02.01.2008

Manque d'espérance, un mal obscur

Le 31 décembre, le Pape a présidé en la basilique vaticane les premières vêpres de la Solennité de Marie Mère de Dieu, le salut au Saint Sacrement, le Te Deum d'action de grâces et la bénédiction eucharistique.

Année 2008 - Le pape appelle à la paix dans le monde et insiste sur le rôle de la famille  
© Gregorio Borgia (AP)
 
 
  Commentant le passage de l'Epître aux Galates sur "la libération de l'homme opérée par Dieu dans le mystère de l'Incarnation" le Pape a dit que Paul "mentionne de manière très discrète celle par qui le Fils de l'Homme est entré dans le monde... Marie est la Mère du Sauveur", a-t-il rappelé en soulignant qu'elle "est aussi notre mère, car en vivant une relation maternelle très particulière avec son fils, elle a partagé sa mission pour nous et pour le salut de tous les hommes. ... De cette façon, Marie constitue pour l'Eglise l'image par excellence, et c'est en elle que la communauté ecclésiale doit continuellement découvrir le sens authentique de sa vocation et de son mystère".
 
  Soulignant que le Verbe incarné "s'est fait comme nous pour nous rendre comme lui, fils dans le Fils et donc hommes libérés de la loi du péché", Benoît XVI s'est ensuite demandé si ce n'était pas "un motif fondamental pour rendre grâce à Dieu", en particulier "pour ses nombreux bienfaits et son aide constante ces douze derniers mois". C'est pourquoi "chaque communauté chrétienne se réunit pour chanter le Te Deum, l'hymne traditionnel de louange et d'action de grâces à la Sainte Trinité".
 
  Puis il a demandé au Seigneur d'accorder sa miséricorde aux personnes et aux familles souffrant "de graves carences et de la pauvreté, qui les empêchent d'appréhender l'avenir avec confiance", ajoutant que "beaucoup, des jeunes surtout, sont attirés par une fausse exaltation ou une profanation du corps, par la banalisation de la sexualité".
 
    Après avoir évoqué les nombreux "dangers du consumérisme et du sécularise", le Saint-Père a affirmé qu'à "Rome aussi l'on perçoit ce manque d'espérance et de confiance en la vie, qui constitue le mal obscur de la société moderne". Cependant, a-t-il ajouté, "les lumières et les motifs d'espérance sur lesquels implorer la bénédiction divine ne manquent pas".
 
  Benoît XVI a cité la communauté diocésaine de Rome, qui s'efforce de donner une réponse à la "grande urgence éducative", à savoir "la difficulté à transmettre aux nouvelles générations les valeurs de base de l'existence et d'un comportement droit". L'Eglise, a-t-il poursuivi, "entend faire face à cette priorité, sans bruit, avec confiance et patience, en premier lieu dans le cadre de la famille".
 
    En ce sens, le Pape a constaté que le travail réalisé ces dernières années par les paroisses et associations pour la pastorale familiale "continue à se développer et à porter ses fruits".
 
  Le Saint-Père a ensuite demandé au Seigneur de protéger "les initiatives missionnaires des jeunes, qui se développent et dans lesquelles de nombreux jeunes assument personnellement la responsabilité et la joie de l'annonce et du témoignage de l'Evangile".
 
  Le Pape a conclu en soulignant que "le Christ est notre espérance totalement fiable", demandant à Dieu de faire "de chacun de nous un authentique ferment d'espérance dans les différents milieux, pour que l'on puisse construire un avenir meilleur".
(Source : VIS)
 

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18.04.2007

FEMMES ET HOMMES DE LA MISERICORDE DIVINE

Dimanche dernier, dimanche de la Divine Miséricorde, le Pape a présidé la messe célébrée Place-St.Pierre, devant 50.000 personnes, à l'occasion de ses 80 ans (16 avril).

Une soixantaine de Cardinaux, évêques chefs de dicastères de la Curie romaine, Auxiliaires et prêtres du diocèse de Rome, a concélébré.

 

benedikt 16 geburtstag

 

Son Eminence Ioannis, Métropolite de Pergame et Envoyé du Patriarche oecuménique de Constantinople, a assisté à la cérémonie.

Au début de l'homélie, Benoît XVI a rappelé que le serviteur de Dieu Jean-Paul II avait demandé de célèbrer en ce dimanche d'après Pâques la fête de la Divine Miséricorde. Selon lui le mot miséricorde "interprété dans le contexte actuel, exprime tout le mystère de la Rédemption... Il avait profondément vécu le pouvoir des ténèbres, qui aveugle encore le monde d'aujourd'hui" mais "il a également vécu, et avec autant de forces, le présence de Dieu qui s'oppose à toutes ces forces négatives par son pouvoir radicalement différent et divin, avec le pouvoir de la miséricorde".

"C'est la miséricorde - a poursuivi le Pape - qui enraye le mal. La nature de Dieu s'exprime en elle, sa sainteté, le pouvoir de la vérité et de l'amour". Après avoir rappelé que Jean-Paul II, en mourant, était "entré dans la lumière de la Miséricorde Divine, celle ... qui nous parle maintenant d'une façon nouvelle", et qui nous dit "Ayez confiance en la Divine Miséricorde! Convertissons-nous jour après jours en femmes et hommes de la miséricorde de Dieu!".

Puis Benoît XVI a rappelé que c'est aussi en ces jours "particulièrement marqués par la lumière de la miséricorde divine", qu'il fête ses 80 ans. "J'ai toujours considéré la naissance et la renaissance (par le baptême) comme un grand don qui m'a été concédé, elles sont pour ainsi dire unies, le même jour, sous le signe du début de la Pâques. Ainsi, le même jour, je suis né membre de ma propre famille et membre de la grande famille de Dieu".

Le Pape a alors remercié Dieu d'avoir compris "ce que veut dire famille, ce que veut dire paternité, et d'avoir pu vivre la profonde expérience de ce que signifie la bonté maternelle". Puis il a dit avoir particulièrement apprécié d'avoir pu "entrer dès le premier jour et grandir au sein de la grande communauté des croyants". "Naissance et renaissance, famille terrestre et grande famille de Dieu - a t-il dit - voici les dons de la grande miséricorde de Dieu, le fondement sur lequel nous nous appuyons".

Ordonné prêtre en 1951, le jour de la fête des saints Pierre et Paul, Benoît XVI a rappelé que sa vocation sacerdotale était comme "un don nouveau et exigeant", et qu'il avait pu comprendre "que le Seigneur n'est pas seulement Seigneur mais aussi ami. Il a posé sa main sur moi et ne me lâche plus".

"Avec le fardeau de la responsabilité" papale - a t-il expliqué - le Seigneur m'a également donné une nouvelle aide pour ma vie. Souvent, je vois avec joie et gratitude combien tous me soutiennent par leur prière, m'aident par leur foi et leur amour à accomplir mon ministère, qu'ils sont indulgents avec mes faiblesses".

Le Pape a conclu en soulignant que "les miséricordes de Dieu nous accompagnent tous les jours. Il suffit de rester en alerte pour les percevoir. Nous sommes trop enclin à ne percevoir que l'effort quotidien, ... mais si nous ouvrons notre coeur, nous pouvons constater, même immergés dans cette fatigue, combien Dieu est bon avec nous, combien il pense à nous précisément dans les petites choses, nous aidant ainsi à porter les grandes".

 

COOPERER AVEC DIEU A LA PAIX DANS LE MONDE

En conclusion de la messe d'anniversaire, Benoît XVI a récité le Regina Coeli avec l'assemblée, qu'il a remercié de l'entourer pour l'occasion.

"On ressent ainsi - a-t-il dit - combien l'Eglise est une famille", avant de rappeler que Jean-Paul II, qui avait institué la fête de la Divine Miséricorde, était mort durant ses premières vêpres.

Ce dimanche, a ajouté Benoît XVI, conclut la semaine pascale ou mieux l'octave de Pâques que la liturgie considère comme un seul jour, "le jour qu'a fait le Seigneur", qui est spirituel et non chronologique. Dieu l'a inséré dans le décompte du temps lorsqu'il ressuscita le Christ. "Infusant la vie nouvelle et éternelle dans le corps de Jésus mis au tombeau, l'Esprit a accompli son œuvre de création. Il a fixé les prémices d'une humanité nouvelle, qui préfigure elle même un monde nouveau, une ère nouvelle".

"Ce renouveau du monde - a-t-il ajouté - se résume dans le salut par lequel Jésus annonce sa victoire aux disciples: 'La paix soit avec vous!'". "La paix est le cadeau laissé par le Christ à ses amis comme bénédiction pour tous les hommes et tous les peuples. Ce n'est pas la paix selon l'esprit du monde, une sorte d'équilibre de forces, mais une réalité nouvelle fruit de l'amour de Dieu et de sa miséricorde. C'est la paix que Jésus-Christ a payé de son sang et remis à qui croit en lui".

Enfin, Benoît XVI a demandé à Marie, "incarnation de la Divine Miséricorde" de nous aider à nous renouveler dans l'Esprit "afin de coopérer à l'œuvre de paix que Dieu accomplit silencieusement dans le monde, par d'innombrables gestes de charité envers ses fils".

 

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FONCTION PACIFIATRICE DE LA MUSIQUE

En ce jour de ses 80 ans, Benoît XVI a reçu des compatriotes le matin, puis a présidé un déjeuner en la Salle ducale avec les Cardinaux.

En fin d'après-midi, un concert lui a été offert en la Salle-Paul VI par l'Orchestre SWR de Stuttgart, dirigé par le Maître Gustavo Dudamel, qui a interprété des œuvres de Gabrieli, Mozart et Dvorák.

Après avoir salué les artistes, le Saint-Père s'est dit convaincu que "la musique est un langage universel de la beauté, en mesure d'unir les hommes de bonne volonté de par le monde et de les élever en les ouvrant au bon et au bien absolus, qui trouvent leur origine en Dieu même".

"Quand je revois ma vie, je remercie Dieu de m'avoir donné la musique comme une compagne de voyage qui m'a toujours procuré joie et réconfort".

Puis le Pape a tenu à remercier "les personnes qui, dès l'enfance, m'ont approché de cette source d'inspiration et de sérénité. Je remercie aussi - a-t-il ajouté - tous ceux qui unissent harmonieusement prière et musique en louant Dieu et ses œuvres. Ils aident en cela à glorifier le Créateur et le Rédempteur d'un monde qui témoigne de leurs merveilles".

Enfin, a conclu le Saint-Père, "je souhaite que la grandeur et la beauté de la musique puissent offrir à tous des encouragements nouveaux à bâtir un monde d'amour, de solidarité et de paix".

Pour conclure la manifestation, l'assemblée a chanté un joyeux anniversaire au Pape, en allemand et en italien.

 

LE CARDINAL CHRISTOPH SCHÖNBORN, ARCHEVEQUE DE VIENNE (Autriche), le Professeur Daniele Garrone, Doyen de la Faculté vaudoise de théologie (Rome), et le Professeur Massimo Cacciari, de l'Université San Raffaele de Milan, ont présenté vendredi 13 avril après-midi en la Salle du Synode le livre "Jésus de Nazareth" de Benoît XVI.

Le Cardinal a déclaré que, "au-delà de la qualité de l'analyse, des nombreuses intuitions et perspectives enrichissant ce livre, il y a à la base de tout la passion" que le Pape a envers celui "qu'il a aujourd'hui la mission de représenter sur terre".

(Source: VIS)

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10.04.2007

Pâques 2007 - Homélie du cardinal G. Danneels

Godfried Cardinal DanneelsBruxelles - Cathédrale saints Michel et Gudule

Pâques 2007

Sainte et joyeuse fête de la résurrection. Christ est ressuscité! Oui, Il est vraiment ressuscité. «Résurrection, ressuscité»: voilà des mots qui n’appartiennent pas au vocabulaire de tous les jours. Des mots qui risquent même de disparaître du dictionnaire de beaucoup de nos contemporains. Et pourtant ce sont les mots-clés de notre foi chrétienne. « Si le Christ n’est pas ressuscité», dit saint Paul, «votre foi est illusoire, vous êtes encore dans vos péchés» (1 Co 15,17). Et un peu plus loin dans la même épître aux Corinthiens, il dit pour nous tous: «Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons car demain nous mourrons» (1 Co 15,32b)

La résurrection: coeur de notre foi et pierre d’achoppement. Et cela, aujourd’hui et depuis le lendemain de la première Pâque, celle du Christ lui-même. Les évangiles nous livrent toute la gamme des réactions que l’on peut avoir devant la résurrection de Jésus. Et nous les rencontrons de nos jours chez nos contemporains. Ce sont les réactions que nous-mêmes pouvons éprouver sur le chemin de la foi.

La première réaction est celle des femmes qui vont au tombeau de bon matin. Elles remarquent quelque chose d’anormal: la pierre - pourtant si lourde - a été roulée. Mais les femmes n’entrent pas: elles fuient. Et Marc ajoute: «Elles sortirent et s’enfuirent loin du tombeau car elles étaient toutes tremblantes; elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur» (Mc 15,8) Une première réaction est celle de la crainte. «Mieux vaut ne pas trop s’approcher. Elle est étrange cette foi chrétienne. Elle est bizarre. Continuons plutôt notre chemin».

Il y a aussi ceux qui nient et même combattent la résurrection: elle ne peut pas être vraie! C’est la réaction des grands prêtres. Ils avaient mis des gardes près du tombeau de Jésus. Quand ceux-ci vinrent leur raconter tout ce qui était arrivé, ils leur donnèrent une forte somme d’argent avec pour consigne: «Vous direz ceci: ses disciples sont venus de nuit et l’ont dérobé pendant que nous dormions» (Mt 28, 12s).

Mais il y a les autres témoins. Il y a d’abord Marie Madeleine. Elle vient au tombeau de bon matin, alors qu’il faisait encore noir. Elle voit la même chose que les femmes: la pierre a été enlevée du tombeau. Mais elle – elle ne s’enfuit pas – elle n’a pas peur. Elle sait que quelque chose de mystérieux doit être arrivé. Elle court vers les apôtres. Elle n’est pas immobilisée par la peur. Elle bouge et court vite, dit l’évangile. Son cœur est ouvert et disponible. Elle est prête à tout, même s’il est vrai qu’elle ne croit pas encore. Elle court vers Pierre et l’autre disciple, Jean.

Jean et Pierre courent à leur tour au tombeau. Jean court plus vite. Il est plus jeune, mais peut-être aussi plus passionné que Pierre. Il est le disciple bien-aimé et il aime Jésus. Car l’amour court plus vite que le besoin de vérification. Le cœur est plus impatient que la tête. Jean arrive le premier. Il regarde dans la tombe et il voit les bandelettes. Mais il n’entre pas. Il laisse Pierre entrer le premier. Car l’amour ne veut pas se passer de l’autorité de l’Eglise. Il ne se fie pas non plus à lui-même. Non, le véritable amour sait se retenir. Il peut attendre. Même si Jean se doute déjà de ce qui est arrivé à Jésus. Même s’il est au bord de la foi, il sait néanmoins qu’il ne peut se passer de l’Eglise pour arriver à la vraie foi. Sans elle et sans Pierre, nous ne pouvons pas croire fermement en Jésus ressuscité. Pour arriver à croire, il est bon de courir comme Jean, de regarder et de voir les bandelettes. Mais il faut attendre Pierre. Car Pierre voit plus. Il voit non seulement les bandelettes, mais aussi le linceul qui n’avait pas été déposé avec les bandelettes et était roulé à part dans un autre endroit. Le tombeau vide n’était donc pas l’œuvre de voleurs. Les voleurs ne laissent rien en ordre. L’amour se suffit d’une unique impression. A l’Eglise de vérifier les hypothèses et d’exclure les fausses pistes.

C’est alors que Jean entre à son tour. Et dans le ‘raccourci’ le plus bref et le plus fort de tout l’évangile, il est dit: «Il vit et il crut». Un simple regard sur les signes suffit à Jean pour croire.

Sans doute que l’évangéliste avait souvent entendu de la part des chrétiens de son entourage, la réflexion suivante: «Comme il était facile pour toi, l’Apôtre, de croire. Car vous avez vu Jésus sur les routes de Palestine, vous l’avez vu lors des apparitions après sa résurrection. Mais nous, nous n’avons rien vu: Ni Jésus vivant dans la chair, ni Jésus ressuscité.» Et Jean de leur répondre: «Pour arriver à la foi, il suffit d’un seul signe et de l’autorité de Pierre ou de l’Eglise». «Mais même le signe», répondirent les premiers chrétiens, «nous n’en avons pas vus. Nous n’avons vu ni bandelettes, ni linceul.» A cela, Jean répond: «Vous avez l’Ecriture selon laquelle Jésus devait se relever d’entre les morts» (Jn. 20,9). Et nous les apôtres, nous n’avions que l’Ancien Testament avec ses pauvres allusions à la résurrection. Vous avez notre évangile et notre témoignage unanime: «Le Seigneur est ressuscité, nous l’avons vu.» (Jn. 20, 25). Les bandelettes et le linceul? Pour vous, ce sont les écritures: Moise, les prophètes, nous les apôtres et nos évangiles.»

Frères et sœurs, où que nous en soyons sur notre chemin de foi: Que ce soit au stade de la peur des femmes chez Marc, que ce soit au stade de la surprise ou encore de l’étonnement des femmes de Matthieu ou au stade de la curiosité de Madeleine…. courons avec Jean et regardons les bandelettes. Laissons passer Pierre en premier. Il verra davantage. Mais immédiatement après, entrons avec Jean et comme lui, «voyons et croyons.» Soyons attentifs aux signes discrets du Ressuscité et surtout au message de l’Ecriture. Car ce sont les Ecritures qui pour nous sont les bandelettes et le linceul. Ce sont les évangiles. Qu'il nous soit fait la grâce de Jean: «Il vit et il crut». La grâce de voir et puis croire.

Sainte et joyeuse fête de la Résurrection.

+ Godfried Card. Danneels

Archevêque de Malines-Bruxelles

07.04.2007

SAMEDI SAINT: MYSTERE DE PREDICATION MISSIONNAIRE !

Première lettre de saint Pierre Apôtre (1P 3, 19-22)

3

19  C'est ainsi qu'il est allé proclamer son message à ceux qui étaient prisonniers de la mort.
20  Ceux-ci, jadis, s'étaient révoltés au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l'arche, dans laquelle un petit nombre de personnes, huit en tout, furent sauvées à travers l'eau.
21  C'était une image du baptême qui vous sauve maintenant : être baptisé, ce n'est pas être purifié de souillures extérieures, mais s'engager envers Dieu avec une conscience droite, et participer ainsi à la résurrection de Jésus Christ
22  qui est monté au ciel, au-dessus des anges et de toutes les puissances invisibles, à la droite de Dieu.

Copyright AELF - 1980 - 2006 - Tous droits réservés

 

13_le_christ_descendu_aux_enfers_nd_de_paris.jpg 
Le Christ descendu aux enfers, Notre-Dame de Paris

 

Le samedi saint n'est pas seulement le silence du tombeau, l'absence d'un Dieu K.O. Le samedi saint, c'est le mystère du Christ dont nous croyons qu' "il est descendu aux enfers"...

Avez-vous remarqué que ...

 

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HOMELIES A TEMPS ET A CONTRETEMPS

28.01.2007

LA CHARITE MEPRISEE DU PROPHETE (Lc 4, 21-30)

Livre de Jérémie (Jr 1, 4-5.17-19)

1

04  Le Seigneur m'adressa la parole et me dit :
05  « Avant même de te former dans le sein de ta mère,
je te connaissais ;
avant que tu viennes au jour,
je t'ai consacré ;
je fais de toi un prophète pour les peuples. »
17  Lève-toi, tu prononceras contre eux tout ce que je t'ordonnerai. Ne tremble pas devant eux, sinon, c'est moi qui te ferai trembler devant eux.
18  Moi, je fais de toi aujourd'hui une ville fortifiée, une colonne de fer, un rempart de bronze, pour faire face à tout le pays, aux rois de Juda et à ses chefs, à ses prêtres et à tout le peuple.
19  Ils te combattront, mais ils ne pourront rien contre toi, car je suis avec toi pour te délivrer. Parole du Seigneur. »


 

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Psaume (Ps 70, 5-6ab, 7-8, 15ab.17, 19.6c)
 R/ Sans fin, je proclamerai ta victoire et ton salut

05  Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance,
mon appui dès ma jeunesse.
6a  Toi, mon soutien dès avant ma naissance, +
6b  tu m'as choisi dès le ventre de ma mère ;

07  Pour beaucoup, je fus comme un prodige ;
tu as été mon secours et ma force.
08  Je n'avais que ta louange à la bouche,
tout le jour, ta splendeur.

15a  Ma bouche annonce tout le jour +
15b  tes actes de justice et de salut ;
17  Mon Dieu, tu m'as instruit dès ma jeunesse,
jusqu'à présent, j'ai proclamé tes merveilles.

19  Si haute est ta justice, mon Dieu, +
toi qui as fait de grandes choses :
Dieu, qui donc est comme toi ?
6c  tu seras ma louange toujours !


 

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1Co 12, 31; 13, 1-13)

12
31i  Frères, parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu’il y a de meilleur. Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieure à toutes les autres.

13

01  J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.
02  J'aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien.
03  J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j'aurais beau me faire brûler vif, s'il me manque l'amour, cela ne me sert à rien.
04  L'amour prend patience ; l'amour rend service ; l'amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil ;
05  il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s'emporte pas ; il n'entretient pas de rancune ;
06  il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;
07  il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.
08  L'amour ne passera jamais. Un jour, les prophéties disparaîtront, le don des langues cessera, la connaissance que nous avons de Dieu disparaîtra.
09  En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles.
10  Quand viendra l'achèvement, ce qui est partiel disparaîtra.
11  Quand j'étais un enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j'ai fait disparaître ce qui faisait de moi un enfant.
12  Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai vraiment, comme Dieu m'a connu.
13  Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité.

 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 4, 21-30)

4
21i  Dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d’Isaïe, Jésus déclara : « Cette parole de l’Écriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »
22  Tous lui rendaient témoignage ; et ils s'étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : « N'est-ce pas là le fils de Joseph ? »
23  Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : 'Médecin, guéris-toi toi-même. Nous avons appris tout ce qui s'est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton pays !' »
24  Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.
25  En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
26  pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.
27  Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »
28  A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
29  Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.
30  Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.
Copyright AELF - 1980 - 2006 - Tous droits réservés
 
L'homélie est en ligne. Pour la lire cliquez ci-dessous :
 

03.12.2006

FOLLE ESPERANCE (Lc 21, 25...36)

Livre de Jérémie (Jr 33, 14-16)

33

14  Parole du Seigneur : Voici venir des jours où j'accomplirai la promesse de bonheur que j'ai adressée à la maison d'Israël et à la maison de Juda :
15  En ces jours-là, en ce temps-là,
je ferai naître chez David un Germe de justice,
et il exercera dans le pays le droit et la justice.
16  En ces jours-là, Juda sera délivré,
Jérusalem habitera en sécurité,
et voici le nom qu'on lui donnera :
« Le-Seigneur-est-notre-justice ».


 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 21, 25-28.34-36)

21
25i  Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête.
26  Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.
27  Alors, on verra le Fils de l'homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire.
28  Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »
34  Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre coeur ne s'alourdisse dans la débauche, l'ivrognerie et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l'improviste.
35  Comme un filet, il s'abattra sur tous les hommes de la terre.
36  Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous serez jugés dignes d'échapper à tout ce qui doit arriver, et de paraître debout devant le Fils de l'homme. »
Copyright AELF - 1980 - 2006 - Tous droits réservés

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L'homélie est en ligne dès dimanche 3 décembre à 13h00 GMT

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HOMELIES A TEMPS ET A CONTRETEMPS

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BON AVENT !

08.11.2006

 SUFFIT-IL D'AIMER?

Ce 7 novembre Benoît XVI a repris le fil de la visite ad limina des évêques suisses qui avait dû être interrompue en 2005 par l'hospitalisation de Jean-Paul II.

Dans son discours final, il y a un passage important qui pourra éclairer non seulement les catholiques suisses, mais aussi ceux d'une grande partie de toute l'Europe occidentale:

 

"L'Église dans votre pays fait face à des défis liés à la situation culturelle et pastorale qui est en grande partie celle de toute l'Europe occidentale. Le progrès de la sécularisation et du relativisme entraîne non seulement une diminution de la fréquentation des sacrements, surtout de la participation à la Messe dominicale, mais aussi une mise en question des valeurs morales proposées par l'Église." 

Avant d'aller plus loin, pensons à l'Evangile de dimanche dernier au sujet du commandement de l'amour...

"Je pense en particulier à la crise profonde de l'institution du mariage et de la famille, et au nombre croissant de divorces, aux nombreux avortements, à la possibilité d'unions entre personnes de même sexe: tout cela constitue un signe évident de déchristianisation. Beaucoup de nos contemporains vivent comme si Dieu n'existait pas. Dans une telle société, on a plus que jamais besoin de votre voix d'évêques. Vous êtes appelés à faire entendre la Parole de Dieu et le message chrétien, qui aident à comprendre l'homme et le sens de son existence, prenant soin qu'il y ait entre vous, dans les prises de position nécessaires sur les questions théologiques et morales, unité et unanimité."

L'amour de Dieu et du prochain est placé par Jésus au sommet de la hiérarchie des valeurs morales. Cela ne veut dire en aucun cas qu' "il suffit d'aimer", au sens où l'amour dispenserait de toutes les autres vertus. De même qu'en matière de dogme, le mystère de la Sainte Trinité, qui se trouve au sommet de la hiérachie des vérités de la foi, n'exclut pas les autres mystères, mais, au contraire, les entraîne, de même l'amour bien compris n'exclut pas mais nécessite et favorise au contraire les autres vertus. Lisons maintenant la suite du discours de Benoît XVI:

"Même parmi les catholiques pratiquants, on note un affaiblissement de la foi. C'est pour vous une expérience douloureuse de voir des fidèles, et malheureusement dans certains cas des prêtres, mettre en question des points de la doctrine et de la discipline de l'Église. Certains s'arrogent même le droit de choisir, en matière de foi, les enseignements qui, selon eux, seraient admissibles et ceux qui peuvent être refusés. Le devoir fondamental de l'Évêque, Pasteur et Maître de la Foi, est d'inviter les fidèles à accepter pleinement l'enseignement de l'Église. Avec l'aide du Christ, je vous exhorte à annoncer l'Évangile avec courage et sérénité, « à temps et à contretemps » (2 Tm 4, 2)."

Arrêtons avec cette conception faussement angélique et irénique de l'amour qui n'est qu'un alibi pour se dispenser d'assumer pleinement tout ce que demande la condition humaine en ce monde. Un jour, avec la grâce de Dieu, nous serons au Ciel. Alors, oui, mais alors seulement, il suffira d'aimer.

03:21 Écrit par Père Walter dans Homélies 2006 (année B) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, vie theologale, societe, morale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

16.09.2006

QUAND S’INSTALLE L’ERREUR, QUE NOUS PROCLAMIONS LA VÉRITÉ (Mc 8, 27-35)

Avec l’évangile de S. Marc, nous franchissons aujourd’hui une étape décisive dans le cheminement de la foi comme réponse à la question : Qui donc est Jésus ? La réponse, il ne suffit pas de la réciter du bout des lèvres. Souvenez-vous : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi (Mc 7, 6). Ce n’est pas seulement le " par cœur " d’une formule récitée, c’est le " par cœur " d’une vie donnée que le Seigneur attend de nous. D’où l’importance de la mise au point de Jésus dans la deuxième partie de l’évangile de ce dimanche.

J’aime beaucoup la manière dont S. Marc commence son Évangile, comme sur des chapeaux de roue, en " pole-position ", en écrivant, dès le premier verset : Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, le fils de Dieu. Rivaliser avec Ralph Schumacher sur un circuit de Formule 1, ce n’est pas donné à tout le monde, mais croire dans le sillage de S. Marc, c’est un don de Dieu pour tous. À condition de se souvenir que la foi, c’est comme la Bible (cf. homélie : L’ÉVANGILE FRAIS OU EN CONSERVES) : elle ne se laisse pas couper en petits morceaux, et si on le fait quand même, on n’y comprend plus rien. La foi, c’est à prendre ou à laisser. Elle n’est pas la conclusion d’un raisonnement, ni le résultat d’une enquête d’opinion. Elle n’est pas objet de discussion ; elle ne se laisse pas négocier. Pour qui prenons-nous le Seigneur ? Il vient pour nous sauver, et nous, qui sommes dans le pétrin du péché, nous irions lui imposer des conditions et des négociations, comme ces séminaristes, qui, dans un élan soudain de zèle intellectuel, avaient organisé un carrefour sur les anges, pour arriver à la conclusion qu’ils n’existent pas ?

C’est ainsi qu’à la fin de l’évangile, S. Marc nous montre la foi du centurion comme étant le modèle de la foi du chrétien : Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu ! (15, 39) Ce centurion était un païen. Et voilà qu’en voyant Jésus mourir sur une croix, il fait sa profession de foi. Admirable !

Pourtant, au chapitre 8, la foi des Douze, eux qui étaient avec Jésus depuis déjà un certain temps, cette foi que proclame Simon-Pierre dans l’évangile d’aujourd’hui, n’en est pas encore là. S. Marc nous montre là tout un cheminement, un itinéraire avec des étapes successives. Mais ce cheminement se distingue nettement de celui de la foule, d’une part, et des opposants de Jésus (Hérode, les pharisiens, les scribes), d’autre part.

Tous sont mis devant une question qui les taraude, inévitable : Qui donc est Jésus ? Cette question est déjà posée au chapitre 6 (v.14-16) : Comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler. On disait : " C’est Jean le Baptiste qui est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles ". Certains disaient : " C’est le prophète Élie ". D’autres disaient encore : " C’est un prophète comme ceux de jadis. " Hérode entendait ces propos et disait : " Celui que j’ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité !

Vous y reconnaissez sans peine la réponse à la première question de Jésus dans l’évangile d’aujourd’hui au chapitre 8. C’est ce qu’on appelle une inclusion. " L’inclusion sémitique est un procédé littéraire par lequel une même pensée est exposée en formules fortement semblables, au début et à la fin d’une ou de plusieurs péricopes ; elle limite ainsi clairement le début et la fin d’une unité littéraire. " (H. Van de Bussche) Par ce procédé de l’inclusion, S. Marc nous fait comprendre que c’est bien la grande question qui se pose en cette section des pains. Se distinguant nettement des opinions courantes, la foi de Pierre et des Douze n’est pas une foi qui jaillit comme un geyser (comme la foi du centurion), mais une foi que se développe lentement, par étapes successives.

Voici, dans la bouche de Jésus, quelques expressions significatives :

- Écoutez-moi tous et comprenez bien… (7, 14) ;
- Vous avez des yeux et vous ne regardez pas, vous avez des oreilles et vous n’écoutez pas ? Vous ne vous rappelez pas ?… (8, 18).
- Vous ne comprenez pas encore ?… (8, 21) ;

Ces incompréhensions s’enracinent finalement dans les cœurs :
- Ils n’avaient pas compris la signification du miracle des pains : leur cœur était aveuglé… (6, 52) ;
- Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi… (7, 6) ;
- Anisi, vous aussi, vous êtes incapables de comprendre ? (7, 18) ;
- C’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses…. (7, 21) ;
- Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pain ? Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le cœur aveuglé ? (8, 17).

Cette lenteur dans le cheminement de la foi chez les uns, cet endurcissement aussi, ce refus de croire chez d’autres, ces différentes attiudes, S. Marc les présente comme un miroir dans lequel les chrétiens de sa communauté à Rome pouvaient se reconnaître, un miroir dans lequel nous aussi, nous pouvons nous regarder nous-mêmes, pour peu que nous acceptions de nous remettre en cause. Dans cette ligne, permettez-moi de vous soumettre trois questions.

La première, c’est : Ce Jésus que je rencontre dans l’Eucharistie du dimanche, qui est-il ? Qui est-il pour les hommes ? Qui est-il pour moi : le même, ou quelqu’un d’absolument unique ? Autrement dit : ma foi en Jésus-Eucharistie se distingue-t-elle résolument des opinions courantes et à la mode, même si elle n’est pas encore parfaite ?

La deuxième : Quel est mon cheminement dans cette foi ? Cette foi grandit-elle, lentement sans doute, mais sûrement ? Ou bien, devient-elle de plus en plus tiède et diluée, du bout des lèvres ?

La troisième : Qu’est-ce que je fais pour grandir dans " l’intelligence de la foi " ?

Je ne crois pas dans la mesure où je comprends, c’est entendu ; car c’est une mesure bien trop étroite pour Dieu. Il serait plus exact de dire que je comprends dans la mesure où je crois. Car comprendre n’est tout de même pas contraire à la dignité de l’homme, que je sache. Ne pas agir conformément à la raison est contraire à la nature de Dieu. C’est ce que Benoît XVI vient encore de nous rappeler lors de son récent voyage en Bavière.

Vous avez remarqué que ce voyage a été pratiquement passé sous silence dans les media – puisqu’il était très bien accueilli, ce n’était pas intéressant, pensez donc ! – jusqu’au moment où il a osé parler de la vérité du christianisme, basé sur la foi, mais sur la foi qui ne met pas la raison hors jeu, contrairement à l’islam, qui, de ce fait, est plus vulnérable à la tentation d’utiliser la violence pour convertir les " incroyants "..

La foi chrétienne trouve son origine en Orient, mais elle n’a pu se développer que grâce à la rencontre avec la philosphie grecque. Le pape a cité Théodore Khoury, lthéologien à Münster qui a édité une partie du dialogue de l’empereur byzantin Michel Paléologue avec un Persan cultivé sur le christianisme et l’islam et sur la vérité de chacun d’eux. C'était vers la fin du 14e siècle. Dans ce contexte, Khoury cite une œuvre du célèbre islamologue français R. Arnaldez, qui explique que Ibn Hazn va jusqu'à déclarer que Dieu ne serait pas même lié par sa propre parole et que rien ne l'obligerait à nous révéler la vérité. Si cela était sa volonté, l'homme devrait même pratiquer l'idolâtrie.

Selon cette présentation de la foi de l’islam, il n’y a rien à comprendre à Dieu. Il n’y a qu’à croire, et puis c’est tout. Or, cette vision de la foi, non seulement Benoît XVI n’a jamais dit qu’elle était celle de tout musulman, mais il a ajouté qu’elle s’est infiltrée dans la foi des chrétiens. Benoît XVI fait remarquer que, depuis la fin du Moyen Age jusqu’à aujourd’hui, en passant par la Réforme protestante et les Lumières, des tendances se sont développées dans la théologie catholique qui rompaient la synthèse entre esprit grec et esprit chrétien. Et il ajoute :

" En opposition à cela, la foi de l'Eglise s'est toujours tenue à la conviction qu'entre Dieu et nous, entre son Esprit créateur éternel et notre raison créée, il existe une vraie analogie dans laquelle — comme le dit le IVe Concile du Latran en 1215 — les dissemblances sont certes assurément plus grandes que les ressemblances, mais toutefois pas au point d'abolir l'analogie et son langage. Dieu ne devient pas plus divin du fait que nous le repoussons loin de nous dans un pur et impénétrable volontarisme, mais le Dieu véritablement divin est ce Dieu qui s'est montré comme logos et comme logos a agi et continue d'agir plein d'amour en notre faveur. Bien sûr, l'amour, comme le dit Paul, " dépasse " la connaissance et c'est pour cette raison qu'il est capable de percevoir davantage que la simple pensée (cf. Ép 3, 19), mais il demeure l'amour du Dieu-Logos, pour lequel le culte chrétien est, comme le dit encore Paul logikè latreia — un culte qui s'accorde avec le Verbe éternel et avec notre raison (cf. Rm 12, 1). "

Cette partie de son discours, personne n’y a prêté attention, évidemment, et c’est pourtant là que nous sommes personnellement concernés. Toutes ces réflexions peuvent paraître très éloignées de l’horizon de notre foi de tous les jours. Détrompez-vous. Car cette tendance à vouloir dénier à la foi son caractère raisonnable s’est infiltrée dans les conceptions de beaucoup, sans même qu’ils s’en aperçoivent. Quand on dit : " Je crois en Dieu, mais je ne sais pas Dieu ", comme je l’ai lu encore récemment sous la plume d’une dame qui se présente comme catholique engagée dans un mouvement d’Église, alors on s’engage tête baissée dans un divorce entre foi et raison, sans en mesurer les conséquences désastreuses. Une de ces conséquences, c’est que l’on n’a plus aucune base solide pour témoigner de sa foi dans un dialogue inter-religieux franc et serein. On en est réduit alors à dire que Dieu se chargera bien lui-même de ce travail en temps voulu, qu’il n’y a qu’à lui faire confiance, tout cela au nom de la charité chrétienne, dont l’institution de l’Église catholique n’a décidément rien compris. " Face à l’erreur, la première charité est de dire la vérité " , disait quelqu’un qui n’est pas encore contaminé par le virus du fidéisme. C’est ce que dit aussi cette prière bien connue, faussement attribuée à S. François d’Assise, mais reprise dans la Liturgie des Heures : " Quand s’installe l’erreur, que nous proclamions la vérité " .

Dans la deuxième partie de l’évangile, Jésus, qui a dit face au paîen Pilate : Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix (Jn 18, 37), ce même Jésus nous rappelle que cela ne peut se faire qu’au prix de sa vie. Tu es le Messie, disait Pierre. Nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les peuples païens, précise Paul (1 Co 1, 23). C’est ce que fait le pape. C’est ce que nous sommes tous appelés à faire avec lui.

22:49 Écrit par Père Walter dans Homélies 2006 (année B) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : vie theologale, societe, pape, evangile, verite | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

31.08.2006

Marie Médiatrice

Comme la liturgie nous y invite, demandons à Dieu (et pas seulement en ce 31 août, mais tous les jours), par la médiation maternelle de la Vierge Marie, "de progresser dans la foi, l'espérance et la charité, et de collaborer généreusement à la mission de l'Eglise".

Ce modeste blog voudrait vous y aider. Que Jésus règne dans tous les coeurs! Et que celle qui "s'est totalement associée à son oeuvre de rédemption" soit davantage connue et aimée!

Que soit remercié aussi le cardinal Mercier de nous avoir obtenu (en 1921) cette fête que le monde entier nous envie (ou devrait nous envier).

Le tableau ci-contre a tout une histoire. La voici, telle que relatée par Bernard Peyrous dans son livre: Vie de Marthe Robin, Ed. de L'Emmanuel/Ed. Foyer de Charité, 2006 (p. 101...116):

Marthe Robin désirait placer l'école de Châteauneuf sous le patronage de la Vierge Marie. Pour cela, elle voulait qu'on y installe un tableau significatif. En effet, elle n'acceptait pas n'importe quoi: elle désirait que la peinture représente Marie médiatrice de toutes les grâces. Notons qu'il n'est pas exigé d'un catholique qu'il croie que Marie est médiatrice de toutes les grâces. Ce n'est pas un dogme. Mais Marthe a une familiarité particulière avec Marie. Elle sait quelle est l'étendue de sa mission auprès des hommes. Elle est certaine que cette mission est universelle et que Marie est la collaboratrice du Christ dans l'oeuvre de salut de l'humanité: une maman ne s'occupe-t-elle pas de tous les besoins de ses enfants? Aussi, en demandant un tel tableau, Marthe prend-elle, dans le cadre de la dévotion mariale, une position personnelle affirmée. Encore faut-il trouver un tel tableau. Ce n'est pas si facile. Nous sommes à l'automne de 1935.

Marthe était amie depuis 1933 d'une Mme Gorse gâce à qui elle avait connu Mlle Blanck. Mme Gorse proposa, pour peindre le tableau, sa belle-soeur, Mme Relave. Une fois le tableau exécuté, il fallait le porter à Châteauneuf. Il est possible qu'à cette occasion ait été montée une petite opération. Il semblerait que l'abbé Faure (note: le curé de Châteauneuf) ait fait confidence à Mlle Blanck qu'il était dépassé par Marthe et ne parvenait pas à assurer son accompagnement spirituel. Mlle Blanck a peut-être parlé de cela à un imprimeur catholique de Lyon, M. Roudil, qui était un ami de l'abbé Finet, lequel déjeunait chez lui chaque semaine. D'où la suggestion de demander à l'abbé Finet de porter le tableau à Châteauneuf. On espérait que ce contact serait fructueux. M. Roudil servait d'intermédiaire et, le lundi 10 février 1936, l'abbé Finet prit la route de Châteauneuf. Il savait qu'il allait voir une mystique, sans plus de précisions, semble-t-il: "Je pars demain voir une stigmatisée à cent kilomètres d'ici", avait-il dit en confidence la veille à Mère Scat, religieuse à Notre-Dame du Cénacle, à Fourvière, à Lyon. Il partit avec sa propre voiture. Mlle Blanck était probablement du voyage, et peut-être aussi M. Roudil. L'abbé Finet déjeuna au presbytère avec l'abbé Faure. Les deux hommes se connaissaient car l'abbé Faure était allé à Lyon demander au sous-directeur de l'enseignement libre (note: à savoir, l'abbé Finet) des institutrices pour l'école qu'il allait ouvrir. Puis on monta à la Plaine (note: les hauts de Châteauneuf, où se trouvait la ferme des parents de Marthe). (...)

L'abbé Finet entre donc dans la chambre de Marthe, portant le fameux tableau de Marie Médiatrice de toutes grâces, qui est l'occasion de la rencontre. Plus tard, il dira avec humour que c'est la Vierge en fait qui le portait: "Je croyais amener la Sainte Vierge, or c'est elle qui m'amenait." (...) La conversation s'engage. L'abbé Finet est venu porter un tableau de la Vierge Marie. On comprend donc la manière dont l'entrevue commence: "Pendant plus d'une heure Marthe et l'abbé Finet parlèrent de la sainte Vierge. Il fut très frappé de s'entendre expliquer par Marthe des points de théologie mariale qu'il avait développé dans ses conférences mariales du Cénacle et qu'il avait trouvés lui-même dans la prière plus que dans des livres. C'est ainsi qu'ils parlèrent du rôle d'intercession de Marie pendant Gethsémani. Peu à peu, par la Sainte Vierge, ils furent amenés à parler de la France. Marthe était dans la joie en constatant que le prêtre envoyé par le Bon Dieu aimait la Sainte Vierge et elle en fut très apaisée, ainsi confirmée dans le choix du Bon Dieu." L'abbé Finet dira plus tard: "Moi qui faisais des conférences mariales, j'étais ébloui de sa manière de parler de la Sainte Vierge. Elle l'appelait sa maman chérie. Je supposais alors qu'elles se connaissaient bien toutes les deux."

14:38 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : vierge marie, liturgie, vie theologale, evangelisation | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |