d’abus sexuels, de même que je suis disposé à le faire à l’avenir. Je me suis arrêté pour parler avec eux, j’ai écouté leurs récits, j’ai pris acte de leur souffrance, j’ai prié avec eux et pour eux. Auparavant, au cours de mon pontificat, soucieux d’affronter ce thème, j’avais demandé aux évêques d’Irlande, à l’occasion de leur visite ad limina de 2006, d’«établir la vérité sur ce qui est arrivé par le passé, de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter que cela ne se reproduise à l’avenir, d’assurer que les principes de justice soient pleinement respectés et, surtout, de soutenir les victimes et tous ceux qui sont victimes de ces crimes monstrueux» (Discours aux évêques d’Irlande, 28 octobre 2006).

Avec cette Lettre, mon intention est de vous exhorter tous, en tant que peuple de Dieu qui est en Irlande, à réfléchir sur les blessures infligées au Corps du Christ, sur les remèdes, parfois douloureux, nécessaires pour les panser et les guérir, et sur le besoin d’unité, de charité et d’aide réciproque dans le long processus de reprise et de renouveau ecclésial. Je m’adresse à présent à vous avec des paroles qui me viennent du cœur, et je désire parler à chacun de vous individuellement et à vous tous en tant que frères et sœurs dans le Seigneur.

 
6. Aux victimes d’abus et à leurs familles

Vous avez terriblement souffert et j’en suis vraiment désolé. Je sais que rien ne peut effacer le mal que vous avez supporté. Votre confiance a été trahie, et votre dignité a été violée. Beaucoup d’entre vous, alors que vous étiez suffisamment courageux pour parler de ce qui vous était arrivé, ont fait l’expérience que personne ne vous écoutait. Ceux d’entre vous qui ont subi des abus dans les collèges doivent avoir ressenti qu’il n’y avait pas moyen d’échapper à leur souffrance. Il est compréhensible que vous trouviez difficile de pardonner ou de vous réconcilier avec l’Eglise. En son nom, je vous exprime ouvertement la honte et le remord que nous éprouvons tous. Dans le même temps, je vous demande de ne pas perdre l’espérance. C’est dans la communion de l’Eglise que nous rencontrons la personne de Jésus Christ, lui-même victime de l’injustice et du péché. Comme vous, il porte encore les blessures de sa souffrance injuste. Il comprend la profondeur de votre peine et la persistance de son effet dans vos vies et dans vos relations avec les autres, y compris vos relations avec l’Eglise. Je sais que certains d’entre vous trouvent également difficile d’entrer dans une église après ce qui s’est passé. Toutefois, les blessures mêmes du Christ, transformées par ses souffrances rédemptrices, sont les instruments grâce auxquels le pouvoir du mal s’est brisé et nous renaissons à la vie et à l’espérance. Je crois fermement dans le pouvoir de guérison de son amour sacrificiel — également dans les situations les plus sombres et sans espérance — qui apporte la libération et la promesse d’un nouveau début.

En m’adressant à vous comme pasteur, préoccupé par le bien de tous les fils de Dieu, je vous demande avec humilité de réfléchir sur ce que je vous ai dit. Je prie afin que, en vous approchant du Christ et en participant à la vie de son Eglise — une Eglise purifiée par la pénitence et renouvelée dans la charité pastorale — vous puissiez parvenir à redécouvrir l’amour infini du Christ pour chacun de vous. Je suis confiant dans le fait que, de cette manière, vous serez capables de trouver la réconciliation, une guérison intérieure profonde et la paix.
 

7. Aux prêtres et aux religieux qui ont abusé des enfants

Vous avez trahi la confiance placée en vous par de jeunes innocents et par leurs parents. Vous devez répondre de cela devant Dieu tout-puissant, ainsi que devant les tribunaux constitués à cet effet. Vous avez perdu l’estime des personnes en Irlande et jeté la honte et le déshonneur sur vos confrères. Ceux d’entre vous qui sont prêtres ont violé la sainteté du sacrement de l’Ordre sacré, dans lequel le Christ se rend présent en nous et dans nos actions. En même temps que le dommage immense causé aux victimes, un grand dommage a été perpétré contre l’Eglise et la perception publique du sacerdoce et de la vie religieuse.

Je vous exhorte à examiner votre conscience, à assumer la responsabilité des péchés que vous avez commis et à exprimer avec humilité votre regret. Le repentir sincère ouvre la porte au pardon de Dieu et à la grâce du véritable rachat. En offrant des prières et des pénitences pour ceux que vous avez offensés, vous devez chercher à faire personnellement amende pour vos actions. Le sacrifice rédempteur du Christ a le pouvoir de pardonner même le plus grave des péchés et de tirer le bien également du plus terrible des maux. Dans le même temps, la justice de Dieu exige que nous rendions compte de nos actions sans rien cacher. Reconnaissez ouvertement vos fautes, soumettez-vous aux exigences de la justice, mais ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu.

 
8. Aux parents

Vous avez été profondément bouleversés en apprenant les choses terribles qui eurent lieu dans ce qui aurait dû être le milieu le plus sûr de tous. Dans le monde d’aujourd’hui, il n’est pas facile de construire un foyer domestique et d’éduquer les enfants. Ils méritent de grandir dans un milieu protégé, aimés et désirés, avec un profond sens de leur identité et de leur valeur. Ils ont le droit d’être éduqués aux valeurs morales authentiques, enracinés dans la dignité de la personne humaine, à être inspirés par la vérité de notre foi catholique et à apprendre des manières de se comporter et d’agir qui les conduisent à une saine estime de soi et au bonheur durable. C’est à vous, leurs parents, qu’est confié en premier lieu ce devoir noble et exigeant. Je vous exhorte à accomplir votre part pour assurer le meilleur soin possible des enfants, que ce soit à la maison ou dans la société en général, alors que l’Eglise, pour sa part, continue à mettre en œuvre les mesures adoptées ces dernières années pour protéger les jeunes dans les milieux paroissiaux et éducatifs. Alors que vous exercez vos importantes responsabilités, soyez certains que je suis proche de vous et que je vous assure du soutien de ma prière.
 

9. Aux enfants et aux jeunes d’Irlande

Je désire vous offrir une parole particulière d’encouragement. Votre expérience d’Eglise est très différente de celle de vos parents et de vos grands-parents. Le monde a beaucoup changé depuis qu’ils avaient votre âge. Malgré cela, tous, à chaque génération, sont appelés à parcourir le même chemin de vie; quelles que puissent être les circonstances. Nous sommes tous scandalisés par les péchés et les échecs de certains membres de l’Eglise, en particulier de ceux qui furent choisis de manière particulière pour guider et servir les jeunes. Mais c’est dans l’Eglise que vous trouverez Jésus Christ qui est le même hier, aujourd’hui et à jamais (cf. He 13, 8). Il vous aime et c’est pour cela qu’il s’est offert lui-même sur la Croix. Recherchez une relation personnelle avec lui dans la communion de son Eglise, car il ne trahira jamais votre confiance! Lui seul peut satisfaire vos attentes les plus profondes et donner à vos vies leur signification la plus pleine, en les orientant au service des autres. Gardez les yeux fixés sur Jésus et sur sa bonté et protégez dans votre cœur la flamme de la foi. Avec vos frères catholiques en Irlande, je me tourne vers vous pour que vous soyez de fidèles disciples de notre Dieu et que vous contribuiez, avec votre enthousiasme et votre idéalisme si nécessaires, à la reconstruction et au renouveau de notre Eglise bien-aimée.


10. Aux prêtres et aux religieux d’Irlande


Nous souffrons tous à la suite des péchés de nos confrères qui ont trahi une consigne sacrée ou qui n’ont pas affronté de la manière juste et responsable les accusations d’abus. Face à l’outrage et à l’indignation que cela a provoqué, non seulement parmi les laïcs mais également parmi vous et vos communautés religieuses, un grand nombre d’entre vous se sentent personnellement découragés et même abandonnés. En outre, je suis conscient qu’aux yeux de certains vous apparaissez coupables par association, et que vous êtes vus comme si vous étiez en quelque sorte responsables des méfaits d’autres personnes. En ce temps de souffrance, je veux rendre acte du dévouement de votre vie de prêtres et de religieux et de vos apostolats, et je vous invite à réaffirmer votre foi en Christ, votre amour envers son Eglise et votre confiance dans la promesse de rédemption, de pardon et de renouveau intérieur de l’Evangile. De cette manière, vous démontrerez à tous que, là où le péché abonde, la grâce surabonde (cf. Rm 5, 20).

Je sais qu’un grand nombre d’entre vous sont déçus, déconcertés et fâchés pour la manière dont ces questions ont été affrontées par certains de vos supérieurs. Malgré cela, il est essentiel que vous collaboriez de près avec ceux qui représentent l’autorité et que vous vous prodiguiez pour faire en sorte que les mesures adoptées pour répondre à la crise soient vraiment évangéliques, justes et efficaces. Je vous exhorte en particulier à devenir de manière toujours plus claire des hommes et des femmes de prière, en suivant avec courage la voie de la conversion, de la purification et de la réconciliation. De cette manière, l’Eglise en Irlande tirera une nouvelle vie et vitalité de votre témoignage au pouvoir rédempteur du Seigneur rendu visible dans votre vie.

 
11. A mes frères évêques

On ne peut pas nier que certains d’entre vous et de vos prédécesseurs ont manqué, parfois gravement, dans l’application des normes du droit canonique codifiées depuis longtemps en ce qui concerne les crimes d’abus sur les enfants. De graves erreurs furent commises en traitant les accusations. Je comprends combien il était difficile de saisir l’étendue et la complexité du problème, d’obtenir des informations fiables et de prendre des décisions justes à la lumière de conseils divergents d’experts. Malgré cela, il faut admettre que de graves erreurs de jugement furent commises et que des manquements dans le gouvernement ont eu lieu. Tout cela a sérieusement miné votre crédibilité et efficacité. J’apprécie les efforts que vous avez accomplis pour porter remède aux erreurs du passé et pour assurer qu’elles ne se répètent pas. Outre à mettre pleinement en œuvre les normes du droit canonique en affrontant les cas d’abus sur les enfants, continuez à coopérer avec les autorités civiles dans le domaine de leur compétence. Les supérieurs religieux doivent clairement en faire tout autant. Ils ont, eux aussi, participé aux rencontre récentes, ici à Rome, pour établir une approche claire et cohérente de ces questions. Il est nécessaire que les normes de l’Eglise en Irlande pour la protection des enfants soient constamment revues et mises à jour et qu’elles soient appliquées de manière totale et impartiale, conformément au droit canonique.

Seule une action ferme menée de l’avant de manière pleinement honnête et transparente pourra rétablir le respect et l’affection des Irlandais envers l’Eglise, à laquelle nous avons consacré notre vie. Cela doit naître, avant tout, de l’examen de vos propres personnes, de la purification intérieure et du renouveau spirituel. La population irlandaise attend à juste titre que vous soyez des homme de Dieu, que vous soyez saints, que vous viviez avec simplicité, que vous recherchiez chaque jour la conversion personnelle. Pour elle, selon l’expression de saint Augustin, vous êtes des évêques, et pourtant avec eux vous êtes appelés à être des disciples du Christ (cf. Discours 340, 1). Je vous exhorte donc à renouveler votre sens des responsabilités devant Dieu, à croître dans la solidarité avec votre peuple et à approfondir votre sollicitude pastorale pour tous les membres de votre troupeau. Soyez en particulier sensibles à la vie spirituelle et morale de chacun de vos prêtres. Soyez un exemple à travers vos vies elles-mêmes, soyez proches d’eux, écoutez leurs préoccupations, offrez-leur votre encouragement en ce moment de difficulté et nourrissez la flamme de leur amour pour le Christ et leur engagement dans le service à leurs frères et sœurs.

Les laïcs doivent eux aussi être encouragés à jouer leur rôle dans la vie de l’Eglise. Faites en sorte qu’ils soient formés de telle manière qu’ils puissent rendre raison, de manière articulée et convaincante, de l’Evangile dans la société moderne (cf. 1 P 3, 15), et qu’ils coopèrent plus pleinement à la vie et à la mission de l’Eglise. Cela vous aidera également à recommencer à être des guides et des témoins crédibles de la vérité rédemptrice du Christ.


12. A tous les fidèles d’Irlande


L’expérience qu’un jeune fait de l’Eglise devrait toujours porter du fruit dans une rencontre personnelle et vivifiante avec Jésus Christ dans une communauté qui aime et qui offre une nourriture. Dans ce domaine, les jeunes doivent être encouragés à croître jusqu’à leur pleine stature humaine et spirituelle, à aspirer aux idéaux élevés de sainteté, de charité et de vérité et à tirer inspiration des richesses d’une grande tradition religieuse et culturelle. Dans notre société toujours plus sécularisée, dans laquelle nous aussi chrétiens nous trouvons difficile de parler de la dimension transcendante de notre existence, nous avons besoin de trouver de nouveaux chemins pour transmettre aux jeunes la beauté et la richesse de l’amitié avec Jésus Christ dans la communion de son Eglise. En affrontant la crise présente, les mesures pour faire face de manière juste aux crimes individuels sont essentielles, toutefois elles ne sont pas suffisantes à elles seules: il y a besoin d’une nouvelle vision pour inspirer la génération présente et les générations futures à tirer profit du don de notre foi commune. En marchant sur la voie indiquée par l’Evangile, en observant les commandements et en conformant votre vie de manière toujours plus proche à la personne de Jésus Christ, vous ferez l’expérience du renouveau profond dont il y a aujourd’hui un besoin si urgent. Je vous invite tous à persévérer le long de ce chemin.


13. Chers frères et sœurs dans le Christ, c’est avec une profonde préoccupation envers vous tous en ce temps de douleur, dans lequel la fragilité de la condition humaine a été aussi clairement révélée, que j’ai souhaité vous offrir ces paroles d’encouragement et de soutien. J’espère que vous les accueillerez comme une signe de ma proximité spirituelle et de ma confiance dans votre capacité à répondre aux défis du temps présent en tirant une inspiration renouvelée et une force des nobles traditions de l’Irlande de fidélité à l’Evangile, de persévérance dans la foi et de fermeté dans le recherche de la sainteté. Avec vous tous, je prie avec insistance qu’avec la grâce de Dieu, les blessures qui ont frappé un grand nombre de personnes et de familles puissent être guéries et que l’Eglise qui est en Irlande puisse faire l’expérience d’une saison de renaissance et de renouveau spirituel.
 

14. Je souhaite vous proposer des initiatives concrètes pour affronter la situation.

Au terme de ma rencontre avec les évêques d’Irlande, j’ai demandé que le carême de cette année soit considéré comme un temps de prière pour une effusion de la miséricorde de Dieu et des dons de sainteté et de force de l’Esprit Saint sur l’Eglise dans votre pays. Je vous invite tous à présent à consacrer vos pénitences du vendredi, pour une année entière, d’aujourd’hui jusqu’à la Pâque 2011, à cette fin. Je vous demande d’offrir votre jeûne, votre prière, votre lecture de la Sainte Ecriture et vos œuvres de miséricorde pour obtenir la grâce de la guérison et du renouveau pour l’Eglise qui est en Irlande. Je vous encourage à redécouvrir le sacrement de la Réconciliation et à recourir plus fréquemment à la force transformatrice de sa grâce.

Une attention particulière devra aussi être réservée à l’adoration eucharistique, et dans chaque diocèse, il devra y avoir des églises ou des chapelles spécifiquement réservées à cette fin. Je demande que les paroisses, les séminaires, les maisons religieuses et les monastères organisent des temps d’adoration eucharistique, de manière à ce que tous aient la possibilité d’y prendre part. A travers la prière fervente face à la présence réelle du Seigneur, vous pouvez accomplir la réparation pour les péchés d’abus qui ont fait tant de mal, et dans le même temps implorer la grâce d’une force renouvelée et d’un sens plus profond de la mission de la part de tous les évêques, les prêtres, les religieux et les fidèles.

Je suis confiant dans le fait que ce programme conduira à une renaissance de l’Eglise en Irlande, dans la plénitude de la vérité même de Dieu, car c’est la vérité qui nous rend libres (cf. Jn 8, 32).

En outre, après avoir pris conseil et avoir prié sur la question, j’ai l’intention d’effectuer une Visite apostolique dans plusieurs diocèses d’Irlande, ainsi que dans des séminaires et des congrégations religieuses. La Visite se propose d’aider l’Eglise locale dans son chemin de renouveau et sera établie en coopération avec les bureaux compétents de la Curie romaine et la conférence épiscopale irlandaise. Les détails seront communiqué en temps utile.

Je propose en outre que soit organisée une Mission au niveau national pour tous les évêques, les prêtres et les religieux. Je nourris l’espérance que, en puisant à la compétence d’experts prédicateurs et organisateurs de retraites, venus d’Irlande ou d’ailleurs, et en réexaminant les documents conciliaires, les rites liturgiques de l’ordination et de la profession et les récents enseignements pontificaux, vous parveniez à une analyse plus profonde de vos vocations respectives, de manière à redécouvrir les racines de votre foi en Jésus Christ et à boire abondamment aux sources de l’eau vive qu’il vous offre à travers son Eglise.

En cette Année consacrée aux prêtres, je vous confie de manière toute particulière la figure de saint Jean Marie Vianney, qui eut une compréhension si riche du mystère du sacerdoce. «Le prêtre, écrivit-il, a la clé des trésors du ciel: c’est lui qui ouvre la porte, c’est lui le dispensateur du bon Dieu, l’administrateur de ses biens». Le curé d’Ars comprit parfaitement combien est grandement bénie une communauté lorsqu’elle est servie par un prêtre bon et saint: «Un bon pasteur, un pasteur selon le cœur de Dieu, est le trésor le plus grand que le bon Dieu peut donner à une paroisse et l’un des dons les plus précieux de la divine miséricorde». Par l’intercession de saint Jean Marie Vianney, puisse le sacerdoce en Irlande reprendre vie et puisse toute l’Eglise en Irlande croître dans l’estime du grand don du ministère sacerdotal.

Je saisis cette opportunité pour remercier dès à présent tous ceux qui seront impliqués dans l’organisation de la Visite apostolique et la Mission, ainsi que les nombreux hommes et femmes qui, dans toute l’Irlande, œuvrent déjà pour la protection des enfants dans les milieux ecclésiaux. Dès le moment où la gravité et l’extension du problème des abus sexuels contre les enfants dans des institutions catholiques commença à être pleinement compris, l’Eglise a accomplie un énorme travail dans de nombreuses régions du monde, afin de l’affronter et d’y trouver remède. Tandis qu’il ne faut épargner aucun effort pour améliorer et mettre à jour les procédures déjà existantes, je suis encouragé par le fait que les pratiques de protection en vigueur, adoptées par les Eglises locales, sont considérées, dans certaines parties du monde, comme un modèle à suivre pour les autres institutions.

Je souhaite conclure cette Lettre avec une Prière pour l’Eglise en Irlande, que je vous envoie avec l’attention qu’un père a pour ses enfants et avec l’affection d’un chrétien comme vous, scandalisé et blessé par ce qui est arrivé dans notre bien-aimée Eglise. Lorsque vous aurez recours à cette prière dans vos familles, vos paroisses et vos communautés, puisse la Bienheureuse Vierge Marie vous protéger et vous guider sur le chemin qui conduit à une union plus étroite avec son Fils, crucifié et ressuscité. Avec une grande affection et une ferme confiance dans les promesses de Dieu, je vous donne à tous de tout cœur ma Bénédiction apostolique en gage de force et de paix dans le Seigneur.
 
Du Vatican, le 19 mars 2010, solennité de saint Joseph
 
BENEDICTUS PP. XVI
 

Prière pour l’Eglise en Irlande

Dieu de nos pères,
renouvelle-nous dans la foi qui est pour nous vie et salut,
dans l’espérance qui promet pardon et renouveau intérieur,
dans la charité qui purifie et ouvre nos cœurs
à t’aimer, et à travers toi, tous nos frères et sœurs.
 
Seigneur Jésus Christ,
puisse l’Eglise en Irlande renouveler son engagement millénaire
à la formation de nos jeunes sur le chemin de la vérité,
de la bonté, de la sainteté et du service généreux à la société.
 
Esprit Saint, consolateur, avocat et guide,
inspire un nouveau printemps de sainteté et de zèle apostolique
pour l’Eglise en Irlande.
 
Puissent notre tristesse et nos larmes,
notre effort sincère de redresser les erreurs du passé,
et notre ferme intention de repentir,
porter des fruits abondants de grâce
pour l’approfondissement de la foi
dans nos familles, nos paroisses, nos écoles et nos communautés,
pour le progrès spirituel de la société irlandaise,
et pour la croissance de la charité, de la justice, de la joie et de la paix,
dans la famille humaine tout entière.
 
A toi, Sainte Trinité,
avec une pleine confiance dans la protection pleine d’amour de Marie,
Reine de l’Irlande, Notre Mère,
et de saint Patrick, de sainte Brigitte et de tous les saints,
nous nous en remettons, ainsi que nos enfants,
et les besoins de l’Eglise en Irlande.
 
Amen.



> Documentation complementaire


www.chiesa

07.01.2009

Instituts religieux qui s'inspirent de l'Apôtre Paul (2)

Chronologie des fondations

 

- Barnabites (année de fondation 1533), (nation de fondation: Italie)

- Soeurs Angéliques de Saint Paul  (1535), Italie

- Sœurs de Sant Paul de Chartres (1696), France

- Soeurs de Sant Paul d’Angoulême (1825), France

- Soeur de la Charité de Saint Paul (1847), Angleterre

- Soeurs Aveugles de Saint Paul (1852), France

- Pauliniens (1858), Etats-Unis

- Oeuvre de Saint Paul (1873), Suisse

- Société de Saint Paul (1871), Chine

- Missionnaires de Saint Paul (1903), Liban

- Société Missionanire de Saint Paul (1910), Malte

- Soeurs de Saint Paul (appr. 1913), Allemagne

- Frères de Saint Paul  (appr. 1913), Allemagne

- Société de Saint Paul (1914), Italie

- Filles de Saint Paul (1915), Italie

- Compagnie de Saint Paul (1920), Italie

 

 

 

 

Barnabites, Angéliques et Laïcs de Saint Paul

 

            La plus ancienne Famille religieuse qui s’inspire de Saint Paul, a été fondée en 1530 à Milan, par Saint Antoine Maria Zaccaria (1502-1539). Reconnu aujourd’hui pour son œuvre réformatrice avec Saint Gaétan de Thiene et Saint Ignace de Loyola, Zaccaria avait une forte spiritualité eucharistiques et une dévotion particulière envers Saint Paul Apôtre, qui avait mûri pendant les années de sa préparation au sacerdoce. Diplômé en médecine (doctorat), il s’était consacré dans un premier temps au soin des malades les lus pauvres, et avait choisi ensuite la vie sacerdotale à 26 ans.

            Entré dans l’Ordre de l’ « 'Eterna Sapienza » de Milan, il avait partagé ses idées de réforme avec plusieurs nobles milanais, et il avait fondé un premier groupe appelé les « Petits enfants de Paul Apôtre » (“I Figliuoli di Paolo Apostolo”). « Soyez donc sûrs, écrivait-il, que vous bâtirez, sur les fondements  de Paul, non pas du foin ni du bois, mais de l’or et des pierres précieuses, et qu seront ouverts, au-dessus de vous et des vôtres, les cieux et leurs trésors ».

            En 1533, le Pape Clément VII approuva la branche masculine qui, avec la Bulle de Paul III en date du 24 juillet 1535, prit le nom de Clercs Réguliers de Saint Paul « Decollato ». Dans un autre Bref, le Pape reconnut aussi le rameau féminin, les Angéliques de Saint Paul « Converso » (la dénomination fut approuvée officiellement en 1449 par Paul III), fondées par la Comtesse de Guastalla Ludovica Torelli (qui avait fourni l’appui économique, et participera à toutes les activités caritatives de la Congrégation). Il faut rappeler aussi la figure d’Angelica Paola Antonia Negri, qui eut un rôle de guide, non seulement chez les religieuses  mais aussi chez les Barnabites et les « Coniugati » de Saint Paul, quand le Fondateur mourut subitement, jeune. Les Clercs s’installèrent dans l’église de San Barnaba à Milan, et prirent ainsi le nom populaire, qui est resté jusqu’à nos jours, de Barnabites

 

 « Nous courons comme des fous non seulement pour Dieu, mais aussi pour le prochain »

 

            Le programme de Sant'Antonio Maria Zaccaria prévoyait une réforme radicale de l’Eglise lombarde, qui était affligée par le nombreux problèmes très répandus à l’époque: diocèses sans Evêque, clergé privé d’une formation théologique suffisante, baisse de la pratique religieuse, Monastères et Couvents en pleine décadence. Dans une lettre de 1531, le Saint avait écrit à ses amis : « Nous courons comme des fous non seulement pour Dieu, mais aussi pour le prochain »

            La Compagnie prévoyait des activités pastorales auprès des gens du peuple, et dans les monastères. En 1537, commença la première mission en dehors du duché de Milan, à Venise ; mais là, les Barnabites, Angéliques et « Conjugati » (c’est ainsi qu’on appelait au début les laïcs, « mariés ») ne rencontrèrent pas la faveur des autorités et furent dénoncés à l’Inquisition pour hérésie. Innocentés de cette accusation, les « Enfants de Saint Paul » reçurent toutefois une réprimande du Sant Office, qui les invitait à se conformer aux canons de la vie religieuse déjà précisés par le Concile de Trente. C’est dans cette optique qu’il faut replacer les Angéliques, qui passèrent à la « clôture » en 1552.

            Au début du XVII° siècle, les Barnabites entrèrent progressivement dans le domaine éducatif – qui restera une tâche spécifique de leur apostolat – et durent faire face aux premiers problèmes missionnaires, en Chine et en Birmanie, alors que, en Europe, de nouvelles fondations voyaient el jour en France, en Autriche et en Bohème.

            Le XVIII° siècle reste, aujourd’hui encore comme le « siècle d’or » de la Congrégation, qui toucha les plus grandes Cours italiennes, grâce à la science de nombre de ses membres, et jouit aussi de la protection du Pape Benoît XIV.

            En 1810, la suppression des Ordres religieux, décrétée par Napoléon I°, marqua un déclin drastique de la Famille fondée par Zaccaria, et ce déclin durera jusqu’à la fin du siècle. Les Barnabites, dispersés dans un premier temps, réussirent à reconstituer une communauté à Rome en 1814, mais dut attendre 1825 pour faire de même à Milan. Dans le même temps, la branche féminine connaissait un choc plus grand encore, avec la mort, en1846, de la dernière Angélique, Mère Maria Teresa Trotti Bentivoglio. En 1879, le Père Pio Mauri, Barnabite, reprit en mans les anciens documents de la Congrégation, conservés par Mère Maria Teresa Trotti Bentivoglio, et put faire renaître une petite communauté d’es Angéliques à Crémone. Durant ces mêmes années, la branche masculine contrait ses efforts dans l’éducation des jeunes, en commençant à ouvrir des patronages qui seraient tels quels par Don Bosco.

            L’année 1903 fut l’année de l’ouverture aux Missions, avec l’arrivée des premiers Barnabites au Brésil. Tout au long du siècle, l’expansion se fera dans tous les continents ; et, aujourd’hui, la Congrégation est présente dans 15 Pays : République Démocratique du Congo, Rwanda, Afghanistan, Philippines, Inde, Albanie, Belgique, Espagne, Pologne, Argentine, Brésil, Canada, Chili, Etats-Unis, Mexique (dernière fondation, en 2003). Les Angéliques, elles aussi suivront l’évolution missionnaire du rameau masculin grâce surtout à la direction charismatique de la Vénérable Mère Flora Bracaval (1861-1935), première Supérieure Générale de la Congrégation reconstituée. Sous son impulsion, les angéliques obtiennent l’abolition de la clôture, et le retour au charisme originel voulu par Sant'Antonio Maria Zaccaria.

            Toute la famille de Sant'Antonio Maria Zaccaria, né dans le climat lombard de la pré-réforme tridentine, est projetée aujourd’hui vers les nouveaux problèmes de l’évangélisation et de l’inculturation, sur le modèle de Saint Paul. Le laïcat faity partie intégrante de ce programme, et collabore à toutes les activités animées par les deux Instituts religieux ; le Mouvement des Jeunes de Sant'Antonio Maria Zaccaria, dirigé spirituellement par les Angéliques, aide les jeunes à s’approcher de la vie chrétienne, grâce au charisme paulinien

 

 

Entretien avec le Père Giovanni Maria Villa, Préposé Général des Clercs Réguliers de Saint Paul  

« Notre fondateur, sant'Antonio Maria Zaccaria, avait misé, au début du XVI° siècle sur toutes catégories de l’Eglise : les prêtres – avec les Clercs Réguliers de Saint Paul -, le religieuses – avec les Angéliques de Saint Paul – et enfin les laïcs appelés les « Maritati di San Paolo », aujourd’hui « Laïcs de Saint Paul. Son objectif était de réaliser un programme de réforme qui, au-delà de la signification de ce terme liés aux événements de l’époque, était compris par lui comme un renouveau intérieur à la lumière de la Parole de Dieu, pour tous les chemins de vie ».

 

Pourquoi le rappel à l’Apôtre Saint Paul?

« Notre charisme était de convertir les gens et de les aider à vivre chrétiennement, d’où l’inspiration à l’Apôtre de la part du Fondateur qui le considérait comme un guide et un protecteur personnel. Aux XVII° et XVIII° siècles, il y a eu ensuite chez les Barnabites plusieurs grands spécialistes de Saint Paul, tradition qui continue aujourd’hui encore. Les Barnabites, quoi qu’il en soit, travaillaient essentiellement, dans les premiers temps, dans les différents Diocèses sous l’autorité de l’Evêque Ordinaire, sans diriger directement des œuvres sociales ou éducatives, mais en collaborant dans la direction spirituelle et dans activités pastorales. Aujourd’hui encore, c’est là le trait qui nous distingue le plus. Notre Congrégation n’a jamais été très nombreuse, si l’on considère que, dans sa période de plus grand développement, le XVIII° siècle, ses membres n’étaient pas plus de 800, et ils sont aujourd’hui au nombre de 400. Durant les derniers siècles, nous avons toutefois élargi notre travail dans des secteurs spécifiques, comme l’enseignement et, à partir de la moitié du 18° siècle, dans l’évangélisation ‘ad gentes’, en commençant par la Birmanie ».

 

Comment vivez-vous aujourd’hui les problèmes missionnaires?

« Le charisme missionnaire de Saint Paul a été de nouveau approfondi au début du XX° siècle, en commençant par le Brésil, et en continuant, après la deuxième guerre mondiale, avec l’Amérique du Nord, l’Afrique et les Philippines. Dans les Missions, nous nous consacrons à la formation des communautés missionnaires, un travail de consolidation de tout ce qui avait déjà été fait avant notre arrivée. Aux Philippines et en Amérique Latine surtout, nous enregistrons un certain nombre de vocations de jeunes. Au total, nous avons 60 profès temporaires ».

 

“Il carisma missionario di San Paolo è stato ulteriormente approfondito all'inizio del Novecento, cominciando dal Brasile e continuando dopo la II Guerra Mondiale con il nord America, l'Africa e le Filippine. Nelle missioni ci dedichiamo alla formazione delle comunità missionarie, un lavoro di consolidamento di quanto è già stato fatto prima del nostro arrivo. Soprattutto nelle Filippine e nell'America Latina oggi registriamo un certo numero di vocazioni giovanili. In totale abbiamo 60 professi temporanei”.

 

Quelles initiatives sont prévues pour l’Année de Saint Paul, et qu’en attendez-vous?

« A l’occasion de l’Année de Saint Paul, nous avons prévu trois journées au mois d’octobre auxquelles participeront les Barnabites, les §angéliques, et les Laïcs, pour réfléchir sur notre charisme et notre histoire, et pour fêter ensemble cet événement, dans la Basilique de Saint Paul à Rome. Bien sûr, tout au long de l’année, il y aura d’autres initiatives au plan local. Nous souhaitons que el retour à Saint Paul soit l’occasion pour nous vivifier nous-mêmes, et pour nous aider à renouveler les communautés chrétiennes qui nous sont confiées ».

 

Entretien avec Mère Alnaissi ASP, Supérieure Générale des Angéliques de Saint Paul

            Notre Congrégation, fondée en  1535 à Milan, représenta une grande nouveauté pour l’époque. Les Angéliques, en effet, furent le premier Institut féminin qui n’était pas de clôture, mais appelé à un apostolat actif, avec un idéal essentiellement éducatif et réformateur. Les premières religieuses étaient souvent envoyées dans des monastères en décadence, pour y transmettre le nouvel esprit, une ferveur chrétienne qui s’était perdue ».

 

Quelles difficultés a rencontré le nouvel Institut?

            Notre charisme d’éducation à la foi se heurtait à l’ignorance générale. Les Angéliques, avec les Barnabites, organisaient des Missions populaires dans les paroisses pour rappeler même seulement les principes de base de la foi. En 1552, s’imposa la clôture quie la le concile de Trente, dix ans plus tard, aurait rendu obligatoire pour toutes les Congrégations féminines. Depuis ce moment, jusqu’à la suppression par Napoléon, en 1810, les angéliques furent une des nombreuses réalités contemplatives de l’Eglise. En 1846, la dernière Angélique décéda, et puis, avec la nouvelle Fondation en 1879 par le Père Pio Mauri, Barnabite, commença une nouvelle saison et un travail croissant dans les œuvres sociales ».

 

Un retour aux origines

            “En un certain sens, oui, étant donné que Sant'Antonio Maria Zaccaria avait pensé pur nous aussi à l’apostolat actif. L’occasion se présente pendant la première guerre mondiale dans notre Monastère d’Arienzo, en Campanie, où les religieuses, grâce à l’appui de l’Evêque du, lieu et avec l’autorisation du Saint-Siège, prennent la direction d’orphelinats pour les orphelines de guerre, et se consacrent à l’enseignement du catéchisme. En 1926 un Décret Pontifical rétablit notre charisme antique, en donnant en outre une physionomie nouvelle à l’Institut, en ordonnant la fusion des Monastères formellement autonomes, et la naissance d’un Chapitre Général de la Congrégation. Aussitôt après commence notre activité missionnaire, qui est aujourd’hui encore en expansion ».

 

Missionnaires, où et avec queles programmes?

            Les premières aspirantes étaient déjà arrivées à Arienzo, en 1922,  du Brésil – là-bas, les Barnabites y travaillaient depuis plusieurs années. Le Brésil forme à présent une Province ; nous avons 10 Maisons et 43 religieuses non italiennes sur les 65 en tout. Après le Brésil, d’autres Pays ont suivi : La Belgique (-1935), le Congo (1963), l’Espagne et les Etats-Unis (1965), le Kosovo (1976), les Philippines (1986), le Chili (1993), la Pologne (2005, l’Indonésie (2006), et, depuis un an , le Rwanda, où nous avons la gestion d’un orphelinat qui accueille plus de 140 enfants. Dans les Missions, nous nous consacrons surtout à l’éducation chrétienne et à l’enseignement, en nous adaptant, bien sûr, aux différents systèmes scolaires existants. Partout où nous allons, nous construisons des écoles de tous niveaux (des écoles maternelles aux lycées), ou bien nous nous insérons dans les structures déjà existantes, grâce à un certain nombre de sœurs qui enseignent ; et puis il y a aussi les activités pastorales dans les paroisses. Evidemment, en Italie où nous avons 12 Maisons et 79 religieuses, nous sommes pré »sentes dans le domaine de l’éducation. L’Institut Saint Paul de Rome accueille 600 étudiants ».

 

Qu’attendez-vous de l’Année de Saint Paul?

            “Un nouvel approfondissement  sur sa figure et sur ses Lettres. Ce sera aussi une invitation en plus pour cultiver l’unité de notre famille – prêtres, religieuses et laïcs de Saint Paul

 

 

 

Les Sœurs de Saint Paul de Chartres

 

            Un Décret de Napoléon en 1811 les reconnaissait juridiquement comme « Sœurs Hospitalières de Saint Paul », connues aussi sous le nom de « Saint Maurice de Chartres ». Le groupe des jeunes dévouées au service des enfants, des pauvres et des malades, était né plus d’un siècle auparavant, en 1696, à Levesville-La-Chenard, grâce au Père Louis Chauvet et la jeune noble Marie Anne de Tilly.

            A la fin du XVII° siècle, i y avait en France plusieurs communautés féminines qui travaillent selon l’esprit de Saint Vincent de Paul. Par rapport aux autres Instituts, les Sœurs ou Filles de la Charité ne faisaient pas de vœux religieux, et ne percevaient aucun revenu, mais elles pouvaient vivre leur vocation en dehors du cloître. Comme d’autres Pays européens, la France était à l’époque un territoire à évangéliser, là, dans les campagnes surtout, il n’y avait pas de clergé en nombre suffisant. En conséquence, on manquait de vie paroissiale, au détriment d’une formation chrétienne complète.

            Quand le Père Chauva arriva à Levesville, venant de la Provence (1694), il se rendit compte de l’état d’abandon de la paroisse, et décida de rester pour s’occuper des activités pastorales. En 1696, la petite communauté de jeunes filles qui l’aidait n’avait pas encore  une idée claire sur son propre avenir. Les quatre jeunes se consacraient à la catéchèse des enfants pauvres, et visitaient les malades de la paroisse, en se laissant guider par ses conseils spirituels. Au début, l’arrivé de Marie Anne de Tilly avait suscité des oppositions dans l’aristocratie locale, car il était inconcevable qu’une femme nombre s’unisse à un groupe de jeunes paysannes. Sa présence toutefois, même si elle a été brève (elle mourut à 38 ans en 1703) aida les jeunes, toujours plus nombreuses à ; prendre de plus en plus conscience de leur engagement. En 1708, le Père Chauvet en parla à l’Evêque du lieu, Mgr Paul Godet de Marais qui leur donna le nom de « Sœurs de Saint Paul, et leur attribua une habitation dans les faubourgs de Chartres, Saint Maurice, et delà, elles se répandirent rapidement dans les autres diocèses. Dans le même temps, il en donnait la charge au Père Claude Maréchaux, docteur en théologie à la Sorbonne.

            Après leur transfert à Saint Maurice, les Sœurs de Saint Paul étendirent leur rayon d’action à de nombreuses petites écoles rurales. Les filles les plus jeunes pouvaient y apprendre non seulement les fondements du catéchisme et de l’instruction, mais elles apprenaient aussi un métier adapté à leur condition. Les écoles étaient gratuites, et, pour recueillir de l’argent, les religieuses tricotaient des bonnets de laine et des chaussettes de femmes. Leur travaux étaient de très bonne qualité, et, pour cette raison, dans les premiers temps, l’Institut connut des difficultés à cause d’un procès intenté par la confédération des lainiers de Chartres, qui détenaient le monopole dans le domaine textile.

            En 1727, le Comte de Maurepas, Secrétaire d’etat, demanda à l’Evêque de Chartres s’il était possible d’envoyer des religieuses à l’Hôpital de Cayenne en Guyane. Quatre religieuses (Marie Méry, Madeleine Bilharam, Marie Malaire et Françoise Taranne) furent choisie parmi un grand nombre de volontaires. Ce fut là la première d’une longue série de Missions dans le monde entier. Au XIX° siècle, quand les nouvelles fondations françaises eurent posé les bases pour d’autres ramifications dans le reste de l’Europe (en Allemagne surtout, par la directrice de Strasbourg, en Angleterre à Birmingham, directement de Chartres), les Missions atteignirent l’Orient :Thaïlande, Hongkong, Corée, Chine, Vietnam, Japon. Entre 1850 et 1950, 941 religieuses missionnaires partirent pour l’Orient, et 791 pour les Indes Occidentales et la Guyane.

            La Révolution entraîna la dispersion, même pour cet Institut formellement non religieux mais travaillant simplement comme « association caritative ». La Supérieure Générale, Mère Josseaume, et celles qui s’opposèrent au serment de fidélité à la Constitution, furent arrêtées. Grâce au Décret de Napoléon I°, l’Institut obtint de nouveau la liberté, et fut reconnu juridiquement. « Les Sœurs de Sant Paul déclarait-on, ont l’objectif de servir et de secourir ceux qui souffrent dans les hôpitaux et dans d’autres endroits du même genre, mais aussi d’instruire les enfants, en France et dans les Colonies ». En 1834, à la mort de Mère Josseaume, l’Institut comptait 445 religieuses, dont 45 missionnaires à Cayenne, en Guadeloupe et en Martinique.

            Le grand développement missionnaire coïncidait avec l’aspiration des membres à faire non plus des vœux simples, mais de véritables vœux religieux. A leur demande, l’Evêque de Chartres, en qualité de Supérieur ecclésiastique de la communauté publiait en 1853 un décret qui acceptait ces résolutions, et précisait une duré de noviciat non inférieure à deux ans. Le 17 juin 1931, arrivait l’approbation de l’Institut par Pie XI. Le texte approuvait « ad experimentum » les Constitutions ; auparavant, les Filles de Saint Maurice notaient leurs promesses dans un Livre qui, avec le temps, était devenu une sorte de « journal mémorial » de la communauté ;le seul texte guide avait été préparé par le Chanoine Charles de Truchy dans la première moitié du 18° siècle, pour protéger la simplicité du noyau originel, et éviter uen fragmentation excessive. Les Constitutions furent approuvées définitivement par Pie XIII, le 13 juin 1949, et furent ensuite mises à jour pendant la période conciliaire, avec une nouvelle Règle, le Livre de ka Vie, approuvé définitivement par le Saint-Siège en 1988. L’article 2 déclare : « De l’exemple de Saint Paul, les Sœurs se font tout à tous. Fidèles à l’humilité de leurs origine, elles veulent vivre la pauvreté et la simplicité de l’Evangile ».

            Actuellement, les Sœurs de Saint Paul de Chartres forment une nombreuse Famille, qui compte environ 4.000 religieuses, dans 36 Pays des 5 Continents ; leur dernière Mission en date a été ouverte à Kazakhstan en 2008. Leur apostolat est celui de toujours : l’instruction des enfants et des orphelins, l’éducations des jeunes femmes, le soin des malades, l’assistance aux personnes âgées, le service pastoral dans les communautés les plus lointaines et les plus dépourvues.

 

 

Entretien avec Mère Myriam Kitcharoen, Supérieure Générale des Soeurs de Saint Paul de Chartres

            Le Chapitre de 2007, reprenant l’enseignement d’Isaïe, nous a poussé à étendre nos tentes, c’est-à-dire à étendre nos Missions, notre service en faveur de la Parole de Dieu. Cela requiert une solide formation intérieure pour ouvrir le cœur à la Mission, aux nombreux personnes dans le besoin, dans le monde actuel. A l’imitation de Saint Paul, nous nous laissons guider et instruire par le Saint-Esprit pour remettre notre avenir dans les mains de Dieu, et construire des communautés qui soient des manifestations d’une authentique et nouvelle Pentecôte ».

 

Quel héritage ont laissé le Père Chauvet et Marie Anne de Tilly?

            « Le Saint-Esprit a donné au Père Chauvet le charisme qui a fondé notre Communauté. Elle découle fondamentalement du passage de l’Evangile : ‘Chaque fois que vous avez fait ces choses à un seul de mes frères les plus petits, c’est à moi que vous l’ »avez fait’ (Mathieu 25, 40). Et Marie-Anne de Tilly a dit : ‘J’ai quitté le monde, et je me suis donnée tout entière à Dieu, pour le bien de l’Eglise et pour le service de mon prochain’. C’est là l’essentiel de notre charisme : élever l’homme et son esprit, avec une options préférentielle pour les pauvres, et pour les endroits où les autres ne vont pas ».

 

Où travaillent actuellement les Soeurs de Saint Paul de Chartres?

            « En suivant l’exemple de Saint Paul, nous travaillons auprès des pauvres et des malades, où qu’ils se trouvent : dans les villes, dans les campagnes, dans les hôpitaux, dans les dispensaires, o chez eux. Nous donnons l’instruction aux jeunes, sans faire de distinction entre riches et pauvres, en les suivant à tous les niveaux d’étude, jusqu’à l’Université, de manière à ce qu’ils réussissent à trouver  une place dans la société, et puissent construire une famille. Partout, nous proclamons avec zèle le Royaume de Dieu par la parole et par le témoignage de notre vie »

 

Comment abordez-vous l’appel missionnaire?

            Nous donnons beaucoup de place à la formation. Aujourd’hui, il y a un besoin urgent de formation ; non seulement d’une sérieuse préparation linguistique et culturelle, mais aussi d’un appel authentique à annoncer l’Evangile. Pour être missionnaires, il fait écouter la Parole de Dieu, marcher avec l’Eglise, et tenir compte du contexte social et culturel dans lequel on travaille. C’est pour cela aussi que nous développons en nous-mêmes et dans nos communautés le sens de l’internationalité et de l’universalité, en respectant les différentes cultures qui cohabitent au sein de la Congrégation ».

 

Comment vivrez-vous l’Année de Sant Paul?

            « C’est une année que nous consacrons déjà à une connaissance plus profonde de l’enseignement de l’Apôtre, par une étude assidue de ses Lettres. Nous avons prévu des conférences pour nous et pour nos communautés, qui s’inscrivent dans le contexte des activités prévues par les Eglises locales. Comme Congrégation, nous avons organisé un pèlerinage en Turquie, où a vécu Saint Paul, et à Rome, en parcourant les différents endroits qui rappellent sa prédication. Durant ce temps, nous voulons approfondir la spiritualité paulinienne, imiter son zèle apostolique, et enrichir notre vocation missionnaire, pour atteindre des Pays qui n’ont pas encore été évangélisés ».

 

 

 

Les Soeurs Aveugles de Saint Paul

 

 

            Le récit de la conversion de Saint Paul, dans les Actes (“Il resta trois jours sans voir et sans pendre ni nourriture ni boisson”, Actes 9, 9), est à la base du charisme des Sœurs Aveugles de Saint Paul, fondées à Paris en 1852 pour être « Lumière dans le Seigneur » (Ephésiens 5, 8).

            L’histoire de cette Congrégation est liée à l’intuition de Mademoiselle Anne Bergunion, née à Paris en 1804. Dans son atelier de couture, elle avait accueilli plusieurs jeunes filles aveugles dont l’Institut National pour les Jeunes Aveugles ne pouvait s’occuper. L’idée de fonder une communauté religieuses germa chez elle, en lisant une phrase qui disait : « avec quelqu’un, et une semaine de travail et trois chambres, on pouvait fonder une congrégation ». Mgr Henry Juge, prêtre du Diocèse de Versailles, soutint aussitôt cette oeuvre, et la suivit pendant 40 ans, jusqu’à sa mort en 1893.

            Les deux fondateurs se distinguèrent  pour leur dévouement et leur amour puyr ces filles. La fondatrice disait : « Mon Dieu, je veux être l’esclave ders aveugles pour toujours ». Son directeur spirituel déclarait : « Si, après ma mort, on m’ouvrait le cœur, on y trouverait une aveugle ». Pour procurer du travail, le Chanoine Juge fit installer une typographie en caractères Braille en 1864

            L’œuvre entreprise était une nouveauté absolue pour l’époque, dans le panorama social où n’existaient pas de structures d’assistance, et dans le milieu ecclésial, où il n’y avait jamais eu de communauté religieuse pour les aveugles. La fondation fut possible grâce au grand intérêt que lui porta Pie IX qui, informé de l’initiative, s’exclama : »C’est vraiment une femme qui a conçu un tel dessein ? C’est une belle œuvre, admirable, qui manquait dans l’Eglise ». Cette phrase ouvre aujourd’hui encore les Constitutions de l’Institut

 

La vie commune

 

            Après avoir donné à la communauté des Règles et des Constitutions, Anne Bergunion (devenue Mère Saint Paul), fit sa première profession religieuse en présence de la Mgr de La Bouillerie, le 22 mai 1855.

            Mère Saint Paul avait appelé les aveugles « sœurs du chœur » et les voyantes « soeurs converses » ; mais le Chanoine Juge désirait qu’il n’y ait aucune différence de rôles. L’intuition se révéla être fondamentale pour la vie commune, car elle s’inspirait de la parité absolue. Dans leur vie de chaque jour, les Soeurs aveugles sont aidées par celles qui voient, avec lesquelles elles forment un seul Institut. Unique au monde, la Congrégation reçoit de jeunes aspirantes aveugles , dans le but de leur permettre de consacrer leur vie à Dieu et à l’Eglise, de servir le prochain en se consacrant à l’éducation frappées de cécité. Le Saint-Siège a accordé le Décret de louange le 21 avril 1856.

 

Entretien avec Mère Hélène Coulong, Supérieure Générale des Soeurs Aveugles de Saint Paul

            « Notre charisme a pour but de permettre aux jeunes frappées de cécité totale ou partielle, de se consacrer au Seigneur, dans une égalité parfaite de vie avec les autres sœurs qui voient. C’est Mgr Juge qui a voulu cette parité de traitement, qui préside aujourd’hui encore à notre vie commune. Notre Patron est Saint Paul, qui a raconté qu’il avait été privé de la vue pendant trois jours dès le moment de sa conversion (Act 9, 9). La devise qui décrit notre charisme est tirée de la Lettre aux Ephésiens : ‘A présent, nous sommes Lumière dans le Seigneur’ (Ephésiens, 5, 8) ».

 

Pouvez-vous nous décrire votre vie commune et vos activités apostoliques ?

            « Etant donné les prémisses qui ont inspiré Mère Saint Paul et Mgr Henry Juge pour notre communauté, très tôt, les premières religieuses se sont consacrées à l’éducation des filles aveugles. Ceci nous a permis de survivre en une période de forte laïcisation, durant laquelle les aveugles n’étaient pas admises dans les classes avec les autres étudiantes et élèves. A présent, les religieuses font du volontariat dans le cadre d’un projet en plaine maturation qui comprend l’IDES, le Foyer de Vie et le SIAM78 ».

 

Pouvez-vous nous dire quelque chose de plus précis?

            « L’IDES est l’Institut d’Education Sensorielle qui accueille les enfants et les jeunes de 3 ans à 20 ans. Il y a des jeunes qui ont des problèmes de la vue plus ou moins graves, plus d’autres maladies ou troubles qui leur sont associés. Le Foyer de Vie accueille des filles à partit de 20 ans et jusqu’à la fin de leur vie. Cela a entraîné une transformation complète du service médical, et une augmentation du nombre des personnes assistées, des deux sexes, de 32 à 100 ans ? Le SIAM 78 est un service, en expansion, d’intégration dans le domaine scolaire. Les enfants sont accompagnés dans les écoles publiques, les parents sont aidés et assistés ».

 

Depuis ses débuts, en plus des programmes éducatifs, votre Congrégation a travaillé dans le domaine des moyens d’information…

            « Une des raisons qui fait de nous un Institut ‘internationalisé’, c’est précisément notre imprimerie Braille. Même si les autres moyens de communication ont aujourd’hui grandement évolué, nous continuons à imprime le Livre du Temps présent, pour l’Office Divin, les fascicules du Missel, et plusieurs revues mariales. Depuis les année 1960-1970, la Congrégation a une seule Maison à Paris (auparavant, il y avait eu une expérience en Belgique) ; mais cela ne nous empêche pas d’être présentes au plan international, grâce aux différents programmes auxquels nous participons. Dans le cadre de l’IDES, nous travaillons en Europe, mais surtout en Afrique et en Asie.

 

Qu’avez-vous prévu pour l’Année de Saint Paul?

            « Nous avons prévu toute une série de rencontres mensuelles afin de mieux connaître notre Saint Patron En outre, nous récitons chaque jour une prière à Saint Paqul, qui s’inspire d’un texte ancien de la Congrégation ».

 

 

 

Les Paulistes d’Amérique du Nord

 

De manière singulière, l’Année de Saint Paul coïncide avec le 150° anniversaire de la Société Missionnaire de Saint Paul, fondée aux Etats-Unis par le Serviteur de Dieu Hecker, le 7 juillet 1858.

            Isaac Hecker naquit a New York le 18 décembre 1819, fils de deux immigres allemands. Il contracta la variole, au cours d’une épidémie qui fait des milliers de victimes dans la ville. Mais, sur son lit, il rassurait sa Mère Caroline : Non, je ne mourrai pas. Dieu a un travail pour moi dans ce monde, et je vivrai pour le réaliser ».

Caroline est de confession méthodiste et transmet à ses enfants le rêve, incarné dans la société américaine, d’une nouvelle Terre Promise, d’où l’Evangile se répandra dans le reste du Continent. Le Père, John Jonas, travail comme métallurgiste, et, plus tard, il deviendra propriétaire d’une entreprise pour forger le cuivre, à Manhattan. Ce sont les années de la révolution industrielle, marquées par l’immigration massive et par la demande ininterrompue de main-d’œuvre, et, en même temps, d’une prodigieuse croissance économique qui promet une promotion sociale et le bien-être.

            Une fois terminées ses études, Isaac suit ses deux frères John et George – qui ont une boulangerie et qui, par la suite, avec la Hecker Flour Company, auront des gans importants ; il fait le coursier. En parcourant les rues les plus pauvres, pour apporter le pain, il est aussitôt en contact avec une population contrainte de vivre dans des conditions misérables, en proie à la criminalité, et brutalisée par une police corrompue. Le jeune Isaac ressent toujours plus le désir de faire quelque chose, et il s’unit à Loco-Focos, branche libérale du Parti Démocratique de New York, ainsi que ses deux frères ; il prend partie activement à la campagne politique, et distribue des tracts jusqu’à trois heures du matin, « une heure qui ne créait pas de problèmes, rappellera-t-il, du moment que nous étions boulangers ».

            En 1841, il connut Orestes Brownson, un philosophe de Boston qui, avec son livre New Views of Christianity, Society and the Church a conquis l’opinion publique. Les années suivantes, il étudie la philosophie, le grec, le latin, et commence à mûrir sa propre vocation sacerdotale, tandis que Brownson l’encourage à entrer dans l’Eglise Catholique. Après une profonde préparation doctrinale, il fut baptisé le 2 août 1844 par l’Evêque Coadjuteur de New York, Mgr John McCloskey, et il nota dans son journal : « L’Eglise Catholique est mn étoile, et elle me guidera vers ma vie, vers mon destin et vers mes projets ». Mgr McCloskey est le Directeur spirituel de nouveau converti, et il l’encourage à avoir et à maintenir une spiritualité rigoureuse :messe quotidienne, silence, méditation et pratiques de pénitence. Et puis, la rencontre avec deux jeunes convertis, Clarence Walworth et James McMaster, qui ont décidé de renter dans la Congrégation du Très Saint Rédempteur, l’encourage à se joindre à eux, et, au mois de juillet 1845, Isaac communique à son Evêque sa décision de partir en Belgique pour y faire sn noviciat. Quatre ans plus tard, il est ordonné prêtre, le 23 octobre 1849.

            le Père Hecker Il retourne en Amérique en 1841 ; il y commence une série de Mission avec un groupe de confrères à à la Nouvelle-Orléans et en Alabama, et attire l’attention des Evêques et des fidèles catholiques, mais aussi des protestants : 70 conversions font suite en effet ses visites dans les paroisses. Ces expériences seront racontées dans un livre Questions of the Soul, rabaissé par les commentateurs protestants, mais salué par les catholiques comme un « livre qui fait date ». Un deuxième ouvrage, Aspirations of Nature, résume la recherche de la vérité à la lumière de la foi catholique. En 1856, une série de rencontres à Norfolk avec des protestants, surprend et attire le public, en raison de sa capacité de présenter la doctrine catholique avec douceur et amour.

            Mais l’audace et la hardiesse missionnaire du jeune Rédemptoriste, et ses idées sur la création d’une Maison américaine sans aucune orientation ethnique ( les deux Maisons qui existent déjà, à Philadelphie et à la Nouvelle-Orléans, sont en effet destines principalement à des Allemands et à des Irlandais), provoque l’impatience des Supérieurs, contraires à une indépendance excessive vis-à-vis de la Province américaine. Et, alors qu’il se trouve à Rome, le Père Hecker est expulsé de la congrégation.

            Après son retour en Amérique en 1858, le Père Isaac est convaincu que la meilleure manière pour continuer l’œuvre déjà commencée et aider à obtenir des conversions, est de fonder un nouvel Institut clérical. Avec l’approbation de Pie IX, le petit groupe qui s’est formé autour de lui obtient l’autorisation de l’Evêque de New-York de s’installer dans une paroisse de la 59° avenue. Le groupe prend alors le nom de “Missionary Priests of St. Paul the Apostle” (sous forme de Société de Ve Apostolique), appelé habituellement par les gens « Paulist Fathers ». Après les expériences missionnaires dans les paroisses, de 1867 à 1869, le Père Hecker se consacre à l’apostolat auprès des non-catholiques, et rencontre 30.000 personnes (dont deux tiers de protestants) à Boston, à Chicago et dans le Missouri. A partir de 1865, il commence en outre la publication d’un magazine mensuel The Catholic World (qui est toujours imprimé) ; l’année suivante la Catholic Publication Society (à présent Paulist Press), entre en service ; elle est destinée surtout à joindre les non-catholiques par la presse.

            En 1869-1870, le Père Hecker participe au Concile Vatican I en qualité de théologien de l’Evêque Mgr James Gibbon de la Caroline du Nord. A son retour, il est atteint de leucémie et est contraint d’abandonner toutes ses activités de Directeur de la Société, de pasteur, d’écrivain et de conférencier. Pendant 18 ans de souffrance continue, il affronte avec foi cette maladie, et meurt le 22 décembre 1888, dans la « Paulist House » de la 59° avenue, entouré de l’affection de ses confrères.

 

Entretien avec le Père John Duffy, Président de la Société Missionnaire de Saint Paul Apôtre

 

            « En 1858, cinq prêtres, tous des convertis au Catholicisme, recevaient l’approbation du Pape Pie IX pour former une Communauté religieuse consacrée à l’évangélisation du Nord de l’Amérique. A partir de ces modestes débuts, la Mission des Paulistes s’’st étendue de telle manière que, actuellement, les membres de la Société exercent leur ministère dans 22 fondations et 16 villes d’Amérique du Nord, à Rome et à Jérusalem. La vision de notre Fondateur, le Père Isaac Hecker, enracinée dans la force du Saint-Esprit, a poussé des générations de Paulistes à ‘aller à la rencontre des besoins de l’Eglise à l’époque moderne’. Le Père Hecker a été déclaré Serviteur de Dieu cette année par le Cardinal Edward Egan ».

 

Pouvez-vous nous présenter votre charisme?

            « Notre charisme compte trois domaines : l’évangélisation, la réconciliation, et le dialogue œcuménique et interreligieux. Nous avons en outre la responsabilité de suivre pastoralement les jeunes adultes, et d’animer les campus universitaires. C’est donc une tâche à cheval sur les paroisses et les institutions séculières ».

 

 

Comment rendez-vous témoignage à Saint Paul?

« Nous rendons témoignage à Saint Paul en nous engageant dans la culture contemporaine. En particulier, nous sommes actifs dans le monde des moyens de communication de masse, avec nos apostolats spécifiques :la maison d’édition (Paulists Press), la production de films (Paulist Productions), les transmission radiophoniques (Busted Halo Radio Show sur Catholic Channel et Sirius Satellite Radio). Nous travaillons en outre à l’évangélisation de l’Amérique du Nord par toute une série de bureaux, et nous proposons un programme pour la réconciliation avec les non-catholiques, appelé « Landings », sans oublier le dialogue interreligieux. La Société compte 150 prêtres, dont 110 travaillent dans l’apostolat actif. Nous sommes présents aux Etats-Unis d’Amérique, au Canada, en Italie et en Israël. Plusieurs Paulistes exercent leur ministère traditionnel dans les paroisses ; d’autres sont présents dans les bureaux de la Conférence Episcopale des Etats-Unis ; d’autres encore ont des responsabilités dans les campus catholiques. Notre fierté c’est de servir avec créativité, dans les différents milieux pastoraux associés aux moyens de communication de masse : l’édition, les films, les sites Internet, les programmes radiophoniques et aussi le théâtre ».

 

Durant l’Année de Saint Paul votre Société Missionnaire fête le 150° anniversaire de sa fondation: c’est une heureuse coïncidence…

“Cela a été une vraie joie que l’année de Saint Paul coïncide avec notre 150° anniversaire. Pour ce qui concerne les initiatives, nous ferons un pèlerinage à Rome au mois de novembre, et un autre a déjà été fait au mois de mars dernier. Nous venons tout juste de conclure une année riche en célébrations, en retraites spirituelles, en voyages, en litugies et fêtes religieuses. Il y a quatre mois, 350 personnes ont participé aux trois journées de célébrations pour l’anniversaire (150th Anniversary Convocation). Au plan local, chaque fondation a célébré une liturgie pour l’anniversaire, suivie de rencontres et de moments de fête. L’année de Saint Paul sera une année de bénédictions, et nous donnera une occasion unique pour mettre en plein jour notre jour, et pour donner une énergie nouvelle à nos communautés : prêtres, laïcs associés, laïcs collaborateurs, bienfaiteurs et amis ».

 

 

 

L'Oeuvre de Saint Paul

 

Le 12 décembre 1873 marqua la fondation à Fribourg de l’Oeuvre de Saint Paul, qui était depuis longtemps dans les projets du Chanoine suisse Joseph Schorderet ; elle fut érigée en Congrégation religieuse en 1931.

Né en 1840, et ordonné prêtre à l’âge de 26 ans, l’abbé Schorderet avait développé un intérêt croissant pour les questions sociales et en particulier pour la presse, à partir de sa nomination comme Chanoine de la Cathédrale de Saint Nicolas de Fribourg. Pendant la période où il était vicaire à Neufchâtel, il avait été rédacteur des Monat Rosen, organe des étudiants suisses ; et, le 1° novembre 1871, il avait fondé « La Liberté », qui est aujourd’hui encore le seul quotidien catholique de la Suisse Romande.

            Avec la fondation d’une Œuvre pour la Presse, consacrée à saint Paul, on inaugurait une nouvelle saison, qui gagnerait rapidement de nombreux Instituts religieux portant le nom de l’Apôtre (les Paulistes du Liban, Les Pauliniennes et les Pauliniennes de don Alberione, la compagnie de Saint Paul à Milan, tous comportant l’apostolat spécifique pour la presse et pour les autres moyens d’information). Le Chanoine Schorderet déclarait dans une conférence en 1877:” Les arts graphiques , les progrès industriels, la rapidité des communications, le caractère instantané des informations télégraphiques, les moyens investis pour la publications des annonces : il faut que tout cela serve la cause de Dieu et de son Eglise, par l’Oeuvre de Saint Paul, pour la restauration du Royaume de Jésus-Christ dans la société ». Comme Patron de la société, il choisit Saint Paul, convaincu qu’il se serait servi des nouveaux instruments (le télégraphe et la presse) pour multiplier ses lettres et répandre l’Evangile : « L’heure est venue, disait-ils, de faire appel aux âmes viriles qui ont conscience de la puissance de la presse pour les réunir dans une association, dans une fraternité avec le but exclusif de l’apostolat de la presse ».

            Encouragé par Pie IX qui voyait bien l’utilité d’une œuvre pour la bonne presse, l’Institut s’affirma rapidement. Cinq ans après sa fondation, le nombre des religieuses était passé de 6 à 80, et, en moins de dix ans, l’œuvre était arrivée en France (Parie (Rue Cassette), et Bar-le-Duc , où il avait remis sur pieds la grande imprimerie des Célestins, connue pour la publication des dei Petits Bollandistes et des Annales de Baronio, en leur donnant le nom d’Imprimerie de Saint-Paul. La Maison de Fribourg, de son côté, se spécialisait  dans la publication de journaux : La liberté, Ami du Peuple, Bulletin pédagogique, Revue de la Suisse catholique, Bulletin de l'Association de Pie IX, Freiburger Nachrichten, etc.

            Pour différentes raisons, on ne put répondre à la demande d’une fondation à Rome, et la tentative d’installation à Maastricht en Hollande échoua ; mais la nouvelle imprimerie française d’Issy-les-Moulineaux en 1928 prit sa place dans la presse des classiques africains.

            La première fondation dans les Pays de Mission remonte à 1949, à Yaoundé au Cameroun, avec l’ouverture d’une imprimerie qui imprime et diffuse le journal N'Leb-Bekristen (« Le Guide du Chréiten »), le petit journal Kisito et Ensemble et, un peu plus tard, d’une librairie. D’autres fondations suivent, toujours ans le domaine de l’édition et de la librairie ; à Dakar au Sénégal en 1955, à Tananarive à Madagascar en 1957 (qui se transfèrera par la suite à Fianarantsoa en 1963), et, de 1958 à 1974, à Brazzaville au Congo, à Fort-de-France en Martinique, à  Bujumbura au Burundi, et à Saïgon au Vietnam. En outre, de 1065 à 1970, un groupe de religieuses  de l’Institut travailla au Centre professionnel pour la formation des jeunes apprentis, à Beyrouth au Liban.

            Actuellement, les Sœurs de Saint Paul sont au nombre de 117, originaires de 13 Pays. Cinq novices, neuf postulantes, et une vingtaine d’aspirantes sont en formation à Madagascar et au Vietnam. Les Maisons historiques de Rue Cassette et de Bar-le-Duc, malheureusement ont été fermées, mais leurs fondations missionnaires en terre d’Afrique se poursuivent. A Antsirabé à Madagascar, les religieuses ont ouvert en 1991 une librairie, suivie, deux ans plus tard, du Noviciat qui abrite un Centre d’animation pour les enfants du quartier. Au Vietnam, une bibliothèque-librairie a été ouverte à Hanoï en 2007.

 

 

Entretien avec Mère Michèle Gisiger, Supérieure Générale des Soeurs de l’oeuvre de Saint Paul

 « Notre Fondateur, le Chanoine Joseph Schorderet, a voulu utiliser les moyens de communication sociale pour étendre le Royaume de Jésus-Christ. A l’époque où il vécut, il s’agissait essentiellement de la presse, ‘élevée à la dignité d’un apostolat’. Il fallait faire d’elle un apôtre de la vérité ».

 

Comment vivez-vous actuellement cette intuition de la fin du 19° siècle?

« L’Oeuvre de Saint Paul est née du besoin immense de révéler la Vérité, de faire connaître une Eglise qui rend perpétuelle et universalise l’Incarnation et la Rédemption. D’après l’intuition du Fondateur, l’offrande de notre vie à Dieu dans la prière, dans le sacrifice, dans l’amour et dans le travail apostolique, contribue à faire, de la presse et des autres moyens d’information, des moyens au service de la vérité et de la foi. Il nous a transmis le cri du cœur de l’Apôtre Paul : ‘Cette vie dans la chair, je la vis dans la foi du Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est donné lui-même pour moi’ (Galates 2, 20). Ce sont des paroles qui expriment de manière privilégiée la communion avec le christ, une communion qui est source d’énergie apostolique même pour nous aujourd’hui. Nos deux devises nous le confirment – ‘Pour moi, vivre, c’est le Christ’ (Philippiens 1, 21), ‘Récapituler toutes choses dans le Christ’ (Ephésiens1, 10) – et de même, nos Constitutions : ‘Apporter la foi dans le monde (…) Révéler aux hommes la richesse insondable du Christ pour ramener tous les hommes à lui, et restaurer en lui l’univers tout entier’. Notre unique dévotion particulière est la communion avec le christ dans son offrande au Père pour le salut du monde, dans l’eucharistie, célébrée et adorée’.

 

De quelle manière Saint Paul est-il le modèle de vos Missions “ad gentes”

« Notre oeuvre, a déclaré le chanoine Schorderet, a pour but de faire une partie de ce qu’aurait fait saint Paul s’il avait vécu actuellement. La Congrégation a été présente à Paris pendant plus d’un siècle, et pendant une trentaine d’années à Brazzaville au Congo, à Dakar au Sénégal, et à Bujumbura au Burundi. Actuellement, en plus de la Maison de Fribourg, nous travaillons dans 8 Pays d’Afrique et d’Asie, avec l’apostolat de la presse, l’animation des centres culturels, la collaboration dans les activités d’édition des Eglises locales. Tout cela, dans la mesure de notre faiblesse et de notre humilité, en considérant aussi le manque de religieuses et la nécessité de moyens financiers »

 

Que souhaitez-vous pour l’Année de Saint Paul?

« Nous prions avec toute l’Eglise pour que, à l’école de Saint Paul, le christ prenne place dans le cœur de tous les baptisés et de tous les consacrés. Que leur fraternité soir la première annonce de l’Evangile et contribue à réunir tous les hommes dans le Christ ».

 

La Société de Saint Paul en Chine

 

            La société de Saint Paul a été fondée en 1891 dans le diocèse de Zheng Ding, et comprend des prêtres séculiers. Elle compte actuellement une vingtaine de membres, regroupés dans la même région de la fondation : Zhi Jia Zhuang (Diocèse de Zheng Ding), qui se trouve dans la Province du Hébéï, considérée comme la forteresse du catholicisme chinois.

 

 

Les Paulistes du Liban

 

            Les Missionnaires de Saint Paul ont été fondés à Harissa au Liban en 1903 par l’Evêque de Baalbeck, Mgr Germanos Mouakkad. L’Institut séculier observe le droit patriarcal grec-melkite, et les membres ne font pas de vœux religieux ; il s travaillent dans la mission spécifique – répandre la Parole de Dieu par la prédication et la presse – et pratiquent les vertus évangéliques d’obéissance, de pauvreté et de chasteté, la prière et la vie commune.

            Le Fondateur, Joseph Mouakkad, dans la vie civile, est né à Damas en Syrie en 1852, de parents grecs-melkites catholiques. A l’âge de 16 ans, sans avertir ses parents, il va au Liban pour se faire admettre comme novice au monastère du Saint Sauveur, où vit un homme de grande sainteté, le Patriarche Clément Bahhouth. A son école, le jeune Ignace apprend les fondements d’une vie ascétique très rigide. Après six ans, il est ordonné diacre, pui spêtre par le Patriarche Grégoire II Joseph (1875). Il est nommé professeur de philosophie au grand séminaire de son Ordre, puis curé à Alexandrie et au Caire.

            De 1880 à 1890, il est Vicaire Patriarcal à Jérusalem. Un de ses plus grands succès est l’acquisition de la sixième Station du Chemin de Croix, le seul endroit dans la Ville qui appartienne à la communauté grecque-melkite catholique.

            Envoyé à Baalbeck comme Evêque, il renonce quelques années plus tard à cette charge, en raison de la grande ignorance religieuse qui y règne, et se consacre uniquement à la fondation du nouvel Institut, encouragé par la Patriarche Grégoire II Joseph. En 1896, il se rend à Rome pour faire connaître son projet au Pape Léon XIII, et il mûrit l’idée de consacrer la fondation à Saint Paul.

            Les missionnaires sont appelés à évangéliser les campagnes par la prédication et par la presse, et à aider au rapprochement entre melkites catholiques et melkites orthodoxes. Mgr Mouakkad fixe le siège à Harissa, et, en 1903, un prêtre, un diacre et un laïc commencent à mener une vie commune avec lui. En 1905 se joint à eux le Père Joseph Sayegh, qui, en 1912, lui succèdera à la direction de l’Institut. A sa mort, Mgr Mouakkad laisse de nombreux écrits spirituels de prédication, de méditation et d’explications liturgiques, et 14 articles, intitulés « Statuts fondamentaux des Missionnaires de Saint Paul » que les premiers compagnons utiliseront pour rédiger les Constitutions.

            De 1922 à 1950, le Père Antoine Habib, qui était entré dans l’Institut en 1908, donne un élan à l’activité missionnaire, et fonde le Scolasticat en 1931, ert le petit séminaire en 1938. L’Institut, tout en dépendant de la juridiction du Patriarche grec-melkite catholique, est ouvert aussi aux aspirants d’autres rites.

 

Au service de la Parole et de l’unité

 

            Dès le début, les Pères Paulistes ont prêché la Parole de Dieu à toutes les couches sociales de la population : jusqu’en 1945, ils avaient prêché plus de 1.500 retraites spirituelles. En 19210 déjà, une typographie avait déjà été fondée pour la diffusion des livres liturgiques, des traités de spiritualité, des livres d’école, de romans et de revues pour le monde arabe. Parmi elles, la revue Al-Maçarrat, qui, aujourd’hui encore, est une voix de l’apostolat pour la bonne presse.

            Par mandat du Secrétariat pour les Non-chrétiens de cette époque, les Paulistes sont chargés du dialogue avec les musulmans des Pays arabes, et s’occupent depuis toujours de différentes initiatives œcuméniques, dans le cadre surtout de l’Institut Saint Paul de Philosophie et de Théologie. L’Institut est fréquenté par des candidats au sacerdoce, pr des religieux et des laïcs. Les cours, en langue française et arabe, sont sensibles à la culture occidentale – une constante qui se retrouve dans l’héritage intellectuel du Fondateur. Dans la cadre de l’institution, on a créé un Centre de Théologie pour le Moyen-Orient, qui organise un Symposium annuel de recherche et d’étude, suivi régulièrement par la publication des actes.

            Les membres ont une dévotion particulière envers Notre-Dame du Perpétuel Secours, choisie par Mgr Mouakkad comme protectrice de la Société. Saint Paul est invoqué comme modèle de mie apostolique avec les douze Apôtres et avec Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus  Patronne des Missions et des missionnaires

 

Entretien avec le Père Elias Aghia SMSP, Supérieur Général des Missionnaires de Saint Paul

 

            « Par la parole et la presse, les Missionnaires poursuivent trois objectifs : réaffirmer la foi, et développer la vie spirituelle chez les Chrétiens, spécialement dans les communautés les plus défavorisées ; travailler, par la recherche commune et par les bonnes relations, pour l’unité des Chrétiens ; promouvoir le dialogue fraternel entre Chrétiens et Musulmans ».

 

De quelle manière la Parole et la presse sont-ils au centre de votre mission?

 

            « Nous répandons la Parole de Dieu par la catéchèse, la prédication, l’enseignement, l’accompagnement spirituel, et les mouvements de jeunes. En suivant l’exemple de notre Patron, Saint Paul, et de notre Fondateur, nous avons compris très tôt l’importance de la parole écrite comme instrument d’apostolat. Ainsi  l’Institut na créé sa Maison d’adition, comme l’Imprimerie Saint Paul et la Librairie Saint Paul, qui ne cessent de répandre dans tous les milieux culturels, et pour chaque type de lecteur, une littérature arabe chrétienne ».

 

Pouvez-vous nous donner des chiffres?

            “Depuis 1910, nous imprimons Al-Maçarrat, revue chrétienne en langue arabe. Notre maison d’édition et l’imprimerie ont de nombreuses autres publications. Le catalogue comprend environ 500 titres de tous genres : théologie, histoire, philosophie, liturgie, spiritualité, livres illustrés pour les enfants, et beaucoup d’autres choses. Chaque année nous distribuons environ 200.000 exemplaires, dont la plus grande partie dans les pays arabes ».

 

Lesquels?

            Notre domaine habituel d’activité est le Proche-Orient: Liban, Syrie, Jordanie, Palestine, Irak et Egypte. Grâce à la presse, nous sommes présents aussi dans d’autres Pays arabes et dans plusieurs paroisses d’émigrés melkites. La Mission requiert avant tout de se consacrer à la prédication, à la vie pastorale, à la catéchèse et aux mouvements de jeunes. Nos ressources pour l’édition nous aident à enraciner les activités et à la multiplier. C’est ainsi que naissent, après le centre religieux de livres religieux, les revues locales, les bibliothèques, les dispensaires, etc. Lorsque l’on manque de curés, les Paulistes servent dans la paroisse locale ».

 

Comment dialoguez-vous avec le monde musulman?

            « Surtout par l’intermédiaire de notre Institut de Philosophie et de Théologie. En 1995, nous avons créé un Centre de recherche pour le dialogue islamo-chrétien, qui maintient un rapport continu et fraternel avec les musulmans, et publie une série de livres pour développer l’amitié entre les deux grandes religions ».

 

Quel programme avez-vous pour l’année de Saint Paul?

            « Une série de conférences sur Saint Paul, des Messes, des retraites spirituelles, des pèlerinages guidés, des concerts. Nous inaugurerons aussi un nouveau portail pour présenter sa vie, et il y aura aussi, bien sûr, des publications ».

 

 

 

La Société Missionnaire de Saint Paul

 

            La pensée de « donner aux autres ce que Saint Paul nous a donné » était l’obsession du jeune prêtre Giuseppe De Piro, né à Malte, un pays évangélisé personnellement par Saint Paul suite à son naufrage. Fils d’une famille noble et aisée, le jeune De Piro était entré au séminaire en 1898, peu après son inscription à l’Université, et il avait été ordonné quatre ans plus tard dans la Basilique de Saint Jean de Latran à Rome.

            Animé d’un idéal missionnaire profondément paulinien, après les premières expériences comme curé de Qrendi, et directeur de l’orphelinat de Hamrun, le jeune prêtre matais décida de fonder une « petite Société » pour la Mission « ad gentes », le 30 juin 1910. La Société Missionnaire de Saint Paul, durant un siècle d’histoire, s’est établie dans six pays, Australie, Etats-Unis, Canada, Pérou, Pakistan et Philippines, et elle compte aujourd’hui une centaine de membres.

            « Dieu, déclarait l’Abbé De Piro, a montré qu’il aimait beaucoup les Maltais, quand il a permis à ; Sant Paul d’être le premier missionnaire à venir dans notre île, en la libérant de l’obscurantisme et du paganisme, et en nous donnant la lumière de la foi chrétienne… Le cœur de Saint Paul est le cœur du Christ. Paul a toujours été prêt à faire la volonté de Dieu… Il s’est toujours considéré lui-même comme un messager authentique, porteur du message authentique de Dieu aux hommes ».

            La Lettre Apostolique Maximum Illud, pierre de fondation des nouveaux thèmes missionnaires qui ont mûri au XX° siècle, eut à n’en point douter une grande influence sur lui. Un thème particulièrement ressenti était le développement de la sensibilité missionnaire de l’Eglise maltaise. De nombreux efforts furent consacrés à la promotion des Missions, et à la création d’une pastorale spécifique. Un instrument privilégié a été la presse : « Le papier imprimé, déclarait-il, est une des meilleurs moyens pour proclamer la pensée missionnaire, pour former les esprit et les cœurs chez les jeunes, pour accroître et obtenir des vocations, et aussi pour demander des aides matérielles ».

            Dans ce but, on publia le St. Paul: Almanac for Missionary Institute, bulletin dont les articles étaient tous écrits de sa main. Le but était de créer l’intérêt pour les Missions, avec une information précise, consacrée à la Société qui venait d’être créée, et aux autres Instituts missionnaires. « Si nous ne pouvons pas collaborer directement, parce que nous n’avons pas été appelés, écrivait-il sur l’Almanach, si nous ne pouvons pas donner nos richesses parce que nous ne les possédons pas, nous pouvons toutefois faire une chose, prier pour les Missions ».

            De nombreuses énergies ont été consacrées à la pastorale des vocations. La fondation même de la Société était surtout une réponse aux vocations missionnaires pour l’Eglise de Malte, et l’Abbé De Piro suivait personnellement les candidats de l’Institut. Une grande importance aussi était accordée aux problèmes de l’inculturation et des vocations indigènes. En 1933, il s’apprêtait à rejoindre en Ethiopie le premier missionnaire de la Société, parti six ans auparavant. Mais il mourut le 17 septembre d’une attaque, pendant la Messe ; il était âgé de 56 ans.

 

Les expériences dans le Sud du monde

 

            La jeune Congrégation religieuse vécut des années d’incertitude et de difficultés jusqu’en 1948, date à laquelle les membres élurent pour la première fois leur Supérieur Général, nommé jusqu’alors de l’extérieur. Quels mois seulement plus tard, commençait l’aventure en Australie auprès des émigrés maltais et, après les Etats-Unis et le Canada, un nouveau développement toucha le Pérou, le Pakistan et els Philippines.

            Au Pérou, le choix d’ouvrir une première Maison dans les Andes, manifestait le désir d’être proches des plus pauvres. Les “pueblos jovenes”, les nouveaux villages fondés par les paysans des hauteurs dans l’espoir d’une vie meilleure, sont en réalité des rassemblements de familles sans liens sociaux, sans travail ni accès à l’assistance publique. Là, les missionnaires s’occupent de petites communautés chrétiennes, et aident les habitants. L’église devient souvent aussi une école, une clinique, et un centre de formation pour les adultes, où les gens apprennent l’économie domestique et plusieurs métiers.

            La Mission au Pakistan est un témoignage de dialogue et de collaboration avec le monde musulman. Malgré les empêchements bureaucratiques, les paroisses, les écoles et les services sanitaires sont ouverts à tous, et les missionnaires bénéficient de l’estime des autorités civiles et de la population. Une chapelle a été construite grâce aux financements d’un entrepreneur musulman. Aux Philippines, à côté des services en faveur des plus déshérités, la société travaille à un projet de formation pour les séminaristes, qui implique les grandes Universités de Manille. Le Pays pourra être une base pour entreprendre à l’avenir d’autres projets d’évangélisation dans le continent asiatique.

            Le récent Chapitre Général a indiqué avec clarté la voie à parcourir : « Comme missionnaires de Saint Paul, nous sommes envoyés par Dieu, dans l’amour, à participer à son rêve pour l’humanité de tout, renouveler dans le Christ. Dans une écoute contemplative, nous découvrons cela sans cesse par le moyen de la Parole de Dieu, avec le Peuple de Dieu, par le moyen de nos frères, et dans le monde. Avec tout ce qui est bon en nous, et avec nos faiblesses, nous répondons avec gratitude, en participant avec l’Esprit de Dieu, à la libération et à la réconciliation de l’humanité ».

 

Entretien avec le Père Bernard Mangion, Supérieur Général de la Société Missionnaire de Saint Paul

 

            « La société Missionnaire de Saint Paul a été fondée à Malte par le Serviteur de Dieu Mgr Giuseppe De Piro, qui aimait dire : ‘Donnons aux autres ce que Saint Paul nous a donné’, en se référant au fait que Saint Paul avait été un instrument de Dieu pour apporter la foi à Malte. Les deux premiers membres se réunirent en 1910. Le premier missionnaire envoyé par Mgr de Piro, fut le Père Giuseppe Caruana, qui resta pendant 40 ans en Abyssinie sans jamais retourner dans son Pays. Son apostolat  fut très apprécié par l’Eglise locale et par les autorités civiles. Après la deuxième Guerre Mondiale, un grand nombre de Maltais émigra en Australie, et, en >1949, l’Archevêque de Malte demanda à la Société d’envoyer des confrères pour répondre aux exigences pastorales des émigrés maltais dans ce Pays. Après 60 ans, notre service n’a pas vieilli du tout. Plus tard, toujours pour aider les émigrants maltais, plusieurs membres furent envoyés au Canada et aux Etats-Unis. Là aussi notre travail se poursuit, même si c’est sur une échelle plus réduite ».

 

Comment abordez vous la Mission “ad gentes”?

 

            « Sur les pas de Saint Paul, notre charisme est la Mission ‘ad gentes’. En 1968, la société a ouvert une Mission au Pérou, où, pour le moment, nous sommes présents dans 6 paroisses, et où nous avons une Maison de Formation à Lima. En  1982 et en 1998, deux autres Missions ont été ouvertes, respectivement au Pakistan et aux Philippines. Dans chaque Mission, nous mettons toujours l’évangélisation à la première place ; viennent ensuite nos programmes pour l’aide spirituelle et matérielle en faveur des pauvres, par toute une série d’œuvres : les travaux sociaux, l’assistance médicale, l’éducation. Nous accordons une grande attention aux enfants et aux jeunes. Au Pakistan, nous dirigeons une école primaire et secondaire, et nous sommes présents dans de nombreuses autres activités ; aux Philippines, nous avons une chapelle à l’Université de Manille ».

 

Quelle place occupe Saint Paul dans votre spiritualité?

            Une place centrale, bien sûr. Saint Paul, un véritable Disciple de Jésus, unmaître et un missionnaire zélé, est notre modèle. Chaque année nous célébrons de manière solennelle la Fête de sa Conversion le 25 janvier ».

 

Comment vivrez-vous l’Année de Saint Paul?

            Nous avons préparé toute une série d’initiatives. Un film sur Saint Paul, la construction d’une église dédiée à la Conversion de Saint Paul à Lahore au Pakistan. Nous avons en outre publié un petit livre en urdu, qui raconte sa vie, et de nombreuses autres initiatives qui toucheront les paroisses et les Missions, pour mettre en relief l’importance de Saint Paul dans l’Eglise d’aujourd’hui, afin de redonner un élan à notre apostolat, et à la diffusion de l’Evangile. Chaque membre de la Société est appelé en outre à prier et à méditer l’enseignement de l’Apôtre, et à se conformer à lui, modèle du véritable missionnaire. Mon espérance c’est que l’année de Saint Paul apporte une chaleur nouvelle à notre vie religieuse, et nous préparer aux problèmes que rencontre l’évangélisation, spécialement la Mission ‘ad gentes’ ».

 

 

Les Frères de Saint Paul et les Sœurs de Saint Paul

 

            Le 2 février 1863, naissait à Hambach, dans le Palatinat, Jacob Friedrich Bussereau, dans une famille comprenant 13 frères et sœurs. Il fut ordonné le 22 août 1886, et fut nommé aumônier à Herxheim, où il trouva une communauté marquée par une vie religieuse florissante. Il y fit la connaissance de Anne-Marie Dudenhöfer, qui fonderait plus tard avec lui le Couvent de Saint Paul, et la Congrégation des Sœurs de Saint Paul. Le 14 janvier 1896, il obtint de l’Evêque de Speyer l’approbation de son projet de fonder une Maison pour les personnes malades et handicapées, afin d’améliorer leur qualité de vie. Il acheta dans ce but la maison de Herxheim, qui est aujourd’hui encore la Maison Mère des Sœurs de Saint Paul. En 1897 et en 1899 suivit l’ouverture de nouvelles Maisons, des filiales, à Neuötting et à Bad Bergzabern. En 1913, la fondation d’une Congrégation de religieux, les Frères de Saint Paul, fut approuvé, ainsi qu’une Congrégation de religieuses, les Sœurs de Saint Paul.  Le Père Bussereau mourut en 1919 et fut enterré à Herxheim. En 1920, le rameau masculin s’unit spirituellement aux Frères Mineurs Conventuels ; le rameau féminin le suivit dans cette voie l’année suivante.

            Après plusieurs événements et changements de destination dues aussi aux bouleversements des années de la première et de la seconde guerre mondiale, en 1945, les religieuses reprirent possession de leur Maison , en commençant une œuvre de reconstruction et d’agrandissement, qui fut reprise dans une deuxième phase en 1978 et fut terminée en 1998, avec l’ouverture d’une Maison de soins pour des personnes plus ou moins valides, qui accueillit 38 personnes pour la journée entière, et 76 pour une demi-journée. Il y a des activités semblables aussi dans les communautés de Neuötting et Altötting (maison pour personnes âgées), dans le diocèse de Passau

            Les Frères de Saint Paul connurent un développement rapide jusqu’aux premières années du XX° siècle. La Maison se trouvait tout d’abord à Herxheim, puis elle fut transférée à Queichheim. La première prise d »habit religieuse eut lieu en 1919. L’Institut eut une vie difficile pendant les deux guerres mondiales (les religieux furent envoyés au front), et sous le régime nazi, quand presque toutes les Maisons furent fermées. Il reste actuellement 4 religieux seulement, hôtes chez les religieuses.

            Suite à la délibération du Chapitre Général des Sœurs de Saint Paul, du 1° novembre 2002, on créa la « Fondation Jacob Friedrich Bussereau » qui, depuis le 1° juillet 2002, dirige les Institution de la Congrégation à Herxheim, Altötting, Neuötting et à Bad Bergzabern. « Malgré les changements et les innovations dues aux temps modernes, les intentions et le charisme de notre Fondateur vivent toujours actuellement dans les institution de notre Fondation », lit-on dans les principes directeurs de la nouvelle Fondation ; « aujourd’hui encore, sa devise ‘omnibus omnia’ (1 Corinthiens 9, 22) est valable pour nous. La Fondation Jacob Friedrich Bussereau travaille activement pour aider les personnes handicapées et les personne âgées, et, comme Institution de l’Eglise, nous unisson la compétence et la qualité au facteur humain et à la force de la foi chrétienne »

 

 

 

La Famille Paulinienne:

dix Fondations du Bienheureux Giacomo Alberione

 

            Béatifié en 2003 par Jean Paul II, don Giacomo Alberione (1884-1971), est une figure marquante du renouveau ecclésial qui a eu son point culminant dans le Concile Vatican II.

            Dans la nuit du 31 décembre 1900, le séminariste de 16 ans, pendant l’Adoration Eucharistique dans la cathédrale d’Alba, se sentit appelé par Dieu au plus profond de lui-même, « à faire quelque chose pour le Seigneur et pour les hommes du nouveau siècle », à devenir apôtre avec les nouveaux moyens donnés par le progrès.

            Treize ans plus tard, Don Alberione fut nommé directeur du journal diocésain Gazzetta d'Alba, et il ressenti ce fait comme étant l’occasion juste pour lancer les fondations pauliniennes. Alba était alors une ville de 14.000 habitants, un des diocèses les plus vivants du Piémont, grâce à la direction charismatique de Mgr Giuseppe Francesco Re. Aidé de collaborateurs compétents, l’Evêque avait travaillé à la promotion dans le diocèse et au séminaire, la vie liturgique et eucharistique, la préparation du clergé, la diffusion de l’Evangile, le renouveau de la pastorale, la pureté de la doctrine contre les infiltrations modernistes, la catéchèse et la bonne presse. Outre le journal du diocèse, il y avait aussi d’autres publications, des livres populaires aux bulletins des 115 paroisses, sans oublier les trois imprimeries catholiques de la ville

            Au moment de sa nomination, don Alberione avait déjà une certaine expérience comme responsable de la Bibliothèque diocésaine, et membre de l’Association de la Bonne Presse ; et i avait mûri aussi une idée précise sur la puissance de la presse catholique. « L’art et la presse, la parole vivante et la parole écrite sont tous des apostolats », avait-il écrit déjà en 1908. Avec la direction de la Gazzetta d'Alba, et la mission de coordonner la presse diocésaine, la possibilité de fonder deux familles religieuses devint concrète : une famille masculine, et une famille féminine (plus un groupe de laïcs, les coopérateurs, approuvé en 1917) ; les deux familles religieuses étaient animées du même charisme et avaient la même mission de la bonne presse.

            Le rappel à Saint Paul provint de l’expérience de la Croisade de prière pour la presse, fondée par l’Evêque de Vérone, le Cardinal Luigi di Canossa, dans le cadre de l’œuvre des Congrès, et mise précisément sous la protection de l’Apôtre. Mais don Alberione nourrissait surtout depuis un certain temps déjà une dévotion personnelle qui avait commencé « spécialement avec l’étude et la méditation de la Lettre aux Romains. Dès lors, raconta-t-il plus tard, la personnalité, la sainteté, le cœur, l’intimité avec Jésus, son oeuvre dans le domaine de la dogmatique et de la morale, l’empreinte laissée par l’organisation de l’Eglise, son zèle pour tous les peuples, furent des sujets de méditation ».

            Toutefois, quand don Alberione soumit son projet à Mgr Re, le 14 juillet 1914, il parla seulement d’une école d’imprimerie, appelée « Piccolo Operaio » (petit travailleur). Il obtint l’accord verbal, acheta les premières machines, et commença son activité le 20 août 1914 : c’est alors que sortirent les premières publications : « Il faut tout cela, déclarait une publicité sur la Gazzetta pour réaliser un bon Catéchisme ».

 

La Société de Saint Paul, les filles de Saint Paul, et les autres Instituts Pauliniens

 

            Le 8 décembre 1917, cinq jeunes gens firent leur première profession religieuse avec des vœux privés. De ce premier noyau de consacrés, après des passages successifs, naquit la Pieuse Société Saint Paul, qui recevra l’approbation diocésaine le 12 mars 1927, et l’approbation pontificale le 27 juin 1949 de Pie XII. Actuellement, les Pauliniens (comme on appelle les prêtres et les frères religieux de la Société de Saint Paul), sont présent dans 33 pays des cinq Continents ; ils comptent plus de mille membres, prêtres, frères laïcs et « juniores » (une centaine environ). Une donné illustre bien l’activité des Pauliniens dans le domaine de l’édition : 86 revues sont publiés dans le monde entier.

            La branche féminine, les Filles de Saint Paul (Pauliniennes) s’est développée de la même manière, créée avec très peu de moyens le 15 juin 1915.

            La première Supérieure Générale, Mère Tecla (considérée comme co-fondatrice de l’Institut) rappellera à ce sujet : « Les Filles de Sant Paul naissaient pour consacrer leur vie à la bonne presse : et, elles n’avaient pas d’imprimerie ». Au début, Sœur Tecla et ses compagnes confectionnaient des chemises pour les militaires, et ce n’est qu’en 1918, qu’elles commencèrent à Suse (Turin), l’apostolat de la presse. Le 22 juillet 1922, à albe, neuf jeunes filles se consacrent à dieu et à la mission spécifique, avec les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, créant ainsi la Congrégation de la Pieuse société des filles de Saint Paul. L’arrivée à Rome en 1926 marqua l’ouverture des premières librairies, et la diffusion de livres à domicile. Dans les années suivantes, d’autres filiales virent le jour. En 1932, on comptait déjà 30 Maisons en Italie, et 3 à l’étranger (Brésil, Argentine, Etats-Unis), et, au fil des ans, la Congrégation atteindra tous les Continents. Actuellement, les filles de Saint Paul sont au, nombre de 2.450, dont 60 novices ; elles sont présentes dans 52 Nations, pour un total de 252 Maisons. En 2008, deux nouvelles communautés ont vu le jour à Juba au Soudan et à Ho Chi Min au Vietnam. En plus de la presse, elles travaillent aussi dans la production audio-visuelle et radiophonique, et aident et complètent l’œuvre des Pauliniens dans le domaine des moyens d’information.

            A côté des Pauliniens et des Pauliniennes, Don Alberione a fondé trois autres Congrégations religieuses féminines : en 1924, les Pieuses Disciples du divin Maître, pour l’apostolat de l’Adoration Eucharistique perpétuelle, le service sacerdotal et le service liturgique ; en 1938, les Sieurs du Jésus Bon Pasteur (« Pastorelle ») pour aider les curés dans leur tâche d’évangélisation, dans la catéchèse et dans la croissance des communautés chrétiennes : elles sont présentes actuellement dans 18 Pays des cinq Continents ; et enfin, en 1959, l’Institut Reine des Apôtres pour les vocations (« Apostoline »), qui travaillent dans l’apostolat des vocations auprès des jeunes.

            En 1960 sont nés quatre Instituts séculiers agrégés à la Société de Saint Paul, trois qui s’adressent aux laïcs des différentes voies de vie (Institut Saint Gabriel Archange pour les hommes, Institut « Maria Santissima Annunziata » pour les femmes, Institut de la Sainte Famille, pour les familles ; et un autre pour les prêtres diocésains, l’Institut Jésus-Prêtre. L’Union des Coopérateurs Pauliniens complète le cadre des fondations de don Alberione : peuvent y adhérer tous les laïcs qui partagent la spiritualité et l’activité paulinienne.

            Toutes ces fondations forment la Famille Paulinienne : « Il existe une parenté étroite entre elles, a écrit don Alberione, parce que toutes sont nées du Tabernacle. Un unique esprit : vivre de Jésus-Christ et servir l’Eglise. Il y a ceux qui représentent tous les autres en intercédant auprès du Tabernacle, et ceux qui répandent comme d’en-haut, la doctrine de Jésus-Christ, et enfin ceux qui s’approchent de chaque âme ».

 

Les initiatives pour l’Année de Saint Paul

 

            La Famille Paulinienne a ouvert l’année Jubilaire consacrée à Saint Paul, le 30 juin 2008, pour la Famille Paulinienne, fête liturgique de Saint Paul, avec une rencontre dirigée par S. Exc. Mgr Rino Fisichella, au sanctuaire consacré à Marie Reine des Apôtres, qui se dresse au centre du grand espace voulu par le Bienheureux don Alberione, à peu de distance de la Basilique de Saint Paul, et qui comprend plusieurs bâtiments, dont la Maison Généralice, et plusieurs Communautés de la Société de Saint Paul et des Filles de Saint Paul. Dans la crypte sont enterrés don Alberione et sœur Tecla Merlo.

            Le jour suivant, 1° juillet, la Famille Paulinienne a fait un pèlerinage à la Basilique Saint Paul Hors-les-Murs ; le programme commun pour cette Année prévoit des centaines d’initiatives, d’exercices spirituels, de conférences, de cours, de pèlerinages, mais aussi des expositions d’œuvres d’art, des concerts et des activités culturelles en général. Dans plusieurs Pays, comme la Corée et le Japon, la Famille Pauliniennee collabore directement avec l’Eglise locale pour la préparation et pour l’animation des événéments prévus. Les deux sites officiels de la Congrégation www.paulus.net et www.paoline.org fournissent une liste mise à jour continuellement. Au plan de l’édition, un « logo » spécial accompagne les publications ; une revue mensuelle, Paulus, a été lancée précisément pour l’Année de Saint Paul. Dans le domaine de la « home video », La Maison Pauline d’Editions a réalisé un documentaire sur saint Paul.

 

Entretien avec don Silvio Sassi, Supérieur Général de la Société de Saint Paul

 

            Notre Fondateur a réalisé progressivement dix fondation, de1914 à 1971. Cinq Congrégations, quatre Instituts séculiers, et un Mouvement de laïcs, les coopérateurs. Les charismes sont divers : l’engagement dans la communication sociale (Pauliniens et Pauliniennes), l’animation des paroisses (« Pastorelle »), l’adoration et le service sacerdotal et liturgique (« Pie Discepole »), l’(apostolat pour les vocations (« Apostoline »), et enfin le témoignage dans le monde (Instituts agrégés)

            Notre Famille est ainsi à plusieurs voix du point de vue des engagements apostoliques, mais elle est unique du point de vue de la spiritualité, c’est-à-dire du charisme paulinien. Don Giacomo Alberione a su puiser chez Saint Paul pour développer le caractère multiforme des charismes complémentaires pensés pour notre époque.

 

Les origines de la Société de Saint Paul remontent à l’apostolat pour la Bonne Presse, commun à de nombreux Pays européens du début du XX° siècle. Quelle a été la nouveauté apportée par Don Alberione ?

            Comme société de Saint Paul, notre caractère spécifique a été nouveau dès son début, en1914. Don Alberione a été l’auteur d’une petite révolution pastorale, en ayant l’intuition  qui ne fallait plus attendre que les gens reviennent à l’Eglise, mais l’atteignent là où elle se trouve, dans les bureaux, dans les champs, dans les écoles, et utiliser la presse non seulement pour l’information mais comme forme de pastorale complémentaire de celle de la paroisse. Sa foi était donc une foi missionnaire qui a créé une forme nouvelle d’évangélisation. Avec l’évolution du panorama des moyens d’information, Don Alberione s’est tourné vers le cinéma, la radio, la télévision, les illustrés, et, aujourd’hui, nous poursuivons son intuition, en nous servant des nouveaux langages de la communication. Et en cela aussi réside notre imitation du charisme paulinien. Saint Paul s’tait servi de la rhétorique juive et de la rhétorique grecque pour présenter une formulation inculturée du christianisme. Aujourd’hui, nous sommes convaincus que l’on peut rencontrer Dieu et faire l’expérience du Christ dans la communication par les moyens modernes d’information, en lisant un roman, en écoutant une chanson, en naviguant sur Internet. C’est pour nous la vocation à œuvrer dans un domaine missionnaire.

 

Comment changent les expériences dans les différentes réalités missionnaires du monde ?

            « La première règle que nous suivons est de nous adapter au niveau des moyens de communication de la Nation qui nous accueille. Nous ne pouvons pas proposer des lignes d’édition perfectionnées dans des Pays culturellement en arrière. Une deuxième règle est de tenir compte du type de communication répandu dans la Nation. Bien sûr nous ne dispensons pas d’apporter des nouveautés dans la ‘diète’ des moyens de communication, mais, en général, il est très risqué de proposer quelque chose qui n’est pas connu et utilisé  habituellement par les gens. Une troisième règle, c’est d’avoir des valeurs et des coordonnées communes, que les communautés, par la suite, développeront sur place. Par exemple, pour ce qui concerne le domaine de l’édition, nos suivons pour le moment trois thèmes principaux : la Bible, la famille, et la communication. Chaque communauté paulinienne pense ensuite à réaliser ces grandes lignes directrices ».

 

Que veut dire pour vous célébrer l’Année de Saint Paul?

            « Cela veut dire approfondir l’élément fondamental de l’unité de la Famille. Ce qui nous rend frères et sœurs, c’est étudier, prier et imiter Saint Paul. C’est une année qui nous offre une possibilité et une encouragement en plus pour faire tout cela ».

 

 

Entretien avec Soeur Anna Maria Parenzan, Vicaire Générale des Filles de Saint Paul

            Nous avons accueilli avec joie la proclamation de l’Année de Saint Paul, parce que don Alberione nous a toujours invitées à considérer Saint Paul comme notre vrai Fondateur, le Père de notre Institution. Et, même avant l’annonce solennelle de la part de benoît XVI, en tant que congrégation, nous avions déjà prévu un approfondissement sur Saint Paul. En effet, notre dernier Chapitre Général, qui s’est tenu au mois d’août 2007, nous avait invitées à redécouvrir dans l’Apôtre, le fil conducteur de notre cheminement, la personne que nous sommes appelées à imiter pour exprimer une identité encore plus paulinienne. Nous sommes profondément convaincues que cette année sera pour nous une grande occasion pour raviver notre vocation et pour communiquer le Christt, sur les traces du Grand apôtre des Nations ».

 

Suivrez-vous un itinéraire?

             Oui, notre Supérieure Générale, Sœur Maria Antonieta Bruscato, nous a invitées à goûter ensemble la richesse de notre caractère paulinien, ; à étudier et à à partager avec une plus grande  fidélité les lettres de l’Apôtre Paul ; à ouvrir notre cœur à tous les peuples et à toutes les cultures, en donnant aussi à nos Centres un visage oecuménique particulier, selon le souhait du Pape ‘que l’Année de Saint Paul contribue à renouveler notre enthousiasme missionnaire, et à rendre plus intenses nos relations avec nos frères de l’orient et avec les autres chrétiens qui, comme nous, vénèrent l’Apôtre des nations’ ; à travailler avec plus d’intensité à la pastorale des vocations, en partageant avec les jeunes et avec les laïcs, les richesses du charisme paulinien ; à croître dans le sentiment de sentir que nous sommes une Famille, et une famille Paulinienne, qui se réjouit ensemble, qui croît ensemble, et qui partage la beauté du don ».

 

Quelles difficultés rencontrez-vous dans les Missions?

            « Dans les 52 Nations où nous sommes présentes, nous essayons de nous faire, comme Saint Paul « toutes à tous » pour apporter à tous l’Evangile. Notre tâche st d’aller ‘au-delà’, d’arriver à ces réalités qui ont le plus besoin d’une présence chrétienne. Parfois, nos présences sont insignifiantes (dans la grande Russie, par exemple, sous sommes seulement cinq religieuses), mais nous voudrions être des présences de Lumière, qui irradient et communiquent la Parole qui sauve. La dernière Communauté, ouverte à Juba au soudan, nous met en contact avec une population épuisée par la guerre, où la pauvreté est la norme. Notre problème consiste à aider à reconstruire non seulement matériellement un Pays détruit, mais surtout à arriver à l’esprit des personnes, à donner le ‘pain de la Parole’, à former une mentalité fondée sur les valeurs humaines et chrétiennes ».

 

Quel rôle ont les moyens de communication de masse?

            Il n’y a pas d’évangélisation sans communication. La communication est une composante essentielle du charisme paulinien, et une partie constitutive de notre mission. L’annonce de la ‘Bonne Nouvelle’ trouve aujourd’hui une nouvelle ampleur, grâce au caractère multiple des moyens de communication, à la connexion sur la Toile, à l’interactivité et à la virtualité. L’attention envers nos interlocuteurs, à ceux que nous appelons les ‘destinataires’ de l’apostolat, nous rend particulièrement sensibles pour assumer les nouvelles formes, les langages et les technologies de la communication, en parvenant à vaincre la paeur de la nouveauté. Nous sentons qu’il est urgent de raviver en nous la passion de Saint Paul pour communiquer à tous Jésus Maître, Voie, Vérité et Vie, dans la culture de la communication de notre temps, mais aussi pour trouver de nouvelles voies apostoliques. Le problème est important, à n’en point douter : comment animer la culture de notre époque, et comment inculturer la Parole dans l’ère de la communication. C’est là la question que nous nous posons, et en même, nous nous demandons quelle est notre mission, sur les pas de Saint Paul, un grand communicateur, et , comme le dirait Ketteler, un journaliste ante litteram ».

 

 

 

La Compagnie de Saint Paul

 

            La Compagnie de Saint Paul naît en 1920 à Milan, sur le désir du Bienheureux Cardinal Andrea Carlo Ferrari et de son secrétaire l’abbé Giovanni Rossi.

            Andrea Ferrari était né en 1850 à Lalatta di Palanzano, dans le Diocèse de Parme, dans une famille modeste, mais riche de foi. Il fut ordonné prêtre à 23 ans ; après une expérience de ministère paroissial et d’enseignement, il devint Supérieur du séminaire diocésain de Parme en 1877. Pendant le Pontificat de Léon XIII, il fut nommé Evêque de Guastalla en 1890, de Côme en 1891, et enfin de Milan en 1894, et fut nommé Cardinal. Il ajouta à son nom de Baptême celui de Charles, en l’honneur de Saint Charles Borromée. Il mourut le 2 février 1921, après s’être dépensé entièrement pour les activités sociales et pour l’animation de l’Eglise de Milan.

            Le premier noyau de la compagnie comprend des laïcs provenant de l’Action Catholique, et des prêtres, don l’Abbé Giovanni Rossi, tous dévoués à l’apostolat, avec la tâche de réaliser des œuvres sociales, et de rapprocher les gens à la foi ; un autre groupe, avec le Père Gemelli travaille en revanche dans le domaine culturel, et il en naîtra l’Université Catholique. Durant les premières années, la Compagnie travaille au sein de l’action Catholique, mais en 1924 déjà, ayant pris une identité propre, elle acquiert le statut de Congrégation religieuse, dépendant directement du Saint-Siège.

            En une dizaine d’années, la Compagnie de Saint Paul compte de nombreuses adhésions, et connaît un grand développement. L’abbé Giovanni Rossi, qui est devenu le Supérieur Général de la Compagnie, réalise des programmes orientés vers les secteurs les plus populaires de la société. On crée des écoles professionnelles, un cercle de culture pour les jeunes, une bibliothèque, un cinéma, une cantine économique, un secrétariat du peuple, et une maison pour les filles-mères. Ce sont là des activités qui, à l’époque, ne manquèrent pas de susciter des critiques, mais qui se développèrent dans la ligne du, mandat du Cardinal Ferrari : « Sortez des sacristies, allez sur les places ». La compagnie de Saint Paul commence en outre son expérience dans l’organisation des pèlerinages, et son travail dans le domaine de l’édition et dans l’imprimerie de journaux.

            A côté de la diffusion dans d’autres diocèses d’Italie, Rome, Venise et Gènes, on voit s’affirmer rapidement aussi la « dimension international de l’Institut, avec une expansion çà Jérusalem, en contact avec les palestiniens, à Paris, puis en Amérique du Sud, Argentine, Uruguay, Chili, avec des Maisons à Buenos Aires, cordoba, Rosario, Montevideo, Santiago, et enfin aux Etats-Unis, Washington et New York. Pour obtenir l’accueil et l’adhésion aux idéaux pauliniens chez les laïcs, on fonde l’Association Cardinal Ferrari, qui coopère au développement des initiatives sociales de l’œuvre Cardinal Ferrari.

            En 1934, l’abbé Giovanni Rossi, qui avait déjà abandonné la charge de Supérieur général en 1929, abandonne le projet initial du Cardinal Ferrari d’apostolat social, et se consacre uniquement à l’évangélisation et aux Missions. En 1939, la « scission » est définitive avec la fondation à Assise de la "Pro Civitate Cristiana ».

            Pendant ce temps, en France, à Paris, l’apostolat important de la « Maison de la Jeunesse » est interrompu en raison de sa fermeture, après les développements du fascisme en Italie et la crise économique des années 1929-1930. En effet, le programme de la compagnie, orienté vers les classes populaires, fut placé aussitôt à l’écart par la politique sociale du régime. Pendant la seconde guerre mondiale, l’effort se concentre sur les personnes persécutées, tout d’abord les victimes des lois raciales, en cachant dans le siège de Milan des partisans et des juifs, et puis, après le 25 avril, les républicains de Salò.

            En 1945, l’abbé Antonio Rivolta fonda à Civitavecchia (Rome), la « République des Jeunes », un village qui accueille des enfants sans maison et sans appui familial, en les enlevant à la vie de débauche et à la pègre. La fin de la guerre et ke réunification des familles comporte aussi une série de problèmes psychologiques, affectifs et sociaux ; et l’abbé Paolo Liggeri, rentré du camps de concentration de Dachau, ouvre à Milan l’Institut « La Casa », le premier centre de consultation familiale en Italie, une structure sociale absolument inédite pour l’époque.

            Le 30 juin 1950, la Compagnie de Saint Paul obtient du Pape Pie XII la reconnaissance d’Institut Séculier, et arriva avec ce statut jusqu’aux années du Concile Vatican II. La mise à jour de l’Institut, qui s’ensuivit, ouvre les portes aussi aux personnes mariées. « La Compagnie de Saint Paul, déclare l’article 2° des Constituions actuelles, se propose d’élever humainement, et d’animer d’esprit évangélique, la vie et les activités sociales et individuelles. Ses membres, attentifs aux besoins et aux demandes de leurs contemporains, travaillent soit de manière communautaire, soit de manière individuelle, avec une esprit de nouveauté et de service, à l’exemple de Saint Paul qui s’est fait tout à tous ». En Italie, les Pauliniens sont au nombre d’une centaine environ, des femmes en majorité, plus trente familles de membres associés. De nombreuses vocations se manifestent en Amérique du Sud, au Chili et en Argentine.

 

 

Entretien avec don Luigi Paroni, responsable de Villa Clerici et des activités de la Maison de Rédemption sociale de la Compagnie de Saint Paul à

 

            « La Compagnie de Saint Paul est née du magistère social du, Cardinal Ferrari, qui se laissait guider par les besoins des gens, et qui répondait par des considérations pratiques. En suivant l’enseignement de Saint Paul, ‘l’amour du Christ nous pousse’ (2 Corinthiens 5, 14), il fallait en effet affronter les deux processus de l’industrialisation et de l’urbanisation, et aider les couches les plus populaires, enlever les enfants de la rue, pourvoir à toute une série d’activités sociales. Après la mort du Cardinal en 1921, son successeur Mgr Achille Ratti béni la première pierre de la Maison de la rue Mercalli, en Centre qui, en plus d’autres services, comprenait même le bureau de placement pour le travail ». L’abbé Luigi Paroni, curé de l’église Saint Benoît à Rome pendant 18 ans, confiée depuis 1925 à la Compagnie de Saint Paul, est actuellement responsable de la Villa Clerici et la Maison de Rédemption sociale de Milan.

 

De Milan, la Compagnie arriva aussi à Rome, sous la protection de Pie XI. Comment cela se fit-il ?

            « Elu Pape en 1925, le Cardinal Ratti fit en sorte de pouvoir insérer une petite communauté de Pauliniens sous la direction de don Ercole Gallone, rue du Gazomètre à Rome. C’était un quartier en pleine naissance, un nouveau pôle industriel avec, au centre, le centre de ravitaillement des Forces armées, le magasin général des casernes de la Capitale. Don Ercole était venu à Rome avec un groupe de pèlerins pour l’Année Sainte de 1925, sans se douter le moins du monde des vues que Pie XI avait sur lui. Mais le Pape, qui connaissait bien l’œuvre précieuse que réalisaient les Pauliniens à Milan, voulait leur présence pour assurer un contact avec le monde du travail, et pour faire face aux problèmes que l’industrialisation et l’urbanisation portaient avec elles. Ce fut ainsi que don Ercole accepta l’invitation, et s’établit dans la petite église de Saint Benoît, où il resta sept ans environ. Après lui, arivèrent don Guerrini (1932-1937), ami de Paul VI, et enfin don Gregorini (1937-1984) qui fut aussi Camerlingue du Diocèse de Rome.

 

Comment sont les expériences aujourd’hui?

            « L’expérience de la Maison de Rédemption Sociale se poursuit à Milan, tout comme la République des Jeunes à Civitavecchia, et l’’Institut ‘La Casa’ qui porte une attention particulière aux familles. L’œuvre Cardinal Ferrari continue sn travail en faveur des ‘charismes’, les pauvres. A New-York, les Pauliniens se consacrent à l’accueil des étudiants et des nécessiteux, et, au Chili et en Argentine, nous avons de nombreuses autres présences. Notre grande espérance pour l’avenir, repose dans les membres associés qui, à côté des laïcs consacrés, forment un groupe bien formé et bien préparé, dont pourront naître aussi des vocations sacerdotales ».

 

Comment vivrez-vous l’Année de Sant Paul?

            « Nous organisons une Semaine d’événements pour susciter chez les gens une attention nouvelle sur ce que nous faisons. La Compagnie, en plus des œuvres sociales, est aussi particulièrement active dans le domaine de l’édition, dans l’organisation et dans la direction des pèlerinages, dans l’éducation, et dans l’art sacré contemporain ».

 

 

 

Dossier réalisé pari A.M.,N.Z.,M.S. - Agence Fides 25/10/2008; Directeur Luca de Mata

Instituts Religieux qui s’inspirent de l’Apôtre Paul

 

Passage du Message du Pape Benoît XVI pour la Journée Mondiale des Missions 2008

 

« Chers frères et sœurs, « duc in a       ltum » ! Prenons le large dans la vaste mer du, monde et, en suivant l’invitation de Jésus, jetons sans peur les filets, confiants dans son aide constante. Saint Paul nous rappelle que prêcher l’Evangile n’est pas une vantardise (cf. 1 Corinthiens 9, 16), mais une tâche et une joie. Chers Frères Evêques, en suivant l’exemple de Paul, que chacun se sente ‘prisonnier du Christ pour les Nations (cf. Ephésiens 3, 1), en sachant que nous pouvons compter, dans les difficultés et dans les épreuves, sur la force qui vie de lui […].

« Et vous, chers religieux et religieuses, marqués, par vocation, d’une forte connotation missionnaire, apportez l’annonce de l’Evangile à tous, et spécialement à ceux qui sont loin, par un témoignage cohérent rendu au Christ et par une vie radicale de disciple de son Evangile ».

 

 

Le caractère multiforme des charismes

 

Rome (Agence Fides) – La mention de Saint Paul dans le titre d’un Institut religieux est un fait relativement récent. A une époque plus ancienne, l’Apôtre des Nations donnait en effet sn nom à de nombreux monastères dans le monde ; mais c’est seulement avec la centralisation des Instituts commencée à l’époque moderne, que des fondateurs, animés par une dévotion personnelle et par un programme apostolique bien précis, l’ont choisi comme patron de leurs Instituts et de leurs œuvres.

            Saint Antoine-Marie Zaccaria (1502-1503), Fondateur des Clercs Réguliers de Saint Paul (Barnabites), et d’un autre Ordre appelé les « Sœurs Angéliques de Saint Paul », fonde la première Famille religieuse placée sous la protection de Saint Paul, animée par un programme généreux de réforme, à la veille du Concile de Trente.

            Un peu plus d’un siècle plus tard, le Sœur de Saint Paul de Chartres, fondées en 1696 dans le cadre de la spiritualité de Saint Vincent de Paule, doivent leur dénomination à l’Evêque du lieu, Mgr. Paul Godet de Marais. Avec le temps, la référence à Saint Paul se révélera particulièrement féconde et appropriée aux communautés religieuses ayant une forte identité missionnaire. Les sœurs de la Charité de Saint Paul, à Birmingham, sont une filiation de Chartres (1847). C’est la même choses pour les Sœurs de Saint Paul d’Angoulême, fondées en 1825, et qui se sont rassemblées ensuite en 1854 dans la Société du Sacré-Cœur.

            A partir du XIX° siècle, le titre est presque toujours à rapporter à un programme apostolique précis, changé par le charisme paulinien. Alors que les Sœurs Aveugles de Saint Paul (1852 choisissent comme devise un passage de la Lettre aux Ephésiens (« A présent, nous sommes lumière dans le Seigneur » Ephésiens, 5, 8), Isaac Hecker, en 1858 comprend la Mission au sens œcuménique. Le Chanoine Joseph Schorderet, en 1873, plaça en revanche sous le patronage de Sant Paul son Oeuvre pour la diffusion de la Bonne Presse, soutenu explicitement part Pie IX.

            Deux autres fondateurs rappellent le lien entre Sait Paul et les moyens de communication sociale dans les premières années du XX° siècle :l’Evêque grec-melkite Germanos Mouakkad (Missionnaires de Saint Paul en 1903, et l’abbé » Giacomo Alberione (Société Saint Paul, et fille de Saint Paul) en 1914-1915). La compagnie de Saint Paul (1920, voulue par le Cardinal Andrea Carlo Ferrari, travaille en partie dans le même domaine pastoral, et poursuit un programme d’assistance et de promotion sociale.

            Dans le domaine sociale, précisément, à la fin du 19° siècle, Jakob Friedrich Bussereau était parvenu à unir dans la fraternité religieuse un groupe de prêtres et de religieuses pour les soins aux handicapés mentaux. Quelques années plus tard, le Maltais Giuseppe De Piro (1877-1933) avait transmis son grand idéal paulinien à une “petite société” missionnaire.

            A l’occasion de l’Année de Saint Paul et du Mois des Missions, l’Agence Fides fait le tour, avec ce Dossier, de l’histoire des Familles Religieuses qui s’inspirent de Saint Paul pour leur apostolat, en soulignant les problèmes du passé et du présent, l’état des Missions, et les initiatives en lien avec l’Année de Saint Paul. Nous remercions pour leur contribution les Supérieures et les Supérieurs Généraux , ainsi que les Directeurs et les Responsables des Instituts.

 

Dévotions particulières

 

            Tous les Instituts religieux ont des dévotions particulières envers Saint Paul, dans la mémoire liturgique – avec la célébration des moments marquants de la vie de l’Apôtre – et dans la prière quotidienne. Plusieurs Fondateurs ont laissé des textes d’une spiritualité profonde, de catéchèse ou de commentaire sur la personne et les Lettres de Sat Paul, qui font partie intégrante de leurs Constitutions et de leurs livres de prière : c’est le cas de Saint Antoine Maria Zaccaria, de Marie Anne de Tilly, de Giacomo Alberione, de Germanos Mouakkad, de Giuseppe De Piro et d’Isaac Hecker.

 

            Les deux Instituts d’Alberione (Société de Saint Paul, et Filles de Saint Paul), suivent un cycle de dévotion particulièrement structuré et riche. En 1918 déjà, la petite communauté paulinienne consacrait à l’apôtre tout le mois de juin, et récitait « la petite couronne de saint Paul », une série d’invocations centrées sur la conversions, les conseils évangéliques et l’apostolat. En 1958, Don Alberione déclara pour la Famille Paulinienne un « Jubilé de Saint Paul » à l’occasion du XIX° Centenaire de la Lettre aux Romains. Don Alberione est en outre auteurs de plusieurs prières à Saint Paul , dont une pour la protection de la bonne presse.

            Les autres Instituts eux aussi récitent des prières pour leur charisme spécifique. L’apostolat est invoqué pour son zèle missionnaire, pour l’’enseignement, la vocation et la conversion.

 

 

Chronologie des fondations

 

- Barnabites (année de fondation 1533), (nation de fondation: Italie)

- Soeurs Angéliques de Saint Paul  (1535), Italie

- Sœurs de Sant Paul de Chartres (1696), France

- Soeurs de Sant Paul d’Angoulême (1825), France

- Soeur de la Charité de Saint Paul (1847), Angleterre

- Soeurs Aveugles de Saint Paul (1852), France

- Pauliniens (1858), Etats-Unis

- Oeuvre de Saint Paul (1873), Suisse

- Société de Saint Paul (1871), Chine

- Missionnaires de Saint Paul (1903), Liban

- Société Missionanire de Saint Paul (1910), Malte

- Soeurs de Saint Paul (appr. 1913), Allemagne

- Frères de Saint Paul  (appr. 1913), Allemagne

- Société de Saint Paul (1914), Italie

- Filles de Saint Paul (1915), Italie

- Compagnie de Saint Paul (1920), Italie

 

 

 

 

Barnabites, Angéliques et Laïcs de Saint Paul

 

            La plus ancienne Famille religieuse qui s’inspire de Saint Paul, a été fondée en 1530 à Milan, par Saint Antoine Maria Zaccaria (1502-1539). Reconnu aujourd’hui pour son œuvre réformatrice avec Saint Gaétan de Thiene et Saint Ignace de Loyola, Zaccaria avait une forte spiritualité eucharistiques et une dévotion particulière envers Saint Paul Apôtre, qui avait mûri pendant les années de sa préparation au sacerdoce. Diplômé en médecine (doctorat), il s’était consacré dans un premier temps au soin des malades les lus pauvres, et avait choisi ensuite la vie sacerdotale à 26 ans.

            Entré dans l’Ordre de l’ « 'Eterna Sapienza » de Milan, il avait partagé ses idées de réforme avec plusieurs nobles milanais, et il avait fondé un premier groupe appelé les « Petits enfants de Paul Apôtre » (“I Figliuoli di Paolo Apostolo”). « Soyez donc sûrs, écrivait-il, que vous bâtirez, sur les fondements  de Paul, non pas du foin ni du bois, mais de l’or et des pierres précieuses, et qu seront ouverts, au-dessus de vous et des vôtres, les cieux et leurs trésors ».

            En 1533, le Pape Clément VII approuva la branche masculine qui, avec la Bulle de Paul III en date du 24 juillet 1535, prit le nom de Clercs Réguliers de Saint Paul « Decollato ». Dans un autre Bref, le Pape reconnut aussi le rameau féminin, les Angéliques de Saint Paul « Converso » (la dénomination fut approuvée officiellement en 1449 par Paul III), fondées par la Comtesse de Guastalla Ludovica Torelli (qui avait fourni l’appui économique, et participera à toutes les activités caritatives de la Congrégation). Il faut rappeler aussi la figure d’Angelica Paola Antonia Negri, qui eut un rôle de guide, non seulement chez les religieuses  mais aussi chez les Barnabites et les « Coniugati » de Saint Paul, quand le Fondateur mourut subitement, jeune. Les Clercs s’installèrent dans l’église de San Barnaba à Milan, et prirent ainsi le nom populaire, qui est resté jusqu’à nos jours, de Barnabites

 

 « Nous courons comme des fous non seulement pour Dieu, mais aussi pour le prochain »

 

            Le programme de Sant'Antonio Maria Zaccaria prévoyait une réforme radicale de l’Eglise lombarde, qui était affligée par le nombreux problèmes très répandus à l’époque: diocèses sans Evêque, clergé privé d’une formation théologique suffisante, baisse de la pratique religieuse, Monastères et Couvents en pleine décadence. Dans une lettre de 1531, le Saint avait écrit à ses amis : « Nous courons comme des fous non seulement pour Dieu, mais aussi pour le prochain »

            La Compagnie prévoyait des activités pastorales auprès des gens du peuple, et dans les monastères. En 1537, commença la première mission en dehors du duché de Milan, à Venise ; mais là, les Barnabites, Angéliques et « Conjugati » (c’est ainsi qu’on appelait au début les laïcs, « mariés ») ne rencontrèrent pas la faveur des autorités et furent dénoncés à l’Inquisition pour hérésie. Innocentés de cette accusation, les « Enfants de Saint Paul » reçurent toutefois une réprimande du Sant Office, qui les invitait à se conformer aux canons de la vie religieuse déjà précisés par le Concile de Trente. C’est dans cette optique qu’il faut replacer les Angéliques, qui passèrent à la « clôture » en 1552.

            Au début du XVII° siècle, les Barnabites entrèrent progressivement dans le domaine éducatif – qui restera une tâche spécifique de leur apostolat – et durent faire face aux premiers problèmes missionnaires, en Chine et en Birmanie, alors que, en Europe, de nouvelles fondations voyaient el jour en France, en Autriche et en Bohème.

            Le XVIII° siècle reste, aujourd’hui encore comme le « siècle d’or » de la Congrégation, qui toucha les plus grandes Cours italiennes, grâce à la science de nombre de ses membres, et jouit aussi de la protection du Pape Benoît XIV.

            En 1810, la suppression des Ordres religieux, décrétée par Napoléon I°, marqua un déclin drastique de la Famille fondée par Zaccaria, et ce déclin durera jusqu’à la fin du siècle. Les Barnabites, dispersés dans un premier temps, réussirent à reconstituer une communauté à Rome en 1814, mais dut attendre 1825 pour faire de même à Milan. Dans le même temps, la branche féminine connaissait un choc plus grand encore, avec la mort, en1846, de la dernière Angélique, Mère Maria Teresa Trotti Bentivoglio. En 1879, le Père Pio Mauri, Barnabite, reprit en mans les anciens documents de la Congrégation, conservés par Mère Maria Teresa Trotti Bentivoglio, et put faire renaître une petite communauté d’es Angéliques à Crémone. Durant ces mêmes années, la branche masculine contrait ses efforts dans l’éducation des jeunes, en commençant à ouvrir des patronages qui seraient tels quels par Don Bosco.

            L’année 1903 fut l’année de l’ouverture aux Missions, avec l’arrivée des premiers Barnabites au Brésil. Tout au long du siècle, l’expansion se fera dans tous les continents ; et, aujourd’hui, la Congrégation est présente dans 15 Pays : République Démocratique du Congo, Rwanda, Afghanistan, Philippines, Inde, Albanie, Belgique, Espagne, Pologne, Argentine, Brésil, Canada, Chili, Etats-Unis, Mexique (dernière fondation, en 2003). Les Angéliques, elles aussi suivront l’évolution missionnaire du rameau masculin grâce surtout à la direction charismatique de la Vénérable Mère Flora Bracaval (1861-1935), première Supérieure Générale de la Congrégation reconstituée. Sous son impulsion, les angéliques obtiennent l’abolition de la clôture, et le retour au charisme originel voulu par Sant'Antonio Maria Zaccaria.

            Toute la famille de Sant'Antonio Maria Zaccaria, né dans le climat lombard de la pré-réforme tridentine, est projetée aujourd’hui vers les nouveaux problèmes de l’évangélisation et de l’inculturation, sur le modèle de Saint Paul. Le laïcat faity partie intégrante de ce programme, et collabore à toutes les activités animées par les deux Instituts religieux ; le Mouvement des Jeunes de Sant'Antonio Maria Zaccaria, dirigé spirituellement par les Angéliques, aide les jeunes à s’approcher de la vie chrétienne, grâce au charisme paulinien

 

 

Entretien avec le Père Giovanni Maria Villa, Préposé Général des Clercs Réguliers de Saint Paul  

« Notre fondateur, sant'Antonio Maria Zaccaria, avait misé, au début du XVI° siècle sur toutes catégories de l’Eglise : les prêtres – avec les Clercs Réguliers de Saint Paul -, le religieuses – avec les Angéliques de Saint Paul – et enfin les laïcs appelés les « Maritati di San Paolo », aujourd’hui « Laïcs de Saint Paul. Son objectif était de réaliser un programme de réforme qui, au-delà de la signification de ce terme liés aux événements de l’époque, était compris par lui comme un renouveau intérieur à la lumière de la Parole de Dieu, pour tous les chemins de vie ».

 

Pourquoi le rappel à l’Apôtre Saint Paul?

« Notre charisme était de convertir les gens et de les aider à vivre chrétiennement, d’où l’inspiration à l’Apôtre de la part du Fondateur qui le considérait comme un guide et un protecteur personnel. Aux XVII° et XVIII° siècles, il y a eu ensuite chez les Barnabites plusieurs grands spécialistes de Saint Paul, tradition qui continue aujourd’hui encore. Les Barnabites, quoi qu’il en soit, travaillaient essentiellement, dans les premiers temps, dans les différents Diocèses sous l’autorité de l’Evêque Ordinaire, sans diriger directement des œuvres sociales ou éducatives, mais en collaborant dans la direction spirituelle et dans activités pastorales. Aujourd’hui encore, c’est là le trait qui nous distingue le plus. Notre Congrégation n’a jamais été très nombreuse, si l’on considère que, dans sa période de plus grand développement, le XVIII° siècle, ses membres n’étaient pas plus de 800, et ils sont aujourd’hui au nombre de 400. Durant les derniers siècles, nous avons toutefois élargi notre travail dans des secteurs spécifiques, comme l’enseignement et, à partir de la moitié du 18° siècle, dans l’évangélisation ‘ad gentes’, en commençant par la Birmanie ».

 

Comment vivez-vous aujourd’hui les problèmes missionnaires?

« Le charisme missionnaire de Saint Paul a été de nouveau approfondi au début du XX° siècle, en commençant par le Brésil, et en continuant, après la deuxième guerre mondiale, avec l’Amérique du Nord, l’Afrique et les Philippines. Dans les Missions, nous nous consacrons à la formation des communautés missionnaires, un travail de consolidation de tout ce qui avait déjà été fait avant notre arrivée. Aux Philippines et en Amérique Latine surtout, nous enregistrons un certain nombre de vocations de jeunes. Au total, nous avons 60 profès temporaires ».

 

“Il carisma missionario di San Paolo è stato ulteriormente approfondito all'inizio del Novecento, cominciando dal Brasile e continuando dopo la II Guerra Mondiale con il nord America, l'Africa e le Filippine. Nelle missioni ci dedichiamo alla formazione delle comunità missionarie, un lavoro di consolidamento di quanto è già stato fatto prima del nostro arrivo. Soprattutto nelle Filippine e nell'America Latina oggi registriamo un certo numero di vocazioni giovanili. In totale abbiamo 60 professi temporanei”.

 

Quelles initiatives sont prévues pour l’Année de Saint Paul, et qu’en attendez-vous?

« A l’occasion de l’Année de Saint Paul, nous avons prévu trois journées au mois d’octobre auxquelles participeront les Barnabites, les §angéliques, et les Laïcs, pour réfléchir sur notre charisme et notre histoire, et pour fêter ensemble cet événement, dans la Basilique de Saint Paul à Rome. Bien sûr, tout au long de l’année, il y aura d’autres initiatives au plan local. Nous souhaitons que el retour à Saint Paul soit l’occasion pour nous vivifier nous-mêmes, et pour nous aider à renouveler les communautés chrétiennes qui nous sont confiées ».

 

Entretien avec Mère Alnaissi ASP, Supérieure Générale des Angéliques de Saint Paul

            Notre Congrégation, fondée en  1535 à Milan, représenta une grande nouveauté pour l’époque. Les Angéliques, en effet, furent le premier Institut féminin qui n’était pas de clôture, mais appelé à un apostolat actif, avec un idéal essentiellement éducatif et réformateur. Les premières religieuses étaient souvent envoyées dans des monastères en décadence, pour y transmettre le nouvel esprit, une ferveur chrétienne qui s’était perdue ».

 

Quelles difficultés a rencontré le nouvel Institut?

            Notre charisme d’éducation à la foi se heurtait à l’ignorance générale. Les Angéliques, avec les Barnabites, organisaient des Missions populaires dans les paroisses pour rappeler même seulement les principes de base de la foi. En 1552, s’imposa la clôture quie la le concile de Trente, dix ans plus tard, aurait rendu obligatoire pour toutes les Congrégations féminines. Depuis ce moment, jusqu’à la suppression par Napoléon, en 1810, les angéliques furent une des nombreuses réalités contemplatives de l’Eglise. En 1846, la dernière Angélique décéda, et puis, avec la nouvelle Fondation en 1879 par le Père Pio Mauri, Barnabite, commença une nouvelle saison et un travail croissant dans les œuvres sociales ».

 

Un retour aux origines

            “En un certain sens, oui, étant donné que Sant'Antonio Maria Zaccaria avait pensé pur nous aussi à l’apostolat actif. L’occasion se présente pendant la première guerre mondiale dans notre Monastère d’Arienzo, en Campanie, où les religieuses, grâce à l’appui de l’Evêque du, lieu et avec l’autorisation du Saint-Siège, prennent la direction d’orphelinats pour les orphelines de guerre, et se consacrent à l’enseignement du catéchisme. En 1926 un Décret Pontifical rétablit notre charisme antique, en donnant en outre une physionomie nouvelle à l’Institut, en ordonnant la fusion des Monastères formellement autonomes, et la naissance d’un Chapitre Général de la Congrégation. Aussitôt après commence notre activité missionnaire, qui est aujourd’hui encore en expansion ».

 

Missionnaires, où et avec queles programmes?

            Les premières aspirantes étaient déjà arrivées à Arienzo, en 1922,  du Brésil – là-bas, les Barnabites y travaillaient depuis plusieurs années. Le Brésil forme à présent une Province ; nous avons 10 Maisons et 43 religieuses non italiennes sur les 65 en tout. Après le Brésil, d’autres Pays ont suivi : La Belgique (-1935), le Congo (1963), l’Espagne et les Etats-Unis (1965), le Kosovo (1976), les Philippines (1986), le Chili (1993), la Pologne (2005, l’Indonésie (2006), et, depuis un an , le Rwanda, où nous avons la gestion d’un orphelinat qui accueille plus de 140 enfants. Dans les Missions, nous nous consacrons surtout à l’éducation chrétienne et à l’enseignement, en nous adaptant, bien sûr, aux différents systèmes scolaires existants. Partout où nous allons, nous construisons des écoles de tous niveaux (des écoles maternelles aux lycées), ou bien nous nous insérons dans les structures déjà existantes, grâce à un certain nombre de sœurs qui enseignent ; et puis il y a aussi les activités pastorales dans les paroisses. Evidemment, en Italie où nous avons 12 Maisons et 79 religieuses, nous sommes pré »sentes dans le domaine de l’éducation. L’Institut Saint Paul de Rome accueille 600 étudiants ».

 

Qu’attendez-vous de l’Année de Saint Paul?

            “Un nouvel approfondissement  sur sa figure et sur ses Lettres. Ce sera aussi une invitation en plus pour cultiver l’unité de notre famille – prêtres, religieuses et laïcs de Saint Paul

 

 

 

Les Sœurs de Saint Paul de Chartres

 

            Un Décret de Napoléon en 1811 les reconnaissait juridiquement comme « Sœurs Hospitalières de Saint Paul », connues aussi sous le nom de « Saint Maurice de Chartres ». Le groupe des jeunes dévouées au service des enfants, des pauvres et des malades, était né plus d’un siècle auparavant, en 1696, à Levesville-La-Chenard, grâce au Père Louis Chauvet et la jeune noble Marie Anne de Tilly.

            A la fin du XVII° siècle, i y avait en France plusieurs communautés féminines qui travaillent selon l’esprit de Saint Vincent de Paul. Par rapport aux autres Instituts, les Sœurs ou Filles de la Charité ne faisaient pas de vœux religieux, et ne percevaient aucun revenu, mais elles pouvaient vivre leur vocation en dehors du cloître. Comme d’autres Pays européens, la France était à l’époque un territoire à évangéliser, là, dans les campagnes surtout, il n’y avait pas de clergé en nombre suffisant. En conséquence, on manquait de vie paroissiale, au détriment d’une formation chrétienne complète.

            Quand le Père Chauva arriva à Levesville, venant de la Provence (1694), il se rendit compte de l’état d’abandon de la paroisse, et décida de rester pour s’occuper des activités pastorales. En 1696, la petite communauté de jeunes filles qui l’aidait n’avait pas encore  une idée claire sur son propre avenir. Les quatre jeunes se consacraient à la catéchèse des enfants pauvres, et visitaient les malades de la paroisse, en se laissant guider par ses conseils spirituels. Au début, l’arrivé de Marie Anne de Tilly avait suscité des oppositions dans l’aristocratie locale, car il était inconcevable qu’une femme nombre s’unisse à un groupe de jeunes paysannes. Sa présence toutefois, même si elle a été brève (elle mourut à 38 ans en 1703) aida les jeunes, toujours plus nombreuses à ; prendre de plus en plus conscience de leur engagement. En 1708, le Père Chauvet en parla à l’Evêque du lieu, Mgr Paul Godet de Marais qui leur donna le nom de « Sœurs de Saint Paul, et leur attribua une habitation dans les faubourgs de Chartres, Saint Maurice, et delà, elles se répandirent rapidement dans les autres diocèses. Dans le même temps, il en donnait la charge au Père Claude Maréchaux, docteur en théologie à la Sorbonne.

            Après leur transfert à Saint Maurice, les Sœurs de Saint Paul étendirent leur rayon d’action à de nombreuses petites écoles rurales. Les filles les plus jeunes pouvaient y apprendre non seulement les fondements du catéchisme et de l’instruction, mais elles apprenaient aussi un métier adapté à leur condition. Les écoles étaient gratuites, et, pour recueillir de l’argent, les religieuses tricotaient des bonnets de laine et des chaussettes de femmes. Leur travaux étaient de très bonne qualité, et, pour cette raison, dans les premiers temps, l’Institut connut des difficultés à cause d’un procès intenté par la confédération des lainiers de Chartres, qui détenaient le monopole dans le domaine textile.

            En 1727, le Comte de Maurepas, Secrétaire d’etat, demanda à l’Evêque de Chartres s’il était possible d’envoyer des religieuses à l’Hôpital de Cayenne en Guyane. Quatre religieuses (Marie Méry, Madeleine Bilharam, Marie Malaire et Françoise Taranne) furent choisie parmi un grand nombre de volontaires. Ce fut là la première d’une longue série de Missions dans le monde entier. Au XIX° siècle, quand les nouvelles fondations françaises eurent posé les bases pour d’autres ramifications dans le reste de l’Europe (en Allemagne surtout, par la directrice de Strasbourg, en Angleterre à Birmingham, directement de Chartres), les Missions atteignirent l’Orient :Thaïlande, Hongkong, Corée, Chine, Vietnam, Japon. Entre 1850 et 1950, 941 religieuses missionnaires partirent pour l’Orient, et 791 pour les Indes Occidentales et la Guyane.

            La Révolution entraîna la dispersion, même pour cet Institut formellement non religieux mais travaillant simplement comme « association caritative ». La Supérieure Générale, Mère Josseaume, et celles qui s’opposèrent au serment de fidélité à la Constitution, furent arrêtées. Grâce au Décret de Napoléon I°, l’Institut obtint de nouveau la liberté, et fut reconnu juridiquement. « Les Sœurs de Sant Paul déclarait-on, ont l’objectif de servir et de secourir ceux qui souffrent dans les hôpitaux et dans d’autres endroits du même genre, mais aussi d’instruire les enfants, en France et dans les Colonies ». En 1834, à la mort de Mère Josseaume, l’Institut comptait 445 religieuses, dont 45 missionnaires à Cayenne, en Guadeloupe et en Martinique.

            Le grand développement missionnaire coïncidait avec l’aspiration des membres à faire non plus des vœux simples, mais de véritables vœux religieux. A leur demande, l’Evêque de Chartres, en qualité de Supérieur ecclésiastique de la communauté publiait en 1853 un décret qui acceptait ces résolutions, et précisait une duré de noviciat non inférieure à deux ans. Le 17 juin 1931, arrivait l’approbation de l’Institut par Pie XI. Le texte approuvait « ad experimentum » les Constitutions ; auparavant, les Filles de Saint Maurice notaient leurs promesses dans un Livre qui, avec le temps, était devenu une sorte de « journal mémorial » de la communauté ;le seul texte guide avait été préparé par le Chanoine Charles de Truchy dans la première moitié du 18° siècle, pour protéger la simplicité du noyau originel, et éviter uen fragmentation excessive. Les Constitutions furent approuvées définitivement par Pie XIII, le 13 juin 1949, et furent ensuite mises à jour pendant la période conciliaire, avec une nouvelle Règle, le Livre de ka Vie, approuvé définitivement par le Saint-Siège en 1988. L’article 2 déclare : « De l’exemple de Saint Paul, les Sœurs se font tout à tous. Fidèles à l’humilité de leurs origine, elles veulent vivre la pauvreté et la simplicité de l’Evangile ».

            Actuellement, les Sœurs de Saint Paul de Chartres forment une nombreuse Famille, qui compte environ 4.000 religieuses, dans 36 Pays des 5 Continents ; leur dernière Mission en date a été ouverte à Kazakhstan en 2008. Leur apostolat est celui de toujours : l’instruction des enfants et des orphelins, l’éducations des jeunes femmes, le soin des malades, l’assistance aux personnes âgées, le service pastoral dans les communautés les plus lointaines et les plus dépourvues.

 

 

Entretien avec Mère Myriam Kitcharoen, Supérieure Générale des Soeurs de Saint Paul de Chartres

            Le Chapitre de 2007, reprenant l’enseignement d’Isaïe, nous a poussé à étendre nos tentes, c’est-à-dire à étendre nos Missions, notre service en faveur de la Parole de Dieu. Cela requiert une solide formation intérieure pour ouvrir le cœur à la Mission, aux nombreux personnes dans le besoin, dans le monde actuel. A l’imitation de Saint Paul, nous nous laissons guider et instruire par le Saint-Esprit pour remettre notre avenir dans les mains de Dieu, et construire des communautés qui soient des manifestations d’une authentique et nouvelle Pentecôte ».

 

Quel héritage ont laissé le Père Chauvet et Marie Anne de Tilly?

            « Le Saint-Esprit a donné au Père Chauvet le charisme qui a fondé notre Communauté. Elle découle fondamentalement du passage de l’Evangile : ‘Chaque fois que vous avez fait ces choses à un seul de mes frères les plus petits, c’est à moi que vous l’ »avez fait’ (Mathieu 25, 40). Et Marie-Anne de Tilly a dit : ‘J’ai quitté le monde, et je me suis donnée tout entière à Dieu, pour le bien de l’Eglise et pour le service de mon prochain’. C’est là l’essentiel de notre charisme : élever l’homme et son esprit, avec une options préférentielle pour les pauvres, et pour les endroits où les autres ne vont pas ».

 

Où travaillent actuellement les Soeurs de Saint Paul de Chartres?

            « En suivant l’exemple de Saint Paul, nous travaillons auprès des pauvres et des malades, où qu’ils se trouvent : dans les villes, dans les campagnes, dans les hôpitaux, dans les dispensaires, o chez eux. Nous donnons l’instruction aux jeunes, sans faire de distinction entre riches et pauvres, en les suivant à tous les niveaux d’étude, jusqu’à l’Université, de manière à ce qu’ils réussissent à trouver  une place dans la société, et puissent construire une famille. Partout, nous proclamons avec zèle le Royaume de Dieu par la parole et par le témoignage de notre vie »

 

Comment abordez-vous l’appel missionnaire?

            Nous donnons beaucoup de place à la formation. Aujourd’hui, il y a un besoin urgent de formation ; non seulement d’une sérieuse préparation linguistique et culturelle, mais aussi d’un appel authentique à annoncer l’Evangile. Pour être missionnaires, il fait écouter la Parole de Dieu, marcher avec l’Eglise, et tenir compte du contexte social et culturel dans lequel on travaille. C’est pour cela aussi que nous développons en nous-mêmes et dans nos communautés le sens de l’internationalité et de l’universalité, en respectant les différentes cultures qui cohabitent au sein de la Congrégation ».

 

Comment vivrez-vous l’Année de Sant Paul?

            « C’est une année que nous consacrons déjà à une connaissance plus profonde de l’enseignement de l’Apôtre, par une étude assidue de ses Lettres. Nous avons prévu des conférences pour nous et pour nos communautés, qui s’inscrivent dans le contexte des activités prévues par les Eglises locales. Comme Congrégation, nous avons organisé un pèlerinage en Turquie, où a vécu Saint Paul, et à Rome, en parcourant les différents endroits qui rappellent sa prédication. Durant ce temps, nous voulons approfondir la spiritualité paulinienne, imiter son zèle apostolique, et enrichir notre vocation missionnaire, pour atteindre des Pays qui n’ont pas encore été évangélisés ».

 

 

 

Les Soeurs Aveugles de Saint Paul

 

 

            Le récit de la conversion de Saint Paul, dans les Actes (“Il resta trois jours sans voir et sans pendre ni nourriture ni boisson”, Actes 9, 9), est à la base du charisme des Sœurs Aveugles de Saint Paul, fondées à Paris en 1852 pour être « Lumière dans le Seigneur » (Ephésiens 5, 8).

            L’histoire de cette Congrégation est liée à l’intuition de Mademoiselle Anne Bergunion, née à Paris en 1804. Dans son atelier de couture, elle avait accueilli plusieurs jeunes filles aveugles dont l’Institut National pour les Jeunes Aveugles ne pouvait s’occuper. L’idée de fonder une communauté religieuses germa chez elle, en lisant une phrase qui disait : « avec quelqu’un, et une semaine de travail et trois chambres, on pouvait fonder une congrégation ». Mgr Henry Juge, prêtre du Diocèse de Versailles, soutint aussitôt cette oeuvre, et la suivit pendant 40 ans, jusqu’à sa mort en 1893.

            Les deux fondateurs se distinguèrent  pour leur dévouement et leur amour puyr ces filles. La fondatrice disait : « Mon Dieu, je veux être l’esclave ders aveugles pour toujours ». Son directeur spirituel déclarait : « Si, après ma mort, on m’ouvrait le cœur, on y trouverait une aveugle ». Pour procurer du travail, le Chanoine Juge fit installer une typographie en caractères Braille en 1864

            L’œuvre entreprise était une nouveauté absolue pour l’époque, dans le panorama social où n’existaient pas de structures d’assistance, et dans le milieu ecclésial, où il n’y avait jamais eu de communauté religieuse pour les aveugles. La fondation fut possible grâce au grand intérêt que lui porta Pie IX qui, informé de l’initiative, s’exclama : »C’est vraiment une femme qui a conçu un tel dessein ? C’est une belle œuvre, admirable, qui manquait dans l’Eglise ». Cette phrase ouvre aujourd’hui encore les Constitutions de l’Institut

 

La vie commune

 

            Après avoir donné à la communauté des Règles et des Constitutions, Anne Bergunion (devenue Mère Saint Paul), fit sa première profession religieuse en présence de la Mgr de La Bouillerie, le 22 mai 1855.

            Mère Saint Paul avait appelé les aveugles « sœurs du chœur » et les voyantes « soeurs converses » ; mais le Chanoine Juge désirait qu’il n’y ait aucune différence de rôles. L’intuition se révéla être fondamentale pour la vie commune, car elle s’inspirait de la parité absolue. Dans leur vie de chaque jour, les Soeurs aveugles sont aidées par celles qui voient, avec lesquelles elles forment un seul Institut. Unique au monde, la Congrégation reçoit de jeunes aspirantes aveugles , dans le but de leur permettre de consacrer leur vie à Dieu et à l’Eglise, de servir le prochain en se consacrant à l’éducation frappées de cécité. Le Saint-Siège a accordé le Décret de louange le 21 avril 1856.

 

Entretien avec Mère Hélène Coulong, Supérieure Générale des Soeurs Aveugles de Saint Paul

            « Notre charisme a pour but de permettre aux jeunes frappées de cécité totale ou partielle, de se consacrer au Seigneur, dans une égalité parfaite de vie avec les autres sœurs qui voient. C’est Mgr Juge qui a voulu cette parité de traitement, qui préside aujourd’hui encore à notre vie commune. Notre Patron est Saint Paul, qui a raconté qu’il avait été privé de la vue pendant trois jours dès le moment de sa conversion (Act 9, 9). La devise qui décrit notre charisme est tirée de la Lettre aux Ephésiens : ‘A présent, nous sommes Lumière dans le Seigneur’ (Ephésiens, 5, 8) ».

 

Pouvez-vous nous décrire votre vie commune et vos activités apostoliques ?

            « Etant donné les prémisses qui ont inspiré Mère Saint Paul et Mgr Henry Juge pour notre communauté, très tôt, les premières religieuses se sont consacrées à l’éducation des filles aveugles. Ceci nous a permis de survivre en une période de forte laïcisation, durant laquelle les aveugles n’étaient pas admises dans les classes avec les autres étudiantes et élèves. A présent, les religieuses font du volontariat dans le cadre d’un projet en plaine maturation qui comprend l’IDES, le Foyer de Vie et le SIAM78 ».

 

Pouvez-vous nous dire quelque chose de plus précis?

            « L’IDES est l’Institut d’Education Sensorielle qui accueille les enfants et les jeunes de 3 ans à 20 ans. Il y a des jeunes qui ont des problèmes de la vue plus ou moins graves, plus d’autres maladies ou troubles qui leur sont associés. Le Foyer de Vie accueille des filles à partit de 20 ans et jusqu’à la fin de leur vie. Cela a entraîné une transformation complète du service médical, et une augmentation du nombre des personnes assistées, des deux sexes, de 32 à 100 ans ? Le SIAM 78 est un service, en expansion, d’intégration dans le domaine scolaire. Les enfants sont accompagnés dans les écoles publiques, les parents sont aidés et assistés ».

 

Depuis ses débuts, en plus des programmes éducatifs, votre Congrégation a travaillé dans le domaine des moyens d’information…

            « Une des raisons qui fait de nous un Institut ‘internationalisé’, c’est précisément notre imprimerie Braille. Même si les autres moyens de communication ont aujourd’hui grandement évolué, nous continuons à imprime le Livre du Temps présent, pour l’Office Divin, les fascicules du Missel, et plusieurs revues mariales. Depuis les année 1960-1970, la Congrégation a une seule Maison à Paris (auparavant, il y avait eu une expérience en Belgique) ; mais cela ne nous empêche pas d’être présentes au plan international, grâce aux différents programmes auxquels nous participons. Dans le cadre de l’IDES, nous travaillons en Europe, mais surtout en Afrique et en Asie.

 

Qu’avez-vous prévu pour l’Année de Saint Paul?

            « Nous avons prévu toute une série de rencontres mensuelles afin de mieux connaître notre Saint Patron En outre, nous récitons chaque jour une prière à Saint Paqul, qui s’inspire d’un texte ancien de la Congrégation ».

 

 

 

Les Paulistes d’Amérique du Nord

 

De manière singulière, l’Année de Saint Paul coïncide avec le 150° anniversaire de la Société Missionnaire de Saint Paul, fondée aux Etats-Unis par le Serviteur de Dieu Hecker, le 7 juillet 1858.

            Isaac Hecker naquit a New York le 18 décembre 1819, fils de deux immigres allemands. Il contracta la variole, au cours d’une épidémie qui fait des milliers de victimes dans la ville. Mais, sur son lit, il rassurait sa Mère Caroline : Non, je ne mourrai pas. Dieu a un travail pour moi dans ce monde, et je vivrai pour le réaliser ».

Caroline est de confession méthodiste et transmet à ses enfants le rêve, incarné dans la société américaine, d’une nouvelle Terre Promise, d’où l’Evangile se répandra dans le reste du Continent. Le Père, John Jonas, travail comme métallurgiste, et, plus tard, il deviendra propriétaire d’une entreprise pour forger le cuivre, à Manhattan. Ce sont les années de la révolution industrielle, marquées par l’immigration massive et par la demande ininterrompue de main-d’œuvre, et, en même temps, d’une prodigieuse croissance économique qui promet une promotion sociale et le bien-être.

            Une fois terminées ses études, Isaac suit ses deux frères John et George – qui ont une boulangerie et qui, par la suite, avec la Hecker Flour Company, auront des gans importants ; il fait le coursier. En parcourant les rues les plus pauvres, pour apporter le pain, il est aussitôt en contact avec une population contrainte de vivre dans des conditions misérables, en proie à la criminalité, et brutalisée par une police corrompue. Le jeune Isaac ressent toujours plus le désir de faire quelque chose, et il s’unit à Loco-Focos, branche libérale du Parti Démocratique de New York, ainsi que ses deux frères ; il prend partie activement à la campagne politique, et distribue des tracts jusqu’à trois heures du matin, « une heure qui ne créait pas de problèmes, rappellera-t-il, du moment que nous étions boulangers ».

            En 1841, il connut Orestes Brownson, un philosophe de Boston qui, avec son livre New Views of Christianity, Society and the Church a conquis l’opinion publique. Les années suivantes, il étudie la philosophie, le grec, le latin, et commence à mûrir sa propre vocation sacerdotale, tandis que Brownson l’encourage à entrer dans l’Eglise Catholique. Après une profonde préparation doctrinale, il fut baptisé le 2 août 1844 par l’Evêque Coadjuteur de New York, Mgr John McCloskey, et il nota dans son journal : « L’Eglise Catholique est mn étoile, et elle me guidera vers ma vie, vers mon destin et vers mes projets ». Mgr McCloskey est le Directeur spirituel de nouveau converti, et il l’encourage à avoir et à maintenir une spiritualité rigoureuse :messe quotidienne, silence, méditation et pratiques de pénitence. Et puis, la rencontre avec deux jeunes convertis, Clarence Walworth et James McMaster, qui ont décidé de renter dans la Congrégation du Très Saint Rédempteur, l’encourage à se joindre à eux, et, au mois de juillet 1845, Isaac communique à son Evêque sa décision de partir en Belgique pour y faire sn noviciat. Quatre ans plus tard, il est ordonné prêtre, le 23 octobre 1849.

            le Père Hecker Il retourne en Amérique en 1841 ; il y commence une série de Mission avec un groupe de confrères à à la Nouvelle-Orléans et en Alabama, et attire l’attention des Evêques et des fidèles catholiques, mais aussi des protestants : 70 conversions font suite en effet ses visites dans les paroisses. Ces expériences seront racontées dans un livre Questions of the Soul, rabaissé par les commentateurs protestants, mais salué par les catholiques comme un « livre qui fait date ». Un deuxième ouvrage, Aspirations of Nature, résume la recherche de la vérité à la lumière de la foi catholique. En 1856, une série de rencontres à Norfolk avec des protestants, surprend et attire le public, en raison de sa capacité de présenter la doctrine catholique avec douceur et amour.

            Mais l’audace et la hardiesse missionnaire du jeune Rédemptoriste, et ses idées sur la création d’une Maison américaine sans aucune orientation ethnique ( les deux Maisons qui existent déjà, à Philadelphie et à la Nouvelle-Orléans, sont en effet destines principalement à des Allemands et à des Irlandais), provoque l’impatience des Supérieurs, contraires à une indépendance excessive vis-à-vis de la Province américaine. Et, alors qu’il se trouve à Rome, le Père Hecker est expulsé de la congrégation.

            Après son retour en Amérique en 1858, le Père Isaac est convaincu que la meilleure manière pour continuer l’œuvre déjà commencée et aider à obtenir des conversions, est de fonder un nouvel Institut clérical. Avec l’approbation de Pie IX, le petit groupe qui s’est formé autour de lui obtient l’autorisation de l’Evêque de New-York de s’installer dans une paroisse de la 59° avenue. Le groupe prend alors le nom de “Missionary Priests of St. Paul the Apostle” (sous forme de Société de Ve Apostolique), appelé habituellement par les gens « Paulist Fathers ». Après les expériences missionnaires dans les paroisses, de 1867 à 1869, le Père Hecker se consacre à l’apostolat auprès des non-catholiques, et rencontre 30.000 personnes (dont deux tiers de protestants) à Boston, à Chicago et dans le Missouri. A partir de 1865, il commence en outre la publication d’un magazine mensuel The Catholic World (qui est toujours imprimé) ; l’année suivante la Catholic Publication Society (à présent Paulist Press), entre en service ; elle est destinée surtout à joindre les non-catholiques par la presse.

            En 1869-1870, le Père Hecker participe au Concile Vatican I en qualité de théologien de l’Evêque Mgr James Gibbon de la Caroline du Nord. A son retour, il est atteint de leucémie et est contraint d’abandonner toutes ses activités de Directeur de la Société, de pasteur, d’écrivain et de conférencier. Pendant 18 ans de souffrance continue, il affronte avec foi cette maladie, et meurt le 22 décembre 1888, dans la « Paulist House » de la 59° avenue, entouré de l’affection de ses confrères.

 

Entretien avec le Père John Duffy, Président de la Société Missionnaire de Saint Paul Apôtre

 

            « En 1858, cinq prêtres, tous des convertis au Catholicisme, recevaient l’approbation du Pape Pie IX pour former une Communauté religieuse consacrée à l’évangélisation du Nord de l’Amérique. A partir de ces modestes débuts, la Mission des Paulistes s’’st étendue de telle manière que, actuellement, les membres de la Société exercent leur ministère dans 22 fondations et 16 villes d’Amérique du Nord, à Rome et à Jérusalem. La vision de notre Fondateur, le Père Isaac Hecker, enracinée dans la force du Saint-Esprit, a poussé des générations de Paulistes à ‘aller à la rencontre des besoins de l’Eglise à l’époque moderne’. Le Père Hecker a été déclaré Serviteur de Dieu cette année par le Cardinal Edward Egan ».

 

Pouvez-vous nous présenter votre charisme?

            « Notre charisme compte trois domaines : l’évangélisation, la réconciliation, et le dialogue œcuménique et interreligieux. Nous avons en outre la responsabilité de suivre pastoralement les jeunes adultes, et d’animer les campus universitaires. C’est donc une tâche à cheval sur les paroisses et les institutions séculières ».

 

 

Comment rendez-vous témoignage à Saint Paul?

« Nous rendons témoignage à Saint Paul en nous engageant dans la culture contemporaine. En particulier, nous sommes actifs dans le monde des moyens de communication de masse, avec nos apostolats spécifiques :la maison d’édition (Paulists Press), la production de films (Paulist Productions), les transmission radiophoniques (Busted Halo Radio Show sur Catholic Channel et Sirius Satellite Radio). Nous travaillons en outre à l’évangélisation de l’Amérique du Nord par toute une série de bureaux, et nous proposons un programme pour la réconciliation avec les non-catholiques, appelé « Landings », sans oublier le dialogue interreligieux. La Société compte 150 prêtres, dont 110 travaillent dans l’apostolat actif. Nous sommes présents aux Etats-Unis d’Amérique, au Canada, en Italie et en Israël. Plusieurs Paulistes exercent leur ministère traditionnel dans les paroisses ; d’autres sont présents dans les bureaux de la Conférence Episcopale des Etats-Unis ; d’autres encore ont des responsabilités dans les campus catholiques. Notre fierté c’est de servir avec créativité, dans les différents milieux pastoraux associés aux moyens de communication de masse : l’édition, les films, les sites Internet, les programmes radiophoniques et aussi le théâtre ».

 

Durant l’Année de Saint Paul votre Société Missionnaire fête le 150° anniversaire de sa fondation: c’est une heureuse coïncidence…

“Cela a été une vraie joie que l’année de Saint Paul coïncide avec notre 150° anniversaire. Pour ce qui concerne les initiatives, nous ferons un pèlerinage à Rome au mois de novembre, et un autre a déjà été fait au mois de mars dernier. Nous venons tout juste de conclure une année riche en célébrations, en retraites spirituelles, en voyages, en litugies et fêtes religieuses. Il y a quatre mois, 350 personnes ont participé aux trois journées de célébrations pour l’anniversaire (150th Anniversary Convocation). Au plan local, chaque fondation a célébré une liturgie pour l’anniversaire, suivie de rencontres et de moments de fête. L’année de Saint Paul sera une année de bénédictions, et nous donnera une occasion unique pour mettre en plein jour notre jour, et pour donner une énergie nouvelle à nos communautés : prêtres, laïcs associés, laïcs collaborateurs, bienfaiteurs et amis ».

 

 

 

L'Oeuvre de Saint Paul

 

Le 12 décembre 1873 marqua la fondation à Fribourg de l’Oeuvre de Saint Paul, qui était depuis longtemps dans les projets du Chanoine suisse Joseph Schorderet ; elle fut érigée en Congrégation religieuse en 1931.

Né en 1840, et ordonné prêtre à l’âge de 26 ans, l’abbé Schorderet avait développé un intérêt croissant pour les questions sociales et en particulier pour la presse, à partir de sa nomination comme Chanoine de la Cathédrale de Saint Nicolas de Fribourg. Pendant la période où il était vicaire à Neufchâtel, il avait été rédacteur des Monat Rosen, organe des étudiants suisses ; et, le 1° novembre 1871, il avait fondé « La Liberté », qui est aujourd’hui encore le seul quotidien catholique de la Suisse Romande.

            Avec la fondation d’une Œuvre pour la Presse, consacrée à saint Paul, on inaugurait une nouvelle saison, qui gagnerait rapidement de nombreux Instituts religieux portant le nom de l’Apôtre (les Paulistes du Liban, Les Pauliniennes et les Pauliniennes de don Alberione, la compagnie de Saint Paul à Milan, tous comportant l’apostolat spécifique pour la presse et pour les autres moyens d’information). Le Chanoine Schorderet déclarait dans une conférence en 1877:” Les arts graphiques , les progrès industriels, la rapidité des communications, le caractère instantané des informations télégraphiques, les moyens investis pour la publications des annonces : il faut que tout cela serve la cause de Dieu et de son Eglise, par l’Oeuvre de Saint Paul, pour la restauration du Royaume de Jésus-Christ dans la société ». Comme Patron de la société, il choisit Saint Paul, convaincu qu’il se serait servi des nouveaux instruments (le télégraphe et la presse) pour multiplier ses lettres et répandre l’Evangile : « L’heure est venue, disait-ils, de faire appel aux âmes viriles qui ont conscience de la puissance de la presse pour les réunir dans une association, dans une fraternité avec le but exclusif de l’apostolat de la presse ».

            Encouragé par Pie IX qui voyait bien l’utilité d’une œuvre pour la bonne presse, l’Institut s’affirma rapidement. Cinq ans après sa fondation, le nombre des religieuses était passé de 6 à 80, et, en moins de dix ans, l’œuvre était arrivée en France (Parie (Rue Cassette), et Bar-le-Duc , où il avait remis sur pieds la grande imprimerie des Célestins, connue pour la publication des dei Petits Bollandistes et des Annales de Baronio, en leur donnant le nom d’Imprimerie de Saint-Paul. La Maison de Fribourg, de son côté, se spécialisait  dans la publication de journaux : La liberté, Ami du Peuple, Bulletin pédagogique, Revue de la Suisse catholique, Bulletin de l'Association de Pie IX, Freiburger Nachrichten, etc.

            Pour différentes raisons, on ne put répondre à la demande d’une fondation à Rome, et la tentative d’installation à Maastricht en Hollande échoua ; mais la nouvelle imprimerie française d’Issy-les-Moulineaux en 1928 prit sa place dans la presse des classiques africains.

            La première fondation dans les Pays de Mission remonte à 1949, à Yaoundé au Cameroun, avec l’ouverture d’une imprimerie qui imprime et diffuse le journal N'Leb-Bekristen (« Le Guide du Chréiten »), le petit journal Kisito et Ensemble et, un peu plus tard, d’une librairie. D’autres fondations suivent, toujours ans le domaine de l’édition et de la librairie ; à Dakar au Sénégal en 1955, à Tananarive à Madagascar en 1957 (qui se transfèrera par la suite à Fianarantsoa en 1963), et, de 1958 à 1974, à Brazzaville au Congo, à Fort-de-France en Martinique, à  Bujumbura au Burundi, et à Saïgon au Vietnam. En outre, de 1065 à 1970, un groupe de religieuses  de l’Institut travailla au Centre professionnel pour la formation des jeunes apprentis, à Beyrouth au Liban.

            Actuellement, les Sœurs de Saint Paul sont au nombre de 117, originaires de 13 Pays. Cinq novices, neuf postulantes, et une vingtaine d’aspirantes sont en formation à Madagascar et au Vietnam. Les Maisons historiques de Rue Cassette et de Bar-le-Duc, malheureusement ont été fermées, mais leurs fondations missionnaires en terre d’Afrique se poursuivent. A Antsirabé à Madagascar, les religieuses ont ouvert en 1991 une librairie, suivie, deux ans plus tard, du Noviciat qui abrite un Centre d’animation pour les enfants du quartier. Au Vietnam, une bibliothèque-librairie a été ouverte à Hanoï en 2007.

 

 

Entretien avec Mère Michèle Gisiger, Supérieure Générale des Soeurs de l’oeuvre de Saint Paul

 « Notre Fondateur, le Chanoine Joseph Schorderet, a voulu utiliser les moyens de communication sociale pour étendre le Royaume de Jésus-Christ. A l’époque où il vécut, il s’agissait essentiellement de la presse, ‘élevée à la dignité d’un apostolat’. Il fallait faire d’elle un apôtre de la vérité ».

 

Comment vivez-vous actuellement cette intuition de la fin du 19° siècle?

« L’Oeuvre de Saint Paul est née du besoin immense de révéler la Vérité, de faire connaître une Eglise qui rend perpétuelle et universalise l’Incarnation et la Rédemption. D’après l’intuition du Fondateur, l’offrande de notre vie à Dieu dans la prière, dans le sacrifice, dans l’amour et dans le travail apostolique, contribue à faire, de la presse et des autres moyens d’information, des moyens au service de la vérité et de la foi. Il nous a transmis le cri du cœur de l’Apôtre Paul : ‘Cette vie dans la chair, je la vis dans la foi du Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est donné lui-même pour moi’ (Galates 2, 20). Ce sont des paroles qui expriment de manière privilégiée la communion avec le christ, une communion qui est source d’énergie apostolique même pour nous aujourd’hui. Nos deux devises nous le confirment – ‘Pour moi, vivre, c’est le Christ’ (Philippiens 1, 21), ‘Récapituler toutes choses dans le Christ’ (Ephésiens1, 10) – et de même, nos Constitutions : ‘Apporter la foi dans le monde (…) Révéler aux hommes la richesse insondable du Christ pour ramener tous les hommes à lui, et restaurer en lui l’univers tout entier’. Notre unique dévotion particulière est la communion avec le christ dans son offrande au Père pour le salut du monde, dans l’eucharistie, célébrée et adorée’.

 

De quelle manière Saint Paul est-il le modèle de vos Missions “ad gentes”

« Notre oeuvre, a déclaré le chanoine Schorderet, a pour but de faire une partie de ce qu’aurait fait saint Paul s’il avait vécu actuellement. La Congrégation a été présente à Paris pendant plus d’un siècle, et pendant une trentaine d’années à Brazzaville au Congo, à Dakar au Sénégal, et à Bujumbura au Burundi. Actuellement, en plus de la Maison de Fribourg, nous travaillons dans 8 Pays d’Afrique et d’Asie, avec l’apostolat de la presse, l’animation des centres culturels, la collaboration dans les activités d’édition des Eglises locales. Tout cela, dans la mesure de notre faiblesse et de notre humilité, en considérant aussi le manque de religieuses et la nécessité de moyens financiers »

 

Que souhaitez-vous pour l’Année de Saint Paul?

« Nous prions avec toute l’Eglise pour que, à l’école de Saint Paul, le christ prenne place dans le cœur de tous les baptisés et de tous les consacrés. Que leur fraternité soir la première annonce de l’Evangile et contribue à réunir tous les hommes dans le Christ ».

 

La Société de Saint Paul en Chine

 

            La société de Saint Paul a été fondée en 1891 dans le diocèse de Zheng Ding, et comprend des prêtres séculiers. Elle compte actuellement une vingtaine de membres, regroupés dans la même région de la fondation : Zhi Jia Zhuang (Diocèse de Zheng Ding), qui se trouve dans la Province du Hébéï, considérée comme la forteresse du catholicisme chinois.

 

 

Les Paulistes du Liban

 

            Les Missionnaires de Saint Paul ont été fondés à Harissa au Liban en 1903 par l’Evêque de Baalbeck, Mgr Germanos Mouakkad. L’Institut séculier observe le droit patriarcal grec-melkite, et les membres ne font pas de vœux religieux ; il s travaillent dans la mission spécifique – répandre la Parole de Dieu par la prédication et la presse – et pratiquent les vertus évangéliques d’obéissance, de pauvreté et de chasteté, la prière et la vie commune.

            Le Fondateur, Joseph Mouakkad, dans la vie civile, est né à Damas en Syrie en 1852, de parents grecs-melkites catholiques. A l’âge de 16 ans, sans avertir ses parents, il va au Liban pour se faire admettre comme novice au monastère du Saint Sauveur, où vit un homme de grande sainteté, le Patriarche Clément Bahhouth. A son école, le jeune Ignace apprend les fondements d’une vie ascétique très rigide. Après six ans, il est ordonné diacre, pui spêtre par le Patriarche Grégoire II Joseph (1875). Il est nommé professeur de philosophie au grand séminaire de son Ordre, puis curé à Alexandrie et au Caire.

            De 1880 à 1890, il est Vicaire Patriarcal à Jérusalem. Un de ses plus grands succès est l’acquisition de la sixième Station du Chemin de Croix, le seul endroit dans la Ville qui appartienne à la communauté grecque-melkite catholique.

            Envoyé à Baalbeck comme Evêque, il renonce quelques années plus tard à cette charge, en raison de la grande ignorance religieuse qui y règne, et se consacre uniquement à la fondation du nouvel Institut, encouragé par la Patriarche Grégoire II Joseph. En 1896, il se rend à Rome pour faire connaître son projet au Pape Léon XIII, et il mûrit l’idée de consacrer la fondation à Saint Paul.

            Les missionnaires sont appelés à évangéliser les campagnes par la prédication et par la presse, et à aider au rapprochement entre melkites catholiques et melkites orthodoxes. Mgr Mouakkad fixe le siège à Harissa, et, en 1903, un prêtre, un diacre et un laïc commencent à mener une vie commune avec lui. En 1905 se joint à eux le Père Joseph Sayegh, qui, en 1912, lui succèdera à la direction de l’Institut. A sa mort, Mgr Mouakkad laisse de nombreux écrits spirituels de prédication, de méditation et d’explications liturgiques, et 14 articles, intitulés « Statuts fondamentaux des Missionnaires de Saint Paul » que les premiers compagnons utiliseront pour rédiger les Constitutions.

            De 1922 à 1950, le Père Antoine Habib, qui était entré dans l’Institut en 1908, donne un élan à l’activité missionnaire, et fonde le Scolasticat en 1931, ert le petit séminaire en 1938. L’Institut, tout en dépendant de la juridiction du Patriarche grec-melkite catholique, est ouvert aussi aux aspirants d’autres rites.

 

Au service de la Parole et de l’unité

 

            Dès le début, les Pères Paulistes ont prêché la Parole de Dieu à toutes les couches sociales de la population : jusqu’en 1945, ils avaient prêché plus de 1.500 retraites spirituelles. En 19210 déjà, une typographie avait déjà été fondée pour la diffusion des livres liturgiques, des traités de spiritualité, des livres d’école, de romans et de revues pour le monde arabe. Parmi elles, la revue Al-Maçarrat, qui, aujourd’hui encore, est une voix de l’apostolat pour la bonne presse.

            Par mandat du Secrétariat pour les Non-chrétiens de cette époque, les Paulistes sont chargés du dialogue avec les musulmans des Pays arabes, et s’occupent depuis toujours de différentes initiatives œcuméniques, dans le cadre surtout de l’Institut Saint Paul de Philosophie et de Théologie. L’Institut est fréquenté par des candidats au sacerdoce, pr des religieux et des laïcs. Les cours, en langue française et arabe, sont sensibles à la culture occidentale – une constante qui se retrouve dans l’héritage intellectuel du Fondateur. Dans la cadre de l’institution, on a créé un Centre de Théologie pour le Moyen-Orient, qui organise un Symposium annuel de recherche et d’étude, suivi régulièrement par la publication des actes.

            Les membres ont une dévotion particulière envers Notre-Dame du Perpétuel Secours, choisie par Mgr Mouakkad comme protectrice de la Société. Saint Paul est invoqué comme modèle de mie apostolique avec les douze Apôtres et avec Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus  Patronne des Missions et des missionnaires

 

Entretien avec le Père Elias Aghia SMSP, Supérieur Général des Missionnaires de Saint Paul

 

            « Par la parole et la presse, les Missionnaires poursuivent trois objectifs : réaffirmer la foi, et développer la vie spirituelle chez les Chrétiens, spécialement dans les communautés les plus défavorisées ; travailler, par la recherche commune et par les bonnes relations, pour l’unité des Chrétiens ; promouvoir le dialogue fraternel entre Chrétiens et Musulmans ».

 

De quelle manière la Parole et la presse sont-ils au centre de votre mission?

 

            « Nous répandons la Parole de Dieu par la catéchèse, la prédication, l’enseignement, l’accompagnement spirituel, et les mouvements de jeunes. En suivant l’exemple de notre Patron, Saint Paul, et de notre Fondateur, nous avons compris très tôt l’importance de la parole écrite comme instrument d’apostolat. Ainsi  l’Institut na créé sa Maison d’adition, comme l’Imprimerie Saint Paul et la Librairie Saint Paul, qui ne cessent de répandre dans tous les milieux culturels, et pour chaque type de lecteur, une littérature arabe chrétienne ».

 

Pouvez-vous nous donner des chiffres?

            “Depuis 1910, nous imprimons Al-Maçarrat, revue chrétienne en langue arabe. Notre maison d’édition et l’imprimerie ont de nombreuses autres publications. Le catalogue comprend environ 500 titres de tous genres : théologie, histoire, philosophie, liturgie, spiritualité, livres illustrés pour les enfants, et beaucoup d’autres choses. Chaque année nous distribuons environ 200.000 exemplaires, dont la plus grande partie dans les pays arabes ».

 

Lesquels?

            Notre domaine habituel d’activité est le Proche-Orient: Liban, Syrie, Jordanie, Palestine, Irak et Egypte. Grâce à la presse, nous sommes présents aussi dans d’autres Pays arabes et dans plusieurs paroisses d’émigrés melkites. La Mission requiert avant tout de se consacrer à la prédication, à la vie pastorale, à la catéchèse et aux mouvements de jeunes. Nos ressources pour l’édition nous aident à enraciner les activités et à la multiplier. C’est ainsi que naissent, après le centre religieux de livres religieux, les revues locales, les bibliothèques, les dispensaires, etc. Lorsque l’on manque de curés, les Paulistes servent dans la paroisse locale ».

 

Comment dialoguez-vous avec le monde musulman?

            « Surtout par l’intermédiaire de notre Institut de Philosophie et de Théologie. En 1995, nous avons créé un Centre de recherche pour le dialogue islamo-chrétien, qui maintient un rapport continu et fraternel avec les musulmans, et publie une série de livres pour développer l’amitié entre les deux grandes religions ».

 

Quel programme avez-vous pour l’année de Saint Paul?

            « Une série de conférences sur Saint Paul, des Messes, des retraites spirituelles, des pèlerinages guidés, des concerts. Nous inaugurerons aussi un nouveau portail pour présenter sa vie, et il y aura aussi, bien sûr, des publications ».

 

 

 

La Société Missionnaire de Saint Paul

 

            La pensée de « donner aux autres ce que Saint Paul nous a donné » était l’obsession du jeune prêtre Giuseppe De Piro, né à Malte, un pays évangélisé personnellement par Saint Paul suite à son naufrage. Fils d’une famille noble et aisée, le jeune De Piro était entré au séminaire en 1898, peu après son inscription à l’Université, et il avait été ordonné quatre ans plus tard dans la Basilique de Saint Jean de Latran à Rome.

            Animé d’un idéal missionnaire profondément paulinien, après les premières expériences comme curé de Qrendi, et directeur de l’orphelinat de Hamrun, le jeune prêtre matais décida de fonder une « petite Société » pour la Mission « ad gentes », le 30 juin 1910. La Société Missionnaire de Saint Paul, durant un siècle d’histoire, s’est établie dans six pays, Australie, Etats-Unis, Canada, Pérou, Pakistan et Philippines, et elle compte aujourd’hui une centaine de membres.

            « Dieu, déclarait l’Abbé De Piro, a montré qu’il aimait beaucoup les Maltais, quand il a permis à ; Sant Paul d’être le premier missionnaire à venir dans notre île, en la libérant de l’obscurantisme et du paganisme, et en nous donnant la lumière de la foi chrétienne… Le cœur de Saint Paul est le cœur du Christ. Paul a toujours été prêt à faire la volonté de Dieu… Il s’est toujours considéré lui-même comme un messager authentique, porteur du message authentique de Dieu aux hommes ».

            La Lettre Apostolique Maximum Illud, pierre de fondation des nouveaux thèmes missionnaires qui ont mûri au XX° siècle, eut à n’en point douter une grande influence sur lui. Un thème particulièrement ressenti était le développement de la sensibilité missionnaire de l’Eglise maltaise. De nombreux efforts furent consacrés à la promotion des Missions, et à la création d’une pastorale spécifique. Un instrument privilégié a été la presse : « Le papier imprimé, déclarait-il, est une des meilleurs moyens pour proclamer la pensée missionnaire, pour former les esprit et les cœurs chez les jeunes, pour accroître et obtenir des vocations, et aussi pour demander des aides matérielles ».

            Dans ce but, on publia le St. Paul: Almanac for Missionary Institute, bulletin dont les articles étaient tous écrits de sa main. Le but était de créer l’intérêt pour les Missions, avec une information précise, consacrée à la Société qui venait d’être créée, et aux autres Instituts missionnaires. « Si nous ne pouvons pas collaborer directement, parce que nous n’avons pas été appelés, écrivait-il sur l’Almanach, si nous ne pouvons pas donner nos richesses parce que nous ne les possédons pas, nous pouvons toutefois faire une chose, prier pour les Missions ».

            De nombreuses énergies ont été consacrées à la pastorale des vocations. La fondation même de la Société était surtout une réponse aux vocations missionnaires pour l’Eglise de Malte, et l’Abbé De Piro suivait personnellement les candidats de l’Institut. Une grande importance aussi était accordée aux problèmes de l’inculturation et des vocations indigènes. En 1933, il s’apprêtait à rejoindre en Ethiopie le premier missionnaire de la Société, parti six ans auparavant. Mais il mourut le 17 septembre d’une attaque, pendant la Messe ; il était âgé de 56 ans.

 

Les expériences dans le Sud du monde

 

            La jeune Congrégation religieuse vécut des années d’incertitude et de difficultés jusqu’en 1948, date à laquelle les membres élurent pour la première fois leur Supérieur Général, nommé jusqu’alors de l’extérieur. Quels mois seulement plus tard, commençait l’aventure en Australie auprès des émigrés maltais et, après les Etats-Unis et le Canada, un nouveau développement toucha le Pérou, le Pakistan et els Philippines.

            Au Pérou, le choix d’ouvrir une première Maison dans les Andes, manifestait le désir d’être proches des plus pauvres. Les “pueblos jovenes”, les nouveaux villages fondés par les paysans des hauteurs dans l’espoir d’une vie meilleure, sont en réalité des rassemblements de familles sans liens sociaux, sans travail ni accès à l’assistance publique. Là, les missionnaires s’occupent de petites communautés chrétiennes, et aident les habitants. L’église devient souvent aussi une école, une clinique, et un centre de formation pour les adultes, où les gens apprennent l’économie domestique et plusieurs métiers.

            La Mission au Pakistan est un témoignage de dialogue et de collaboration avec le monde musulman. Malgré les empêchements bureaucratiques, les paroisses, les écoles et les services sanitaires sont ouverts à tous, et les missionnaires bénéficient de l’estime des autorités civiles et de la population. Une chapelle a été construite grâce aux financements d’un entrepreneur musulman. Aux Philippines, à côté des services en faveur des plus déshérités, la société travaille à un projet de formation pour les séminaristes, qui implique les grandes Universités de Manille. Le Pays pourra être une base pour entreprendre à l’avenir d’autres projets d’évangélisation dans le continent asiatique.

            Le récent Chapitre Général a indiqué avec clarté la voie à parcourir : « Comme missionnaires de Saint Paul, nous sommes envoyés par Dieu, dans l’amour, à participer à son rêve pour l’humanité de tout, renouveler dans le Christ. Dans une écoute contemplative, nous découvrons cela sans cesse par le moyen de la Parole de Dieu, avec le Peuple de Dieu, par le moyen de nos frères, et dans le monde. Avec tout ce qui est bon en nous, et avec nos faiblesses, nous répondons avec gratitude, en participant avec l’Esprit de Dieu, à la libération et à la réconciliation de l’humanité ».

 

Entretien avec le Père Bernard Mangion, Supérieur Général de la Société Missionnaire de Saint Paul

 

            « La société Missionnaire de Saint Paul a été fondée à Malte par le Serviteur de Dieu Mgr Giuseppe De Piro, qui aimait dire : ‘Donnons aux autres ce que Saint Paul nous a donné’, en se référant au fait que Saint Paul avait été un instrument de Dieu pour apporter la foi à Malte. Les deux premiers membres se réunirent en 1910. Le premier missionnaire envoyé par Mgr de Piro, fut le Père Giuseppe Caruana, qui resta pendant 40 ans en Abyssinie sans jamais retourner dans son Pays. Son apostolat  fut très apprécié par l’Eglise locale et par les autorités civiles. Après la deuxième Guerre Mondiale, un grand nombre de Maltais émigra en Australie, et, en >1949, l’Archevêque de Malte demanda à la Société d’envoyer des confrères pour répondre aux exigences pastorales des émigrés maltais dans ce Pays. Après 60 ans, notre service n’a pas vieilli du tout. Plus tard, toujours pour aider les émigrants maltais, plusieurs membres furent envoyés au Canada et aux Etats-Unis. Là aussi notre travail se poursuit, même si c’est sur une échelle plus réduite ».

 

Comment abordez vous la Mission “ad gentes”?

 

            « Sur les pas de Saint Paul, notre charisme est la Mission ‘ad gentes’. En 1968, la société a ouvert une Mission au Pérou, où, pour le moment, nous sommes présents dans 6 paroisses, et où nous avons une Maison de Formation à Lima. En  1982 et en 1998, deux autres Missions ont été ouvertes, respectivement au Pakistan et aux Philippines. Dans chaque Mission, nous mettons toujours l’évangélisation à la première place ; viennent ensuite nos programmes pour l’aide spirituelle et matérielle en faveur des pauvres, par toute une série d’œuvres : les travaux sociaux, l’assistance médicale, l’éducation. Nous accordons une grande attention aux enfants et aux jeunes. Au Pakistan, nous dirigeons une école primaire et secondaire, et nous sommes présents dans de nombreuses autres activités ; aux Philippines, nous avons une chapelle à l’Université de Manille ».

 

Quelle place occupe Saint Paul dans votre spiritualité?

            Une place centrale, bien sûr. Saint Paul, un véritable Disciple de Jésus, unmaître et un missionnaire zélé, est notre modèle. Chaque année nous célébrons de manière solennelle la Fête de sa Conversion le 25 janvier ».

 

Comment vivrez-vous l’Année de Saint Paul?

            Nous avons préparé toute une série d’initiatives. Un film sur Saint Paul, la construction d’une église dédiée à la Conversion de Saint Paul à Lahore au Pakistan. Nous avons en outre publié un petit livre en urdu, qui raconte sa vie, et de nombreuses autres initiatives qui toucheront les paroisses et les Missions, pour mettre en relief l’importance de Saint Paul dans l’Eglise d’aujourd’hui, afin de redonner un élan à notre apostolat, et à la diffusion de l’Evangile. Chaque membre de la Société est appelé en outre à prier et à méditer l’enseignement de l’Apôtre, et à se conformer à lui, modèle du véritable missionnaire. Mon espérance c’est que l’année de Saint Paul apporte une chaleur nouvelle à notre vie religieuse, et nous préparer aux problèmes que rencontre l’évangélisation, spécialement la Mission ‘ad gentes’ ».

 

 

Les Frères de Saint Paul et les Sœurs de Saint Paul

 

            Le 2 février 1863, naissait à Hambach, dans le Palatinat, Jacob Friedrich Bussereau, dans une famille comprenant 13 frères et sœurs. Il fut ordonné le 22 août 1886, et fut nommé aumônier à Herxheim, où il trouva une communauté marquée par une vie religieuse florissante. Il y fit la connaissance de Anne-Marie Dudenhöfer, qui fonderait plus tard avec lui le Couvent de Saint Paul, et la Congrégation des Sœurs de Saint Paul. Le 14 janvier 1896, il obtint de l’Evêque de Speyer l’approbation de son projet de fonder une Maison pour les personnes malades et handicapées, afin d’améliorer leur qualité de vie. Il acheta dans ce but la maison de Herxheim, qui est aujourd’hui encore la Maison Mère des Sœurs de Saint Paul. En 1897 et en 1899 suivit l’ouverture de nouvelles Maisons, des filiales, à Neuötting et à Bad Bergzabern. En 1913, la fondation d’une Congrégation de religieux, les Frères de Saint Paul, fut approuvé, ainsi qu’une Congrégation de religieuses, les Sœurs de Saint Paul.  Le Père Bussereau mourut en 1919 et fut enterré à Herxheim. En 1920, le rameau masculin s’unit spirituellement aux Frères Mineurs Conventuels ; le rameau féminin le suivit dans cette voie l’année suivante.

            Après plusieurs événements et changements de destination dues aussi aux bouleversements des années de la première et de la seconde guerre mondiale, en 1945, les religieuses reprirent possession de leur Maison , en commençant une œuvre de reconstruction et d’agrandissement, qui fut reprise dans une deuxième phase en 1978 et fut terminée en 1998, avec l’ouverture d’une Maison de soins pour des personnes plus ou moins valides, qui accueillit 38 personnes pour la journée entière, et 76 pour une demi-journée. Il y a des activités semblables aussi dans les communautés de Neuötting et Altötting (maison pour personnes âgées), dans le diocèse de Passau

            Les Frères de Saint Paul connurent un développement rapide jusqu’aux premières années du XX° siècle. La Maison se trouvait tout d’abord à Herxheim, puis elle fut transférée à Queichheim. La première prise d »habit religieuse eut lieu en 1919. L’Institut eut une vie difficile pendant les deux guerres mondiales (les religieux furent envoyés au front), et sous le régime nazi, quand presque toutes les Maisons furent fermées. Il reste actuellement 4 religieux seulement, hôtes chez les religieuses.

            Suite à la délibération du Chapitre Général des Sœurs de Saint Paul, du 1° novembre 2002, on créa la « Fondation Jacob Friedrich Bussereau » qui, depuis le 1° juillet 2002, dirige les Institution de la Congrégation à Herxheim, Altötting, Neuötting et à Bad Bergzabern. « Malgré les changements et les innovations dues aux temps modernes, les intentions et le charisme de notre Fondateur vivent toujours actuellement dans les institution de notre Fondation », lit-on dans les principes directeurs de la nouvelle Fondation ; « aujourd’hui encore, sa devise ‘omnibus omnia’ (1 Corinthiens 9, 22) est valable pour nous. La Fondation Jacob Friedrich Bussereau travaille activement pour aider les personnes handicapées et les personne âgées, et, comme Institution de l’Eglise, nous unisson la compétence et la qualité au facteur humain et à la force de la foi chrétienne »

 

 

 

La Famille Paulinienne:

dix Fondations du Bienheureux Giacomo Alberione

 

            Béatifié en 2003 par Jean Paul II, don Giacomo Alberione (1884-1971), est une figure marquante du renouveau ecclésial qui a eu son point culminant dans le Concile Vatican II.

            Dans la nuit du 31 décembre 1900, le séminariste de 16 ans, pendant l’Adoration Eucharistique dans la cathédrale d’Alba, se sentit appelé par Dieu au plus profond de lui-même, « à faire quelque chose pour le Seigneur et pour les hommes du nouveau siècle », à devenir apôtre avec les nouveaux moyens donnés par le progrès.

            Treize ans plus tard, Don Alberione fut nommé directeur du journal diocésain Gazzetta d'Alba, et il ressenti ce fait comme étant l’occasion juste pour lancer les fondations pauliniennes. Alba était alors une ville de 14.000 habitants, un des diocèses les plus vivants du Piémont, grâce à la direction charismatique de Mgr Giuseppe Francesco Re. Aidé de collaborateurs compétents, l’Evêque avait travaillé à la promotion dans le diocèse et au séminaire, la vie liturgique et eucharistique, la préparation du clergé, la diffusion de l’Evangile, le renouveau de la pastorale, la pureté de la doctrine contre les infiltrations modernistes, la catéchèse et la bonne presse. Outre le journal du diocèse, il y avait aussi d’autres publications, des livres populaires aux bulletins des 115 paroisses, sans oublier les trois imprimeries catholiques de la ville

            Au moment de sa nomination, don Alberione avait déjà une certaine expérience comme responsable de la Bibliothèque diocésaine, et membre de l’Association de la Bonne Presse ; et i avait mûri aussi une idée précise sur la puissance de la presse catholique. « L’art et la presse, la parole vivante et la parole écrite sont tous des apostolats », avait-il écrit déjà en 1908. Avec la direction de la Gazzetta d'Alba, et la mission de coordonner la presse diocésaine, la possibilité de fonder deux familles religieuses devint concrète : une famille masculine, et une famille féminine (plus un groupe de laïcs, les coopérateurs, approuvé en 1917) ; les deux familles religieuses étaient animées du même charisme et avaient la même mission de la bonne presse.

            Le rappel à Saint Paul provint de l’expérience de la Croisade de prière pour la presse, fondée par l’Evêque de Vérone, le Cardinal Luigi di Canossa, dans le cadre de l’œuvre des Congrès, et mise précisément sous la protection de l’Apôtre. Mais don Alberione nourrissait surtout depuis un certain temps déjà une dévotion personnelle qui avait commencé « spécialement avec l’étude et la méditation de la Lettre aux Romains. Dès lors, raconta-t-il plus tard, la personnalité, la sainteté, le cœur, l’intimité avec Jésus, son oeuvre dans le domaine de la dogmatique et de la morale, l’empreinte laissée par l’organisation de l’Eglise, son zèle pour tous les peuples, furent des sujets de méditation ».

            Toutefois, quand don Alberione soumit son projet à Mgr Re, le 14 juillet 1914, il parla seulement d’une école d’imprimerie, appelée « Piccolo Operaio » (petit travailleur). Il obtint l’accord verbal, acheta les premières machines, et commença son activité le 20 août 1914 : c’est alors que sortirent les premières publications : « Il faut tout cela, déclarait une publicité sur la Gazzetta pour réaliser un bon Catéchisme ».

 

La Société de Saint Paul, les filles de Saint Paul, et les autres Instituts Pauliniens

 

            Le 8 décembre 1917, cinq jeunes gens firent leur première profession religieuse avec des vœux privés. De ce premier noyau de consacrés, après des passages successifs, naquit la Pieuse Société Saint Paul, qui recevra l’approbation diocésaine le 12 mars 1927, et l’approbation pontificale le 27 juin 1949 de Pie XII. Actuellement, les Pauliniens (comme on appelle les prêtres et les frères religieux de la Société de Saint Paul), sont présent dans 33 pays des cinq Continents ; ils comptent plus de mille membres, prêtres, frères laïcs et « juniores » (une centaine environ). Une donné illustre bien l’activité des Pauliniens dans le domaine de l’édition : 86 revues sont publiés dans le monde entier.

            La branche féminine, les Filles de Saint Paul (Pauliniennes) s’est développée de la même manière, créée avec très peu de moyens le 15 juin 1915.

            La première Supérieure Générale, Mère Tecla (considérée comme co-fondatrice de l’Institut) rappellera à ce sujet : « Les Filles de Sant Paul naissaient pour consacrer leur vie à la bonne presse : et, elles n’avaient pas d’imprimerie ». Au début, Sœur Tecla et ses compagnes confectionnaient des chemises pour les militaires, et ce n’est qu’en 1918, qu’elles commencèrent à Suse (Turin), l’apostolat de la presse. Le 22 juillet 1922, à albe, neuf jeunes filles se consacrent à dieu et à la mission spécifique, avec les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, créant ainsi la Congrégation de la Pieuse société des filles de Saint Paul. L’arrivée à Rome en 1926 marqua l’ouverture des premières librairies, et la diffusion de livres à domicile. Dans les années suivantes, d’autres filiales virent le jour. En 1932, on comptait déjà 30 Maisons en Italie, et 3 à l’étranger (Brésil, Argentine, Etats-Unis), et, au fil des ans, la Congrégation atteindra tous les Continents. Actuellement, les filles de Saint Paul sont au, nombre de 2.450, dont 60 novices ; elles sont présentes dans 52 Nations, pour un total de 252 Maisons. En 2008, deux nouvelles communautés ont vu le jour à Juba au Soudan et à Ho Chi Min au Vietnam. En plus de la presse, elles travaillent aussi dans la production audio-visuelle et radiophonique, et aident et complètent l’œuvre des Pauliniens dans le domaine des moyens d’information.

            A côté des Pauliniens et des Pauliniennes, Don Alberione a fondé trois autres Congrégations religieuses féminines : en 1924, les Pieuses Disciples du divin Maître, pour l’apostolat de l’Adoration Eucharistique perpétuelle, le service sacerdotal et le service liturgique ; en 1938, les Sieurs du Jésus Bon Pasteur (« Pastorelle ») pour aider les curés dans leur tâche d’évangélisation, dans la catéchèse et dans la croissance des communautés chrétiennes : elles sont présentes actuellement dans 18 Pays des cinq Continents ; et enfin, en 1959, l’Institut Reine des Apôtres pour les vocations (« Apostoline »), qui travaillent dans l’apostolat des vocations auprès des jeunes.

            En 1960 sont nés quatre Instituts séculiers agrégés à la Société de Saint Paul, trois qui s’adressent aux laïcs des différentes voies de vie (Institut Saint Gabriel Archange pour les hommes, Institut « Maria Santissima Annunziata » pour les femmes, Institut de la Sainte Famille, pour les familles ; et un autre pour les prêtres diocésains, l’Institut Jésus-Prêtre. L’Union des Coopérateurs Pauliniens complète le cadre des fondations de don Alberione : peuvent y adhérer tous les laïcs qui partagent la spiritualité et l’activité paulinienne.

            Toutes ces fondations forment la Famille Paulinienne : « Il existe une parenté étroite entre elles, a écrit don Alberione, parce que toutes sont nées du Tabernacle. Un unique esprit : vivre de Jésus-Christ et servir l’Eglise. Il y a ceux qui représentent tous les autres en intercédant auprès du Tabernacle, et ceux qui répandent comme d’en-haut, la doctrine de Jésus-Christ, et enfin ceux qui s’approchent de chaque âme ».

 

Les initiatives pour l’Année de Saint Paul

 

            La Famille Paulinienne a ouvert l’année Jubilaire consacrée à Saint Paul, le 30 juin 2008, pour la Famille Paulinienne, fête liturgique de Saint Paul, avec une rencontre dirigée par S. Exc. Mgr Rino Fisichella, au sanctuaire consacré à Marie Reine des Apôtres, qui se dresse au centre du grand espace voulu par le Bienheureux don Alberione, à peu de distance de la Basilique de Saint Paul, et qui comprend plusieurs bâtiments, dont la Maison Généralice, et plusieurs Communautés de la Société de Saint Paul et des Filles de Saint Paul. Dans la crypte sont enterrés don Alberione et sœur Tecla Merlo.

            Le jour suivant, 1° juillet, la Famille Paulinienne a fait un pèlerinage à la Basilique Saint Paul Hors-les-Murs ; le programme commun pour cette Année prévoit des centaines d’initiatives, d’exercices spirituels, de conférences, de cours, de pèlerinages, mais aussi des expositions d’œuvres d’art, des concerts et des activités culturelles en général. Dans plusieurs Pays, comme la Corée et le Japon, la Famille Pauliniennee collabore directement avec l’Eglise locale pour la préparation et pour l’animation des événéments prévus. Les deux sites officiels de la Congrégation www.paulus.net et www.paoline.org fournissent une liste mise à jour continuellement. Au plan de l’édition, un « logo » spécial accompagne les publications ; une revue mensuelle, Paulus, a été lancée précisément pour l’Année de Saint Paul. Dans le domaine de la « home video », La Maison Pauline d’Editions a réalisé un documentaire sur saint Paul.

 

Entretien avec don Silvio Sassi, Supérieur Général de la Société de Saint Paul

 

            Notre Fondateur a réalisé progressivement dix fondation, de1914 à 1971. Cinq Congrégations, quatre Instituts séculiers, et un Mouvement de laïcs, les coopérateurs. Les charismes sont divers : l’engagement dans la communication sociale (Pauliniens et Pauliniennes), l’animation des paroisses (« Pastorelle »), l’adoration et le service sacerdotal et liturgique (« Pie Discepole »), l’(apostolat pour les vocations (« Apostoline »), et enfin le témoignage dans le monde (Instituts agrégés)

            Notre Famille est ainsi à plusieurs voix du point de vue des engagements apostoliques, mais elle est unique du point de vue de la spiritualité, c’est-à-dire du charisme paulinien. Don Giacomo Alberione a su puiser chez Saint Paul pour développer le caractère multiforme des charismes complémentaires pensés pour notre époque.

 

Les origines de la Société de Saint Paul remontent à l’apostolat pour la Bonne Presse, commun à de nombreux Pays européens du début du XX° siècle. Quelle a été la nouveauté apportée par Don Alberione ?

            Comme société de Saint Paul, notre caractère spécifique a été nouveau dès son début, en1914. Don Alberione a été l’auteur d’une petite révolution pastorale, en ayant l’intuition  qui ne fallait plus attendre que les gens reviennent à l’Eglise, mais l’atteignent là où elle se trouve, dans les bureaux, dans les champs, dans les écoles, et utiliser la presse non seulement pour l’information mais comme forme de pastorale complémentaire de celle de la paroisse. Sa foi était donc une foi missionnaire qui a créé une forme nouvelle d’évangélisation. Avec l’évolution du panorama des moyens d’information, Don Alberione s’est tourné vers le cinéma, la radio, la télévision, les illustrés, et, aujourd’hui, nous poursuivons son intuition, en nous servant des nouveaux langages de la communication. Et en cela aussi réside notre imitation du charisme paulinien. Saint Paul s’tait servi de la rhétorique juive et de la rhétorique grecque pour présenter une formulation inculturée du christianisme. Aujourd’hui, nous sommes convaincus que l’on peut rencontrer Dieu et faire l’expérience du Christ dans la communication par les moyens modernes d’information, en lisant un roman, en écoutant une chanson, en naviguant sur Internet. C’est pour nous la vocation à œuvrer dans un domaine missionnaire.

 

Comment changent les expériences dans les différentes réalités missionnaires du monde ?

            « La première règle que nous suivons est de nous adapter au niveau des moyens de communication de la Nation qui nous accueille. Nous ne pouvons pas proposer des lignes d’édition perfectionnées dans des Pays culturellement en arrière. Une deuxième règle est de tenir compte du type de communication répandu dans la Nation. Bien sûr nous ne dispensons pas d’apporter des nouveautés dans la ‘diète’ des moyens de communication, mais, en général, il est très risqué de proposer quelque chose qui n’est pas connu et utilisé  habituellement par les gens. Une troisième règle, c’est d’avoir des valeurs et des coordonnées communes, que les communautés, par la suite, développeront sur place. Par exemple, pour ce qui concerne le domaine de l’édition, nos suivons pour le moment trois thèmes principaux : la Bible, la famille, et la communication. Chaque communauté paulinienne pense ensuite à réaliser ces grandes lignes directrices ».

 

Que veut dire pour vous célébrer l’Année de Saint Paul?

            « Cela veut dire approfondir l’élément fondamental de l’unité de la Famille. Ce qui nous rend frères et sœurs, c’est étudier, prier et imiter Saint Paul. C’est une année qui nous offre une possibilité et une encouragement en plus pour faire tout cela ».

 

 

Entretien avec Soeur Anna Maria Parenzan, Vicaire Générale des Filles de Saint Paul

            Nous avons accueilli avec joie la proclamation de l’Année de Saint Paul, parce que don Alberione nous a toujours invitées à considérer Saint Paul comme notre vrai Fondateur, le Père de notre Institution. Et, même avant l’annonce solennelle de la part de benoît XVI, en tant que congrégation, nous avions déjà prévu un approfondissement sur Saint Paul. En effet, notre dernier Chapitre Général, qui s’est tenu au mois d’août 2007, nous avait invitées à redécouvrir dans l’Apôtre, le fil conducteur de notre cheminement, la personne que nous sommes appelées à imiter pour exprimer une identité encore plus paulinienne. Nous sommes profondément convaincues que cette année sera pour nous une grande occasion pour raviver notre vocation et pour communiquer le Christt, sur les traces du Grand apôtre des Nations ».

 

Suivrez-vous un itinéraire?

             Oui, notre Supérieure Générale, Sœur Maria Antonieta Bruscato, nous a invitées à goûter ensemble la richesse de notre caractère paulinien, ; à étudier et à à partager avec une plus grande  fidélité les lettres de l’Apôtre Paul ; à ouvrir notre cœur à tous les peuples et à toutes les cultures, en donnant aussi à nos Centres un visage oecuménique particulier, selon le souhait du Pape ‘que l’Année de Saint Paul contribue à renouveler notre enthousiasme missionnaire, et à rendre plus intenses nos relations avec nos frères de l’orient et avec les autres chrétiens qui, comme nous, vénèrent l’Apôtre des nations’ ; à travailler avec plus d’intensité à la pastorale des vocations, en partageant avec les jeunes et avec les laïcs, les richesses du charisme paulinien ; à croître dans le sentiment de sentir que nous sommes une Famille, et une famille Paulinienne, qui se réjouit ensemble, qui croît ensemble, et qui partage la beauté du don ».

 

Quelles difficultés rencontrez-vous dans les Missions?

            « Dans les 52 Nations où nous sommes présentes, nous essayons de nous faire, comme Saint Paul « toutes à tous » pour apporter à tous l’Evangile. Notre tâche st d’aller ‘au-delà’, d’arriver à ces réalités qui ont le plus besoin d’une présence chrétienne. Parfois, nos présences sont insignifiantes (dans la grande Russie, par exemple, sous sommes seulement cinq religieuses), mais nous voudrions être des présences de Lumière, qui irradient et communiquent la Parole qui sauve. La dernière Communauté, ouverte à Juba au soudan, nous met en contact avec une population épuisée par la guerre, où la pauvreté est la norme. Notre problème consiste à aider à reconstruire non seulement matériellement un Pays détruit, mais surtout à arriver à l’esprit des personnes, à donner le ‘pain de la Parole’, à former une mentalité fondée sur les valeurs humaines et chrétiennes ».

 

Quel rôle ont les moyens de communication de masse?

            Il n’y a pas d’évangélisation sans communication. La communication est une composante essentielle du charisme paulinien, et une partie constitutive de notre mission. L’annonce de la ‘Bonne Nouvelle’ trouve aujourd’hui une nouvelle ampleur, grâce au caractère multiple des moyens de communication, à la connexion sur la Toile, à l’interactivité et à la virtualité. L’attention envers nos interlocuteurs, à ceux que nous appelons les ‘destinataires’ de l’apostolat, nous rend particulièrement sensibles pour assumer les nouvelles formes, les langages et les technologies de la communication, en parvenant à vaincre la paeur de la nouveauté. Nous sentons qu’il est urgent de raviver en nous la passion de Saint Paul pour communiquer à tous Jésus Maître, Voie, Vérité et Vie, dans la culture de la communication de notre temps, mais aussi pour trouver de nouvelles voies apostoliques. Le problème est important, à n’en point douter : comment animer la culture de notre époque, et comment inculturer la Parole dans l’ère de la communication. C’est là la question que nous nous posons, et en même, nous nous demandons quelle est notre mission, sur les pas de Saint Paul, un grand communicateur, et , comme le dirait Ketteler, un journaliste ante litteram ».

 

 

 

La Compagnie de Saint Paul

 

            La Compagnie de Saint Paul naît en 1920 à Milan, sur le désir du Bienheureux Cardinal Andrea Carlo Ferrari et de son secrétaire l’abbé Giovanni Rossi.

            Andrea Ferrari était né en 1850 à Lalatta di Palanzano, dans le Diocèse de Parme, dans une famille modeste, mais riche de foi. Il fut ordonné prêtre à 23 ans ; après une expérience de ministère paroissial et d’enseignement, il devint Supérieur du séminaire diocésain de Parme en 1877. Pendant le Pontificat de Léon XIII, il fut nommé Evêque de Guastalla en 1890, de Côme en 1891, et enfin de Milan en 1894, et fut nommé Cardinal. Il ajouta à son nom de Baptême celui de Charles, en l’honneur de Saint Charles Borromée. Il mourut le 2 février 1921, après s’être dépensé entièrement pour les activités sociales et pour l’animation de l’Eglise de Milan.

            Le premier noyau de la compagnie comprend des laïcs provenant de l’Action Catholique, et des prêtres, don l’Abbé Giovanni Rossi, tous dévoués à l’apostolat, avec la tâche de réaliser des œuvres sociales, et de rapprocher les gens à la foi ; un autre groupe, avec le Père Gemelli travaille en revanche dans le domaine culturel, et il en naîtra l’Université Catholique. Durant les premières années, la Compagnie travaille au sein de l’action Catholique, mais en 1924 déjà, ayant pris une identité propre, elle acquiert le statut de Congrégation religieuse, dépendant directement du Saint-Siège.

            En une dizaine d’années, la Compagnie de Saint Paul compte de nombreuses adhésions, et connaît un grand développement. L’abbé Giovanni Rossi, qui est devenu le Supérieur Général de la Compagnie, réalise des programmes orientés vers les secteurs les plus populaires de la société. On crée des écoles professionnelles, un cercle de culture pour les jeunes, une bibliothèque, un cinéma, une cantine économique, un secrétariat du peuple, et une maison pour les filles-mères. Ce sont là des activités qui, à l’époque, ne manquèrent pas de susciter des critiques, mais qui se développèrent dans la ligne du, mandat du Cardinal Ferrari : « Sortez des sacristies, allez sur les places ». La compagnie de Saint Paul commence en outre son expérience dans l’organisation des pèlerinages, et son travail dans le domaine de l’édition et dans l’imprimerie de journaux.

            A côté de la diffusion dans d’autres diocèses d’Italie, Rome, Venise et Gènes, on voit s’affirmer rapidement aussi la « dimension international de l’Institut, avec une expansion çà Jérusalem, en contact avec les palestiniens, à Paris, puis en Amérique du Sud, Argentine, Uruguay, Chili, avec des Maisons à Buenos Aires, cordoba, Rosario, Montevideo, Santiago, et enfin aux Etats-Unis, Washington et New York. Pour obtenir l’accueil et l’adhésion aux idéaux pauliniens chez les laïcs, on fonde l’Association Cardinal Ferrari, qui coopère au développement des initiatives sociales de l’œuvre Cardinal Ferrari.

            En 1934, l’abbé Giovanni Rossi, qui avait déjà abandonné la charge de Supérieur général en 1929, abandonne le projet initial du Cardinal Ferrari d’apostolat social, et se consacre uniquement à l’évangélisation et aux Missions. En 1939, la « scission » est définitive avec la fondation à Assise de la "Pro Civitate Cristiana ».

            Pendant ce temps, en France, à Paris, l’apostolat important de la « Maison de la Jeunesse » est interrompu en raison de sa fermeture, après les développements du fascisme en Italie et la crise économique des années 1929-1930. En effet, le programme de la compagnie, orienté vers les classes populaires, fut placé aussitôt à l’écart par la politique sociale du régime. Pendant la seconde guerre mondiale, l’effort se concentre sur les personnes persécutées, tout d’abord les victimes des lois raciales, en cachant dans le siège de Milan des partisans et des juifs, et puis, après le 25 avril, les républicains de Salò.

            En 1945, l’abbé Antonio Rivolta fonda à Civitavecchia (Rome), la « République des Jeunes », un village qui accueille des enfants sans maison et sans appui familial, en les enlevant à la vie de débauche et à la pègre. La fin de la guerre et ke réunification des familles comporte aussi une série de problèmes psychologiques, affectifs et sociaux ; et l’abbé Paolo Liggeri, rentré du camps de concentration de Dachau, ouvre à Milan l’Institut « La Casa », le premier centre de consultation familiale en Italie, une structure sociale absolument inédite pour l’époque.

            Le 30 juin 1950, la Compagnie de Saint Paul obtient du Pape Pie XII la reconnaissance d’Institut Séculier, et arriva avec ce statut jusqu’aux années du Concile Vatican II. La mise à jour de l’Institut, qui s’ensuivit, ouvre les portes aussi aux personnes mariées. « La Compagnie de Saint Paul, déclare l’article 2° des Constituions actuelles, se propose d’élever humainement, et d’animer d’esprit évangélique, la vie et les activités sociales et individuelles. Ses membres, attentifs aux besoins et aux demandes de leurs contemporains, travaillent soit de manière communautaire, soit de manière individuelle, avec une esprit de nouveauté et de service, à l’exemple de Saint Paul qui s’est fait tout à tous ». En Italie, les Pauliniens sont au nombre d’une centaine environ, des femmes en majorité, plus trente familles de membres associés. De nombreuses vocations se manifestent en Amérique du Sud, au Chili et en Argentine.

 

 

Entretien avec don Luigi Paroni, responsable de Villa Clerici et des activités de la Maison de Rédemption sociale de la Compagnie de Saint Paul à

 

            « La Compagnie de Saint Paul est née du magistère social du, Cardinal Ferrari, qui se laissait guider par les besoins des gens, et qui répondait par des considérations pratiques. En suivant l’enseignement de Saint Paul, ‘l’amour du Christ nous pousse’ (2 Corinthiens 5, 14), il fallait en effet affronter les deux processus de l’industrialisation et de l’urbanisation, et aider les couches les plus populaires, enlever les enfants de la rue, pourvoir à toute une série d’activités sociales. Après la mort du Cardinal en 1921, son successeur Mgr Achille Ratti béni la première pierre de la Maison de la rue Mercalli, en Centre qui, en plus d’autres services, comprenait même le bureau de placement pour le travail ». L’abbé Luigi Paroni, curé de l’église Saint Benoît à Rome pendant 18 ans, confiée depuis 1925 à la Compagnie de Saint Paul, est actuellement responsable de la Villa Clerici et la Maison de Rédemption sociale de Milan.

 

De Milan, la Compagnie arriva aussi à Rome, sous la protection de Pie XI. Comment cela se fit-il ?

            « Elu Pape en 1925, le Cardinal Ratti fit en sorte de pouvoir insérer une petite communauté de Pauliniens sous la direction de don Ercole Gallone, rue du Gazomètre à Rome. C’était un quartier en pleine naissance, un nouveau pôle industriel avec, au centre, le centre de ravitaillement des Forces armées, le magasin général des casernes de la Capitale. Don Ercole était venu à Rome avec un groupe de pèlerins pour l’Année Sainte de 1925, sans se douter le moins du monde des vues que Pie XI avait sur lui. Mais le Pape, qui connaissait bien l’œuvre précieuse que réalisaient les Pauliniens à Milan, voulait leur présence pour assurer un contact avec le monde du travail, et pour faire face aux problèmes que l’industrialisation et l’urbanisation portaient avec elles. Ce fut ainsi que don Ercole accepta l’invitation, et s’établit dans la petite église de Saint Benoît, où il resta sept ans environ. Après lui, arivèrent don Guerrini (1932-1937), ami de Paul VI, et enfin don Gregorini (1937-1984) qui fut aussi Camerlingue du Diocèse de Rome.

 

Comment sont les expériences aujourd’hui?

            « L’expérience de la Maison de Rédemption Sociale se poursuit à Milan, tout comme la République des Jeunes à Civitavecchia, et l’’Institut ‘La Casa’ qui porte une attention particulière aux familles. L’œuvre Cardinal Ferrari continue sn travail en faveur des ‘charismes’, les pauvres. A New-York, les Pauliniens se consacrent à l’accueil des étudiants et des nécessiteux, et, au Chili et en Argentine, nous avons de nombreuses autres présences. Notre grande espérance pour l’avenir, repose dans les membres associés qui, à côté des laïcs consacrés, forment un groupe bien formé et bien préparé, dont pourront naître aussi des vocations sacerdotales ».

 

Comment vivrez-vous l’Année de Sant Paul?

            « Nous organisons une Semaine d’événements pour susciter chez les gens une attention nouvelle sur ce que nous faisons. La Compagnie, en plus des œuvres sociales, est aussi particulièrement active dans le domaine de l’édition, dans l’organisation et dans la direction des pèlerinages, dans l’éducation, et dans l’art sacré contemporain ».

 

 

 

Dossier réalisé pari A.M.,N.Z.,M.S. - Agence Fides 25/10/2008; Directeur Luca de Matav

 

 

Instituts Religieux qui s’inspirent de l’Apôtre Paul

 

Passage du Message du Pape Benoît XVI pour la Journée Mondiale des Missions 2008

 

« Chers frères et sœurs, « duc in a       ltum » ! Prenons le large dans la vaste mer du, monde et, en suivant l’invitation de Jésus, jetons sans peur les filets, confiants dans son aide constante. Saint Paul nous rappelle que prêcher l’Evangile n’est pas une vantardise (cf. 1 Corinthiens 9, 16), mais une tâche et une joie. Chers Frères Evêques, en suivant l’exemple de Paul, que chacun se sente ‘prisonnier du Christ pour les Nations (cf. Ephésiens 3, 1), en sachant que nous pouvons compter, dans les difficultés et dans les épreuves, sur la force qui vie de lui […].

« Et vous, chers religieux et religieuses, marqués, par vocation, d’une forte connotation missionnaire, apportez l’annonce de l’Evangile à tous, et spécialement à ceux qui sont loin, par un témoignage cohérent rendu au Christ et par une vie radicale de disciple de son Evangile ».

 

 

Le caractère multiforme des charismes

 

Rome (Agence Fides) – La mention de Saint Paul dans le titre d’un Institut religieux est un fait relativement récent. A une époque plus ancienne, l’Apôtre des Nations donnait en effet sn nom à de nombreux monastères dans le monde ; mais c’est seulement avec la centralisation des Instituts commencée à l’époque moderne, que des fondateurs, animés par une dévotion personnelle et par un programme apostolique bien précis, l’ont choisi comme patron de leurs Instituts et de leurs œuvres.

            Saint Antoine-Marie Zaccaria (1502-1503), Fondateur des Clercs Réguliers de Saint Paul (Barnabites), et d’un autre Ordre appelé les « Sœurs Angéliques de Saint Paul », fonde la première Famille religieuse placée sous la protection de Saint Paul, animée par un programme généreux de réforme, à la veille du Concile de Trente.

            Un peu plus d’un siècle plus tard, le Sœur de Saint Paul de Chartres, fondées en 1696 dans le cadre de la spiritualité de Saint Vincent de Paule, doivent leur dénomination à l’Evêque du lieu, Mgr. Paul Godet de Marais. Avec le temps, la référence à Saint Paul se révélera particulièrement féconde et appropriée aux communautés religieuses ayant une forte identité missionnaire. Les sœurs de la Charité de Saint Paul, à Birmingham, sont une filiation de Chartres (1847). C’est la même choses pour les Sœurs de Saint Paul d’Angoulême, fondées en 1825, et qui se sont rassemblées ensuite en 1854 dans la Société du Sacré-Cœur.

            A partir du XIX° siècle, le titre est presque toujours à rapporter à un programme apostolique précis, changé par le charisme paulinien. Alors que les Sœurs Aveugles de Saint Paul (1852 choisissent comme devise un passage de la Lettre aux Ephésiens (« A présent, nous sommes lumière dans le Seigneur » Ephésiens, 5, 8), Isaac Hecker, en 1858 comprend la Mission au sens œcuménique. Le Chanoine Joseph Schorderet, en 1873, plaça en revanche sous le patronage de Sant Paul son Oeuvre pour la diffusion de la Bonne Presse, soutenu explicitement part Pie IX.

            Deux autres fondateurs rappellent le lien entre Sait Paul et les moyens de communication sociale dans les premières années du XX° siècle :l’Evêque grec-melkite Germanos Mouakkad (Missionnaires de Saint Paul en 1903, et l’abbé » Giacomo Alberione (Société Saint Paul, et fille de Saint Paul) en 1914-1915). La compagnie de Saint Paul (1920, voulue par le Cardinal Andrea Carlo Ferrari, travaille en partie dans le même domaine pastoral, et poursuit un programme d’assistance et de promotion sociale.

            Dans le domaine sociale, précisément, à la fin du 19° siècle, Jakob Friedrich Bussereau était parvenu à unir dans la fraternité religieuse un groupe de prêtres et de religieuses pour les soins aux handicapés mentaux. Quelques années plus tard, le Maltais Giuseppe De Piro (1877-1933) avait transmis son grand idéal paulinien à une “petite société” missionnaire.

            A l’occasion de l’Année de Saint Paul et du Mois des Missions, l’Agence Fides fait le tour, avec ce Dossier, de l’histoire des Familles Religieuses qui s’inspirent de Saint Paul pour leur apostolat, en soulignant les problèmes du passé et du présent, l’état des Missions, et les initiatives en lien avec l’Année de Saint Paul. Nous remercions pour leur contribution les Supérieures et les Supérieurs Généraux , ainsi que les Directeurs et les Responsables des Instituts.

 

Dévotions particulières

 

            Tous les Instituts religieux ont des dévotions particulières envers Saint Paul, dans la mémoire liturgique – avec la célébration des moments marquants de la vie de l’Apôtre – et dans la prière quotidienne. Plusieurs Fondateurs ont laissé des textes d’une spiritualité profonde, de catéchèse ou de commentaire sur la personne et les Lettres de Sat Paul, qui font partie intégrante de leurs Constitutions et de leurs livres de prière : c’est le cas de Saint Antoine Maria Zaccaria, de Marie Anne de Tilly, de Giacomo Alberione, de Germanos Mouakkad, de Giuseppe De Piro et d’Isaac Hecker.

 

            Les deux Instituts d’Alberione (Société de Saint Paul, et Filles de Saint Paul), suivent un cycle de dévotion particulièrement structuré et riche. En 1918 déjà, la petite communauté paulinienne consacrait à l’apôtre tout le mois de juin, et récitait « la petite couronne de saint Paul », une série d’invocations centrées sur la conversions, les conseils évangéliques et l’apostolat. En 1958, Don Alberione déclara pour la Famille Paulinienne un « Jubilé de Saint Paul » à l’occasion du XIX° Centenaire de la Lettre aux Romains. Don Alberione est en outre auteurs de plusieurs prières à Saint Paul , dont une pour la protection de la bonne presse.

            Les autres Instituts eux aussi récitent des prières pour leur charisme spécifique. L’apostolat est invoqué pour son zèle missionnaire, pour l’’enseignement, la vocation et la conversion.

 

 

Chronologie des fondations

 

- Barnabites (année de fondation 1533), (nation de fondation: Italie)

- Soeurs Angéliques de Saint Paul  (1535), Italie

- Sœurs de Sant Paul de Chartres (1696), France

- Soeurs de Sant Paul d’Angoulême (1825), France

- Soeur de la Charité de Saint Paul (1847), Angleterre

- Soeurs Aveugles de Saint Paul (1852), France

- Pauliniens (1858), Etats-Unis

- Oeuvre de Saint Paul (1873), Suisse

- Société de Saint Paul (1871), Chine

- Missionnaires de Saint Paul (1903), Liban

- Société Missionanire de Saint Paul (1910), Malte

- Soeurs de Saint Paul (appr. 1913), Allemagne

- Frères de Saint Paul  (appr. 1913), Allemagne

- Société de Saint Paul (1914), Italie

- Filles de Saint Paul (1915), Italie

- Compagnie de Saint Paul (1920), Italie

 

 

 

 

Barnabites, Angéliques et Laïcs de Saint Paul

 

            La plus ancienne Famille religieuse qui s’inspire de Saint Paul, a été fondée en 1530 à Milan, par Saint Antoine Maria Zaccaria (1502-1539). Reconnu aujourd’hui pour son œuvre réformatrice avec Saint Gaétan de Thiene et Saint Ignace de Loyola, Zaccaria avait une forte spiritualité eucharistiques et une dévotion particulière envers Saint Paul Apôtre, qui avait mûri pendant les années de sa préparation au sacerdoce. Diplômé en médecine (doctorat), il s’était consacré dans un premier temps au soin des malades les lus pauvres, et avait choisi ensuite la vie sacerdotale à 26 ans.

            Entré dans l’Ordre de l’ « 'Eterna Sapienza » de Milan, il avait partagé ses idées de réforme avec plusieurs nobles milanais, et il avait fondé un premier groupe appelé les « Petits enfants de Paul Apôtre » (“I Figliuoli di Paolo Apostolo”). « Soyez donc sûrs, écrivait-il, que vous bâtirez, sur les fondements  de Paul, non pas du foin ni du bois, mais de l’or et des pierres précieuses, et qu seront ouverts, au-dessus de vous et des vôtres, les cieux et leurs trésors ».

            En 1533, le Pape Clément VII approuva la branche masculine qui, avec la Bulle de Paul III en date du 24 juillet 1535, prit le nom de Clercs Réguliers de Saint Paul « Decollato ». Dans un autre Bref, le Pape reconnut aussi le rameau féminin, les Angéliques de Saint Paul « Converso » (la dénomination fut approuvée officiellement en 1449 par Paul III), fondées par la Comtesse de Guastalla Ludovica Torelli (qui avait fourni l’appui économique, et participera à toutes les activités caritatives de la Congrégation). Il faut rappeler aussi la figure d’Angelica Paola Antonia Negri, qui eut un rôle de guide, non seulement chez les religieuses  mais aussi chez les Barnabites et les « Coniugati » de Saint Paul, quand le Fondateur mourut subitement, jeune. Les Clercs s’installèrent dans l’église de San Barnaba à Milan, et prirent ainsi le nom populaire, qui est resté jusqu’à nos jours, de Barnabites

 

 « Nous courons comme des fous non seulement pour Dieu, mais aussi pour le prochain »

 

            Le programme de Sant'Antonio Maria Zaccaria prévoyait une réforme radicale de l’Eglise lombarde, qui était affligée par le nombreux problèmes très répandus à l’époque: diocèses sans Evêque, clergé privé d’une formation théologique suffisante, baisse de la pratique religieuse, Monastères et Couvents en pleine décadence. Dans une lettre de 1531, le Saint avait écrit à ses amis : « Nous courons comme des fous non seulement pour Dieu, mais aussi pour le prochain »

            La Compagnie prévoyait des activités pastorales auprès des gens du peuple, et dans les monastères. En 1537, commença la première mission en dehors du duché de Milan, à Venise ; mais là, les Barnabites, Angéliques et « Conjugati » (c’est ainsi qu’on appelait au début les laïcs, « mariés ») ne rencontrèrent pas la faveur des autorités et furent dénoncés à l’Inquisition pour hérésie. Innocentés de cette accusation, les « Enfants de Saint Paul » reçurent toutefois une réprimande du Sant Office, qui les invitait à se conformer aux canons de la vie religieuse déjà précisés par le Concile de Trente. C’est dans cette optique qu’il faut replacer les Angéliques, qui passèrent à la « clôture » en 1552.

            Au début du XVII° siècle, les Barnabites entrèrent progressivement dans le domaine éducatif – qui restera une tâche spécifique de leur apostolat – et durent faire face aux premiers problèmes missionnaires, en Chine et en Birmanie, alors que, en Europe, de nouvelles fondations voyaient el jour en France, en Autriche et en Bohème.

            Le XVIII° siècle reste, aujourd’hui encore comme le « siècle d’or » de la Congrégation, qui toucha les plus grandes Cours italiennes, grâce à la science de nombre de ses membres, et jouit aussi de la protection du Pape Benoît XIV.

            En 1810, la suppression des Ordres religieux, décrétée par Napoléon I°, marqua un déclin drastique de la Famille fondée par Zaccaria, et ce déclin durera jusqu’à la fin du siècle. Les Barnabites, dispersés dans un premier temps, réussirent à reconstituer une communauté à Rome en 1814, mais dut attendre 1825 pour faire de même à Milan. Dans le même temps, la branche féminine connaissait un choc plus grand encore, avec la mort, en1846, de la dernière Angélique, Mère Maria Teresa Trotti Bentivoglio. En 1879, le Père Pio Mauri, Barnabite, reprit en mans les anciens documents de la Congrégation, conservés par Mère Maria Teresa Trotti Bentivoglio, et put faire renaître une petite communauté d’es Angéliques à Crémone. Durant ces mêmes années, la branche masculine contrait ses efforts dans l’éducation des jeunes, en commençant à ouvrir des patronages qui seraient tels quels par Don Bosco.

            L’année 1903 fut l’année de l’ouverture aux Missions, avec l’arrivée des premiers Barnabites au Brésil. Tout au long du siècle, l’expansion se fera dans tous les continents ; et, aujourd’hui, la Congrégation est présente dans 15 Pays : République Démocratique du Congo, Rwanda, Afghanistan, Philippines, Inde, Albanie, Belgique, Espagne, Pologne, Argentine, Brésil, Canada, Chili, Etats-Unis, Mexique (dernière fondation, en 2003). Les Angéliques, elles aussi suivront l’évolution missionnaire du rameau masculin grâce surtout à la direction charismatique de la Vénérable Mère Flora Bracaval (1861-1935), première Supérieure Générale de la Congrégation reconstituée. Sous son impulsion, les angéliques obtiennent l’abolition de la clôture, et le retour au charisme originel voulu par Sant'Antonio Maria Zaccaria.

            Toute la famille de Sant'Antonio Maria Zaccaria, né dans le climat lombard de la pré-réforme tridentine, est projetée aujourd’hui vers les nouveaux problèmes de l’évangélisation et de l’inculturation, sur le modèle de Saint Paul. Le laïcat faity partie intégrante de ce programme, et collabore à toutes les activités animées par les deux Instituts religieux ; le Mouvement des Jeunes de Sant'Antonio Maria Zaccaria, dirigé spirituellement par les Angéliques, aide les jeunes à s’approcher de la vie chrétienne, grâce au charisme paulinien

 

 

Entretien avec le Père Giovanni Maria Villa, Préposé Général des Clercs Réguliers de Saint Paul  

« Notre fondateur, sant'Antonio Maria Zaccaria, avait misé, au début du XVI° siècle sur toutes catégories de l’Eglise : les prêtres – avec les Clercs Réguliers de Saint Paul -, le religieuses – avec les Angéliques de Saint Paul – et enfin les laïcs appelés les « Maritati di San Paolo », aujourd’hui « Laïcs de Saint Paul. Son objectif était de réaliser un programme de réforme qui, au-delà de la signification de ce terme liés aux événements de l’époque, était compris par lui comme un renouveau intérieur à la lumière de la Parole de Dieu, pour tous les chemins de vie ».

 

Pourquoi le rappel à l’Apôtre Saint Paul?

« Notre charisme était de convertir les gens et de les aider à vivre chrétiennement, d’où l’inspiration à l’Apôtre de la part du Fondateur qui le considérait comme un guide et un protecteur personnel. Aux XVII° et XVIII° siècles, il y a eu ensuite chez les Barnabites plusieurs grands spécialistes de Saint Paul, tradition qui continue aujourd’hui encore. Les Barnabites, quoi qu’il en soit, travaillaient essentiellement, dans les premiers temps, dans les différents Diocèses sous l’autorité de l’Evêque Ordinaire, sans diriger directement des œuvres sociales ou éducatives, mais en collaborant dans la direction spirituelle et dans activités pastorales. Aujourd’hui encore, c’est là le trait qui nous distingue le plus. Notre Congrégation n’a jamais été très nombreuse, si l’on considère que, dans sa période de plus grand développement, le XVIII° siècle, ses membres n’étaient pas plus de 800, et ils sont aujourd’hui au nombre de 400. Durant les derniers siècles, nous avons toutefois élargi notre travail dans des secteurs spécifiques, comme l’enseignement et, à partir de la moitié du 18° siècle, dans l’évangélisation ‘ad gentes’, en commençant par la Birmanie ».

 

Comment vivez-vous aujourd’hui les problèmes missionnaires?

« Le charisme missionnaire de Saint Paul a été de nouveau approfondi au début du XX° siècle, en commençant par le Brésil, et en continuant, après la deuxième guerre mondiale, avec l’Amérique du Nord, l’Afrique et les Philippines. Dans les Missions, nous nous consacrons à la formation des communautés missionnaires, un travail de consolidation de tout ce qui avait déjà été fait avant notre arrivée. Aux Philippines et en Amérique Latine surtout, nous enregistrons un certain nombre de vocations de jeunes. Au total, nous avons 60 profès temporaires ».

 

“Il carisma missionario di San Paolo è stato ulteriormente approfondito all'inizio del Novecento, cominciando dal Brasile e continuando dopo la II Guerra Mondiale con il nord America, l'Africa e le Filippine. Nelle missioni ci dedichiamo alla formazione delle comunità missionarie, un lavoro di consolidamento di quanto è già stato fatto prima del nostro arrivo. Soprattutto nelle Filippine e nell'America Latina oggi registriamo un certo numero di vocazioni giovanili. In totale abbiamo 60 professi temporanei”.

 

Quelles initiatives sont prévues pour l’Année de Saint Paul, et qu’en attendez-vous?

« A l’occasion de l’Année de Saint Paul, nous avons prévu trois journées au mois d’octobre auxquelles participeront les Barnabites, les §angéliques, et les Laïcs, pour réfléchir sur notre charisme et notre histoire, et pour fêter ensemble cet événement, dans la Basilique de Saint Paul à Rome. Bien sûr, tout au long de l’année, il y aura d’autres initiatives au plan local. Nous souhaitons que el retour à Saint Paul soit l’occasion pour nous vivifier nous-mêmes, et pour nous aider à renouveler les communautés chrétiennes qui nous sont confiées ».

 

Entretien avec Mère Alnaissi ASP, Supérieure Générale des Angéliques de Saint Paul

            Notre Congrégation, fondée en  1535 à Milan, représenta une grande nouveauté pour l’époque. Les Angéliques, en effet, furent le premier Institut féminin qui n’était pas de clôture, mais appelé à un apostolat actif, avec un idéal essentiellement éducatif et réformateur. Les premières religieuses étaient souvent envoyées dans des monastères en décadence, pour y transmettre le nouvel esprit, une ferveur chrétienne qui s’était perdue ».

 

Quelles difficultés a rencontré le nouvel Institut?

            Notre charisme d’éducation à la foi se heurtait à l’ignorance générale. Les Angéliques, avec les Barnabites, organisaient des Missions populaires dans les paroisses pour rappeler même seulement les principes de base de la foi. En 1552, s’imposa la clôture quie la le concile de Trente, dix ans plus tard, aurait rendu obligatoire pour toutes les Congrégations féminines. Depuis ce moment, jusqu’à la suppression par Napoléon, en 1810, les angéliques furent une des nombreuses réalités contemplatives de l’Eglise. En 1846, la dernière Angélique décéda, et puis, avec la nouvelle Fondation en 1879 par le Père Pio Mauri, Barnabite, commença une nouvelle saison et un travail croissant dans les œuvres sociales ».

 

Un retour aux origines

            “En un certain sens, oui, étant donné que Sant'Antonio Maria Zaccaria avait pensé pur nous aussi à l’apostolat actif. L’occasion se présente pendant la première guerre mondiale dans notre Monastère d’Arienzo, en Campanie, où les religieuses, grâce à l’appui de l’Evêque du, lieu et avec l’autorisation du Saint-Siège, prennent la direction d’orphelinats pour les orphelines de guerre, et se consacrent à l’enseignement du catéchisme. En 1926 un Décret Pontifical rétablit notre charisme antique, en donnant en outre une physionomie nouvelle à l’Institut, en ordonnant la fusion des Monastères formellement autonomes, et la naissance d’un Chapitre Général de la Congrégation. Aussitôt après commence notre activité missionnaire, qui est aujourd’hui encore en expansion ».

 

Missionnaires, où et avec queles programmes?

            Les premières aspirantes étaient déjà arrivées à Arienzo, en 1922,  du Brésil – là-bas, les Barnabites y travaillaient depuis plusieurs années. Le Brésil forme à présent une Province ; nous avons 10 Maisons et 43 religieuses non italiennes sur les 65 en tout. Après le Brésil, d’autres Pays ont suivi : La Belgique (-1935), le Congo (1963), l’Espagne et les Etats-Unis (1965), le Kosovo (1976), les Philippines (1986), le Chili (1993), la Pologne (2005, l’Indonésie (2006), et, depuis un an , le Rwanda, où nous avons la gestion d’un orphelinat qui accueille plus de 140 enfants. Dans les Missions, nous nous consacrons surtout à l’éducation chrétienne et à l’enseignement, en nous adaptant, bien sûr, aux différents systèmes scolaires existants. Partout où nous allons, nous construisons des écoles de tous niveaux (des écoles maternelles aux lycées), ou bien nous nous insérons dans les structures déjà existantes, grâce à un certain nombre de sœurs qui enseignent ; et puis il y a aussi les activités pastorales dans les paroisses. Evidemment, en Italie où nous avons 12 Maisons et 79 religieuses, nous sommes pré »sentes dans le domaine de l’éducation. L’Institut Saint Paul de Rome accueille 600 étudiants ».

 

Qu’attendez-vous de l’Année de Saint Paul?

            “Un nouvel approfondissement  sur sa figure et sur ses Lettres. Ce sera aussi une invitation en plus pour cultiver l’unité de notre famille – prêtres, religieuses et laïcs de Saint Paul

 

 

 

Les Sœurs de Saint Paul de Chartres

 

            Un Décret de Napoléon en 1811 les reconnaissait juridiquement comme « Sœurs Hospitalières de Saint Paul », connues aussi sous le nom de « Saint Maurice de Chartres ». Le groupe des jeunes dévouées au service des enfants, des pauvres et des malades, était né plus d’un siècle auparavant, en 1696, à Levesville-La-Chenard, grâce au Père Louis Chauvet et la jeune noble Marie Anne de Tilly.

            A la fin du XVII° siècle, i y avait en France plusieurs communautés féminines qui travaillent selon l’esprit de Saint Vincent de Paul. Par rapport aux autres Instituts, les Sœurs ou Filles de la Charité ne faisaient pas de vœux religieux, et ne percevaient aucun revenu, mais elles pouvaient vivre leur vocation en dehors du cloître. Comme d’autres Pays européens, la France était à l’époque un territoire à évangéliser, là, dans les campagnes surtout, il n’y avait pas de clergé en nombre suffisant. En conséquence, on manquait de vie paroissiale, au détriment d’une formation chrétienne complète.

            Quand le Père Chauva arriva à Levesville, venant de la Provence (1694), il se rendit compte de l’état d’abandon de la paroisse, et décida de rester pour s’occuper des activités pastorales. En 1696, la petite communauté de jeunes filles qui l’aidait n’avait pas encore  une idée claire sur son propre avenir. Les quatre jeunes se consacraient à la catéchèse des enfants pauvres, et visitaient les malades de la paroisse, en se laissant guider par ses conseils spirituels. Au début, l’arrivé de Marie Anne de Tilly avait suscité des oppositions dans l’aristocratie locale, car il était inconcevable qu’une femme nombre s’unisse à un groupe de jeunes paysannes. Sa présence toutefois, même si elle a été brève (elle mourut à 38 ans en 1703) aida les jeunes, toujours plus nombreuses à ; prendre de plus en plus conscience de leur engagement. En 1708, le Père Chauvet en parla à l’Evêque du lieu, Mgr Paul Godet de Marais qui leur donna le nom de « Sœurs de Saint Paul, et leur attribua une habitation dans les faubourgs de Chartres, Saint Maurice, et delà, elles se répandirent rapidement dans les autres diocèses. Dans le même temps, il en donnait la charge au Père Claude Maréchaux, docteur en théologie à la Sorbonne.

            Après leur transfert à Saint Maurice, les Sœurs de Saint Paul étendirent leur rayon d’action à de nombreuses petites écoles rurales. Les filles les plus jeunes pouvaient y apprendre non seulement les fondements du catéchisme et de l’instruction, mais elles apprenaient aussi un métier adapté à leur condition. Les écoles étaient gratuites, et, pour recueillir de l’argent, les religieuses tricotaient des bonnets de laine et des chaussettes de femmes. Leur travaux étaient de très bonne qualité, et, pour cette raison, dans les premiers temps, l’Institut connut des difficultés à cause d’un procès intenté par la confédération des lainiers de Chartres, qui détenaient le monopole dans le domaine textile.

            En 1727, le Comte de Maurepas, Secrétaire d’etat, demanda à l’Evêque de Chartres s’il était possible d’envoyer des religieuses à l’Hôpital de Cayenne en Guyane. Quatre religieuses (Marie Méry, Madeleine Bilharam, Marie Malaire et Françoise Taranne) furent choisie parmi un grand nombre de volontaires. Ce fut là la première d’une longue série de Missions dans le monde entier. Au XIX° siècle, quand les nouvelles fondations françaises eurent posé les bases pour d’autres ramifications dans le reste de l’Europe (en Allemagne surtout, par la directrice de Strasbourg, en Angleterre à Birmingham, directement de Chartres), les Missions atteignirent l’Orient :Thaïlande, Hongkong, Corée, Chine, Vietnam, Japon. Entre 1850 et 1950, 941 religieuses missionnaires partirent pour l’Orient, et 791 pour les Indes Occidentales et la Guyane.

            La Révolution entraîna la dispersion, même pour cet Institut formellement non religieux mais travaillant simplement comme « association caritative ». La Supérieure Générale, Mère Josseaume, et celles qui s’opposèrent au serment de fidélité à la Constitution, furent arrêtées. Grâce au Décret de Napoléon I°, l’Institut obtint de nouveau la liberté, et fut reconnu juridiquement. « Les Sœurs de Sant Paul déclarait-on, ont l’objectif de servir et de secourir ceux qui souffrent dans les hôpitaux et dans d’autres endroits du même genre, mais aussi d’instruire les enfants, en France et dans les Colonies ». En 1834, à la mort de Mère Josseaume, l’Institut comptait 445 religieuses, dont 45 missionnaires à Cayenne, en Guadeloupe et en Martinique.

            Le grand développement missionnaire coïncidait avec l’aspiration des membres à faire non plus des vœux simples, mais de véritables vœux religieux. A leur demande, l’Evêque de Chartres, en qualité de Supérieur ecclésiastique de la communauté publiait en 1853 un décret qui acceptait ces résolutions, et précisait une duré de noviciat non inférieure à deux ans. Le 17 juin 1931, arrivait l’approbation de l’Institut par Pie XI. Le texte approuvait « ad experimentum » les Constitutions ; auparavant, les Filles de Saint Maurice notaient leurs promesses dans un Livre qui, avec le temps, était devenu une sorte de « journal mémorial » de la communauté ;le seul texte guide avait été préparé par le Chanoine Charles de Truchy dans la première moitié du 18° siècle, pour protéger la simplicité du noyau originel, et éviter uen fragmentation excessive. Les Constitutions furent approuvées définitivement par Pie XIII, le 13 juin 1949, et furent ensuite mises à jour pendant la période conciliaire, avec une nouvelle Règle, le Livre de ka Vie, approuvé définitivement par le Saint-Siège en 1988. L’article 2 déclare : « De l’exemple de Saint Paul, les Sœurs se font tout à tous. Fidèles à l’humilité de leurs origine, elles veulent vivre la pauvreté et la simplicité de l’Evangile ».

            Actuellement, les Sœurs de Saint Paul de Chartres forment une nombreuse Famille, qui compte environ 4.000 religieuses, dans 36 Pays des 5 Continents ; leur dernière Mission en date a été ouverte à Kazakhstan en 2008. Leur apostolat est celui de toujours : l’instruction des enfants et des orphelins, l’éducations des jeunes femmes, le soin des malades, l’assistance aux personnes âgées, le service pastoral dans les communautés les plus lointaines et les plus dépourvues.

 

 

Entretien avec Mère Myriam Kitcharoen, Supérieure Générale des Soeurs de Saint Paul de Chartres

            Le Chapitre de 2007, reprenant l’enseignement d’Isaïe, nous a poussé à étendre nos tentes, c’est-à-dire à étendre nos Missions, notre service en faveur de la Parole de Dieu. Cela requiert une solide formation intérieure pour ouvrir le cœur à la Mission, aux nombreux personnes dans le besoin, dans le monde actuel. A l’imitation de Saint Paul, nous nous laissons guider et instruire par le Saint-Esprit pour remettre notre avenir dans les mains de Dieu, et construire des communautés qui soient des manifestations d’une authentique et nouvelle Pentecôte ».

 

Quel héritage ont laissé le Père Chauvet et Marie Anne de Tilly?

            « Le Saint-Esprit a donné au Père Chauvet le charisme qui a fondé notre Communauté. Elle découle fondamentalement du passage de l’Evangile : ‘Chaque fois que vous avez fait ces choses à un seul de mes frères les plus petits, c’est à moi que vous l’ »avez fait’ (Mathieu 25, 40). Et Marie-Anne de Tilly a dit : ‘J’ai quitté le monde, et je me suis donnée tout entière à Dieu, pour le bien de l’Eglise et pour le service de mon prochain’. C’est là l’essentiel de notre charisme : élever l’homme et son esprit, avec une options préférentielle pour les pauvres, et pour les endroits où les autres ne vont pas ».

 

Où travaillent actuellement les Soeurs de Saint Paul de Chartres?

            « En suivant l’exemple de Saint Paul, nous travaillons auprès des pauvres et des malades, où qu’ils se trouvent : dans les villes, dans les campagnes, dans les hôpitaux, dans les dispensaires, o chez eux. Nous donnons l’instruction aux jeunes, sans faire de distinction entre riches et pauvres, en les suivant à tous les niveaux d’étude, jusqu’à l’Université, de manière à ce qu’ils réussissent à trouver  une place dans la société, et puissent construire une famille. Partout, nous proclamons avec zèle le Royaume de Dieu par la parole et par le témoignage de notre vie »

 

Comment abordez-vous l’appel missionnaire?

            Nous donnons beaucoup de place à la formation. Aujourd’hui, il y a un besoin urgent de formation ; non seulement d’une sérieuse préparation linguistique et culturelle, mais aussi d’un appel authentique à annoncer l’Evangile. Pour être missionnaires, il fait écouter la Parole de Dieu, marcher avec l’Eglise, et tenir compte du contexte social et culturel dans lequel on travaille. C’est pour cela aussi que nous développons en nous-mêmes et dans nos communautés le sens de l’internationalité et de l’universalité, en respectant les différentes cultures qui cohabitent au sein de la Congrégation ».

 

Comment vivrez-vous l’Année de Sant Paul?

            « C’est une année que nous consacrons déjà à une connaissance plus profonde de l’enseignement de l’Apôtre, par une étude assidue de ses Lettres. Nous avons prévu des conférences pour nous et pour nos communautés, qui s’inscrivent dans le contexte des activités prévues par les Eglises locales. Comme Congrégation, nous avons organisé un pèlerinage en Turquie, où a vécu Saint Paul, et à Rome, en parcourant les différents endroits qui rappellent sa prédication. Durant ce temps, nous voulons approfondir la spiritualité paulinienne, imiter son zèle apostolique, et enrichir notre vocation missionnaire, pour atteindre des Pays qui n’ont pas encore été évangélisés ».

 

 

 

Les Soeurs Aveugles de Saint Paul

 

 

            Le récit de la conversion de Saint Paul, dans les Actes (“Il resta trois jours sans voir et sans pendre ni nourriture ni boisson”, Actes 9, 9), est à la base du charisme des Sœurs Aveugles de Saint Paul, fondées à Paris en 1852 pour être « Lumière dans le Seigneur » (Ephésiens 5, 8).

            L’histoire de cette Congrégation est liée à l’intuition de Mademoiselle Anne Bergunion, née à Paris en 1804. Dans son atelier de couture, elle avait accueilli plusieurs jeunes filles aveugles dont l’Institut National pour les Jeunes Aveugles ne pouvait s’occuper. L’idée de fonder une communauté religieuses germa chez elle, en lisant une phrase qui disait : « avec quelqu’un, et une semaine de travail et trois chambres, on pouvait fonder une congrégation ». Mgr Henry Juge, prêtre du Diocèse de Versailles, soutint aussitôt cette oeuvre, et la suivit pendant 40 ans, jusqu’à sa mort en 1893.

            Les deux fondateurs se distinguèrent  pour leur dévouement et leur amour puyr ces filles. La fondatrice disait : « Mon Dieu, je veux être l’esclave ders aveugles pour toujours ». Son directeur spirituel déclarait : « Si, après ma mort, on m’ouvrait le cœur, on y trouverait une aveugle ». Pour procurer du travail, le Chanoine Juge fit installer une typographie en caractères Braille en 1864

            L’œuvre entreprise était une nouveauté absolue pour l’époque, dans le panorama social où n’existaient pas de structures d’assistance, et dans le milieu ecclésial, où il n’y avait jamais eu de communauté religieuse pour les aveugles. La fondation fut possible grâce au grand intérêt que lui porta Pie IX qui, informé de l’initiative, s’exclama : »C’est vraiment une femme qui a conçu un tel dessein ? C’est une belle œuvre, admirable, qui manquait dans l’Eglise ». Cette phrase ouvre aujourd’hui encore les Constitutions de l’Institut

 

La vie commune

 

            Après avoir donné à la communauté des Règles et des Constitutions, Anne Bergunion (devenue Mère Saint Paul), fit sa première profession religieuse en présence de la Mgr de La Bouillerie, le 22 mai 1855.

            Mère Saint Paul avait appelé les aveugles « sœurs du chœur » et les voyantes « soeurs converses » ; mais le Chanoine Juge désirait qu’il n’y ait aucune différence de rôles. L’intuition se révéla être fondamentale pour la vie commune, car elle s’inspirait de la parité absolue. Dans leur vie de chaque jour, les Soeurs aveugles sont aidées par celles qui voient, avec lesquelles elles forment un seul Institut. Unique au monde, la Congrégation reçoit de jeunes aspirantes aveugles , dans le but de leur permettre de consacrer leur vie à Dieu et à l’Eglise, de servir le prochain en se consacrant à l’éducation frappées de cécité. Le Saint-Siège a accordé le Décret de louange le 21 avril 1856.

 

Entretien avec Mère Hélène Coulong, Supérieure Générale des Soeurs Aveugles de Saint Paul

            « Notre charisme a pour but de permettre aux jeunes frappées de cécité totale ou partielle, de se consacrer au Seigneur, dans une égalité parfaite de vie avec les autres sœurs qui voient. C’est Mgr Juge qui a voulu cette parité de traitement, qui préside aujourd’hui encore à notre vie commune. Notre Patron est Saint Paul, qui a raconté qu’il avait été privé de la vue pendant trois jours dès le moment de sa conversion (Act 9, 9). La devise qui décrit notre charisme est tirée de la Lettre aux Ephésiens : ‘A présent, nous sommes Lumière dans le Seigneur’ (Ephésiens, 5, 8) ».

 

Pouvez-vous nous décrire votre vie commune et vos activités apostoliques ?

            « Etant donné les prémisses qui ont inspiré Mère Saint Paul et Mgr Henry Juge pour notre communauté, très tôt, les premières religieuses se sont consacrées à l’éducation des filles aveugles. Ceci nous a permis de survivre en une période de forte laïcisation, durant laquelle les aveugles n’étaient pas admises dans les classes avec les autres étudiantes et élèves. A présent, les religieuses font du volontariat dans le cadre d’un projet en plaine maturation qui comprend l’IDES, le Foyer de Vie et le SIAM78 ».

 

Pouvez-vous nous dire quelque chose de plus précis?

            « L’IDES est l’Institut d’Education Sensorielle qui accueille les enfants et les jeunes de 3 ans à 20 ans. Il y a des jeunes qui ont des problèmes de la vue plus ou moins graves, plus d’autres maladies ou troubles qui leur sont associés. Le Foyer de Vie accueille des filles à partit de 20 ans et jusqu’à la fin de leur vie. Cela a entraîné une transformation complète du service médical, et une augmentation du nombre des personnes assistées, des deux sexes, de 32 à 100 ans ? Le SIAM 78 est un service, en expansion, d’intégration dans le domaine scolaire. Les enfants sont accompagnés dans les écoles publiques, les parents sont aidés et assistés ».

 

Depuis ses débuts, en plus des programmes éducatifs, votre Congrégation a travaillé dans le domaine des moyens d’information…

            « Une des raisons qui fait de nous un Institut ‘internationalisé’, c’est précisément notre imprimerie Braille. Même si les autres moyens de communication ont aujourd’hui grandement évolué, nous continuons à imprime le Livre du Temps présent, pour l’Office Divin, les fascicules du Missel, et plusieurs revues mariales. Depuis les année 1960-1970, la Congrégation a une seule Maison à Paris (auparavant, il y avait eu une expérience en Belgique) ; mais cela ne nous empêche pas d’être présentes au plan international, grâce aux différents programmes auxquels nous participons. Dans le cadre de l’IDES, nous travaillons en Europe, mais surtout en Afrique et en Asie.

 

Qu’avez-vous prévu pour l’Année de Saint Paul?

            « Nous avons prévu toute une série de rencontres mensuelles afin de mieux connaître notre Saint Patron En outre, nous récitons chaque jour une prière à Saint Paqul, qui s’inspire d’un texte ancien de la Congrégation ».

 

 

 

Les Paulistes d’Amérique du Nord

 

De manière singulière, l’Année de Saint Paul coïncide avec le 150° anniversaire de la Société Missionnaire de Saint Paul, fondée aux Etats-Unis par le Serviteur de Dieu Hecker, le 7 juillet 1858.

            Isaac Hecker naquit a New York le 18 décembre 1819, fils de deux immigres allemands. Il contracta la variole, au cours d’une épidémie qui fait des milliers de victimes dans la ville. Mais, sur son lit, il rassurait sa Mère Caroline : Non, je ne mourrai pas. Dieu a un travail pour moi dans ce monde, et je vivrai pour le réaliser ».

Caroline est de confession méthodiste et transmet à ses enfants le rêve, incarné dans la société américaine, d’une nouvelle Terre Promise, d’où l’Evangile se répandra dans le reste du Continent. Le Père, John Jonas, travail comme métallurgiste, et, plus tard, il deviendra propriétaire d’une entreprise pour forger le cuivre, à Manhattan. Ce sont les années de la révolution industrielle, marquées par l’immigration massive et par la demande ininterrompue de main-d’œuvre, et, en même temps, d’une prodigieuse croissance économique qui promet une promotion sociale et le bien-être.

            Une fois terminées ses études, Isaac suit ses deux frères John et George – qui ont une boulangerie et qui, par la suite, avec la Hecker Flour Company, auront des gans importants ; il fait le coursier. En parcourant les rues les plus pauvres, pour apporter le pain, il est aussitôt en contact avec une population contrainte de vivre dans des conditions misérables, en proie à la criminalité, et brutalisée par une police corrompue. Le jeune Isaac ressent toujours plus le désir de faire quelque chose, et il s’unit à Loco-Focos, branche libérale du Parti Démocratique de New York, ainsi que ses deux frères ; il prend partie activement à la campagne politique, et distribue des tracts jusqu’à trois heures du matin, « une heure qui ne créait pas de problèmes, rappellera-t-il, du moment que nous étions boulangers ».

            En 1841, il connut Orestes Brownson, un philosophe de Boston qui, avec son livre New Views of Christianity, Society and the Church a conquis l’opinion publique. Les années suivantes, il étudie la philosophie, le grec, le latin, et commence à mûrir sa propre vocation sacerdotale, tandis que Brownson l’encourage à entrer dans l’Eglise Catholique. Après une profonde préparation doctrinale, il fut baptisé le 2 août 1844 par l’Evêque Coadjuteur de New York, Mgr John McCloskey, et il nota dans son journal : « L’Eglise Catholique est mn étoile, et elle me guidera vers ma vie, vers mon destin et vers mes projets ». Mgr McCloskey est le Directeur spirituel de nouveau converti, et il l’encourage à avoir et à maintenir une spiritualité rigoureuse :messe quotidienne, silence, méditation et pratiques de pénitence. Et puis, la rencontre avec deux jeunes convertis, Clarence Walworth et James McMaster, qui ont décidé de renter dans la Congrégation du Très Saint Rédempteur, l’encourage à se joindre à eux, et, au mois de juillet 1845, Isaac communique à son Evêque sa décision de partir en Belgique pour y faire sn noviciat. Quatre ans plus tard, il est ordonné prêtre, le 23 octobre 1849.

            le Père Hecker Il retourne en Amérique en 1841 ; il y commence une série de Mission avec un groupe de confrères à à la Nouvelle-Orléans et en Alabama, et attire l’attention des Evêques et des fidèles catholiques, mais aussi des protestants : 70 conversions font suite en effet ses visites dans les paroisses. Ces expériences seront racontées dans un livre Questions of the Soul, rabaissé par les commentateurs protestants, mais salué par les catholiques comme un « livre qui fait date ». Un deuxième ouvrage, Aspirations of Nature, résume la recherche de la vérité à la lumière de la foi catholique. En 1856, une série de rencontres à Norfolk avec des protestants, surprend et attire le public, en raison de sa capacité de présenter la doctrine catholique avec douceur et amour.

            Mais l’audace et la hardiesse missionnaire du jeune Rédemptoriste, et ses idées sur la création d’une Maison américaine sans aucune orientation ethnique ( les deux Maisons qui existent déjà, à Philadelphie et à la Nouvelle-Orléans, sont en effet destines principalement à des Allemands et à des Irlandais), provoque l’impatience des Supérieurs, contraires à une indépendance excessive vis-à-vis de la Province américaine. Et, alors qu’il se trouve à Rome, le Père Hecker est expulsé de la congrégation.

            Après son retour en Amérique en 1858, le Père Isaac est convaincu que la meilleure manière pour continuer l’œuvre déjà commencée et aider à obtenir des conversions, est de fonder un nouvel Institut clérical. Avec l’approbation de Pie IX, le petit groupe qui s’est formé autour de lui obtient l’autorisation de l’Evêque de New-York de s’installer dans une paroisse de la 59° avenue. Le groupe prend alors le nom de “Missionary Priests of St. Paul the Apostle” (sous forme de Société de Ve Apostolique), appelé habituellement par les gens « Paulist Fathers ». Après les expériences missionnaires dans les paroisses, de 1867 à 1869, le Père Hecker se consacre à l’apostolat auprès des non-catholiques, et rencontre 30.000 personnes (dont deux tiers de protestants) à Boston, à Chicago et dans le Missouri. A partir de 1865, il commence en outre la publication d’un magazine mensuel The Catholic World (qui est toujours imprimé) ; l’année suivante la Catholic Publication Society (à présent Paulist Press), entre en service ; elle est destinée surtout à joindre les non-catholiques par la presse.

            En 1869-1870, le Père Hecker participe au Concile Vatican I en qualité de théologien de l’Evêque Mgr James Gibbon de la Caroline du Nord. A son retour, il est atteint de leucémie et est contraint d’abandonner toutes ses activités de Directeur de la Société, de pasteur, d’écrivain et de conférencier. Pendant 18 ans de souffrance continue, il affronte avec foi cette maladie, et meurt le 22 décembre 1888, dans la « Paulist House » de la 59° avenue, entouré de l’affection de ses confrères.

 

Entretien avec le Père John Duffy, Président de la Société Missionnaire de Saint Paul Apôtre

 

            « En 1858, cinq prêtres, tous des convertis au Catholicisme, recevaient l’approbation du Pape Pie IX pour former une Communauté religieuse consacrée à l’évangélisation du Nord de l’Amérique. A partir de ces modestes débuts, la Mission des Paulistes s’’st étendue de telle manière que, actuellement, les membres de la Société exercent leur ministère dans 22 fondations et 16 villes d’Amérique du Nord, à Rome et à Jérusalem. La vision de notre Fondateur, le Père Isaac Hecker, enracinée dans la force du Saint-Esprit, a poussé des générations de Paulistes à ‘aller à la rencontre des besoins de l’Eglise à l’époque moderne’. Le Père Hecker a été déclaré Serviteur de Dieu cette année par le Cardinal Edward Egan ».

 

Pouvez-vous nous présenter votre charisme?

            « Notre charisme compte trois domaines : l’évangélisation, la réconciliation, et le dialogue œcuménique et interreligieux. Nous avons en outre la responsabilité de suivre pastoralement les jeunes adultes, et d’animer les campus universitaires. C’est donc une tâche à cheval sur les paroisses et les institutions séculières ».

 

 

Comment rendez-vous témoignage à Saint Paul?

« Nous rendons témoignage à Saint Paul en nous engageant dans la culture contemporaine. En particulier, nous sommes actifs dans le monde des moyens de communication de masse, avec nos apostolats spécifiques :la maison d’édition (Paulists Press), la production de films (Paulist Productions), les transmission radiophoniques (Busted Halo Radio Show sur Catholic Channel et Sirius Satellite Radio). Nous travaillons en outre à l’évangélisation de l’Amérique du Nord par toute une série de bureaux, et nous proposons un programme pour la réconciliation avec les non-catholiques, appelé « Landings », sans oublier le dialogue interreligieux. La Société compte 150 prêtres, dont 110 travaillent dans l’apostolat actif. Nous sommes présents aux Etats-Unis d’Amérique, au Canada, en Italie et en Israël. Plusieurs Paulistes exercent leur ministère traditionnel dans les paroisses ; d’autres sont présents dans les bureaux de la Conférence Episcopale des Etats-Unis ; d’autres encore ont des responsabilités dans les campus catholiques. Notre fierté c’est de servir avec créativité, dans les différents milieux pastoraux associés aux moyens de communication de masse : l’édition, les films, les sites Internet, les programmes radiophoniques et aussi le théâtre ».

 

Durant l’Année de Saint Paul votre Société Missionnaire fête le 150° anniversaire de sa fondation: c’est une heureuse coïncidence…

“Cela a été une vraie joie que l’année de Saint Paul coïncide avec notre 150° anniversaire. Pour ce qui concerne les initiatives, nous ferons un pèlerinage à Rome au mois de novembre, et un autre a déjà été fait au mois de mars dernier. Nous venons tout juste de conclure une année riche en célébrations, en retraites spirituelles, en voyages, en litugies et fêtes religieuses. Il y a quatre mois, 350 personnes ont participé aux trois journées de célébrations pour l’anniversaire (150th Anniversary Convocation). Au plan local, chaque fondation a célébré une liturgie pour l’anniversaire, suivie de rencontres et de moments de fête. L’année de Saint Paul sera une année de bénédictions, et nous donnera une occasion unique pour mettre en plein jour notre jour, et pour donner une énergie nouvelle à nos communautés : prêtres, laïcs associés, laïcs collaborateurs, bienfaiteurs et amis ».

 

 

 

L'Oeuvre de Saint Paul

 

Le 12 décembre 1873 marqua la fondation à Fribourg de l’Oeuvre de Saint Paul, qui était depuis longtemps dans les projets du Chanoine suisse Joseph Schorderet ; elle fut érigée en Congrégation religieuse en 1931.

Né en 1840, et ordonné prêtre à l’âge de 26 ans, l’abbé Schorderet avait développé un intérêt croissant pour les questions sociales et en particulier pour la presse, à partir de sa nomination comme Chanoine de la Cathédrale de Saint Nicolas de Fribourg. Pendant la période où il était vicaire à Neufchâtel, il avait été rédacteur des Monat Rosen, organe des étudiants suisses ; et, le 1° novembre 1871, il avait fondé « La Liberté », qui est aujourd’hui encore le seul quotidien catholique de la Suisse Romande.

            Avec la fondation d’une Œuvre pour la Presse, consacrée à saint Paul, on inaugurait une nouvelle saison, qui gagnerait rapidement de nombreux Instituts religieux portant le nom de l’Apôtre (les Paulistes du Liban, Les Pauliniennes et les Pauliniennes de don Alberione, la compagnie de Saint Paul à Milan, tous comportant l’apostolat spécifique pour la presse et pour les autres moyens d’information). Le Chanoine Schorderet déclarait dans une conférence en 1877:” Les arts graphiques , les progrès industriels, la rapidité des communications, le caractère instantané des informations télégraphiques, les moyens investis pour la publications des annonces : il faut que tout cela serve la cause de Dieu et de son Eglise, par l’Oeuvre de Saint Paul, pour la restauration du Royaume de Jésus-Christ dans la société ». Comme Patron de la société, il choisit Saint Paul, convaincu qu’il se serait servi des nouveaux instruments (le télégraphe et la presse) pour multiplier ses lettres et répandre l’Evangile : « L’heure est venue, disait-ils, de faire appel aux âmes viriles qui ont conscience de la puissance de la presse pour les réunir dans une association, dans une fraternité avec le but exclusif de l’apostolat de la presse ».

            Encouragé par Pie IX qui voyait bien l’utilité d’une œuvre pour la bonne presse, l’Institut s’affirma rapidement. Cinq ans après sa fondation, le nombre des religieuses était passé de 6 à 80, et, en moins de dix ans, l’œuvre était arrivée en France (Parie (Rue Cassette), et Bar-le-Duc , où il avait remis sur pieds la grande imprimerie des Célestins, connue pour la publication des dei Petits Bollandistes et des Annales de Baronio, en leur donnant le nom d’Imprimerie de Saint-Paul. La Maison de Fribourg, de son côté, se spécialisait  dans la publication de journaux : La liberté, Ami du Peuple, Bulletin pédagogique, Revue de la Suisse catholique, Bulletin de l'Association de Pie IX, Freiburger Nachrichten, etc.

            Pour différentes raisons, on ne put répondre à la demande d’une fondation à Rome, et la tentative d’installation à Maastricht en Hollande échoua ; mais la nouvelle imprimerie française d’Issy-les-Moulineaux en 1928 prit sa place dans la presse des classiques africains.

            La première fondation dans les Pays de Mission remonte à 1949, à Yaoundé au Cameroun, avec l’ouverture d’une imprimerie qui imprime et diffuse le journal N'Leb-Bekristen (« Le Guide du Chréiten »), le petit journal Kisito et Ensemble et, un peu plus tard, d’une librairie. D’autres fondations suivent, toujours ans le domaine de l’édition et de la librairie ; à Dakar au Sénégal en 1955, à Tananarive à Madagascar en 1957 (qui se transfèrera par la suite à Fianarantsoa en 1963), et, de 1958 à 1974, à Brazzaville au Congo, à Fort-de-France en Martinique, à  Bujumbura au Burundi, et à Saïgon au Vietnam. En outre, de 1065 à 1970, un groupe de religieuses  de l’Institut travailla au Centre professionnel pour la formation des jeunes apprentis, à Beyrouth au Liban.

            Actuellement, les Sœurs de Saint Paul sont au nombre de 117, originaires de 13 Pays. Cinq novices, neuf postulantes, et une vingtaine d’aspirantes sont en formation à Madagascar et au Vietnam. Les Maisons historiques de Rue Cassette et de Bar-le-Duc, malheureusement ont été fermées, mais leurs fondations missionnaires en terre d’Afrique se poursuivent. A Antsirabé à Madagascar, les religieuses ont ouvert en 1991 une librairie, suivie, deux ans plus tard, du Noviciat qui abrite un Centre d’animation pour les enfants du quartier. Au Vietnam, une bibliothèque-librairie a été ouverte à Hanoï en 2007.

 

 

Entretien avec Mère Michèle Gisiger, Supérieure Générale des Soeurs de l’oeuvre de Saint Paul

 « Notre Fondateur, le Chanoine Joseph Schorderet, a voulu utiliser les moyens de communication sociale pour étendre le Royaume de Jésus-Christ. A l’époque où il vécut, il s’agissait essentiellement de la presse, ‘élevée à la dignité d’un apostolat’. Il fallait faire d’elle un apôtre de la vérité ».

 

Comment vivez-vous actuellement cette intuition de la fin du 19° siècle?

« L’Oeuvre de Saint Paul est née du besoin immense de révéler la Vérité, de faire connaître une Eglise qui rend perpétuelle et universalise l’Incarnation et la Rédemption. D’après l’intuition du Fondateur, l’offrande de notre vie à Dieu dans la prière, dans le sacrifice, dans l’amour et dans le travail apostolique, contribue à faire, de la presse et des autres moyens d’information, des moyens au service de la vérité et de la foi. Il nous a transmis le cri du cœur de l’Apôtre Paul : ‘Cette vie dans la chair, je la vis dans la foi du Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est donné lui-même pour moi’ (Galates 2, 20). Ce sont des paroles qui expriment de manière privilégiée la communion avec le christ, une communion qui est source d’énergie apostolique même pour nous aujourd’hui. Nos deux devises nous le confirment – ‘Pour moi, vivre, c’est le Christ’ (Philippiens 1, 21), ‘Récapituler toutes choses dans le Christ’ (Ephésiens1, 10) – et de même, nos Constitutions : ‘Apporter la foi dans le monde (…) Révéler aux hommes la richesse insondable du Christ pour ramener tous les hommes à lui, et restaurer en lui l’univers tout entier’. Notre unique dévotion particulière est la communion avec le christ dans son offrande au Père pour le salut du monde, dans l’eucharistie, célébrée et adorée’.

 

De quelle manière Saint Paul est-il le modèle de vos Missions “ad gentes”

« Notre oeuvre, a déclaré le chanoine Schorderet, a pour but de faire une partie de ce qu’aurait fait saint Paul s’il avait vécu actuellement. La Congrégation a été présente à Paris pendant plus d’un siècle, et pendant une trentaine d’années à Brazzaville au Congo, à Dakar au Sénégal, et à Bujumbura au Burundi. Actuellement, en plus de la Maison de Fribourg, nous travaillons dans 8 Pays d’Afrique et d’Asie, avec l’apostolat de la presse, l’animation des centres culturels, la collaboration dans les activités d’édition des Eglises locales. Tout cela, dans la mesure de notre faiblesse et de notre humilité, en considérant aussi le manque de religieuses et la nécessité de moyens financiers »

 

Que souhaitez-vous pour l’Année de Saint Paul?

« Nous prions avec toute l’Eglise pour que, à l’école de Saint Paul, le christ prenne place dans le cœur de tous les baptisés et de tous les consacrés. Que leur fraternité soir la première annonce de l’Evangile et contribue à réunir tous les hommes dans le Christ ».

 

La Société de Saint Paul en Chine

 

            La société de Saint Paul a été fondée en 1891 dans le diocèse de Zheng Ding, et comprend des prêtres séculiers. Elle compte actuellement une vingtaine de membres, regroupés dans la même région de la fondation : Zhi Jia Zhuang (Diocèse de Zheng Ding), qui se trouve dans la Province du Hébéï, considérée comme la forteresse du catholicisme chinois.

 

 

Les Paulistes du Liban

 

            Les Missionnaires de Saint Paul ont été fondés à Harissa au Liban en 1903 par l’Evêque de Baalbeck, Mgr Germanos Mouakkad. L’Institut séculier observe le droit patriarcal grec-melkite, et les membres ne font pas de vœux religieux ; il s travaillent dans la mission spécifique – répandre la Parole de Dieu par la prédication et la presse – et pratiquent les vertus évangéliques d’obéissance, de pauvreté et de chasteté, la prière et la vie commune.

            Le Fondateur, Joseph Mouakkad, dans la vie civile, est né à Damas en Syrie en 1852, de parents grecs-melkites catholiques. A l’âge de 16 ans, sans avertir ses parents, il va au Liban pour se faire admettre comme novice au monastère du Saint Sauveur, où vit un homme de grande sainteté, le Patriarche Clément Bahhouth. A son école, le jeune Ignace apprend les fondements d’une vie ascétique très rigide. Après six ans, il est ordonné diacre, pui spêtre par le Patriarche Grégoire II Joseph (1875). Il est nommé professeur de philosophie au grand séminaire de son Ordre, puis curé à Alexandrie et au Caire.

            De 1880 à 1890, il est Vicaire Patriarcal à Jérusalem. Un de ses plus grands succès est l’acquisition de la sixième Station du Chemin de Croix, le seul endroit dans la Ville qui appartienne à la communauté grecque-melkite catholique.

            Envoyé à Baalbeck comme Evêque, il renonce quelques années plus tard à cette charge, en raison de la grande ignorance religieuse qui y règne, et se consacre uniquement à la fondation du nouvel Institut, encouragé par la Patriarche Grégoire II Joseph. En 1896, il se rend à Rome pour faire connaître son projet au Pape Léon XIII, et il mûrit l’idée de consacrer la fondation à Saint Paul.

            Les missionnaires sont appelés à évangéliser les campagnes par la prédication et par la presse, et à aider au rapprochement entre melkites catholiques et melkites orthodoxes. Mgr Mouakkad fixe le siège à Harissa, et, en 1903, un prêtre, un diacre et un laïc commencent à mener une vie commune avec lui. En 1905 se joint à eux le Père Joseph Sayegh, qui, en 1912, lui succèdera à la direction de l’Institut. A sa mort, Mgr Mouakkad laisse de nombreux écrits spirituels de prédication, de méditation et d’explications liturgiques, et 14 articles, intitulés « Statuts fondamentaux des Missionnaires de Saint Paul » que les premiers compagnons utiliseront pour rédiger les Constitutions.

            De 1922 à 1950, le Père Antoine Habib, qui était entré dans l’Institut en 1908, donne un élan à l’activité missionnaire, et fonde le Scolasticat en 1931, ert le petit séminaire en 1938. L’Institut, tout en dépendant de la juridiction du Patriarche grec-melkite catholique, est ouvert aussi aux aspirants d’autres rites.

 

Au service de la Parole et de l’unité

 

            Dès le début, les Pères Paulistes ont prêché la Parole de Dieu à toutes les couches sociales de la population : jusqu’en 1945, ils avaient prêché plus de 1.500 retraites spirituelles. En 19210 déjà, une typographie avait déjà été fondée pour la diffusion des livres liturgiques, des traités de spiritualité, des livres d’école, de romans et de revues pour le monde arabe. Parmi elles, la revue Al-Maçarrat, qui, aujourd’hui encore, est une voix de l’apostolat pour la bonne presse.

            Par mandat du Secrétariat pour les Non-chrétiens de cette époque, les Paulistes sont chargés du dialogue avec les musulmans des Pays arabes, et s’occupent depuis toujours de différentes initiatives œcuméniques, dans le cadre surtout de l’Institut Saint Paul de Philosophie et de Théologie. L’Institut est fréquenté par des candidats au sacerdoce, pr des religieux et des laïcs. Les cours, en langue française et arabe, sont sensibles à la culture occidentale – une constante qui se retrouve dans l’héritage intellectuel du Fondateur. Dans la cadre de l’institution, on a créé un Centre de Théologie pour le Moyen-Orient, qui organise un Symposium annuel de recherche et d’étude, suivi régulièrement par la publication des actes.

            Les membres ont une dévotion particulière envers Notre-Dame du Perpétuel Secours, choisie par Mgr Mouakkad comme protectrice de la Société. Saint Paul est invoqué comme modèle de mie apostolique avec les douze Apôtres et avec Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus  Patronne des Missions et des missionnaires

 

Entretien avec le Père Elias Aghia SMSP, Supérieur Général des Missionnaires de Saint Paul

 

            « Par la parole et la presse, les Missionnaires poursuivent trois objectifs : réaffirmer la foi, et développer la vie spirituelle chez les Chrétiens, spécialement dans les communautés les plus défavorisées ; travailler, par la recherche commune et par les bonnes relations, pour l’unité des Chrétiens ; promouvoir le dialogue fraternel entre Chrétiens et Musulmans ».

 

De quelle manière la Parole et la presse sont-ils au centre de votre mission?

 

            « Nous répandons la Parole de Dieu par la catéchèse, la prédication, l’enseignement, l’accompagnement spirituel, et les mouvements de jeunes. En suivant l’exemple de notre Patron, Saint Paul, et de notre Fondateur, nous avons compris très tôt l’importance de la parole écrite comme instrument d’apostolat. Ainsi  l’Institut na créé sa Maison d’adition, comme l’Imprimerie Saint Paul et la Librairie Saint Paul, qui ne cessent de répandre dans tous les milieux culturels, et pour chaque type de lecteur, une littérature arabe chrétienne ».

 

Pouvez-vous nous donner des chiffres?

            “Depuis 1910, nous imprimons Al-Maçarrat, revue chrétienne en langue arabe. Notre maison d’édition et l’imprimerie ont de nombreuses autres publications. Le catalogue comprend environ 500 titres de tous genres : théologie, histoire, philosophie, liturgie, spiritualité, livres illustrés pour les enfants, et beaucoup d’autres choses. Chaque année nous distribuons environ 200.000 exemplaires, dont la plus grande partie dans les pays arabes ».

 

Lesquels?

            Notre domaine habituel d’activité est le Proche-Orient: Liban, Syrie, Jordanie, Palestine, Irak et Egypte. Grâce à la presse, nous sommes présents aussi dans d’autres Pays arabes et dans plusieurs paroisses d’émigrés melkites. La Mission requiert avant tout de se consacrer à la prédication, à la vie pastorale, à la catéchèse et aux mouvements de jeunes. Nos ressources pour l’édition nous aident à enraciner les activités et à la multiplier. C’est ainsi que naissent, après le centre religieux de livres religieux, les revues locales, les bibliothèques, les dispensaires, etc. Lorsque l’on manque de curés, les Paulistes servent dans la paroisse locale ».

 

Comment dialoguez-vous avec le monde musulman?

            « Surtout par l’intermédiaire de notre Institut de Philosophie et de Théologie. En 1995, nous avons créé un Centre de recherche pour le dialogue islamo-chrétien, qui maintient un rapport continu et fraternel avec les musulmans, et publie une série de livres pour développer l’amitié entre les deux grandes religions ».

 

Quel programme avez-vous pour l’année de Saint Paul?

            « Une série de conférences sur Saint Paul, des Messes, des retraites spirituelles, des pèlerinages guidés, des concerts. Nous inaugurerons aussi un nouveau portail pour présenter sa vie, et il y aura aussi, bien sûr, des publications ».

 

 

 

La Société Missionnaire de Saint Paul

 

            La pensée de « donner aux autres ce que Saint Paul nous a donné » était l’obsession du jeune prêtre Giuseppe De Piro, né à Malte, un pays évangélisé personnellement par Saint Paul suite à son naufrage. Fils d’une famille noble et aisée, le jeune De Piro était entré au séminaire en 1898, peu après son inscription à l’Université, et il avait été ordonné quatre ans plus tard dans la Basilique de Saint Jean de Latran à Rome.

            Animé d’un idéal missionnaire profondément paulinien, après les premières expériences comme curé de Qrendi, et directeur de l’orphelinat de Hamrun, le jeune prêtre matais décida de fonder une « petite Société » pour la Mission « ad gentes », le 30 juin 1910. La Société Missionnaire de Saint Paul, durant un siècle d’histoire, s’est établie dans six pays, Australie, Etats-Unis, Canada, Pérou, Pakistan et Philippines, et elle compte aujourd’hui une centaine de membres.

            « Dieu, déclarait l’Abbé De Piro, a montré qu’il aimait beaucoup les Maltais, quand il a permis à ; Sant Paul d’être le premier missionnaire à venir dans notre île, en la libérant de l’obscurantisme et du paganisme, et en nous donnant la lumière de la foi chrétienne… Le cœur de Saint Paul est le cœur du Christ. Paul a toujours été prêt à faire la volonté de Dieu… Il s’est toujours considéré lui-même comme un messager authentique, porteur du message authentique de Dieu aux hommes ».

            La Lettre Apostolique Maximum Illud, pierre de fondation des nouveaux thèmes missionnaires qui ont mûri au XX° siècle, eut à n’en point douter une grande influence sur lui. Un thème particulièrement ressenti était le développement de la sensibilité missionnaire de l’Eglise maltaise. De nombreux efforts furent consacrés à la promotion des Missions, et à la création d’une pastorale spécifique. Un instrument privilégié a été la presse : « Le papier imprimé, déclarait-il, est une des meilleurs moyens pour proclamer la pensée missionnaire, pour former les esprit et les cœurs chez les jeunes, pour accroître et obtenir des vocations, et aussi pour demander des aides matérielles ».

            Dans ce but, on publia le St. Paul: Almanac for Missionary Institute, bulletin dont les articles étaient tous écrits de sa main. Le but était de créer l’intérêt pour les Missions, avec une information précise, consacrée à la Société qui venait d’être créée, et aux autres Instituts missionnaires. « Si nous ne pouvons pas collaborer directement, parce que nous n’avons pas été appelés, écrivait-il sur l’Almanach, si nous ne pouvons pas donner nos richesses parce que nous ne les possédons pas, nous pouvons toutefois faire une chose, prier pour les Missions ».

            De nombreuses énergies ont été consacrées à la pastorale des vocations. La fondation même de la Société était surtout une réponse aux vocations missionnaires pour l’Eglise de Malte, et l’Abbé De Piro suivait personnellement les candidats de l’Institut. Une grande importance aussi était accordée aux problèmes de l’inculturation et des vocations indigènes. En 1933, il s’apprêtait à rejoindre en Ethiopie le premier missionnaire de la Société, parti six ans auparavant. Mais il mourut le 17 septembre d’une attaque, pendant la Messe ; il était âgé de 56 ans.

 

Les expériences dans le Sud du monde

 

            La jeune Congrégation religieuse vécut des années d’incertitude et de difficultés jusqu’en 1948, date à laquelle les membres élurent pour la première fois leur Supérieur Général, nommé jusqu’alors de l’extérieur. Quels mois seulement plus tard, commençait l’aventure en Australie auprès des émigrés maltais et, après les Etats-Unis et le Canada, un nouveau développement toucha le Pérou, le Pakistan et els Philippines.

            Au Pérou, le choix d’ouvrir une première Maison dans les Andes, manifestait le désir d’être proches des plus pauvres. Les “pueblos jovenes”, les nouveaux villages fondés par les paysans des hauteurs dans l’espoir d’une vie meilleure, sont en réalité des rassemblements de familles sans liens sociaux, sans travail ni accès à l’assistance publique. Là, les missionnaires s’occupent de petites communautés chrétiennes, et aident les habitants. L’église devient souvent aussi une école, une clinique, et un centre de formation pour les adultes, où les gens apprennent l’économie domestique et plusieurs métiers.

            La Mission au Pakistan est un témoignage de dialogue et de collaboration avec le monde musulman. Malgré les empêchements bureaucratiques, les paroisses, les écoles et les services sanitaires sont ouverts à tous, et les missionnaires bénéficient de l’estime des autorités civiles et de la population. Une chapelle a été construite grâce aux financements d’un entrepreneur musulman. Aux Philippines, à côté des services en faveur des plus déshérités, la société travaille à un projet de formation pour les séminaristes, qui implique les grandes Universités de Manille. Le Pays pourra être une base pour entreprendre à l’avenir d’autres projets d’évangélisation dans le continent asiatique.

            Le récent Chapitre Général a indiqué avec clarté la voie à parcourir : « Comme missionnaires de Saint Paul, nous sommes envoyés par Dieu, dans l’amour, à participer à son rêve pour l’humanité de tout, renouveler dans le Christ. Dans une écoute contemplative, nous découvrons cela sans cesse par le moyen de la Parole de Dieu, avec le Peuple de Dieu, par le moyen de nos frères, et dans le monde. Avec tout ce qui est bon en nous, et avec nos faiblesses, nous répondons avec gratitude, en participant avec l’Esprit de Dieu, à la libération et à la réconciliation de l’humanité ».

 

Entretien avec le Père Bernard Mangion, Supérieur Général de la Société Missionnaire de Saint Paul

 

            « La société Missionnaire de Saint Paul a été fondée à Malte par le Serviteur de Dieu Mgr Giuseppe De Piro, qui aimait dire : ‘Donnons aux autres ce que Saint Paul nous a donné’, en se référant au fait que Saint Paul avait été un instrument de Dieu pour apporter la foi à Malte. Les deux premiers membres se réunirent en 1910. Le premier missionnaire envoyé par Mgr de Piro, fut le Père Giuseppe Caruana, qui resta pendant 40 ans en Abyssinie sans jamais retourner dans son Pays. Son apostolat  fut très apprécié par l’Eglise locale et par les autorités civiles. Après la deuxième Guerre Mondiale, un grand nombre de Maltais émigra en Australie, et, en >1949, l’Archevêque de Malte demanda à la Société d’envoyer des confrères pour répondre aux exigences pastorales des émigrés maltais dans ce Pays. Après 60 ans, notre service n’a pas vieilli du tout. Plus tard, toujours pour aider les émigrants maltais, plusieurs membres furent envoyés au Canada et aux Etats-Unis. Là aussi notre travail se poursuit, même si c’est sur une échelle plus réduite ».

 

Comment abordez vous la Mission “ad gentes”?

 

            « Sur les pas de Saint Paul, notre charisme est la Mission ‘ad gentes’. En 1968, la société a ouvert une Mission au Pérou, où, pour le moment, nous sommes présents dans 6 paroisses, et où nous avons une Maison de Formation à Lima. En  1982 et en 1998, deux autres Missions ont été ouvertes, respectivement au Pakistan et aux Philippines. Dans chaque Mission, nous mettons toujours l’évangélisation à la première place ; viennent ensuite nos programmes pour l’aide spirituelle et matérielle en faveur des pauvres, par toute une série d’œuvres : les travaux sociaux, l’assistance médicale, l’éducation. Nous accordons une grande attention aux enfants et aux jeunes. Au Pakistan, nous dirigeons une école primaire et secondaire, et nous sommes présents dans de nombreuses autres activités ; aux Philippines, nous avons une chapelle à l’Université de Manille ».

 

Quelle place occupe Saint Paul dans votre spiritualité?

            Une place centrale, bien sûr. Saint Paul, un véritable Disciple de Jésus, unmaître et un missionnaire zélé, est notre modèle. Chaque année nous célébrons de manière solennelle la Fête de sa Conversion le 25 janvier ».

 

Comment vivrez-vous l’Année de Saint Paul?

            Nous avons préparé toute une série d’initiatives. Un film sur Saint Paul, la construction d’une église dédiée à la Conversion de Saint Paul à Lahore au Pakistan. Nous avons en outre publié un petit livre en urdu, qui raconte sa vie, et de nombreuses autres initiatives qui toucheront les paroisses et les Missions, pour mettre en relief l’importance de Saint Paul dans l’Eglise d’aujourd’hui, afin de redonner un élan à notre apostolat, et à la diffusion de l’Evangile. Chaque membre de la Société est appelé en outre à prier et à méditer l’enseignement de l’Apôtre, et à se conformer à lui, modèle du véritable missionnaire. Mon espérance c’est que l’année de Saint Paul apporte une chaleur nouvelle à notre vie religieuse, et nous préparer aux problèmes que rencontre l’évangélisation, spécialement la Mission ‘ad gentes’ ».

 

 

Les Frères de Saint Paul et les Sœurs de Saint Paul

 

            Le 2 février 1863, naissait à Hambach, dans le Palatinat, Jacob Friedrich Bussereau, dans une famille comprenant 13 frères et sœurs. Il fut ordonné le 22 août 1886, et fut nommé aumônier à Herxheim, où il trouva une communauté marquée par une vie religieuse florissante. Il y fit la connaissance de Anne-Marie Dudenhöfer, qui fonderait plus tard avec lui le Couvent de Saint Paul, et la Congrégation des Sœurs de Saint Paul. Le 14 janvier 1896, il obtint de l’Evêque de Speyer l’approbation de son projet de fonder une Maison pour les personnes malades et handicapées, afin d’améliorer leur qualité de vie. Il acheta dans ce but la maison de Herxheim, qui est aujourd’hui encore la Maison Mère des Sœurs de Saint Paul. En 1897 et en 1899 suivit l’ouverture de nouvelles Maisons, des filiales, à Neuötting et à Bad Bergzabern. En 1913, la fondation d’une Congrégation de religieux, les Frères de Saint Paul, fut approuvé, ainsi qu’une Congrégation de religieuses, les Sœurs de Saint Paul.  Le Père Bussereau mourut en 1919 et fut enterré à Herxheim. En 1920, le rameau masculin s’unit spirituellement aux Frères Mineurs Conventuels ; le rameau féminin le suivit dans cette voie l’année suivante.

            Après plusieurs événements et changements de destination dues aussi aux bouleversements des années de la première et de la seconde guerre mondiale, en 1945, les religieuses reprirent possession de leur Maison , en commençant une œuvre de reconstruction et d’agrandissement, qui fut reprise dans une deuxième phase en 1978 et fut terminée en 1998, avec l’ouverture d’une Maison de soins pour des personnes plus ou moins valides, qui accueillit 38 personnes pour la journée entière, et 76 pour une demi-journée. Il y a des activités semblables aussi dans les communautés de Neuötting et Altötting (maison pour personnes âgées), dans le diocèse de Passau

            Les Frères de Saint Paul connurent un développement rapide jusqu’aux premières années du XX° siècle. La Maison se trouvait tout d’abord à Herxheim, puis elle fut transférée à Queichheim. La première prise d »habit religieuse eut lieu en 1919. L’Institut eut une vie difficile pendant les deux guerres mondiales (les religieux furent envoyés au front), et sous le régime nazi, quand presque toutes les Maisons furent fermées. Il reste actuellement 4 religieux seulement, hôtes chez les religieuses.

            Suite à la délibération du Chapitre Général des Sœurs de Saint Paul, du 1° novembre 2002, on créa la « Fondation Jacob Friedrich Bussereau » qui, depuis le 1° juillet 2002, dirige les Institution de la Congrégation à Herxheim, Altötting, Neuötting et à Bad Bergzabern. « Malgré les changements et les innovations dues aux temps modernes, les intentions et le charisme de notre Fondateur vivent toujours actuellement dans les institution de notre Fondation », lit-on dans les principes directeurs de la nouvelle Fondation ; « aujourd’hui encore, sa devise ‘omnibus omnia’ (1 Corinthiens 9, 22) est valable pour nous. La Fondation Jacob Friedrich Bussereau travaille activement pour aider les personnes handicapées et les personne âgées, et, comme Institution de l’Eglise, nous unisson la compétence et la qualité au facteur humain et à la force de la foi chrétienne »

 

 

 

La Famille Paulinienne:

dix Fondations du Bienheureux Giacomo Alberione

 

            Béatifié en 2003 par Jean Paul II, don Giacomo Alberione (1884-1971), est une figure marquante du renouveau ecclésial qui a eu son point culminant dans le Concile Vatican II.

            Dans la nuit du 31 décembre 1900, le séminariste de 16 ans, pendant l’Adoration Eucharistique dans la cathédrale d’Alba, se sentit appelé par Dieu au plus profond de lui-même, « à faire quelque chose pour le Seigneur et pour les hommes du nouveau siècle », à devenir apôtre avec les nouveaux moyens donnés par le progrès.

            Treize ans plus tard, Don Alberione fut nommé directeur du journal diocésain Gazzetta d'Alba, et il ressenti ce fait comme étant l’occasion juste pour lancer les fondations pauliniennes. Alba était alors une ville de 14.000 habitants, un des diocèses les plus vivants du Piémont, grâce à la direction charismatique de Mgr Giuseppe Francesco Re. Aidé de collaborateurs compétents, l’Evêque avait travaillé à la promotion dans le diocèse et au séminaire, la vie liturgique et eucharistique, la préparation du clergé, la diffusion de l’Evangile, le renouveau de la pastorale, la pureté de la doctrine contre les infiltrations modernistes, la catéchèse et la bonne presse. Outre le journal du diocèse, il y avait aussi d’autres publications, des livres populaires aux bulletins des 115 paroisses, sans oublier les trois imprimeries catholiques de la ville

            Au moment de sa nomination, don Alberione avait déjà une certaine expérience comme responsable de la Bibliothèque diocésaine, et membre de l’Association de la Bonne Presse ; et i avait mûri aussi une idée précise sur la puissance de la presse catholique. « L’art et la presse, la parole vivante et la parole écrite sont tous des apostolats », avait-il écrit déjà en 1908. Avec la direction de la Gazzetta d'Alba, et la mission de coordonner la presse diocésaine, la possibilité de fonder deux familles religieuses devint concrète : une famille masculine, et une famille féminine (plus un groupe de laïcs, les coopérateurs, approuvé en 1917) ; les deux familles religieuses étaient animées du même charisme et avaient la même mission de la bonne presse.

            Le rappel à Saint Paul provint de l’expérience de la Croisade de prière pour la presse, fondée par l’Evêque de Vérone, le Cardinal Luigi di Canossa, dans le cadre de l’œuvre des Congrès, et mise précisément sous la protection de l’Apôtre. Mais don Alberione nourrissait surtout depuis un certain temps déjà une dévotion personnelle qui avait commencé « spécialement avec l’étude et la méditation de la Lettre aux Romains. Dès lors, raconta-t-il plus tard, la personnalité, la sainteté, le cœur, l’intimité avec Jésus, son oeuvre dans le domaine de la dogmatique et de la morale, l’empreinte laissée par l’organisation de l’Eglise, son zèle pour tous les peuples, furent des sujets de méditation ».

            Toutefois, quand don Alberione soumit son projet à Mgr Re, le 14 juillet 1914, il parla seulement d’une école d’imprimerie, appelée « Piccolo Operaio » (petit travailleur). Il obtint l’accord verbal, acheta les premières machines, et commença son activité le 20 août 1914 : c’est alors que sortirent les premières publications : « Il faut tout cela, déclarait une publicité sur la Gazzetta pour réaliser un bon Catéchisme ».

 

La Société de Saint Paul, les filles de Saint Paul, et les autres Instituts Pauliniens

 

            Le 8 décembre 1917, cinq jeunes gens firent leur première profession religieuse avec des vœux privés. De ce premier noyau de consacrés, après des passages successifs, naquit la Pieuse Société Saint Paul, qui recevra l’approbation diocésaine le 12 mars 1927, et l’approbation pontificale le 27 juin 1949 de Pie XII. Actuellement, les Pauliniens (comme on appelle les prêtres et les frères religieux de la Société de Saint Paul), sont présent dans 33 pays des cinq Continents ; ils comptent plus de mille membres, prêtres, frères laïcs et « juniores » (une centaine environ). Une donné illustre bien l’activité des Pauliniens dans le domaine de l’édition : 86 revues sont publiés dans le monde entier.

            La branche féminine, les Filles de Saint Paul (Pauliniennes) s’est développée de la même manière, créée avec très peu de moyens le 15 juin 1915.

            La première Supérieure Générale, Mère Tecla (considérée comme co-fondatrice de l’Institut) rappellera à ce sujet : « Les Filles de Sant Paul naissaient pour consacrer leur vie à la bonne presse : et, elles n’avaient pas d’imprimerie ». Au début, Sœur Tecla et ses compagnes confectionnaient des chemises pour les militaires, et ce n’est qu’en 1918, qu’elles commencèrent à Suse (Turin), l’apostolat de la presse. Le 22 juillet 1922, à albe, neuf jeunes filles se consacrent à dieu et à la mission spécifique, avec les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, créant ainsi la Congrégation de la Pieuse société des filles de Saint Paul. L’arrivée à Rome en 1926 marqua l’ouverture des premières librairies, et la diffusion de livres à domicile. Dans les années suivantes, d’autres filiales virent le jour. En 1932, on comptait déjà 30 Maisons en Italie, et 3 à l’étranger (Brésil, Argentine, Etats-Unis), et, au fil des ans, la Congrégation atteindra tous les Continents. Actuellement, les filles de Saint Paul sont au, nombre de 2.450, dont 60 novices ; elles sont présentes dans 52 Nations, pour un total de 252 Maisons. En 2008, deux nouvelles communautés ont vu le jour à Juba au Soudan et à Ho Chi Min au Vietnam. En plus de la presse, elles travaillent aussi dans la production audio-visuelle et radiophonique, et aident et complètent l’œuvre des Pauliniens dans le domaine des moyens d’information.

            A côté des Pauliniens et des Pauliniennes, Don Alberione a fondé trois autres Congrégations religieuses féminines : en 1924, les Pieuses Disciples du divin Maître, pour l’apostolat de l’Adoration Eucharistique perpétuelle, le service sacerdotal et le service liturgique ; en 1938, les Sieurs du Jésus Bon Pasteur (« Pastorelle ») pour aider les curés dans leur tâche d’évangélisation, dans la catéchèse et dans la croissance des communautés chrétiennes : elles sont présentes actuellement dans 18 Pays des cinq Continents ; et enfin, en 1959, l’Institut Reine des Apôtres pour les vocations (« Apostoline »), qui travaillent dans l’apostolat des vocations auprès des jeunes.

            En 1960 sont nés quatre Instituts séculiers agrégés à la Société de Saint Paul, trois qui s’adressent aux laïcs des différentes voies de vie (Institut Saint Gabriel Archange pour les hommes, Institut « Maria Santissima Annunziata » pour les femmes, Institut de la Sainte Famille, pour les familles ; et un autre pour les prêtres diocésains, l’Institut Jésus-Prêtre. L’Union des Coopérateurs Pauliniens complète le cadre des fondations de don Alberione : peuvent y adhérer tous les laïcs qui partagent la spiritualité et l’activité paulinienne.

            Toutes ces fondations forment la Famille Paulinienne : « Il existe une parenté étroite entre elles, a écrit don Alberione, parce que toutes sont nées du Tabernacle. Un unique esprit : vivre de Jésus-Christ et servir l’Eglise. Il y a ceux qui représentent tous les autres en intercédant auprès du Tabernacle, et ceux qui répandent comme d’en-haut, la doctrine de Jésus-Christ, et enfin ceux qui s’approchent de chaque âme ».

 

Les initiatives pour l’Année de Saint Paul

 

            La Famille Paulinienne a ouvert l’année Jubilaire consacrée à Saint Paul, le 30 juin 2008, pour la Famille Paulinienne, fête liturgique de Saint Paul, avec une rencontre dirigée par S. Exc. Mgr Rino Fisichella, au sanctuaire consacré à Marie Reine des Apôtres, qui se dresse au centre du grand espace voulu par le Bienheureux don Alberione, à peu de distance de la Basilique de Saint Paul, et qui comprend plusieurs bâtiments, dont la Maison Généralice, et plusieurs Communautés de la Société de Saint Paul et des Filles de Saint Paul. Dans la crypte sont enterrés don Alberione et sœur Tecla Merlo.

            Le jour suivant, 1° juillet, la Famille Paulinienne a fait un pèlerinage à la Basilique Saint Paul Hors-les-Murs ; le programme commun pour cette Année prévoit des centaines d’initiatives, d’exercices spirituels, de conférences, de cours, de pèlerinages, mais aussi des expositions d’œuvres d’art, des concerts et des activités culturelles en général. Dans plusieurs Pays, comme la Corée et le Japon, la Famille Pauliniennee collabore directement avec l’Eglise locale pour la préparation et pour l’animation des événéments prévus. Les deux sites officiels de la Congrégation www.paulus.net et www.paoline.org fournissent une liste mise à jour continuellement. Au plan de l’édition, un « logo » spécial accompagne les publications ; une revue mensuelle, Paulus, a été lancée précisément pour l’Année de Saint Paul. Dans le domaine de la « home video », La Maison Pauline d’Editions a réalisé un documentaire sur saint Paul.

 

Entretien avec don Silvio Sassi, Supérieur Général de la Société de Saint Paul

 

            Notre Fondateur a réalisé progressivement dix fondation, de1914 à 1971. Cinq Congrégations, quatre Instituts séculiers, et un Mouvement de laïcs, les coopérateurs. Les charismes sont divers : l’engagement dans la communication sociale (Pauliniens et Pauliniennes), l’animation des paroisses (« Pastorelle »), l’adoration et le service sacerdotal et liturgique (« Pie Discepole »), l’(apostolat pour les vocations (« Apostoline »), et enfin le témoignage dans le monde (Instituts agrégés)

            Notre Famille est ainsi à plusieurs voix du point de vue des engagements apostoliques, mais elle est unique du point de vue de la spiritualité, c’est-à-dire du charisme paulinien. Don Giacomo Alberione a su puiser chez Saint Paul pour développer le caractère multiforme des charismes complémentaires pensés pour notre époque.

 

Les origines de la Société de Saint Paul remontent à l’apostolat pour la Bonne Presse, commun à de nombreux Pays européens du début du XX° siècle. Quelle a été la nouveauté apportée par Don Alberione ?

            Comme société de Saint Paul, notre caractère spécifique a été nouveau dès son début, en1914. Don Alberione a été l’auteur d’une petite révolution pastorale, en ayant l’intuition  qui ne fallait plus attendre que les gens reviennent à l’Eglise, mais l’atteignent là où elle se trouve, dans les bureaux, dans les champs, dans les écoles, et utiliser la presse non seulement pour l’information mais comme forme de pastorale complémentaire de celle de la paroisse. Sa foi était donc une foi missionnaire qui a créé une forme nouvelle d’évangélisation. Avec l’évolution du panorama des moyens d’information, Don Alberione s’est tourné vers le cinéma, la radio, la télévision, les illustrés, et, aujourd’hui, nous poursuivons son intuition, en nous servant des nouveaux langages de la communication. Et en cela aussi réside notre imitation du charisme paulinien. Saint Paul s’tait servi de la rhétorique juive et de la rhétorique grecque pour présenter une formulation inculturée du christianisme. Aujourd’hui, nous sommes convaincus que l’on peut rencontrer Dieu et faire l’expérience du Christ dans la communication par les moyens modernes d’information, en lisant un roman, en écoutant une chanson, en naviguant sur Internet. C’est pour nous la vocation à œuvrer dans un domaine missionnaire.

 

Comment changent les expériences dans les différentes réalités missionnaires du monde ?

            « La première règle que nous suivons est de nous adapter au niveau des moyens de communication de la Nation qui nous accueille. Nous ne pouvons pas proposer des lignes d’édition perfectionnées dans des Pays culturellement en arrière. Une deuxième règle est de tenir compte du type de communication répandu dans la Nation. Bien sûr nous ne dispensons pas d’apporter des nouveautés dans la ‘diète’ des moyens de communication, mais, en général, il est très risqué de proposer quelque chose qui n’est pas connu et utilisé  habituellement par les gens. Une troisième règle, c’est d’avoir des valeurs et des coordonnées communes, que les communautés, par la suite, développeront sur place. Par exemple, pour ce qui concerne le domaine de l’édition, nos suivons pour le moment trois thèmes principaux : la Bible, la famille, et la communication. Chaque communauté paulinienne pense ensuite à réaliser ces grandes lignes directrices ».

 

Que veut dire pour vous célébrer l’Année de Saint Paul?

            « Cela veut dire approfondir l’élément fondamental de l’unité de la Famille. Ce qui nous rend frères et sœurs, c’est étudier, prier et imiter Saint Paul. C’est une année qui nous offre une possibilité et une encouragement en plus pour faire tout cela ».

 

 

Entretien avec Soeur Anna Maria Parenzan, Vicaire Générale des Filles de Saint Paul

            Nous avons accueilli avec joie la proclamation de l’Année de Saint Paul, parce que don Alberione nous a toujours invitées à considérer Saint Paul comme notre vrai Fondateur, le Père de notre Institution. Et, même avant l’annonce solennelle de la part de benoît XVI, en tant que congrégation, nous avions déjà prévu un approfondissement sur Saint Paul. En effet, notre dernier Chapitre Général, qui s’est tenu au mois d’août 2007, nous avait invitées à redécouvrir dans l’Apôtre, le fil conducteur de notre cheminement, la personne que nous sommes appelées à imiter pour exprimer une identité encore plus paulinienne. Nous sommes profondément convaincues que cette année sera pour nous une grande occasion pour raviver notre vocation et pour communiquer le Christt, sur les traces du Grand apôtre des Nations ».

 

Suivrez-vous un itinéraire?

             Oui, notre Supérieure Générale, Sœur Maria Antonieta Bruscato, nous a invitées à goûter ensemble la richesse de notre caractère paulinien, ; à étudier et à à partager avec une plus grande  fidélité les lettres de l’Apôtre Paul ; à ouvrir notre cœur à tous les peuples et à toutes les cultures, en donnant aussi à nos Centres un visage oecuménique particulier, selon le souhait du Pape ‘que l’Année de Saint Paul contribue à renouveler notre enthousiasme missionnaire, et à rendre plus intenses nos relations avec nos frères de l’orient et avec les autres chrétiens qui, comme nous, vénèrent l’Apôtre des nations’ ; à travailler avec plus d’intensité à la pastorale des vocations, en partageant avec les jeunes et avec les laïcs, les richesses du charisme paulinien ; à croître dans le sentiment de sentir que nous sommes une Famille, et une famille Paulinienne, qui se réjouit ensemble, qui croît ensemble, et qui partage la beauté du don ».

 

Quelles difficultés rencontrez-vous dans les Missions?

            « Dans les 52 Nations où nous sommes présentes, nous essayons de nous faire, comme Saint Paul « toutes à tous » pour apporter à tous l’Evangile. Notre tâche st d’aller ‘au-delà’, d’arriver à ces réalités qui ont le plus besoin d’une présence chrétienne. Parfois, nos présences sont insignifiantes (dans la grande Russie, par exemple, sous sommes seulement cinq religieuses), mais nous voudrions être des présences de Lumière, qui irradient et communiquent la Parole qui sauve. La dernière Communauté, ouverte à Juba au soudan, nous met en contact avec une population épuisée par la guerre, où la pauvreté est la norme. Notre problème consiste à aider à reconstruire non seulement matériellement un Pays détruit, mais surtout à arriver à l’esprit des personnes, à donner le ‘pain de la Parole’, à former une mentalité fondée sur les valeurs humaines et chrétiennes ».

 

Quel rôle ont les moyens de communication de masse?

            Il n’y a pas d’évangélisation sans communication. La communication est une composante essentielle du charisme paulinien, et une partie constitutive de notre mission. L’annonce de la ‘Bonne Nouvelle’ trouve aujourd’hui une nouvelle ampleur, grâce au caractère multiple des moyens de communication, à la connexion sur la Toile, à l’interactivité et à la virtualité. L’attention envers nos interlocuteurs, à ceux que nous appelons les ‘destinataires’ de l’apostolat, nous rend particulièrement sensibles pour assumer les nouvelles formes, les langages et les technologies de la communication, en parvenant à vaincre la paeur de la nouveauté. Nous sentons qu’il est urgent de raviver en nous la passion de Saint Paul pour communiquer à tous Jésus Maître, Voie, Vérité et Vie, dans la culture de la communication de notre temps, mais aussi pour trouver de nouvelles voies apostoliques. Le problème est important, à n’en point douter : comment animer la culture de notre époque, et comment inculturer la Parole dans l’ère de la communication. C’est là la question que nous nous posons, et en même, nous nous demandons quelle est notre mission, sur les pas de Saint Paul, un grand communicateur, et , comme le dirait Ketteler, un journaliste ante litteram ».

 

 

 

La Compagnie de Saint Paul

 

            La Compagnie de Saint Paul naît en 1920 à Milan, sur le désir du Bienheureux Cardinal Andrea Carlo Ferrari et de son secrétaire l’abbé Giovanni Rossi.

            Andrea Ferrari était né en 1850 à Lalatta di Palanzano, dans le Diocèse de Parme, dans une famille modeste, mais riche de foi. Il fut ordonné prêtre à 23 ans ; après une expérience de ministère paroissial et d’enseignement, il devint Supérieur du séminaire diocésain de Parme en 1877. Pendant le Pontificat de Léon XIII, il fut nommé Evêque de Guastalla en 1890, de Côme en 1891, et enfin de Milan en 1894, et fut nommé Cardinal. Il ajouta à son nom de Baptême celui de Charles, en l’honneur de Saint Charles Borromée. Il mourut le 2 février 1921, après s’être dépensé entièrement pour les activités sociales et pour l’animation de l’Eglise de Milan.

            Le premier noyau de la compagnie comprend des laïcs provenant de l’Action Catholique, et des prêtres, don l’Abbé Giovanni Rossi, tous dévoués à l’apostolat, avec la tâche de réaliser des œuvres sociales, et de rapprocher les gens à la foi ; un autre groupe, avec le Père Gemelli travaille en revanche dans le domaine culturel, et il en naîtra l’Université Catholique. Durant les premières années, la Compagnie travaille au sein de l’action Catholique, mais en 1924 déjà, ayant pris une identité propre, elle acquiert le statut de Congrégation religieuse, dépendant directement du Saint-Siège.

            En une dizaine d’années, la Compagnie de Saint Paul compte de nombreuses adhésions, et connaît un grand développement. L’abbé Giovanni Rossi, qui est devenu le Supérieur Général de la Compagnie, réalise des programmes orientés vers les secteurs les plus populaires de la société. On crée des écoles professionnelles, un cercle de culture pour les jeunes, une bibliothèque, un cinéma, une cantine économique, un secrétariat du peuple, et une maison pour les filles-mères. Ce sont là des activités qui, à l’époque, ne manquèrent pas de susciter des critiques, mais qui se développèrent dans la ligne du, mandat du Cardinal Ferrari : « Sortez des sacristies, allez sur les places ». La compagnie de Saint Paul commence en outre son expérience dans l’organisation des pèlerinages, et son travail dans le domaine de l’édition et dans l’imprimerie de journaux.

            A côté de la diffusion dans d’autres diocèses d’Italie, Rome, Venise et Gènes, on voit s’affirmer rapidement aussi la « dimension international de l’Institut, avec une expansion çà Jérusalem, en contact avec les palestiniens, à Paris, puis en Amérique du Sud, Argentine, Uruguay, Chili, avec des Maisons à Buenos Aires, cordoba, Rosario, Montevideo, Santiago, et enfin aux Etats-Unis, Washington et New York. Pour obtenir l’accueil et l’adhésion aux idéaux pauliniens chez les laïcs, on fonde l’Association Cardinal Ferrari, qui coopère au développement des initiatives sociales de l’œuvre Cardinal Ferrari.

            En 1934, l’abbé Giovanni Rossi, qui avait déjà abandonné la charge de Supérieur général en 1929, abandonne le projet initial du Cardinal Ferrari d’apostolat social, et se consacre uniquement à l’évangélisation et aux Missions. En 1939, la « scission » est définitive avec la fondation à Assise de la "Pro Civitate Cristiana ».

            Pendant ce temps, en France, à Paris, l’apostolat important de la « Maison de la Jeunesse » est interrompu en raison de sa fermeture, après les développements du fascisme en Italie et la crise économique des années 1929-1930. En effet, le programme de la compagnie, orienté vers les classes populaires, fut placé aussitôt à l’écart par la politique sociale du régime. Pendant la seconde guerre mondiale, l’effort se concentre sur les personnes persécutées, tout d’abord les victimes des lois raciales, en cachant dans le siège de Milan des partisans et des juifs, et puis, après le 25 avril, les républicains de Salò.

            En 1945, l’abbé Antonio Rivolta fonda à Civitavecchia (Rome), la « République des Jeunes », un village qui accueille des enfants sans maison et sans appui familial, en les enlevant à la vie de débauche et à la pègre. La fin de la guerre et ke réunification des familles comporte aussi une série de problèmes psychologiques, affectifs et sociaux ; et l’abbé Paolo Liggeri, rentré du camps de concentration de Dachau, ouvre à Milan l’Institut « La Casa », le premier centre de consultation familiale en Italie, une structure sociale absolument inédite pour l’époque.

            Le 30 juin 1950, la Compagnie de Saint Paul obtient du Pape Pie XII la reconnaissance d’Institut Séculier, et arriva avec ce statut jusqu’aux années du Concile Vatican II. La mise à jour de l’Institut, qui s’ensuivit, ouvre les portes aussi aux personnes mariées. « La Compagnie de Saint Paul, déclare l’article 2° des Constituions actuelles, se propose d’élever humainement, et d’animer d’esprit évangélique, la vie et les activités sociales et individuelles. Ses membres, attentifs aux besoins et aux demandes de leurs contemporains, travaillent soit de manière communautaire, soit de manière individuelle, avec une esprit de nouveauté et de service, à l’exemple de Saint Paul qui s’est fait tout à tous ». En Italie, les Pauliniens sont au nombre d’une centaine environ, des femmes en majorité, plus trente familles de membres associés. De nombreuses vocations se manifestent en Amérique du Sud, au Chili et en Argentine.

 

 

Entretien avec don Luigi Paroni, responsable de Villa Clerici et des activités de la Maison de Rédemption sociale de la Compagnie de Saint Paul à

 

            « La Compagnie de Saint Paul est née du magistère social du, Cardinal Ferrari, qui se laissait guider par les besoins des gens, et qui répondait par des considérations pratiques. En suivant l’enseignement de Saint Paul, ‘l’amour du Christ nous pousse’ (2 Corinthiens 5, 14), il fallait en effet affronter les deux processus de l’industrialisation et de l’urbanisation, et aider les couches les plus populaires, enlever les enfants de la rue, pourvoir à toute une série d’activités sociales. Après la mort du Cardinal en 1921, son successeur Mgr Achille Ratti béni la première pierre de la Maison de la rue Mercalli, en Centre qui, en plus d’autres services, comprenait même le bureau de placement pour le travail ». L’abbé Luigi Paroni, curé de l’église Saint Benoît à Rome pendant 18 ans, confiée depuis 1925 à la Compagnie de Saint Paul, est actuellement responsable de la Villa Clerici et la Maison de Rédemption sociale de Milan.

 

De Milan, la Compagnie arriva aussi à Rome, sous la protection de Pie XI. Comment cela se fit-il ?

            « Elu Pape en 1925, le Cardinal Ratti fit en sorte de pouvoir insérer une petite communauté de Pauliniens sous la direction de don Ercole Gallone, rue du Gazomètre à Rome. C’était un quartier en pleine naissance, un nouveau pôle industriel avec, au centre, le centre de ravitaillement des Forces armées, le magasin général des casernes de la Capitale. Don Ercole était venu à Rome avec un groupe de pèlerins pour l’Année Sainte de 1925, sans se douter le moins du monde des vues que Pie XI avait sur lui. Mais le Pape, qui connaissait bien l’œuvre précieuse que réalisaient les Pauliniens à Milan, voulait leur présence pour assurer un contact avec le monde du travail, et pour faire face aux problèmes que l’industrialisation et l’urbanisation portaient avec elles. Ce fut ainsi que don Ercole accepta l’invitation, et s’établit dans la petite église de Saint Benoît, où il resta sept ans environ. Après lui, arivèrent don Guerrini (1932-1937), ami de Paul VI, et enfin don Gregorini (1937-1984) qui fut aussi Camerlingue du Diocèse de Rome.

 

Comment sont les expériences aujourd’hui?

            « L’expérience de la Maison de Rédemption Sociale se poursuit à Milan, tout comme la République des Jeunes à Civitavecchia, et l’’Institut ‘La Casa’ qui porte une attention particulière aux familles. L’œuvre Cardinal Ferrari continue sn travail en faveur des ‘charismes’, les pauvres. A New-York, les Pauliniens se consacrent à l’accueil des étudiants et des nécessiteux, et, au Chili et en Argentine, nous avons de nombreuses autres présences. Notre grande espérance pour l’avenir, repose dans les membres associés qui, à côté des laïcs consacrés, forment un groupe bien formé et bien préparé, dont pourront naître aussi des vocations sacerdotales ».

 

Comment vivrez-vous l’Année de Sant Paul?

            « Nous organisons une Semaine d’événements pour susciter chez les gens une attention nouvelle sur ce que nous faisons. La Compagnie, en plus des œuvres sociales, est aussi particulièrement active dans le domaine de l’édition, dans l’organisation et dans la direction des pèlerinages, dans l’éducation, et dans l’art sacré contemporain ».

 

 

 

Dossier réalisé pari A.M.,N.Z.,M.S. - Agence Fides 25/10/2008; Directeur Luca de Mata

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06.01.2009

Instituts religieux qui s'inspirent de l'Apôtre Paul

Passage du Message du Pape Benoît XVI pour la Journée Mondiale des Missions 2008

 

« Chers frères et sœurs, « duc in altum » ! Prenons le large dans la vaste mer du, monde et, en suivant l’invitation de Jésus, jetons sans peur les filets, confiants dans son aide constante. Saint Paul nous rappelle que prêcher l’Evangile n’est pas une vantardise (cf. 1 Corinthiens 9, 16), mais une tâche et une joie. Chers Frères Evêques, en suivant l’exemple de Paul, que chacun se sente ‘prisonnier du Christ pour les Nations (cf. Ephésiens 3, 1), en sachant que nous pouvons compter, dans les difficultés et dans les épreuves, sur la force qui vie de lui […].

« Et vous, chers religieux et religieuses, marqués, par vocation, d’une forte connotation missionnaire, apportez l’annonce de l’Evangile à tous, et spécialement à ceux qui sont loin, par un témoignage cohérent rendu au Christ et par une vie radicale de disciple de son Evangile ».

 

 

Le caractère multiforme des charismes

 

Rome (Agence Fides) – La mention de Saint Paul dans le titre d’un Institut religieux est un fait relativement récent. A une époque plus ancienne, l’Apôtre des Nations donnait en effet sn nom à de nombreux monastères dans le monde ; mais c’est seulement avec la centralisation des Instituts commencée à l’époque moderne, que des fondateurs, animés par une dévotion personnelle et par un programme apostolique bien précis, l’ont choisi comme patron de leurs Instituts et de leurs œuvres.

            Saint Antoine-Marie Zaccaria (1502-1503), Fondateur des Clercs Réguliers de Saint Paul (Barnabites), et d’un autre Ordre appelé les « Sœurs Angéliques de Saint Paul », fonde la première Famille religieuse placée sous la protection de Saint Paul, animée par un programme généreux de réforme, à la veille du Concile de Trente.

            Un peu plus d’un siècle plus tard, le Sœur de Saint Paul de Chartres, fondées en 1696 dans le cadre de la spiritualité de Saint Vincent de Paule, doivent leur dénomination à l’Evêque du lieu, Mgr. Paul Godet de Marais. Avec le temps, la référence à Saint Paul se révélera particulièrement féconde et appropriée aux communautés religieuses ayant une forte identité missionnaire. Les sœurs de la Charité de Saint Paul, à Birmingham, sont une filiation de Chartres (1847). C’est la même choses pour les Sœurs de Saint Paul d’Angoulême, fondées en 1825, et qui se sont rassemblées ensuite en 1854 dans la Société du Sacré-Cœur.

            A partir du XIX° siècle, le titre est presque toujours à rapporter à un programme apostolique précis, changé par le charisme paulinien. Alors que les Sœurs Aveugles de Saint Paul (1852 choisissent comme devise un passage de la Lettre aux Ephésiens (« A présent, nous sommes lumière dans le Seigneur » Ephésiens, 5, 8), Isaac Hecker, en 1858 comprend la Mission au sens œcuménique. Le Chanoine Joseph Schorderet, en 1873, plaça en revanche sous le patronage de Sant Paul son Oeuvre pour la diffusion de la Bonne Presse, soutenu explicitement part Pie IX.

            Deux autres fondateurs rappellent le lien entre Sait Paul et les moyens de communication sociale dans les premières années du XX° siècle : l’Evêque grec-melkite Germanos Mouakkad (Missionnaires de Saint Paul en 1903, et l’abbé » Giacomo Alberione (Société Saint Paul, et fille de Saint Paul) en 1914-1915). La compagnie de Saint Paul (1920, voulue par le Cardinal Andrea Carlo Ferrari, travaille en partie dans le même domaine pastoral, et poursuit un programme d’assistance et de promotion sociale.

            Dans le domaine sociale, précisément, à la fin du 19° siècle, Jakob Friedrich Bussereau était parvenu à unir dans la fraternité religieuse un groupe de prêtres et de religieuses pour les soins aux handicapés mentaux. Quelques années plus tard, le Maltais Giuseppe De Piro (1877-1933) avait transmis son grand idéal paulinien à une “petite société” missionnaire.

            A l’occasion de l’Année de Saint Paul et du Mois des Missions, l’Agence Fides fait le tour, avec ce Dossier, de l’histoire des Familles Religieuses qui s’inspirent de Saint Paul pour leur apostolat, en soulignant les problèmes du passé et du présent, l’état des Missions, et les initiatives en lien avec l’Année de Saint Paul. Nous remercions pour leur contribution les Supérieures et les Supérieurs Généraux , ainsi que les Directeurs et les Responsables des Instituts.

 

Dévotions particulières

 

            Tous les Instituts religieux ont des dévotions particulières envers Saint Paul, dans la mémoire liturgique – avec la célébration des moments marquants de la vie de l’Apôtre – et dans la prière quotidienne. Plusieurs Fondateurs ont laissé des textes d’une spiritualité profonde, de catéchèse ou de commentaire sur la personne et les Lettres de Sat Paul, qui font partie intégrante de leurs Constitutions et de leurs livres de prière : c’est le cas de Saint Antoine Maria Zaccaria, de Marie Anne de Tilly, de Giacomo Alberione, de Germanos Mouakkad, de Giuseppe De Piro et d’Isaac Hecker.

 

            Les deux Instituts d’Alberione (Société de Saint Paul, et Filles de Saint Paul), suivent un cycle de dévotion particulièrement structuré et riche. En 1918 déjà, la petite communauté paulinienne consacrait à l’apôtre tout le mois de juin, et récitait « la petite couronne de saint Paul », une série d’invocations centrées sur la conversions, les conseils évangéliques et l’apostolat. En 1958, Don Alberione déclara pour la Famille Paulinienne un « Jubilé de Saint Paul » à l’occasion du XIX° Centenaire de la Lettre aux Romains. Don Alberione est en outre auteurs de plusieurs prières à Saint Paul , dont une pour la protection de la bonne presse.

            Les autres Instituts eux aussi récitent des prières pour leur charisme spécifique. L’apostolat est invoqué pour son zèle missionnaire, pour l’’enseignement, la vocation et la conversion.

 

(à suivre)

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12.07.2008

La mission fait partie aussi de la vie du moine!

EUROPE/ALLEMAGNE- Saint Benoît et la mission: “Si la mission fait partie de la vie chrétienne, elle fait aussi partie de la vie du moine!”

 http://www.aktion-hoffnung.de/picture/schirmherr_erzabt_%20jeremias-klein.jpg

St Ottilien (Agence Fides) – A l’occasion de la fête de Saint Benoît, le 11 juillet, nous publions une contribution de Dom Jeremias Schröder (voir photo), OSB, Père abbé du couvent des Bénédictins missionnaires de Saint Ottilien.

Quelle est la position de Saint Benoît face à la mission, et plus généralement, quel est le rapport entre les Bénédictins et la mission ?

A première vue la règle des Bénédictins n’offre pas de points de repère pour l’œuvre missionnaire des communautés qui vivent selon cette règle. Plus importante est la description de la vie de Saint Benoît par le Pape Grégoire, dans laquelle il rappelle entre autre l’activité de prédication et d’enseignement du Saint dont il rapporte qu’à Subiaco il instruisit aussi dans la foi les bergers. Une inscription dans la Grotte des Bergers rappelle les nombreux peuples qui du VIIe au XIXe siècle ont reçu la foi grâce aux Bénédictins. De même, les signes miraculeux de Saint Benoît ont eu de l’effet au-delà de la communauté monastique, conduisant à la foi les témoins de ces signes. Le Pape Grégoire met en évidence le service ecclésial de salut du monachisme. A l’époque du pape moine, Grégoire, ce service a subi un tournant évident, et Saint Benoît a marqué une étape importante sur le chemin de la disponibilité progressive des moines au service ecclésial.

Mais comment pouvons-nous aborder aujourd’hui la question du rapport entre monachisme et mission ? Dans le prologue de sa Règle, Saint Benoît invite le lecteur à vivre « sous la conduite de l’Evangile ». Cet Evangile s’offre à nous dans son intégrité et non comme un catalogue où choisir. Les Bénédictins - et au fond toutes les personnes de vie consacrée - ont comme objectif le tout, et par conséquent dans chacune de leurs communautés, ils doivent réaliser toutes les dimensions fondamentales de la vie chrétienne. La mission fait aussi partie de celles-ci. Et si la mission fait partie de la vie chrétienne, elle fait aussi partie de la vie du moine !

Dans les anciennes descriptions de vie monastique, apparaît souvent le terme « petite Eglise ». Car nos monastères veulent vivre la plénitude de la vie de l’Eglise. Or la mission en fait aussi partie, l’approche par l’Eglise du monde non chrétien.

Un troisième aspect est l’expérience de la « communio », de la communion comme caractéristique essentielle de la vie monastique. La sympathie pour l’Eglise universelle, le savoir, le partage et la prière en commun avec les autres pays et les églises locales se trouve pour ainsi dire dans notre DNA. Les moines et les moniales savent où se trouvent les frontières de l’Eglise, où elle souffre et où peut-être elle commence à vaciller à cause de faiblesses internes. Ce qui conduit nos communautés à l’ouverture et les incite souvent à offrir leur aide.

Une caractéristique de toutes les entreprises missionnaires consiste en ce que l’instruction en fait aussi partie. Partout les moines ont agi comme des hérauts de la foi, ayant dans leurs bagages leurs livres et leur expérience scolaire et d’éducateurs. Cela vaut pour les occupations littéraires des moines du Moyen-âge, mais aussi dans le cadre difficile des missions, où les moines sont appelés comme enseignants. Quand au XIXe siècle a été fondée la mission bénédictine en Tanzanie, on a imaginé un système scolaire qui comprenne tous les niveaux d’éducation scolaire, des écoles du jardin d’enfant aux collèges et lycées. Des régions entières ont ainsi eu leurs écoles et souvent les moines construisaient les écoles avant même les églises.

En outre les Bénédictins sont considérés comme des spécialistes de la liturgie. Les messes solennelles, la prière des heures, la musique sacrée, l’instruction liturgique pour les prêtres et les laïcs, la collaboration à la préparation de musiques et de textes liturgiques : telles sont les contributions typiques des Bénédictins à la constitution d’une Eglise locale.

Saint Benoît n’était pas prêtre et nos maisons ne sont pas des maisons de prêtres. Dans la congrégation de Saint Ottilien, deux tiers des membres sont des religieux non prêtres. Les Eglises des pays de mission ne considèrent souvent missionnaires que les prêtres. La où entrent en jeu nos monastères, cette expérience de l’Eglise s’élargit rapidement. Des artisans, des maîtres, des médecins… pas seulement des « prédicateurs » professionnels, mais des hommes avec des talents et des capacités, qu’ils sont disposés à mettre entièrement au service de l’Eglise et de l’humanité. Saint Benoît a ennobli le travail par sa règle. Ce n’est plus seulement une plaie nécessaire que l’on délègue à d’autres quand c’est possible : le travail est la collaboration à la création, une louange à Dieu.

Une dernière chose est à relever : l’ordre bénédictin avec sa sage modération et son profond respect de l’autre, son invitation à l’hospitalité et son expérience séculaire, protège des fanatismes et des petitesses unilatérales. Des historiens contemporains assurent de façon crédible que les missions bénédictines ont souvent réussi à communiquer et à implanter ces principes fondamentaux. La « Pax Benedictina » est non seulement une espérance pour la vie à l’intérieur du monastère, mais aussi un fruit pour les régions et les pays entiers qui se sont laissés inspirés par ces monastères.

Ma réflexion sur Saint Benoît comme missionnaire commence toujours de façon très défensive : comment les Bénédictins peuvent-ils être missionnaires s’ils sont si étroitement liés à leurs monastères ? Mais plus j’y réfléchis, plus s’impose à moi une autre question : comment peut-on être chrétien, comment peut-on être moine, si l’on n’est pas semblable au Christ aussi dans sa mission ? (Source: Notker Wolf, Die Botschaft Benedikts - Die Weisheit seiner Äbte und Äbtissinnen, Vier-Türme-Verlag)
 
(Agence Fides 10/7/2008)

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01.07.2008

Benoît XVI, Saint Basile (1)

 

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BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI
Mercredi 4 juillet 2007

 
 

Saint-Basile  

Chers frères et sœurs!

Aujourd'hui, nous voulons rappeler l'un des grands Pères de l'Eglise, saint Basile, défini par les textes liturgiques byzantins comme une "lumière de l'Eglise". Il fut un grand Evêque du IV° siècle, que l'Eglise d'Orient tout comme celle d'Occident considère avec admiration, en raison de sa sainteté de vie, de l'excellence de sa doctrine et de la synthèse harmonieuse entre ses qualités spéculatives et pratiques.

Il naquit autour de 330 dans une famille de saints, "authentique Eglise domestique", qui vivait dans un climat de foi profonde. Il accomplit ses études auprès des meilleurs maîtres d'Athènes et de Constantinople. Insatisfait de ses succès dans le monde, et s'étant rendu compte qu'il avait perdu beaucoup de temps en vanités, il confesse lui-même: 

"Un jour, comme me réveillant d'un sommeil profond, je me tournai vers l'admirable lumière de la vérité de l'Evangile..., et je pleurai sur ma vie misérable" (cf. Ep. 223:  PG 32, 824a).

Attiré par le Christ, il commença à regarder vers Lui et à n'écouter que Lui (cf. Moralia 80, 1:  PG 31, 860bc.). Il se consacra avec détermination à la vie monastique dans la prière, dans la méditation des Saintes Ecritures et des écrits des Pères de l'Eglise, et dans l'exercice de la charité (cf. Epp. 2 et 22), suivant également l'exemple de sa sœur, sainte Macrine, qui vivait déjà dans l'ascétisme monacal. Il fut ensuite ordonné prêtre et, enfin, en 370, Evêque de Césarée de Cappadoce, dans l'actuelle Turquie.

A travers sa prédication et ses écrits, il accomplit une intense activité pastorale, théologique et littéraire. Avec un sage équilibre, il sut concilier le service des âmes et le dévouement à la prière et à la méditation dans la solitude. Fort de son expérience personnelle, il encouragea la fondation de nombreuses "fraternités" ou communautés de chrétiens consacrés à Dieu, auxquelles il rendait fréquemment visite (cf. Grégoire de Nazianze, Oratio 43, 29 in laudem Basilii:  PG 36, 536b). A travers la parole et les écrits, dont un grand nombre sont parvenus jusqu'à nous (cf. Regulae brevius tractatae, Préambule:  PG 31, 1080ab), il les exhortait à vivre et à progresser dans la perfection.

Divers législateurs du monachisme antique ont puisé à ses œuvres, dont saint Benoît, qui considérait Basile comme son maître (cf. Regula 73, 5). En réalité, il a créé un monachisme très particulier:  non pas fermé à l'Eglise locale, mais ouvert à elle. Ses moines faisaient partie de l'Eglise particulière, ils en étaient le centre vivant qui, précédant les autres fidèles à la suite du Christ, et non seulement dans la foi, montrait la ferme adhésion au Christ - l'amour pour Lui - surtout dans les œuvres de charité. Ces moines, qui avaient des écoles et des hôpitaux, étaient  au service des pauvres et ont ainsi montré l'intégrité de la vie chrétienne. Ainsi, écrivait le Serviteur de Dieu Jean-Paul II: 

"Beaucoup pensent que cette institution importante qu'est la vie monastique dans la structure de toute l'Eglise, a été établie au cours des siècles surtout par saint Basile ou au moins qu'elle n'a pas été définie selon sa nature propre sans sa participation décisive"  (Lettre  apostolique  Patres Ecclesiae, n. 2).

En tant qu'Evêque et pasteur de son vaste diocèse, Basile se soucia constamment des conditions matérielles difficiles dans lesquelles vivaient les fidèles; il dénonça avec fermeté les maux; il s'engagea en faveur des plus pauvres et des laissés-pour-compte; il intervint également auprès des gouvernants pour soulager les souffrances de la population, en particulier dans les périodes de catastrophes; il se préoccupa de la liberté de l'Eglise, s'opposant également aux puissants pour défendre le droit de professer la vraie foi (cf. Grégoire de Nazianze, Oratio 43, 48-51 in Laudem Basilii:  PG 36, 557c-561c).

A Dieu, qui est amour et charité, Basile rendit un précieux témoignage, en construisant plusieurs hospices pour les plus démunis (cf. Basile, Ep. 94:  PG 32, 488bc), une sorte de ville de la miséricorde, qui prit de lui son nom de Basiliade (cf. Sozomène, Historia Eccl. 6, 34:  PG 67, 1397a). Celle-ci se trouve à l'origine des institutions hospitalières modernes d'accueil et de soin des malades.

Conscient que "la liturgie est le sommet vers lequel tend l'action de l'Eglise, et en même temps la source dont émane toute sa vertu" (Sacrosanctum Concilium, n. 10), Basile, bien que toujours soucieux de réaliser la charité qui est la caractéristique de la foi, fut également un sage "réformateur liturgique" (cf. Grégoire de Nazianze, Oratio 43, 34 in laudem Basilii:  PG 36, 541c). En effet, il nous a laissé une grande prière eucharistique [ou anaphore] qui tire son nom de lui, et il a donné une organisation fondamentale à la prière et à la psalmodie:  sur son impulsion, le peuple aima et connut les Psaumes, et il se rendait en prière également la nuit (cf. Basile, In Psalmum 1, 1-2:  PG 29, 212a-213c). Et ainsi, nous voyons que liturgie, adoration, prière avec l'Eglise et charité vont de pair et se conditionnent réciproquement.

Basile sut s'opposer avec zèle et courage aux hérétiques, qui niaient que Jésus Christ soit Dieu comme le Père (cf. Basile, Ep. 9, 3:  PG 32, 272a; Ep. 52, 1-3:  PG 32, 392b-396a; Adv. Eunomium 1, 20:  PG 29, 556c). De même, contre ceux qui n'acceptaient pas la divinité de l'Esprit Saint, il soutint que l'Esprit est Dieu lui aussi, et "doit être compté et glorifié avec le Père et le Fils" (cf. De Spiritu Sancto:  SC 17bis, 348). C'est pourquoi Basile est l'un des grands Pères qui ont formulé la doctrine sur la Trinité:  l'unique Dieu, précisément parce qu'il est amour, est un Dieu en trois Personnes, qui forment l'unité la plus profonde qui existe:  l'unité divine.

Dans son amour pour le Christ et pour son Evangile, le grand Cappadocien s'engagea également à recomposer les divisions au sein de l'Eglise (cf. Epp. 70 et 243), se prodiguant afin que tous se convertissent au Christ et à sa Parole (cf. De iudicio 4:  PG 31, 660b-661a), force unificatrice, à laquelle tous les croyants doivent obéir (cf. ibid. 1-3:  PG 31, 653a-656c).

En conclusion, Basile se dévoua totalement au service fidèle de l'Eglise et à l'exercice du ministère épiscopal aux multiples aspects. Selon le programme qu'il traça lui-même, il devint "apôtre et ministre du Christ, dispensateur des mystères de Dieu, héraut du royaume, modèle et règle de piété, oeil du corps de l'Eglise, pasteur des brebis du Christ, pieux médecin, père et nourricier, coopérateur de Dieu, vigneron de Dieu, bâtisseur du temple de Dieu" (cf. Moralia 80, 11-20:  PG 31, 864b-868b).

C'est ce programme que le saint Evêque remet aux annonciateurs de la Parole - hier comme aujourd'hui -, un programme qu'il s'engagea lui-même généreusement à mettre en pratique. En 379, Basile, qui n'avait pas encore cinquante ans, consumé par les peines et par l'ascèse, retourna à Dieu, "dans l'espérance de la vie éternelle, à travers Jésus Christ notre Seigneur" (De Baptismo 1, 2, 9). C'était un homme qui a véritablement vécu avec le regard fixé sur le Christ. C'était un homme d'amour envers son prochain. Empli de l'espérance et de la joie de la foi, Basile nous montre comment être réellement chrétiens.

 

 © Copyright 2007 - Libreria Editrice Vaticana

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26.06.2008

34 ordinations diaconales à Rome

EUROPE/ITALIE- Dimanche 29 juin à Rome l’ordination diaconale de 34 Légionnaires du Christ venant de 10 nations

 http://www.jornada.unam.mx/2007/02/08/fotos/048n2soc-1_mini.jpg

Rome (Agence Fides)– Dimanche 29 juin 2008, à 10h30 dans la Chapelle du Centre d’Etudes supérieures, Via degli Aldobrandeschi à Rome, 34 Légionnaires du Christ seront ordonnés diacres. La messe sera présidée par Son Excellence Mgr Giuseppe Bertello (voir photo), Nonce apostolique en Italie. Le Père Alvaro Corcuera (voir photo ci-dessous), L.C., Directeur général des Légionnaires du Christ et du mouvement Regnum Christi, y participera aussi.
 
http://legrc.org/regnum_db/imagenes_db/noticias/p-alvaro-corcuera.jpg

Les candidats au diaconat viennent de dix pays : Italie (1), France (2), Espagne (6), Mexique (16), Chili (1), Brésil (2), Argentine (1), Canada (1), USA (3), Venezuela (1). Ils ont effectué une moyenne de douze ans d’étude, d’apostolat et de mission, depuis le jour de leur entrée dans l’un des noviciats de la Légion du Christ. Les diacres seront ordonnés prêtres au mois de décembre.

Dix-sept autres Légionnaires, ordonnés diacres ce mois-ci, participeront à la cérémonie: 11 mexicains, 2 américains, 3 allemands et un irlandais. Il y aura aussi 3 colombiens qui seront ordonnés le 19 juillet prochain. Ce sont les premiers à représenter la Légion du Christ en Colombie. Il y aura encore deux frères mexicains, qui seront ordonnés le 17 août avec leur troisième frère, séminariste diocésain. Et enfin un Légionnaire italien, Nicolas Tovagliari, qui sera ordonné le 6 juillet prochain dans l’Archidiocèse de Milan.

Dans leurs parcours personnels, avant la vocation, on peut trouver les expériences les plus variées. Diego, brésilien, a étudié pour travailler dans la publicité. Benjamin, de l’Ohio, a remporté de nombreux championnats de golf. Thomas, français, a toujours été passionné de foot, et enfant, il rêvait de devenir un joueur professionnel. Julian, argentin, a étudié l’ingénierie électronique.

Aujourd’hui la Congrégation des Légionnaires du Christ est présente dans 20 pays, avec 760 prêtres et plus de 2.500 séminaristes. Elle comprend 125 maisons religieuses et centres de formation. Elle dirige plus de 200 centres éducatifs et plus de 600 centres consacrés à la formation et à l’engagement apostolique des laïcs. Une grande part de l’engagement est aussi consacrée aux activités sociales, par l’intermédiaire de services d’éducation, de santé et de développement.
 
(Agence Fides 25/6/2008)
 

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23.06.2008

Congrès eucharistique de Québec: Magnifique salon des exposants

Magnifique salon des exposants

Des exposants venants de la Suisse, des États-Unis, du Canada, de l'Afrique, etc, offrent des informations sur leurs communautés et leurs organismes ainsi que des souvenirs d'art religieux.

 

 

 

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22.06.2008

Congrès eucharistique de Québec: Témoignage d'une épopée missionnaire au Zambie

Père Joseph Dupont, missionnaire

Témoignage d'une épopée missionnaire au Zambie en l'honneur du père Joseph Dupont, missionnaire.

 

 

 

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17.06.2008

Comment fabrique-t-on les hosties ?

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Quelques jours avant l’ouverture à Québec du Congrès international Eucharistique, Sabine de Rozières est allée à la rencontre d’une communauté de moniales bénédictines dans le Sud de la France, l'abbaye de Rosans, dont l’un des labeurs du jour est la fabrication… d’hosties >

 

ciboire

 

ostensoir

messe

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11.06.2008

Traite des êtres humains: Aucun pays ne peut se laver les mains

EUROPE/ITALIE - Renforcer le réseau à caractère national et régional, en créer un international pour lutter contre la traite des êtres humains. « Je ne crois pas qu’il puisse y avoir un pays qui se lave les mains de ce phénomène » dit à Fides Sœur Victoria Gonzales de Castejon

 http://www.europarl.europa.eu/eplive/expert/photo/20051125PHT02901/pict_20051125PHT02901.jpg

Rome (Agence Fides) – Pendant le Congrès plénier de leur Union internationale (UISG) célébré en 2001, les Supérieures Générales du monde entier se sont engagées à intervenir pour lutter contre la plaie répandue de la traite des êtres humains. Depuis cette année, des centaines de religieuses dans le monde ont suivi des cours de formation, en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), pour écouter et aider surtout les femmes victimes de la traite et de l’esclavage à des fins d’exploitations sexuelle.
 
L’occasion de présenter les résultats et les expériences de ces années et de renforcer le réseau de relations et d’interventions, qui pour l’instant implique entre 600.000 et 800.000 personnes, des femmes pour la plupart, a été fourni par le récent Congrès international qui s’est déroulé à Rome du 2 au 6 juin, organisé par l’UISG et l’OIM.

Une ligne d’action a déjà été définie à partir de cette année : renforcer le réseau à caractère national et régional, en créer un international, et identifier les éléments nécessaires pour faire vivre et survivre ce réseau de relations. Il est difficile de quantifier un phénomène comme la « traite » : on calcule – mais les chiffres pourraient être beaucoup plus importants - que 70% des personnes victimes de l’exploitation sont des femmes, dont 50% des mineures.
 
Un phénomène varié et vaste, répandu au niveau international : chaque année entre 700.000 et 2 millions de personnes font l’objet de trafic, comme si elles étaient des marchandises ; la plupart des victimes viennent de l’Asie, puis de l’ex-Union Soviétique, qui devient l’un des nouveaux pôles d’attraction pour les exploitants ; 75.000 personnes viennent de l’Europe de l’Est, entre 200 et 500.000 de l’Amérique Latine, destinées aux Etats-Unis et à l’Europe.
 
 
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Une activité criminelle qui engendre un énorme chiffre d’affaires : selon des données fournies pendant le Congrès, rien qu’au Canada, chaque année le trafic de femmes étrangères à des fins d’exploitation sexuelle et de prostitution produit des bénéfices d’environ 400 millions de dollars.
 
Un phénomène étroitement lié à des questions géopolitiques, où les femmes sont d’abord victimes de la pauvreté, de la discrimination, de la difficulté d’accès aux biens élémentaires, contraintes d’émigrer pour pouvoir faire vivre leurs enfants et elles-mêmes.
 
Non seulement des femmes (jusqu’à soixante-dix ans) et des enfants (depuis la petite enfance) sont la cible privilégiée pour la traite, mais aussi des personnes de familles pauvres, qui vivent dans les zones rurales ou dans les périphéries les plus profondes des grandes villes, les minorités ethniques, les analphabètes, les filles qui ont fui leurs familles d’origine. Il y a aussi un petit nombre de personnes qui ne se rendent pas compte qu’elles sont victimes d’exploitation.

Elles sont « recluses » avec la promesse de conditions de vie économiques meilleures, grâce auxquelles elles pourront aider leurs familles, souvent laissées dans des situations d’extrême pauvreté et de difficulté. Leurs conditions de travail frisent l’esclavage : des horaires de travail prolongés, dans une précarité totale, sans compter que les travailleurs n’obtiennent presque jamais même pas une partie des gains produits.
 
Les victimes de la traite ne sont pas utilisées seulement pour la prostitution, mais aussi pour les travaux forcés, le trafic de drogue, les adoptions illégales de mineures, la vente d’organes, la mendicité, et pour toutes formes d’exploitation professionnelle.

Au terme de la rencontre, Sœur Victoria Gonzales de Castejon, Secrétaire de l’Union Internationale des Supérieures Générales, dans un entretien avec l’Agence Fides, a relevé les éléments les plus importants émergés de ces journées de travail :
« Souligner l’ampleur et la complexité de ce problème : ce qui émerge est le besoin de collaborer pour avoir un impact et être écouté par les gouvernements, les institutions, les organisations. Dans ce monde globalisé, ces problèmes complexes doivent être affrontés en réseau ».
Les cours de formation sont nés d’une idée de l’Organisation internationale pour les migrations, qui a demandé la collaboration de l’Union ; les fruits d’un travail fait ensemble, grâce à ces cours, ont été partagés pendant le congrès, à partir des expériences que font les religieuses pour la prévention, la protection et l’assistance, de ce qu’elles font dans ces situations politiques et sociales.
« Mon espérance est dans la goutte d’eau – poursuit Sœur Victoria. Quand j’entends ces sœurs, avec combien de femmes elles sont en contact ! Si l’on compare ce nombre avec la réalité, c’est une goutte d’eau, cependant s’il y a au moins une femme libérée, une femme qui a retrouvé sa dignité, cette goutte a beaucoup de valeur, même si nous ne pouvons pas arriver à des milliards de personnes ».
Une question importante est celle des rapports avec les pays sous-développés :
« Tous sont impliqués et tous sont responsables, les pays de destination, comme ceux de transit. Je ne crois pas qu’il puisse y avoir un pays qui se lave les mains de ce phénomène »,
continue Sœur Victoria, en mentionnant entre autre l’histoire d’une femme victime de la traite qui a été tuée, en Australie, pour avoir contraint le gouvernement de ce pays de prendre des mesures pour lutter contre un phénomène largement diffusé partout dans le monde.

La foi est le grand instrument des religieuses qui sont en contact avec les victimes de la traite, auxquelles, très souvent, elles communiquent cette valeur, après les avoir aidées à retrouver leur liberté.
« Ces femmes sont passionnées, leur passion est très grande. Elles vivent avec elles, certaines passent la nuit dans la rue avec elles, accompagnent ces personnes. Et je pense que cette relation est déjà le salut. Car elle leur fait redécouvrir leur dignité, leur beauté, comme femmes »,
affirme Sœur Victoria.
 
(Agence Fides 9/6/2008)
 

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