08.12.2011

L'actualité du Pape est désormais en français sur Youtube

Déjà disponible en italien, en anglais, en espagnol et en allemand, Radio Vatican et le Centre de télévision du Vatican (CTV) enrichissent leurs offres sur Youtube. A partir de ce mercredi 7 décembre 2011, l’actualité du Pape et du Saint-Siège est également en langue française et chaque jour des vidéos en français seront ainsi postées sur Youtube.com/vatican.fr

Lire la suite

21.03.2011

Succès croissant de la page Facebook de RV et CTV consacrée à Jean-Paul II

jean paul ii facebook.JPG

Moins d'une semaine après sa mise en fonction 30.000 avis positifs sont arrivés de la part des visiteurs, avec des commentaires unanimement positifs en de nombreuses langues, chinois compris. Les deux premiers jours, la page a reçu un milliers de visiteurs l'heure. Les diverses vidéo disponibles ont été vues plus de 50.000 fois, avec un pic de 113.000. Au total ce sont plus de 2 millions d'accès aux informations contenues sur la page. 

 

Lire la suite

14.03.2011

Les plus belles images de Jean-Paul II sur Youtube et Facebook

jean paul ii.JPGLes plus belles images du Pontificat de Jean-Paul II seront disponibles sur le site Internet de partage de vidéos Youtube : Radio Vatican et le Centre de télévision du Vatican (CTV), ont lancé, en collaboration avec le conseil pontifical pour les Communications sociales une nouvelle page consacrée à Jean-Paul II, à l’occasion de sa béatification.

Lire la suite

13.04.2010

Nouveau - Le blog du Vatican

Vatican begins blog, joins Twitter, YouTube  | Vatican blog,

 

CITE DU VATICAN, 12 AVR 2010 (VIS). Depuis le 9 avril le VIS dispose d'un blog. A la fin de chaque bulletin il est possible de retrouver les informations publiées ces dernières années dans les quatre langues. On peut aussi accéder à twitter et au portail YouTube du Vatican.

 

L'adresse web: www.visnews.org

                

20.03.2010

Dossier abus sexuels : www.resources.va

A l'occasion de la publication de la lettre pastorale de Benoît XVI aux catholiques d'Irlande, le Saint-Siège met à disposition un nouveau site internet : www.resources.va où sont centralisés tous les documents relatifs à cette affaire.

cross


Sont également à disposition les six canaux Twitter multilingues, appelés news_va_it dont la version française news_va_fr.
 
A travers ces six canaux Twitter, Radio Vatican et les autres médias du Vatican publieront des informations et des contenus multimédias particulièrement importants pour la vie de l’Eglise.

Aujourd’hui, seront publiés des textes, des vidéos et des documents audio relatifs à la lettre du Pape aux catholiques irlandais. Ces documents seront consultables sur les sites internet www.radiovaticana.org, www.resources.va, sur les quatre canaux The Vatican sur Youtube et sur les six canaux Twitter.

 

(Radio Vatican)

24.11.2009

La vie consacrée et la culture numérique

Congrès à Rome sur l’usage des médias dans les communautés religieuses



ROME, Mardi 24 novembre 2009 (ZENIT.org) - La culture numérique et le virtuel traversent désormais aussi la vie consacrée, qui est donc appelée à s'interroger sérieusement sur le changement qui s'opère en l'homme et dans sa manière d'être, au plan religieux et comme croyant.

C'est la réflexion qui ressort du récent congrès sur « l'utilisation et les abus des moyens de communication en communauté », organisé les 20 et 21 novembre à l'université pontificale « Regina Apostolorum » (APRA) de Rome. 

 


Dans son intervention, Marcela Lombard, professeur à l'Institut supérieur des sciences religieuses de l'APRA, a rappelé que l'Eglise ne condamne pas les moyens de communication, qui sont « des dons de Dieu », mais invite à aborder avec réalisme et prudence ces moyens qui peuvent comporter « certains risques pour la vie intérieure et le vécu authentique et réel, au-delà même de la vie consacrée, de vertus importantes pour la vie chrétienne ».

« La vision du sexe comme divertissement, l'infidélité et l'absence d'une vision morale et spirituelle du contrat de mariage sont décrits de manière acritique dans les moyens de communication », a-t-elle souligné. Si bien que la personne consacrée est « exposée à ces images qui pénètrent la conscience morale des personnes et peuvent provoquer son relâchement ». 

« Dans la publicité, a-t-elle poursuivi, on tend à créer des nécessités à l'égard de produits ou de services dont on n'a, en réalité, pas besoin », ceci exigeant donc une plus grande capacité à identifier ce qui est essentiel.  

Généralement, dans les moyens de communication, le pouvoir est exalté, la transgression proposée et vantée, l'autorité contestée et sous-évaluée.

« Les vertus cardinales doivent se cultiver afin que les moyens de communication ne portent pas atteinte à la vie chrétienne et consacrée, a souligné Marcela Lombard : la prudence, la justice, la force et la tempérance appliquées à l'usage des moyens de communication éviteront de tomber dans l'abus ».  

Autre intervention au congrès de l'APRA, celle de l'écrivain Ángeles Conde qui a souligné pour sa part, comment l'Eglise continue d'inviter les fidèles et les agents de la pastorale à intégrer l'Evangile dans la nouvelle culture créée par la communication moderne pour pouvoir transformer le continent numérique en utilisant l'unique Parole qui peut sauver l'homme : le Verbe incarné. 

Cette « inculturation médiatique », a-t-elle dit, est possible pour tous et aussi pour les religieuses qui souhaitent vivre leur charisme en évangélisant les laïcs, impliquant les jeunes et cherchant les vocations là où elles se trouvent, donc aussi sur Internet.

D'innombrables initiatives de ce genre existent déjà : du Vatican sur You Tube aux cours de catéchèses on-line, aux écoles de prière sur le web. 

« L'Eglise peut donner du sens et une dimension humaine à la culture numérique, a-t-elle ajouté. Mais il faut qu'elle soit plus présente, ce qui demande un élan tous azimuts, plus de formation à la communication, auprès notamment des agents de la pastorale; plus d'intérêt à collaborer avec les autres initiatives catholiques ; mêler l'initiative et la créativité à la prudence évangélique pour offrir un service permanent d'animation évangélique dans cette culture numérique, en encourageant les laïcs, spécialement les jeunes, à devenir sur le web de vrais apôtres et missionnaires auprès de leurs contemporains » .  

Selon sœur Nicla Spezzati, a.s.c., professeur à l'Institut de théologie de la vie consacrée « Claretianum », « nous vivons dans les cultures des médias qui nous proposent une hiérarchie interprétative du monde : de bas en haut, selon l'indication d'Edmund Husserl, mais aussi de haut en bas » . 

Les médias, a-t-elle expliqué, « procèdent par généralisations toujours plus amples jusqu'à massifier une donnée occasionnelle et accidentelle » et « en même temps construisent ‘d'en haut' des nouvelles et des images qui descendent comme paramètres d'interprétation visant à orienter et diriger les convictions personnelles et locales » .

Dans la civilisation médiatique actuelle, les moyens de communication sont devenus « un 'acteur substantiel' dans la compréhension des processus sociaux, jusqu'à influencer de manière réductive la personne humaine, sujet pensant qui devient sujet voyant d'une 'représentation' de la réalité ». 

C'est pourquoi, « devant notre téléviseur, nos défenses s'amenuisent, nous devenons vulnérables et sensibles à une séduction multi sensorielle », tout ceci finissant par créer « une inversion dans  la ‘relation de pouvoir' entre le consommateur et le producteur d'images et d'informations » .  

Les médias, a expliqué  encore sœur Nicla Spezzati, annulent « le lieu réel de la communauté, de la croissance humaine, le remplaçant, peu à peu, par les 'non-lieux' de l'homo videns, de l'homo tecnologicus-oeconomicus ». 

Mais ce qui est encore plus dangereux, a-t-elle ajouté, c'est que ces médias ouvrent la voie à « un processus d'individualisme, solipsisme selon lequel la personne vit en communauté mais comme une 'étrangère', une 'touriste'; se rattache et grandit en relation avec un monde tout autre », un monde fait « d'images positives et gratifiantes de beauté, de sérénité, de rêve, d'affirmation professionnelle, de relations humaines satisfaisantes » ; un monde capable de « faire taire angoisses et insatisfactions », de « se détourner de la réalité quotidienne » et d'« intégrer les relations humaines peu gratifiantes » . 

Pour cela, il est nécessaire de se réapproprier cette attitude critique qui permet de déchiffrer et de reconnaître la « force » des communautés religieuses ; cette lecture critique du langage que les médias utilisent, mélangeant les choses et les faits, pour représenter la réalité » .  

Il est en même temps nécessaire de prendre des décisions concrètes qui soient en mesure d'influer sur toute la vie communautaire, sur la vie personnelle, donnant forme « à un environnement où le climat habituel serait celui d'un regard sage, attentif, amoureux de la vie et des personnes »; « qui permet à l'intellect de respirer, de sonder avec amour et simplicité » soutenu « par son sens de l'écoute et du silence », « par le simple partage du fruit de ses propres efforts », « par sa passion pour l'homme dans sa quête de sens et ses souffrances ». 

Mirko Testa

17.11.2009

Hongkong : 'God on the bus' - Les prêtres sous un jour inhabituel

Hongkong : « Dieu dans le bus »

Le clergé catholique vu sous un jour inhabituel


ROME, Lundi 16 novembre 2009 (ZENIT.org) - A Hongkong, la campagne « Dieu dans le bus » montre le clergé catholique sous un jour inhabituel, rapporte « Eglises d'Asie », l'agence des Missions étrangères de Paris (MEP).   

Près d'un million et demi d'usagers viennent d'avoir le privilège de découvrir les membres du clergé catholique s'adonnant à leurs passe-temps favoris dans une série de vidéos diffusées dans les bus de Hongkong.  


HK810_1.jpg

  Mgr John Tong Hon of Hong Kong joue du violon pour le programme ‘God on the Bus’

 


Réalisés par le Centre audio-visuel diocésain (DAVC), dont la réputation de créativité est bien établie, les films, d'une durée de deux minutes chacun, montrent l'évêque de Hongkong, Mgr John Tong Hon, ainsi que six autres membres de son clergé dans leurs activités de loisir. On y voit le prélat catholique se détendre au basket ou jouer du violon, tandis que le P. Philip Chan Tak-hung impressionne un jardin d'enfants avec ses tours de magie ou que Paul Yeow Yu-hong, diacre, pratique le tai-chi à l'épée.  

Cette série de mini-reportages, intitulée « God on the bus », s'inscrit dans une démarche d'évangélisation, explique Loura Foo, responsable de l'opération. Une partie seulement de ces vidéos montrent les membres du clergé dans leurs activités « extra-professionnelles », l'autre moitié étant consacrée à l'exercice de leur sacerdoce. Selon Loura Foo, cette présentation plus personnelle du clergé donne « une bonne image » de l'Eglise et vise à encourager les vocations.  

Les « clips-vidéos » de l'Eglise catholique ont été diffusés tous les vendredis, samedis et dimanches du 2 octobre au 8 novembre dans les quelque 1 600 bus de Hongkong équipés d'écrans vidéo. Selon l'agence Ucanews (1), ils ont été téléchargés ensuite sur youtube, le principal site Internet d'hébergement et de téléchargement de vidéos dans le monde.  

Le programme « God on the Bus » existe depuis 2001, mais la série de cette année a spécialement été conçue en fonction de l'Année du prêtre. Loura Foo rapporte que les mini-films ont reçu un bon accueil auprès des usagers des transports en commun, ajoutant que si l'on compare avec les autres programmes religieux diffusés sur des chaînes câblées, le temps d'antenne dans les bus est « bien moins cher, pour un public bien plus large ».  

(1) Ucanews, 12 novembre 2009. 

13.11.2009

Les évêques européens face à Internet

Source de savoir et de connaissance, le réseau Internet est devenu aujourd’hui incontournable, mais n’est pas sans danger. L’Église se pose dès lors la question de cet espace en terme de nouvelle terre de mission.

La Commission épiscopale européenne pour les médias tient à Rome à partir de ce jeudi et jusqu’au 15 novembre son assemblée plénière. Les évêques tenteront de se familiariser avec ce monde de la toile, sa culture. Point d’orgue de cette réunion la rencontre avec les représentants de Facebook, Google, Youtube et Wikipédia. Monseigneur Jean-Michel Di Falco Léandri, président de la CEEM, nous parle de ce qu’il attend de ce débat avec les principaux acteurs d’Internet sur Radio Vatican: >>

Propos recueillis par Olivier Tosseri.


Retrouvez ci-dessous l’intégralité de l’intervention de Mgr Di Falco

 

http://a6.idata.over-blog.com/322x289/0/01/30/68/Photo-diverses/jmdf.png

 

 « La culture de l’Internet et la communication de l’Église. » En entendant ce thème, les trois événements qui ont bousculé la vie de notre Église au cours de l’hiver dernier me sont revenus à l’esprit. Je veux parler de « l’affaire », c’est ainsi que les médias ont désignées ces événements, l’affaire Williamson, de celles de l’excommunication de Recife et des propos sur le préservatif dans l’avion menant le pape au Cameroun. Trois affaires qui ont secoué la planète internet. Elles ont été jugées emblématiques de la manière dont l'Église institutionnelle communique et dont les internautes – chrétiens ou non – réagissent. Elles ont révélé les forces et les faiblesses de la communication de l'Église dans le contexte d’une culture internet triomphante.

     Suite à l’affaire Williamson le Saint Père a reconnu lui-même que la curie n’avait pas mesuré l’enjeu d’internet. Ou, pour le citer plus exactement : « Il m’a été dit que suivre avec attention les informations auxquelles on peut accéder par internet aurait permis d’avoir rapidement connaissance du problème. J’en tire la leçon qu’à l’avenir au Saint-Siège nous devrons prêter davantage attention à cette source d’information. »

     Face à la critique portant sur le fait que le pape n’avait pas été mis au courant des propos négationnistes de Mgr Williamson disponibles sur le net, le pape ne s’est attaché dans sa lettre aux évêques qu’à internet comme source d’information, comme bibliothèque virtuelle.

     Il est bien d’autres aspects qui motivent le choix du thème de réflexion de notre assemblée. Ce sont ces aspects que nous allons aborder au cours de ces journées, aspects parmi lesquels on peut citer l’émergence de la Web generation, les bouleversements dans l’organisation du temps et de l’espace, dans la manière de s’informer et de communiquer, les conséquences ecclésiologiques, les effets sur le gouvernement même de l'Église, la place de la religion sur le marché internet, les manières d’y proclamer l'Évangile et d’y être Église

     Ne nous leurrons pas. Ne faisons pas l’autruche. Internet se transforme, transforme notre société et ne peut pas ne pas transformer l'Église, ne peut pas ne pas transformer notre manière d’être et d’agir en Église, au risque de ne plus être témoins du Christ dans le monde d’aujourd’hui !

     Avec internet, nous assistons à une révolution copernicienne qui a déjà ses effets sur notre manière d’être dans notre relation au monde, de nous situer dans le monde, d’interagir avec le monde. La prise de conscience par l'Église institutionnelle de l’importance d’internet est là. Nul doute. La preuve en est encore aujourd’hui. Mais savoir surfer sur la vague internet est une toute autre histoire.

     Internet est un révélateur, un marqueur. Soit vous savez communiquer, soit vous ne le savez pas, soit vous êtes crédible soit vous ne l’êtes pas, soit vous répondez aux attentes soit vous êtes dans votre bulle, soit vous êtes prophète soit vous êtes le dernier des Mohicans, soit vous êtes vivant soit vous êtes fossile, soit vous connaissez la langue internet soit vous ne la connaissez pas et vous ne pouvez pas communiquer. Je compare souvent le mode de présence de l'Église dans le monde des médias et sur internet à ce qui est demandé à un missionnaire devant partir vers des terres inconnues. Que demande-t-on à un missionnaire avant son départ ? De connaître la culture du pays dans lequel il se rend et d’en apprendre la langue. Ne devrions-nous pas avoir la même attitude pour ce qui est de la présence dans les médias ?

     De nouveaux langages se constituent sur internet, utilisés par les jeunes. Abréviations, photos et émoticones, fichiers audio et vidéos sont prépondérants. La culture digitale se dote de sa propre grammaire, d’une langue en constante et rapide évolution. (LOL, MDR) Notre génération a trop tendance à considérer comme superficiel tout ce qui est bref, instantané, porté sur l’émotion. Serait-ce que nous serions plutôt tournés vers l’écrit, les longs développements, la qualité de l’argumentation par les épais dossiers que nous devons traiter, les livres de théologie et les thèses que nous avons lus ou que nous lisons encore ? Mais à y regarder de plus près, l'Église dans son histoire n’a pas considéré comme seuls vecteurs de vérité les longs traités de théologie. Elle a su exprimer sa foi de manière concise et percutante. Qu’il suffise de citer la proclamation du kérygme dans les Actes des Apôtres. Elle a su utiliser des formes de communication non-verbale. Qu’il suffise de penser aux icônes, aux fresques et mosaïques de nos églises, aux vitraux et aux sculptures sur les tympans de nos cathédrales. Elle a su provoquer les émotions. Qu’il suffise d’écouter ses chants et ses musiques. Nous proclamons « une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père », mais il existe bien mille et une manières d’exprimer cette foi. Et l’aggiornamento demandé par le Pape Jean XXIII nous pousse à réactualiser sans cesse la manière dont nous proposons la foi aux nouvelles générations.

     Nous sommes dans un monde pluraliste, où nombreux sont ceux qui, grâce à internet, peuvent avoir accès à tout et donner leur avis sur tout. L'Église ne peut pas ne pas en tenir compte. Avec la sécularisation, la mondialisation, la montée d’internet, notre vision du monde, de la vie, de la mort, et considérée par certains comme un produit parmi d’autres sur le marché des religions. L'Église ne peut pas communiquer comme si d’autres conceptions et interprétations du monde n’existaient pas. Elle a une Parole, un message d’amour à proclamer, mais elle se doit aussi écouter et Internet est une formidable chambre d’écho de la vie du monde.

     Un ami a fait l’étude des sites chrétiens en français les plus consultés. Il en ressort que les sites catholiques en France viennent loin après les sites évangélistes alors même que les évangélistes sont une minorité par rapport aux catholiques dans notre pays. Comment cela se fait-il ? Pour lui les raisons en sont les suivantes :

     La première c’est que « Les évangélistes écoutent et les catholiques parlent. »

     Par là il veut dire que les évangélistes sortent d’eux-mêmes pour se mettre d’abord à la place des autres. Ils répondent aux besoins. « Que veux-tu ? » demande Jésus au paralytique, à l’aveugle-né. Autrement dit, « De quoi as-tu besoin ? Quel est ton désir le plus profond ? Je peux y répondre. » La communication commence toujours par l’écoute. D’où sa question : l'Église catholique parlerait-elle à partir d’elle-même sans prendre suffisamment en considération ce que vivent les gens ?

     La seconde raison du succès des sites évangélistes par rapport aux sites catholiques, c’est que « les sites catholiques sont centrés sur eux-mêmes » et « considérés comme outils et non comme un monde à évangéliser. »

     Par là, il veut dire que nos sites sont des extensions ou des duplicata de nos feuilles paroissiales, de nos bulletins diocésains. Ils sont à usage interne. Ils parlent la langue des initiés à l’usage exclusif des initiés. Les sites évangélistes, au contraire, veulent atteindre les internautes, utilisant internet comme outil et vecteur d’évangélisation.

     D’accord ou pas avec cette analyse, il n’en demeure pas moins que nous pouvons prendre pour notre compte la nécessité d’écouter le monde pour mieux l’aimer et lui parler.

     Si les sites institutionnels avec leur lourdeur sont nécessaires, les électrons libres peuvent l’être aussi. Quelqu’un comme Napoléon est certainement diversement apprécié dans une assemblée comme la nôtre, mais permettez-moi cependant de parler de lui pour une comparaison. Napoléon savait user dans une bataille aussi bien de la cavalerie lourde comme les Dragons enfonçant les flancs de l’adversaire, que des Voltigeurs venant piquer ces mêmes flancs tels des mouches du coche.

     Un site internet devrait pouvoir mettre en contact avec Jésus-Christ et une Église vivante, une communauté où se vit l’unité et la charité. Loin de trouver cela, les internautes se trouvent bien des fois confrontés à un « système », qui certes a ses avantages une fois qu’ils en ont franchi le seuil, mais qui, dans un premier contact, fait davantage écran que courroie de transmission, n’ayant pas pour lui la souplesse de l’amour.

     Ces voltigeurs de l'Évangile, je les vois dans les blogs créés par des laïcs. Cela entre dans le champ propre de leur activité, de leur vocation et de leur mission de baptisés dans l'Église et dans le monde.

     La 44eJournée mondiale des communications sociales qui aura lieu le 23 mai prochain aura pour thème : « Le prêtre et la pastorale dans le monde digital : les nouveaux médias au service de la Parole ». En choisissant ce thème, le pape place l’urgence d’une évangélisation par le monde digital et du monde digital dans le cadre de l’Année sacerdotale. Il s’agira d’ « encourager les prêtres à affronter les défis qui naissent de la nouvelle culture numérique » comme l’a souligné le communiqué de presse. Mais à mon sens, il ne s’agit pas là d’un appel à tous les prêtres à créer son propre blog. Il s’agit plutôt d’un appel aux prêtres à s’entourer de laïcs compétents pour la mise en œuvre de leurs sites paroissiaux ou de mouvements, un appel à collaborer, un appel à accompagner les laïcs qui se lancent (ou qui se sont déjà lancés) dans l’évangélisation par internet. C’est un appel à voir comment nous pouvons aider les internautes à discerner les sites catholiques de ceux qui se réclament comme tels mais ne le sont pas toujours.

     Les médias réduisent souvent l'Église au pape et à quelques cardinaux. Raison de plus pour que les évêques et les prêtres laissent toute leur place aux laïcs sur le net. L’Action catholique consistait à évangéliser le même par le même, l’ouvrier par l’ouvrier, l’étudiant par l’étudiant, la femme par la femme, le patron par le patron, etc. Il nous faut retrouver cette intuition en ce qui concerne le net, et si ce n’est évangéliser le net, du moins évangéliser par le net. Seule la présence de chrétiens laïcs compétents et éclairés sur le net, s’exprimant en tant que chrétiens, pourra montrer qu’on ne peut réduire l'Église à sa hiérarchie et au pape.


       Permettez-moi de décliner quelques propositions en ce sens :

- Dans la jungle des offres gratuites et des possibilités médiatiques, les chrétiens doivent apparaître avec un plus. Ce « plus » n’est pas un gadget, c’est le levain absolument indispensable pour que la pâte monte, c’est la lampe dans la maison, c’est le phare dans la nuit du monde et de nos vies. Mais il est absolument nécessaire de venir sur le marché du net avec ce « plus ».

- L'Église ne peut pas toucher tout le monde, en même temps, avec les mêmes contenus, sur les mêmes médias. Elle ne peut pas apparaître avec un discours monolithique. Les vies sont diverses, le monde est segmenté, l'Église se doit de diversifier son offre. Qui veut-on rejoindre, où, comment, pourquoi et pour quoi faire, pour mener vers quoi ? Tout ceci ne doit-il pas être pensé avant toute création de site ?

- Bien mesurer avant toute mise en ligne de la manière dont telle ou telle image, tel ou tel propos pourra être entendu, reporté, colporté, interprété. On peut mettre en ligne en connaissance de cause, mais on ne devrait jamais être surpris par les réactions et courir après les démentis et les rectifications. Si l’on est surpris par une réaction, c’est que l’on a mal analysé la situation avant de parler, donc pas été suffisamment à l’écoute. Bien réfléchir avant, et être spontané et réactif malgré tout. Le web est la culture du spontané.

- Il y a plus de 25 ans je disais que les cathédrales du XXIesiècle seraient médiatiques. Aujourd’hui ces nouvelles cathédrales sont à construire sur le net. Dans l’histoire de l'Église, dans le même temps que la charité se faisait inventive pour répondre aux nouveaux besoins, les anciennes structures subsistaient. Pour nous aussi, tout en assurant la vie de nos paroisses et de nos diocèses, nous devons avoir le souci de continuer à être là où sont les gens, là où le monde change, et donc à nous rendre sur YouTube, MySpace, Facebook et autres. Ce n’est certes pas sans question, quelle forme de lien social se tisse entre les connectés ? Ces réseaux posent la question des frontières de l’intimité. Je ne ferai que mentionner les questions autour du rapport à la vérité et à l’identité, au temps et à l’espace, je l’ai déjà mentionné, le rapport à la culture, mais devons-nous être absent pour autant ?

- Ce ne sont pas les jeunes qui ne viennent plus vers l'Église, c’est l'Église qui est loin de leur monde. En surfant sur le net, en allant sur n’importe quel site de rencontre comme Facebook on se rend bien compte du besoin de communiquer, du besoin d’une rencontre et d’un dialogue authentiques. L’authenticité pour eux est signe de vérité. Nous devons donc promouvoir une présence chrétienne sur le web faite d’opérateurs, prêtres inclus, maîtrisant certes les techniques de communication, mais sachant aussi offrir des espaces pour la recherche, la rencontre, le dialogue, la prière.

- Réfléchir au branding visant à travailler la notoriété et l’image. Le pape Jean-Paul II savait poser des gestes symboliquement chargés de sens. Seule l’écoute du monde d’une part, et l’écoute du Dieu de l'Évangile d’autre part, peuvent permettre de nous positionner là on l’on ne nous attend pas, de surprendre, de faire tomber les idées fausses sur l'Église

     Ces diverses pistes ne doivent pas donner à penser qu’on peut résoudre les problèmes de communication de l'Église par de simples mesures de communication au risque d’être de ces « cymbales retentissantes » dénoncées par Saint Paul, de ces instruments qui sonnent creux. Il nous faut être d’abord et avant tout habité. « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface » disait l’écrivain Victor Hugo. « L’agir suit l’être », disait saint Thomas d’Aquin, et avant lui Aristote. Nous agissons selon ce que nous sommes. Nous donnons à voir ce que nous sommes.

     Certains croient qu'Internet n’est que du virtuel ou du superflu. Tous nous connaissons des prêtres, des évêques pour qui internet est le dernier de leurs soucis et continuent leur pastorale comme si internet n’existait pas. Or internet fait de plus en plus partie intégrante de la vie quotidienne. En n’y étant pas présent on se coupe d’une bonne partie de la vie des gens. Et lorsqu’on y est ce que l’on y donne à voir est inséparable de ce que l’on est. D’ailleurs, d’une manière naturelle, à moins d’être complétement paranoïaque, on prend ce que l’on perçoit pour la réalité ; et à moins d’être un parfait manipulateur, on donne à percevoir ce que l’on est. Il ne peut y avoir dichotomie complète entre l’être et le paraître dans l’esprit des gens, et je pense que nos sites et nos blogs disent beaucoup plus sur nous que nous ne l’imaginons.

     Ceci m’amène à aborder la question du témoignage, du témoignage chrétien, du témoignage du chrétien, de celui qui s’est laissé habiter par l’Esprit du Christ.

     Voici ce que dit Nietzsche des martyrs dans son ouvrage L’Antéchrist : « Le ton avec lequel un martyr jette à la face du monde ce qu’il "tient-pour-vrai" exprime déjà un niveau si bas de probité intellectuelle, une telle indifférence bornée pour le problème de la vérité, qu’il n’est jamais nécessaire de réfuter un martyr. […] On peut être assuré que sur ce point la modestie, la modération augmente en fonction du degré de conscience que l’on apporte aux choses de l’esprit. […] Les martyrs ont fait tort à la vérité… Maintenant encore, il suffit d’une persécution un peu rude pour donner un renom de respectabilité au plus banal des sectarismes. » Pour Nietzsche, le martyre n’est pas autre chose que l’expression d’un fanatisme. Mais s’il ne différencie pas le fanatique du vrai martyr, c’est bien parce que les vrais martyrs sont rares. Nietzsche dénonce « le ton avec lequel un martyr jette à la face du monde ce qu’il "tient-pour-vrai" ». Faisons donc l’examen des sites internet qui se déclarent « chrétiens ». Lesquels peuvent ne pas donner prise à une telle accusation ? Combien sont de vrais témoins du Christ ? Combien peuvent se dire exempts de vérités assénées, exempts d’autosatisfaction, de dogmatisme, de langue de bois, de raccourcis, d’aveuglements, et même de manques d’amour, d’espérance, de foi même ?

     Le concile Vatican II lorsqu’il traite de l’athéisme nous invite à faire notre examen de conscience à ce sujet : « Certes, ceux qui délibérément s’efforcent d’éliminer Dieu de leur cœur et d’écarter les problèmes religieux en ne suivant pas le « dictamen » de leur conscience ne sont pas exempts de faute. Mais les croyants eux-mêmes portent souvent à cet égard une certaine responsabilité. » (Gaudium et spes, 19)

     Un site internet chrétien doit s’occuper du monde et non se couper du monde. Il doit éviter la langue de bois, éviter d’être lui-même idéologue cherchant à imposer sa vérité. Un site doit être ouvert au dialogue et au débat tout en montrant qu’il ne transigera pas avec certains principes acceptés par tous et partout. Il doit se contenter de proposer la vérité du Christ, fermement, tendrement, humblement. Et s’il s’agit de rendre compte de l’espérance qui est en nous à ceux qui en demandent raison (cf. 1 Pierre 3, 15), que ce soit « avec douceur et respect » dit Saint Pierre.

     Le faux témoin du Christ cherche à exaspérer, cherche la provocation. Le vrai témoin du Christ, c’est sans le vouloir qu’il exaspère. Le site chrétien doit donc exaspérer sans provoquer. S’il vient à agacer, ce doit être comme on peut l’être soi-même lorsque notre conscience nous agace à nous pousser au bien et à éviter le mal. Le site chrétien se doit d’être un éveilleur de consciences en misant sur l’attrait de tout homme à la bonté, à la vérité, à la beauté.

     Nous avons parfois tendance dans l'Église à séparer l'Église et le monde, le sacré et le profane. C’est oublier que Jésus ne fait pas une telle distinction, ou plutôt, la distinction est autre, elle passe par la frontière de notre cœur. « Qui n’est pas contre nous est pour nous », dit-il aux disciples qui s’étonnent qu’il y ait des miracles chez les autres (Mc 9, 40). Ce qui invite à élargir l’espace de notre tente. Saint Augustin disait déjà au sujet de l'Église « beaucoup de ceux qui semblent en dehors sont au dedans et beaucoup qui paraissent au dedans sont en dehors. » (De bapt.V, 27) Et le Père François Varillon a cette formule lapidaire : « L'Église est le monde en tant qu’il accueille le don de Dieu ».

     A trop faire la distinction entre médias profanes d’un côté et médias intra-ecclésiaux de l’autre, on prend le risque de la ghettoïsation, de la victimisation, sans entendre ce que le monde a à dire de l'Église, ce qu’elle en comprend, comment elle le ressent, sans chercher non plus à savoir comment elle peut être présente à tous médias.

     Mais heureusement, plus que jamais, internet redistribue les cartes, nous fait descendre de notre piédestal, de notre chaire magistrale, nous fait sortir de nos ghettos, de nos sacristies. Pape, cardinaux, évêques, prêtres, fidèles laïcs, nous intégrons avec internet une agora, un espace libre et spontané où tout se dit sur tout, où tout le monde peut débattre de tout, une agora virtuelle où les internautes se font une idée sur tel ou tel sujet au gré de leur pérégrination, de leur recherche, voire de leur zapping. L’internaute catholique ne déroge pas à cette règle. Tout en adhérant librement à la foi de l'Église, il veut se faire une opinion par lui-même, être le seul juge de là où se trouve son bien. Il surfe donc sur le net en fonction de ses centres d’intérêt, de là où il en est dans sa quête, et il exerce son jugement en fonction de là où il en est dans sa foi et ses connaissances.

     Qu’un fidèle, ou que tout homme, se fasse son opinion par lui-même peut faire peur aux pasteurs que nous sommes. Nous aimerions protéger les plus faibles et les plus vulnérables. Mais il nous faut trouver des solutions autres que la censure et l’interdit pour cela. La censure est toujours une mauvaise réponse, même quand elle se pare des meilleures intentions du monde. Elle apparaît toujours comme erratique et arbitraire, et donc en fin de compte comme totalitaire. Or la vérité n’a pas besoin de nous pour s’imposer. Le concile Vatican II le rappelle : « la vérité ne s’impose que par la force de la vérité elle-même qui pénètre l’esprit avec autant de douceur que de puissance. » (Dignitatis humanae, 1) Un acte de foi qui ne serait pas un acte libre n’aurait aucune valeur. « dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, mû et déterminé par une conviction personnelle et non sous le seul effet de poussées instinctives ou d’une contrainte extérieure. » (Gaudium et Spes, 17)

     Le pape Benoît XVI, dans sa dernière encyclique, nous invitait à lier « vérité » et « amour » dans nos vies. Il ne peut y avoir de vérité sans amour ni d’amour sans vérité. La vérité sans amour est froide et l’amour sans vérité est aveugle. Prévenir sans censurer, avertir sans interdire, expliquer plutôt qu’imposer, tel doit être notre souci pastoral en ce qui concerne tout site et blog se déclarant catholique ou administré par des catholiques. Nous ne serons crédibles que si nous témoignons de la vérité dans l’amour, de la vérité de l’amour, de l’amour dans la vérité.

     Le monde s’intéresse peu au fait que l'Église soit gardienne de la foi ou de sa foi – quelle religion n’a pas son instance de régulation et ne cherche pas à se protéger des déviances possibles en son sein ? Le monde attend de l'Église qu’elle vive d’une foi renouvelée, il attend de voir l’impact d’une telle foi dans la conduite du monde.

     Internet est aussi un outil, et comme tel il n’est pas porteur de morale. Mais il est utilisé par des hommes porteurs de morale, capables d’en user en bien comme en mal. Comme tout outil démultipliant les capacités humaines, il est porteur de menaces comme de potentialités. Tout dépend de l’usage qu’on en fait. La moralisation d’internet ne se fera pas sans la moralisation des hommes, et en premier lieu de nous-mêmes. Quel Christ donnons-nous à voir sur nos sites ?

     Ce que disait Paul VI dans Evangelii nuntiandi il y a trente-quatre ans peut être appliqué à internet : « Pour l'Église il ne s’agit pas seulement de prêcher l'Évangile dans des tranches géographiques toujours plus vastes ou à des populations toujours plus massives, mais aussi d’atteindre et comme de bouleverser par la force de l'Évangile les critères de jugement, les valeurs déterminantes, les points d’intérêt, les lignes de pensée, les sources inspiratrices et les modèles de vie de l’humanité, qui sont en contraste avec la Parole de Dieu et le dessein du salut. » (Evangelii nuntiandi, 19)

     Avant de terminer je voudrais souligner un point d’attention tout particulier, celui des plus pauvres je cite1 : «  L’une des (préoccupations) les plus importantes (…) se réfère à ce que l’on appelle aujourd’hui le « fossé numérique », une forme de discrimination qui divise les riches des pauvres sur la base de l’accès, ou du manque d’accès, aux nouvelles technologies de l’information.

     Les individus, les groupes et les nations doivent avoir accès aux nouvelles technologies afin de prendre part au bénéfice promis par le développement afin de ne pas rester encore plus en arrière. Il est impératif, je cite maintenant le Pape Jean-Paul II, « Il est impératif que le gouffre qui éloigne les bénéficiaires des nouveaux moyens d’information et d’expression de ceux qui n’y ont pas encore accès ne devienne pas une cause insurmontable d’injustice et de discrimination ».

     Tout comme la croix à son montant vertical et horizontal, ainsi doit être notre évangélisation sur la toile : horizontale par son étendue, verticale par sa profondeur et sa qualité.

     Pour terminer, permettez-moi de citer un écrivain français, Jules Renard : « Quelques gouttes de rosée sur une toile d’araignée, et voilà une rivière de diamants. » Puissent les quelques gouttes de rosées que nous déposons sur l’immense toile internet la transfigurer aux yeux de tous en rivière de diamants.

     Merci pour votre présence et votre attention.



     † Jean-Michel di Falco Léandri
     Évêque de Gap et d’Embrun
     Président de la CEEM
     Président du Conseil pour la Communication de la CEF




Notes

[1]« Éthique et Internet » (Publication du Conseil Pontifical pour les communications sociales, Cité du Vatican, le 22 février 2002)

13.09.2009

Susan Boyle sings The Stones 'Wild Horses'

Susan sings The Stones' 'Wild Horses', taken from her forthcoming debut album 'I Dreamed a Dream'.

Album pre-order: U.S. http://tinyurl.com/l85ym2 U.K. http://tinyurl.com/lmy94z

 

23:34 Écrit par Père Walter dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : susan boyle, wild horses, i dreamed a dream, video, youtube, album | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

25.06.2009

LA COMMUNICATION DE L’EGLISE - RADIOS CATHOLIQUES ET NOUVELLES TECHNOLOGIES POUR LA MISSION (5)

Entretien avec le Docteur Angelo Scelzo,

Sous-secrétaire du Conseil Pontifical pour les Communications Sociales

 

La création d'un canal sur Youtube, consacré aux activités du Pape et du Vatican, est récente : comment la communication de l'Eglise change-t-elle avec l'utilisation d'Internet ?

            On ne peut dire que la communication de l'Eglise change ; l'Eglise, simplement, utilise toutes ces possibilités pour répandre au mieux le Message, à un public toujours plus articulé, surtout à la génération numérique, aux jeunes. Le message spécifique de l'Eglise ne change pas. L'accord avec Youtube, en effet, ne prévoit pas une production spécifique des activités du Pape, de l'Eglise, de la Curie ; tout simplement, Youtube prend pour soi tout ce que produisent déjà les organismes officiels de l'Eglise. Il n'y a donc pas de variation dans la manière de communication de l'Eglise, mais l'Eglise tient compte de ces nouveaux instruments, parce qu'elle sait qu'elle a un Message à offrir, et elle ne s'arrête pas face aux nouvelles technologies, au contraire, elle reconnaît que ces technologies ont un rôle fondamental dans la diffusion du message. L'Eglise est par elle-même communication, elle a un rôle, qui est celui d'annoncer la Parole, cette Nouvelle qui a changé le monde il y a deux mille ans ; elle l'a fait durant les premières années par la prédication orale, elle le fait à présent avec les instruments que les nouvelles technologies mettent à sa disposition.

 

 

Quelles sont les risques et les possibilités que les nouvelles technologies peuvent apporter à la diffusion du Message évangélique ?

            L'Eglise utilise les nouvelles technologies, mais non pas seulement du point de vue technique. L'utilisation de ces moyens entraîne plusieurs conséquences, et l'Eglise réfléchit sur la meilleure manière pour utiliser ces instruments qui, comme le souligne bien le Message du Pape, peuvent être à la base d'une nouveau réseau de relations, peuvent élargir l'aire dans laquelle naissent le dialogue, les contacts, les nouvelles relations. Et l'objectif c'est que les nouvelles relations soient orientées vers le dialogue, la tolérance, l'amitié, vers toutes ces valeurs positives que, en soi, le réseau n'offre pas, mais qui peuvent découler des nouvelles technologies. Cela ne veut pas dire mettre les risques de côté, ni s'approcher naïvement de ces réalités nouvelles ; on pèse les risques, surtout dans l'utilisation impropre du réseau ; mais le Pape souligne un autre risque fondamental : que ces nouvelles technologies puissent élargir la différence entre les Pays riches et les Pays pauvres, et le déficit de communication des Pays pauvres. Cela est grave, parce que, dans une société développée comme la société actuelle, le manque de communication équivaut au manque d'un bien de première nécessité.

            Un autre risque découle du fait de juger de la valeur des nouvelles technologies seulement du point de vue technique, et non seulement du pont de vue de relation, c'est-à-dire, que l'on puisse créer seulement des communautés virtuelles : la possibilité d'entrer en relation, en contact n'est pas importance de manière exclusive, mais il faut regarder à la qualité de ce contact. L'objectif de l'approche des nouvelles technologies n'est pas d'annuler la valeur et l'importance du contact direct, de la rencontre, des communautés réelles, parce que ce sont elles qui sont le sens ultime de la communication. Les nouvelles technologies sont une occasion, dont il faut s'occuper, qu'il faut compléter, qu'il faut insérer dans un projet plus ample ; c'est la tâche de tous ceux qui travaillent dans les moyens de communication de masse et ont à cœur le bien commun.

 

 

Dans son Message pour la Journée des Communications Sociales de 2009, le Saint-Père parle de « désir de connexion et d'instinct de communication » : quelles caractéristiques doit avoir une bonne communication pour aider le dialogue, l'intégration, le respect réciproque, la recherche de la vérité ?

            Tous les êtres humains ont besoin d'entrer en relation les uns avec les autres ; aujourd'hui, cette nécessité passe par les nouvelles technologies. L'homme n'est pas une île, il ne peut rester tout seul, l'instinct de communication est dans sa nature. Il faut que cette communication soit de qualité. Il ne suffit pas d'être « reliés », désormais, nous sommes tous reliés, mais cela ne suffit pas ; si le problème était seulement la connexion, nous serions submergés par les nouvelles technologies et par les informations qui sont véhiculées dans toutes les parties du monde. Le point de la question n'est pas la connexion, mais donner un sens vrai à la communication, et regarder aux moyens de communication comme une possibilité. Il ne pourra jamais exister une moyen de communication ou un moyen technologique, sans l'apport de l'homme, sans l'intelligence, ou sans les sentiments qui guident la vie de l'homme.

 

 

De nombreuses initiatives montrent que l'Eglise réfléchit sur la puissance des nouvelles technologies, et en montrant qu'elle est actuelle : est-ce un coup dur pour ceux qui considèrent que l'Eglise Catholique est une Institution fermée et vétuste ?

            Par elle-même, l'Eglise est communication. Elle est née sur une annonce, sur un fait ; une annonce et un fait qui n'ont eu aucune difficulté à se propager, même si, à cette époque il n'y avait pas Internet ! L'Eglise est une sorte d' « Internet concret », une connexion ramifiée, faite d'articulations centrales et périphériques ; elle est universelle et vit en chaque territoire. Ceux qui affirment que l'Eglise est une institution vétuste, ne partent pas de la nature même de l'Eglise, née sur une parole - l'Evangile - et sur un fait -, la naissance du Christ - que, par la suite, à chaque époque, l'Eglise n'a jamais cessé de communiquer, parce que son devoir fondamental est celui de l'annonce et de l'évangélisation. L'Eglise ne peut renoncer aux nouvelles technologies, instruments qu'elle utilise pour apporter la Nouvelle de l'annonce, qui est la base sur laquelle l'Eglise peut appuyer sa tâche.

 

 

Avec l'avènement des nouvelles technologies les moyens classiques de communication de masse » classiques ne devront-ils pas repenser à leur rôle, à leur méthodes, et à leurs contenus ?

            A n'en point douter, bien sûr ! Les produits des journaux et des télévisions risquent de devenir vieux avec le temps. Internet et les nouvelles technologies rendent le rythme des nouvelles beaucoup plus rapide. Les moyens classiques maintiennent la primauté de l'approfondissement et de l'analyse, grâce aux jugements des spécialistes, ce qui ne correspond pas aux aptitudes des nouveaux moyens qui misent, en revanche, beaucoup sur la rapidité et sur la participation d'un public plus vaste (par exemple les « blogs »). Mais les moyens classiques se rendent comptent eux aussi de l'importance du réseau : désormais tous les plus grands quotidiens ont une version « en ligne », pour donner au lecteur un flot de nouvelles rapide et continu, une mise à jour « in progress » de tout ce qui se passe.

 

 

S'il est vrai que, en Italie, les système des moyens de communication est en déclin, de quelle manière les catholiques qui travaillent dans ces moyens de communication peuvent-ils témoigner de leur foi sans devoir céder à des compromis et sans manipuler la réalité?

            ²Dans les moyens de communication, les catholiques sont appelés certainement à témoigner de leur foi, mais surtout à accomplir avec compétence leur propre travail. Le fait d'être catholiques et d'avoir la foi, ne rend pas pour cela un journaliste valable ; bien plus, en ce moment, on a besoin de professionnels plus préparés, en mesure de bien faire leur propre métier, dans les différents milieux où les moyens de communication réalisent leur travail. C'est un problème toujours nouveau, parce que les nouvelles technologies imposent de nouveaux approfondissements, des rythmes différents de travail, des jugements différents. Dans le Message pour la Journée des Communications Sociales, le Saint-Père, après s'être adressé aux jeunes, s'adresse aux catholiques, qui sont invités à être au-dedans des problèmes de la communication, non seulement par le témoignage de leur foi, mais surtout par leurs hautes valeurs professionnelles.

 

 

La Radio a-t-elle toujours la force d'être un instrument pour la Mission ? Et, dans ces endroits, ce moyens est-il plus utilisé par les communautés chrétiennes ?

            La Radio aujourd'hui est très différente de celle du passé; elle est entrée pleinement dans le monde des « new media », mais elle reste un moyen de communication très valable : avant tout, dans de nombreuses régions, il suffit de penser à l'Afrique, la Radio est l'unique moyen de communication, utilisé non seulement pour une communication doctrinale, mais aussi comme moyen de communications de service, d'avis, d'alarme, de communication sociale. C'est un moyen qui est la voix de plusieurs communautés qui n'ont pas d'autres moyens pour communiquer. Et puis, la Radio est la colonne sonore de la vie quotidienne, de tous ceux qui restent chez eux, ou exercent d'autres activités tout en l'écoutant. C'est le « medium » qui tient le plus compagnie, qui a une fonction plus humaine que les autres. Pour les Missions, elle est fondamentale, elle est la voix des communautés qui se cherchent, et elle permet à de nombreux groupes d'entrer en contact, d'échanger des nouvelles, des opinions, des commentaires. Dans les Pays de Mission, elle a un rôle très important : il suffit de penser que, en Afrique, se trouve le plus grand développement de radios diocésaines, seul moyen de contact entre les différentes communautés.

 

 

La multiplication des moyens de communication peut-elle offrir un service valable à la communication de l'Eglise, et donc aux fidèles ?

            Certainement, parce que la multiplication des moyens de communication est le développement de nombreuses possibilités qu'a l'Eglise pour atteindre les fidèles là où ils vivent ; elle permet d'avoir plus possibilités pour atteindre les communautés avec différents moyens, et elle pose aussi à l'Eglise le problème d'adapter la présentation du message : ce n'est pas la même chose de parler par radio ou par Internet, ou par l'intermédiaire de la presse. Il y a aussi dans ce cas la nécessité de la part de l'Eglise, de faire attention au fait que les moyens sont eux-mêmes un message, une partie fondamentale du message. L'Eglise s'adresse aux fidèles, mais pas seulement, elle s'adresse à la communauté : la multiplication des moyens de communication permet une présentation adéquate des questions.

 (fides.org)