11.05.2010

200 millions de “témoins”… persécutés !

Deux cent millions de chrétiens sont persécutés aujourd’hui dans le monde à travers plus de cinquante pays : communistes, hindouistes et surtout musulmans. Cent-soixante-dix mille d’entre eux en périssent chaque année, égorgés dans la rue, brûlés vifs dans leur maison, fusillés pour l’exemple ou condamnés à mourir de faim dans un camp de concentration. L’armée, la police et les tribunaux sont partout complices (quand ils ne sont pas acteurs directs) de ces assassinats.

Ces chiffres ont été fournis fin janvier par le très officiel secrétariat de la commission des épiscopats de la Communauté européenne (Comece). Ils sont repris par l’agence de presse Zénit, confirmés par les ONG “Aide à l’Eglise en détresse” et “Portes Ouvertes”, corroborés par les enquêteurs d’Amnesty InternationalCe qui ne leur a pas valu trois lignes ou trente secondes dans nos journaux de presse écrite, radiophonique ou télévisée !

 

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Mais voici une exception notable, qui mérite bien la “une” de Sedcontra : l’émission “Dieu merci”, animée par Hadrien Lecœur (photo) sur Direct8, vient de consacrer une heure entière au sujet avec la participation de Jean-Marie Salamito et d’Hugues Kéraly. Prenez une heure ce soir pour écouter l’histoire contemporaine des témoins de la foi. Regardez cette émission hors normes :

 


30.03.2009

'Les évangéliques à la conquête du monde', enquête de Patrice de Plunkett

Les leçons à tirer de ce voyage sur les ailes d’un réveil évangélique

ROME, Lundi 30 mars 2009 (ZENIT.org) - « Les évangéliques à la conquête du monde » (Perrin, pour télécharger un extrait) : c'est le titre de la nouvelle enquête passionnante de Patrice de Plunkett. L'auteur explique aux lecteurs de Zenit l'enjeu d'une prise de conscience d'un phénomène complexe et les leçons à tirer de ce voyage sur les ailes d'un réveil évangélique.  


 
Zenit : Patrice de Plunkett, qu'est-ce qui a motivé votre enquête ?  

Patrice de Plunkett : L'ampleur et le dynamisme du phénomène des protestants évangéliques sur les cinq continents, et notamment en France !  D'où vient que les assemblées évangéliques dans l'Hexagone attirent un public nombreux, croissant, jeune, venant des milieux pauvres, alors que beaucoup de paroisses catholiques françaises ont une fréquentation déclinante, âgée et bourgeoise ? Comment se fait-il que le public des cultes évangéliques soit si chaleureux, alors que le public catholique (en France) est souvent froid ? Comment se fait-il que les évangéliques fassent tant de conversions en prêchant sur le péché, les souffrances de la Passion de Jésus, le Ciel et même l'enfer : sujets qu'une certaine pastorale catholique des années 1970-1980 avait éloignés, les jugeant  « rebutants pour l'homme et la femme d'aujourd'hui » ? Est-ce que nous ne nous étions pas trompés à ce moment-là sur les attentes de nos contemporains ?

Je me suis donc lancé dans cette enquête de terrain, et j'ai passé des mois à assister aux cultes évangéliques dans toutes les régions françaises, en discutant avec des convertis. J'ai enquêté à l'étranger, au Brésil, en Corée, aux Etats-Unis. Et aussi dans le passé, pour comprendre d'où vient la spiritualité évangélique avec ses nuances et ses contradictions - qui prennent leur source dès l'époque de Calvin, dont le 500e anniversaire est célébré cette année.

 
Zenit : Il n'y a donc pas seulement la réalité américaine de son influence sur les autres continents ? Quelles sont les origines de l'évangélisme ?  

Patrice de Plunkett : Elles sont en Europe et dès le début de la Réforme. Celle-ci renonce à la Présence réelle eucharistique, qui est le cœur du catholicisme et qui saisit l'homme tout entier, corps, âme et esprit. Pour pallier ce « manque » radical, Calvin propose une religion du Texte et de la prédestination. Mais, tout de suite, une branche du protestantisme cherche autre chose : une religion du Cœur et du choix personnel...  C'est l'aventure des « anabaptistes », d'abord persécutés, donc guerriers, puis écrasés mais renaissant aussitôt sous une nouvelle forme, pacifique... Au fil des siècles, c'est la floraison d'un nombre infini de courants différents, jusqu'à l'incroyable diversité des innombrables Eglises évangéliques en 2009 sur toute la planète. Mais j'insiste : l'évangélisme a des racines historiques anciennes et profondes chez nous. Témoin le phénomène extraordinaire des « petits prophètes » des Cévennes, pendant la guerre des Camisards au tout début du XVIIIe siècle : une explosion de charismes humainement inexplicables, et dont les manifestations ressembleront étonnamment à ce qui se passe dans le pentecôtisme d'aujourd'hui, partout dans le monde.

Bien sûr, mon enquête étudie ce qui s'est passé aux Etats-Unis : le premier Réveil évangélique au XVIIIe siècle, sous l'influence de prédicateurs dont certains venaient d'Angleterre, où Wesley faisait sa révolution en propageant une religion du Cœur et de l'illumination... Puis le XIXe avec de nouveaux Réveils... Puis la genèse du pentecôtisme, qui surgit en 1900, et la « religion américaine », au XXe, avec ses implications politiques particulièrement visibles à l'époque de G. W. Bush. Et maintenant, l'apparition de nouvelles formes évangéliques en rupture avec le conservatisme « bushien » : des évangéliques contestataires, sociaux, écologiques, expérimentaux. C'est le très intéressant mouvement des « emerging churches », que les catholiques ont intérêt à étudier de près. 

Zenit : Comment les évangéliques dont vous parlez s'insèrent-ils dans le  dialogue œcuménique? Proposent-ils un second baptême, lorsque d'autres baptisés les rejoignent? Car, depuis le concile notamment, le baptême est reconnu comme le sacrement de l'unité par excellence...  

Patrice de Plunkett : L'évangélisme est un phénomène gigantesque et contradictoire. Certains courants sont anti-œcuméniques. D'autres sont oecuméniques : on l'a vu par exemple au Forum chrétien mondial de Nairobi (2007), qui a ouvert un domaine de rencontre inédit axé sur l'échange spirituel. Beaucoup d'évangéliques sont « anabaptistes » : ils rebaptisent leurs convertis ex-catholiques, parce qu'ils voient le baptême comme une manifestation du choix de l'adulte ayant « accepté Christ comme Sauveur » - et c'est le contraire de la théologie du baptême selon Rome, mais aussi selon Calvin, qui était partisan du baptême des petits enfants ! Dans certains cultes évangéliques, le pasteur annonce que la Sainte Cène est réservée à ceux qui ont été baptisés adultes par immersion. Dans d'autres, la Sainte Cène est proposée à tous les assistants, sans discrimination... C'est d'ailleurs avec ce dernier courant que les catholiques dialoguent difficilement, parce que ce courant ne comprend pas pourquoi l'Eucharistie catholique est réservée aux catholiques ! Il faut avoir fait l'expérience de ce butoir (pénible pour les deux parties mais incontournable), pour savoir combien douloureux peut être le dialogue sincère. J'en suis témoin, et je le raconte dans le livre. 

Zenit : Un évêque a récemment déploré l'influence des évangéliques  en Irak : doit-on y voir une nouvelle forme de colonialisme, disons,  « ingénue », qui a dû mal à comprendre les anciennes Eglises  orientales ? Ou faut-il y discerner une stratégie politique calculée pour contrôler le pays ?  

Patrice de Plunkett : Il y a une part de manipulation du religieux par la politique de Washington. En revanche, il y a aussi un prosélytisme très sincère de la part des agences missionnaires évangéliques, qui souvent ne sont plus américaines, mais coréennes ou brésiliennes ! En Algérie, où j'ai enquêté, les Kabyles convertis au protestantisme évangélique - je suis en contact avec plusieurs d'entre eux - ne sont nullement des agents de l'étranger (américain ou « sioniste », comme dit le gouvernement d'Alger) : ce sont d'authentiques Algériens, convertis pour des raisons spirituelles... Mais ils sont mis en danger par les déclarations belliqueuses d'agences protestantes américaines, qui divaguent à l'encontre de « l'islam satanique » sans penser une minute à la sécurité des musulmans devenus chrétiens.

 
Zenit : Il y déjà quelques années, mais l'autorité de l'observateur vaut qu'on s'en souvienne, de retour d'Amérique latine, le cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, avait  déploré le développement de « sectes » chrétiennes, surtout au Brésil,  « à coups de dollars », comme faisant partie d'une volonté délibérée de limiter l'influence de l'Eglise catholique, surtout dans le domaine de  la contraception... qui représente un marché milliardaire. On peut parler aujourd'hui d'une instrumentalisation « commerciale » ?  

Patrice de Plunkett : Au Brésil on voit, sans doute, certaines « Eglises » déplaisantes : à peine chrétiennes, prêchant « l'Evangile de la prospérité » (« si tu es pauvre ou malade, c'est que tu ne pries pas assez et que tu ne donnes pas assez à ton Eglise »). Mais on voit aussi des agences missionnaires très sincères, qui envoient des groupes de jeunes évangéliser dans la rue jusqu'en Angleterre, pour « rechristianiser l'Europe devenue païenne » ! Gardons-nous de mélanger les uns et les autres. Je raconte que j'ai vu en Seine Saint-Denis des « Eglises » effrayantes, prêchant une religion qui n'a plus de rapport avec l'évangile, et même injuriant le catholicisme pendant leurs cultes. Mais j'ai vu d'autres assemblées très sympathiques, vraiment chrétiennes, ouvertes à l'œcuménisme. Il faut que les catholiques s'informent pour savoir se repérer dans cet univers étrange. C'est la raison pour laquelle j'ai écrit ce livre.

 
Zenit : Les phénomènes religieux que vous relevez ont eu et ont une influence positive aussi sur le Renouveau charismatique catholique et les fruits de conversion et d'évangélisation sont  indéniables. Il n'y a pas si longtemps, à la Sorbonne (Paris IV), seuls  les Evangélistes (GBU) proposaient la Bible aux étudiants et témoignaient ouvertement de leur foi.... Et les évangéliques suisses, par exemple, témoignent de la charité du Christ dans des assemblées fraternelles qu'on rêverait de voir dans certaines paroisses....  

Patrice de Plunkett : Oui, et j'en sais quelque chose puisque je suis un converti de Paray-le-Monial dans les années 1985-1990 ! Les évangéliques réveillent les catholiques. Il y a beaucoup de choses à prendre chez eux. Mais les catholiques doivent veiller à ne pas se tromper : le trésor catholique est la Présence réelle eucharistique, cœur de la paroisse ; c'est à partir de là que la paroisse peut ressusciter, se revitaliser, devenir un véritable creuset d'amitié et de solidarité effective, de vie sociale ! C'est en redécouvrant l'adoration eucharistique - charisme de Paray - que la paroisse catholique perdra sa froideur actuelle, deviendra aussi chaleureuse que les communautés évangéliques, et attirera les conversions. J'ai discuté avec beaucoup de jeunes devenus chrétiens par la découverte d'assemblées évangéliques ; beaucoup d'entre eux avaient commencé par tenter une paroisse catholique, et avaient pris la fuite parce que (disent-ils) « les gens ne se parlaient pas et ne me parlaient pas ». Pour le lecteur catholique, c'est la grande leçon de cette enquête : il faut que nous la méditions tous. 

Propos recueillis par Anita S. Bourdin

 

19.12.2007

Chine: La lettre de Benoît XVI six mois plus tard

Commentaires et explications du père Yihm Sihua de Hong Kong

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ROME, Mardi 18 décembre 2007 (ZENIT.org) - Six mois après la publication de la Lettre de Benoît XVI aux catholiques chinois, où en est l'Eglise de Chine ? La réconciliation entre les catholiques, sur laquelle le pape insistait, est-elle en train de devenir réalité ? Peut-on parler d'une plus grande liberté religieuse dans le pays ?

Zenit a demandé au père Yihm Sihua de Hong-Kong, francophone, qui se rend régulièrement sur le continent chinois pour des visites pastorales, d'analyser l'impact de la lettre de Benoît XVI sur la vie de l'Eglise, aujourd'hui, en Chine.

Zenit - La lettre de Benoît XVI aux catholiques chinois a été publiée il y a tout juste six mois, est-ce que ceux à qui elle était destinée ont pu la lire ?


P. Sihua - Malgré l'interdiction dont cette lettre a été frappée quelques heures après sa publication sur les sites internet, la grande majorité de ceux qui voulaient la lire ont pu le faire. Plusieurs diocèses l'ont même imprimée en douce, certainement avec l'accord tacite de personnes haut placées. Est-ce que cela signifie qu'une majorité silencieuse réprouve la censure systématique que pratiquent les médias ? Vraisemblablement. Il est même probable que beaucoup de gens voient d'un œil sympathique les grandes religions : « Elles enseignent à faire de bonnes actions et se soucient du bien commun, pourquoi ne pas les laisser se développer librement ? »

Zenit - Comment cette lettre a-t-elle été reçue par les autorités chinoises ?


P. Sihua - Du côté du gouvernement et de l'Association Patriotique des Catholiques chinois (proche du gouvernement), il n'y a pas eu de réactions officielles. Il semble qu'ils aient senti qu'il y avait des limites à ne pas franchir sous peine de se discréditer et de donner des arguments à ceux qui accusent la Chine de violer la liberté religieuse.

Depuis six mois, il y a eu quatre ordinations épiscopales qui ont toutes été approuvées par le Saint-Siège. Il semble que Pékin veuille laisser la porte ouverte à de futures négociations et n'exclure aucune possibilité, notamment celle d'établir des relations diplomatiques avec le Vatican.

Zenit - Il y a six mois, mesurer l'impact réel de cette lettre sur les catholiques sur place, était difficile. On savait qu'elle était très attendue. Vous nous disiez, dans un entretien aussitôt après la publication de la lettre (cf. Zenit, jeudi 5 juillet 2007) que les catholiques avaient été très sensibles au fait que le pape dise qu'il les porte dans son cœur, qu'il comprend bien leurs problèmes et qu'il leur fait confiance pour les résoudre. Mais aujourd'hui dites-nous comment les catholiques chinois ont effectivement réagi à la lecture de cette lettre pastorale ?


P. Sihua - Très favorablement et avec une grande joie : Cette lettre permet aux catholiques du continent d'élargir leur cœur aux dimensions du monde. Ils se rendent ainsi mieux compte qu'ils appartiennent tous à l'Eglise universelle et que le Saint-Père les porte dans son cœur. J'ai pu constater que le message du pape avait des effets favorables dans trois domaines :

Tout d'abord ce message éclaire les catholiques chinois sur l'état réel de leur Eglise locale, écartelée entre différentes tendances. Cette situation était d'autant plus difficile à appréhender, quand on était sur place, que la propagande officielle s'efforçait de brouiller les esprits et de désinformer les croyants. Ce message contient une information fiable et une analyse fine et cohérente de la situation.

D'autre part, la réflexion du Saint Père offre une présentation de l'ecclésiologie catholique en référence à la situation chinoise. A partir de ces considérations, chacun est maintenant amené à se poser de bonnes questions et à en chercher, en Eglise, les réponses. Chacun peut maintenant mieux comprendre ses frères et sœurs dans la foi qui ont fait des choix différents. Un approfondissement des bases de la foi est lancé.

Enfin, un rapprochement est maintenant envisagé par certains, alors qu'avant il paraissait être une lâcheté, voire une trahison. Des communautés sortent de leur isolement et s'intéressent à l'ensemble de l'Eglise de Chine. Elles vont finir par découvrir que les catholiques qui n'ont pas fait les mêmes choix qu'eux sont aussi des frères et des sœurs et qu'il y a chez eux une foi authentique.

En même temps, les extrémistes des deux bords sont désarmés : ceux qui ont adhéré à l'Association Patriotique par conviction et les « irréductibles » des communautés souterraines. Ils se sentent désavoué par le Saint Père lui-même. Le tissu ecclésial commence à évoluer pour s'assainir, il en avait bien besoin. Mais il faudra encore du temps pour que le processus de réconciliation et réunification parvienne à son terme.
 
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Zenit - Quels sont les obstacles qui subsistent ?


P. Sihua - Le plus gros obstacle à surmonter, en ce moment, reste celui de la nomination des évêques. Pékin n'a pas renoncé, semble-t-il, à chercher parmi les prêtres ceux qui sont les plus favorables à la politique actuelle et les plus complaisants envers le régime. Or le Saint-Siège, lui, veut nommer des pasteurs qui soient fermes dans la foi, soucieux de l'unité de l'Eglise et capables de bien guider leur peuple.

L'autre gros obstacle est le contrôle incessant des activités religieuses. Les catholiques des communautés souterraines expliquent que, pour eux, sortir de la clandestinité serait se jeter dans les bras de l'Association Patriotique, c'est-à-dire perdre la liberté qu'ils ont réussi péniblement à préserver jusqu'ici.

Ils n'ont pas choisi de gaieté de cœur de vivre dans la clandestinité. Pour eux, c'est une grosse épreuve, voire un pari fou ! Les problèmes quotidiens sont multipliés par dix et les risques énormes : divisions, infiltrations, dénonciations. Par exemple, comment traiter les chrétiens hésitants ou même versatiles (qui seraient prêts à passer d'une communauté souterraine à une autre officielle) ? Comment expliquer aux jeunes enfants de garder le silence, même quand leur institutrice les interroge ? Comment réussir à communiquer entre chrétiens (téléphone, internet, courrier etc..) sans se faire repérer par les très diligents services de renseignements ? Comment assurer la continuité d'une catéchèse de qualité quand on n'a pas de lieu fixe pour enseigner ?

Les communautés catholiques souterraines n'ont pas décidé d'entrer dans la clandestinité par goût du secret, pour s'opposer au gouvernement ou par fidélité à la puissance étrangère qu'est le Vatican. Elles l'ont fait par souci de maintenir l'intégrité de leur foi face à un contrôle excessif de leurs activités et à des pressions politiques insoutenables. Elles n'y renonceront pas de sitôt !

Pour que ces communautés sortent de la clandestinité, il faudrait que l'Association Patriotique soit dissoute ou devienne inoffensive et que le gouvernement cesse de chercher à contrôler les activités religieuses de A à Z, en particulier les réunions de la conférence des évêques de Chine. Pour cela, il faudra attendre une évolution du régime politique actuel.

Deux exemples récents nous donnent une idée du peu de liberté religieuse dont jouissent les citoyens chinois à l'heure actuelle : Lors de l'ordination de l'évêque de Canton, avec l'accord de Rome, le 4 décembre dernier, il n'y a eu aucune place pour l'imprévu et encore moins pour la fantaisie.

Le très officiel Bureau des affaires religieuses avait tout décidé d'avance : il avait imposé l'évêque qui serait le consécrateur principal, interdit la proclamation de la bulle du pape, empêché les étrangers d'entrer dans la cathédrale et, au contraire, invité des gens soigneusement sélectionnés : Les hauts-fonctionnaires du gouvernement siégeaient aux premiers rangs tandis qu'une partie des catholiques étaient restés dehors. Des renforts de police cernaient l'édifice pour garantir le bon ordre de la cérémonie. Tout avait été minutieusement réglé à un détail près : la ferveur et la participation de l'assemblée laissaient à désirer. La Chine n'a donc toujours pas renoncer à formater, non seulement, les membres du Parti communiste mais aussi les disciples du Christ ?


Le deuxième exemple est celui de Mgr Han Dingxiang, qui avait passé plus de vingt ans en prison et vivait dans un endroit inconnu de ses parents et amis depuis 2006. Il est mort dans des circonstances suspectes après deux semaines d'hospitalisation. Le décès de ce prélat de 68 ans a surpris tous les catholiques qui priaient pour lui. La crémation du corps et sa sépulture ont eu lieu dès le lendemain matin à 7h sans aucun rite religieux et sans que les prêtres et les fidèles puissent rendre hommage à sa dépouille. La sépulture est depuis placée sous étroite surveillance policière. L'évêque était né le 17 mai 1939, avait été ordonné prêtre en 1986 et avait reçu la mitre épiscopale le 14 novembre 1989.

Propos recueillis par Isabelle Cousturié
Avec l'aimable autorisation de Zenit.org 
 
Lire aussi : Note explicative de la lettre
 

 
 

04:15 Écrit par Père Walter dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pape, vie de l eglise, chine, zenit | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |